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Qu'il est bon d'être futile !

Lundi 12 août 2013 à 13:12

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En farfouillant sur la page Facebook de 10-18 il y a quelques mois, j’étais tombée sur un titre qui avait attiré mon attention : Caresser le velours, de Sarah Waters. La couverture m’étonnait aussi (et je ne la trouve pas super, d'une part parce qu'aucun des personnages du roman ne ressemble à ceux-là, et parce qu'on dirait deux sœurs, or il n'est pas question de ça). En regardant le résumé, j’ai vu que c’était l’histoire de Nancy, jeune écaillère d’huîtres au XIXème siècle, qui tombe amoureuse d’une autre femme, une chanteuse de music-hall qui se produisait en travesti. En voilà une histoire qui change, et qui montre le XIXème sous un angle qu’on ne voit pas souvent. Pour ma part, je connais plus le début de ce siècle en Angleterre, surtout par les romans de Jane Austen, et encore, je crois bien n’avoir jamais lu de romans se passant dans le pauvre Londres à cette époque. Donc, quand je suis tombée sur Caresser le velours à la Bourse aux livres, je n’ai pas hésité à le prendre.
 
J’ai immédiatement accroché au style. Vous aurez « peur » en voyant le livre : presque six cents pages, pas de marges et ce n’est pas écrit gros. Pourtant, les pages se tournent vite car l’écriture de Sarah Waters est très parlante. Elle fait passer les émotions et les sensations directement de sa narratrice, Nancy, à nous et sa façon d’écrire est tout à fait adaptée. Nancy a plus de quarante ans quand elle nous raconte son histoire, et entre ses dix-huit ans, où elle commence, et le moment où elle nous écrit, elle a vécu dans des situations très différentes, du statut le plus indigent au plus riche, elle a donc des manières de parler qui empruntent tantôt à l’un, tantôt à l’autre. Certains mots de vocabulaire sont malgré tout surprenants, pour ma part je ne les connaissais pas, mais on s’y fait bien, ça fait partie du contexte historique qui est très bien rendu, notamment sur la fin, avec les questions sociales. Par contre, je préfère prévenir, certains passages pourront beaucoup déplaire aux prudes et autres personnes vivant avec des œillères. J'ai seulement trouvé que ça ne faisait que mieux passer les messages de Sarah Waters et donnait encore plus e véracité au récit.
 
Le roman est divisé en trois parties. Dans la première, Nancy rencontre Kitty Butler, la jeune artiste qui va transformer sa vie. Grâce à elle, elle va se rendre compte qu’elle est une femme à femmes, et pour l’amour immodéré qu’elle lui porte, va la suivre à Londres, abandonnant sa famille et la vie simple qu’elle menait jusque là. La deuxième partie voit Nancy se débrouiller seule dans la capitale, dans les bas-fonds, avant d’être propulsée dans un univers qu’elle ne connaissait absolument pas. Enfin, la troisième partie la remet sur un chemin différent, qu’elle avait ignoré.
 
Je ne me suis pas posé de questions en lisant ce roman, sauf à la fin, où je me demandais quelle vie elle allait choisir. Les rebondissements ne sont pas vraiment étonnants, car l’auteure nous y prépare. Avec le recul, elle comprend qu’elle aurait dû deviner plus tôt ce qui allait se passer. Ce que j’ai particulièrement aimé, ce sont les relations entre les personnages. Elles sont souvent dures ou ambiguës, parfois tendres, toujours vraies. On suit cinq ans de la vie de Nancy, cinq où il lui arrive des choses toutes plus étranges les unes que les autres, et pourtant rien de tout cela n’est impossible. À coups de déception et d’aigreur, de rencontres et de pertes, Nancy se construit, passe de la jeune fille timide qui subit à la femme qui s’assume, et trouve enfin sa place, là où elle ne l’attendait pas. C’est un beau roman, qui marque, et qui ne m’a pas laissée indifférente. Je trouve qu’il est assez difficile d’en parler sans trop en dire. Je ne sais pas vraiment expliquer pourquoi j’ai beaucoup aimé et pourquoi malgré tout ce n’est pas un coup de cœur. En tout cas, je pense qu’il vaut vraiment d’être lu.
 
Je ne regrette pas une seconde d’avoir passé, quoi, deux semaines, voire trois, sur ce roman. Il n’est pas exigeant, mais il est lent, comme les transformations de Nancy. Avec Caresser le velours, vous serez transportés dans une autre vie que vous n’avez jamais imaginée. Je suis très contente d’avoir déjà un autre roman de l’auteure dans ma PAL, qui s’intitule Du bout des doigts, et j’espère le lire avant longtemps. Maintenant que j’ai découvert le roman, je vais pouvoir regarder l’adaptation de la BBC ! Je vous ferai aussi un billet dessus.

 
"Un coup de marteau pour ponctuer déclencha une maigre salve d’applaudissements. Il y eut aussi quelques bravos, plutôt tièdes, la fanfare attaqua un air gai, un grincement de poulies m’annonça le lever du rideau, sans le vouloir j’ouvris les yeux… J’écarquillai les yeux et relevai la tête. Oubliée la chaleur, oubliée ma fatigue. La pénombre de la scène nue était trouée par le pinceau d’un unique projecteur dont le halo rose encadrait une jeune femme : une femme magnifique – je le savais, au premier regard ! – comme je n’en avais jamais vu."
 

Choses � dire

Dire quelque chose

Par Enigma le Lundi 12 août 2013 à 15:55
Je l'avais remarqué en librairie sans oser l'acheter, mais je crois que la prochaine fois je le prendrais car tu m'as donné très envie de le découvrir! =)
Par Demoiselle-Coquelicote le Lundi 12 août 2013 à 16:06
Tant mieux ^^
Par Fantastique Cerise le Dimanche 1er septembre 2013 à 18:02
J'ai du mal avec cette auteure, surtout au niveau du style...Contrairement à toi, je le trouve assez lourd. Je suis curieuse quant à cette adaptation de la BBC par contre? Je vais me renseigner en attendant ton billet.
Par Demoiselle-Coquelicote le Dimanche 1er septembre 2013 à 18:32
Est-ce que tu aimes la littérature classique ? C'est parce que j'aime beaucoup certains auteurs au style très "lourd" que Sarah Waters ne me paraît pas particulièrement difficile à lire.
Par Fantastique Cerise le Dimanche 1er septembre 2013 à 18:34
Oui, je sors d'un BAC L, je n'ai pas de problème avec ça. Pour exemple de ce que je disais, rien que dans la citation, la répétition du mot "yeux" me gêne.
Par Demoiselle-Coquelicote le Dimanche 1er septembre 2013 à 18:44
Je n'ai peut-être pas choisi la meilleure des citations ;) Je n'ai pas trouvé le style si lourd que ça car malgré que le livre soit un pavé, je n'ai pas eu l'impression de mettre des siècles à le lire.
 

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