sans-grand-interet

Qu'il est bon d'être futile !

Mardi 15 mai 2012 à 18:35

Je commence mon article d'aujourd'hui (qui promet d'être assez long) en vous parlant de la réunion du Club de lecture Alille.com qui s'est déroulée hier soir à La Porte des Mondes, boutique tenue par Cindy rue de Lille à Roubaix, et qui vend, entre autres, des mangas, des bandes dessinées, des livres en occasion, des figurines, des peluches, des jeux... Un petit paradis quoi ! La réunion a commencé, comme à son habitude, par un petit tour des présentations car plusieurs nouvelles têtes étaient présentes. Puis est venu le tour de la présentation es mangas/BDs/comics/romands graphiques qui étaient le thème de cette réunion exceptionnelle. Pour ma part j'ai présenté Gate 7 dont j'avais déjà parlé ici, et finalement c'est le manga Ikigami, Préavis de mort qui a été choisi. J'en ai commencé la lecture ce matin par scans car je n'ai pas l'intention de l'acheter. Il va falloir que je note mes impressions au risque de ne plus me souvenir de ma lecture lors de la prochaine réunion ! Ensuite nous avons grignoté un peu, car la consigne était aussi de rapporter à boire et à manger. Puis nous avons pu discuter avec Augustin Popescu, dessinateur chez Soleil. J'ai appris beaucoup de choses intéressantes et je suis toute prête à acheter l'une de ses futures BD dont on a vu quelques planches sublimes, si son projet est retenu... Puis nous avons discuté des Liaisons dangereuses, livre retenu la dernière fois suite à ma présentation (je suis trop passionnée je crois, et ça se voit !). Dans l'ensemble, les gens étaient contents, c'est l'essentiel !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/P1030156.jpg
Avant de parler de ce livre trop-top-génialissime, je fais une petite parenthèse pour vous dire que deux nouveaux livres sont sortis de ma wishlist pour aller se mettre au chaud dans ma biblio et dans ma PAL, car mon chéri est vraiment un amour, et il m'a offert Le Koala tueur et autres histoires du bush, de Kenneth Cook, que nous avons découvert récemment à travers son second recueil. Et bien voilà, nous avons le premier aussi ! Et Le second livre est Meurtres entre sœurs de Willa Marsh, celui-là même qui faisait l'objet de mon On my Wishlist n°5 ! Je suis donc tout à fait ravie ! Vont certainement bientôt rejoindre ma bibliothèque un ou deux livres de petites éditions vendus à La Porte des Mondes.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/Sanstitre2.jpg
J'en viens (enfin !) au sujet de mon article, Les Liaisons dangereuses. Petit résumé pour ceux qui ont un trou de mémoire : Cécile de Volanges est une très jeune fille qui vient de sortir du couvent et découvre le monde. Sa mère, Madame de Volanges, souhaite la marier au comte de Gercourt. La Marquises de Merteuil fut autrefois la maîtresse de celui-ci, et elle garde une dent bien acérée contre lui. Elle ourdit donc un plan consistant à pervertir Cécile et ruiner la réputation de Gercourt. Sous ses dehors avenants d'aristocrate de bonnes mœurs, c'est une libertine particulièrement fourbe, et seul Valmont est au courant de son secret. Elle va profiter de sa position d'amie de Madame de Volanges pour se mettre Cécile dans la poche, et va charger son grand ami et ancien amant le Vicomte de Valmont de s'occuper de "l'éducation" de la jeune fille lors de son séjour chez Madame de Rosemone, une vieille parente à lui. S'y trouvent aussi Madame de Volanges et une amie commune aux deux femmes, la Présidente de Tourvel, une femme belle, jeune, et connue pour sa très grande vertu. Valmont se lance alors le défi de la séduire, un challenge à sa hauteur et qui doit lui permettre de gagner une nuit avec la Marquise...

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Personnages/verrou.jpg[Le verrou, de Jean-Honoré Fragonard, 1778. J'aime ce tableau pour illustrer la couverture des Liaisons dangereuses ! À voir au Musée du Louvre.]
 
Je n'ai pas pu relire le roman avant d'y aller faute de temps, et puis je l'avais prêté, je ne l'ai récupéré qu'il y a quelques jours, mais j'avais regardé le film avec mon chéri il y a peu. J'avais donc bien l'histoire en tête, et puis il faut dire que je l'ai déjà lu plusieurs fois, même si ma dernière lecture remonte un peu. Ce roman paru en 1782 est celui qui m'a fait aimer les classiques. Avant je ne lisais que de la littérature jeunesse, je n'aimais pas les longueurs, et les gros livres lisibles se résumaient pour moi à Harry Potter. C'était également mon premier roman épistolaire. Je n'en ai pas lu beaucoup d'autres depuis parce qu'au final ils ne sont pas légion... Pourquoi j'ai adoré ? Parce que ce roman tient autant à son intrigue passionnante qu'à sa sublime écriture. De nos jours, les romans tiennent davantage par leur histoire originale ou bien ficelée que par les qualité de la plume de leurs auteurs, et je trouve ça dommage. Laclos avait un sens de la formule, un don pour tourner ses phrases qui font honneur à son siècle. Et pour exercer ce talent, il a choisi un sujet de société dont on ne parlait pas à mots ouverts : le libertinage. Mais à travers cela, c'est toute la société de l'époque qui est analysée. On voit ainsi les conséquences désastreuses que pouvaient avoir l'éducation au couvent des jeunes filles, et les mariages arrangés, sans amour ni affection et parfois franchement non consentis. La place de la femme est également examinée, et l'auteur, sans être un "féministe" (cela n'existait pas encore), montre clairement à travers la Marquise de Merteuil que les femmes sont tout aussi capables que les hommes, elles ont la même intelligence et les mêmes capacités, et leur situation inférieure n'est pas justifiée.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Personnages/MariethereseLouisedeSavoieCarignanprincessedeLamballeJosephSi-copie-1.jpg[La Princesse de Lamballe par Duplessis, XVIIIème siècle, à voir au Musée des Beaux-Arts de Metz. J'aime bien aussi comme illustration !]

Ce roman est également une parfaite réussite au niveau de la psychologie de ses personnages. En le lisant, on pourrait réellement croire que ces lettres sont vraies : les personnages sont tellement humains ! Leurs travers et leurs bontés sont montrés de la façon la plus vraie qui soit. Les lettres sont le choix le plus pertinent pour rentrer dans leur tête, dans leur vie, se mettre à leur place. La maîtrise de l'écriture de Laclos est telle qu'après quelques lettres, on distingue sans peine rien qu'au style quel personnage parle. Enfin, les deux personnages principaux, Merteuil et Valmont, sont tels qu'ils fascinent le lecteur. On peine à croire les horreurs qu'ils font subir aux autres pour leur propre convenance, mais dans le même temps on admire leur machiavélisme, leur habileté à parvenir à leurs fins ! En parlant de fin... Quand on pense aux romans de cette époque et à ceux qui vont suivre, au XIXème, elle est assez classique, ce n'est pas une happy end. Mais il n'en demeure pas moins qu'elle est excellente, surtout dans le sort réservé à la Marquise. Comme on le disait à la réunion, il est regrettable que le film de Stephen Frears de 1988 n'ait pas suffisamment développé la fin de chacun des personnages, l'incertitude qui plane fait mauvaise figure. J'ai également à reprocher à ce film - fort bon par ailleurs - de ne pas suffisamment retranscrire la force et la profondeur des sentiments développés dans le roman. Je prends toujours comme exemple la lettre de rupture écrite par Mertueil et envoyée par Valmont à la Présidente de Tourvel. L'effet rendu n'est pas du tout le même dans le film (notamment à cause du choix des mots employés), la lecture de la lettre me bouleverse alors que le passage du film me laisse de marbre. Et bien sûr, un film peut être bon, mais il sera toujours incapable de rendre le style magnifique de Laclos et de ses lettres. Film à voir tout de même si ce n'est pas déjà fait, et si le livre vous tente, n'hésitez pas à vous lancer nonobstant la grosseur du bouquin qui peut décourager !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Films/936fulldangerousliaisonsscreenshot.jpg[Dangerous Liaisons, film réalisé par Stephen Frears avec Glenn Close en Marquise de Merteuil (ci-dessus à gauche), John Malkovich en Valmont, Uma Thurman en Cécile de Volange (ci-dessus à droite), Michelle pfeiffer en Présidente de Tourvel et Keanu Reeves en Chevalier Danceny.]

Extrait de la lettre 141 (CXLI) :
« On s’ennuie de tout, mon Ange, c’est une loi de la Nature ; ce n’est pas ma faute.
« Si donc je m’ennuie aujourd’hui d’une aventure qui m’a occupé entièrement depuis quatre mortels mois, ce n’est pas ma faute.
« Si, par exemple, j’ai eu juste autant d’amour que toi de vertu, et c’est sûrement beaucoup dire, il n’est pas étonnant que l’un ait fini en même temps que l’autre. Ce n’est pas ma faute.
« Il suit de là, que depuis quelque temps je t’ai trompée : mais aussi, ton impitoyable tendresse m’y forçait en quelque sorte ! Ce n’est pas ma faute.
« Aujourd’hui, une femme que j’aime éperdument exige que je te sacrifie. Ce n’est pas ma faute.
« Je sens bien que te voilà une belle occasion de crier au parjure : mais si la nature n’a accordé aux hommes que la constance, tandis qu’elle donnait aux femmes l’obstination, ce n’est pas ma faute.
« Crois-moi, choisis un autre amant, comme j’ai fait une autre maîtresse. Ce conseil est bon, très bon ; si tu le trouves mauvais, ce n’est pas ma faute.
« Adieu, mon ange, je t’ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret : je te reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n’est pas ma faute. »

Autres articles des membres du Club de lecture Alille.com :
- Dawn

Dimanche 25 mars 2012 à 19:07

Je vous écris lasse, aujourd'hui. Lasse de travailler, de réviser encore, quand d'autres peuvent profiter du temps (bon j'ai quand même révisé allongée dans l'herbe). J'ai envie de voyages, de vacances, de lectures... Vous me comprenez, j'en suis sûre. Demain je passe PEDH (protection européenne des droits de l'homme), en 1h30, deux questions sur 10 points. Fastoche en apparence, mais comme c'est du par cœur, ce n'est pas du tout mon truc, sans compter que je trouve ça vraiment débile de ne demander aucune réflexion. Mardi ce sera droit administratif, strat pour les intimes, et ça ça ira comme sur des roulettes je pense. Faut juste que je me bourre la crâne d'arrêts demain après-midi, et c'est dans la poche. Vendredi ce sera moins drôle en droit international public, parce que c'est une matière où je peine un peu. Mais j'ai presque trois jours pour revoir le cours, et j'ai déjà commencé, donc logiquement je devrais m'en sortir sans trop de mal. Vous penserez à moi hein ?

J'avance doucement dans Comment se débarrasser d'un vampire amoureux. Décidément, les bouquins à la mode ne sont pas faits pour moi. Avec Hunger Games, c'est passé quand même au final, mais là j'ai bien l'impression que ça ne passe pas. Je le finirai quand même, ne serait-ce que parce c'est Mlle.Moon qui me l'a prêté, mais je ne lirai certainement pas là suite, contrairement à Hunger Games (tomes 2 et 3 dans ma liste d'envie sur Amazon). Je pense que j'irai quand même à la réunion du club de lecture demain. Ce n'est pas la meilleure des idées, je ferais mieux de réviser, mais ça me gonfle, et puis j'ai bien commencé le semestre, alors je m'accorde ça. J'étais déçue de ne pas y être allée la dernière fois, je me suis sentie coupable de ne pas avoir fait l'effort de terminer le livre plus rapidement (rappelez-vous, il s'agissait de La Horde du Contrevent) et triste de n'avoir manqué à personne à la réunion. Je vais faire plus d'efforts pour m'intégrer ! Je sais déjà ce que je vais proposer, je doute que ce sera choisi mais sait-on jamais. Je vous signale au passage que j'ai mis à jour mes différentes listes, et notamment celle des livres que j'ai lus, en y ajoutant des cœurs pour signaler mes livres préférés.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/97822612-copie-1.jpgJe ne sais pas trop comment je vais faire ça, mais je vais tout de même essayer de vous parler du roman de Barjavel, Le grand secret. Je n'avais jamais lu cet auteur, même si j'avais beaucoup entendu parler de La Nuit des temps (maintenant dans ma liste d'envie !). À vrai dire, je ne savais rien des romans de cet auteur. J'ai lu de-ci de-là que c'était de la science-fiction. Je ne suis pas d'accord, puisque les faits se déroulent dans un cadre réel, à savoir la guerre froide. Je vous donne le résumé d'Amazon : "Le grand secret, c'est l'histoire d'un couple séparé par un extraordinaire événement, puis réuni dans des circonstances telles que jamais un homme et une femme n'en ont connu de pareilles. C'est aussi l'histoire d'un mystère qui, depuis 1955, a réuni, à l'insu de tous, dans une angoisse commune, par-dessus les oppositions des idéologies et des impérialismes, les chefs des plus grandes nations. C'est ce " grand secret " qui a mis fin à la guerre froide, qui a été la cause de l'assassinat de Kennedy, qui rend compréhensible le comportement de De Gaulle en mai 1968, qui a rendu indispensables les voyages de Nixon à Moscou et à Pékin. Il n'a rien à voir avec la guerre ou la bombe H. C'est le secret de la plus grande peur et du plus grand espoir du monde. Il ne faut pas oublier que c'est un roman. Mais si c'était vrai ?..." Comme vous pouvez le voir, difficile de vous donner mes impressions sans révéler ce secret ! Ce que je peux dire toutefois, c'est qu'au début j'étais assez sceptique. On saute d'un endroit à un autre, d'une date à une autre, on ne sait pas quel est le présent, on recoupe mal les différentes situations. Puis peu à peu, tout s'éclaire. Nul besoin de revenir en arrière, on comprend. René Barjavel nous prend la main et nous guide dans les méandres de cette incroyable histoire où se mêlent la politique, l'amour, et des questions comme celles de la mort et de l'éthique. Au début on se sent loin de l'histoire, et progressivement on s'immerge dedans, on suit surtout l'un des personnages, Jeanne, dans sa quête, puis dans sa découverte. Certains passages m'ont beaucoup émue et posent des questions très dures. Qu'aurais-je fait ? Penserais-je de la même façon dans une telle situation ? C'est un roman fantastique, avec des éléments d'irréel, mais je pense que même les personnes réfractaires à ce genre littéraire peuvent aimer ce livre, parce que c'est loin d'être l'essentiel. L'écriture de Barjavel est sans prétention, il raconte dans des chapitres courts (il n'y a pas vraiment de chapitres en fait, ce sont plutôt des sauts de pages) ce qu'il y a à savoir et à voir. Mais dans certains moments forts, sa plume semble s'être envolée pour nous conter plus en profondeur l'émotion. Sans être toujours d'accord avec les avis émis par l'auteur, j'ai pris un réel plaisir à le découvrir, c'était vraiment une belle lecture malgré quelques défauts. Je la conseille !

Autres avis des lecteurs du club :
- Dawn
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/clipboard01.jpg

Mercredi 14 mars 2012 à 19:25

Je vous en ai parlé à peu près dix fois (j'ai pas compté mais ça doit être ça), mais ça y est, je l'ai achevé, donc je vais pouvoir vous en parler vraiment ! Je n'ai pas le courage d'essayer de vous faire un synopsis de cette merveille, alors je copie-colle la quatrième de couverture d'Amazon.
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/damasiohordecontrevent-copie-1.jpg[L'édition grand format , vendue avec un CD, la bande originale du livre, composée tout exprès ! J'aurais beaucoup aimé l'avoir, ou au moins l'écouter, mais c'est quand même cher, alors je me suis contentée de l'édition de poche, qui comprend un marque-page très utile !]

"Un groupe d'élite, formé dès l'enfance à faire face, part des confins d'une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l'origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d'un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou. Expérience de lecture unique, La Horde du Contrevent est un livre-univers qui fond d'un même feu l'aventure et la poésie des parcours, le combat nu et la quête d'un sens profond du vivant qui unirait le mouvement et le lien. Chaque mot résonne, claque, fuse : Alain Damasio joue de sa plume comme d'un pinceau, d'une caméra ou d'une arme... Chef-d'œuvre porté par un bouche-à-oreille rare, le roman a été logiquement récompensé par le Grand Prix de l'Imaginaire."

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/41tb1ZuUFLSL500AA300.jpgJe pensais que c'était juste pour être vendre, le "expérience de lecture unique", mais en fait non. Je n'avais réellement jamais rien lu de pareil. Oui, c'est un livre-univers. Son monde n'est pas du tout celui qu'on connaît. Le Vent est tout. Alors, l'auteur a réinventé la langue française pour qu'elle intègre ce vent si essentiel. Je n'ai pas d'exemple à vous donner, peut-être parce que, je l'avoue, je suis loin d'avoir tout compris à ce livre. Dire que je n'ai rien pigé serait une exagération, dire que j'ai tout capté un gros mensonge. C'est un livre à relire plusieurs fois pour bien le comprendre de bout en bout, pour saisir toutes les allusions et les informations disséminés par l'auteur au fil des 700 pages. Ah oui, je vous l'avais dit mais je le répète : le livre est numéroté à l'envers. On commence à la page 700, on finit à la page 0. Pratique pour savoir combien de pages il nous reste à lire, mais un peu déprimant quand on peine à avancer dans la lecture, comme ça a été mon cas. Néanmoins, si j'ai eu du mal c'est surtout parce que je manquais de temps, or il en faut pour pouvoir se plonger dans ce roman si riche et complexe. Mais je ne vais pas vous mentir, la lecture en est ardue. Beaucoup de vocabulaire inconnu, beaucoup de mots transformés par l'auteur, la rendent difficile. Pourtant, c'est tellement bien écrit que je passais au-delà. La multitude de personnages peut compliquer les choses aussi. Une Horde se compose de 23 membres, et c'est bien 23 qu'ils sont lorsque l'histoire commence. Chaque personnage est désigné par un symbole, qui est tatoué quelque part sur sa peau, qui atteste son appartenance à une Horde (la 34ème en l'espèce) et qu'on retrouve à chaque début de paragraphe. C'est-à-dire que lorsque le oméga majuscule, Ω, apparaît en début de paragraphe, on sait que le personnage qui nous parle est Golgoth, neuvième du nom, Traceur de la Horde. Le livre est vendu avec un marque-page où sont listés les nom, fonction et symbole de chaque membre. Au début je m'y référais sans cesse, pour savoir qui parlait, puis après 300 pages je n'en avais plus besoin, parce que je connaissais les symboles par coeur, et parce que chaque personnage a sa façon bien à lui de s'exprimer, qu'on reconnaît presque immédiatement. Golgoth est vulgaire et bourru, Caracole, le troubadour, parle bien, trop bien, avec ses jeux de mots et ses figures de style, Oroshi est très calme, très sûre d'elle, très technique aussi. Evidemment, certains membres parlent beaucoup plus souvent que d'autres, ce qui nous permet de nous attacher à eux et d'entrer nous aussi dans la Horde, et dans leur combat : parvenir en Extrême-Amont et découvrir l'origine du vent.
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/LaHordeduContreventLesPersonnagesetleursymbole.jpg[Voilà la liste des symboles, personnages et fonctions dans la grande édition, comme ça vous pouvez voir de quoi je parle.]

C'est un livre vraiment extraordinaire, très bien écrit, prenant, parfait pour les fans de fantasy. L'un des meilleurs de notre époque, sans conteste. La fin nous tient en haleine, et laisse songeur. Elle ouvre tant de possibilités ! Je l'avais envisagée à un moment de ma lecture, mais l'avait abandonnée en y arrivant, parce qu'elle est amenée de telle manière qu'on ne s'y attend pas. Lisez ce roman ! Je vous ai donné envie ou pas ?

Autres avis des lecteurs du club :
- Dawn
- Natiora

Dimanche 22 janvier 2012 à 11:55

J'ai l'impression d'avoir un peu perdu le contrôle de ma vie ces temps-ci. je m'explique : avant Noël, déménagement, donc c'était tout le temps la course, a mère supervisait l'affaire et moi je suivais le mouvement ; après Noël, révisions et examens pendant presque un mois, autant dire que je n'étais pas libre de faire ce que je voulais de mes journées ; depuis mercredi, j'ai couru chez Ikea, j'ai couru pour faire le ménage, et ce week-end mes parents son venus pour faire quelques aménagements dans l'appart' qu'on ne pouvait pas faire. Résultat, demain je reprends les cours (six heures en plus, forcément ils n'allaient pas me faire une journée légère pour reprendre), je suis épuisée et j'ai rien fait de ce que je voulais faire durant mes quatre jours de "vacances". Enfin, faut pas trop que je me plaigne non plus, ma mère a voulu faire les soldes et comme elle a trouvé de bonnes occasions, elle a payé l'article que je m'étais trouvé, et ensuite nous sommes allés manger tous ensemble dans un restaurant qui est spécialisé dans le fromage (j'adore !), et comme on avait pas mal bu tous les quatre, on a bien rigolé sur le chemin pour rentrer.

http://static.lexpress.fr/assets/134/poster_69002.gifEn plus je suis mauvaise langue, j'ai quand même fait deux-trois trucs. J'ai enfin regardé La Princesse de Montpensier que j'avais emprunté il y a quatre mois, j'ai regardé aussi le premier film Harry Potter en blu-ray (ça me change de la cassette ! mais je vous en reparlerai) et j'ai lu l'un de mes cadeaux de Noël, La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de Philippe Delerme. Je ne connaissais absolument pas cet auteur, de plus le principe de ce petit livre m'a beaucoup surprise. Je connaissais les recueils de nouvelles, mais les "plaisirs minuscules", non ! Le livre est composé de petites histoires qui ont pour titre le sujet sur lequel elles portent. Ce sont des sujets de la vie quotidienne, tels que "écosser les petits pois", "le cinéma", "l'autoroute la nuit". Et le tour de force extraordinaire réussi par l'auteur, c'est que chaque historiette est une petite madeleine de Proust en puissance. Chacune est porteuse de diverses émotions (souvent la nostalgie j'ai trouvé), et chaque personne peut se retrouver dans au moins l'une des histoires, j'en suis quasiment sûre. Pour ma part, plusieurs ont fait remonter des souvenirs, que ce soient de vagues images, des odeurs ou des sons, dont je ne me rappelais pas forcément avoir gardé une trace dans ma mémoire. Ça se lit au calme, sans musique ou autre bruit parasite, pour laisser remonter ces souvenirs qui seront éventuellement appelés par les mots, toujours justes, de Philippe Delerme. Je n'ai pas grand-chose de plus à en dire, c'est très court, une très bonne lecture de détente que je suis heureuse d'avoir découverte, même si elle ne se rapproche pas de ce que je lis habituellement. A conseiller donc ! Je vous laisse (déjà, oui oui oui, mais je veux vraiment être en forme demain, ce qui me semble très mal parti...) et vous souhaite une bonne semaine !


Fiche :
La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, de Philippe Delerme
Collection : Gallimard
91 pages
Prix : 11,90€

Lecture pour le challenge :
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/Challenge.jpg
 

Samedi 10 décembre 2011 à 13:26

Ce qu'il y a de bien avec le fait de participer à un club de lecture, c'est qu'on découvre des livres qu'on n'aurait pas lu de soi-même, et qui se révèlent être très bons. J'étais contente de Janua Vera, je suis également très contente de Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (le passage au négatif dans le titre n'est pas anodin, c'est un choix dans la traduction qui n'est peut-être pas utile, mais qui se justifie tout de même au vu des éléments de l'histoire). Ce roman raconte quelques années de l'enfance de Scout (surnom de Jean Louise Finch), petite fille bagarreuse et intelligente qui vit à Maycomb, une petite ville de l'Alabama, un Etat du sud des Etats-Unis. Dans les années 30, la ségrégation est extrêmement forte dans le pays, et plus encore dans les Etats du sud, de tradition esclavagistes. Les lois de ségrégation sont bien souvent appliquées à la lettre par les forces de l'ordre, les juridictions et les jurés, qui décidaient de la culpabilité ou non d'un accusé au pénal, et la peine qui doit lui être appliquée s'il est déclaré coupable. Le père de Scout, Atticus Finch, est avocat et membre de la Chambre des représentants de l'Etat. Il est estimé de tous, mais voilà qu'il est commis d'office pour défendre Tom Robinson, un Noir accusé d'avoir violé une jeune fille Blanche. Toute la ville va le traiter d'ami des nègres, et Scout, du haut de ses 7 ou 8 ans, a du mal à comprendre ce qui se passe, mais en saisit déjà beaucoup, parfois à l'aide de son grand frère Jem, qui va être particulièrement choqué de la conduite des Blancs, et de Dill, leur ami.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/netirezpassurloiseaumoqueur2.jpgC'est un roman très complet. Il parle à la fois de l'enfance et son insouciance, ses jeux, ses idées farfelues sur le monde et sur les autres, de la perte de cette innocence lorsqu'on grandit, de l'aveuglement des hommes, des horreurs auxquelles peuvent mener le racisme, de l'amitié, de la tendresse, de la solitude parfois aussi. Le roman n'est pas trop long ni trop court, juste ce qu'il faut. La fin s'arrête comme elle doit s'arrêter, sans nous frustrer ou nous brusquer. J'ai apprécié d'en apprendre davantage sur la réalité de la ségrégation, qui est ici plus insidieuse, mais aussi plus réelle que les clichés habituels de chacun son bus, etc. L'écriture est très bien menée, car si c'est Scout qui raconte, elle ne raconte pas avec une voix d'enfant, elle se rappelle, même si ce n'est pas dit expressément. On alterne entre les pensées confuses et drôles de petite fille et l'analyse tranchante d'une femme qui désapprouve profondément le comportement de ses congénères. Le livre est paru en 1960, dans un contexte où la ségrégation était remise en question, les législations anti-Noirs tombaient peu à peu, mais dans les mentalités et dans les faits la discrimination était toujours la même. Ce ne sont pas les enfants que j'ai le plus aimé, même si ce sont eux qu'on suit tout le temps. J'ai aimé Atticus, Miss Maudie et Arthur Radley, car ils luttent à leur manière, et font de bonnes choses de leur propre façon. Et ils sont différents des autres, un peu à l'écart des Blancs dont ils font partie, mais sans être mis au ban de la société, car c'est leur volonté de s'éloigner des autres pour essayer de devenir meilleurs. J'ai l'impression de ne pas être claire du tout dans ce que je dis !

C'est également un roman qui peut-être lu assez tôt, je dirais dès 10 ans. D'ailleurs, aux Etats-Unis, il est étudié dans des classes de niveau collège et lycée. Par contre, il est très peu connu en France. J'ai vraiment apprécié cette lecture, mais en même temps ce ne sera jamais l'un des romans préférés. C'est un bon livre, je ne lui trouve même pas de vrai défaut, mais il lui manque un petit plus pour être un excellent livre. Mais être un très bon livre, c'est déjà pas mal !

Fiche :
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (To kill a mocking-bird dans la version originale), de Harper Lee
Collection : Le Livre de Poche
447 pages
Prix : 6,50€

Vale.

Samedi 26 novembre 2011 à 12:43

C'était le livre du mois de novembre du club de lecture. Je ne connaissais pas l'auteur, Jean-Philippe Jaworski, dont Janua Vera est le premier livre. Il s'agit en réalité d'un recueil de huit nouvelles qui ne sont pas directement liées entre elles, mais toutes se passent dans le même univers : le Vieux-Royaume. Je range cet article dans la catégorie "Nouvelles" parce que ce sont effectivement des nouvelles, mais j'aurai pu aussi le ranger dans "Fantasy", car c'en est aussi.

http://i67.servimg.com/u/f67/12/97/26/42/janua-10.jpgLa première nouvelle, intitulée Janua Vera ("la véritable porte" en latin), ressemble une genèse. Elle raconte un épisode de la vie de Leodegar le Resplendissant, Roi-Dieu de Leomance. C'est un personnage qui s'élève au-dessus du simple humain, comme son titre l'indique. L'auteur retranscrit cela par un vocabulaire très soutenu, des tournures de phrases grandiloquentes, et un usage du présent qui m'a rapidement énervée, même si je dois reconnaître que le tout produisait une très forte impression, tout à fait en accord avec le personnage. Au final, je n'ai pas du tout aimé cette nouvelle. La chute en est à peine une, et le récit est simplement ennuyeux, la narration externe accentue cet ennui. En tant que nouvelle d'introduction, elle était courte, et heureusement...

La deuxième s'appelle Mauvaise donne. On se retrouve des siècles plus tard, après l'extinction de la lignée des Roi-Dieu, le royaume a éclaté en différentes contrées bien distinctes, qui forment le Vieux-Royaume. Ici on suit Benvenuto, qui raconte un épisode de sa vie. C'est la nouvelle la plus longue. Benvenuto est un ancien soldat devenu membre des Chuchoteurs, une guilde d'assassin crainte et respectée dans toute la République de Ciudalia. Alors qu'il effectue une mission, Benvenuto se retrouve pris dans un guet-apens auquel il échappe de peu. Les évènements s'enchaînent, le laissant blessant et complètement perdu. Il va alors chercher à comprendre ce qui s'est passé, le pourquoi du comment. Cette histoire-ci ne m'a pas vraiment convaincue non plus, l'écriture n'avait rien de spectaculaire, je commençais à être déçue de ce livre sur lequel j'avais en fait fondé beaucoup d'espoirs. De plus, l'auteur ne se montrait pas très créatif : Ciudalia, c'est Rome. Les autres peuples dont en entend parler peuvent toujours être très rapprochés d'autres civilisations de notre monde. J'ai hésité à arrêter la lecture pour me pencher sur un roman qui me plairait plus, quitte à finir les nouvelles une autre fois, mais j'ai fait l'effort de continuer pour avoir quelque chose à dire d'un peu plus constructif au club, et j'ai bien fait.

La troisième nouvelle est Le service des dames. Nous voilà dans un récit avec un narrateur plus ou moins omniscient (comme ceux qui vont suivre, excepté pour la dernière nouvelle), qui nous emmène dans une histoire d'aventures chevaleresques, presque une geste. Le Chevalier Ædan et ses deux compagnons souhaitent se rendre dans le comté de Brochmail, mais pour cela il faut traverser un pont entre Bregor et COmbe noire, or le pont a été détruit, et il est interdit de traverser la rivière par la dame de Bregor, dame Érembourg. Ils vont alors se rendre ans son château, et Sire Ædan va se retrouver charger d'une délicate mission, dont la permission de traverser la rivière dépend. Là, l'écriture était tout à fait ma tasse de thé. Des détails qui nous plongent au cœur du pays, un vocabulaire très riche et précis, des formules médiévales qui correspondaient parfaitement à l'ambiance, et même de l'humour avec quelques références à Kaamelot de-ci de-là ! J'étais ravie, et j'ai lu la nouvelle en deux traits.

http://www.moutons-electriques.fr/images/couvertures/30.jpgLa quatrième, Une offrande très précieuse, nous amène auprès de Cecht, un barbare d'Ouromagne, parti avec une horde sous les ordres du burgrave pour faire un raid dans le pays de Bromael. Malheureusement, une troupe de guerriers leur tombe dessus avant d'être parvenus à leur but, et la bataille fait rage. La horde se fait peu à peu décimer, et Cecht décide de fuir sur les conseils de Dugham, un vieux barbare plein de bon sens. Dans sa fuite il doit combattre un chevalier (le chevalier Ædan justement, même si ce n'est pas dit explicitement) qui le blesse et qu'il tue. Dans la forêt il retrouve Dugham, également grièvement blessé, et ils commencent à errer dans les bois. Je n'en dis pas plus au risque de gâcher l'histoire, mais j'ai vraiment été prise dedans, malgré certaines longueurs. Je voulais savoir ce que Cecht pensait, ce qui le torturait. Et même si la fin n'est pas particulièrement originale, je ne l'ai pas vu venir ! C'était une très bonne lecture, et je me dépêchai de continuer pour finir à temps pour le club.

Ensuite vient Le conte de Suzelle. Suzelle habite dans le village de Giraucé, situé on ne sait trop où, et fait beaucoup de bêtises étant petite fille. Alors qu'elle est au début de l'adolescence, elle rencontre au bord d'un ru où elle fait la lessive Annoeth, un personnage très particulier dont Suzelle ne comprend pas la nature. Peut-il être humain ? Il est tellement différent de tout ce qu'elle a vu... Le lecteur le comprend, même sans description de grandes oreilles : Annoeth est un Elfe. Envoûtée, elle retourne chaque jour au ru dans l'espoir qu'il revienne. Mais Annoeth ne semble pas revenir. Et le temps passe... C'est une histoire qui m'a beaucoup touchée, alors qu'en fait il ne s'y passe rien. Tour de force réussi grâce à la plume de l'auteur qui l'a encore m'a subjuguée. Je dévorais les pages, j'attendais, j'espérais avec Suzelle, et à la fin... Ah, je ne dis pas. Juste ceci : j'ai adoré cette nouvelle. Malheureusement le temps là aussi courait contre moi, et j'en étais là quand le club a eu lieu. Qu'importe, j'ai fini les trois autres nouvelles ensuite.

Jour de guigne. Le titre est on ne peut plus approprié. On est dans le même pays que précédemment à ce qu'il semble, mais dans Bourg-Preux, avec Maître Calame, copiste polygraphe à l'Académie des Enregistrements. La veille du début du récit, il était occupé à retranscrire un vieux document sur un parchemin mal recyclé, lequel l'avait affecté du Syndrome de Palimpseste. Maître Calame se retrouve atteint de Nefasie aiguë, c'est-à-dire d'une malchance de tous les diables. En effet, ce pauvre monsieur commence sa journée du lendemain en cassant sa clé dans la serrure de son logis, puis dégringole les marches et tombe en plein dans la rigole pleine de fange, pour se retrouver nez à nez avec sa logeuse qu'il ne voulait surtout pas croiser, et ainsi de suite. C'est un récit très drôle, on se demande ce qui pourra encore lui arriver de pire ! En même temps, on le plaint beaucoup, le pauvre n'y est pour rien. C'était court, très plaisant à lire.

http://www.elbakin.net/fantasy/modules/public/images/livres/livres-gagner-la-guerre-641.jpgUn amour dévorant se passe le petit village de Noant-le-Vieux et les futaies alentour. Deux étranges appeleurs terrorisent les habitants, seuls à les entendre et les voir. Le gyrovague Phasma, un ministre du culte du Desséché, vient mener son enquête, car son métier consiste entre autres à retrouver les anciennes histoires pour apaiser les morts. Il sent que ces deux hommes, qu'il ne voit ni n'entend, n'ont pas trouvé le repos dans la mort, et que c'est pour cela qu'ils sillonnent inlassablement les bois, en appelant "Ethaine !". Cette nouvelle nous laisse sur notre faim, car malgré tous les efforts du gyrovague, on apprend pas tout de cette histoire, arrivée des générations auparavant. Mais c'est passionnant, assez sombre aussi, des petits frissons peuvent vous parcourir l'échine.

Enfin, le livre s'achève avec Le confident. On ignore son nom, c'est lui qui parle. Il nous raconte sa vie depuis qu'il a fait Vœu d'Obscurité. Il est aussi au service du culte du Desséché, mais il a fait le choix de se faire enfermer dans une pièce noire minuscule, où seule trône une grande dalle de pierre froide surélevée par rapport au sol. Sa vie se déroule là, allongé sur la dalle dure, dans la souffrance et le noir. Des gens viennent le voir, lui parlent, lui confient des choses, qu'il répète ensuite à un autre ministre du culte qui recueille ces propos pour ensuite les consigner et les réutiliser si un jour un gyrovague a besoin de connaître ces informations pour aider une âme en peine. Ce n'est pas un récit joyeux, c'est difficile de comprendre le choix de cet homme, on se sent un peu oppressé, dans ce trou malsain...

En fait, les nouvelles montent en intensité. Les regrets que j'ai portent sur les premières, sur le manque d'imagination qui transparaît parfois, et sur l'absence de carte en annexe. La chronologie se comprend à peu près en recoupant les différentes histoires, mais pour les lieux j'étais perdue. L'auteur a publié récemment un roman intitulé Gagner la guerre, où l'on retrouve Benvenuto. Comme je n'ai pas apprécié ce personnage et son histoire, je ne pense pas acheter ce livre, mais peut-être un jour. C'est un gros roman, peut-être s'y passe-t-il des choses intéressantes ! J'ai finalement bien accroché à ce livre, à cet auteur. Il possède une grande qualité dans son écriture, qui n'est pas toujours exploitée à son maximum mais ce n'est pas grave. C'est rare de trouver des auteurs avec un telle plume de nos jours, surtout un auteur français. Je suis très contente d'être allée jusqu'au bout.

Fiche :
Janua Vera, de Jean-Philippe Jaworski
Collection : Folio SF
496 pages
Prix : 8,40€

Samedi 12 novembre 2011 à 18:12

Je vous donne des nouvelles (passionnantes bien sûr) avant de vous écrire un article (non moins passionnant) (et sur je ne sais pas encore quoi, ça va venir). Finalement la pseudo-cohabitation avec maman et beau-papa ne se passe pas si mal, plutôt très bien même, alors je suis contente. Ce matin j'ai dormi, j'ai pris un bain (en lisant Janua Vera) et donc je ne suis arrivée qu'à 11h30 pour les aider, mais ils n'ont rien dit parce que :
1) Hier soir ils ont fait les boulets. Ils ont mis vingt minutes pour ouvrir la porte de mon appart'. Hem.
2) Ma mère, qui est très douée avec les nouvelles technologies, était certaine d'avoir mis le réveil de son portable pour 6h45 et en fait ils se sont réveillés comme des fleurs à neuf heures (soit seulement trois quarts d'heure avant que je me lève).
3) Je suis une fille super adorable ces derniers temps.
Je suis aussi super fière de moi parce que j'ai réussi à peindre une porte et deux fenêtres sans faire n'importe quoi et la couleur que j'ai choisie pour les murs du salon claquent de la mort-qui-tue. Je suis de plus en plus excitée à l'idée d'emménager, surtout avec lui, je trépigne d'impatience !

Comme je n'ai pas trop d'idées d'article, je vais vous faire un petit quelque chose sur L'affaire Jane Eyre, premier tome de Thurday Next que j'ai lu le mois dernier dans le cadre du club de lecture.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/LaffaireJaneEyre.jpgNous suivons dans ce roman les aventures de Thursday Next, une LittéracTec. Entendez par-là qu'elle travaille à la répression des fraudes sur les oeuvres littéraires. En effet, Thursday vit dans un monde très différent du nôtre, où les livres sont sacrés, en particulier les originaux puisque modifier un original modifiera en conséquence toutes les copies (autorisées bien sûr) qui sont dans le commerce. Sa famille est également un peu étrange : son père est un ChronoGarde, c'est-à-dire qu'il s'occupe de tous les problèmes liés au temps (pas la météo hein), qui peut facilement se dérégler ou aspirer les choses par l'intermédiaire de sortes de trous noirs. Thursday (qui a quand même un prénom bizarre hein) n'a pas un chat comme animal de compagnie un chat ou un chien mais un dodo (cf. la couverture), puisque cet espèce a été recréée par la science afin de fournir davantage d'animaux domestiques.

Vous l'aurez compris, tout ça est un peu barré. Certaines m'ont dit que l'auteur, Jasper Fforde, semble être un fan de Terry Prachett, à qui il rendrait hommage avec une série de bouquins complètement déjantés. La trame de l'histoire n'a rien d'extraordinaire mais elle est  bien menée et ça se lit vite. On se perd parfois un peu dans les détails, à certains moments complètement inutiles, sur le monde de Thursday. Ce qui m'a dérangée le plus, c'est la fin en fait. Elle est un peu brutale, arrive sans qu'on comprenne toujours bien pourquoi et est un peu mièvre, ce qui ne colle pas avec le reste du roman.

La narration n'est pas bien maîtrisée. la plupart du temps, c'est un récit à la première personne, mais l'auteur passe parfois à un narrateur omniscient sans que cette transition se fasse très bien. L'écriture gagnerait également à être plus approfondie dans ces moments où Thursday n'est plus narratrice. Il y a aussi, malgré le côté loufoque agréable du livre, des choses tellement improbables qu'elles m'ont gênée.

Néanmoins, ce n'est que le premier tome. La personne qui avait proposé le livre a lu la suite de la série et dit que ça s'améliore beaucoup après. Je lirai peut-être la suite un jour mais je ne suis pas plus emballée que ça. Je préfère les uchronies de fantasy en fait. Mais c'était sympathique de découvrir quelque chose de nouveau, et je conseille ce roman aux personnes adeptes du complètement à côté de la plaque !

Fiche :
L'affaire Jane Eyre, de Jasper Fforde
Collection : 10/18 Domaine étranger
410 pages
Prix : 9,40€


Vale.

<< Je l'ai dit après... | 1 | 2 | ... Et ça je l'ai dit avant. >>

Créer un podcast