sans-grand-interet

Qu'il est bon d'être futile !

Lundi 29 avril 2013 à 19:30

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/CetteNuitLa.gif
Lors de la dernière réunion du club de lecture L’Île aux livres, c’est la présentation de Dawn qui a remporté les suffrages : Cette nuit-là, de Linwood Barclay. Elle nous avait prévenu qu’il ne faudrait pas longtemps pour en venir à bout, et en effet en quelques ours c’était plié !
 
Cynthia a 14 ans lorsque sa famille disparaît de façon inexpliquée. Elle va se coucher et le lendemain matin, plus personne. Vingt-cinq ans plus tard, Cynthia a fondé sa propre famille mais n’a toujours pas de réponse concernant son père, sa mère et son frère. Une série d’éléments nouveaux la pousse à toujours plus songer à ce qui s’est passé cette nuit-là…
 
Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce polar est efficace. Dès que Dawn a posé le pitch, je voulais savoir ce qu’il s’était passé. La première moitié du roman nous balade bien : on commence par apprendre ce que sait Cynthia de cette nuit, puis on arrive dans le présent, et c’est son mari, Terry, qui nous raconte où ils en sont, à savoir un peu nulle part. Mais à poser des questions, à entreprendre des démarches, certaines choses étranges remontent, et à chaque nouvelle réponse s’ajoutent plusieurs questions. On se perd, on s’interroge, bref l’auteur nous promène par le bout du nez. Terry évidemment ne sait rien d’autre de l’affaire que ce que sa femme lui en a dit, mais rapidement une nouvelle voix, dans de très courts chapitres en italique, vient embrouiller encore plus les choses…
 
Jusqu’à ce que, à la moitié du roman, une phrase un peu malheureuse éclaire tout, ou presque. La solution de la disparition m’a heurtée, j’ai compris tout de suite l’essentiel. Le reste du roman n’a été que la description pas à pas des découvertes de Terry, des détails de ce que j’avais déjà compris. Les petits bouts manquants, accessoires à la grande cause de la disparition, se sont éclairés d’eux-mêmes avant d’être explicités. C’est dommage que tout soit si facile au final, et pourtant je n’ai quand même pas lâché le livre, je n’ai pas traîné pour le terminer malgré le fait que j’avais tout deviné. L’auteur a un talent certain pour nous emporter dans son mystère et nous faire tourner les pages quasiment contre notre gré. Je n’ai pas du tout eu l’impression que le roman faisait plus de 400 pages !
 
En résumé, c’était une lecture plaisante, un polar qui se lit tout seul, mais qui aurait pu être plus extraordinaire dans son dénouement. J'aimerais bien tenter un autre polar de cet auteur, je suis curieuse de voir ce qu'il a pu imaginer d'autre et s'il a été capable de se surpasser. Des conseils de titres à me donner ?
 

Dimanche 28 avril 2013 à 11:54

Grâce à Faëlys, le club de lecture L’Île aux livres a reçu plusieurs exemplaires du roman Beauvoir in love d’Irène Frain. J’ai récupéré l’un des volumes et me suis lancée dans cette grosse lecture de quatre cents pages qui raconte l’aventure amoureuse de Simone de Beauvoir, philosophe et écrivaine française, avec Nelson Algren, auteur américain, au milieu du XXème siècle.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/Beauvoir.jpg
Le roman s’ouvre sur l’arrivée de Simone à New-York, en janvier 1947, pour son premier voyage aux Etats-Unis. Elle s’y est rendue en ambassadrice de l’existentialisme, et donc de Sartre, son amour, son âme sœur intellectuelle. Mais leur système d’« amours contingentes » (l’infidélité autorisée, pour faire simple), lui pèse. Surtout que Sartre s’est entiché de cette Américaine, Dolorès, et qu’il est fou d’elle. Simone pourrait bien y perdre sa place. Seulement, lors de son passage à Chicago dont elle souhaite visiter les bas-fonds, elle fait la rencontre de Nelson Algren, et aussitôt une quatrième personne se trouve prise aux pièges de ces amours complexes.
 
Personnellement, je connais très peu et très mal Beauvoir et Sartre. Je n’ai jamais lu Simone de Beauvoir. En revanche, j’ai étudié Sartre en philo (l’un des auteurs les plus nébuleux à mon sens, j’ai été traumatisée par l’étude d’un passage de L’Etre et le Néant !), je l’ai même lu pour le plaisir (Huis clos et Le mur et autres nouvelles). Cependant, de leurs vies et de leurs personnalités, je ne savais presque rien, et le peu que j’en savais m’intriguait et me répugnait à la fois. Je me disais « Quelle étrange façon de vivre ils semblaient avoir ! ». Je ne me trompais pas de beaucoup. Bien sûr, ici, on suit Beauvoir. Sartre est toujours présent par ses courriers, mais physiquement on le voit très peu. Plus précisément, on suit alternativement ou en même temps Simone et Le Castor. Simone, c’est la femme qui va tomber amoureuse de Nelson, la femme sous les vêtements, sous le chignon impeccable, sous l’agrég’ de philo. Le Castor, c’est le surnom donné par ses amis de Paris et notamment par Sartre, c’est la femme engagée politiquement, la machine de travail, les idées philosophiques, les livres… Au fil des pages, je découvrais cette femme fascinante. J’ai du mal à dire si elle m’est sympathique ou non. Je pencherais plutôt vers le oui, mais cette mise à nu(e) romancée d’Irène Frain la montre aussi sous des jours moins favorables. Elle ma paraît vouloir le beurre et l’argent du beurre. Elle a du mal à faire des choix, à mettre de l’ordre dans ses priorités, et ça lui a coûté beaucoup au final sur le plan personnel.
 
Sur l’amour entre Nelson et Simone, on en comprend bien l’évolution, il y a quelques très beaux moments. Mais ça vire rapidement à la passion et donc aux déchirements. Pour moi lectrice, ça s’est manifesté par un sentiment de malaise et à certains moments d’ennui. De plus, Nelson Algren ne m’a pas été du tout sympathique. A la limite, je préfère Sartre. Oui c’est un bonhomme manipulateur, ais au final il correspond mieux à Simone et j’avais l’impression de « mieux » le comprendre. En même temps, Nelson m’a parfois touchée avec sa Maudite Sensation, mais dans l’ensemble il m’a plutôt exaspérée, il se comporte souvent comme un gamin, au final c’est un gros macho irrespectueux et à mon sens il ne méritait pas de s’être attaché une femme comme Simone de Beauvoir. Néanmoins, si elle n’avait pas vécu cette folle passion en approchant de la quarantaine, peut-être n’aurait-elle jamais réussi à écrire « son livre sur les femmes » auquel elle tenait temps, Le Deuxième Sexe.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/SimonedeBeauvoirNelsonAlgren1.jpg[Nelson et Simone. Je n'ai pas trouvé de quand date cette photo ni où elle a été prise, mais je pense que c'est pendant leur voyage en Amérique centrale.] 

Irène Frain a fait un travail de recherches absolument magnifique. Bien sûr cette histoire est romancée, ne serait-ce que parce qu’on ne peut pas savoir ce qu’il y avait dans la tête de ces deux amants, mais chaque fois que l’auteure devait s’hasarder à faire des conjectures, elle explique pourquoi, au vu des documents qu’elle a étudié et recoupé entre eux, elle a fait le choix de raconter l’évènement de cette façon. Cette démarche toute historienne m’a évidemment beaucoup plu ! Une autre lectrice du club, Lilith, qui a également terminé sa lecture, n’a pas du tout apprécié le style de l’auteure, très haché. C’est effectivement assez étonnant, mais ça donne du rythme à la lecture, qui finalement n’était pas trop longue (j’ai mis quasiment un mois pour le lire à cause de mes examens, et ce n’était pas vraiment une lecture détente, donc j’ai eu peu peiné de ce point de vue). Une phrase à un moment m’a fait réaliser pourquoi Irène Frain a fait ce choix dans sa rédaction. Elle indique à un moment que Simone de Beauvoir parlait très vite, un débit de mitraillette, surtout quand elle était sujette à des émotions particulières. En outre, comme c’était une femme très intelligente, elle devait penser « très vite », sauter d’une idée à l’autre sans cesse. J’ai donc vraiment ressenti à certains moments que j’étais dans ses pensées, et c’était une très bonne immersion. Par contre, il est dommage que pour les passages consacrés à Nelson, surtout ceux où Simone est absente, l’auteure n’ait pas changé de style. Peut-être est-ce pour montrer la proximité entre les deux êtres, mais comme je l’ai dit plus haut, je ne les trouve pas particulièrement bien ensemble, donc j’aurais préféré un changement bien marqué dans la narration. Je termine en précisant qu’Irène Frain a posté de nombreuses photos de son voyage aux Etats-Unis, effectué pour marcher sur les pas de Simone de Beauvoir. C’est à cette adresse.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/ArtShay.jpg
[Cliché pris par Art Shay, ami photographe de Nelson. Tout un mystère entoure cette photo et les autres prises au même moment !]

Cette lecture était vraiment très intéressante, et change beaucoup de ce que je lis ordinairement. Il me reste un peu de Sartre à lire dans ma bibliothèque (Qu’est-ce que la littérature et Les Mouches je crois) et je suis de plus en plus curieuse de découvrir ce qu’a pu écrire Beauvoir. Je suis très attirée par son Deuxième Sexe, et en même temps, je suis tellement nulle en philo que j’ai peur de ne rien comprendre et de vraiment passer à côté de quelque chose. Par contre, lire Nelson Algren ne m'intéresse pas du tout... En tout cas, Beauvoir in love est un beau livre, seulement je pense qu’il ne peut pas plaire à beaucoup de monde.
 

Vendredi 15 février 2013 à 18:34

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/Dubois.jpg
Enfin un article ! J'en ai plein à faire (notamment un pour mon inscription au challenge austenien d'Alice), j'espère rattraper ce week-end. J’ai lu Les contes de crimes dans le cadre de la LC du club de lecture pour février. C’est mon amie Dawn qui l’avait proposé. C’est un recueil de contes/nouvelles (difficile de décider entre les deux pour moi) de Pierre Dubois qui reprend des contes, notamment des frères Grimm, mais on a aussi du James Matthew Barrie et du Perrault, et qui mélange tout ça avec du policier, à la limite du thriller parfois. A chaque début de conte, l’auteur nous met un petit extrait du conte original, ce qui était très sympa. Dans chaque nouvelle, on est frappé par le style de l'auteur, plein de mots et de phases tarabiscotées qui ne m'ont cependant pas dérangée. Quand je ne suivais plus son délire, je laissais couler, et pour le reste je suis habituée à lire des styles assez lourds, ça ne m'a donc pas dérangée !
 
La Belle au bois dormant : C’est cette nouvelle qui ouvre le recueil, sur un conte célébrissime de Perrault. Ici pas de prince et de princesse mais un couple tout ce qu’il y a de plus banal. Monsieur s’ennuie et pour occuper Madame – et pour qu’elle lui fiche la paix – il l’emmène fréquemment à la fête foraine. Une idée machiavélique lui vient alors à l’esprit… Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette histoire nous met dans l’ambiance du recueil ! J’attendais vraiment de savoir la fin, et sur les dernières pages je lisais beaucoup plus vite (ça vaut pour tous les contes ça). Je pressentais un peu la chute, mais sans l’avoir complètement cernée. J’ai bien aimé cette première histoire.
 
Riquet à la Houppe : Encore du Perrault, avec un conte moins connu que le précédent. Nous avons bien un Riquet, qui naît à une bosse de chair au lieu d’une houppe de cheveux roux. Il y a aussi une princesse dont il est amoureux, mais elle en aime un autre, un prince de pacotille. Alors, Riquet finira-t-il avec la Belle ? Cette histoire est l’une des plus longues du recueil. La tension monte quasi-imperceptiblement au début, et explose à la fin. Là aussi, j’avais deviné quelques éléments de la chute, mais il y en a un qui m’a vraiment surprise ! J’ai beaucoup aimé celle-ci.
 
Cendrillon : Conte ultra-connu là aussi. Le début est vraiment un copier-coller de l’original, avec la « Cucendron », toute sale à force de travailler pour son affreuse belle-mère et ses horribles belles-sœurs, le côté pervers en plus. Après, ça se barre en cacahuète, notamment avec la marraine-fée et le Prince… Je n’ai pas beaucoup aimé celui-là, mais il a le mérite d’introduire C. Marmaduke Perthwee, détective des contes !
 
Le conte de l’amandier : Alors apparemment, c’est à la base un conte des Grimm, mais lequel… « Le conte du genévrier » je crois, mais je n’ai pas encore eu le temps de le lire pour voir si c’est bien celui-là. Nous suivons un nouveau couple, composée d’une Française et d’un Anglais. Madame s’ennuie profondément et se trouve très en colère contre son mari qui passe tout son temps dans son jardin à bichonner son amandier. Elle aussi va construire un plan très fourbe… Cette histoire-ci est assez développée et se passe entre France et Angleterre. Suivre cette dame était agréable, mais la fin était très facile à deviner, l’histoire n’est pas vraiment originale.
 
Rapunzel : Conte de Grimm que j’aime beaucoup tant dans sa VO que dans sa récente adaptation Disney, Raiponce ici prend un sacré lifting. C’est presque dommage que la nouvelle soit intitulée ainsi, parce que ça donne la clé de l’énigme, du meurtre mystérieux survenu dans une tour close… Mais ici, on découvre plus avant Marmaduke Perthwee et son associé joueur de cornemuse, Roger Ackroyd. Ils m’ont bien plu ces deux-là, ils m’ont fait rire, mais je n’ai pas beaucoup aimé la fin, que j’ai trouvé un peu facile.
 
Barbe de Grive : Conte complètement inconnu au bataillon, mais c’est du Grimm ! Il faut que je le cherche aussi. Nous suivons une jeune femme vénale et sotte, qui se marie sous la contrainte de son père, mais lorgne bientôt sur les possessions de celui qu’elle a méchamment surnommé « Barbe de Grive ». Cette nouvelle-ci a été difficile à lire, parce qu’il y a un passage très gore (pour moi en tout cas). Par contre, là aussi la fin se devinait assez facilement.
 
Peter Pan : Le voilà James Matthew Barrie ! Nous voici dans le Londres sale de la fin du XIXème siècle, lorsque Jack l’Eventreur fait rage… Marmaduke Perthwee est sur l’affaire, avec Ackroyd bien sûr ! Là aussi, avoir choisi de donner ce titre donne un peu trop d’information sur la résolution du mystère. Je pense que Pierre Dubois a dû faire beaucoup de recherches sur l’affaire de Jack l’Eventreur, car on a beaucoup de détails qui ne m’ont pas mise à l’aise du toute ! J’étais toute seule quand j’ai lu cette nouvelle, et je ne faisais pas la fière, et la fin m’a étonnée ! Je l’ai trouvée très bien cette histoire-là.
 
Petite table couvre-toi : Un homme désespéré raconte à un commissaire de police l’affreuse découverte qu’il a faite en rentrant chez lui… Ce qui m’a plu dans cette histoire, c’est la narration entièrement à la première personne qui nous emmène dans une fausse direction, mais aussi le fait qu’on n’ait pas vraiment de fin ! On ne sait pas au final ce qu’il s’est passé…
 
Le Petite Chaperon rouge : Un homme vient de se faire virer de chez lui et roule sans savoir quoi faire, quand il voit au bord de la route le Petit Chaperon rouge. J’ai vu venir la fin de très loin, et en même temps cette histoire m’a mise très mal à l’aise. Un Perrault revisité et retourné. Un peu creepy quand même.
 
Blanche-Neige : C. Marmaduke Perthwee est à son club un peu particulier et à la demande générale commence à raconter l’une des enquêtes sur laquelle il a travaillé : l’affaire « Blanche-Neige ». Qui était donc le meurtrier de ces petites filles retrouvées mortes avec une pomme empoisonnée à la bouche ? Là aussi, c’est surtout le personnage de Marmaduke que j’ai apprécié, et j’ai regretté qu’Ackroyd ne soit pas plus présent. On ne se demande pas vraiment qui, mais plutôt pourquoi, et la solution m’a au final un peu déçue. C’était tout de même une petite histoire agréable.

J'ai apprécié le recueil, plus que la majorité des gens du club en tout cas, et je en cracherai pas sur Comptines assassines, autre recueil de l'auteur sur le même principe apposé aux comptines ! Vous connaissiez cet auteur et ses livres ?
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/clipboard01.jpg

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/ContesLogo2.jpg

Lundi 4 février 2013 à 15:07

Le club de lecture lillois L’Île aux livres a été contacté il y a quelques temps pour faire un mini-marathon lecture autour de Dévoile-moi, premier tome de la trilogie de romance érotique Crossfire de Sylvia Day, auteure américaine qui sera à Lille en mars. Le but est qu’un maximum de membres du club lise le livre d’ici la venue de l’auteur. N’ayant jamais lu ce genre de littérature, je me suis lancée !
 
Nous suivons Eva, qui raconte son arrivée à New-York avec son ami Cary. Elle a déniché un job fantastique dans une très bonne agence de pub, sise dans le bulding Crossfire. Avant même de commencer son premier jour, elle rencontre un homme au magnétisme irrésistible, beau à se damner, qui va très vite s’intéresser de près à elle. Mais est-ce une bonne idée de se lancer dans une telle histoire, avec son passé difficile ? Sans compter que son passé à lui a l’air bien tumultueux également…
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/Day.jpg
Globalement, j’ai bien aimé, ce n’est pas une épreuve que de lire ce roman. Sur la question des scènes érotiques, elles sont généralement bien décrites, quoiqu’un peu redondantes sur la fin. C’est assez émoustillant, et ça reste soft, rien ne m’a choquée (un moment j’ai eu peur qu’on bascule sérieusement vers un truc qui ne me plairait pas du tout, mais non, ça viendra peut-être dans les tomes suivants par contre). Toutefois, tout ça manque un peu (voire beaucoup) de réalisme à mon humble avis. Je ne vais pas vous détailler pourquoi, ce n’est pas vraiment le lieu je pense ! Ce sera plus facile d’en discuter au club avec des gens que je connais (je ne vais pas raconter ma vie sexuelle non plus, rassurez-vous les coupains !).
 
Sur les personnages, c’est agréable d’avoir deux adultes vraiment adultes, qui révèlent peu à peu leurs faiblesses et leurs défauts. Ils ne me sont pas antipathiques, mais pas vraiment sympathiques non plus, je ne me suis pas franchement attachée à eux. Et j’ai été un peu embêtée par le côté « riche et célèbre ». Les personnages n’ont aucun problème d’argent et vivent vraiment dans un autre monde. Il y a bien quelques scènes où ils redeviennent des personnes « normales », mais bon, tout ça reste trop éloigné du lecteur. Après il y en a qui aiment bien, qui ont l’impression de s’échapper et de rêver à une vie différente, mais bon là je trouve ça un peu facile parce que l’argent semble leur être tombé tout seul dans les mains (bon pas vraiment tout seul, mais je me comprends). J’espérais que certains personnages soient plus creusés, notamment le père d’Eva, qu’on voit très peu. Je m’attendais aussi, après avoir lu le premier chapitre, à rencontrer pas mal d’humour. Ça n’a pas été le cas, et c’est dommage car je pense que ça aurait vraiment été un plus pour le roman. Certains personnages en ont le potentiel en plus (Cary notamment). Tous les personnages ont un passé douloureux, don ça aurait été bien de contrebalancer avec des moments drôles.
 
On m'a demandé si c'était un roman "pour filles", mais je n'ai pas trouvé. L'histoire est vraiment axée sur la relation entre les deux personnages principaux. On entend occasionnellement parler de robe et de bijoux, mais moi qui ne suis pas très fille justement, ça ne m'a pas embêtée. Après, c'est sûr que c'est de la romance, même s'il y a beaucoup de sexe, donc ce n'est peut-être pas très "garçon". Sur l’intrigue, il faut quand même être honnête, ça ne casse pas trois pattes à un canard. C’est une histoire d’amour rendue compliquée par le bagage que se traînent les deux personnages, donc on alterne entre engueulades et réconciliations au lit, en gros. Des obstacles se dressent dans leur relation, venant de différentes directions, et la fin de ce premier tome laisse des questions en suspens pour la suite. Néanmoins, je ne pense pas qu’il était nécessaire de faire une trilogie, c’est juste à la mode. Je ne me suis pourtant pas ennuyée, ça se lit tout seul et si j’ai l’occasion, je lirai la suite.
 

Mardi 15 janvier 2013 à 18:12

Sous le règne de Bone de Russell Banks était la lecture pour le club Lillois de L’Île aux livres du mois de janvier 2013. Lecture imposée donc, et en particulier pour moi, qui ne serais jamais allée chercher ce roman de moi-même car ce n’est pas du tout mon genre de lecture.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/Banks.gif

Chappie a 14 ans lorsque sa vie change. Jusque là, il vivait avec sa mère et son beau-père, et ça se passait mal. Il finit par se barrer pour vivre avec son pote Russ et passe ses journées à traîner dans le centre commercial, à fumer des joints et à dealer un peu. Mais ça, ce n’est que le début du changement, car Chappie va voyager, va changer, y compris de nom.
 
La personne qui a présenté le roman l’a présenté comme un énorme coup de cœur et même une révélation littéraire. Je m’attendais donc à voir mon cerveau retourné par ma lecture. Bah, pas vraiment… Ce n’est pas un mauvais roman, loin de là, mais je ne comprends pas ce qu’il a de si extraordinaire. Je n’ai pas vraiment apprécié l’écriture de l’auteur et la narration qu’il a choisie. Ça se lit vite une fois qu’on y passe un peu de temps. L’histoire s’est déroulée sans vraiment que j’y prête attention, je n’attendais pas la suite. Par contre, je me suis attachée au gamin, qui se débrouille vachement bien étant donné les circonstances. L’histoire est très… glauque. Il y a plein de passages où on aimerait être ailleurs, lire autre chose. Ils alternaient avec d’autres passages plus légers, mais tout de même, la sensation qui domine est le malaise.
 
Ce qui m’a vraiment dérangée en fait, c’est que l’auteur semblait à chaque page accuser le lecteur. En tout cas c’est ce que j’ai ressenti. Il accuse la société toute entière pour ce que vit Chappie. D’abord, l’histoire se passe aux Etats-Unis. Un monde qui n’a rien à voir avec la réalité française. Je sais que la France est loin d’être parfaite, mais je ne crois pas que ça passerait, par exemple, de vendre ta fille à un mec qui tourne des films porno pour t’acheter du crack. Je dis pas que ça n’existe pas, seulement que ce n’est pas « ma » réalité, et donc ça ne me touche pas. Il y avait beaucoup de choses comme ça, très américaines, qui me repoussent. Bon, il y avait aussi des horreurs qu’on retrouve partout (je pense à la raison pour laquelle Chappie se barre). Mais je ne sais pas, l’ensemble a fait que pour moi, c’était complètement improbable. La plupart des personnages m’ont gonflée. Les parents, Russ, les bikers, Evening Star, Doc… Il n’y a que la petite Froggy que j’ai bien aimé, et un peu I-man aussi.
 
Je ne déconseillerai pas ce roman, ni ne le conseillerai. C’était juste un roman pas pour moi.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/clipboard01.jpg
 

Mercredi 28 novembre 2012 à 13:12

[CHALLENGE ABANDONNÉ]

Ce n'est pas parce que je n'aime pas ce qu'est devenue la série How I Met Your Mother que je ne vais pas participer au challenge organisé par le club de lecture Lillois "L'Île aux livres" ! Le principe est le suivant : découvrir des livres présentés au club. La liste se trouve sur cet article. Le challenge est en illimité, donc pas de pression ! Et les liens vers des chroniques faites avant le début du challenge sont acceptées si elles ont moins d'un an et demi, éventuellement vous pouvez les remettre à jour. Il y a différents niveaux proposés, libre à vous de passer au niveau supérieur quand vous en avez terminé un.

- Appétit d'oiseau : chroniquer 1 à 4 livres du club
- Fringale de 11h : 5 à 9 livres
- Estomac dans les talons : 10 à 19 livres
- Faim de loup : 20 livres et plus

Pour participer, envoyez un mail à lilleauxlivres@gmail.com pour confirmer votre inscription et donner le lien vers votre article pour le challenge. C'est ouvert à tout le monde, que vous veniez au réunion du club de lecture ou pas, que vous soyez sur Lille ou pas, donc n'hésitez pas ! Il y a de très belles découvertes à faire

Je participe en faim de loup ! C'est normal vu que je vais au club depuis plus d'un an, j'ai fait toutes les LC depuis, plus les livres lus à côté, plus ceux lus avant d'arriver au club... Je vais avoir des chroniques à faire ou des livres à relire ! Je possède également pas mal de titres à la maison, je vais donc pouvoir dépasser la barre des 20 !

Pour l'article récapitulatif des participants et tous les détails, ainsi que des bannières toutes rigolotes, c'est sur le blog de L'Île aux livres que ça se passe !

Je vous donne à présent mes listes.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/clipboard01.jpg
Challenge Accepted ?!
Faim de loup : 28 livres chroniqués

 

         Livres déjà lus et chroniqués (33, dont 18 LC du club) :
(Cliquez sur le titre pour lire la chronique correspondante)
- Banks, Sous le règne de Bone (LC)
- Barclay, Cette nuit-là (LC)
- Barjavel, Le grand secret (LC)
- Beauverger, Le Déchronologue (LC)
- Brontë, Wuthering Heights (LC)
- Carriger, Sans âme (LC)
- Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses (LC)
- Clamp, Gate 7
- Colin, Bal de givre (LC autour de Fabrice Colin)
- Collins, Hunger Games
- Damasio, La Horde du contrevent (LC)
- Dubois, Les contes de crimes (LC)
- Du Maurier, Rebecca (LC)
- Fforde, L’affaire Jane Eyre (LC)
- Gaskell, Nord et Sud
- Jaworski, Janua Vera (LC)
- May, L'île des chasseurs d'oiseaux (LC)
- McCall Smith, 44 Scotland Street (LC)
- Marsh, Meurtres entre sœurs
- Nicholls, Un jour
- Peru, Druide (LC)
- Plath, La cloche de détresse
- Pratchett, Trois sœurcières (LC)
- Teulé, Le Montespan (LC)
- Thomas, Les Adieux à la reine
Livres lus mais non chroniqués (15) :
- Austen, Orgueil et préjugés (LC)
- Blixen, La ferme africaine
- Du Maurier, Le bouc émissaire
- Ferdjoukh Malika, Quatre sœurs
- Gary, La vie devant soi
- Golden, Geisha
- Lawhead : Le Cycle de Pendragon tome 1 : Taliesin
- Leroux, Le Mystère de la chambre jaune
- Mase, Ikigami T1 (LC)
- McEwan, Expiation
- Meyer, Les âmes vagabondes (LC)
- Murakami, Au sud de la frontière à l’ouest du soleil
- Nothomb, Acide sulfurique
- Steinbeck, Des souris et des hommes
- Süskind, Le parfum
 
Livres déjà dans la bibliothèque ou la liseuse (21, liste non exhaustive) :
- Auel : Les enfants de la terre T1 : ebook
- Barjavel, La nuit des temps : dans la bibli
- Beauverger, Le Déchronologue : dans la bibli (LC)
- Bouvier, Chroniques japonaises : dans la bibli
- Calmel, Le lit d'Aliénor tome 1 : dans la bibli
- Eco, Au nom de la rose : dans la bibli
- Ellory, Seul le silence : dans la bibli
- Franquin, Idées noires : dans la bibli
- Gaiman, The Graveyard Book : ebook
- Hemingway, Le vieil homme et la mer : dans la bibli
- Lehane, Shutter Island : dans la bibli
- Maupassant, Les contes de la bécasse : ebook
- Moning, Fièvre noire : ebook
- Schmidt, La part de l’autre : ebook
- Shaffer, Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates : dans la bibli
- Shelley, Frankenstein : dans la bibli
- Sire Cédric : L'enfant des cimetières : dans la bibli
- Sureau, Inigo : dans la bibli
- Tanizaki, La clé : dans la bibli (LC)
- Winckler, Le Chœur des femmes : ebook
 

Lundi 15 octobre 2012 à 19:30

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/Baldegivre.jpg

La critique d’aujourd’hui, c’est Bal de givre à New-York, de Fabrice Colin, lu dans le cadre de la LC pour le club de lecture lillois. La chronique ne va pas être facile à faire, je suis assez mitigée ! Je tente d’abord de faire un petit résumé du début. Anna Claramond se réveille allongée sur le sol, dans une rue new-yorkaise, un jeune homme beau comme un dieu penché sur elle, Wynter. Sur le moment, elle ne se souvient que de son propre nom. Elle remercie le garçon, refuse qu’il la ramène dans sa limousine et rentre au manoir où elle vit avec son majordome Jacob. New-York est une ville faite de blanc et de verre, de fines passerelles, de tours élancées vers le ciel, élégante et épurée. Les souvenirs lui reviennent peu à peu, amenant des questions en grand nombre. Quand le beau Wynter se met à lui faire la cour, sa vie commence à changer radicalement.
 
J’ai été très, très intriguée par l’histoire. Pourquoi a-t-elle tant de mal à se souvenir ? Où sont ses parents ? Pourquoi New-York a-t-il été remodelé de cette façon ? Qui est vraiment Wynter, et que veut-il ? Ces interrogations poussent à tourner les pages, et m’ont fait noter tout un tas de petits détails qui, j’espérais, s’éclaireraient à la fin. Le roman se lit vite, on sent que c’est destiné à la jeunesse. Je l’ignorais en achetant le livre, que j’avais choisi seulement parce qu’il est court, sachant que je n’aurai pas le temps de me lancer dans un gros roman, même si celui qui me tentait le plus était Dreamericana. Par contre, mes yeux butaient parfois sur certains mots, qui faisaient un peu déplacés. C’était un problème d’harmonie de ton je pense.
 
L’ambiance du roman est très intéressante. Pendant les trois premiers quarts, je n’arrivais pas à mettre le mot dessus. Qu’est-ce que c’est que cette impression ? Je la connais. A la fin, quand les choses s’accélèrent encore davantage, on se doute sérieusement de ce qu’il se passe, et l’épilogue confirme et éclaire les évènements. Et sur cette ambiance disséminée du début à la fin, j’admire vraiment cette réussite de Fabrice Colin, c’est très bien fait, même si je ne peux pas vous dire ce que c’est.
 
En revanche, la fin me laisse un peu… dubitative. Elle explique bien tout le roman, mais elle est un peu facile. J’attendais quelque chose de plus extraordinaire vu l’intrigue mise en place, je suis donc un peu déçue de ce point de vue. Toutefois c’est une lecture très intéressante, que je recommande, surtout si vous aimez la littérature jeunesse et que vous en avez assez de lire souvent la même chose. Et puis, la couverture est quand même super jolie. En tout cas, si je tombe sur un roman de Fabrice Colin qui me tente en occasion, je pense que je n’hésiterai pas longtemps.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/Baldegi.jpg
[Banderole réalisée par Cassie pour la réunion du club de lecture ayant pour thème la découverte d'un auteur : Fabrice Colin]

Dimanche 26 août 2012 à 18:39

Edit : livre choisi pour la 18ème rencontre du club de lecture Lillois !

Avant de me lancer dans la critique de Sans âme, le tome 1 du Protectorat de l’ombrelle par Gail Carriger, je vais le redire encore une fois : j’ai perdu le livre, et je suis trop dégoûtée ! Parce que j’ai vraiment beaucoup aimé, et avec ma tendance collectionneuse, je vais forcément vouloir le racheter ! J’ai les boules, c’est peu de le dire. Oublié dans le premier hôtel où on a dormi sur le chemin de l’Écosse, dans le nord de l’Angleterre, près du mur d’Hadrien. Mais quand même, je m’en veux à mort. Je n’ai donc même pas le livre sous la main pour confirmer mes souvenirs ! Enfin, essayons. Je précise que je ne m'étendrai pas trop, car de très nombreuses chroniques ont été faites sur ce roman, et que j'ai l'impression de n'avoir vraiment qu'à confirmer à quel point c'est chouette !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/Sansame-copie-2.jpg

Sans âme
, c’est voir Alexia Tarabotti pour la première fois, et c’est quelque chose. Elle nous raconte une aventure à laquelle elle s’est à peu près malgré elle trouver mêlée. Lors d’une réception dans la haute société à Londres, alors qu’elle cherchait à grignoter et à se boire une tasse de thé, un vampire se permet de l’attaquer, sans même lui dire qui il est ! Mais plus étrange encore, il semble ignorer ce qu’elle est : une paranaturelle, dont la principale caractéristique est de ne pas avoir d’âme, et donc d’annuler d’un simple toucher  les pouvoirs de ceux qui ont trop d’âme : les vampires et loup-garous. Le BUR, organisme chargé plus ou moins de gérer les surnaturels et dirigé par Lord Conall Macon, est mis sur le coup, mais Alexia veut participer, c’est tout de même elle qui a été attaquée !
 
Apparemment, ce livre appartient au courant « steampunk » (punk à vapeur),  qui se caractérise dans la littérature par la superposition du monde fantastique à la société industrielle du XIXème, et donc à l’ère victorienne en Grande-Bretagne (si j'ai bien compris). Qui eût cru que ce mélange fonctionnerait si bien ? Les créatures de la nuit côtoient des dirigeables hyper-perfectionnés, les lords comptent dans leurs rangs de nombreux personnages aux longues canines mais on est toujours vieille fille si non mariée après 25 ans. C’est justement le cas d’Alexia. Il faut dire que selon les critères de l’époque, elle n’a pas beaucoup d’atout : la peau mate, les cheveux épais et noirs, l’origine italienne, et l’absence d’âme (même si les humains lambda l’ignorent). C’est elle que l'on suit tout le long du roman, et son point de vue sur la société et les gens qui l’entourent (notamment sa famille) est délicieux. Elle m’a fait très souvent sourire, voire carrément m’esclaffer. Comme tous les lecteurs, j’ai adoré sa relation avec Lord Maccon, et le passage dans la cellule m’a bien plu ! J’ai aussi beaucoup apprécié le professeur Lyall et même l’amie d’Alexia, Ivy. L’histoire était tout à fait prenante, l’écriture est fluide et agréable, et le sujet de fond était très intéressant et actuel aussi, je ne m’y attendais pas sur le coup, je pensais plutôt à une bête affaire policière mais ça va beaucoup plus loin. J’ai donc tout à fait hâte de lire la suite, qui malheureusement n’est pas sortie en poche, mais qu'à cela ne tienne, j'attendrai, je me rachèterai le 1 et prendrai le 2 dans la foulée !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/sansame.jpg

Vendredi 24 août 2012 à 21:46

Je me lance dans la chronique de Trois sœurcières de Terry Pratchett, mais avant je voudrais vous prévenir de quelque chose : je pense que je ne ferai pas la chronique de La transparence des choses, de Vladimir Nabokov, parce que je ne sais pas quoi en dire, vu que je n’ai pas compris. Aujourd’hui je n’en ai déjà presque plus aucun souvenir (je l’ai lu avant de partir pour l’Écosse) mais surtout je n’ai vraiment pas compris ce court roman. Généralement je suis plutôt quelqu’un de pas trop bête, mais là j’ai bien senti, dès le début, que je passais complètement à côté. J’ai lu jusqu’à la fin mais vraiment dans le brouillard, sans compter que le style russe, même écrit directement en anglais, reste très particulier. Merci encore à Cydre de me l’avoir prêté, et désolée d’avoir dû te le rendre dans ses conditions ! Je préfère toujours rendre un livre en disant que j’ai adoré.

http://www.livraddict.com/covers/42/42882/couv30214797.jpg 
Passons au livre qui nous intéresse ici. J’entendais parler de Pratchett depuis un bon moment, et j’étais motivée pour découvrir Les Annales du Disque-Monde, mais il me fallait une occasion. Grâce au club de lecture Alille, ce fut chose faite. Comme Natiora et Dawn, je suis plutôt maniaque et donc j’aurais aimé lire avant les cinq premiers tomes, mais Mélanie qui a présenté le livre nous avait assuré qu’il pouvait se lire indépendamment. Comme j’aime vraiment beaucoup aller au club et que si je n’y vais pas ma sociabilité se retrouve facilement dans des zones négatives, je me suis bougé le popotin (j’allais écrire le mot qui commence par c mais il faut que j’arrête d’être vulgaire), j’ai lu le bouquin puis j’ai rapporté et le bouquin et le popotin au club hier. D’ailleurs, comme les autres ont bien mieux parlé sur le livre que je ne l’ai fait, je vais odieusement énumérer ici les remarques qui résument mon avis sur cette lecture. En particulier, allez voir l’avis de Dawn (ici !), très bien fait, comme toujours je dois dire !
 
Nous sommes au royaume de Lancre, et le roi Vérence vient de mourir, assassiné par le duc Kasqueth, poussé par sa femme. Nous suivrons surtout les trois sorcières, Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg et Magrat, qui vont bien malgré elles se retrouver embarquées dans cette histoire de monarques. La scène d’ouverture se déroule d’ailleurs avec elles, et il faut bien dire que le début donne le ton ! Parodie (de Macbeth en l’occurrence), dérision, humour, personnages haut en couleur : tout ce qu’on aura dans le roman. D’élucubrations sur le Disque-Monde, très peu voire pas du tout. On est ici dans le monde des sorcières, et par conséquent le fonctionnement du Disque-Monde ne nous intéresse pas, donc effectivement le livre se lit sans problème même si on n’a pas lu les précédents. Mais attention, il risque de vous donner envie de lire toute la saga, ce qui fait beaucoup…
 
Terry Pratchett joue beaucoup avec des références qui sont bien connues des Britanniques (ou Grands-Bretons, ou Grands-Britains, comme vous voulez). Je pense en avoir saisi pas mal, mais il y a aussi des moments où tu sens que l’auteur veut te faire comprendre quelque chose, mais là tu n’es pas assez cultivé(e) pour comprendre, et t’as un peu les boules, mais bon. Ses célèbres jeux de mot sont en effet très agréables, et vraiment, chapeau au traducteur, Patrick Couton, qui rend au mieux des jeux de mots qui peuvent paraître intraduisibles ! Exemple avec le titre : Wyrd Sisters. Wyrd signifie destinée (en gros), c'est une notion anglo-saxonne liée au mystique, tout ça. Mais c'est aussi un homonyme de weird, qui veut dire bizarre.  En tout cas c’est une lecture détente, très drôle, qui se lit facilement et sans prise de tête. En plus, je n’attendais pas la fin, où l’auteur joue habilement avec les clichés de la fantasy, art où il excelle. Je ne vais pas m’étendre beaucoup plus. J’ai vraiment bien aimé, mais ce roman ne restera pas gravé dans ma mémoire, il me laissera seulement une impression agréable, et une envie de découvrir les autres tomes de cette immense saga. Voilà, à bientôt pour une nouvelle chronique j’espère !

Mercredi 13 juin 2012 à 11:25

EDIT : livre choisi pour le club de lecture Alille.com de septembre 2012 !

Alors... Déjà, il faut savoir, même si ce n'est pas vraiment intéressant, que j'ai offert ce livre à mon beau-père je ne sais plus quand. À son anniversaire l'année dernière je crois. J'avais été méga-emballée par la quatrième de couverture et je crois que j'étais justement en train de lire Les femmes du Roi-Soleil de Simone Bertière, où de nombreuses pages sont consacrées à la Montespan. Je ne l'avais pas aimée du tout, et je me disais donc que cet autre point de vue, à davantage nuancer quand même car Jean Teulé est écrivain, pas historien, serait intéressant.  Par la suite j'ai entendu de tout sur Teulé. Beaucoup de gens ne l'aiment pas. J'ai aussi beaucoup lu que tous ses romans ne se valent pas. On encense souvent Le Magasin des Suicides (que j'ai offert à mon beau-père pour son anniversaire de cette année...) et j'ai vu peu de bons avis sur Charly 9. Par contre, la chef du club de lecture nous a dit beaucoup de bien de Je, François Villon (et pas Fillon donc). Ma mère a acheté Charly 9 à sa sortie car elle avait bien aimé Le Montespan. Une fois qu'ils eurent tous les deux lu les deux Teulé qu'ils avaient (Le Magasin des Suicides vient à peine d'arriver dans leur bibliothèque), je les ai piqué, et depuis ils sommeillaient dans ma bibliothèque. Je les ai mis dans ma PAL prioritaire, parce que bon, même si ce sont mes parents, je leur ai kidnappé ces livres depuis bien six mois.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/montespanjeanteuleL4YM8RL.jpg
J'appréhendais beaucoup cette lecture. La première rencontre avec un auteur est toujours délicate, surtout quand il est si controversé ! Je voulais me faire mon propre avis, voilà qui est fait. Petit résumé quand même : en 1663, Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, tombe fou amoureux de Françoise de Rochechouart de Mortemart. Ils se marient, mais dès 1667 elle est introduite à la cour et bien vite elle parvient à ce que louis XIV délaisse Louise de La Vallière à son profit. Tout homme aurait été heureux de voir le roi jeter son dévolu sur son épouse, car cela augurait richesse et prospérité pour sa famille. Mais voilà, Louis-Henri ne l'entendait pas de cette oreille-là. Lui il aimait sa femme, et il la voulait pour lui seule, et faisait fi des désirs des autres, quand bien même cet autre serait le roi ! Mais s'opposer au Roi-Soleil n'est pas sans conséquence.

Sur l'histoire en elle-même, je ne pense pas que tout soit authentique. Je n'en suis pas certaine car je n'ai jamais lu d'ouvrage sur la vie du marquis. Néanmoins, le tout reste très plausible, et que les choses se soient passées ainsi ne m'étonnerait pas. Il n'y a qu'un passage, vers la fin, que j'ai trouvé assez osé. Je vous explique : la marquise de Montespan, qui se faisait appeler Athénaïs pour coller avec la mode romaine de la cour, était réputée pour être fascinée par tout ce qui touche à la sorcellerie. Elle a été impliquée dans l'affaire des Poisons qui mit en émoi tout paris et Versailles, mais sa culpabilité, il me semble, ne fut jamais prouvée. Les éventuelles preuves ont disparu sur ordre exprès de Louis XIV si je me souviens bien. Il est très probable qu'elle ait pris des "potions" pour rester jeune et belle, mais de là à avoir éliminer certaines de ses rivales (comme Mademoiselle de Fontanges je crois), il y a un grand pas que beaucoup d'historiens se refusent à franchir. L'insinuation est plus que forte dans le roman. Mais ce qui m'a choquée, c'est que Jean Teulé semble souscrire à une extrémité plus grave : les messes noires, faites de sacrifices humains et de paroles sataniques. Madame de Montespan aurait fait sacrifié un bébé par égorgement pour garder les faveurs du roi. Ça me semble trop, beaucoup trop. Bon, en tout cas ça n'a pas marché, car Louis XIV finit bel et ben par la jeter.
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Personnages/FrancoisAthenaisdeRochechouart.jpg[Françoise dite Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan. Je ne l'aime pas, de toute façon. J'ai assez lu sur elle pour m'être fait une bonne idée de qui elle était.]

Le personnage du marquis m'a touchée, et j'ai détesté, encore plus qu'avant, son épouse. Voir un mari si amoureux, si fidèle, qui refuse de croire à la méchanceté de sa femme pendant de si longues années, qui a fait mettre des bois de cerf sur ses armoiries, sur son carrosse, à l'entrée de son château, pour signifier ses cornes de cocu ! On sent bien son bonheur au début du livre. Il fait tout pour plaire à son épouse, il part en campagne au risque de sa vie, espérant un peu de gloire à la guerre pour gagner de l'argent et lui donner une vie "digne d'elle". J'ai aussi beaucoup aimé sa fille, Marie-Christine, qui lui ressemblait. Elle aussi adorait sa mère, et elle mourut de chagrin de se comprendre abandonnée, selon l'auteur. Car si la Montespan s'occupa beaucoup de tous ses petits bâtards (elle en eut sept quand même), elle ne fit pas de même avec ses deux enfants légitimes. Leur fils, le marquis d'Antin, m'a été en revanche insupportable. Selon Teulé, il ressemblait à sa mère. Froid et calculateur, il méprisait son père et lui manquait de respect. L'auteur puni madame de Montespan en disant que tous ses bâtards étaient difformes ou débiles. J'ai jeté un coup d'œil sur Wikipédia, je ne vois pas de ça... Remarque, elle l'aurait pas volé.
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Personnages/MarquisdAntin.jpg [Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin, marquis d'Antin, de Gondrin et de Montespan, puis 1er duc d'Antin. Je me demande s'il était vraiment tel que décrit dans le roman... À creuser.]

Le contexte historique en lui-même n'est pas trop mal respecté je pense, en tout cas je me suis assez sentie au XVIIème siècle, côté mauvais versant. Le marquis étant pauvre, il ne vivait pas dans de très bonnes conditions, et notamment d'hygiène. Et c'est vrai que Jean Teulé aime à verser de temps à autres dans les descriptions un peu "hard". Le passage de la pièce de théâtre Amphytrion était assez peu ragoûtant par exemple. Certaines scènes sexuelles sont également un peu trop explicitées. Bref, ce n'est pas une lecture pour les enfants ou pour les gens trop sensibles. Je n'ai pas encore été trop choquée, et je crois qu'il a fait pire, notamment dans Je, François Villon. Ça ne m'a pas déplu pour une fois que la vérité crue soit montrée sur cette époque, car souvent les auteurs de romans historiques ont tendance à embellir l'époque dont ils traitent (ce reproche est souvent fait à Jeanne Bourin par exemple). Les derniers chapitres sont bien tristes je trouve.
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Personnages/LouisHenridePardaillandeGondrinbyNicolasdeLargilliere-copie-1.jpg [ Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan. Lui aussi il faudrait que je sois mieux renseignée, mais je pense que dans l'ensemble ce doit être ça.]

Pour résumer, je dirais que oui, j'ai beaucoup aimé. C'est une très bonne idée d'avoir traité du Montespan, et pas de la. Je regrette que l'exactitude historique ne soit pas une priorité de Jean Teulé, qui préfère la fiction, mais ça ne m'empêchera pas de lire d'autres de ses romans. À suivre donc !

<< Je l'ai dit après... | 1 | 2 | ... Et ça je l'ai dit avant. >>

Créer un podcast