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Qu'il est bon d'être futile !

Mercredi 18 mars 2015 à 18:35

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Fanny et moi poursuivons avec avidité notre découverte de la fabuleuse Daphne du Maurier. Je dois dire qu’à chaque lecture ou relecture, je suis un peu plus conquise. Il y avait Bien Ma Cousine Rachel que j’avais un peu moins aimé, mais je suis certaine qu’une relecture en VO un jour suffira à me rabibocher avec ce roman. En attendant, je compte bien continuer mes lectures de cette auteure formidable !
 
Dans Myself When Young, Daphne du Maurier revient sur sa jeunesse, ses premiers essais de nouvelles, d’articles et finalement de romans, et comment sa vie et ses goûts ont influencé son travail, jusqu’à faire d’elle un vrai écrivain.
 
J’ai a-do-ré ce livre, moi qui avais eu horreur des autobiographies lorsqu’on les avait étudiées au lycée. Il faut dire que Rousseau est vachement moins sympathique que cette chère Daphne. Cela reste une autobio, il y a donc fort à parier qu’elle a accentué ce qui la met en valeur et qu’elle est passée plus rapidement sur les épisodes moins reluisants de sa jeune vie. Il n’empêche que, talent d’autobiographe ou véritable honnêteté, ces souvenirs regorgent pour moi de sincérité. Daphne a tenu un journal à partir de 1929 et nous en livre des extraits : tantôt adolescente encore enfant, égoïste, gamine qui se lamente de ne pas être la plus aimée de ses professeurs, tantôt bourgeon de jeune femme à l’intelligence vive et à l’imagination foisonnante, nourrie de ses très nombreuses lectures.
 
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Très tôt, elle s'est mise à noter "I read also" dans son journal, ainsi on sait quels romans elle a lu et aimé, ou trouvé ennuyeux. Comme nous, elle tenait le compte de ses lectures dans sa jeunesse et jetait ses impressions sur le livre à peine fini. Et l’on découvre qu’elle adorait les Brontë, Jane Austen, Katherine Mansfield, R. L. Stevenson, Arthur Quiller-Couch, les romans de son grand-père. Comment ne pas se sentir proche de cette enfant, puis de cette jeune femme qui nous ressemble par tant d’aspects ? Elle voulait au départ titrer ce livre Growing Pains : grandir est douloureux, dire sans cesse au revoir ou adieu à ceux qu’on aime, vivre ses premiers chagrins d’amour, les premières exaltations aussi, douloureuses tant elles nous submergent, la crise d’adolescence, la recherche de soi, les tâtonnements vers l’identité par l’écriture, les échecs, les projets commencés jamais finis... Des dizaines de fois je me suis dit « J’ai pensé la même chose ! Ça m’est arrivé aussi ! » Impossible pour moi de ne pas m’attacher à cette personne qui se livre avec humour et répondait par ce livre à une demande de proches ou d’admirateurs curieux de savoir comment s’est formée l’auteure de The Loving Spirit, Jamaica Inn, Rebecca et tant d’autres.

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L’introduction d'Helen Taylor m’a aussi beaucoup intéressée par sa généralité. On a tendance à prendre Daphne du Maurier pour une auteure de romans avant tout. Pourtant, elle a commencé par des nouvelles, et ce sont ses travaux de biographe qui lui ont valu en premier le succès, avec les livres consacrés à son père Gerald et à sa famille en général, et quelle famille d’ailleurs ! On connaît assez peu Daphne en France, on connaît encore moins Gerald, son père, qui était acteur, ou son grand-père George, écrivain et caricaturiste pour le magazine Punch. Et même Outre-Manche, on connaît encore moins Angela du Maurier, auteur de romans également, « The Other Sister » comme elle le rapporte elle-même dans une biographie de sa célèbre sœur. Une famille mondaine, où l’ont reçoit et où on est reçu, où on côtoie les plus grands (Daphne a dansé avec le Prince de Galles, futur Edouard VIII !), où on baigne dans la culture dès le berceau. Après tout, n’appelait-elle pas J. M. Barrie « Uncle Jim » ? (Il a été le tuteur légal des cousins germains de Daphne.) Oh my, what a family...

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Pétillante, intéressante, fascinante Daphne. On la suit jusqu’à son mariage, en 1932. À ce moment-là, elle avait déjà écrit trois livres : The Loving Spirit (que j’ai adoré), I’ll Never Be Young Again (que j’ai trèèès envie de découvrir de ce fait) et Julius (qui me tente moins, je ne vois pas bien autour de quoi tourne l’histoire). Déjà, les prémices de Jamaica Inn et Rebecca apparaissent. La Daphne de l’époque du journal ne le savait pas encore, mais ses intrusions à Menabilly, la fois où elle a failli se perdre dans la lande, le naufrage d’un navire près de Ferryside sont autant d’événements qui l’ont marquée ineffablement sur le moment, et qui plus tard lui serviraient à écrire ses romans les plus appréciés du grand public. La Cornouailles, la mer, les bateaux, les histoires de famille, ses racines françaises, sont autant de passion qu’elle nous transmet et qui explique que ses romans soient si vrais et si bien décrits : Daphne vivait ces choses.
 
"I'm rapidly coming to the conclusion that freedom is the only thing that matters to me at all. Also utter irresponsibility! Never to have to obey any laws or rules, only certain standards one sets for oneself. I want to revolt, as an individual, against everything that 'ties.' If only one could live one's life unhampered in any way, not getting in knots and twisting up. There must be a free way, without making a muck of it all."

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C’est ma première lecture d’un livre de Daphne du Maurier en anglais sans avoir déjà lu le livre auparavant (j’ai relu avec un immense plaisir Rebecca en VO l’an dernier) et je dois dire que c’est à la fois super bien écrit et très abordable, le pied total quoi. J’en viens à regretter de n’avoir que des traductions dans ma PÀL ! J’espère bien poursuivre ma collection avec des VO.

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J’ai l’impression de n’avoir strictement rien dit dans cette chronique, seulement d’avoir fait passer, de manière tout à fait partiale, mon enthousiasme pour ce livre qui m’a passionnée du début et à la fin. Je me suis d’ailleurs jetée sur The Rebecca Notebook and Other Memories pour ne pas lâcher tout de suite Daphne. Et maintenant je veux visiter la Cornouailles et partir sur les trace de Daphne du Maurier, comme je vais partir en juin sur celles de Jane Austen.
 
"It's funny,' I noted in the diary, 'how often I seem to build a story around one sentence, nearly always the last one, too. The themes are a bit depressing but I just can't get rid of that."

Choses � dire

Dire quelque chose

Par Fanny Dans le manoir aux livres le Dimanche 22 mars 2015 à 11:42
Ton billet est superbe, on sent la passionnée!! ;) Mon avis est identique au tien, je ne devrais plus tarder à le publier.
Par Demoiselle-Coquelicote le Dimanche 22 mars 2015 à 14:17
C'est horrible d'être si peu objective x)
Par Lolinette77130 le Jeudi 26 mars 2015 à 14:45
Comme le sujet semble vous plaire: Tatiana de Rosnay a récemment publié une biographie sur Daphné du Maurier qui s'appelle "Manderley forever", j'attends de la lire avec impatience je crois qu'elle plaira aux inconditionnels de son œuvre.
Par Demoiselle-Coquelicote le Jeudi 26 mars 2015 à 21:30
J'ai bien sûr entendu parler de ce livre, et j'ai hâte qu'il sorte en poche, l'an prochain j'espère !
Par lancien le Vendredi 17 avril 2015 à 16:12
Les photos sont belles et le texte intéressant
Un petit bonjour en passant. Plus de panne, on peut à nouveau aboutir sur les blogs, alors je fais un petit tour. Amitiés
 

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