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Qu'il est bon d'être futile !

Samedi 15 mars 2014 à 11:09

Vous ne le savez peut-être pas, mais je suis passionnée par les Indiens d’Amérique depuis que, petite fille, j’ai vu Danse avec les loups et Pocahontas. Quand je jouais aux Playmobil avec mon frangin, les Indiens gagnaient toujours sur les cow-boys. Depuis quelques années, j’ai envie d’en découvrir plus sur ces peuples. Alice avait dans sa PAL un roman intitulé Mille femmes blanches, de Jim Fergus, qu’elle n’avait pas l’intention de lire et me l’a gentiment offert. Merci beaucoup à elle ! Ça a été l’occasion de renouer un peu avec cette passion laissée en sommeil depuis longtemps.
 
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Nous sommes en 1875. Cette histoire est celle de May Dodd, jeune femme de Chicago injustement envoyée à l’asile par sa famille mécontente d’elle, qui va trouver le moyen de recouvrer sa liberté en acceptant une « mission » du gouvernement américain : se rendre dans les grandes plaines et épouser un Cheyenne, afin d’intégrer les Indiens aux Blancs. Les enfants de ces « mille femmes blanches » devront servir de pont entre les deux peuples. Nous la suivons dans son voyage vers l’ouest, puis dans sa vie de squaw. En filigrane, c’est l’histoire des Indiens d’Amérique qui se déroule sous nos yeux, par la plume de May qui note tout dans ses carnets.
 
Le début m’a paru un peu lent : il faut plus d’une centaine de pages avant de voir les Cheyennes. Avec le recul, je m’aperçois que ce temps était nécessaire : on fait connaissance avec May, elle nous raconte son histoire, dresse un peu les enjeux. On rencontre ses compagnes, on commence à comprendre le contexte historique, le point de vue des Blancs à l’époque et certains éléments de l’intrigue sont placés. May est différente des autres personnes de la classe sociale aisée. Elle a moins de préjugés, est plus ouverte d’esprit, plus grande gueule aussi, elle dit ce qu’elle pense. De ce fait, son style, quoique soigné, reste assez familier. Dans ses carnets, elle alterne entre coucher ses réflexions, raconter les évènements, décrire les paysages ou les us et coutumes des Cheyennes. Elle n’est pas une fervente chrétienne, mais se trouve un peu limitée parfois par cette culture blanche. Elle aussi tombe dans la facilité de parler des « sauvages », si difficiles à comprendre pour les peuples « civilisés ». Elle a parfois un côté un peu défaitiste qui m’a un peu chagrinée. J’aurais voulu qu’elle prenne des positions un peu différentes parfois… J’ai aimé la suivre, mais au final je ne me suis pas attachée à elle. C’est un peu mon regret concernant ce livre. D’autres personnages m’ont bien davantage conquise !
 
Il y a en effet une foule de personnages secondaires, dont certains m’ont beaucoup touchée. Gretchen, une femme d’origine suisse, m’a beaucoup fait rire. Elle est courageuse et forte, c’est le personnage qu’on admire souvent. La petite Sara, muette, si frêle et dont le destin m’a ébranlée, et son époux Cheyenne, ?. Les sœurs Kelly, des Irlandaises pleine de malice au franc-parler qui mettent toujours de l’animation. Phemie, ancienne esclave bien décidée à profiter de sa liberté retrouvée. Martha, la « meilleure amie » de May, timide et gauche, pas vraiment jolie mais amusante. Jimmy le muletier, dont je ne dirais rien de plus ! Feather on Head, une Cheyenne qui sera la première amie de May parmi ce peuple, et Pretty Walker, toute jeune femme, presque encore une enfant. Horse Boy, un jeune garçon pour lequel May se prendra d’affection. Au final, j’ai aussi bien aimé Little Wolf, l’un des chefs cheyennes. Et j’ai beaucoup apprécié un personnage qui arrive tardivement, le moine Anthony. Il est typiquement le personnage religieux que je peux respecter, comme Philip dans Les Piliers de la terre.
 
Il y aussi les personnages que je n’ai pas aimé, comme le Capitaine Bourke, qui franchement m’a saoulé. Il est gonflé lui ! C’est facile de tenir des beaux discours, de conter fleurette, et puis finalement de faire une connerie quand même, et d’essayer de se rattraper après. Moi je dis non. En plus, il se veut non macho et au final il n’est pas mieux que les autres. Bien entendu, j’ai détesté Jules Seminole, qui m’a sacrément foutu froid dans le dos. Je n’ai pas du tout apprécié le révérend Hare, un affreux personnage, mou et inutile, et dont les actes sont répréhensibles à tout niveau. Il représente facilement tout ce qu’on peut détester chez les cléricaux.
 
J’ai particulièrement apprécié dans ce roman la façon dont les émotions, les sentiments sont magnifiés. On dirait que la vie chez les Indiens provoque cela. Le bonheur est encore plus éclatant, la nature plus belle qu’ailleurs, mais quand le malheur frappe, c’est de façon encore plus violente et la tristesse est encore plus grande. Il y a vraiment des passages magnifiques, qui m’ont prise à la gorge, et les évènements m’ont fait pleurer plusieurs fois. Ce livre est parfait pour apprendre plein de choses sur les Cheyennes, leur vie quotidienne et leur culture, sans devoir se plonger dans un livre d’histoire ou un traité d’ethnologie. Globalement, le livre est très crédible. Jim Fergus a fait ses recherches, il a intégré des éléments du langage cheyenne. L’intrigue est intéressante, on a envie de connaître la suite. Par contre, attention, ce n’est pas une histoire toute gentillette, loin de là. C’est souvent dur. Personnellement, j’ai toujours trouvé l’histoire des Amérindiens d’une tristesse absolue et je continue à m’en offenser chaque fois que j’y pense.
 
"C'est au contraire une race d'hommes robustes et minces, aux visages basanés, bruns comme des châtaignes, à l'ossature fine nouée de muscles vigoureux. Ils paraissent dotés d'une agilité proprement féline, avec une vraie noblesse d'attitude. Ma première impression est que ces hommes sont plus proches du règne animal que nous autre caucasiens. Ces propos n'ont rien de dévalorisant ; je veux seulement dire qu'ils ont une apparence plus "naturelle" que la nôtre, parfaitement en harmonie avec les éléments. Je les avais imaginé de quelque façon plus grands, plus massifs, ainsi que les dépeignent les portraits dans les périodiques, très loin de ces créatures élancées, presque féeriques."
 
Le style est assez travaillé, car la narratrice, May, est issue d'une "bonne famille". En même temps, elle écrit assez librement parce qu'elle s'est affranchie de cette classe sociale. C'est très agréable à lire et je pense que dans l'ensemble Jim Fergus a vraiment fait les bons choix, de façon à ne pas alourdir son texte avec une écriture un peu pompeuse comme on peut parfois en trouver au XIXème siècle, tout en restant suffisamment crédible pour ne pas nous gâcher notre plaisir.
 
En bref, j’ai vraiment adoré ce livre que je vous conseille très, très fortement ! J’ai envie de m’acheter un livre plus détaillé sur le sujet depuis longtemps, par exemple sur les différents peuples indiens. Ce sera peut-être l’occasion de le faire bientôt. Je lorgne aussi sur des livres historiques sur Pocahontas, dont je connais la « vraie » histoire (le film d’animation de Disney n’a bien entendu rien à voir même si je l’adore) mais que j’aimerais connaître davantage.
 
"Et c'est une bonne tribu avec qui tu es ici. Certains des gars du sud ont une sale influence, c'est sûr. C'est qu'ils ont passé trop de temps avec les Blancs. Mais, en fin de compte, si on leur avait fichu la paix, tout irait bien. Si les Blancs les laissaient tranquilles, arrêtaient de leur mentir, de leur donner du whiskey, tout se passerait comme il faut."
 
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Jeudi 20 février 2014 à 13:32

Un an après ma découverte de Première tombe tout droit, qui ouvrait la saga Charley Davidson écrite par Darynda Jones, j’ai enfin continué avec Deuxième tombe sur la gauche, le tome 2 donc. Mon coup de cœur pour cette saga se confirme !
 
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Nous sommes une semaine après la fin des événements du tome 1. Reyes s’est envolé, Charley ne sait pas où il est mais compte bien en apprendre plus sur lui et retrouver son corps. Dans le même temps, elle constate qu’il y a un Mec-mort-dans-le-coffre de la voiture de Cookie, et ladite Cookie, toujours meilleure amie et secrétaire de la détective Charley, demande son aide car son amie Mimi (décidément Darynda Jones est nulle pour les prénoms) a disparu. Voilà notre Faucheuse embarquée dans des histoires croisées, et il lui faudra tous ses talents et tout son humour pour y survivre.
 
Vu les douze mois qui s’étaient écoulés depuis ma lecture du premier tome, j’avais peur de mal suivre, mais Darynda Jones a pensé aux gens comme moi qui ont une mauvaise mémoire et offre dans le premier ou le deuxième chapitre, je ne sais plus, un résumé clair de la situation. J’ai donc pu apprécier les nouvelles intrigues avec tous les éléments en main, et c’est vachement appréciable.
 
J’ai retrouvé avec grand plaisir l’humour tordant de Charley, qui est poussé parfois très loin : même quand elle se trouve dans une situation très dangereuse pour sa propre vie, elle trouve encore le moyen de plaisanter, dans sa tête ou à voix haute. J’ai encore bien rigolé avec ce tome, c’est vraiment libérateur. Est-ce que vous connaissez une autre saga où on se bidonne autant ? Parce que ça m’intéresse à mort. Par contre, dès lors que c’est l’un de ses proches qui a menacé, là elle ne rigole plus du tout et ferait tout pour eux. J’ai eu très peu à un moment de voir un côté stable de sa vie s’effondrer, par rapport à son père, mais finalement le livre est plein de surprises et Charley redécouvre le bonheur d’avoir une sœur en apprenant une chose surprenante sur Gemma. Cet épisode était fort en émotions ! J’apprécie toujours autant ses relations avec son père et avec Obie. Son amitié avec Cookie me touche aussi, surtout que toutes ses belles relations sont des choses largement inconnues pour moi.
 
Mon regret, c’est 1° qu’on voit assez peu Reyes qui fait vraiment sa tête de mule et donc on n’a aucune « vraie » scène coquine et 2° les pouvoirs de Charley se dirigent vers autre chose que les fantômes. Il y avait l’arc narratif du Mec-mort-dans-le-coffre qui m’a beaucoup plu, mais le reste était largement consacré à l’aspect Enfer/Paradis, qui est intéressant aussi. Donc au final, je n’ai plus de saga fantôme à me mettre sous la dent, il va falloir que je trouve autre chose. Ça n’empêche pas que Charley Davidson reste une excellente saga à laquelle je suis déjà très attachée, grâce à l’humour, la construction du récit et les personnages.
 
J’ai aimé suivre les trois intrigues parallèles, bien distinctes mais qui permettent toutes de découvrir plus de choses sur l’univers créé par Darynda Jones et sur son héroïne. Je n’avais pas du tout deviné la fin de l’enquête principale sur la disparition de Mimi et la résolution de la disparition de Reyes promet des rebondissements dans les tomes suivants et des tensions entre Charley et Reyes. Combien de temps vais-je tenir avec d’acheter le tome 3 ?
 
"Tu es à peu près aussi utile qu'une cuillère dans un combat au couteau."
 

Dimanche 19 janvier 2014 à 12:52

Comme j’avais eu un méga coup de cœur pour les deux premiers tomes de Bride Stories que Cassie (toujours elle !) m’avait prêtés, je n’ai pas hésité longtemps avant d’utiliser mon chèque-cadeau Amazon reçu à Noël pour acheter les trois premiers tomes. Et la semaine dernière, je suis passée au Furet, comme ça, l’air de rien, et bien sûr j’ai acheté le tome 4, et cette semaine je suis repassée au Furet, et hop le tome 5… Me voilà à jour !

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Nous retrouvons au début du tome 3 l’anglais Mr Smith, qui a quitté (à mon grand regret) la famille Eyhon. Nous allons le suivre dans son périple vers Ankara, mais bien vite il se trouve embêté car son guide n’est pas au rendez-vous. Il fait alors la connaissance de Talas, une jeune veuve qui vit avec sa belle-mère.
Dans le tome 4, Smith a débuté son trajet vers Ankara, mais là encore il est arrêté près de la mer d’Aral et rencontre des jumelles très dynamiques. Forcé de rester sur place, il assiste à d’autres coutumes.
Et enfin dans le tome 5, Smith a vu ce qu’il voulait, et reprend la route. Le lecteur retourne alors vers Amir et Karluk.
 
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Le tome 3 m’a autant plu que les deux premiers, il était génial. J’ai été complètement happée par l’histoire de Talas, qui m’a beaucoup émue, et les nombreux retournements de situation dans le tome m’ont bouleversée. J’espère que cette histoire se résoudra au mieux et j’ai hâte de revoir Talas. En plus, on revoyait Amir, Karluk et Pariya, et on découvre un nouveau personnage, Ali. On passe également un moment avec Pariya, dont la situation me semble prometteuse ! J’ai hâte de la retrouver dans un prochain tome. Ce tome m’a vraiment comblée.
 
Ça a moins été le cas du tome 4. Nous quittons vraiment les anciens personnages, auxquels je tenais énormément. Certes, on fait la connaissance des jumelles, Leyli et Layla. Elles sont amusantes et sont le prétexte à de nombreux gags mais aussi à la découverte d’autres coutumes (tout ce qui entoure la préparation du mariage). Cependant, je préfère l’humour véhiculé par Pariya. Les jumelles m’ont énormément fait penser à Kitty et Lydia Bennet (même si elles se révèlent moins terribles !) et je ne me suis pas vraiment attachée à elles. Je n’ai pas non plus accroché à Ali, qu’on voit peu de toute façon. Il ne faut pas se méprendre, c’est encore un excellent tome, et de toute façon cette série est plus qu’excellente, mais voilà, j’avais hâte de retrouver les Eyhon. Leur histoire me parle plus.
 
Le tome 5 suit dans sa première moitié les jumelles alors qu’elles entrent dans leurs nouvelles vies. Les coutumes que l’auteure nous montre sont d’un réalisme presque effrayant ! Notamment, nous suivons la préparation des moutons, et ce n’est pas choupi. Je n’étais pas mécontente de quitter les jumelles, qui m’ont rapidement lassée avec leurs bêtises. Au contraire de plusieurs lecteurs, j’ai retrouvé Amir et Karluk avec joie. Ce couple est devenu l’un de mes préférés de tous les temps. J’adore toute la famille Eyhon, et là je fais une mention spéciale à la grand-mère, à qui une petite histoire bonus est consacrée et qui m’a bien fait rire encore une fois ! Après l’arc, le bouquetin ! Il ne se passe rien de particulier du côté du jeune couple, mais des jalons sont posés pour la suite, que je sens riche en émotions… S’il leur arrive quelque chose, je jure de faire un scandale !
 
Ma conclusion est la suivante : ce manga est merveilleux, et vous seriez nouille de ne pas vouloir essayer de le lire si vous en avez l’occasion. Vivement le tome 6 ! Je veux savoir ce que l’avenir réserve à mes chouchous, mais aussi à Smith et Talas, et à Pariya.
 

Samedi 18 janvier 2014 à 11:18

Au début de l'année dernière, j'ai découvert Elizabeth Gaskell avec son roman le plus connu, Nord et Sud. Depuis, je n’ai pas lâché l’idée de mieux connaître cette auteure anglaise du XIXème siècle. Je n’ai pas résisté lorsque je suis passée au Furet je ne sais plus quand, et j’ai acheté Les confessions de Mr Harrison, un tout petit roman de 150 pages.
 
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Le roman s’ouvre lors d’une soirée. Mr Harrison (de son prénom Will, ou Frank, l’auteure elle-même semble s'être embrouillée !) reçoit Charles (son frère ? cousin ? il me semble que ce n’est pas précisé, mais il s’agit d’un membre de sa famille proche), qui lui demande comment il s’est dégoté une épouse aussi agréable. Ainsi commence le récit de Mr Harrison de son arrivée et de ses premiers mois dans la petite bourgade de Duncombe…
 
Je dois dire que j’ai été très surprise par ce livre. La quatrième de couverture annonce un roman léger, où les femmes pépient et se battent pour le nouveau célibataire en ville. Je m’attendais à une histoire vraiment frivole, vu qu’elle couvre peu de pages. En fait, c’est vraiment un roman complet, qui comprend tout ce que j’attends d’un bon livre. Au début de ma lecture, j’étais assez neutre, je lisais avec plaisir mais sans empressement, sans réelle curiosité pour la demoiselle qui remporterait la main du jeune homme, qui est en plus un nouveau médecin en ville. Et puis, au fur et à mesure, j’ai été vraiment prise dans l’histoire.
 
Elizabeth Gaskell sait nous dépeindre avec vivacité cette petite communauté où Mr Harrison apprend à évoluer. Certes, il y a des personnes vraiment futiles dans son entourage et Mr Harrison a ses défauts aussi, mais le roman en lui-même est loin d’être futile. L’épisode du petit Walter, par exemple, est tout ce qu’il y a de plus sérieux, ainsi que le passage sur John Bouncker. La pratique de la médecine, au-delà de l’aspect technique, n’est pas chose aisée et l’auteure non seulement l’a bien compris, mais le fait aussi bien comprendre à son lecteur. Les personnages sont nombreux pour une petite histoire, mais bien identifiés. On les cerne rapidement, grâce aux précisions pertinentes du narrateur, et on se concentre sur ceux qui vont avoir un rôle à jouer dans le destin de Mr Harrison.
 
Le résumé promettait un livre drôle, et au début je ne trouvais pas vraiment, encore moins avec les deux passages cités ci-dessus. Et puis d’un coup, la situation a basculé, et là je n’ai pas cessé de rire, et en même temps je m’inquiétais vraiment pour ce pauvre Mr Harrison, qui se retrouve dans une situation vraiment cocasse mais aussi très difficile à démêler. La fin m’a pleinement satisfaite et contrairement à ce qui m’arrive souvent, je n’ai pas trouvé que le roman se finissait trop rapidement ou brutalement. J’étais très contente en refermant le roman. Evidemment, comme cette lecture m’a beaucoup plu, j’aurais voulu que le livre fasse le double de pages, et en même temps il est très bien ainsi, Elizabeth Gaskell a parfaitement géré son affaire.
 
Vous ne retrouverez pas dans ce roman ce qui plaît tant dans Nord et Sud parce qu'il ne s'agit pas du tout du même type d'approche. Pas d’histoire d’amour magnifique (même si Mr Harrison est vraiment cute en amoureux éperdu), pas de psychologie des personnages extrêmement approfondie (mais présente tout de même dans une juste mesure), mais un roman drôle et émouvant, très vif dans sa peinture d’une petite communauté, et un roman qui mérite vraiment d’être lu et apprécié.

"[...] [Mr Morgan] me fit don d’un crâne à poser au sommet des rayonnages […] où tous mes ouvrages médicaux, bien alignés, garnissaient les étagères les plus en vue, alors que Miss Austen, Dickens et Thackeray étaient adroitement déposés par Mr Morgan lui-même, avec une apparente négligence, la tête en bas ou le dos contre le mur."
 
"« Quel plaisir de vous voir, Mrs Munton, commença Mrs Rose, vous qui êtes si rarement assez bien portante pour sortir. » Par la porte mal fermée, j’entendis le murmure indistinct de Mrs Munton : Patati, patata, blablabla, gnagnagna."
 
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Mardi 14 janvier 2014 à 19:09

Mon chéri est un fan de BD, et il essaie de me transmettre cette passion. Récemment, je me suis dit que j’allais essayer les trois BD du dessinateur Patrick Prugne qu’il avait dans sa bibliothèque, car les couvertures m’attiraient beaucoup.

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Canoë Bay (scénario de Tiburce Oger) nous fait suivre le mousse Jack, engagé contre son gré sur un bateau qui fait ce qu’on appelle aujourd’hui du commerce triangulaire. Des Amériques il rapporte aux Européens des richesses, de là il va récupérer des Noirs en Afrique qu’il revend ensuite aux colonies contre des trésors. Mais l’histoire prend ici un tour bien différent…
Frenchman et Pawnee nous présente l’histoire d’Alban, jeune homme forcé de quitter sa Normandie natale pour aller faire la guerre dans les colonies américaines. Son ami, puis sa sœur tentent de le retrouver, mais la vie prend toujours des tours inattendus sur l’autre continent.
 
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Après Bichon qui a été mon premier coup de cœur ever pour une BD, c’est au tour de ces trois BD de me faire chavirer. Ce sont des histoires comme je les aime. Dans Canoë Bay, nous frayons avec des pirates et quelques indiens, c’est une aventure, la recherche d’un trésor, bref, une histoire que j'ai suivie avec intérêt ! Pawnee suit Frenchman, en reprenant la même histoire de ce jeune Français arrivé aux Amériques contre son gré et obligé de fuir. Dans ces deux BD, on voit de près les Indiens. Quel bonheur pour moi qui suis complètement fascinée par ces peuples ! Je n’y connais encore quasiment rien (même si je compte bien me rattraper) mais c’était un immense plaisir de lire deux si belles BD qui en parlaient (je précise que je suis une fan inconditionnelle de Danse avec les loups et de Pocahontas, tant du film d'animation de Disney que de la véritable histoire de cette « princesse indienne »).

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Car oui, elles sont magnifiques ces BDs. Leur prix est élevé, mais ça vaut complètement le coup de craquer. Les dessins sont tous à l’aquarelle et sont juste sublimes, comme vous pouvez le voir sur les quelques planches que j'ai mises. Vous pouvez en voir davantage et en meilleure qualité sur le site de l'éditeur qui tient aussi une galerie d'art apparemment. Il y a une ambiance très particulière qui m’a carrément emportée. Les recherches historiques sont précises mais la lecture de ces trois BD est vraie détente, pas un traité d’histoire.

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Si vous hésitez à vous lancer à cause du prix, craquez pour Canoë Bay, ou empruntez-la, il n’y a qu’un seul tome. Vous ne serez pas déçus, et si vous trouvez que l’histoire n’est pas encore si super que ça, rassurez-vous : Frenchman et Pawnee sont encore meilleurs. Je relirai sans aucun doute ces deux dernières, qui m’ont emballée au-delà de ce que je peux exprimer. J’espère fortement qu’un troisième tome suivra dans l’année ou en 2015 !
 

Samedi 23 novembre 2013 à 16:47

Dans la foulée des six premiers tomes, j'ai dévoré les six derniers tome de Card Captor Sakura, mangé emblématique des Clamp (je me suis fait les tomes 9 à 12 à la suite). Cette chronique n'a pas pour but de présenter cette série, pour cela je vous invite à lire cette chronique. C'est juste une petite chronique pour clore ma relecture.

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Dans cette seconde partie, Sakura a réuni toutes les Clow Cards et est devenue la maîtresse des cartes. Pourtant, des choses étranges continuent de se produire, et Sakura doit transformer les Clow Cards en Sakura Cards pour pouvoir continuer à les utiliser.
 
Tout en restant amusant et mignon, le manga gagne en maturité et en gravité. Les personnages découvrent quels sont leurs véritables sentiments les uns envers les autres, avec la souffrance que cela peut entraîner. L'histoire d'amour vécue par Sakura me retourne toujours le cœur. Comme d'habitude, à la fin, j'ai pleuré de bonheur...
 
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Les Clamp m'avait énormément surprise avec la tournure des derniers événements, et aujourd'hui encore je trouve qu'il y a bien des choses étonnantes dans ce manga. Les histoires d'amour sont toutes uniques, atypiques. J'admire Fujitaka qui continue d'aimer profondément sa femme. Même des années après sa mort, son amour n'est pas altéré d'un iota. Je croise les doigts pour Lika, espérant qu'elle grandira vite, qu'elle pourra enfin être avec celui qu'elle aime. J'espère que Chiharu et Yamazaki resteront toujours tels qu'ils sont. J'ai du mal à comprendre Tomoyo (sans doute parce qu'elle est l'altruisme personnifié alors que je suis beaucoup plus égoïste !) tout en espérant qu'elle trouve quelqu'un rien que pour elle (j'ai trop lu Chobits). Je suis heureuse pour Toya, je me demande vraiment comment ça tourne pour Eriol... En fait, il faudrait un Card Captor Sakura : 10 ans plus tard pour me satisfaire, et encore !
 
Cette deuxième partie est bien plus fort en émotions que la première, mais en contrepartie elle est moins drôle. Les personnages grandissent ou changent de forme (le grand Kélo est quand même sacrément plus impressionnant !) et la fin comble autant qu'elle frustre, car c'est le genre d'histoire qu'on voudrait voir continuer indéfiniment. Je dis ça, mais je trouve que le format des douze tomes est juste bien. Les Clamp se sont perdues dans des séries plus longues, chaque fois j'ai trouvé qu'elles avaient de ne pas savoir comment finir... Card Captor Sakura est une série simplement parfaite, que je relirai tout au long de ma vie, et que je compte bien faire découvrir à mes enfants si j'en ai un jour.

 

Jeudi 21 novembre 2013 à 18:32

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Relire un roman qu'on a adoré, c'est toujours prendre un gros risque. Parfois, on est très déçu, comme ça a été mon cas en relisant il y a quelques années les trilogies Ewilan de Pierre Bottéro, que j'avais lues au début de l'adolescence. Mais heureusement, la plupart du temps pour moi, relire  un livre est un immense plaisir. Je relis régulièrement les Harry Potter, toujours aussi enchantée. A la dernière réunion du club de lecture, avec une autre membre du club, nous avions représenté Rebecca, de Daphne Du Maurier. J'ai découvert cette auteure à mes dix-huit ans, lorsqu'une amie m'a offert L'auberge de la Jamaïque. Je l'avais dévoré, et j'avais continué avec la lecture de son roman le plus connu, adapté ensuite par Hitchcock : Rebecca.
 
"Last night I dreamt I went to Manderley again. It seemed to me I stood by the iron gate leading to the drive, and for a while I could not enter, for the way was barred to me."
 
Ce roman commence lorsqu'une dame de compagnie d'un peu plus d'une vingtaine d'années rencontre à Monte Carlo Maxim de Winter, un veuf de quarante ans. Rapidement, elle tombe amoureuse de lui, et se désespère lorsque son employeuse, Mrs Van Hopper, déclare qu'elles partent vivre à New York. Quand elle annonce la nouvelle à Maxim, celui-ci la demande en mariage, à sa grande surprise. Elle accepte et ils convolent bientôt. Quelques six semaines plus tard, les voilà à Manderley, la demeure anglaise des de Winter. Bien vite, la jeune mariée apprend que la précédente épouse, décédée en mer il y a un peu plus d'un an, manque à beaucoup de gens. Cette Rebecca semble toujours là...
 
"Instinctively I thougt, 'She is comparing me to Rebecca', and sharp as a sword the shadow came between us..."

La réunion du club de lecture sur ce roman a été extrêmement intéressante. Happée par cette histoire et ses personnages, j'avais une vision bien précise du livre, et me suis aperçue en entendant les autres lecteurs en parler qu'on pouvait faire mille interprétations de chaque détail écrit par Daphne Du Maurier. J'ai donc ouvert de grands yeux en m'apercevant que j'étais l'une des rares à apprécier l'héroïne. Je n'avais jamais fait attention à ses défauts, obnubilée par la façon dont je me mettais à sa place, et pourtant c'est vrai qu'elle en a ! Notre narratrice dont on n'apprend jamais le nom est en effet assez énervante dans son genre. Toujours inquiète, prompte à se faire une montage du moindre petit incident, effacée et un peu godiche, elle a de quoi exaspérer, surtout si le lecteur, plus avisé qu'elle, devine avant elle certains non-dits. Pour ma part, je ne suis pas très bonne pour deviner ce qu'il va se passer dans un livre, et d'ailleurs, j'y réfléchis rarement, me laissant simplement porter vers la destination choisie par l'auteur. Pour ma part, je la trouve très attachante, et je la comprends de A à Z, parce que je partageais beaucoup de ses traits de personnalité quand j'étais plus jeune (mais je me soigne). Elle manque terriblement de confiance en elle, doute qu'on puisse lui porter de l'affection et se sent mal à l'aise dans son nouveau rôle de maîtresse de domaine, elle qui n'est pas de l'aristocratie, qui n'est pas particulièrement jolie. Il faut dire aussi que la pauvre n'est pas aidée. Les adorateurs de Rebecca, volontairement ou non, lui mènent parfois la vie dure. Le fait que son nom ne nous soit jamais donné nous titille, et c'est assez frustrant, mais je trouve que ça permet aussi une meilleure identification au personnage, ou de faire de la narratrice le vecteur du lecteur vers le cœur du roman : elle s'efface, nous laisse sa place. Cette idée est corrélée par le fait qu'elle est passive la majeure partie de l'histoire.
 
"She belonged to another breed of men and women, another race than I. They had guts, the women of her race. They were not like me."

"I could fight the living but I could not fight the dead."
 
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Le personnage de Maxim de Winter a également déchaîné les foules, si j'ose dire ! J'ai toujours beaucoup aimé l'histoire d'amour de ce roman, je la trouve très « vraie ». Les deux personnes se tournent autour sans se comprendre, se laissent piéger par des apparences, des sous-entendus, par leurs propres démons... Leur amour n'en est que plus fort au final. Certes, Maxim n'est pas le petit ami rêvé. D'abords, il a presque le double de l'âge de sa nouvelle épousée. Ensuite, niveau communication, c'est plutôt zéro : il ne lui explique pas en quoi consiste son nouveau rôle, ne l'aide pas franchement à s'intégrer à Manderley, se barre à Londres sans elle... Et en même temps, quand on connaît la vérité, je trouve que tout ça s'explique. D'abord, c'est un homme au début du XXème siècle. Non pas qu'il soit misogyne, mais il est quand même pas mal conditionné par son statut social. Être aristocrate, diriger, pour lui, c'est inné, et il ne se rend pas bien compte des difficultés que cela peut représenter. Secundo, il a bien des choses dans la tête, ce qui doit lui laisser assez peu le loisir de penser à autre chose. Tertio, il s'en fout. Les problèmes domestiques, c'est du détail comparé au reste. Et enfin, c'est un personnage très taquin. Il aime bien embêter gentiment sa femme, mais pour elle, la moindre remarque se transforme en reproche. Bref, moi je l'aime beaucoup, ce personnage.
 
"You have blotted out the past for me, you know, far more effectively than all the bright lights of Monte Carlo. But for you I should have left long ago, gone on to Italy, and Greece, and further still perhaps. You have spared me all those wanderings."
 
Parlons un peu des autres tout de même. J'aime bien Frank Crawley, l'archétype du bon métayer, gentil en toute chose, un peu gauche, et très sincère. Frith m'a fait furieusement penser à Carson de Downton Abbey (c'est plutôt dans l'autre sens en fait). D'ailleurs, cette série permet de bien se représenter la vie à Manderley. Mrs Danvers est évidemment super flippante, mais sûrement qu'au fond elle est juste paumée. Fin bon, elle est méchante quand même, je ne voudrais d'elle comme intendante pour rien au monde (Mrs Hughes est juste un million de fois mieux !). La scène de la fenêtre est particulièrement perturbante. Jack Favell est bien le genre de type à qui on a très rapidement envie de coller un direct du droit. Beatrice et Giles n'apportent pas grand-chose, mais j'aime assez Beatrice, bien rentre-dedans malgré sa classe sociale. Tous ces personnages sont parfaitement ancrés dans le réel, on pourrait les croiser. Ils vivent véritablement sous la plume de Daphne Du Maurier.
 
"A black figure stood waiting for me at the head of the stairs, the hollow eyes watching me intently from the white skull's face."

"I could see she despised me, marking with all the snobbery of her class that I was no great lady, that I was humble, shy, and diffident."
 
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L'ambiance. Ah, l'ambiance. À ce niveau-là, cette auteure britannique reste pour moi inégalée. Jamais je n'ai lu d'autres écrivains avec un tel talent pour créer une atmosphère si particulière, pour décrire si bien les ressentis, sentiments, réflexions et autres cheminements de pensée. Comment ne pas être happé ? Et pourtant, il n'y a pas de lourdes descriptions qui s'étalent sur des pages et des pages, pas de phrases à rallonge dont on perd le fil après la dix-septième ligne (bon d'accord, j'exagère un peu, là). Il  y a seulement cette maîtrise de l'écriture et de la psychologie humaine, ainsi qu'un talent d'observatrice hors pair. J'ai relu ce roman en anglais, et vraiment c'est un délice. J'en suis toute gaga, comme vous voyez. C'est une très belle écriture, mais qui n'est pas lourde, pas du tout difficile à lire, en anglais comme en français (la seule difficulté que j'ai rencontrée a porté sur les descriptions du jardin, pas évidente dans les premiers chapitres, mais ensuite ça va tout seul).
 
"I began to understand why some people could not bear the clamour of the sea. It has a mournful harping note sometimes, and the very persistence of it, that eternal roll and thunder and hiss, plays a jagged tune upon the nerves."

"No one would ever hurt Manderley. It would lie always in a hollow like an enchanted thing, guarded by the woods, safe, secure, while the sea broke and ran and came again ine the little shingle bays below."
 
Quant à l'intrigue, personnellement je n'avais quasiment rien deviné à ma première lecture. À la seconde, j'ai traqué tous les petits indices, et en effet ils sont disséminés très tôt et dans tout le roman. Il est donc possible de faire une lecture sans surprise, comme mon amie Cassiopée (qui cependant a beaucoup aimé le livre), ou pleine de rebondissements (surtout à la fin), comme moi, qui ne devine pas grand chose. C'est une histoire bien fourbe, pas forcément joyeuse mais pas déprimante non plus, qui sait tenir son lecteur, parce que quoiqu'il arrive, on veut le fin mot de l'histoire. Parlons-en de la fin, d'ailleurs. Elle est parfaite, et même temps elle m'énerve ! Daphne Du Maurier a un don avec ça (elle m'a tuée dans Le bouc émissaire). Elle nous laisse sur une dernière page magistrale, en soi il n'y a pas besoin de suite, et pourtant... J'en veux une ! Susan Hill a réalisé mon rêve avec son sequel intitulé Mrs de Winter (titre VO), que j'ai dans la bibli. On m'a dit au club que c'était pas mal du tout, ce qui ma rassure vu que les avis lus sur internet étaient plutôt négatifs. Un jour, vous aurez donc mon avis sur cette suite. Et sur les autres livres de Daphne Du Maurier aussi, parce que j'ai bien l'intention de tous les lire (ou relire pour ceux déjà lus, c'est-à-dire L'auberge de la Jamaïque qui a également été adapté par Hitchcock et que je n'ai pas vu, Le bouc émissaire qui est mon préféré pour l'instant et Ma Cousine Rachel). Il y a déjà dans ma PAL La Maison sur le rivage, Mad, Mary Anne et Les Oiseaux (recueil de nouvelles dont la principale a aussi été adaptée par Hitchcock, qu'aurai-il fait sans cette auteure, on se le demande).
 
Au cas où ces longs paragraphes ne vous auraient pas mis la puce à l'oreille, j'adore ce roman, j'adore son auteure, tout le monde devrait lire Rebecca et l'adorer.
 

Vendredi 15 novembre 2013 à 19:14

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Il y a de cela plusieurs mois, j'ai découvert (grâce à Cassie encore une foi, merci !) le dessinateur David Gilson. Je ne suis pas très BD, mais sa façon de croquer les personnages Disney m'avait conquise. Curieuse, j'ai suivi par Facebook l'avancée de sa BD Bichon, enfin parue le 6 novembre. A l'occasion d'une commande sur Amazon, j'ai commandé cette première BD. Aussitôt reçue, aussitôt lue, et j'ai adoré. Méga coup de cœur pour Bichon !
 
Bichon est un petit garçon de huit ans qui aime tout un tas de choses habituellement préférées par les filles. Certains méchants garçons de sa classe lui font bien sentir sa différence, mais sa famille et ses amis le soutiennent et l'aiment comme il est.
 
La première chose qui saute aux yeux, ce sont les magnifiques couleurs. C'est doux, on se sent aussitôt fondre de tendresse devant ce petit garçon et son entourage (j'adore le chat, forcément). Il y a un grand nombre de références à des dessins animés (Disney se taille la plus belle place, normal j'ai envie de dire, mais on retrouve aussi d'autres personnages... Je n'en dis pas plus!). Pour une grande enfant comme moi, traquer toutes les cases à la recherche de ces références était un bonheur supplémentaire (je lui envie la plupart de ses jouets!).
 
Les personnages sont attachants d'une manière que je trouve extraordinaire. En 48 pages, je suis accro ! Bichon est un merveilleux petit bout de chou. Sa petite sœur m'a fait rire, j'ai admiré sa maman... Et bien sûr j’aime la façon dont David Gilson fait la promotion de la tolérance. Je pense que c’est un bon moyen d’expliquer aux enfants qu’on a le droit d’être différent ! Bd pour petits et grands donc.
 
Je ne sais même pas quoi dire tellement j'ai aimé en fait. J'ai très très beaucoup hâte que la suite sorte. On m'a dit (il me semble que là aussi c'est Cassie, puisqu'elle a rencontré David Gilson à Paris il y a quelques temps) que la BD devait aller jusqu'aux dix-huit ans de Bichon, il voudrait faire huit tomes pour suivre l'enfance de ce petit héros. Je trouve l'idée super, j'ai hâte de voir l'évolution !
 

Mercredi 30 octobre 2013 à 21:59

Ah, nostalgie, quand tu nous tiens ! Card Captor Sakura était mon tout premier manga. Je regardais l’anime à la télé, et je suis tombée sur le manga en librairie. Ça a été le début d’une grande histoire, passionnée au début, et puis plus calme, plus sereine, sur la durée. Je lis et achète beaucoup moins de mangas aujourd’hui, mais j’ai toujours plaisir à me plonger dans une série ou un one-shot, ou à en découvrir de nouveaux.
 
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CCS est resté l’un de mes mangas préférés. Il est accessible dès l’enfance, mais même en grandissant, il tient la route, c’est le moins que je puisse dire ! J’ai pris un énorme plaisir à relire ces six premiers tomes. Je regarde l’anime en parallèle, et c’était vraiment sympa de revenir aux sources avec le manga des Clamp. Je ferai un article consacré à l’anime, mais pas tout de suite. De quoi ça parle, au fait ? Sakura Kinomoto est une petite fille d’environ dix ans, et un jour, elle a trouvé dans la bibliothèque de son père un vieux grimoire. En l’ouvrant, elle a libéré des entités magiques, appelées les Clow Cards, et réveillé leur protecteur, Kerberos (dit Kélo), qui choisit Sakura pour être la nouvelle chasseuse de ces Cartes. Il lui explique qu’elles ont été créées par un magicien très puissant, Clow Lead, et sont très elles-mêmes dotées de grands pouvoirs. Si Sakura ne parvient pas à toutes les capturer, « sur ce monde s’abattra le fléau »…
 
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Le début de la série est très léger : Sakura est toute mignonne, ses copines aussi, tout a l’air de très bien se passer. Mais les Cartes peuvent se montrer très vicieuses et méchantes, et les capturer n’est pas souvent facile. Quand d’autres personnes s’en mêlent, Sakura a rapidement des ennuis. Ce premier cycle, des tomes 1 à 6, est très centré sur la capture des Cartes, mais laisse déjà entrevoir certaines problématiques qui se retrouveront par la suite. Et parmi celles-ci, il y a les relations humaines. Tous les personnages sont importants et ont quelque chose à nous montrer ou à nous apprendre. Leurs relations sont riches, souvent belles, parfois très compliquées. J’en retiens, personnellement, que ce n’est pas facile d’aimer. Ça fait mal, parfois à un point qui nous paraît insupportable, mais ça vaut le coup, toujours. La fin du sixième tome met fin à une partie de l’histoire, qu’on aurait pu croire unique, et nous ouvre de nouvelles portes. Je n’aurais jamais deviné les évènements de ce tome, même si je l’avais lu pour la première fois aujourd’hui. J’adore et j’admire cette capacité qu’ont toujours eu les Clamp de me surprendre (même si parfois les surprises ne me plaisent pas, mais pas dans le cas de Sakura, j’adore tout !).
 
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Parlons des personnages, qui font beaucoup pour rendre cette série géniale. Sakura d’abord, est une héroïne forte et courageuse, qui surmonte ses faiblesses et essaie de toujours rester optimiste, même quand c’est très difficile. Elle est trop mignonne et me fait beaucoup rire, notamment quand elle se fritte avec son frère, Toya, ou avec Kélo. Tomoyo, sa meilleure amie, me fait aussi bien rigoler. Elle est très exubérante, sans que ça se voit au premier abord, et son amitié, une fois accordée, semble sans limite. Mention spéciale au personnage de Lika, une amie d’école de Sakura et Tomoyo, que j’ai toujours beaucoup aimée (elle aussi est trop mignonne !). Shaolan, lointain descendant de Clow Lead, est un personnage masculin comme je les aime, avec son air bougon mais son vrai cœur tendre. L’évolution de son personnage dans cette histoire est très intéressante. Quand on commence le manga, en naïfs que nous sommes, nous pensons que chaque personnage est à sa place, on l’a bien situé et tout, mais au fil des pages on découvre des liens qu’on n’avait pas soupçonnés, et on regarde cette toile de relations humaines se dérouler sous nos yeux, pendant que notre cœur se serre devant l’injustice de la vie. Le bonheur de l’un fait souvent le malheur d’un autre…
 
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Quelle chronique serait-ce là si je ne parlais pas du coup de crayon de Clamp sur cette œuvre ? Je suis conquise. Chaque fois que je regarde l’expression des visages, les costumes, les Cartes (pour celles qui ont une forme humanoïde), je vire un peu comme Sakura en faisant « hanyaaaaan ! ♥ ». Tout est tellement joli, tellement travaillé tout en restant simple (on n’est pas dans des dessins surchargés où on ne sait plus ce qu’on regarde), et puis toujours cette émotion qui se dégage… Je viens de relire le sixième tome, et j’ai les larmes aux yeux (bon, je suis très émotive en ce moment, mais quand même !).
 
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J’ai parlé ici de la saga de manière général, en ne spoilant pas, mais ma deuxième chronique, qui portera sur les six derniers tomes, racontera juste tout je pense, histoire que je lâche le trop-plein d’émotions que j’aurais accumulées avec ma lecture… A bientôt donc !
 
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Lundi 14 octobre 2013 à 19:22

En septembre, le Chapelier Fou a choisi pour moi Anna Karénine. Il fait partie des livres que j’ai reçus à Noël dernier, et j’avais très envie de le lire. Seule sa longueur me retenait, et en effet il faut se préparer à y passer longtemps, mais ça vaut complètement le coup. Et un coup de cœur, un ! J’avais déjà lu du Tolstoï au lycée, avec La mort d’Ivan Ilitch, et je n’en garde quasiment aucun souvenir. Par contre, je ne risque pas d’oublier mes impressions sur Anna.
 
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Cette histoire, bien que très connue de nom, demeure assez floue pour de nombreuses personnes, alors je fais un petit résumé du début. Stépan Arkadiévitch Oblonskï, dit Stiva, est dans les ennuis jusqu’au cou. Il a trompé sa femme, Dolly, avec la gouvernante, sa femme l’a appris et a bien envie de le mettre dehors et de demander le divorce. Stiva appelle alors sa sœur à l’aide, Anna Arkadiévna, femme de Karénine, et la fait venir à Moscou pour calmer sa femme. Dans le même temps, Constantin Dmitrich Lévine, dit Kostia, ami de Stiva et de la famille de Dolly, les Stcherbatzkï, est de retour à Moscou avec l’intention de demander à la petite sœur de Dolly, Kitty, de l’épouser. Mais Kitty est amoureuse du comte Vronskï et refuse Lévine. C’est à ce moment qu’Anna fait la connaissance de Vronskï, et que leur vie en est radicalement bouleversée.
 
Déjà dans ce résumé, vous avez pu tiquer un peu sur les noms. Avoir conservé dans la traduction la typologie des noms russes m’a beaucoup plu, ça permet de vraiment s’immerger dans cette ambiance qui m’était peu familière. Je n’ai éprouvé aucune difficulté à suivre qui était qui. Le mieux est de savoir à l’avance comment sont construits les noms russes (je suis allée voir sur Wikipédia au tout début de ma lecture) : il y a le prénom, le nom du père suivi du suffixe masculin ou féminin selon le sexe de la personne et enfin le nom de famille. Plusieurs personnages ont également des surnoms.
Nous avons donc Stépan (prénom) Arkadiévitch (prénom du père) Oblonskï (nom de famille), dit Stiva (surnom). Comme Anna est la sœur de Stépan, son deuxième nom est Arkadiévna, le nom de leur père avec le suffixe féminin. Vous verrez, une fois qu’on s’y est fait, c’est facile et même pratique pour situer les différents persos !
 
Ce roman est tout autant une fiction romanesque qu’une étude de mœurs et de la vie sociale de la Russie dans la deuxième partie du XIXème siècle. Certains passages peuvent de ce fait paraître un peu longs, mais j’en ai remarqué vraiment très peu, la plupart du temps c’est pa-ssio-nnant. Tolstoï a très bien équilibré entre la vie mondaine représentée par Anna, Vronskï, Stiva, le travail des hautes sphères de l’Etat avec Karénine, les questions électorales avec Sviajskï, le travail des paysans et ouvriers agricoles, le travail en tant que propriétaire terrien de Kostia, l’industrialisation avec les chemins de fer, etc… Même au niveau des lieux, on alterne entre la campagne avec la maison de Lévine ou celle de Vronskï, la ville avec Moscou et Pétersbourg, on fait aussi un petit tour par l’Italie… C’est très diversifié. On trouve également quelques passages philosophiques, très intéressants, mais qui peuvent s’avérer ennuyeux lorsqu’on n’est pas d’humeur. Généralement ceux-là sont bien passés, par contre j’ai eu plus de mal avec les questions agricoles que se pose surtout Kostia. De même, ses interrogations existentielles, très présentes à la fin du livre, on finit par m’énerver un peu.
 
Les personnages sont réels, c’est peut-être le plus grand atout de Tolstoï. Aucun n’est parfait, on peut tous les comprendre même si on ne va pas tous les aimer, ça dépendra vraiment de la façon dont on ressent les personnages, de ceux dont on se sent proche et ceux qui ont des défauts que nous ne serions pas capables de pardonner. Peut-on pardonner à Karénine d’être si froid, carré, cynique, prétentieux et plus tard ultra-religieux ? Peut-on pardonner à Vronskï d’être si égoïste, frivole, lâche et incapable d’assumer ses sentiments ? Anna de se perdre sans réfléchir, d’abandonner son fils, de se montrer si peu discrète, d’être si capricieuse ? Kostia de changer si fréquemment d’avis, d’être un peu naïf voire complètement guimauve avec Kitty, de se prendre la tête parfois pour rien du tout, et Kitty d’être souvent vaine et superficielle et souvent aveugle ? Mes persos préférés sont d’abord Anna, car j’ai toujours compris ses femmes qui fautent et chutent, même si je ne les apprécie pas toutes, par exemple je n’aime pas Emma Bovary, mais j’ai pu suivre tout du long l’évolution des pensées d’Anna et la plaindre. Je n’approuve pas toutes ses actions, loin de là, mais nous sommes tellement immergés dans son esprit qu’il est difficile de lui jeter la pierre. Stiva, son frère, parce qu’il me fait trop rire ! Et le prince Stcherbatzkï  aussi. On le voit très peu dans le livre mais il m’a fait penser à Mr Bennet dans sa façon d’être protecteur avec sa fille chérie, et il est railleur, perspicace, observateur. Il y a tout une flopée de persos très secondaires qu’il faut occulter au risque de se perdre au milieu d’eux. En se concentrant sur les Karénine, les Vronskï, les Oblonskï, les Lévine et les Stcherbatzkï, c’est déjà très bien.
 
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Cette histoire m’a passionnée, alors même que je la connaissais déjà grâce au film. J’étais heureuse de constater à quels points certains passages sont fidèles et de découvrir ceux qui ont dû être mis de côté dans le film. Je reverrai bientôt l’adaptation la plus récente et rajouterai un paragraphe sur le côté adaptation dans l’article que j’avais fait lors de la sortie du film. Généralement j’ai préféré les passages consacrés à Anna/Vronskï que ceux consacrés à Lévine/Kitty, même si j’avoue que certains moments dans la construction de leur histoire sont sublimes (la déclaration à la craie, la naissance de Mitia…)
 
J’ai été étonnée de constater à quel point l’écriture de Tolstoï est agréable. J’avais ramé à mort sur un petit roman de Nabokov, mais là ça coulait tout seul. Certes, c’est une belle plume, dans la plus pure tradition XIXème, mais contrairement à Balzac par exemple, qui se complaît dans les descriptions de lieux, Tolstoï préfère décrire une ambiance et décortiquer les caractères et les pensées, ce qui est bien plus passionnant pour moi. Mais ce n’est pas du Proust non plus, il n’y a pas de phrases interminables, mais la pensée est là, telle quelle, et c’est parfois effrayant tant Tolstoï semblait savoir lire dans les âmes. Son écriture est très agréable, avec des détails de la vie courante qui rendent les choses très vraies (le rêve de Stiva tout au début, dans le premier chapitre, m’a beaucoup impressionnée par exemple, ou le raisonnement d’Anna tout à la fin). En plus, il y a de l’humour (surtout grâce à Stiva et ce n’est pas très fréquent, mais c’était tout de même remarquable !) et des passages très forts émotionnellement.
 
"En outre, Stépan Arkadiévitch, qui aimait plaisanter, s’amusait parfois à étonner quelque interlocuteur pacifique en émettant l’avis que, si l’on s’enorgueillit d’avoir des ancêtres, il ne faut pas s’arrêter au prince Rurik, il faut remonter jusqu’au singe."
 
Anna Karénine est pour moi une lecture unique en son genre. Je n’avais jamais rien lu de tel (ou alors j’en ai lu, mais j’étais trop jeune pour m’en rendre compte, allez savoir). J’espère vraiment avoir l’occasion de le relire dans ma vie, en espérant comprendre certains passages qui m’ont échappés. Je ne regrette pas du tout les trois semaines de lecture et les pages cornées par le transport quasi-quotidien du roman, c’était une expérience magnifique et maintenant je sais que la littérature russe peut être abordée, et même qu’elle est belle. Prochaine étape : lire Guerre et Paix (un jour) et découvrir Dostoïevski (bientôt j’espère, j’ai Crime et châtiment dans ma PAL depuis le lycée).
 
 
 
"Il reconnut sa présence à la joie et à la crainte qui saisissaient son cœur. Debout à l’autre extrémité de la piste de patinage, elle causait avec une dame. Il n’y avait rien de particulier dans son vêtement ni dans sa pose, mais pour Lévine, la reconnaître dans cette foule était aussi aisé que de reconnaître une rose parmi les orties. Tout semblait éclairé par elle. Elle était le sourire qui illumine tout son entourage."
 
"Ils devaient mentir, tromper, dissimuler sans cesse, à cause des autres, bien que la passion qui les liait fût si forte que tous deux oubliaient tout ce qui n’était pas cet amour !"
 
"– A l’instant, je pensais la même chose : combien à cause de moi tu dois souffrir. Je ne puis me pardonner ton malheur.
– Moi, malheureuse ! fit-elle en s’approchant de lui et en le regardant avec un sourire plein d’amour. Moi je suis un être qui a faim et à qui l’on donne à manger. Il a peut-être froid, son habit est peut-être déchiré et il en a honte, mais il n’est pas malheureux. Moi, malheureuse ! Non, tu es mon bonheur !"

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