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Qu'il est bon d'être futile !

Mercredi 18 mars 2015 à 18:35

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Fanny et moi poursuivons avec avidité notre découverte de la fabuleuse Daphne du Maurier. Je dois dire qu’à chaque lecture ou relecture, je suis un peu plus conquise. Il y avait Bien Ma Cousine Rachel que j’avais un peu moins aimé, mais je suis certaine qu’une relecture en VO un jour suffira à me rabibocher avec ce roman. En attendant, je compte bien continuer mes lectures de cette auteure formidable !
 
Dans Myself When Young, Daphne du Maurier revient sur sa jeunesse, ses premiers essais de nouvelles, d’articles et finalement de romans, et comment sa vie et ses goûts ont influencé son travail, jusqu’à faire d’elle un vrai écrivain.
 
J’ai a-do-ré ce livre, moi qui avais eu horreur des autobiographies lorsqu’on les avait étudiées au lycée. Il faut dire que Rousseau est vachement moins sympathique que cette chère Daphne. Cela reste une autobio, il y a donc fort à parier qu’elle a accentué ce qui la met en valeur et qu’elle est passée plus rapidement sur les épisodes moins reluisants de sa jeune vie. Il n’empêche que, talent d’autobiographe ou véritable honnêteté, ces souvenirs regorgent pour moi de sincérité. Daphne a tenu un journal à partir de 1929 et nous en livre des extraits : tantôt adolescente encore enfant, égoïste, gamine qui se lamente de ne pas être la plus aimée de ses professeurs, tantôt bourgeon de jeune femme à l’intelligence vive et à l’imagination foisonnante, nourrie de ses très nombreuses lectures.
 
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Très tôt, elle s'est mise à noter "I read also" dans son journal, ainsi on sait quels romans elle a lu et aimé, ou trouvé ennuyeux. Comme nous, elle tenait le compte de ses lectures dans sa jeunesse et jetait ses impressions sur le livre à peine fini. Et l’on découvre qu’elle adorait les Brontë, Jane Austen, Katherine Mansfield, R. L. Stevenson, Arthur Quiller-Couch, les romans de son grand-père. Comment ne pas se sentir proche de cette enfant, puis de cette jeune femme qui nous ressemble par tant d’aspects ? Elle voulait au départ titrer ce livre Growing Pains : grandir est douloureux, dire sans cesse au revoir ou adieu à ceux qu’on aime, vivre ses premiers chagrins d’amour, les premières exaltations aussi, douloureuses tant elles nous submergent, la crise d’adolescence, la recherche de soi, les tâtonnements vers l’identité par l’écriture, les échecs, les projets commencés jamais finis... Des dizaines de fois je me suis dit « J’ai pensé la même chose ! Ça m’est arrivé aussi ! » Impossible pour moi de ne pas m’attacher à cette personne qui se livre avec humour et répondait par ce livre à une demande de proches ou d’admirateurs curieux de savoir comment s’est formée l’auteure de The Loving Spirit, Jamaica Inn, Rebecca et tant d’autres.

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L’introduction d'Helen Taylor m’a aussi beaucoup intéressée par sa généralité. On a tendance à prendre Daphne du Maurier pour une auteure de romans avant tout. Pourtant, elle a commencé par des nouvelles, et ce sont ses travaux de biographe qui lui ont valu en premier le succès, avec les livres consacrés à son père Gerald et à sa famille en général, et quelle famille d’ailleurs ! On connaît assez peu Daphne en France, on connaît encore moins Gerald, son père, qui était acteur, ou son grand-père George, écrivain et caricaturiste pour le magazine Punch. Et même Outre-Manche, on connaît encore moins Angela du Maurier, auteur de romans également, « The Other Sister » comme elle le rapporte elle-même dans une biographie de sa célèbre sœur. Une famille mondaine, où l’ont reçoit et où on est reçu, où on côtoie les plus grands (Daphne a dansé avec le Prince de Galles, futur Edouard VIII !), où on baigne dans la culture dès le berceau. Après tout, n’appelait-elle pas J. M. Barrie « Uncle Jim » ? (Il a été le tuteur légal des cousins germains de Daphne.) Oh my, what a family...

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Pétillante, intéressante, fascinante Daphne. On la suit jusqu’à son mariage, en 1932. À ce moment-là, elle avait déjà écrit trois livres : The Loving Spirit (que j’ai adoré), I’ll Never Be Young Again (que j’ai trèèès envie de découvrir de ce fait) et Julius (qui me tente moins, je ne vois pas bien autour de quoi tourne l’histoire). Déjà, les prémices de Jamaica Inn et Rebecca apparaissent. La Daphne de l’époque du journal ne le savait pas encore, mais ses intrusions à Menabilly, la fois où elle a failli se perdre dans la lande, le naufrage d’un navire près de Ferryside sont autant d’événements qui l’ont marquée ineffablement sur le moment, et qui plus tard lui serviraient à écrire ses romans les plus appréciés du grand public. La Cornouailles, la mer, les bateaux, les histoires de famille, ses racines françaises, sont autant de passion qu’elle nous transmet et qui explique que ses romans soient si vrais et si bien décrits : Daphne vivait ces choses.
 
"I'm rapidly coming to the conclusion that freedom is the only thing that matters to me at all. Also utter irresponsibility! Never to have to obey any laws or rules, only certain standards one sets for oneself. I want to revolt, as an individual, against everything that 'ties.' If only one could live one's life unhampered in any way, not getting in knots and twisting up. There must be a free way, without making a muck of it all."

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C’est ma première lecture d’un livre de Daphne du Maurier en anglais sans avoir déjà lu le livre auparavant (j’ai relu avec un immense plaisir Rebecca en VO l’an dernier) et je dois dire que c’est à la fois super bien écrit et très abordable, le pied total quoi. J’en viens à regretter de n’avoir que des traductions dans ma PÀL ! J’espère bien poursuivre ma collection avec des VO.

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J’ai l’impression de n’avoir strictement rien dit dans cette chronique, seulement d’avoir fait passer, de manière tout à fait partiale, mon enthousiasme pour ce livre qui m’a passionnée du début et à la fin. Je me suis d’ailleurs jetée sur The Rebecca Notebook and Other Memories pour ne pas lâcher tout de suite Daphne. Et maintenant je veux visiter la Cornouailles et partir sur les trace de Daphne du Maurier, comme je vais partir en juin sur celles de Jane Austen.
 
"It's funny,' I noted in the diary, 'how often I seem to build a story around one sentence, nearly always the last one, too. The themes are a bit depressing but I just can't get rid of that."

Jeudi 12 février 2015 à 18:18

J’ai une mémoire qui peut être très performante ou particulièrement déficiente. Ainsi, en commençant Curtsies and Conspiracies, j’avais très bien en tête les personnages et l’univers développés dans le premier tome de Finishing School, Etiquette and Espionage, mais je ne me souvenais plus de l’intrigue, ou alors très vaguement... Je me suis donc lancée dans ce second tome sans réfléchir, avec seulement l’envie d’être divertie, et j’ai été servie au-delà de mes espérances.
 
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On retrouve Sophronia et les autres élèves de l’école de Mademoiselle Geraldine alors que les recrues les plus récentes, dont Sophronia fait partie puisqu’elle est élève depuis seulement six mois, passent leur première évaluation. Les résultats vont être plein de surprises pour Sophronia, ce qui ne va certainement pas l’empêcher de continuer à laisser traîner ses oreilles partout, et ainsi entendre parler d’un voyage à Londres et d’une nouvelle conspiration qui pourrait bien avoir des incidences non seulement sur la communauté humaine mais aussi sur la communauté des surnaturels...
 
Quel délicieux moment j’ai passé avec Sophronia ! J’apprécie de plus en plus ce personnage. Elle est presque trop maligne, mais Gail Carriger réussit avec brio à nous la rendre tout à fait attachante en la mettant face à face avec ses faiblesses. Elle vit deux moments/périodes difficiles dans le roman où elle m’a vraiment touchée, sans cesser de me faire rire ou sourire (SPOIL : lorsqu’elle est ostracisée par les autres élèves suite à ses excellents résultats sur ordre des professeurs et lorsqu’elle prend la mesure des actes qu’elle doit commettre en tant qu’espionne et la culpabilité qui s’ensuit).
 
La narration est très intelligente et permet parfaitement à un lecteur amateur non bilingue tel que moi de comprendre : des indices sont disséminés tout au long de la lecture, certains passages fonctionnent par des jeux de sarcasmes ou de sous-entendus, mais il y a toujours un moment qui explicite ce qui n’était pas clair. À la fin du roman, on sait qui a fait quoi et pourquoi (sur ce deuxième point, on a en tout cas les hypothèses en présence !). Cela fait de Finishing School une très bonne saga pour les jeunes, pas du tout idiote, et qui les mènera efficacement vers des lectures de plus en plus riches (à commencer par The Parasol Protectorate ♥).
 
Et puis ce style, alalala j’adore ! J’ai lu une partie du roman pendant mes pauses déjeuner, et j’avais bien du mal à ne pas glousser devant tout le monde tant la plume de Gail Carriger est amusante. Je m’y perds parfois un peu entre tous les objets inventés par l’auteure et les nombreux vêtements qu’utilisent les jeunes filles, mais c’était déjà le cas en lisant la traduction, alors... Je prends en tout cas toujours autant de plaisir à lire cette vivacité propre à Gail Carriger.
 
Vivacité qui se retrouve en particulier dans ses personnages, toujours plus nombreux et délicieux. J’ai eu l’immense bonheur de retrouver l’un de mes chouchous de la première saga qui m’a fait dévorer la fin du bouquin et désespérer de ne pas pouvoir lire la suite immédiatement. Si ce que je pense va effectivement arriver... Ah, ça va être génial ! La suite promet d’être excellente ! J’ai trouvé Vieve particulièrement intéressante, car dans certains de ses actes (et dans une certaine prédiction), on entrevoit déjà l’adulte en devenir et qu’on retrouve dans The Parasol Protectorate. Les développements sur ce personnage éclairent utilement certains points de cette saga. J’aime beaucoup Dimity, elle a des airs de ressemblance avec cette folle d’Ivy et joue d’ailleurs un rôle assez similaire pour Sophronia à celui d’Ivy pour Alexia, sauf que Dimity est dès le début « dans le secret » de Sophronia puisqu’elles suivent la même formation, alors qu’Ivy ignore la véritable nature d’Alexia au début de la saga. J’aime aussi beaucoup Soap (s’il y a un camp à choisir entre lui et Felix, je choisis lui !), très prometteur. Voir Sidheag jeune est toujours une sacrée distraction !
 
Je pense que cette chronique est assez claire : j’ai adoré ce deuxième tome ! C’était exactement la lecture dont j’avais besoin. J’ai vraiment hâte de lire la suite Waistcoats and Weaponry. Vivement ma prochaine commande sur The Book Depository... Et aussi la sortie du dernier tome, apparemment prévue pour la fin de l’année ! Je suis également très impatiente de commencer The Custard Protocol, dont le premier tome est à paraître en mars et qui se passe après The Parasol Protectorate...
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Dimanche 1er février 2015 à 10:35

C’est mal, j’ai traîné avant de faire ma chronique d’Une place à prendre, et maintenant les mots vont être encore plus difficiles à apposer à mon ressenti à la lecture !
 
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Pagford est une petite bourgade du sud de l’Angleterre, le coin typique dont on penserait qu’il ne s’y passe jamais rien. Mais voilà que Barry Fairbrother, conseiller paroissial, meurt subitement. Son décès entraîne une vacance fortuite (a casual vacancy, comme le titre VO du roman) au conseil de Pagford, et bientôt cette place à prendre provoque un déchaînement dans les vies tranquilles des habitants. Le conflit se cristallise rapidement entre ceux qui tiennent notamment à se débarrasser de l’encombrante cité des Champs et de la clinique pour toxicos de Bellchapel, et ceux qui continuent de soutenir ces projets sociaux.
 
Ce qui m’a frappée dès les premières lignes, c’est encore et toujours l’écriture et la narration de J. K. Rowling, sans tache, parfaite. Avant même de distinguer les différentes forces en présence, incarnées à travers la riche galerie des personnages, j’étais déjà coincée dans les mailles du filet de l’auteure, qui a su m’intriguer par sa mise en scène de l’élément déclencheur – la mort de Barry – et sa description de la bourgade. Ensuite, j’ai fait connaissance avec les nombreux personnages : Barry à travers ce que les autres disent de lui, Mary, Sam, Miles, Howard, Shirley, Maureen, Gavin, Kay, Gaia, Terri, Krystal, Tessa, Colin, Fats, Arf, Simon, Ruth, Parminder, Sukhvinder pour les principaux, donc pas moins de 20 personnalités à retenir et d’histoires à relier entre elles. Ça peut paraître top, mais faites confiance à J. K. Rowling, elle gère. Tous ces personnages sont si réalistes, si vrais, qu’on n’a pas de mal à se les approprier. Les chapitres passent de l’un à l’autre et à aucun moment je ne me suis perdue. Je n’ai pas eu à faire d’efforts pour tout me rappeler, car à chaque fois que je lisais, j’étais tellement immergée dedans que le monde extérieur ne m’atteignait plus.
 
Quand je posais le livre, je continuais à y penser, je m’inquiétais ou me réjouissais de ce que je venais de lire, et je voulais continuer. Pour moi, ce roman est un page-turner diaboliquement efficace. J’étais tellement prise dans ma lecture que j’ai donné envie à mon chéri de lire ce bouquin (c’est suffisamment rare pour être souligné !). Les catastrophes, grandes ou petites, s’enchaînent sans temps mort, et les pièges se referment sur les personnages, qu’ils en aient conscience ou pas. On voit parfois certaines choses venir, ou on les pressent – tel plan va forcément foirer, tel autre est bien audacieux… – mais là plupart du temps, j’ai été prise au dépourvu, j’ai retenu mon souffle quand le drame se produit. De nombreux personnages sont antipathiques au début. Certains le restent : Howard, Shirley et Maureen forment un groupe bien désagréable ; Gavin me met hors de moi, chiffe molle qu’il est ; Simon est l’archétype de l’homme auquel je ne ferai JAMAIS confiance… D’autres ont fini par me toucher, car ils sont tout en nuance. Certains de leurs actes ou de leurs pensées ont pu m’horripiler, mais en les voyant en entier, je finis par les comprendre, leur pardonner : Miles et Sam, Kay et Gaia.
 
J. K. Rowling réussit une chose extraordinaire, en nous montrant les personnages sous tous les angles. Jamais je n’avais eu une connaissance si parfaite de personnages. Non seulement on a leur vie intérieure et la façon dont ils veulent se montrer, mais aussi tels qu’ils apparaissent aux yeux de leur entourage, qu’il soit bienveillant ou non à leur égard. Les personnages les plus réussis sont les ados je pense. Tous sont bouleversants de justesse. Leurs pensées m’ont vraiment marquée et m’ont fait réaliser plein de choses sur moi et sur des gens que je connaissais. En outre, ils sont généralement plus sympathiques que les adultes, sauf Fats pour qui j’avais des sentiments neutres au début et qui s’est révélé de plus en plus détestable, jusqu’à ce que je me dise que c’est vraiment bien fait pour sa gueule. Je sais que beaucoup ont été très touchés par Krystal, et il est clair que le sort de sa famille ne m’a pas laissée indifférente. Malheureusement, j’ai du mal à me retrouver dans des situations aussi extrêmes et donc à m’identifier au personnage. C’est Sukhvinder qui m’a vraiment émue, et tout au long du roman j’ai eu peur de ce que l’auteure lui réservait.
 
L’ambiance d’Une place à prendre est évidemment à des années-lumière de celle d’Harry Potter. Je confirme que si vos enfants adorent le jeune sorcier, il ne faut pas les laisser lire ce roman, ni à vos ados d’ailleurs. Je pense qu’il faut une certaine maturité, un certain recul pour comprendre et apprécier ce roman. Si je l’avais lu il y a 3 ans (j’en ai 23 actuellement), je ne suis pas sûre que je l’aurais autant aimé. C’est un livre dur, parfois glauque ou malsain, souvent très cru. Pas de faux-semblant, pas de filtre. Si ça complote, si ça baise, si ça se shoote, si ça se branle, si ça se mutile, si ça fait une dépression, si ça maltraite, si ça viole, c’est dit tel quel. Attention, J. K. Rowling ne fait pas dans la surenchère, non. Elle n’en fait jamais trop, mais elle est honnête. Elle nous empêche de détourner le regard, de fuir la réalité en nous mettant sous le nez les travers des êtres humains et de la société actuelle. Dans mon boulot je travaille avec les collectivités, et c’était intéressant de voir la vision qu’à J. K. Rowling de l’administration territoriale de l’Angleterre, puis de comparer avec ce que je vois au quotidien.
 
Je suis certaine que j’aurais encore des dizaines de points à détailler, mais si je ne vous ai pas déjà convaincus à ce stade, je ne pense pas y arriver avec des paragraphes en plus, alors j’arrête là, en vous conseillant de ne pas vous appuyer sur les avis que vous avez pu lire : lisez Une place à prendre et forgez-vous votre propre opinion. J'ai vraiment hâte de voir la série de la BBC, qui sera diffusée à partir du 15 février !
 

Vendredi 30 janvier 2015 à 18:09

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J'avais bien aimé Wreck-it Ralph, le Disney d'il y a quelques années, mais on était assez loin du coup de cœur, notamment parce que l'émotion manquait à ce film. Humour et aventure, ça oui ! Et le nouveau film des studios, Big Hero 6 (ou Les Nouveaux héros en VF) réunit ces trois éléments, avec en plus un atout majeur : Baymax.

À San Fransokyo, la technologie est partout, mais s'harmonise bien avec une sorte de Japon revisité. Hiro, orphelin et jeune prodige de la robotique âgé de 14 ans, crée une technologie incroyable. Il arrête son projet lorsque son frère aîné, Tadashi, meurt brusquement. Hiro se laisse lentement aller, n'a plus la volonté de continuer ses recherches, jusqu'à ce que Baymax surgisse, un robot créé par son frère dédié aux soins médicaux.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Films2/BH63.jpgJe m'impatientais un peu au début, parce que j'avais vu Baymax dans la BA et que je voulais absolument le voir rapidement, mais évidemment il faut un temps de mise en place, qui nous permet notamment de connaître Hiro. Petit génie, certes, mais aussi très imbu de sa personne, et assez renfermé. Il n'a pas d'ami, aime bien faire enrager son frère et sa tante... La mort de son frère va exacerber diverses parties de sa personnalité. Il va lui falloir se trouver une nouvelle quête, et c'est Baymax, bien malgré lui au début, le sort de son apathie.

Mon perso préféré est indiscutablement ce robot tout moumou, gentil comme tout, qui a une fonction bouillotte ! Sa programmation permet de nombreuses blagues, jamais lourdes, et il est tellement adorable ! Je ne me remets pas des émotions que le duo Hiro/Baymax a produit en moi. Une scène à la fin m'a tiré toutes les larmes de mon corps (j'oublie souvent que les Disney sont des Disney vu qu'ils arrivent à me prendre par surprise !).

Les personnages secondaires, les amis de l'université, sont aussi bien sympas ! J'ai eu une préférence pour Fred, je l'avoue, surtout parce que j'ai vu le film en VO et que la voix de T.J. Miller est juste énorme ! (Il fait Tuffnut dans How to train your dragon.)

Alors que Wreck-it Ralph se concentrait sur les jeux vidéos, Big Hero 6 fait la part belle à la robotique et, bien sûr, aux comics, avec une bonne dose japonisante dans les décors et sur certains persos. Le film est un beau melting-pot, avec beaucoup d'inspirations différentes, et perso j'ai adoré (je ne suis pourtant pas du tout comics, mais les références me font rire vu que je suis assidûment The Big Bang Theory !) La musique est aussi super, elle colle parfaitement à l'ambiance. La seule chose qui m'a moins plu, c'est le choix très classique pour le méchant, mais c'est vraiment du détail.

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C'est un film qui a tout ce qu'il faut pour plaire, franchement je l'ai trouvé génial. J'espère qu'un coffret Wreck-it Ralph/Big Hero 6 sortira à Noël pour que je me fasse offrir ces deux films d'animation "modernes". Disney jongle admirablement entre les dessins animés "classiques" (quoique, pour Frozen... Mais je en relancerai pas ce débat ! Raiponce en tout cas était de la bombe pour moi, et j'ai hâte de voir Moana !) et "modernes". Surtout, allez le voir !!!

I am satisfied with my care.

Lundi 26 janvier 2015 à 18:45

Mr and Mrs Dursley, of number four, Privet Drive, were proud to say that they were perfectly normal, thank you very much.
 
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Il est toujours plus facile de pointer les faiblesses que les qualités, mais dans le cas d’Harry Potter, si je veux pointer les qualités, je dois montrer le livre en entier... Alors essayons !
 
Revenons au commencement du mythe : la famille Dursley est parfaitement heureuse dans son train-train ordinaire, sans histoire. Leur vie bien rangée est tout à coup bouleversée, suite à une journée étrange où des feux d’artifice éclatent dans tout le pays, des hiboux et des chouettes sortent en plein jour, des énergumènes mal attifés inondent les rues. Le lendemain, Vernon et Petunia trouvent sur leur seuil leur neveu Harry, du même âge que leur fils Dudley. Et ce qu’ils craignent va se réaliser dix ans plus tard : lors du onzième anniversaire de Harry, un homme immense et bourru vient lui délivrer une lettre et lui annonce que tout comme ses parents, il est un sorcier, et qu’il est attendu à l’école Poudlard...
 
Ces premiers chapitres me procurent toujours des frissons. Je me revois à l’âge de Harry (ou presque), en train de découvrir ce roman pour la première fois, m’émerveiller, et espérer tellement, tellement fort recevoir la même lettre (si Poudlard est trop loin je veux bien aller à Beauxbâtons, mais j’anticipe sur les livres là). Le premier tome de la saga magique de J. K. Rowling sait toujours aussi parfaitement me replonger en enfance, bien qu’à l’époque je lisais la traduction et que cette énième relecture s’est faite en VO. Dès la première page, on est saisie par l’humour de J. K. Rowling et par sa façon de raconter les histoires. Son style est vivant, détaillé juste ce qu’il faut, précis dans les mots choisis, et absolument délicieux. C’est un vrai bonheur à lire.
 
Before we begin our banquet, I would like to say a few words. And here they are: Nitwit! Blubber! Oddment! Tweak! Thank you.
 
J’avais déjà constaté en relisant le dernier tome en anglais que son écriture n’est pas du tout « facile » comme certains de ses détracteurs veulent le faire croire. Ça se sent peut-être un peu moins dans la traduction, mais je trouve ça très clair dans la VO. Elle fait des phrases bien construites, utilise du vocabulaire varié et adapté, quelquefois familier (Blimey !) et d’autres fois beaucoup plus soutenu. C’est en tout cas so British et ça j’adore ! C’est pour cette raison que je voulais absolument une édition britannique et non pas américaine vu que les éditeurs outre-Atlantique ont jugé utile de modifier certains passages pour livrer une langue plus américaine qu’anglaise, ce que je pense être une aberration... Et j’ai choisi Bloomsbury parce que 1) les couvertures sont canons et 2) c’est l’éditeur original de la saga. Bref, sans ce style propre à J. K. Rowling, sans ses talents d’écrivain et de conteuse, Harry Potter ne serait pas ce qu’il est. Elle n’a pas « seulement » eu de bonnes idées pour son histoire, elle a également su l’écrire à la perfection.
 
I hope you're pleased with yourselves. We could all have been killed — or worse, expelled.
 
Passons à l’intrigue, également parfaite (comment ça cette chronique n’est absolument pas objective ? Et alors ?) Comment ne pas être pris dans les mailles du filet dès le premier chapitre ? Elle sème des miettes de l’univers des sorciers, présente trois persos majeurs, l’environnement qui sera celui d’Harry pendant 10 ans… J’avais été kidnappée lors de ma première lecture, et les nombreuses relectures n’y changent rien, je suis toujours ensorcelée par cette histoire. Chaque chapitre apporte de nouveaux éléments. On ne s’ennuie pas une seconde, pas une phrase. La galerie des personnages est diversifiée, et ses éléments sont si bien croqués qu’on en vient rapidement à oublier qu’ils n’existent pas. Ils font partie de nous, t c’est en grande partie pour cela qu’on a tant de mal à se détacher de cette saga. Comment oublier l’humour des jumeaux Weasley, Hagrid et sa manie des bestioles, la malice de Dumbledore, l’amitié qui lie Harry, Ron et Hermione ? Chaque fois que je dois poser le livre, chaque fois que je finis un tome, chaque fois que je pense à cette série, j’ai toujours un pincement au cœur et une bouffée de joie qui m’envahissent, et l’envie me prend de replonger dans les livres.
 
There are some things you can't share without ending up liking each other, and knocking out a twelve-foot mountain troll is one of them.
 
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Je ne m’en étais pas rendue compte lors de mes premières lectures et relectures vu que je n’avais pas de vues d’ensemble sur la saga, mais J. K. Rowling a vraiment parfaitement organisé ses sept tomes. Rien n’est laissé au hasard, et dès le premier tome, des éléments nécessaires à la compréhension du dernier sont donnés. Quant à l’idée de suivre les personnages sur cette année, de suivre Harry sur son adolescence (grosso modo), n’est pas originale mais elle est tellement bien exploitée… Certes, je n’ai pas découvert ce livre étant adulte, mais j’ai vraiment du mal à croire que si je l’avais découvert cette année seulement, je l’aurais moins aimé. Au contraire, je suis persuadée que j’aurais adoré, et que je me serais collé des baffes de ne pas l’avoir lu étant jeune, pour être encore davantage émerveillée. De toute façon, je ne comprends pas que certaines gens apprécient d’autres lectures de l’Imaginaire mais pas cette saga.
 
It does not do to dwell on dreams and forget to live, remember that.
 
The Philosopher’s Stone est magiquement dosé entre la découverte de l’univers, la présentation des personnages, le fantastique, l’aventure, le suspense, l’humour, l’émotion… Tout y est ! Sauf peut-être l’amour et le sexe, mais chaque chose en son temps, les héros ont 11 ans quand même. Voyons voir pour mes passages préférés… Quand Harry apprend qu’il est un sorcier. Quand il arrive à Poudlard. Quand il découvre son talent au Quidditch, et quand il joue son premier match (j’ai toujours adoré les chapitres consacrés aux matchs de Quidditch, moi qui ne suis pas sportive pour deux sous !). Quand il reçoit ses premiers cadeaux de Noël. Quand il contemple le miroir du Riséd. Quand il franchit une à une les épreuves pour atteindre la pierre aux côtés de Ron et Hermione. Quand Gryffondor gagne la Coupe. Tous ces beaux moments, je les vis par procuration grâce au talent inestimable de J. K. Rowling.
 
To the well-organized mind, death is but the next great adventure: filled with fun, majesty, and a bit of mischief.
 
Je prends de l’âge en même temps que le temps poursuit sa course, et de plus en plus je pense au moment où je pourrais faire découvrir ce livre, et les suivants, à mes enfants. Je n’ai pas été accompagnée dans ma découverte de la lecture, et encore moins dans celle d’Harry Potter, et cette solitude a en grande partie forgé ma personnalité. Pour rien au monde je ne manquerai le bonheur de lire ce premier tome avec mon fils ou ma fille. J’ai tellement hâte, vous n’avez pas idée. J’arrête là ma chronique, sinon je vais pleurer.
 
 

Jeudi 22 janvier 2015 à 18:43

Cet article va être tellement difficile à faire ! Ma lecture des Neiges bleues de Piotr Bednarski a été étonnante à plus d’un titre et plusieurs jours après l’avoir finie, j’en suis encore marquée, sans réussir à bien mettre des mots dessus... Essayons tout de même.
 
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Pieta vit avec sa maman dans un village perdu au milieu de la Sibérie, où le gouvernement de Staline envoie les gens gênants. Ce lieu est une sorte d’anti-chambre du Goulag, et à tout moment chacun sait qu’il peut y être envoyé, ou qu’il peut en voir revenir un être cher longtemps disparu. Pieta nous raconte son quotidien et les événements qui viennent briser sa monotonie.
 
J’avoue volontiers que le sujet ne m’enchantait guère. Je me suis même demandé pourquoi j’avais eu l’idée tordue de mettre ce titre dans le Challenge Cold Winter, ce genre d’histoire étant tout sauf réconfortant ! (En fait, c’est d’une part parce qu’il y a le mot neige dedans, et d’autre part parce que j’ai reçu ce livre de Matilda, que je remercie d'ailleurs, il y a déjà trop longtemps, et que je voulais le sortir de ma PÀL.) Je n’aime pas beaucoup les histoires de déportation, ni celles qui touchent de trop près à la guerre, et en plus ce livre est autobiographique (trop sensible je suis). Pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher d’être happée dès les premières pages par le style. Je ne sais pas à quoi il ressemble en polonais, mais la traduction m’a fait rêver, bravo au collectif d’étudiants qui a assuré cette traduction ! Il y a énormément de beauté, de sensibilité et de sincérité dans la plume de Piotr Bednarski, qui m’a aussitôt séduite. Certains phrases rappellent beaucoup plus la poésie que la prose.
 
Ensuite, je me suis rapidement attachée à Pieta et à ses « aventures ». Les neiges bleues est un roman mais sa composition rappelle aussi le recueil de nouvelles ; chaque chapitre porte un titre propre, est consacré à un événement particulier et beaucoup se terminent par une sorte de chute. Néanmoins, c’est bel et bien un roman, on retrouve les personnages et des références aux autres petites histoires, et on avance dans le temps, jusqu’à la chute ultime, à laquelle j’avoue que je ne m’attendais pas du tout. Le livre oscille sans cesse entre joie et tristesse, toujours dans l’émotion pure, et simple. L’auteur ne s’appesantit pas sur les drames qui jalonnaient alors sa courte existence. Je n’ai pas pu faire autrement qu’être touchée par son courage et sa fragilité, par les petits défis qu’ils lançaient à la vie si dure qu’il menait, par sa capacité à rebondir après chaque épreuve.
 
La vision qu’il nous met devant les yeux m’a toujours plu, même quand elle était cruelle. J’ai suivi avidement l’histoire de sa mère, « Beauté ». L’existence d’une telle personne dans le monde qu’il nous décrit est extraordinaire. Malgré les drames, je ne peux retenir que l’espoir (depuis quand suis-je si optimiste ? Je pense que c’est l’effet que produit l’auteur). Quasiment tous les personnages secondaires sont intéressants, même s’ils ne font souvent que passer. Je reste étonnée de voir la quantité de choses que Piotr Bednarski a réussi à développer en si peu de pages, et de l’intensité qu’elles contiennent.

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Je suis désolée, je trouve cette chronique NULLE en comparaison de ce que j’ai ressenti à ma lecture. J’ai vu qu’un autre titre de cet auteur est paru au Livre de Poche l’an dernier, Un goût de sel, et je ne vais pas manquer de l’acheter. Je ne peux que vous conseiller (c’est bien parce que je ne peux pas vous y obliger) de lire ce petite livre exceptionnel.
 
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Dimanche 18 janvier 2015 à 10:28

J’ai beau me creuser la tête, je ne sais pas pourquoi je n’avais pas encore chroniqué l’adaptation de Sense and Sensibility de 1995, c’est-à-dire le film d’Ang Lee. Je l’ai pourtant vu de nombreuses fois ! Le mal est à présent réparé !

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Je ne vous refais pas le pitch, si vous voulez vous pouvez le trouver sur ma chronique du roman. Je n’ai vu que deux adaptations de ce livre, et même si l’autre est pleine de qualités, il lui a toujours manqué un quelque chose qui fait que je préfère cette adaptation-ci… Malgré ses défauts également ! Commençons par parler acteurs. Le casting est évidemment de haut vol : Emma Thompson (Elinor), Kate Winslet (Marianne), Hugh Grant (Edward), Alan Rickman (Colonel Brandon), Gemma Jones (Mrs Dashwood mais aussi Mrs Pomfresh dans Harry Potter !), Imelda Staunton (Mrs Palmer, et aussi Dolores Ombrage…), Hugh Laurie (Mr Palmer), Harriet Walter (Mrs John Dashwood)… Bref, tout un tas d’excellents acteurs britanniques ! L’ennui, et ce qui hérisse le poil de nombreuses Janéites, c’est l’âge de certains acteurs par rapport à l’âge du personnage dans le roman. Emma Thompson est beaucoup, beaucoup trop âgée, et ça se voit. Alan Rickman, aussi parfait soit-il, était également trop vieux pour incarner Brandon. Gemma Jones également campe une Mrs Dashwood plus vieille qu’on ne l’imagine, Mrs Palmer idem. Par contre je n’ai pas de souci avec l’âge de Kate Winslet ou de Hugh Grant personnellement. Et je pardonne ces quelques écarts bien volontiers, car les acteurs sont très bons, voire excellents. J’ai toujours un peu bugué sur la réaction d’Elinor à la fin, mais bon, c’est un détail. Et puis je pardonne à Emma Thompson, car le scénario est d’elle, et je le trouve très très bon.
 
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L’ouverture du film est géniale. Aussitôt Mr Dashwood passé de l’autre côté, on assiste à un dialogue savoureux entre John et Fanny… L’esprit Jane Austen à 200% ! L’humour est de toute façon quasi-omniprésent lorsqu’on n’est pas dans des scènes d’émotion ou de tension. La première scène avec les sœurs Dashwood et leur mère est également super, elle pose très bien les personnages et nous immerge immédiatement dans le film. J’aime aussi beaucoup le personnage de Margaret, elle est tellement attachante dans cette version, petite sauvageonne bien habillée, qui n’aime rien tant que ce qui est réservé aux garçons. Hugh Grant signe à mon avis l’un de ses meilleurs rôles (je ne l’ai pas vu dans beaucoup de films en même temps). Il est un peu différent du roman, sa timidité est très poussée mais c’est réussi je trouve, il arrive à me toucher alors qu’il m’est assez indifférent dans le livre. J’aime aussi la façon dont son idylle avec Elinor est développée, alors qu’elle n’est que survolée dans la version originale. Leur couple est en tout cas plus touchant que dans le livre. La scénariste en a profité pour parler un peu à un moment de la condition des femmes, peu enviable, qui souvent ne peuvent ni hériter d’une fortune ni la gagner. On sent bien le côté XIXème. 
 
Je trouve Kate Winslet parfaite en Marianne. Elle est jolie comme un cœur, avec ses joues rondes et ses boucles blond vénitien. Sa franchise me plaît beaucoup et me fait souvent rire ou sourire. Elle est très taquine avec Elinor au début, c’est mignon tout plein ! Je trouve en revanche la « misère » des Dashwood un peu exagéré. Certes, leur situation est difficile, mais là-dessus Emma Thompson en a trop fait. Je suis en adoration devant la scène d’arrivée de Brandon. Il y a tellement d’admiration et d’amour dans ses yeux quand ils se posent sur Marianne ! Ah, Alan Rickman est vraiment parfait ! Et sa voix… En faire un musicien (dommage qu’on ne le voit pas jouer d’ailleurs) et un enthousiaste de l’art romantique est une très bonne idée. Il est juste dommage que son histoire ait été simplifiée, mais eh, on est dans une adaptation en film, donc impossible de tout mettre ! 




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Sir John et Mrs Jennings sont tout à fait fidèles à leur version littéraire. Ils sont très drôles ! La réalisation, comme les dialogues, sont souvent subtils, c’est un vrai plaisir de traquer tous les indices implicites. Elinor fait parfois un peu trop « victime », et en même temps elle a aussi une très bonne répartie. Miss Steele est présentée différemment mais elle est aussi fourbe que dans le livre en fait ! Je ne m’en étais jamais rendu compte ! Ses petits regards en biais sont d’une sournoiserie extraordinaire ! Les Palmer sont géniaux, Willoughby aussi (je préfère de loin cet acteur à celui de la mini-série). Le nom de Mrs Smith est changé en Mrs Allen (pour coller avec « Allenham » ?), je ne vois pas l’intérêt pour le coup… Les costumes des femmes ne sont pas les plus beaux que j’ai vu dans un film retraçant cette époque, par contre j’aime bien ceux des hommes. Le bal à Londres est très bien reconstitué je pense, mais dommage d’avoir fait un scandale, c’est plus discret dans le livre. Le jeu des acteurs dans la confrontation Marianne/Willoughby est très bon en revanche. Robert Ferrars est tout en dents et c’est un vrai c*nn*rd… Tout le passage chez les Palmer est très émouvant. La fin est exactement ce qu’il me faut pour me remonter le moral !



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Après un avis aussi détaillé (j’ai pris des notes devant le film) (mais un avis plutôt bordélique, je l'avoue), la mini-série de la BBC mériterait un visionnage supplémentaire et que je reprenne mieux ma chronique ! Petit extrait du script pour finir !

MARIANNE
But time alone does not determine intimacy. Seven years would be insufficient to make some people acquainted with each other and seven days are more than enough for others.
 
ELINOR
Or seven hours in this case.

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Mercredi 14 janvier 2015 à 18:27

Malgré mon grand enthousiasme pour Jane Austen, je n’ai pas beaucoup relu ses textes. Dans ses six romans majeurs, seul Persuasion avait fait l’objet d’une relecture (VF) il y a deux ans, afin de voir si mon avis sur ce roman demeurait le même. J’ai relu en VO Lady Susan l'an dernier. Avec les austeneries, j’ai aussi relu plusieurs fois le texte inachevé de Sanditon. Il était temps que je me mette à la relecture en anglais des autres romans de l’auteure, tous adorés à la première lecture (Mansfield Park m’avait laissée plus mitigée, il sera intéressant de remettre mon nez dedans !). J’ai choisi Raison et Sentiments, ou plutôt Sense and Sensibility, parce que j’avais commencé à le relire pour une correspondance avec Miss Elody. Pendant les vacances, je l’ai vraiment relu, pour mon plus grand plaisir !
 
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Mr Dashwood vient de mourir. Ses biens reviennent entièrement à son fils, John, issu d’une première union, laissant sa belle-mère et ses demi-sœurs dans une situation financière précaire. Elles sont obligées de quitter Norland Park. Un cousin éloigné de Mrs Dashwood, Sir John Middleton, lui propose un petit cottage dans le Devonshire. Sans dot, Elinor et Marianne ont bien peu de chances de trouver à se marier. Pourtant, l’amour va vite s’inviter dans leurs vies.
 
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C’est vraiment l’une de mes histoires préférées, et ce pour de nombreuses raisons (oui, cet article est de ceux où j’essaie vivement de vous convaincre de lire et d’aimer ce livre !). Commençons par les personnages. Paradoxalement, on suit davantage Elinor, l’aînée puisque nous avons accès à ses pensées plus qu’à celles de Marianne, la cadette, mais l’arc narratif consacré à Marianne est plus développé que celui consacré à Elinor. Personnellement je le comprends, parce qu’il y a beaucoup plus de péripéties pour Marianne que pour Elinor ! J’y reviendrai après.
 
Elinor donc, l’aînée, pas encore vieille fille mais à écouter son frère et l’épouse de celui-ci elle n’en est plus très loin. Calme, réfléchie, sensée et respectueuse des convenances, elle a tout de la jeune fille parfaite du XIXème. Elle sait masquer ses émotions, se comporter en société, et passe une bonne partie de son temps à s’occuper de la maison grâce à ses compétences toutes pragmatiques, en jugulant l’enthousiasme souvent peu réaliste de sa mère et de sa sœur. Le calvaire qu’elle endure une bonne partie du roman nous la rend sympathique – comment ne pas avoir pitié d’elle, qui ne mérite absolument pas ce qui lui arrive ? –, en plus de son caractère dévoué et de sa gentillesse, néanmoins je dois dire qu’elle est un peu ennuyeuse... Mis à part les moments où elle entre en joute orale avec une certaine Miss. J’étais bien contente de la voir s’indigner (intérieurement bien sûr) et se défendre face à une vraie chipie. C’est un personnage que j’apprécie et que je respecte, mais que je ne peux pas adorer.
 
Sa sœur Marianne, dont la personnalité est presque à l’opposé, me plaît infiniment plus malgré ses défauts. C’est encore une adolescente, elle a des rêves plein la tête, nourris par des lectures romantiques et des morceaux mélancoliques, en plus d’une sensibilité à fleur de peau, exacerbée dès le début du roman par le décès de son père. Son caractère est riche mais la conduit à faire des erreurs de conduite et de jugement. Son comportement est délicieusement décalé dans la société policée où elle doit évoluer. J’aime son côté presque provocateur et indifférent aux racontars. Elle a une grande confiance en elle et je ne peux m’empêcher de l’admirer, même si elle est un peu trop capricieuse au début du roman ! C’est aussi le personnage qui évolue le plus. N’étant pas parfaite, elle peut s’améliorer et le fait, à l’inverse d’Elinor qui ne bouge pas d’un iota. Je m’identifie énormément à Marianne, car comme elle j’ai commis des erreurs qui auraient pu me coûter cher, et comme elle j’ai réussi à m’en remettre et à finir avec la bonne personne. Suivre deux sœurs aussi différentes permet donc de trouver son compte, quel que soit notre type de personnage préféré.

"The more I know of the world, the more I am convinced that I shall never see a man whom I can really love. I require so much!"

"It is not time or opportunity that is to determine intimacy;—it is disposition alone. Seven years would be insufficient to make some people acquainted with each other, and seven days are more than enough for others."
 
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Leur mère, Mrs Dashwood, est rigolote et/ou exaspérante selon les moments. Ce que j’apprécie le plus chez elle, c’est son amour infini pour ses trois filles, et sa capacité à rester jeune dans sa tête. Ce n’est pas forcément une mère idéale, car elle est trop laxiste, surtout avec Marianne, mais quelle mère est parfaite ? Je m’interroge sur les raisons qui ont poussé Jane Austen a créé la benjamine, Margaret. Elle est totalement insignifiante dans le roman. Les films lui font davantage justice. J’ai l’impression qu’elle sert surtout à rapprocher Edward et Elinor au début du roman.
 
"Yet there is something so amiable in the prejudices of a young mind, that one is sorry to see them give way to the reception of more general opinions."
 
Les personnages masculins sont aussi très variés et là encore Jane Austen nous laisse le choix. Edward peut être le pendant masculin d’Elinor, à la différence notable qu’il n’a pas sa force de caractère, en tout cas pas dans la façon dont il nous est présenté. Il s’améliore sur la fin, mais je dois dire que sa conception du devoir, partagée par Elinor, va trop loin à mon sens. Je m’efforce de me remettre dans le contexte de l’époque où ce roman a été écrit, où la religion était très prégnante, néanmoins je n’adhère pas à leur conception trop radicale. Je vais arrêter là sur ce sujet sinon je vais partir dans des considérations de philosophe du dimanche sur le bonheur et tutti quanti ! Le Colonel Brandon est indubitablement l’un de mes héros austeniens préférés. Il est extrêmement romantique, a ses blessures cachées, il est un ami attentif et prévenant, un homme sur lequel on peut compter... Son interprétation par Alan Rickman me bouleverse systématiquement ! Quant à Willoughby, je n’envie pas sa situation mais je suis loin de le plaindre et de lui pardonner comme le fond trop volontiers les autres protagonistes ! Ouais, je ne suis pas une gentille.
 
"I wish, as well as everybody else, to be perfectly happy; but, like everybody else, it must be in my own way."

"I never wish to offend, but I am so foolishly shy, that I often seem negligent, when I am only kept back by my natural awkwardness. [...] Shyness is only the effect of a sense of inferiority in some way or other. If I could persuade myself that my manners were perfectly easy and graceful, I should not be shy."
 
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Les personnages secondaires sont extraordinaires, parmi les plus vivants que j’ai lus, qu’ils soient détestables, énervants ou même attachants. Sir John Middleton et sa belle-mère Mrs Jennings sont à la fois énervants et adorables. Au final, ce sont des gens biens, de ceux qu’on apprécie de voir lors des réunions de famille. L’épouse de Sir John est en revanche d’un autre genre. Je ne me souvenais plus d’elle je dois dire, et elle est vraiment déplaisante. Elle va très bien avec Fanny, la Mrs John Dashwood (la belle-sœur d’Elinor et Marianne), même si cette dernière est bien plus mauvaise ! Son mari est un lâche doublé d’un imbécile, sans le moindre tact. Le frère de Fanny Dashwood est tout aussi décérébré, et leur mère est une vraie harpie. Avec eux, il y a des baffes qui se perdent ! Mais celle qu’on exècre par-dessus tout, c’est Miss Lucy Steele. Sa sœur est une idiote qui se contente de se croire attirante et de rapporter des commérages, mais au moins elle contribue à débloquer la situation d’Elinor, alors que Lucy est une vipère, sournoise et fourbe, méchante comme une teigne et pleine de duplicité. Sa conduite envers les autres personnages est abominable. Bref, je la déteste. Elle ne paraît pas si mauvaise dans les adaptations, je trouve que la dimension qu’elle a dans le livre est beaucoup plus intéressante.
 
"He was not an ill-disposed young man, unless to be rather cold hearted, and rather selfish, is to be ill-disposed."

"As it was impossible however now to prevent their coming, Lady Middleton resigned herself to the idea of it, with all the philosophy of a well bred woman, contenting herself with merely giving her husband a gentle reprimand on the subject five or six times every day."
 
Je passe à l’histoire. Après cette relecture, je ne vois vraiment pas comment on peut dire qu’il ne se passe rien dans les romans de Jane Austen. Il y a des tonnes de péripéties ! Petites ou grandes, d’importance moindre ou capitale, elles sont en tout cas constantes et variées. On a des secrets, des révélations, des retournements de situation, et on lit avidement pour savoir comment les choses vont tourner pour nos personnages chéris. C’est généralement très détaillé, pour mon plus grand plaisir. Mon seul vrai regret est que la fin ne développe pas davantage sur Marianne. J’apprécie beaucoup le fait que Jane Austen laisse passer du temps avant de la marier (temps pas vraiment respecté dans les adaptations), mais j’aurais voulu en savoir plus sur la façon dont elle arrive à l’autel ! Le récit est en tout cas très bien construit. On suit les sœurs Dashwood pendant plusieurs mois, et ce qui leur arrive est tout à fait plausible, même si j’imagine que ce genre de happy end arrivait peu souvent. De ce fait, le récit est réaliste avec juste ce qu’il faut de plus pour y croire, et pour donner une irrépressible impression d’espoir et d’optimisme au lecteur. C’est bien pour ça que je lis Jane Austen en tout cas, pour me sentir heureuse à la fin de la lecture.
 
Et bien sûr, toutes ces qualités sont portées par l’écriture de Jane Austen, avec des monologues irrésistiblement drôles, des dialogues vivants, des personnages croqués à la perfection, un style soutenu mais absolument pas snob... Le vocabulaire n’est pas trop dur, surtout si vous connaissez déjà un peu l’époque, mais la tournure des phrases peut dérouter au début. Une fois le pli pris, c’est que du bonheur. Mes prochaines relectures seront en VO sans faute !
 
Je suis ravie de cette relecture, et je compte bien continuer avec Emma dans l’année. Je n’ai pas voulu quitter Marianne et Brandon tout de suite, il y a donc un autre article à venir sur le sequel de Jane Odiwe Willoughby’s Return. Et mon avis sur le film d’Ang Lee devrait aussi arriver prochainement. Si ça vous intéresse, vous pouvez aussi lire mon article sur la version de la BBC de 2008 !
 
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Mardi 23 décembre 2014 à 18:39

"Three Rings for the Elven-kings under the sky,
Seven for the Dwarf-lords in their halls of stone,
Nine for Mortal Men doomed to die,
One for the Dark Lord on his dark throne
In the Land of Mordor where the Shadows lie.
One Ring to rule them all, One Ring to find them,
One Ring to bring them all and in the darkness bind them
In the Land of Mordor where the Shadows lie."
 
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Quand le premier film de Peter Jackson prenant place en Terre du Milieu est sorti, je ne suis pas allée le voir au cinéma. En même temps, j’avais 11 ans, je ne décidais pas du programme des séances de ciné (fort rares au demeurant) et surtout cette année-là il y avait aussi Harry Potter sur les rangs. Mais un peu plus tard, le film est passé sur Canal +, et mon beau-père relativement curieux l’avait enregistré en VHS (vous la sentez la nostalgie là ?). Avec mon frère on a un peu eu les flipettes, on n’a pas particulièrement accrochés, un peu jeunes encore peut-être. Plus tard encore, le deuxième film était sorti au cinéma et on n’y était toujours pas allés, mais mes parents ont acheté  la cassette.
 
Et là, on a commencé à trouver que Le Seigneur des Anneaux, c’était un truc cool. J’ai d’ailleurs commencé ma campagne d’usure sur mes parents pour être sûre de pouvoir voir le dernier au ciné. Et j’ai décidé de me lancer dans les bouquins. Sauf que je n’avais jamais lu de fantasy à proprement parler et que j’en étais encore à des lectures « faciles ». Les classiques et moi ne faisions pas bon ménage à l’époque. Je n’avais donc même pas atteint Rivendell/Fondcombe il me semble.
 
Les années ont passé, je suis devenue de plus en plus fan des films (on a le coffret blu-ray avec les versions longues et plein de bonus qu’on a regardé intégralement), de l’univers, j’ai lu Bilbo le Hobbit quand le film a été annoncé (mais cette lecture n’avait pas été un grand succès), j’ai découvert Tolkien hors Terre du Milieu avec les Lettres du père Noël, et un jour je me suis dit qu’il était temps de me mettre aux romans, aux vrais, le canon quoi. Mon chéri m’a offert un magnifique coffret VO, et me voilà partie dans la découverte du Seigneur des Anneaux, via les deux premiers livres parus, regroupés en un volume intitulé The Fellowship of the Ring (ou La Communauté de l’Anneau, je vais essayer de mettre l’anglais et le français le plus souvent possible).
 
Je dois vous dire que j’étais un peu morte de trouille de me lancer. Et si j’arrive pas à le lire an anglais, si j’ai présumé de mes capacités dans cette langue ? Et surtout, si comme lors de ma première expérience, j’aime pas ? Vaines craintes ! J’ai adoré. Je ne dis pas qu’il n’y a pas quelques petits défauts, rien n’est parfait. Mais ce livre est génial, cet homme était un pur génie.
 
Juste pour le plaisir, je fais un synopsis, même si tout le monde connaît l’histoire je pense. Notre aventure commence donc dans the Shire/la Comté, terre des hobbits où la vie est douce mais où il ne se passe pas grand-chose. La disparition lors de sa propre fête d’anniversaire du farfelu Bilbo marque grandement les esprits, en particulier de celui de son neveu et héritier présomptif, Frodo. Gandalf, ami de longue date de Biblo et magicien, convainc le fuyard de s’en tenir à son plan initial et de laisser l’intégralité de ses biens à Frodo, y compris un certain anneau trouvé il y a des décennies lors de la grande aventure de Bilbo. Gandalf soupçonne la véritable nature de cet anneau et met en garde Frodo, qui des années plus tard va devoir à son tour quitter the Shire pour vivre sa propre aventure, autrement plus compliquée que celle vécue par son oncle...
 
"When Mr. Bilbo Baggins of Bag End announced that he would shortly be celebrating his eleventy-first birthday with a party of special magnificence, there was much talk and excitement in Hobbiton."
 
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J’ai voulu lire The Lord of the Rings dans une démarche d’en apprendre plus sur cette histoire. Certes, les versions longues sont riches en détails sur l’univers de Tolkien, mais ce n’est rien comparé aux écrits de l’auteur ! Le début m’a donc ravie puisqu’on apprend plein de choses sur les Hobbits et sur la famille Baggins/Sacquet. J’ai très vite constaté que les films, bien que très fidèles, n’étaient pas en capacité de rendre la narration de Tolkien, qui est très lente et très riche. Ça ne m’a pas gênée, je ne peux pas dire que je me suis ennuyée – mais je comprends que ça puisse être le cas pour d’autres –, par contre je dois dire que j’attendais avec impatience certains éléments qui semblent arriver vite dans les films mais qui prennent de nombreuses pages dans le roman. Traquer les différences, petites ou grandes, entre l’original et l’adaptation a été source d’un immense plaisir ! Et je dois dire que dans l’ensemble, je comprends parfaitement les choix de Peter Jackson pour son film. S’il avait tenté de coller d’encore plus près le texte original, je ne suis pas convaincue que le rendu aurait été agréable à voir, les films n’auraient pas eu un tel succès et je ne serais pas en train de vous raconter tout ça. Bref, chapeau Mr Jackson.
 
"I don't know half of you half as well as I should like; and I like less than half of you half as well as you deserve."
 
"There is a seed of courage hidden (often deeply, it is true) in the heart of the fattest and most timid hobbit, waiting for some final and desperate danger to make it grow."
 
En apprendre plus sur la Terre du Milieu a également été un délice. Certes, je ne retiens pas le quart de ce que je lis, mais l’immersion (ainsi que l’oubli des parties misérables du quotidien) est totale. Tout est cohérent, admirablement construit et détaillé, et supporté par une plume magnifique. Les descriptions sont d’une beauté à couper le souffle. J’adorais déjà les Elfes, maintenant je me demande si je ne vais pas leur vouer un culte. Mes vacances ? Un aller simple pour la Lorien, s’il vous plaît. Si ce n’est pas possible, je me conterais de Rivendell, merci bien. Ma grande interrogation en revanche porte sur les personnages. En comparaison du reste, ils sont étonnamment peu détaillés, que ce soit au niveau de leur physique ou de leur caractère. S’ils sont attachants et si on a envie de les suivre, c’est grâce à quelques scènes qui nous les rendent sympathiques (la convivialité des Hobbits est contagieuse!) ou qui ont la méga-classe, mais pour ma part, surtout grâce aux films. C’est une grande réussite de P. Jackson d’avoir, à partir des légers éléments de Tolkien (notamment certains dialogues), mis à l’image des personnages inoubliables. Il est tout de même aisé avec le texte de Tolkien de se sentir proche de la Communauté. On les suit de près, on est dans l’expectative avec eux du prochain obstacle ou de la prochaine merveille. Le lent démantèlement de la compagnie après [spoiler alert !] la mort de Gandalf [vous le saviez quand même ?] m’a bien fait mal au cœur.
 
    "'I wish it need not have happened in my time,' said Frodo.
    'So do I,' said Gandalf, 'and so do all who live to see such times. But that is not for them to decide. All we have to decide is what to do with the time that is given us.'"
 
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Revenons à l’écriture maintenant. À part une ou deux fois où j’ai trouvé la grandiloquence mal venue (la réplique d’Aragron après la sortie de la Moria m’a paru vraiment ridicule), voire un peu kitsch, toute ma lecture a été magique. Quel talent ! La plume de Tolkien est vraiment extraordinaire. Il a son vocabulaire fétiche, propre à créer une ambiance à lui que j’ai trouvé délicieuse. Dans mon canapé ou dans mon lit, au chaud avec le livre à la couverture de cuir entre les mains, l’odeur du papier, j’étais vraiment ailleurs. Passées les premières pages un peu difficiles parce que j’ai eu besoin de m’adapter au rythme des phrases, au vocabulaire spécifique et à la minutie de l’écriture (et à la toute petite rikiki police aussi), je n’ai plus éprouvé aucune difficulté à lire en anglais. La langue de Tolkien n’est pas plus difficile que celle de Jane Austen par exemple, ou des sœurs Brontë. Elle est assez simple au final, en tout cas pas du tout aussi complexe qu’on peut le croire. Je ne le recommande pas si vous n’avez jamais lu en anglais bien sûr, mais si vous êtes assez à l’aise dans cette langue et/ou que, comme moi, vous connaissez déjà la trame principale par cœur, ce roman n’est pas difficile à lire et surtout c’est un bonheur.
 
"The face of Elrond was ageless, neither old nor young, though in it was written the memory of many things both glad and sorrowful. His hair was dark as the shadows of twilight, and upon it was set a circlet of silver; his eyes were grey as a clear evening, and in them was a light like the light of stars. Venerable he seemed as a king crowned with many winters, and yet hale as a tried warrior in the fullness of his strength. He was the Lord of Rivendell and mighty among both Elves and Men."
 
Je me rends compte que je n’ai pas dit grand-chose de l’histoire en elle-même. Eh bien, j’aime la façon dont elle est déroulée calmement, dont chaque chose semble à sa place (c’est un truc de Hobbit ça, non ?) mais sans nous laisser suivre une trace linéaire et ennuyeuse. Au contraire, Tolkien était audacieux, il a écrit des choses comme personne ne l’avait fait avant lui. Sa maîtrise de la narration est époustouflante, par exemple avec l’usage qu’il fait des rêves. Souvent cet artifice me gonfle dans les romans, c’est souvent mal utilisé et ça fait très cliché, mais pas là. C’est subtil, c’est fin, et ça demande au lecteur de réfléchir, de s’investir dans sa lecture. Si Tolkien arrête à un moment ses descriptions, c’est pour mieux nous laisser imaginer le reste. Je ne trouve pas qu’il soit descriptif dans le sens de certains grands romanciers français du XIXème (Balzac, si tu nous regardes). Il met en route notre imagination, à nous de saisir le cadeau qu’il nous fait. Et puis, il a de l'humour, en témoignent surtout les premiers chapitres ! Il navigue très bien entre des passages comiques et des passages plus sombres, où la menace des Neuf se fait sentir par exemple.
 
"Time doesn’t seem to pass here: it just is."
 
Concernant les personnages, j’en ai adoré trois : Gandalf, Elrond et Galadriel. Je les ai trouvés particulièrement intéressants. Dans les films, j’ai tendance à préférer Legolas, Galadriel (elle est tellement cool cette nana !) et Aragorn. Ce premier volume est très centré sur Frodo. Les autres personnages ne sont donc pas encore très creusés, on a rarement accès à leurs pensées. Je ne doute pas que les volumes suivants changeront cet aspect ! J’ai en tout cas beaucoup apprécié de voir de plus près les relations qu’entretiennent les personnages, qui ne sont pas forcément présentées de la même manière dans les films. Par exemple, j’ai été très étonnée de voir que Boromir et Aragorn s’entendent bien ! Dans le film, il m’est vraiment difficile d’aimer Boromir, alors que là il est plutôt sympa, si on met de côté qu’il râle souvent et son petit pétage de câble à la fin.
 
    "All that is gold does not glitter,
    Not all those who wander are lost;
    The old that is strong does not wither,
    Deep roots are not reached by the frost.
    From the ashes a fire shall be woken,
    A light from the shadows shall spring;
    Renewed shall be blade that was broken,
    The crownless again shall be king."
  
Oh my, je me suis légèrement laissée emporter, en plus tout est dans le désordre. J’espère tout de même que mon enthousiasme dans cette chronique vous confirmera l’immense coup de cœur que j’ai eu pour cette première partie de The Lord of the Rings ! J’ai affreusement hâte de lire le volume suivant, qui est un peu plus court, mais je vais attendre un peu. J’espère le lire courant 2015, puis terminer l’année avec le dernier volume et profiter de 2016 pour creuser dans les Appendices (oui, je prévois loin). Si comme moi vous ne vous êtes jamais lancé de peur de 1) abandonner au bout de quelques dizaines de pages (et éventuellement de vous sentir ridicule de ne pas y arriver) et 2) ne pas aimer, je vous le dis, ces inquiétudes n’ont pas lieu d’être ! Il faut oser, un voyage pareil ça ne se regrette pas ! (Enfin, pour ma part bien sûr, je sais que des gens n’y arrivent vraiment pas avec Tolkien, mais chacun ses goûts, donc vous pourriez aussi bien en ressortir ravi comme moi !)
 
"You will give me the Ring freely! In place of the Dark Lord you will set up a Queen. And I shall not be dark, but beautiful and terrible as the Morning and the Night! Fair as the Sea and the Sun and the Snow upon the Mountain! Dreadful as the Storm and the Lightning! Stronger than the foundations of the earth. All shall love me and despair!"

Lundi 15 décembre 2014 à 18:03

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J’avais suivi cet été d’un œil distrait l’arrivée de la série Outlander, adaptée de la série de romans du même nom écrite par Diana Gabaldon. N’ayant pas lu les bouquins, et ne les connaissant pas avant l’annonce de la sortie de la sérié télé, je ne me sentais pas pressée de la regarder. Vous savez ce que c’est, quand on entend trop parler de quelque chose, on peut devenir méfiant ! J’ai donc laissé l’euphorie générale sur Facebook avant de me lancer. J’avoue avoir hésité à lire le premier tome d’abord, mais je n’étais pas sûre d’aimer, en particulier le côté « romance », et vu que les bouquins sont très gros, j’ai choisi la facilité en commençant avec la série adaptée.
 
Après la Seconde Guerre mondiale, Claire et son mari Frank Randall profitent d’une seconde lune de miel en Écosse, du côté d’Inverness. Frank s’occupe aussi en creusant dans la généalogie de sa famille. L’un de ses ancêtres, « Black Jack » Randall, était un officier de l’armée anglais pendant la dernière révolution jacobite dans la première moitié du XVIIIème siècle. Ils visitent différents monuments des environs, dont un cercle de pierres appelé Craigh na Dun. Claire y revient seule, attirée par le côté mystique du lien. Lorsqu’elle pose la main sur l’une des pierres, elle est emportée à travers le temps, jusqu’en 1743. Elle tombe aussitôt sur l’ancêtre de son mari qui l’attaque. Elle est sauvée par une bande d’Écossais, mais ces hommes craignent bien vite qu’elle soit une espionne anglaise et l’emmène à MacLeoch Castle, la demeure du Laird des Mackenzie.
 
Ce synopsis couvre globalement le premier épisode. Je l’avais trouvé un peu lent, et si j’avais apprécié de découvrir Claire (Caitriona Balfe), Frank (Tobias Menzies, vu en Edmure Tully dans GoT)) ne m’avait pas plu. Par contre, dès le début la musique et la réalisation m’avait emportée et conquise. On a traîné un peu avant de mettre le deuxième épisode, et ensuite on a tout enchaîné, complètement accros ! On découvre davantage Claire, une femme d’une trentaine d’années, forte tête, intelligente, avec d’excellentes compétences médicales et un sens aigu du bien et du mal, mais qui se rend compte que la situation en Écosse est loin d’être simple.

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On apprend petit à petit à connaître les hommes qu’elle fréquente au quotidien : Colum, le Laird ; Dougal (Graham McTavish, Dwalïn dans The Hobbit), son frère et bras droit, chef militaire qui va faire surveiller la possible espionne de très près ; des gars comme Rupert, Murtagh, Angus ; et bien sûr Jamie (Sam Heughan), le neveu du Laird qui vit sous un faux nom depuis que sa capture est mise à prix par les Anglais et qui s’attache à Claire après qu’elle l’a soigné. On rencontre aussi Mrs Fitz, qui gère l’intendance du château, et Geidis (Lotte Verbeek, vue en Giulia Farnese dans la série The Borgias), une apothicaire.

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Franchement, tous les persos sont intéressants, qu’on les aime ou pas. Personnellement, j’ai un mal fou avec Frank, et je n’arrive pas à concevoir que Claire puisse l’aimer. Qu’elle veuille retourner à son époque, ça me paraît logique, mais je n’arrive pas à m’attacher à leur couple (je préfère de loin l’autre « prétendant » de Claire !). Alors en plus quand on découvre le fond du personnage de Black Jack Randall, je ne peux plus… J’adore Claire, même si plus d’une fois j’avais envie de lui dire de fermer sa bouche ! C’est une vraie têtue, impossible de la faire taire même quand elle devrait s’arrêter. C’est très agréable d’avoir un personnage mature et imparfait, qui plus est une vraie femme qui s’assume en tant que telle, avec ses opinions, sa sexualité, ses défauts…

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Le contexte historique est en plus super bien rendu, même s’il me semble avoir vu de-ci de-là des petites erreurs, mais faudrait que je vérifie. Les explications permettent de bien appréhender les problématiques de l’époque sans ennuyer le spectateur. Le mélange des genres opéré par Diana Gabaldon est une vraie réussite (pour ce que j’en ai vu), et la mise en image par le réalisateur est superbe. Pour moi, impossible d’être insensible, j’étais passionnée chaque minute. Je suis en plus complètement tombée sous le charme de Jamie et des Highlanders. Le kilt, c’est la méga classe dans sa version originale (je n’avais pas trouvé ça très joli quand je suis allée en Écosse, mais là avec les tartans et le reste de la tenue, y compris le chapeau tout mimi, j’adore !). Il y a de nombreux passages en gaélique, ça crée une ambiance géniale, et les mots qui roulent sont tantôt rigolos tantôt sexy (quand c’est Jamie qui les dit bien sûr !).
 
Donc oui, un coup de cœur pour cette série. Je ne peux pas parler du côté adaptation, mais à présent je suis bien décidée à me lancer dans les bouquins en VO (je trouve la VO sous-titrée anglais de la série facile à suivre, donc je vais tenter). Quand j’aurai lu le premier tome, je ferai dans ma chronique un topo sur la fidélité de la série. Ça m’a l’air bien parti, parce que j’ai fait ma curieuse et quand j’ai cherché dans le livre où s’arrêtait la première partie de la saison, je n’ai pas eu de mal à retrouver le chapitre en question. Affaire à suivre !
 
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