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Qu'il est bon d'être futile !

Lundi 8 juillet 2013 à 18:46

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Vous savez, mon stage se passe vraiment bien. J’ai eu beaucoup de chance sur ce coup-là (et sur d’autres aussi récemment, ce qui équilibre bien les choses, j’alterne les grandes joies et les gros pleurs en ce moment). L’une des choses merveilleuses dans ce stage, ce sont les gens. Vendredi, j’ai dû dire au revoir à une collègue qui partait en vacances, et ne reviendrait qu’après mon départ. J’en étais toute émotionnée. Le monsieur qui est chargé de la conduite de mon stage est particulièrement sympathique, et on discute beaucoup livres/cinéma/séries/musique… Il m’a parlé d’une pièce de Jean Giraudoux, Ondine, qui était très importante pour lui, et comme je ne connaissais pas, il me l’a prêtée et c’est ce que j’ai lu ce week-end.
 
Ondine est une pièce féerique, une sorte de conte inspiré du folklore germanique et scandinave. Il raconte l’histoire d’une ondine, espèce de génie des eaux, qui quitte les siens pour un homme. Le roi des ondins, certain que l’humain va la trahir, lui propose un pacte, qu’elle accepte. Pour sa pièce, Giraudoux s’est inspiré du conte écrit par Friedrich de La Motte-Fouqué au XIXème siècle. Dans sa version, Ondine a l’apparence d’une adolescente de quinze ans aux cheveux blonds, qui tombe amoureuse à la première vue d’un chevalier, Hans von Wittenstein zu Wittenstein. Celui-ci est déjà fiancé à la comtesse Bertha, fille adoptive du Roi, mais il tombe sous le charme d’Ondine qu’il prend pour une humaine malgré les avertissements des parents adoptifs de la jeune fille.
 
Heureusement que dans quasiment toutes les éditions de pièces de théâtre, il y a des explications, parce que sinon je serais passée à côté de beaucoup de choses je pense. J’ai été étonnée par le côté quasiment burlesque ou même absurde de certaines scènes. L’histoire est tout de même assez triste, proche au final de La Petite Sirène d’Andersen, et en même temps il y avait des passages complètement décalés (on se demande un petit peu comment ça tournait dans la tête du dramaturge…). Tant qu’on est sur ce qui m’a un peu surprise voire dérangée, j’ai aussi noté l’abandon d’Ondine à Hans, qui à certains moments me faisait l’effet d’une véritable soumission, d’inférioriser la femme par rapport à l’homme, et surtout l’épouse par rapport à l’époux. Alors oui, le propre de l’amour passionné est de s’oublier dans l’autre. Mais ce genre d’amour devient rapidement malsain, et dans cette pièce j’ai vraiment ressenti ça comme une volonté quasiment de s’avilir, du moins à certains moments (notamment au début). Est-ce que c’est juste moi, ou alors est-ce que c’est la traduction d’un état d’esprit encore bien présent dans la première moitié du XXème siècle, y compris chez le dramaturge, je l’ignore.
 
À côté de ça, il y a aussi des déclarations d’amour magnifique, d’un grand romantisme. Allié à la féerie de l’histoire (Ondine est tout de même un être magique, elle transforme l’étain en or, marche sur l’eau…), cela donne de très beaux passages. Il y a toute une opposition entre l’homme et la nature, la société civilisée et le monde nu des animaux et des ondins. J’ai lu que c’était un thème cher à Giraudoux, et en effet on le retrouve bien. On trouve aussi d’autres types d’opposition, entre deux personnages, comme Ondine et Bertha. Il y a des parallèles aussi, dans la narration et dans l’intrigue, et des sortes de « couplets » qui rythment le récit. On a aussi du théâtre dans le théâtre, la notion d’illusion, du temps et de l’âge…
 
Il y a un personnage que j’ai trouvé très intéressant mais qu’on voit peu : la reine Yseult (de nombreux noms sont des références ou des clins d’œil). Elle explique à Ondine la différence entre l’amour chez les hommes et l’amour chez les ondins.
 
C’est une belle pièce, mais je l’ai trouvée assez difficile à comprendre, car Giraudoux semble l’avoir écrite en grande partie pour des gens qu’il connaissait et qui saisiraient parfaitement toutes ses allusions. Je me doutais à la lecture qu’elle avait dû être excessivement difficile à monter, ce qui s’est confirmé dans les commentaires que j’ai lus après la pièce. À présent, je suis assez curieuse de lire d’autres textes sur « Ondine », celui de La Motte-Fouqué, mais aussi un conte de Grimm inspiré lui aussi du folklore. J’ai deux autres pièces de Giraudoux dans ma bibliothèque, La guerre de Troie n’aura pas lieu et Électre, que je lirai certainement un jour.
 
 
"C’est d’être tout ce qu’aime mon seigneur Hans, tout ce qu’il est. D’être ce qu’il a de plus beau et ce qu’il a de plus humble. Je serai tes souliers, mon mari, je serai ton souffle. Je sera le pommeau de ta selle. Je serai ce que tu pleures, ce que tu rêves… Ce que tu manges là, c’est moi." (Acte I, Scène 6)
 
"Je savais bien qu’il devait y avoir une raison pour être fille. La raison est que les hommes sont si beaux…" (Acte I, Scène 3)
 
"Depuis que je t’aime, ma solitude commence à deux pas de toi." (Acte I, Scène 9)
 

Choses � dire

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Par alyane le Lundi 8 juillet 2013 à 19:28
¨Belles rencontres.
Par maud96 le Lundi 8 juillet 2013 à 23:36
Tu sais donner envie de lire Ondine, dont je ne connaissais que le thème. Je viens de découvrir qu'il existe en E-book ici ; http://lewebpedagogique.com/joursapresjours/files/2011/02/Ondine.pdf
Je vais tenter de le "charger" en PDF sur mon E-book. Merci !
 

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