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Qu'il est bon d'être futile !

Jeudi 31 juillet 2014 à 14:58

Vous parler de Chobits, c’est vraiment difficile, car j’aime tellement cette série, depuis si longtemps, que j’ai presque oublié pourquoi… Mon plaisir reste intact à la lecture, mais c’est excessivement compliqué de l’expliquer ! En tout cas, si je peux vous donner l’envie de le lire, ce serait génial.

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L’histoire commence lorsque Hideki Motosuwa, jeune étudiant désargenté qui a raté son admission à la fac et prend des cours en prépa en attendant de retenter sa chance, trouve dans les poubelles un magnifique ordi, apparemment intact. Dans ce futur pas si éloigné, les ordinateurs sont devenus ultra-perfectionnés et un inventeur leur a donné forme humaine. Hideki emporte chez lui cet ordi à l’apparence d’une toute jeune fille et parvient à l’allumer, mais il s’avère très vite qu’elle n’a pas de mémoire. Il la nomme Chii. Bientôt, elle fait l’objet de nombreuses convoitises…

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Ce qui frappe le lecteur dès le début, c’est que sur ce manga, les Clamp se sont défoncées sur le design. C’est tout simplement sublime. Vraiment, il n’y a pas d’autres mots. Oui, XxxHolic est magnifique, Kobato aussi, mais je trouve que le dessin de Chobits est encore au-dessus (cette série est sortie avant les deux autres citées). C’est le mélange parfait entre l’élégance et la simplicité. La beauté des illustrations couleur me coupe toujours le souffle (j’ai l’artbook, c’est magnifique). Mais surtout, le dessin est souvent mélancolique et colle parfaitement à l’histoire. Les passages avec les dessins du livre La ville déserte tranchent par leur encore plus grande simplicité, avant de retrouver des planches avec les beaux vêtements de Chii, ou l’expression des visages… Enfin bref, rien que pour les graphismes, il faut lire ce manga.

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Ensuite, il y a cette histoire magnifique, qui vous parle du droit d’aimer, peu importe que vous soyez homme ou femme, jeune ou vieux, ordi ou humain. Et je dis bien ordi, pas robot, la différence est importante. Pas de robot dans Chobits. Ce manga traite de questions qui pourront se poser un jour vu comment la technologie ne cesse de faire des bonds en avant. Mais surtout, comment trouver le bonheur dans notre société hyper connectée, médiatisée, technologique ?  Le sujet de l’intelligence artificielle atteint des proportions quasiment philosophiques. On est clairement dans un manga destiné aux adultes, un seinen.
 
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Très vite, on comprend que Chii, même si elle ne sait apparemment rien faire, n’est pas un ordi comme les autres, mais en quoi exactement ? Et pourquoi ? À côté de cette intrigue principale, d’autres personnages gravitent avec leur propre histoire. Yumi, la collègue d’Hideki dans le bar où il travaille, refuse d’utiliser des ordis. Minoru, jeune prodige de l’informatique encore au collège, a créé un ordi qui ressemble exactement à sa sœur décédée. Il y a aussi Shimbo, prof Shimizu, Ueda… Toutes leurs histoires sont émouvantes et apportent quelque chose à la réflexion principale. Je suis toujours émue aux larmes à certains passages. Les ordis sont également des personnages très attachants. Ils ne doivent leur personnalité qu’à un programme, mais cela n’empêche pas qu’ils ont chacun leur individualité. Sumomo est vraiment trop mignonne, je veux la même !
 
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C’est horrible, je ne trouve vraiment pas quoi dire de plus ! Les huit tomes se dévorent. Bien sûr, j’en redemanderais encore, mais je pense que la longueur de la série est parfaite. Ce n’est pas trop long, on n’a absolument pas le temps de se lasser mais chaque arc narratif trouve sa conclusion. La fin est… particulière, mais tellement belle. Mes exemplaires sont très abîmés vu le nombre de fois où je les ai lus ou simplement parcourus, et cette fois n’était pas la dernière ! Si vous souhaitez découvrir les Clamp, ce manga est assurément parfait pour ça.
 
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Samedi 26 juillet 2014 à 13:25

Vu notre enthousiasme à Fanny et moi pour les textes de Daphne Du Maurier, je me dis qu’on va pouvoir faire encore plein de LC, surtout si c’est pour découvrir des textes aussi chouettes que L’amour dans l’âme et plus récemment encore Les Oiseaux et autres nouvelles !
 
Il s’agit d’un recueil de sept nouvelles, dont la première est intitulée Les Oiseaux et qui a inspiré Hitchcock pour son célèbre film, mais toutes les nouvelles sont mystérieuses ou angoissantes, flirtant tantôt avec le réel et tantôt avec le fantastique, frôlant parfois l’horreur... Les nouvelles étant toutes très abouties, je vais consacrer quelques mots (voire plus !) à chacune.
 
 
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Les oiseaux
Je pense que c’est celle que j’ai préférée. Je l’ai commencée un soir, dans l’idée de juste lire les premières pages, et j’ai été incapable de reposer le livre avant de l’avoir finie. Nous faisons la connaissance de Nat, ancien combattant et blessé de guerre, qui travaille dans une ferme. Il aime observer les oiseaux, et se rend compte, alors que l’hiver s’installe, que ceux-ci se comportent bizarrement. Il va essayer d’alerter autour de lui, mais personne ne prêtera attention à ses craintes.
L’intrigue est menée avec une grande maîtrise et c’est extrêmement bien écrit. On s’interroge, on suit Nat et sa famille, on frissonne un peu de peur, l’horreur est de plus en plus tangible mais pas au point d’empêcher de dormir (heureusement pour moi…). Je ne sais même pas en parler tellement c’est génial. Je ne voulais pas arriver à la fin mais je ne pouvais pas m’empêcher de continuer ! Tout est très bien pensé, les détails se succèdent, formant un ensemble très cohérent, qui nous plonge immédiatement dans l’ambiance. L’intrigue joue sur des peurs assez universelles (notamment celle l’inexplicable) et peut ainsi toucher tout le monde, mais je n’étais pas mécontente de sentir un peu le climat post Seconde Guerre mondiale des années 50. Le texte en tout cas n’a pas pris une ride. Ce genre de thème marche toujours aussi bien de nos jours ! Le personnage principal est en plus très attachant. Débrouillard et intelligent, il est dévoué à sa famille et a tout du héros qui s’ignore, j’ai aimé le suivre et trembler pour lui. Quant à la fin, eh bien… C’est du Daphne Du Maurier !
 
"Puis il entendit des coups légers à la fenêtre. Il n’y avait point de plantes grimpantes au mur de la maisonnette qui auraient pu se détacher et venir gratter la vitre. Il écouta, et le tapotement continua jusqu’au moment où, agacé par le bruit, Nat se leva et alla ouvrir la fenêtre. A ce moment, quelque chose frôla sa main en bruissant contre ses phalanges et lui égratignant la peau. Puis il perçut un frémissement d’ailes qui s’évanouit au-dessus du toit, derrière la maison."
 
Le pommier
Excellente nouvelle également. Un homme, veuf depuis trois ans et qui se satisfait très bien de sa liberté, remarque un jour dans son jardin un pommier différent des autres. Décharné, les branches tombantes, il a l’air d’être presque déjà mort. Et surtout, il lui fait penser à feue son épouse, Midge…
Ce texte est très subtil et en même temps on sent que l’inéluctable va se produire. Dès le début j’ai senti ce qui allait se passer, mais Daphne Du Maurier décrit si bien le chemin qui y mène que j’étais comme envoûtée, ce qui est assez malsain d’ailleurs. Les descriptions sont particulièrement exceptionnelles dans cette nouvelle. Elle a insufflé une présence incroyable à ce pommier qu’on suit sur plusieurs mois, en tissant les fils de l’histoire du personnage principal en parallèle de l’évolution de l’arbre. Le fantastique est léger tout en semblant être partout. Comme je le disais, la chute n’était pas une surprise, mais dans la construction de ce texte ça n’a aucune importance !
 
"L’arbre était décharné et d’une minceur pitoyable, sans rien de la robustesse noueuse de ses frères. Ses branches peu nombreuses, partant très haut sur le tronc, ainsi que des bras aux épaules étroites, s’étendaient avec un air de martyr résigné, come transies par l’air frais du matin. L’armature de fil de fer entourant la base de l’arbre à la moitié du tronc faisait l’effet d’une jupe de tweed gris sur des jambes maigres ; tandis que la plus haute branche, dressée au-dessus des autres mais légèrement retombante, figurait une tête penchée par la fatigue."
 
Encore un baiser
J’ai légèrement moins aimé ce texte à cause du type de narration choisi et du style qui va avec. C’est le personnage principal qui parle, nous racontant cette fois où il a rencontré une fille, ouvreuse au cinéma, et qu’il l’a suivie dans le bus qu’elle a pris après la dernière séance du soir.
Daphne Du Maurier, pour rendre son personnage réaliste (et c’est réussi), lui donne un air légèrement péquenaud. Il appelle la fille « ma gosse », fait des phrases simples. Il a l’air d’un type un peu ennuyeux, mais ce qu’il va vivre est loin d’être ordinaire. Pour le coup, je n’ai pas du tout deviné la fin, même si je me doutais que ça avait un rapport avec un certain sujet. C’est vraiment la nouvelle à laquelle j’ai le moins accroché, mais ça reste très bon !
 
Le Vieux
Cette nouvelle m’a fait rire car je me suis faite avoir tout du long ! Un homme nous raconte, comme si nous étions devant lui, touriste ou nouvel arrivant dans le coin, l’histoire du vieux qui traîne là.
Pour le coup, je ne voyais pas du tout où l’auteure nous menait, avec ce narrateur un peu fantôme, qui nous met en contact avec ces personnages par son biais mais n’a pas d’importance en lui-même dans l’histoire. À quoi ça rime ? Au final, c’est un jeu subtil de l’auteure, qui réussit parfaitement à nous berner jusqu’à la fin et à nous étonner lors de la révélation, où l’on se pose et réfléchit avant de se dire que oui, elle nous a eus sur toute la ligne. Je n’en dis pas plus, c’est presque déjà trop !
 
Mobile inconnu
Une femme mariée, riche, heureuse, se suicide tout à coup dans sa belle maison, à l’effroi de son mari qui ne comprend pas. La police ne trouve aucun mobile et conclut à un coup de folie, mais Sir John ne croit pas à cette théorie et engage un détective privé pour faire la lumière sur cette histoire. Black va en effet finir par découvrir beaucoup de choses.
Celle-ci était géniale également, ma deuxième préférée on va dire ! Daphne Du Maurier tente ici une nouvelle policière et mystérieuse où elle sème allégrement les indices, nous conduisant sur les traces de la vie passée de Lady Farren. Les ficelles du genre sont absolument maîtrisées et donnent une nouvelle digne d’Agatha Christie ! J’ai trouvé l’écriture très entraînante sur cette nouvelle, on a l’impression que ça va vite, une certaine fièvre nous tient en même temps que Black se rapproche de la solution… et la chute est également très bien.
 
"Un matin, vers onze heures et demi, Mary Farren se rendit dans la salle d’armes, prit le revolver de son mari, le chargea et se tira une balle. Le maître d’hôtel entendit le coup de feu de l’office. Sachant que Sir John était absent et ne serait pas de retour avant le déjeuner, il ne pouvait imaginer qui se trouvait dans la salle d’armes à pareille heure."
 
Le petit photographe
J’ai apprécié cette nouvelle aussi, mais un peu moins, vous allez voir pourquoi. Madame la marquise passe ses vacances dans un hôtel de luxe avec ses deux petites filles et leur gouvernante mais comme toujours elle en vient à rapidement s’ennuyer, jusqu’à ce qu’elle rencontre un photographe.
J’ai eu un gros problème avec l’héroïne, cette marquise qui m’est rapidement apparue comme imbuvable ! Le « petit photographe » n’a pas cette image d’elle apparemment, et bien sûr ça cause des soucis à un moment donné. Je le trouve donc un peu stupide lui, je ne vois pas à quoi il s’attendait, ce qu’il espérait ! Néanmoins, à partir du moment où la nouvelle bascule, l’horreur de la situation nous apparaît bien, et la peur qui transpire dans chaque ligne salit aussi le lecteur. Et la fin, qu’on devine quelques lignes avant qu’elle soit révélée, et conforme à l’esprit de la nouvelle et personnellement me satisfait très bien !
 
Une seconde d’éternité
J’ai un peu moins aimé celle-ci également, mais pour des raisons différentes. On nous présente Madame Ellis, sa vie de veuve bien ordonnée, les joies de l’existence qui se résument à sa fille, Susan, jusqu’à ce qu’un jour, plus rien ne soit comme avant.
Là aussi, le personnage principal ne m’a pas été très agréable, et en même temps on la plaint un peu, car elle nous apparaît très pathétique cette Mme Ellis. Le déroulement de la nouvelle est très intriguant, on se demande où ça mène, les pistes se multiplient, mais la chute est un peu bancale, la fin brutale. Comme souvent avec cette auteure, on n’a pas de réponse claire, mais là c’était un peu trop fuyant, je n’ai pas été convaincue par cette façon de « sortir » de la nouvelle.
 
 
Ce qu’il y a à retenir de ce recueil, c’est que les nouvelles sont très accrocheuses, Daphne Du Maurier possède une plume véritablement magnifique et quelquefois magique, et elle maîtrise aussi bien le format roman que celui plus court de la nouvelle. Hormis la dernière, j’ai trouvé que chaque nouvelle était bien détaillée, on n’a jamais l’impression que ce n’est pas approfondi ou que c’est trop court, autrement que parce que c’est trop bon !
 
Et voilà, encore un Daphne Du Maurier, encore un coup de cœur. Si vous ne la connaissez pas, qu’est-ce que vous attendez ?
 

Mardi 22 juillet 2014 à 14:08

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Les Conquérants de l'éther vient clore la première partie de cette histoire du Château des Étoiles du dessinateur Alex Alice, qui paraîtra au format BD relié en septembre puis aura une suite et fin version journal avec trois nouveaux épisodes à paraître en mai-juin-juillet 2015 (ça va être long !).
 
Dans ce  numéro, nous retrouvons Séraphin, Sophie et Hans bien décidés à empêcher le chambellan du roi de voler le travail du père de Séraphin sur l’éthernef. Alors que les préparatifs pour le premier vol d’essai se concrétisent, un nouveau personnage fait son apparition pour tenter de raisonner le roi.
 
Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce troisième numéro, c’est le mélange parfaitement réussi entre l’Histoire et la fiction. Je connais mal Louis II de Bavière (j’ai une biographie de lui signée Jean des Cars qui traîne dans ma PAL depuis quelques mois), mais en faire le commanditaire de ce projet fou qu’est l’éthernef paraît tout à fait sensé vu la réputation qu’il avait déjà à son époque et qui le poursuit jusqu’à nos jours ! L’apparition de sa célèbre cousine (dont je tais volontairement le nom pour vous laisser la surprise si vous ne connaissiez pas leur parenté) m’a surprise et m’a plu, bien qu’au début j’ai eu du mal à la reconnaître, car elle essaie très fortement de tempérer son cousin, avant de retrouver un comportement qui sied plus à l’idée que j’ai d’elle. Elle délaisse finalement les obligations et retourne vers le naturel.
 
C’est aussi un numéro bien rempli en action et qui s’achève sur un suspense quasi-insoutenable ! Évidemment, les graphismes me charment toujours autant, et pour la peine je vous remets quelques images, non issues de ce numéro.
 
C’est un coup de cœur pour l’ensemble de la première partie du Château des Étoiles ! Vivement la suite ! Et je me demande si je ne vais pas acheter le format BD, même si j’ai les trois numéros journaux, histoire d’avoir une version plus solide. Pour mes chroniques sur les précédents numéros, c'est ici pour le 1 et là pour le 2 !
 
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Vendredi 18 juillet 2014 à 16:01

Cet article sera difficile à faire. Comment trouver les meilleurs arguments pour vous convaincre que How to train your dragon (et par là j’entends les deux films et les deux saisons de la série télé ainsi que les court-métrages par-ci par-là, mais j’exclus très volontairement les romans de Cressida Cowell, j'ai lu le premier que je n'ai pas aimé du tout) est ce qui se fait de mieux en animation ces dernières années ?

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Reprenons depuis le début : quand le premier film, How to train your dragon, est sorti, pour une obscure raison, nous ne sommes pas allés le voir. Mais chéri voulait le voir, et un soir il m’a convaincue de m’asseoir devant. Et là, on a eu des suées froides à l’idée qu’on avait failli passer à côté de cette merveille ! Les images étaient déjà magnifiques, la musique de John Powell reste sur le cœur, l’histoire nous emmène et fait défiler les minutes à grande vitesse, l’humour est tel qu’on pousse de grands éclats de rire à plusieurs reprises, l’émotion est au rendez-vous, les personnages sont inoubliables !
 
Déjà, cette manière d’aborder ces créatures fantastiques que sont les dragons : certes ce sont des animaux dangereux (un éternuement peut vous être fatal…), qui en plus volent de la nourriture à nos chers vikings de Berk et ont des aptitudes très particulières et souvent létales, néanmoins le premier opus montre bien qu’ils étaient surtout incompris et qu’avec un peu de doigté ils deviennent des compagnons formidables. Certains dragons ont des spécificités qui font penser aux chats, d’autres se rapprochent des chiens. Ils sont tous différents et aisément identifiables et ne ressemblent en rien aux autres dragons que vous auriez pu rencontrer dans votre vie de lecteur ou de spectateur.
 
Parlons un peu des personnages (noms en anglais, parce que ces films d’animation font partie des rares que je ne peux regarder qu’en VO tellement les doublures françaises ne sont pas terribles et tellement la VO est excellente !). Le héros, Hiccup, m’a plu tout de suite. Mal dans sa peau, il ne correspond pas à l’archétype du viking et il lui est difficile de s’intégrer, de trouver une copine. Il est aussi un peu du genre à se mettre dans des situations pas pratiques. On s’identifie facilement à lui, on l’admire pour aller à l’encontre de ce que tout son village croit et on découvre avec joie en même temps que lui la véritable nature des dragons. Sa relation avec les autres personnages est intéressante à chaque fois : le dialogue de sourd avec Stoick, son père et chef du village ; sa façon de se confier à moitié à Gobber, forgeron et meilleur ami de son père ; sa maladresse avec les autres jeunes de son âge, Fishlegs, Ruffnut et Ruffnut, Snotlout et bien sûr Astrid ; son amitié extraordinaire avec Toothless.
 
L’autre héros, c’est Toothless justement, ce Night Fury qui a rendu gagas des centaines de milliers de personnes. C’est certainement le plus beau des dragons qui nous sont présentés, et l’un des plus puissants. Ces réactions sont tellement mignonnes qu’on est forcément attendri et qu’on ne peut s’empêcher de rêver être à la place de Hiccup. Plus j’apprends à le connaître, plus je l’aime !
 
Concernant les personnages secondaires, tous apportent leur petite touche avec de l’originalité et de l’humour. Stoick va admettre ses erreurs, Gobber va revoir ses positions, Fishlegs est apparemment le trouillard de service mais c’est surtout un fin connaisseur de dragons, les jumeaux sont juste géniaux tellement ils sont idiots et me font mourir de rire systématiquement, Snotlout est aussi bête dans son genre avec un comique type gros macho qui ne fait peur à personne, et Astrid est une « vraie » viking et c’est la meilleure pour botter des fesses ! Les dragons, Stormfly, Hookfang, Meatlug et Barf et Belch correspondent à chaque fois à ceux qui les montent.

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Évidemment, comme on a absolument définitivement totalement adoré, on a aussitôt regardé les court-métrages bonus : Legend of the Boneknapper, Dragon Book of Dragons et Gift of the Night Fury. Ils sont tous sympas parce qu’ils permettent d’explorer un peu plus cet univers attachant et de revoir nos personnages préférés. Et ensuite, on a appris qu’une série intitulée Dreamworks Dragons allait être diffusée sur Cartoon Network (elle est passée en France aussi il me semble), dont on a vu les deux premières saisons de vingt épisodes chacune : Riders of Berk et Defenders of Berk. Une troisième saison, Dragon Masters, est prévue pour 2015 ! C'est très bien, ça va m'aider à patienter en attendant le troisième (et apparemment dernier) film prévu pour 2016 ! Je vais être honnête, cette série se situe vraiment en-dessous des films, pour la raison principale que la belle animation, ça coûte très cher… Exit donc les images somptueuses, mais on garde les ingrédients réussis que sont l’aventure, l’amitié, les dragons et encore et toujours l’humour ! J’ai ri et pleuré devant cette série, elle est loin d’être mauvaise. Je compte bien m’acheter les DVD.
 
Passons au second film, sorti il y a peu au cinéma. C’était difficile de réussir à faire un film du même niveau que le premier. Les suites c’est toujours tricky, on peut faire de la sacrée daube (Disney en sait quelque chose !). Mais là, c’est un véritable exploit qu’ont réalisé les studios Dreamworks. Ce deuxième opus est un véritable chef-d'œuvre. L’histoire se passe environ cinq ans après le premier film. Hiccup et ses amis passent d’une quinzaine d’années à une vingtaine, l’évolution est parfaitement réussie. Les personnages ont grandi, mûri, mais restent fidèles à eux-mêmes. Les jumeaux par exemple, que j’aime d’amour, sont toujours aussi bêtes et drôles, mais on sent bien que les dynamiques autour de Ruffnut ont changé par exemple ! Elle est courtisée par Snotlout et Fishlegs, mais n’aura d’yeux que pour le beau Erett (voix de Kit Harrington, a.k.a. Jon Snow !) avec ce fameux passage du muscle : Take meeeeeeeeeeeeeeee ! Donc oui, le film n’a rien perdu de son sens comique !
 
L’histoire quant à elle n’est pas du tout une pâle copie de la première. Elle pose de nouvelles problématiques, introduit d’autres personnages (Valka et Erett pour les principaux) et bien sûr d’autres dragons, d’autres lieux, d’autres ennemis. On n’a pas vu le film passer et on s’est trouvés dépités de le voir finir aussi vite. J’ai beaucoup ri mais aussi énormément pleuré. Une scène m’a broyé le cœur, j’ai vraiment du mal à m’en remettre. Je sens que je vais pleurer à chaque fois que je la verrai, mais j’approuve totalement ce choix qui donne un film plus mature, toujours accessible aux enfants mais dans un genre universel, qui peut toucher tout le monde.

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J’imagine que je pourrais encore en parler longtemps mais comme je sais que la plupart des gens qui me suivent adorent déjà HTTYD, je ne vais pas davantage prêcher des convaincus !
 
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Mardi 17 juin 2014 à 18:03

Il y a de cela plusieurs mois, Fanny et moi avons décidé de faire ensemble une LC autour d’un roman de Daphne Du Maurier. Après moult réflexions, nous nous sommes décidées pour L’amour dans l’âme, réédité en début d’année par Le Livre de Poche, qui avait déjà publié ce roman sous le titre La chaîne d’amour. J’avais très envie de faire cette lecture, car même si j’ai relu il n’y a pas si longtemps Rebecca et que j’ai eu grand plaisir à regarder l’adaptation de la BBC de L’Auberge de la Jamaïque, cela faisait des années que je n’avais pas découvert une de ses œuvres (je n’ai lu que les deux précédemment citées et Ma cousine Rachel, que j’avais un peu moins aimé, et Le bouc émissaire, que j’ai adoré).
 
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Ce roman est une fresque familiale qui s’étend de 1830 à 1930, en commençant au jour du mariage de Janet Coombe avec son cousin, Thomas Coombe, dans le village de Plyn en Cornouailles. Janet est une jeune fille un peu sauvage, qui rêve de bateaux et de s’échapper sur la mer, mais va-t-elle pouvoir suivre ses envies une fois mariée ? Le destin des Coombe sera-t-il toujours le même ?
 
Le roman est divisé en quatre parties et est précédé d’un arbre généalogique qui nous permet de suivre les Coombe de génération en génération. Je m’y suis référée quelquefois parce que c’est bien pratique mais sans trop regarder, car il peut contenir quelques spoils. On suit tour à tour Janet, puis Joseph, ensuite Christopher et enfin Jennifer. Chacun a sa personnalité, fait face à ses soucis, veut s’évader tout en cherchant sa voie, et tous ont un lien particulier avec la mer et Plyn. Je dois dire que des quatre, c’est Jenny que j’ai préféré, j’ai donc terminé le roman sur une note très positive. Janet m’a plu aussi, particulièrement grâce à l’immense talent de Daphne Du Maurier, qui se manifestait déjà magnifiquement dans ce premier roman paru en 1931. Elle a un don pour décrire une ambiance, pour faire vivre des personnages et leurs sentiments. Revenons-en à Janet. J’ai aimé son parcours (largement intérieur) et c’est la première Coombe qu’on suit, je me suis donc attachée à elle de manière un peu particulière. Un passage (doublé) particulièrement onirique se déroule avec elle, et c’est le personnage qui au final mène tous les autres, c’est le fil rouge de cette histoire, mais je ne peux pas vous dire pourquoi sans en dire trop, donc je me tais. Je regrette un peu qu’elle en soit restée à la procuration, et en même temps les métaphores qui lui sont dédiées sont très belles.
 
J’ai un peu moins accroché avec Joseph, dont j’ai eu du mal à comprendre le comportement, notamment vis-à-vis de ces enfants. J’ai presque envie de dire « ce n’est qu’un homme », un homme du XIXème qui a suivi ses désirs en profitant de son statut de mâle, et qui n’a guère pensé aux autres, même si je l’ai plaint plus d’une fois. La vie a été un peu crasse avec lui, mais il lui a rendu aussi quelquefois. Quant à Christopher, j’ai eu du mal avec lui au début. D’abord un peu trouillard, il se laisse dominer par les souhaits des autres, avance et recule, bref je le trouvais un peu ridicule, jusqu’à ce que sa vie d’adulte prenne un tournant différent, et là j’ai commencé à vraiment l’apprécier, malheureusement ce fut un peu sur le tard, mais l’impression positive que je commençais à avoir sur lui s’est grandement renforcée grâce à Jenny. J’ai réussi très facilement à me glisser dans sa peau. Toutes ses peines étaient les miennes, comme ses joies, et si j’attendais le dénouement de l’intrigue nouée autour d’un autre membre de la famille, c’était surtout pour elle, pour son avenir et son bonheur.
 
J’ai aussi beaucoup aimé la façon de Daphne Du Maurier de traiter des relations familiales et de tout ce qui y a trait. Les liens qui unissent la famille Coombe sont très divers : de l’amour fusionnel qui unit Janet et son fils à la haine de Philippe pour son frère, en passant par l’indifférence, la peur, la simple affection, la solidarité, le devoir... Tous sont illustrés à un moment ou un autre. On ne peut pas lire ce roman attentivement sans passer par la condition des femmes (et son évolution), l’éducation des enfants (j’ai eu envie de fiche des claques à certains personnages tellement leur conduite envers les enfants est destructrice), l’avancée de l’industrie ou encore les relations sociales, par exemple entre époux. Je ne vous cache pas que ce n’est pas un roman joyeux, et pourtant il s’en dégage des moments d’amour qui m’ont attendrie, et des passages émouvants ou tellement plein de réalisme et de vérité sur la vie de l’homme que j’en étais bouleversée. Là encore, la faute à Daphne Du Maurier, qui a une écriture sublime et accessible. À aucun instant je n’ai peiné dans ma lecture, tout est fluide et les cinq cents pages n’ont vraiment pas l’air d’être cinq cents.
 
Je ne veux pas en dire plus, car le mystère quant au contenu de ce livre a participé à ce que j’ai autant apprécié autant de le lire. Je ne peux que vous le recommander, surtout que vous n’avez pas d’excuse depuis qu’il est ressorti et peut se trouver dans toutes les librairies. Aux deux tiers de ma lecture j’hésitais un peu sur ce que j’en penserais au final, et maintenant c’est tout décidé : coup de cœur.

 
 
"La pièce était éclairée par quatre bougies dont les femmes brillaient et dansaient dans le vent frais soufflant par la fenêtre ouverte. Un chat couché près de la cheminée se léchait les pattes. Un buffet ancien, bourré d’objets de porcelaine, occupait un angle de la chambre. Au-dessus, une horloge battait solennellement les secondes. Un bouilloire chantait sur le feu."
 
"N’est-ce pas étrange, John, tous ces gens qui se sont aimés et auxquels il a toujours manqué je ne sais quoi pour que cet amour fût parfait ? Ils sont partis, se sont querellés, se sont perdus… Il y avait toujours quelque chose, quelque part, qui n’allait pas bien pour eux. Ils avaient toujours un sentiment de solitude. J’éprouve la même chose."
 
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Mardi 10 juin 2014 à 19:08

Il y a quelques mois, j’avais entendu parler de l’adaptation en manga du Protectorat de l’ombrelle. La couverture, assez japonisante (je n'ai rien contre le Japon, au contraire, mais ça ne me semblait pas vraiment correspondre à l'esprit de la série), ne m’avait pas donné envie d’y jeter un œil. Mais le week-end dernier, je suis tombée dessus à Cultura et par curiosité j’ai feuilleté le début... pour aussitôt le caler sur mon bras avec la pile de livres qui s’y trouvait déjà.
 
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Petit rappel du pitch : Alexia Tarabotti, jeune femme non mariée et bas-bleu, est une paranaturelle : dès qu’elle entre en contact avec un surnaturel (vampire ou loup-garou), celui-ci « redevient » humain, le temps que dure ce contact. Après avoir été obligée de tuer un vampire fort mal élevé au cours d’une soirée mondaine, Alexia n’a d’autre choix que de travailler avec le BUR (Bureau des surnaturels) pour comprendre ce qu’il se passe dans le monde nocturne, quitte à se coltiner l’insupportable Lord Maccon.
 
Ce qui m’a immédiatement fait acheter ce manga, c’est que j’ai retrouvé, dès les premières pages, l’humour de Gail Carriger. Les dialogues, déjà, saisissent tout son mordant, mais en plus le dessinateur, REM, a su par son coup de crayon l’accentuer. Contrairement à la couverture qui me laissait présager un style auquel je n’adhérerais pas complètement, l’intérieur m’a très vite convaincue. Les dessins sont très jolis, et savent aller à l’essentiel tout en fournissant des détails. On identifie bien les différents personnages et globalement je les trouve très réussis, à part peut-être le professeur Lyall, à voir avec les prochains tomes. Évidemment (pour moi), j’ai adoré les passages avec Lord Akeldama. On a à peine vu Biffy, mais il me plaît déjà beaucoup et j’ai vraiment hâte de le voir davantage (mais j’ai peur qu’on n’arrive pas jusque là vu que REM n’a adapté que les trois premiers tomes de la saga, à quand la suiiiiiiiiiiiiite ?).
 
Si ce tome est très drôle et m’a fait rire à de nombreuses reprises, je dois dire que les passages au club Hypocras ont quand même réussi à me donner des frissons ! L’ambiance et la folie de ses « scientifiques » sont très bien rendue. Certes, les nombreuses explications – passionnantes – de Gail Carriger sur son univers victorien steampunk sont réduites au profit des scènes d’action et de la relation entre Alexia et Conall. Cela n’empêche pas que le dessinateur a réussi à recréer une ambiance très proche de celle des romans d’origine, que c’était un plaisir à lire et que le message de fond de ce premier tome passe comme une lettre à la poste. J’ai même été émue comme tout à la fin. J’ajoute aussi que mon chéri l’a dévoré, et qu’aussitôt fini, il m’a demandé : « il est sorti le tome 2 ? » (achat prévu la semaine prochaine, je l'ai commandé...)
 
Bref, cette adaptation en manga de la première série de Gail Carriger est à mon sens une vraie réussite. Je ne regrette pas du tout son prix, qui au départ me rebutait un peu (près de 13€). Je me plaignais d’avoir terminé la saga et d’avoir quitté l’histoire et les personnages (surtout mon Akeldama chéri), et voilà qu’ils revivent et me procurent un grand plaisir, quoique différent de celui de la lecture des romans. Je vous conseille donc fortement ce manga, véritable coup de cœur pour moi, et ce que vous ayez lu les livres ou non ! (même s’il faut les lire !)
 
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Lundi 26 mai 2014 à 19:19

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Au rayon BD du Furet, je suis tombée sur une sorte de journal imprimé en couleur, qui m’a tout de suite rappelé les journaux feuilletons du XIXème et un peu les illustrés du XXème, auxquels ont pouvait s’abonner ou qu’on achetait quand on avait un peu d’argent de poche. La première page joue beaucoup sur le côté vieux journal en tout cas, avec une mise en page tout à fait dans cet esprit. En l’ouvrant, j’ai vu la date pour le début de l’histoire : 1868. Il n’en fallait pas plus pour me donner envie, et le petit prix (2,95€) a achevé de me convaincre. Le titre de ce journal-BD est Le Château des étoiles, n° 1 : Le Secret de l'éther.
 
Marie Dulac, aéronaute reconnue, souhaite à tout prix prouver l’existence de l’éther. Elle entreprend donc de monter en ballon à 11 000 mètres pour faire une expérience dans ce sens. Malheureusement, quelque chose tourne mal et elle disparaît, tandis que son journal de bord chute vers le sol. Un an plus tard (1869), son fils Séraphin est tout aussi intéressé que sa maman par l’éther. Un étrange courrier venu de Bavière somme son père de venir récupérer le journal, mais les choses ne vont pas être si simples.
 
C’est un petit coup de cœur pour cette BD au format original, qui renoue avec les traditions des feuilletons d’aventure et propose une histoire classique mais accrocheuse, dans la lignée de Jules Verne. Le dessinateur (et scénariste il me semble)  Alex Alice offre un dessin dans de beaux tons clairs ou pastel, avec une ambiance légèrement steampunk par certains vêtements et la mise en scène de machines dans les tons dorés, cuivre et bronze, mais surtout résolument XIXème (les théories sur l’éther existaient effectivement à cette époque). Séraphin et son père vivent à Lille, et ça a vraiment été chouette de voir la vision du dessinateur sur cette ville que je commence à bien connaître. L’industrialisation de l’époque est bien rendue, et on touche à des thèmes forts, notamment la mine...
 
La partie en Bavière est également pleine de surprise, et l’ancrage dans l’Histoire est très satisfaisant pour une enthousiaste comme moi. Je ne veux pas en dire trop, mais pensez au monarque de la Bavière à cette époque, et au contexte historique européen, vous verrez que ce premier numéro recèle de références intéressantes ! Il s’achève sur un petit cliffhanger et une bonne touche d’humour, qui me rend impatiente pour le numéro 2.
 
La dernière page fait vraiment page de journal, avec des articles sur un incident produit en gare de Lille et sur un opéra, qui donne un côté vraiment réaliste à cette BD-journal déjà très plaisante. Le numéro 2 doit paraître pour début juin, et 3 numéros sont pour l’instant prévus (mai – juin – juillet). Je trouve cette idée vraiment intéressante, surtout que je suis dans un période où mes lectures doivent se ralentir et que la meilleure façon de continuer à lire que j’ai trouvée est de choisir des petits ouvrages. Bref, je vous conseille très fortement cette BD plus que sympathique !
 
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Mardi 13 mai 2014 à 18:53

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J’ai commencé à lire Jane Austen au lycée, mais j’ai pris mon temps en découvrant ses textes, histoire de ne pas tout lire d’un coup et de me retrouver avec l’unique possibilité des relectures ! L’avantage est quand même que j’ai lu quasiment tous ses textes en français seulement, je vais donc pouvoir me faire plaisir en les relisant en anglais (ce que j’ai commencé à faire pour Sense and Sensibility grâce à ma correspondance avec Miss Elody !). Il ne me restait plus à découvrir que le roman inachevé The Watsons. C’est fait avec cette très chouette édition Penguin Classics que m’a offerte Dawn lors de notre swap sur Jane Austen et qui comprend Lady Susan, The Watsons et Sanditon.
 
Lady Susan
 
C’est une relecture qui ne faisait pas de mal, car ma première lecture date du lycée et je n’en gardais que peu de souvenirs, surtout que je n’ai jamais vu d’adaptation de ce court roman épistolaire qui m’aurait permis de garder l’histoire en tête. Lady Susan est constitué d’une quarantaine de lettres et nous permet de suivre les intrigues auxquelles s’adonne la dame du même nom. Veuve depuis quelques mois, elle profite largement de sa liberté retrouvée pour fracasser les cœurs de ces messieurs, au risque d’être connue comme une femme aux mœurs dissolues. Seulement Lady Susan est très maline, et malgré les faits qui l’accablent, elle parvient le plus souvent par une pirouette à se tirer de toutes les situations désagréables qui pourraient lui échoir. Ainsi, lorsque la femme de son amant, Mr Manwaring, découvre que cette soi-disant « amie » qu’elle hébergeait sous son toit à Langford a rendu fou amoureux son époux, Lady Susan met les voiles chez son beau-frère, le temps que la situation se calme un peu, d’autant plus qu’elle a détourné un certain Sir James Martin de la main de Miss Manwaring pour le faire épouser Frederica, sa propre fille, mais le dit sir serait plus enclin à épouser la mère que la fille, laquelle n’est pas motivée pour épouser le promis trouvé par sa mère. C’est dans cette situation que s’ouvre le roman, par la lettre de Lady Susan au frère de son défunt mari, Mr Vernon.
 
Ça se verra peut-être dans ce (long) résumé, la situation est au départ assez complexe à appréhender. Pas mal de personnages, tous liés plus ou moins étroitement les uns aux autres (par exemple, la « chère amie » de Lady Susan est Mrs Johnson, dont le mari était le tuteur de Mrs Manwaring avant son mariage). L’avantage certain de ce type de narration, c’est la multiplicité des points de vue qui nous permet de voir l’histoire sous différents angles. En plus des lettres qu’échangent Lady Susan et son amie Alicia Johnson, nous avons de nombreuses lettres entre Mrs Vernon (belle-sœur de Lady Susan) et sa mère, Mrs De Courcy. D’autres protagonistes prennent la plume de manière plus anecdotique. Il faut savoir que le genre épistolaire était très en vogue au XVIIIème siècle, lorsque Jane Austen a commencé à écrire. Elle admirait les œuvres de certains auteurs qui étaient spécialisés dans ce type de littérature. Il est donc tout naturel qu’elle se fût essayé à ce style lors de ses débuts. Le personnage de Lady Susan et l’intrigue en général n’est pas sans faire penser au roman français de Choderlos de Laclos Les Liaisons dangereuses. Il est fort possible qu’elle l’ait lu, car sa cousine Eliza de Feuillides a épousé un petit noble français et a vécu en France, et elle peut tout à fait l’avoir rapporté à sa cousine mordue de lecture. Lady Susan est, tout comme la marquise de Merteuil, à la fois détestable et fascinante, mais d’une façon un peu différente. Si la marquise se plaît à détruire la future vie maritale de Cécile de Volanges en voulant punir un ex-amant, Lady Susan fait carrément ses intrigues sur le dos de sa propre fille, qu’elle veut marier à un fat, idiot et borné. Et ici, Lady Susan est seule aux commandes. Son amie Mrs Johnson n’est qu’un prétexte pour nous faire découvrir ses motifs et fourberies par le biais des lettres qu’elle lui envoie depuis Churchill.
 
Au final, cette femme est le seul personnage véritablement travaillé de l’histoire. Les autres semblent bien pâles à côté, et il les faut tous ou presque pour faire contrepoids à l’influence de Lady Susan. Je dois avouer que je suis un peu déçue de l’absence d’un « héros austenien ». Reginald De Courcy, le seul qui pourrait à la rigueur prétendre à ce titre, est finalement très fade je trouve, plus encore qu’Edmund Bertram dont je garde le souvenir d’un personnage facilement manipulable et peu intéressant. Il se fait avoir comme un bleu et je ressentirais presque du mépris pour lui… Quant à la demoiselle de cette histoire, on ne sait quasiment rien sur elle, hormis qu’elle est timide de nature et terrifiée par sa mère. Il n’y a qu’une seule lettre de sa main et cela suffit à montrer au lecteur son inexpérience et sa jeunesse. Ce texte fait un peu figure d’entraînement pour Jane Austen je trouve. Elle s’est essayé au style épistolaire, très en vogue en son temps, brossé les portraits de quelques personnages qui peuvent préfigurer de grandes figures de ses romans à venir, mais là où l’on voit vraiment déjà son talent, c’est dans la « conclusion », pleine de verve et d’humour. Son écriture est déjà très maîtrisée et c’était un vrai plaisir à lire.
 
"Some mothers would have insisted on their daughter’s accepting so great an offer on the first overture, but I could not answer it to myself to force Frederica into a marriage from which her heart revolted; and instead of adopting so harsh a measure, merely propose to make it her own choice by rendering her life thoroughly uncomfortable till she does accept him. But enough of this tiresome girl."
 
The Watsons
 
C’était le dernier texte littéraire de Jane Austen que je n’avais encore jamais lu. Sans être le meilleur, il aurait sans doute pu devenir un excellent roman, si l’auteure avait voulu le finir, mais elle ne l’a jamais repris après l’avoir mis de côté, pour des raisons incertaines et assez diverses sur lesquelles je ne m’étendrai pas. Ce roman inachevé s’ouvre sur Emma et Elizabeth Watson, en train de discuter tandis que la deuxième conduit la première chez les Edward pour ensuite aller au bal. Emma vient de revenir dans sa famille après avoir été élevée par une tante plus fortunée, qui vient de se remarier et n’a pas pu emmener la jeune fille avec elle. Leur père est malade et la famille Watson vit dans une grande simplicité.
 
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Ce début, qui n’est même pas organisé en chapitres, est assez étonnant. Je l’ai trouvé affreusement triste, car outre la situation financière très précaire de l’héroïne et de sa famille proche, l’ambiance chez les Watson est polluée par des membres insupportables. Margaret, qu’heureusement on n’a le temps de ne voir que très peu, est une vraie langue de vipère et prend plaisir à blesser les autres. Apparemment l’autre sœur, qu’on ne voit pas, est encore pire. Ensuite vient le frère aîné, Robert, qui se permet des remarques très désagréables envers Emma, et son épouse Jane, qui est une véritable connasse. Il n’y a guère que le jeune frère, Samuel, qu’on ne voit pas non plus, qui a l’air d’être gentil, ainsi qu’Elizabeth, qui a le mérite de l’être également même si elle a l’air un peu simple par moments. Le papa également est gentil, mais quand on sait que Jane Austen avait prévu de le faire mourir (alors qu’on a eu le temps de le connaître, pas comme avec Mr Dashwood !), tout de suite ça refroidit.
 
Dans le même temps, ça peut être très joyeux. Emma a un optimisme et une joie de vivre à toute épreuve et n’hésite pas à se défendre si on l’attaque ou à éviter sciemment les inopportuns. Elle profite à fond des bons moments. Ainsi, elle apprécié énormément le bal, de parler avec la gentille Elizabeth, de veiller sur son père et de discuter avec lui. Elle a très bon cœur et lorsque la jeune et riche Miss Osbourne pose un lapin au jeune Mr Blake (il est le neveu du pasteur de la famille), elle n’hésite pas à se proposer pour être sa cavalière et attire ainsi l’attention favorable de Mrs Blake et de son frère Mr Howard. Elle se retrouve rapidement avec un Lord Osbourne indésirable sur le dos, tout étonné de rencontrer une jeune fille différente des midinettes habituelles auxquelles il ne porte aucune attention.
 
L’écriture est très dynamique, avec beaucoup de dialogues, et la narration est souvent un peu hachée, ce qui donne du rythme aux paragraphes, mais la forme parvenue jusqu’à nous n’est certainement pas celle que le texte aurait eue terminé et publié.
 
Il y avait donc un potentiel énorme dans cette histoire, avec un large panel d’émotions qui n’auraient pas manqué de nous faire vibrer. Emma Watson avait l’étoffe d’une héroïne austenienne et il est vraiment dommage que les circonstances aient été telles que Jane Austen n’ait jamais achevé cette histoire, dont elle a tout de même livré la tendance principale à sa sœur et que l’on retrouve dans mon édition, mais je vous laisse la surprise !
 
"Female economy will do a great deal my lord, but it cannot turn a small income into a large one."
 
Sanditon
 
J’ai lu récemment cette dernière œuvre dans une version « terminée par une autre dame », c’était donc une relecture à très court terme qui me permettait cette fois de lire le texte dans sa langue originale et avec des notes (Margaret Drabbler me semble faire un très bon travail avec ces notes explicatives sur le vocabulaire ou sur les changements opérés par Jane Austen sur ses manuscrits).
 
Quelle ouverture, avec cette discussion très vivante entre Mr Heywood et Mr Parker dès le premier chapitre ! Jane Austen commence très fort et donne le ton de suite : essor des stations balnéaires et spéculations sur ces lieux de villégiature, hypocondrie à fond les ballons, opposition de la vie simple des Heywood avec celle bien plus policée des Parker, incompréhension entre ces deux univers, et cet humour ! J’ai bien l’impression que ç’aurait été l’œuvre la plus optimiste de Jane Austen, ce qui est plus qu’admirable puisque l’auteure était alors proche de sa mort et souffrait beaucoup. Comme le dit l’introduction, c’est quand même fort de saisir l’occasion d’être soi-même réellement malade pour se moquer des malades imaginaires !
 
La description des caractères des uns et des autres dans les premiers chapitres est également extraordinaire. J’y ai prêté plus d’attention que lors de ma lecture en français et elle a vraiment un talent fou à ce niveau-là. Concernant  Mr et Mrs Parker, elle parvient à se moquer gentiment d’eux tout en leur faisant justice pour leurs réelles qualités, et notamment leur bon cœur. Les Miss Parker et Mr Arthur Parker sont de drôles d’oiseaux, notamment Miss Diana qui a une propension à se mêler de tout, mais ils en sont plus comiques qu’autre chose. Quand elle décrit Lady Denham par la bouche de Mr Parker, tous ses compliments ne suffisent pas à masquer aux lecteurs la véritable nature de cette femme, jalouse de son influence et de son argent, qui en devient méchante et agit bassement. La suite confirme cela, et on ne peut s’empêcher d’être horrifié quand elle s’ouvre à Charlotte et montre l’étendue de son caractère hautain et mauvais. On en viendrait presque à plaindre les Denham, qui ne peuvent compter que sur elle pour récupérer un peu d’argent, sauf qu’ils sont si horribles tous les deux qu’on a plutôt envie de dire que si tous les trois se pourrissaient la vie mutuellement, ce ne serait pas plus mal ! Miss Denham a l’air affreusement aigri et condescendante, quant à Sir Edward il est tellement fat qu’il bat à plates coutures Mr Elton dans Emma. Je pense que c’est l’un des personnages les plus détestables que Jane Austen a créé. On n’a malheureusement pas le temps de creuser Miss Brereton et Miss Lamb, mais je pense que l’auteure avait des projets pour elles deux.
 
Mon plus grand regret, c’est qu’elle n’ait pas pu aller suffisamment loin pour nous présenter Mr Sidney Parker en personne. La description qui en est faite par son frère est plus qu’alléchante, et j’aurais adoré voir comment Charlotte le perçoit, comment les deux se seraient apprivoisés... L’héroïne est charmante, très agréable, elle n’est pas sotte du tout et n’est pas une très jeune fille, donc elle analyse plutôt bien la situation  et ne s’en laisse pas conter par les Parker qui sont trop aimables avec tout le monde. Comme Lizzie, elle se targue d’être une bonne observatrice, et certainement aurait-elle fait quelques erreurs dont elle aurait appris. Elle me plaît beaucoup. J’aime aussi les indices déjà semés par l’auteure, dont on ne peut pas savoir avec certitude s’ils allaient mener à la confusion de l’héroïne ou la conforter dans certains de ses soupçons. Un peu de chaque j’imagine, mais j’aurais tellement aimé savoir ! Le style est particulièrement délicieux, plus maîtrisé que dans The Watsons mais très vivace et plein de belles tournures. J’adore !
 
Attention spoil sur Sanditon terminé par une autre dame ! Maintenant que j’ai bien en tête juste ce que Jane Austen a écrit, je comprends mieux certains choix faits par « l’autre dame », mais à mon avis elle a mal interprété certaines phrases. Jane Austen s’est amusée à comparer Sir Edward et le Lovelace de Richardson, mais je pense que jamais elle n’aurait mis en scène un véritable kidnapping ! Elle s’attachait toujours à écrire des histoires réalistes, et ce n’en est pas une. Elle a également complètement zappé le côté mulâtre de Miss Lamb, qui présageait de choses très intéressantes, déjà esquissées par Jane Austen à travers la bouche de l’horrible Lady Denham. C’est dommage, car ajouté à son idée avec Arthur Parker, ç’aurait pu être vraiment bien.
 
"I make no apologies for my heroine’s vanity. If there are young ladies in the world at her time of life more dull of fancy and more careless of pleasing, I know them not and never wish to know them."
 
Voilà voilà, un long article mais Jane méritait au moins ça ! En tout cas si vous n’avez pas encore lus ces trois œuvres mineures, n’attendez plus, elles valent vraiment la peine !
 
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Mercredi 2 avril 2014 à 11:35

L’année dernière, à la même époque, j’ai lu La Maîtresse de Rome, de Kate Quinn. Son roman qui reprend une partie des personnages intitulé L’Impératrice des sept collines a été traduit l’an passé, et comme pour La Maîtresse de Rome, je l’ai demandé au Père Noël. En deux romans, Kate Quinn s’est hissée sans aucun mal parmi mes auteurs préférés.
 
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Dans ce livre, nous suivons quatre personnages en particulier : Vix et Sabine, déjà croisés enfants dans La Maîtresse de Rome, et Titus et Plotine, deux nouveaux personnages. Nous sommes sous le règne de Trajan. Vix est revenu à Rome, en quête de son avenir. Sabine est devenue une jeune femme, il lui faut choisir se marier. Plotine, la femme de Trajan, intrigue pour favoriser « son cher Publius » et Titus, jeune patricien dont le destin va se révéler bien différent de ses aspirations toutes simples.
 
Au début de ma lecture, je savourais le plaisir de retrouver la plume de Kate Quinn, l’Antiquité romaine et les personnages déjà présents dans le roman précédent, mais le coup de cœur du premier tome ne paraissait pas. Je trouvais les personnages moins attachants, l’histoire moins prenante… Et puis à un moment donné, il y a eu comme un déclic, et ça a été le coup de foudre. J’ai été incapable de reposer le livre avant de l’avoir terminé.
 
Certes, Vix et Sabine m’ont paru moins attachants que Thea et Arius en tant que couple (difficile d’ailleurs de dire qu’ils sont un couple), mais j’ai vraiment adoré Sabine en tant que personnage. Elle me plaisait déjà petite fille, j’ai adoré la femme qu’elle est devenue. Vix m’enchante moins, mais j’ai pris plaisir à le suivre également. Plotine est très particulière… D’une certaine façon, elle tient un rôle assez proche de celui de Lepida dans La Maîtresse de Rome, et en même temps elle est complètement différente. Je l’ai bien sûr détestée, et c’est bien le but (Kate Quinn fait ce qu’elle veut du lecteur de toute façon). Quant à Titus, c’est mon chouchou. On n’a pas l’impression qu’il va rester dans la première partie du roman. Il a l’air de ne faire que passer, et c’est très révélateur de son caractère. Mais plus les pages se tournent, plus on apprend à le connaître, et au bout d’un moment j’attendais impatiemment les passages où il était character PoV.
 
Dans les personnages secondaires, j’aime toujours autant le père de Sabine, le sénateur Norbanus. Parmi les nouveaux, j’ai beaucoup apprécié Faustine, qu’on voit surtout à la fin, mais qui je pense sera très importante dans une prochaine histoire. La vision donnée de Trajan est très plaisante et j’en venais à comprendre l’admiration de ses légionnaires. Je n’ai pas trop accroché au personnage de Mirah sans trop savoir pourquoi. On voit peu Calpurnie, la nouvelle épouse de Marcus Norbanus, et c’est bien dommage car je la trouve fort sympathique ! Quant à « ce cher Publius » de Plotine, il s’agit en fait d’Hadrien. Si vous aimez un peu l’histoire romaine, ce nom ne vous est pas inconnu je pense ! Il ne l’était pas pour moi en tout cas, puisque j’ai lu il y a quelques années les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar, que j’avais adoré mais dont je n’avais pas compris grand-chose. Néanmoins, ce livre m’avait laissé un certain sentiment sur Hadrien, que Kate Quinn bat très largement en brèche. Il faut dire que nous le voyons jeune, avant qu’il accomplisse bien des choses. Vu ce que je sais de sa vie, l’image qu’on a de lui changera peut-être dans le prochain livre.
 
L’auteure sait toujours nous surprendre. J’ai bondi et crié plusieurs fois pendant ma lecture (par exemple quand on apprend le prénom d’un certain petit garçon, qui présage de nombreux problèmes pour Vix…), j’étais vraiment à fond dedans, complètement happée par l’ambiance, les voyages où nous emmène Kate Quinn aux côtés de Vix et Sabine et l’écriture fluide, impeccable de l’auteure. L’intrigue n’est pas du tout la même que dans La Maîtresse de Rome, donc si vous l’avez lu, ne craignez pas une redite. Je vous conseille de l’avoir lu avant, afin de mieux apprécier le déroulement chronologique de cette magnifique fresque historique, où Kate Quinn mêle à la perfection l’histoire et la fiction. Là encore, les dernières pages sont consacrées à une note explicative. Ainsi, vous connaîtrez quels éléments qu’elle s’est permis de changer pour l’écriture de son roman. Cette sincérité avec le lecteur me plaît énormément, j’ai l’impression qu’elle ne nous prend pas pour des cons, au contraire. Ces deux livre sont tellement géniaux que je pense que je ne pourrais jamais apprécier correctement d’autres romans historiques se déroulant à cette période.
 
J’ai frôlé la crise cardiaque à la fin du livre. Je croyais que ce roman allait au bout de son histoire, mais en fait il s’arrête en plein milieu. En voyant sur quoi l’auteure nous laissait, je me suis précipitée sur le net pour chercher la suite. Son prochain roman à paraître en France, Les Héritières de Rome, n’est pas la suite, c’est une histoire qui se déroule avant La Maîtresse de Rome et qui est, a priori, sans lien (mais ça ne m’étonnerait pas de croiser certains persos tout de même !), mais je me disais que la suite de L’Impératrice des sept collines existait déjà en VO. En fait non. J’ai eu un gros moment de stress, croyant que l’auteure allait nous laisser nous lamenter sur cette fin horrible, mais en fait ouf ! elle est en train de l’écrire, c’est à paraître en 2015. L’attente va être insupportable.
 
Heureusement qu’un nouveau livre de Kate Quinn sort bientôt pour nous faire patienter en attendant la parution de la suite de L’Impératrice des sept collines. Je vais me jeter sur Les Héritières de Rome, je ne patienterai pas jusqu’à Noël cette fois ! Et je compte essayer la saga en deux tomes qu’elle a écrite avant de commencer la suite des aventures de Vix et Sabine et qui est consacrée aux Borgia, avec Giulia Farnese en personnage principal, disponible en anglais uniquement pour le moment. Tout ça pour dire que j’ai trouvé au final L’Impératrice des sept collines encore meilleur que La Maîtresse de Rome et qu’il faut absolument lire les romans de Kate Quinn. Vous n’avez pas d’excuse, ils existent en poche chez Pocket. Je vous jure que vous ne le regretterez pas.
 
"Sabine aimait la terrasse de la villa de Baïes. Par les belles soirées d’été, elle demandait à l’intendant de sortir les lits de table afin que le dîner soit servie dehors, à la brise tiède, quand les ombres s’allongeaient sur les tuiles et que la mer étincelait au loin, immense et bleue. Parfois, son regard se perdait au-dessus des coupes de raisin, et elle imaginait qu’elle voyait bien au-delà de l’horizon, jusqu’aux grands promontoires qui fermaient la Méditerranée."
 

Mercredi 26 mars 2014 à 11:27

Je me souviens avoir repéré l’affiche au cinéma de Remember me, mais de ne pas avoir pu le voir tout de suite. Quand il est sorti en DVD et que je l’ai enfin vu, j’ai eu tout de suite le coup de cœur. Depuis, je l’ai revu plusieurs fois, et récemment je me suis offert le DVD d’occasion, et j’ai pris plaisir à travailler vendredi après-midi avec ce film en fond sonore et visuel.
 
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Ce film suit Tyler et Ally, deux jeunes gens de New-York. En début de la vingtaine tous les deux, ils ont chacun perdu quelqu’un de façon violente. Le frère de Tyler s’est suicidé le jour de ses 22 ans, brisant la famille. La mère d’Ally a été tuée lorsqu’elle était enfant. Tyler, en particulier, a du mal à avancer, à se construire, mais lorsque ces deux jeunes gens se rencontrent, les choses vont peut-être enfin changer
 
Ce film me fait systématiquement pleurer. La fin est horrible, d’autant plus vu tout ce qui se passe avant. L’histoire est celle d’êtres paumés, brisés. Elle parle de deuil, d’amour, de famille. Il y a des passages difficiles, qui font mal au cœur (mais pourquoi n’arrive-t-on jamais à se comprendre ?) et aussi des passages si beaux qu’ils nous tireraient presque une larme. C’est en tout cas un film très émouvant et qui laisse difficilement indifférent.
 
Concernant les acteurs, je les trouve chacun très bien. Si vous faites partie de ces gens qui détestent Robert Pattinson, rassurez-vous : son rôle n’a rien à voir avec les autres qu’il a pu jouer. Là, on est dans le vrai. Il donne la réplique à Emilie de Ravin, que je ne connais pour l’instant que par ce film mais qui est très bien en Ally. On y voit aussi Pierce Brosnan et quelques autres acteurs plus ou moins connu. Les interactions entre eux passent très bien. J’aime particulièrement la relation entre Tyler et sa petite sœur, c’est une très belle relation fraternelle. Les personnages tour à tour font rire, émeuvent ou se mettent en colère et nous touchent parce que quoi qu’il arrive, ils sont vrais.
 
J’aime beaucoup la façon dont le réalisateur a tourné ce film. Malgré la violence de certaines scènes, il n’y a jamais rien de choquant, ça reste calme. La caméra bouge peu, les images sont très légèrement passées. Pour autant, on ne s’ennuie pas une minute, le film n’est pas lent. La musique contribue à créer l’ambiance si spéciale dans ce film, je la trouve super.
 
Je ne sais pas si je suis très convaincante, en tout cas ce film fait clairement partie de mes préférés. C’est un excellent catharsis et je n’arrêterai pas de sitôt de le revoir !
 
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