sans-grand-interet

Qu'il est bon d'être futile !

Samedi 15 mars 2014 à 11:09

Vous ne le savez peut-être pas, mais je suis passionnée par les Indiens d’Amérique depuis que, petite fille, j’ai vu Danse avec les loups et Pocahontas. Quand je jouais aux Playmobil avec mon frangin, les Indiens gagnaient toujours sur les cow-boys. Depuis quelques années, j’ai envie d’en découvrir plus sur ces peuples. Alice avait dans sa PAL un roman intitulé Mille femmes blanches, de Jim Fergus, qu’elle n’avait pas l’intention de lire et me l’a gentiment offert. Merci beaucoup à elle ! Ça a été l’occasion de renouer un peu avec cette passion laissée en sommeil depuis longtemps.
 
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Nous sommes en 1875. Cette histoire est celle de May Dodd, jeune femme de Chicago injustement envoyée à l’asile par sa famille mécontente d’elle, qui va trouver le moyen de recouvrer sa liberté en acceptant une « mission » du gouvernement américain : se rendre dans les grandes plaines et épouser un Cheyenne, afin d’intégrer les Indiens aux Blancs. Les enfants de ces « mille femmes blanches » devront servir de pont entre les deux peuples. Nous la suivons dans son voyage vers l’ouest, puis dans sa vie de squaw. En filigrane, c’est l’histoire des Indiens d’Amérique qui se déroule sous nos yeux, par la plume de May qui note tout dans ses carnets.
 
Le début m’a paru un peu lent : il faut plus d’une centaine de pages avant de voir les Cheyennes. Avec le recul, je m’aperçois que ce temps était nécessaire : on fait connaissance avec May, elle nous raconte son histoire, dresse un peu les enjeux. On rencontre ses compagnes, on commence à comprendre le contexte historique, le point de vue des Blancs à l’époque et certains éléments de l’intrigue sont placés. May est différente des autres personnes de la classe sociale aisée. Elle a moins de préjugés, est plus ouverte d’esprit, plus grande gueule aussi, elle dit ce qu’elle pense. De ce fait, son style, quoique soigné, reste assez familier. Dans ses carnets, elle alterne entre coucher ses réflexions, raconter les évènements, décrire les paysages ou les us et coutumes des Cheyennes. Elle n’est pas une fervente chrétienne, mais se trouve un peu limitée parfois par cette culture blanche. Elle aussi tombe dans la facilité de parler des « sauvages », si difficiles à comprendre pour les peuples « civilisés ». Elle a parfois un côté un peu défaitiste qui m’a un peu chagrinée. J’aurais voulu qu’elle prenne des positions un peu différentes parfois… J’ai aimé la suivre, mais au final je ne me suis pas attachée à elle. C’est un peu mon regret concernant ce livre. D’autres personnages m’ont bien davantage conquise !
 
Il y a en effet une foule de personnages secondaires, dont certains m’ont beaucoup touchée. Gretchen, une femme d’origine suisse, m’a beaucoup fait rire. Elle est courageuse et forte, c’est le personnage qu’on admire souvent. La petite Sara, muette, si frêle et dont le destin m’a ébranlée, et son époux Cheyenne, ?. Les sœurs Kelly, des Irlandaises pleine de malice au franc-parler qui mettent toujours de l’animation. Phemie, ancienne esclave bien décidée à profiter de sa liberté retrouvée. Martha, la « meilleure amie » de May, timide et gauche, pas vraiment jolie mais amusante. Jimmy le muletier, dont je ne dirais rien de plus ! Feather on Head, une Cheyenne qui sera la première amie de May parmi ce peuple, et Pretty Walker, toute jeune femme, presque encore une enfant. Horse Boy, un jeune garçon pour lequel May se prendra d’affection. Au final, j’ai aussi bien aimé Little Wolf, l’un des chefs cheyennes. Et j’ai beaucoup apprécié un personnage qui arrive tardivement, le moine Anthony. Il est typiquement le personnage religieux que je peux respecter, comme Philip dans Les Piliers de la terre.
 
Il y aussi les personnages que je n’ai pas aimé, comme le Capitaine Bourke, qui franchement m’a saoulé. Il est gonflé lui ! C’est facile de tenir des beaux discours, de conter fleurette, et puis finalement de faire une connerie quand même, et d’essayer de se rattraper après. Moi je dis non. En plus, il se veut non macho et au final il n’est pas mieux que les autres. Bien entendu, j’ai détesté Jules Seminole, qui m’a sacrément foutu froid dans le dos. Je n’ai pas du tout apprécié le révérend Hare, un affreux personnage, mou et inutile, et dont les actes sont répréhensibles à tout niveau. Il représente facilement tout ce qu’on peut détester chez les cléricaux.
 
J’ai particulièrement apprécié dans ce roman la façon dont les émotions, les sentiments sont magnifiés. On dirait que la vie chez les Indiens provoque cela. Le bonheur est encore plus éclatant, la nature plus belle qu’ailleurs, mais quand le malheur frappe, c’est de façon encore plus violente et la tristesse est encore plus grande. Il y a vraiment des passages magnifiques, qui m’ont prise à la gorge, et les évènements m’ont fait pleurer plusieurs fois. Ce livre est parfait pour apprendre plein de choses sur les Cheyennes, leur vie quotidienne et leur culture, sans devoir se plonger dans un livre d’histoire ou un traité d’ethnologie. Globalement, le livre est très crédible. Jim Fergus a fait ses recherches, il a intégré des éléments du langage cheyenne. L’intrigue est intéressante, on a envie de connaître la suite. Par contre, attention, ce n’est pas une histoire toute gentillette, loin de là. C’est souvent dur. Personnellement, j’ai toujours trouvé l’histoire des Amérindiens d’une tristesse absolue et je continue à m’en offenser chaque fois que j’y pense.
 
"C'est au contraire une race d'hommes robustes et minces, aux visages basanés, bruns comme des châtaignes, à l'ossature fine nouée de muscles vigoureux. Ils paraissent dotés d'une agilité proprement féline, avec une vraie noblesse d'attitude. Ma première impression est que ces hommes sont plus proches du règne animal que nous autre caucasiens. Ces propos n'ont rien de dévalorisant ; je veux seulement dire qu'ils ont une apparence plus "naturelle" que la nôtre, parfaitement en harmonie avec les éléments. Je les avais imaginé de quelque façon plus grands, plus massifs, ainsi que les dépeignent les portraits dans les périodiques, très loin de ces créatures élancées, presque féeriques."
 
Le style est assez travaillé, car la narratrice, May, est issue d'une "bonne famille". En même temps, elle écrit assez librement parce qu'elle s'est affranchie de cette classe sociale. C'est très agréable à lire et je pense que dans l'ensemble Jim Fergus a vraiment fait les bons choix, de façon à ne pas alourdir son texte avec une écriture un peu pompeuse comme on peut parfois en trouver au XIXème siècle, tout en restant suffisamment crédible pour ne pas nous gâcher notre plaisir.
 
En bref, j’ai vraiment adoré ce livre que je vous conseille très, très fortement ! J’ai envie de m’acheter un livre plus détaillé sur le sujet depuis longtemps, par exemple sur les différents peuples indiens. Ce sera peut-être l’occasion de le faire bientôt. Je lorgne aussi sur des livres historiques sur Pocahontas, dont je connais la « vraie » histoire (le film d’animation de Disney n’a bien entendu rien à voir même si je l’adore) mais que j’aimerais connaître davantage.
 
"Et c'est une bonne tribu avec qui tu es ici. Certains des gars du sud ont une sale influence, c'est sûr. C'est qu'ils ont passé trop de temps avec les Blancs. Mais, en fin de compte, si on leur avait fichu la paix, tout irait bien. Si les Blancs les laissaient tranquilles, arrêtaient de leur mentir, de leur donner du whiskey, tout se passerait comme il faut."
 
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Choses � dire

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Par Scarlett Julie le Samedi 15 mars 2014 à 17:13
Ce livre est dans ma PAL depuis déjà quelques années, avec un billet comme le tien, il est vraiment temps que je le découvre !!!
Merci pour ton billet :)
PS : c'était le livre "Pocahontas la véritable histoire " de Susan Donnell (édition°1)? Je ne sais pas si il est encore dispo, on me l'avait offert à la parution du Disney, mais il est très bien. J'avais énormément appris en le luisant :) (ISBN 9782863917091)
Par alyane le Samedi 15 mars 2014 à 20:26
Tu me donnes envie de le lire, je connais le titre.
Par Demoiselle-Coquelicote le Dimanche 16 mars 2014 à 11:09
Ce titre est dans ma wish-list ! Il n'existe plus qu'en occasion.
Par DoloresH le Lundi 17 mars 2014 à 9:09
Oh ça a l'air bien ça, ça a l'air très bien même !
Par Demoiselle-Coquelicote le Lundi 17 mars 2014 à 13:51
Je crois que c'est tout à fait le genre de choses qui peut te plaire ! Celui-là aussi je peux te le prêter si tu veux ^^
Par Fanny Danslemanoirauxlivres le Mardi 18 mars 2014 à 20:21
Encore un livre que je souhaite lire... Un jour!
Par Demoiselle-Coquelicote le Mercredi 19 mars 2014 à 17:52
Je pense que ça te plairait =)
 

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