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Qu'il est bon d'être futile !

Vendredi 19 avril 2013 à 15:23

J’ai vu le film Le journal de Bridget Jones pour la première fois il y a longtemps, alors que je ne connaissais même pas encore Jane Austen. J’étais surprise d’apprendre que cette histoire était une transposition partielle à nos jours d’Orgueil et préjugés, après avoir découvert ce magnifique roman. Pendant mes révisions, j’ai revu Le Journal de Bridget Jones d’un point de vue janéite, et dans la foulée je me suis lancée dans la lecture du roman, que je n’avais encore jamais pris le temps de découvrir. Le bilan est assez catastrophique (fans de Bridget Jones, abstenez-vous…)
 
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Parlons d’abord du livre, plus frais dans ma mémoire. La première chose qui m’a sauté aux yeux, c’est qu’Helen Fielding a joué à fond la carte du « journal intime ». J’aurais pu trouver ça original, que ça me plaise, mais ça m’a bien saoulée. Ça m’est apparu pour être une excuse pour ne faire aucun effort sur la forme, au niveau de l’écriture. C’est extrêmement révélateur de la personne qu’est Bridget : obsédée par son image (elle se pèse chaque jour !) et par des choses purement matérielle, très infantile et tellement bête ! Ce n’est même pas qu’elle est maladroite, elle est juste stupide. Son babillage incessant m’importunait, ses histoires et ses aventures m’importaient peu. Et, bien entendu, elle n’a rien à voir avec Lizzie, ce n’est pas à ce sujet qu’il faut chercher la ressemblance avec l’œuvre de Jane Austen. Bridget recherche soi-disant l’amour, mais pour moi il transparaît assez clairement que ce qu’elle veut, c’est quelqu’un qui soit à sa disposition 24h/24 et qui lui apporte des conditions de vie plus élevés. En gros, être célibataire est un mauvais statut social, il faut absolument se marier. Elle se plaint d’être acculée par certaines personnes de son entourage qui ne cessent de l’interroger sur ses amours, et au final elle suit complètement leur raisonnement. Ridicule. J'ai lu certains chroniques qui disaient que Bridget avait fait hurler de rire la lectrice, et qu'elle s'était retrouvée en elle. Ce ne fut pas du tout mon cas, j'ai rarement croisé des héroïnes si peu attachantes.
 
Parlons des autres personnages. Son père est simplement inutile. Les amis des parents donnent une bien piètre image des Anglais. Daniel est l’archétype du mec à filles bien macho. Les amis, Jude, Sharon et Tom, ne sont pas bien intéressants, voire carrément insupportables (surtout les deux filles, elles sont tellement c***** !). Mark Darcy est par contre un type assez agréable, mais bien trop lisse. A part avoir une légère saute d’humeur au début de l’histoire, le mec est parfait, tellement qu’on n’y croit pas. Et la mère… C’est affolant. Elle est pire que Mrs Bennet. Non seulement elle aimerait caser sa fille avec un homme riche, mais en plus elle n’a pas l’air d’aimer sa fille, elle est égoïste comme pas possible et encore plus idiote et vaine que Bridget. Son personnage est utilisé vers la fin du roman pour opérer un parallèle avec Orgueil et préjugés, quand Mr Darcy part à la recherche de Lydia et paye tous les frais nécessaires pour rétablir la réputation des Bennet. Sauf que c’est n’importe quoi. Mark dans l’histoire n’a aucune raison de faire ce qu’il fait, pour la simple et bonne raison qu’on est bien au-delà de la fuit avec un amant, et qu’il n’y a pas a moindre probabilité pour qu’un homme comme ça tombe amoureux d’une fille comme Bridget. Les autres parallèles ne sont pas forcément mieux faits, je ne comprends même pas pourquoi l’auteure a voulu absolument utiliser le nom de Darcy. Encore une personne qui ne fait que salir ce héros. Daniel est un piètre Wickham, on le voit au final très peu. Natasha est une assez bonne Caroline en revanche, mais à part lancer des traits de vipère, elle ne constitue aucune menace. Le parcours des amoureux n’est même pas réellement semé d’obstacles. Bref, ce fut une très mauvaise lecture.
 
Quant au film, j’arrive à l’apprécier un peu plus. L’histoire est mieux construite, même si le personnage de Bridget reste stupide et donc l’histoire d’amour impossible. En outre, je n’ai jamais été très fan de Renée Zellweger, même s’il y a certains films où elle joue que j’aimerais voir et que j’ai vraiment aimé Miss Potter, film vu grâce aux copines. Heureusement que Hugh Grant et Colin Firth remontent un peu le niveau, et que l’humour est très présent. Il y a davantage de rythme et de péripéties et les changements opérés par rapport aux livres sont les bienvenus, mais ça n’en fait pas un bon film.
 
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Donc voilà, pour moi la série Bridget Jones n’a pas sa place dans une collection janéite. Après avoir regardé le premier film, j’avais mis le deuxième, et je n’ai vu aucun rapport avec aucun des romans austeniens. Après avoir jeté un œil à internet, j’ai vu qu’il n’y avait aucun lien ou presque avec le deuxième roman. J’hésite très fortement à le lire un jour, mais comme je suis maso, ça arrivera sûrement ! J’espère que ma prochaine lecture para-austenienne sera plus agréable…
 
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Samedi 2 mars 2013 à 15:04

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A la maison, nous sommes complètement fans de Dragons, ou How to train your dragon en VO. On a vu le film au moins 30 fois, on s’est offert le blu-ray pour mieux profiter des sublimes images, on suit la série qui continue le film et qui est diffusée aux Etats-Unis sur Cartoon Network… Donc on s’est dit qu’il fallait absolument qu’on teste la série de livres dont se sont inspirés les studios Dreamworks pour faire leur chef-d’œuvre. C’est ainsi que j’ai acheté Comment dresser votre dragon, premier tome de Harold et les Dragons, de Cressida Cowell Et ça ne nous a pas plu. Du tout.
 
Encore une fois, je constate que dans de rares cas, l’adaptation peut surpasser (et de très loin) le bouquin originel. Le livre commence alors que les jeunes garçons de la tribu sont réunis pour passer la première épreuve du test qui fera d’eux de vrais vikings. La sanction s’ils échouent ? Le bannissement, et vu l’hospitalité de la nature, la mort, en fait. Harold, le fils du chef Stoïk mais pas très viking dans l’âme, pense donc sceller son destin en échouant à l’épreuve : ramener un dragon. Avec son ami Findus (ahem), encore plus mal dégourdi que lui (il est bigleux carrément), ils y parviennent pourtant, mais les ennuis s’enchaînent, surtout que le petit dragon d’Harold, Krokmou, n’est pas très aidant.
 
L’histoire n’a quasiment rien à voir. Quelques noms sont repris (le héros et son père, l’île, le dragon…) mais les personnages n’ont quasiment rien à voir. Alors que dans le film, je m’identifie carrément à Harold, je l’ai trouvé pas du tout attachant dans le livre. Stoïk a bien le côté viking débile et bourru mais sans le côté attachant là aussi. Le fait qu’il soit veuf dans le film doit beaucoup aider. Dans le roman, sa femme existe, mais un peu à l’état d’objet. Il y a un grand-père aussi, qui lui était limite un peu intéressant. Le pire, c’était Krokmou (Toothless). Pour moi, c’était le dragon par excellence, mignon, fort et gentil, en mode énorme chat. Je n’ai même pas le cœur de vous le décrire dans le livre… C’est un avorton, fier et méchant, et à mes yeux il ne se rachète pas de conduite, même à la fin. Il n’y a pas de fille dans l’histoire, et les autres gamins de l’île sont tous des petits cons (y’en a juste un de l’île « ennemie » qui était sympa). Je n’ai absolument pas retenu les noms du livre, que j’ai trouvé la plupart du temps stupides et de mauvais goût, un peu comme si l’auteure prenait les gosses pour des débiles, voyez ?

Quelques mots rapides sur les dessins et illustrations du livre : ce n'est pas parce que le livre est destiné à un public très jeune qu'on ne doit pas faire l'effort de dessiner quelque chose de joli susceptible d'éveiller le sens artistique de petiots. Vous l'aurez compris, en plus c'est moche. Le livre manque cruellement d’humour (de bon humour). On s’ennuie, l’action est lente et il n’y a ni suspens, ni tension. Les dragons sont déjà domestiqués, à coup de cris, et sont des bestioles mauvaises et fourbes. Bref, tout le contraire du roman. D’ode à la tolérance et à l’amitié, que nenni. Bon, j’avoue, j’exagère un peu, mais vraiment, en comparaison du film, le livre est une daube. Merci Dreamworks de ne pas l’avoir suivi ! Dommage, l’auteure avait l’air sympa dans les bonus du film.
 

Mercredi 30 janvier 2013 à 14:32

En mai dernier il me semble, j’ai lu Le ballet des âmes de Céline Guillaume et étais ressortie de ma lecture globalement déçue. Natiora et Cindy m’avaient beaucoup vanté ce livre, qui ne le méritait pas selon moi. Comme c’était ma première lecture de Céline Guillaume, je me suis dit qu’il ne fallait pas d’arrêter sur une mauvaise impression. Dawn m’a donc prêté La Baronne des Monts-Noirs. Mes souvenirs sur Le ballet des âmes m’ont laissé une impression encore plus mauvaise que celle que j’avais eue en refermant le livre. J’attendais beaucoup de La Baronne, qui devait faire monter l’auteure dans mon estime. C’est raté. Je vous préviens que je vais être très dure, vous allez peut-être même me trouver méchante, mais au moins je serai honnête.

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Résumé : "Les Monts-Noirs du Morvan, an de grâce 1131…
Ida, jeune moniale au couvent de Sainte-Radegonde, donne naissance à un œuf alors qu’elle vient de fuir le massacre d’un village. 
De cet œuf, Flore voit le jour, conçue dans le péché lors d’un mystérieux sabbat commandité par une baronne déchue. Immédiatement abandonnée par sa génitrice ainsi souillée, elle est recueillie par le vieux Siméon, un ermite mystérieux qui lui enseigne tout son savoir.
Les années passent et l’orpheline découvre, un jour, une bête insoupçonnée : mi-femme, mi-rapace, une véritable démone cruelle et coupable de bien des crimes sanglants.
Le périple haletant de la jeune fille débute ainsi, un périple palpitant brodé comme ces tapisseries médiévales, rempli d’énigmes, de mystères, de passions destructrices et du Mal incarné.
C’est ici un roman au rythme endiablé à la dimension de la Seconde Croisade : grandiose, terrible et bouleversant.
Céline Guillaume magnifie son récit en une mémorable légende médiévale, flamboyante et fantastique… Oserez-vous la suivre et ainsi voyager hors du temps, entre lumière et obscurité ?"

Je vais dire d’entrée ce qui m’a déplu, pire, ce qui a failli me provoquer de multiples crises cardiaques en fait : le massacre de la langue française. C’est une si belle langue, elle ne mérite pas d’être ainsi malmenée ! Les fautes étaient tellement énormes que j’avais l’impression qu’elles me brûlaient les yeux. La conjugaison, la grammaire, le vocabulaire, la syntaxe, tout y passe. Par exemple, fusse pour fût. Quand on ne sait pas conjuguer le subjonctif imparfait, on ne l’emploie pas. J’ai cru mourir aussi avec si pour s’y, et s’en pour sans. Ce ne sont que quelques exemples, à peine révélateurs… Il y avait des fautes à chaque page ou presque, et en si grand nombre sur une seule et même page ! Passons sur l’amateurisme de la maison d’édition qui a osé éditer le roman tel quel. J’ai du mal à considérer une personne qui écrit si mal français comme un auteur. Je me demande sérieusement sir le manuscrit a été relu par son auteure. Pour moi, quand on finit d’écrire un chapitre, on se relit. Avant de proposer à la lecture et a fortiori à l’édition, on fait une relecture complète et approfondie. Et si vraiment on a de grosses difficultés pour écrire correctement et qu’on n’a pas réussi à s’améliorer, on fait corriger par une personne de son entourage ou même on emploie un correcteur. Certaines phrases n’avaient tout simplement pas de sens. J’ai également noté plusieurs anachronismes, ce qui ne fait pas bon effet dans un roman censé se passer au XIIème siècle. Ceux qui me connaissent un peu savent que je suis maniaque avec le français, et là c’est vraiment le pire livre édité que j’ai lu, de ce point de vue.
 
Parlons d’aspects différents du livre. Le format ne m’a pas plu, je ne le trouve pas agréable en mains, et la couverture me paraît très moche, mais ça hein, c’est les goûts et les couleurs. Par contre, la dédicace de Céline Guillaume faite pour Dawn est très belle. Sur l’histoire, je l’ai trouvé d’un ennui… Il ne se passe quasiment rien, et quand quelque chose arrive, c’était tellement prévisible que c’en était risible. L’héroïne ne m’a pas plu du tout, du début à la fin. Tous les personnages m’ont déplu en fait, à part peut-être la baronne qui était la seule à être vaguement intéressante, au moins elle fout les jetons, quoique l’explication à sa méchanceté est un peu facile. J’ai aussi remarqué des incohérences à plusieurs moments.
 
J’ai aussi eu beaucoup de mal avec la narration. La majorité du temps, nous sommes à la première personne, c’est Flore qui parle. Et pourtant, des phrases sont celles d’un narrateur omniscient. Il  y a vraiment confusion des points de vue qui rend le texte très fouillis. Il y a plein de jolis mots, de tournures de phrases poétiques qui ont fini par me faire penser à de la poudre jetée aux yeux pour masquer la platitude de l’histoire. Je n’ai pas ressenti l’ambiance du Moyen-Âge, très bien rendue dans d’autres romans que j’ai pu lire. Mais je peux reconnaître que le côté sombre est intéressant, notamment par rapport au Ballet des âmes.
 
Le tout fait que j’ai eu plus de mal que je ne saurais dire pour achever ce livre, que je déconseille complètement.
 

Jeudi 26 juillet 2012 à 10:12

Mes enfants, je suis officiellement l'une des filles les plus chanceuses sur terre. Mon chéri est tellement aux petits soins avec moi, je me demande si je le mérite. Hier matin, la sonnette a retenti, trop tôt, j'étais pas réveillée, pas habillée, bref pas du tout en état. Dans l'après-midi, on passe à la Poste récupérer le colis (Amazon) et juste avant il me dit que c'est le livre qu'il a commandé pour préparer son concours et un petit truc en plus, pour moi. Et qu'est-ce que je découvre ? Druide ! Que je veux depuis des semaines, qui a l'air trop génial, que j'ai vu sur je ne sais combien de blogs, et là voilà, il est dans ma bibli. J'avais fait un OMW dessus, si vous voulez voir de quoi il s'agit. J'ai hâte de me lancer !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/JaneAusten/LostinAusten1.jpg[Désolée, sa tête ne me revient vraiment pas.]

Sinon aujourd'hui, je vais vous faire un article sur la série Lost in Austen, qui a été rebaptisée Orgueil et quiproquos en français je crois. Elle est passée sur Arte il y a peu, enchantant beaucoup de Janeites. Comme d'habitude, je prends le contre-pied... Je vous promets que je ne le fais pas exprès. J'ai vu cette série de quatre épisodes cet hiver. C'est une création d'ITV datant de 2008 avec entre autres Jemima Rooper (Amanda Price), Elliot Cowan (Mr Darcy), Morven Christie (Jane Bennet), Tom Mison (Mr Bingley) et Gemma Arterton (Elizabeth Bennet). J'étais curieuse tout de même, vu l'idée ! Amanda Price est une jeune femme britannique de notre époque, fascinée par Pride and Prejudice. Elle rêve de Darcy, s'imagine le rencontrer. Mais sa vie réelle est bien moins "romantique" : elle se retrouve à refuser la demande en mariage de l'un de ses amis, complètement ivre. Et un soir, elle entend du bruit dans sa salle de bain, où elle trouve Elizabeth Bennet, l'héroïne de son roman préféré, et se retrouve elle-même dans le roman, Elizabeth restée dans notre monde moderne ! Elle n'aura de cesse de s'arranger pour que tout se passe comme dans le roman, mais c'est encore plus difficile que ça n'en a l'air à sa lecture...
 
Le personnage principal le dit elle-même dans le dernier épisode : Jane Austen se retournerait dans sa tombe, secouée comme un chat coincé dans le tambour d'un sèche-linge. Quoique, elle avait pas mal d'humour, alors peut-être pas. Mais moi ça m'a fait un peu mal quand même... J'ai tenté d'être bonne spectatrice, d'être curieuse de savoir la suite, de rire devant certaines idées pour le moins originales, cependant je reste très mécontente de cette mini-série. L'esprit du roman n'est pas respecté, les acteurs sont très mal choisis, ils ne jouent pas bien (pour la plupart ils ne sont pas agréables à regarder, même ceux jouant des personnages censés être beaux), mais tout cela me semble être une caractéristique assez marquée des adaptations d'ITV, téléfilm ou mini-série, car j'ai vu très peu de bonnes productions venant de cette chaîne, y compris quand il s'agit d'adaptations austeniennes. Le seul personnage un peu amusant est, comme souvent, Mr Bennet, même s'il n'est pas comparable aux autres acteurs qui ont endossé ce rôle. J'ai détesté Amanda Price, je l'ai trouvé idiote, moche, sans intérêt, et elle semble n'avoir rien compris au roman ! Tout ce qu'elle a retenu ou presque, c'est que Lizzie et Darcy "doivent" finir ensemble. Quid des conventions sociales de l'époque, de l'humour taquin de Jane Austen, de sa critique de la société et des caractères ?

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/JaneAusten/LostinAusten2.jpg [Darcy, ici à gauche, est censé être un bel homme. Je sais qu'on n'a pas tous les mêmes critères de beauté, mais là... Bingley ne m'a pas convaincue non plus, pas assez gentil. Caroline ne correspond pas du tout à son personnage, mais elle a le mérite de m'avoir surprise et de m'avoir fait rire.]

Je ne recommanderais pas cette série. Je l'ai passée à mon amie Janeite du lycée, en lui disant qu'il ne fallait pas prendre tout ça au premier degré, mais je sais qu'elle y arrivera très bien, elle est meilleure spectatrice que moi, qui suis très exigeante. Je n'ai pas retrouvé dans cette libre adaptation ce que j'aime dans Jane Austen, même les personnages de P&P m'ont paru faux, je préfère de loin regarder les adaptations de 1995 et de 2005, ou même de 1979. Je vous parlerai bientôt de cette dernière d'ailleurs, je l'ai fini avant-hier.

Mardi 17 juillet 2012 à 20:19

Attention mesdames et messieurs, le combat va commencer. Voici les protagonistes : d'un côté, Demoiselle-Coquelicote, étudiante,  21 ans, se considérant comme Janéite (= fan de Jane Austen et de son œuvre), et de l'autre, Les filles de Mr Darcy, roman de Elizabeth Aston, aux éditions Milady. L'arbitre étant moi-même Demoiselle-Coquelicote, le combat sera très inégal, et je m'en délecte d'avance. Je préviens également que je ne détiens pas la vérité universelle, comme toujours je n'exprimerai que mon avis, basé sur mon propre ressenti, avec la franchise qui me caractérise. Je vous demande pardon d'avance si j'offense quelqu'un, ce qui ne manquera pas d'arriver si vous avez aimé ce roman. Merci Matilda de me l'avoir prêté, en effet j'ai pu me forger mon opinion !

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La quatrième de couverture nous annonce une suite de Orgueil et préjugés, vingt ans plus tard. Tandis que Mr et Mrs Darcy sont à Constantinople pour une mission diplomatique, leurs cinq filles sont à Londres chez leurs cousins les Fitzwilliam. Première remarque, souvent faites par d'autres lectrices : pourquoi les filles de Mr Darcy ? Elizabeth compte aussi, non ? Alors voici mon explication sur le choix de ce titre : c'est vendeur. Elizabeth Aston, ma nouvelle meilleure ennemie, s'est dit que ça attirerait les Janéites, que son livre se placerait très bien dans le grand courant de la littérature para-austenienne. Bien pensé, mais très vil. C'est tromper des milliers de personnes qui admirent Jane Austen et ses écrits, parce que Aston n'a strictement rien compris à Jane. Ce n'est pas une franchise. Ce ne sont pas des histoires d'amour minables censées vous arracher une larme parce qu'elles finissent bien. Ce sont des propos censés, drôles, un regard incisif porté sur la société. Mais tout dans Les filles de Mr Darcy est insipide et ridicule. Les personnages d'abord. Je commencerai par dire ceci : pensez-vous vraiment qu'Elizabeth et Darcy seraient du genre à pondre sept mômes ? (Oui parce qu'il y a deux petits garçons aussi, après les cinq sœurs.) Je sais que la contraception à proprement parler n'existait pas encore, mais les gens n'étaient pas stupides. Elizabeth, qui a connu le désastre d'être d'une fratrie de cinq sœurs, n'aurait jamais pris le même risque. Sans compter que si je ne me trompe, Jane Austen a vu plusieurs de ses belles-sœurs mourir suite à de trop nombreuses grossesses et savait que la condition de mère était difficile. Je ne la vois pas donner sept enfants à l'un de ses plus beaux couples, même si elle avait voulu faire une suite (et je ne crois pas que ça lui ait jamais traversé l'esprit, mais là n'est pas la question).

Parlons des personnages inventés pour cette suite. On rencontre donc les cinq sœurs Darcy, le premier chapitre est plus ou moins consacré à leur présentation. Dès le début j'ai bien senti que ça n'allait pas coller. L'aînée, Letitia (Letty), est belle comme une déesse grecque (c'est pas moi qui le dit), mais surtout elle est extrêmement moralisatrice, à tel point que ça se rapproche fortement de la bêtise, comme je m'y attendais avec "l'incident Valpy". Elle a un caractère épouvantable, et elle est incapable de penser correctement. C'est une dévote maniérée, ridicule, excessive dans ses paroles et ses gestes (et vas-y que je hurle à la moindre nouvelle, que je prévois toutes les catastrophes possibles et imaginables pour une simple sortie en ville). La deuxième, Camilla (que je hais l'auteure d'avoir choisi ce prénom !), est censée être Elizabeth, dans un style copier-coller d'Orgueil et préjugés. Elle a en effet plus de cervelles que les autres, elle est "moins" jolie, mais elle plaît beaucoup quand même, hein. Trop sûre d'elle, elle va se trouver aveuglée par ses sentiments, blablabla. Et surtout, on la dit intelligente et tout ça, mais j'ai remarqué qu'elle passe énormément de temps à se préoccuper de ses tenues, ce qui lui confère un air cruche qui sied bien à la famille apparemment. Belle (Isabelle) et Georgie (Georgina) sont Lydia et Kitty, en plus belles et plus écervelées encore. Des salopes même, pour employer un vocabulaire moderne. Jumelles (fausses jumelles), elles sont "Jour" et "Nuit" (comme c'est original). La benjamine, Alethea, ne pense qu'à la musique, et elle est très mal élevée, mais elle a le mérite d'être très perspicace. J'ai beau réfléchir, pour moi aucune de ses filles ne pourrait être une enfant du couple Darcy-Elizabeth. Jamais ils n'auraient permis à leurs filles de devenir comme ça, et jamais ils ne les auraient appelées comme ça non plus. J'ai trouvé que Wytton était une insulte à Darcy, et la servante Sackree montre de façon flagrante que Aston n'a pas la moindre idée de comment une domestique se comportait avec ses maîtres. Elle devrait regarder Downton Abbey.

Comme c'est une suite (ça me fait mal de l'écrire), on retrouve certains personnages de Jane Austen, à commencer par Mr Fitzwilliam, le cousin de Mr Darcy. Certes, cela fait un moment que je n'ai pas lu P&P, et mes souvenirs de Fitzwilliam sont assez flous, mais je suis presque certaine qu'il n'est pas du tout comme ça. On dirait un gros débile, vulgaire et idiot (alors qu'il est censé être député...). Sa femme, Fanny, inventée, est un beau paradoxe : on la dit sensée et vigilante, mais elle laisse faire tout et n'importe quoi, et ne parle que de fêtes et de vêtements, elle est complètement inconséquente. Vive la frivolité. Mr et Mrs Gardiner sont assez proches de leurs vrais modèles, mais leur fille n'est absolument pas convaincante. Eux non plus n'auraient pas pondu un gosse comme ça. Lydia, devenue Mrs Pollexfen, est fidèle à son caractère mais sa situation est juste impossible à mon sens : elle n'est pas assez intelligente pour en arriver là où Aston l'a mise. Lady Warren, anciennement Miss Bingley, était tellement exagérée qu'on n'y croit pas. Ses "manipulations" sont ridicules, on la croirait bête comme ses pieds, ce qui est loin d'être le cas. Et c'est tout. Eh oui, ce sont les seuls personnages qu'on voit intervenir directement dans l'histoire. Pas d'Elizabeth, de Darcy, de Jane, de Bingley, de Mr Bennet. Je ne vois absolument pas l'intérêt d'une suite sans eux.

Parlons un peu de l'histoire en elle-même maintenant. C'est là-dessus que beaucoup défendent ce livre. Je suis désolée, mais là encore je dois souligner que c'est n'importe quoi. L'intrigue n'est pas du tout intéressante car ne tourne qu'autour de sujets futiles : être la plus jolie (et la plus conne) pour trouver un mari fortuné. Belle définition de l'amour dites-moi ! Tout le long du livre, j'avais l'impression de regarder un très, très mauvais film, avec quelqu'un à côté de moi qui n'arrêtait pas de me dire que c'est absolument génial, à cause de la façon dont l'auteure présente les choses. Elle tente de nous forcer à adhérer à son point de vue sur les filles Darcy, alors que mes propres réflexions me montraient tout autre chose vu les actions des "demoiselles". Non seulement le dénouement est extrêmement prévisible (copié sur celui du roman austenien), mais les péripéties le sont également, en étant le plus éloigné qu'il est possible des rebondissements de Jane Austen. La péripétie Busby est ridicule (on n'est pas dans un roman d'aventures !), celle de Sir Leigh je l'ai vue arriver des chapitres à l'avance et je l'ai trouvé très déplacée dans un roman qui se réclame du modèle austenien. Ça ne colle absolument pas ! Sans compter que l'ensemble donne une image de la société londonienne très éloignée de la vérité : Aston insiste bien sur tous les travers des gens, à quel point certaines soirées sont dangereuses pour les jeunes filles, mais ne montre jamais ce qu'est une soirée convenable où l'on peut s'amuser sans passer pour une pute. Certaines phrases m'ont fait bondir de mes gonds, m'ont indignée, et j'ai fini le livre vraiment en colère. Exemple : je pense que Jane Austen ne s'étendait pas sur les scènes d'amour et n'écrivait pas sur le désir sexuel parce qu'elle n'y connaissait que peu de choses et surtout parce que ce n'est pas nécessaire pour faire passer des émotions. Cela contribue à faire la pureté et la saveur de ses romans, remplis d'émotions implicites et de non-dits. Mais Aston n'a rien compris. Page 105, Fitzwilliam entre dans la chambre de sa femme qui se change : "Il aimait la voir en sous-vêtements, les cheveux défaits. Cela suscitait en lui les émois les plus intenses." Et c'est du très soft là, pourtant c'est déjà insupportable quand on imagine ses mots sous la plume de Jane Austen. Il y a bien pire plus tard dans le roman. Vous savez que je ne suis pas prude : je critique parce que c'est une preuve de plus de l'idiotie d'Aston. J'étais à une petite centaine de pages quand j'ai eu un espoir fou : je me suis dit que ça se trouve, l'auteure est américaine, ce qui expliquerait en partie pourquoi elle a l'air de ne strictement rien connaître à Jane Austen (oui, je me demande si elle a vraiment lu ses romans en fait) et au XIXème siècle en Angleterre. Mais non, Aston est britannique. Si l'on compare avec Stephanie Barron, qui elle est américaine il me semble, c'est flagrant. Cette dernière n'a pas su non plus imiter le style de Jane Austen, mais on sent à travers ses romans qu'elle l'admire, et qu'elle souhaite lui rendre hommage, quand Aston ne fait qu'utiliser son nom pour faire du fric (et le souiller).

Je vais spoiler un peu sur l'histoire pour montrer à ceux qui ont lu le roman quelques exemples de ce que je n'ai pas du tout aimé. Spoil. Quand Sir Sidney Leigh demande la main de Camilla à Fitzwilliam, celui-ci dit oui aussitôt. Vraiment ? Que Darcy et Elizabeth soient absents c'est pas grave apparemment. À la fin, quatre sœurs sur cinq sont mariées ou presque. C'est pas un peu trop ? Légèrement exagéré ? Pas une, mais deux des filles font une fugue (hm ça ne vous rappelle pas une certaine Lydia ?), et les deux finissent mariées. Georgina est carrément attrapée en train de coucher avec un type qui a plus du double de son âge. Non, ça ne vous choque pas ? Du grand n'importe quoi. Le personnage de Wytton est calqué sur Darcy, mais je ne vois pas Darcy pouffer comme un babache dans un salon mondain. Fin de spoil. J'ai vu une personne écrire que pour apprécier le roman, il faut considérer que ce n'est pas une suite de P&P, enlever le nom de Darcy. Pour moi c'est impossible, puisque justement Aston a clairement voulu rappeler P&P. Même si on enlève le côté littérature para-austenienne, à mon sens ça reste extrêmement mauvais. Prévisible, ennuyeux, complètement improbable dès qu'on pense qu'on est dans une famille d'excellente condition dans le premier quart du XIXème siècle en Grande-Bretagne. Je ne sais pas quoi ajouter de plus, je suis juste désespérée. Vous savez ce qui est le pire ? La suite va bientôt sortir, et je me sentirai obligée de la lire. À la base, après avoir lu l'avis de Matilda, je m'étais dit "même si c'est vraiment nul, je rachèterai le livre, pour continuer ma collection austenienne", mais en fait non. Le deuxième tome me permettra de pousser une nouvelle gueulante, très certainement, mais peut-être en moins forte, car il sera centrée sur Alethea. J'espère qu'elle n'aimera pas les chapeaux.
 
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Lundi 16 juillet 2012 à 12:09

Bon, hier ciné. On s'est décidés à aller voir le nouveau Spider-man, pour voir les effets spéciaux et la 3D, et soi-disant parce que celui-ci collait davantage au comic original. Je veux bien le croire, je n'en sais rien, je ne suis pas très comic moi. J'aime bien les X-man, et Batman a donné quelques bons films (et je le trouve moins stupide que les autres). Je ne vous raconte pas l'histoire, vous connaissez le topo : Peter Parker est mordu par une araignée pas très nette, il devient plus fort et colle au mur, et le grand méchant survient, faut lui péter la gueule, et y'a la petite copine.

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Niveau scénario, ça vole bas. J'ai passé le film à deviner la scène suivante, et j'avais bon très souvent, y compris pour la toute fin (alors que, je vous le rappelle, normalement je suis nulle à ce genre de trucs, je me fais toujours avoir avec un policier ou un thriller sur l'identité du tueur). Prévisible, et très long. Le début durait, l'action est lente à se mettre en place. Le film est censé faire passer la pilule avec quelques touches d'humour (on n'a pas vraiment le même) et des conseils moralistes à deux balles, bien américains (je suis particulièrement dure aujourd'hui, la faute au temps qui commence sérieusement à me déprimer). J'ai trouvé l'acteur principal absolument insupportable, et le pire c'est que le film marche, donc un 2 est prévu, et il va peut-être continuer une carrière après ça (quoique pour le précédent, Toby McGuire je crois, ça n'a pas marché fort après). Ses mimiques avec sa bouche sont vraiment ridicule, c'est un chouineur de première, il joue comme un pied, et en plus physiquement il ressemble énormément à quelqu'un que je déteste, bref il a tout pour me plaire cet Andrew Garfield. Emma Stone je ne la trouve pas extraordinaire. Elle n'est pas jolie, et sa VF est vraiment pourrie (la séance VO était trop tard). Son jeu n'est pas excellent, mais je l'avais bien aimée dans Crazy Stupid Love, j'attends donc de voir son jeu dans La Couleur des sentiments. Le personnage du père de la girlfriend, c'est le prototype de base du flic américain, adoré de tous les citoyens de cette grande nation (sentez l'ironie). Spoil. Sa mort est donc censée nous émouvoir aux larmes, n'est-il pas ? Sauf que comme on la voit arriver un bon quart d'heure avant qu'elle ne survienne, c'est moyen. Et comme c'est un gros c**, difficile d'être ému(e). Avis personnel. Fin de spoil. Le seul point positif à soulever, ce sont bien les effets spéciaux, soignés mais pas exagérés (ça ne pète pas de partout). Le film réserve les plus impressionnants pour la fin, et ça donne un truc pas mal du tout. La 3D suit bien, c'était fluide et les couleurs n'étaient pas fanées. Là-dessus, rien à redire. Mais c'est un film qu'on ne me fera jamais revoir, et je ne vois vraiment pas comment on pourrait m'amener à voir le 2 prévu pour 2014.

Il me semble que le film fait un carton aux États-Unis : ça ne m'étonne pas, c'est tout à fait à leur niveau. Attendez, je vais rechercher un truc que j'ai lu sur la population américaine il y a peu, je reviens. Ah, voilà. C'est dans le Ça m'intéresse n°377, juillet 2012, page 29, dans un article intitulé "Les Américains en 10 idées reçues". Le point 7 s'appelle "Les Américains sont des incultes", en dessous il est écrit "vrai et faux". Plus d'un Américain sur trois ne sait pas situer son pays sur un globe.  Huit sur dix ignorent où se trouve l'Irak, un sur cinq pense que le Soleil tourne autour de la Terre (pauvre Copernic, il dit se retourner dans sa tombe). Mais attention, le paragraphe justifie ensuite son "faux", ils ne sont pas incultes, parce jazz, rock'n'roll, soul et rap sont nés là-bas, et que leurs musées d'art contemporain sont les plus riches au monde. Je ne dis pas que tout est à jeter dans le modèle américain, mais je préfère de loin être française et ne pas aimer The Amazing Spider-man.

À part ça, j'aimerais aller voir The Deep Blue Sea cet après-m', mais apparemment personne d'autre n'est motivé ! J'espère que j'aurai le courage d'y aller seule, j'aimerais vraiment le voir. Et article sur le tome 2 des Mystères de Harper Connelly bientôt, si j'ai le courage. Bonne semaine !

Vendredi 18 mai 2012 à 14:40

Qui c'est qu'a encore craqué son slip (ou plutôt son portefeuille) ? Bah oui c'est moi. Je suis une victime de la société de consommation faut croire. Hier j'ai passé ma première commande sur Chapitre.com, je vais donc recevoir la semaine prochaine Juvenilia (que je suis en train de lire. Mais je devais le rendre après, alors que je le veux, et qu'il est difficile à trouver !) et Jane Austen à Scargrave Manor, un roman style policier avec Jane Austen en enquêtrice... Pas pu résister. Et ce matin, visite poussée de La Porte des mondes, et comme annoncé, j'ai acheté un livre d'une petite maison d'édition, en l'occurence Le ballet des âmes de Céline Guillaume. On pouvait me le prêter, mais j'avoue que c'est celui qui me tentait le plus, même si un ou deux autres m'avaient l'air pas mal. J'ai failli craquer pour Les Insoumis T1, mais il dépassait les 20€. J'aurais bien aimé Absinthe et démons, mais il n'y était plus... Ce soir, j'échange ou je vends, mais surtout, il faut que j'évite d'acheter !! Je termine mon introduction hors-sujet avec une petite question pour vous mes lecteurs : trouvez-vous que je suis trop agressive dans mes critiques ? Je m'efforce d'être objective et d'argumenter quand j'aime et quand je n'aime pas, mais il paraît que je suis peut-être un peu violente quand le livre, le film ou la série en question n'est pas à mon goût...

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Venons en au cœur du sujet. Ça va saigner ! Mais non je plaisante. Quoique. J'ai vu Becoming Jane peu après sa sortie en DVD, donc certainement en 2008. J'avais bien aimé mater James MacAvoy (ça, il est beau dans ce film !) mais déjà quelque chose m'avait gênée, et j'avais laissé le film de côté en me disant que je ne pouvais pas juger puisque je ne connaissais pas la vie de Jane Austen. Mais voilà, maintenant que je la connais mieux, j'ai entrepris de revoir ce film. Ça a été une catastrophe. Chéri a regardé avec moi, et lui n'y connait rien à Jane Austen, mais il a trouvé que c'était un très mauvais film. Je ne peux que lui donner raison.Je vais commencer par les points positifs, nettement moins nombreux, mais ainsi on ne pourra pas m'accuser de ne voir que le côté négatif des choses ! En positif donc, il y a la musique, qui est assez sympathique en elle-même, classique pour ce genre de film mais agréable. Il y a aussi quelques plans qui sont jolis, la nature, la maison de Lady Gresham (Maggie Smith, que je trouve toujours bonne dans ses rôles !)... Et le personnage de son neveu, Mr Wisley, que j'ai trouvé très attachant avec sa maladresse. On voit également au début du film Jane lire un texte pour sa sœur qui vient de se fiancer, devant la famille et les amis. Tous les enfants Austen étaient encouragés à faire ce genre de choses, et je trouve ça bien que ça ait été représenté à un moment. Et c'est tout.

Le film se présente comme une "vraie" version d'une période de la vie de l'auteure, en légèrement romancée. Si le parti avait été pris de déclarer clairement qu'on s'éloignait des faits, ça aurait pu être pas trop mal (mais en fait non, même comme ça, je vous dirais pourquoi après). C'est ce qui avait été fait pour le film Molière, avec Romain Duris. Il n'est pas terrible, mais au moins le film ne se prend pas au sérieux et ne prétend pas imposer une vérité. Becoming Jane ne reprend quasiment aucun fait réel. Les caractères des personnes ne sont même pas respectés, sans compte que des personnages ont carrément été inventés. Vous trouvez ça normal pour un film qui se prétend un biopic ? Moi pas, et ça me révolte. Ensuite, il y a une analogie quasi-parfaite qui est réalisée entre le personnage fictif d'Elizabeth Bennet et son auteure. Certes, il y a un peu de Jane en Elizabeth, mais jamais Jane Austen n'a écrit sa propre histoire ! Je n'ai pas non plus supporté la naïveté, la crédulité nunuche dans laquelle elle est représentée. On la croirait presque sotte. Sa mère également n'est pas Cassandra Austen née Leigh, c'est Mrs Bennet, avec son souci de l'argent et du bon mariage au point d'en être ridicule, et surtout très chiante. Or c'est faux. Les Austen n'ont jamais roulé sur l'or, mais quand Jane avait 20 ans, ils n'étaient pas dans le besoin. Cette période de sa vie a commencé plus tard, surtout après le décès de son père.

Parlons un peu des acteurs. Anna Hathaway était un choix catastrophique. Elle est américaine, déjà. Et on entend bien quand elle parle qu'elle n'a pas cet accent anglais (que j'apprécie). C'est une très mauvaise actrice. Je l'ai vue dans Alice, c'était un véritable massacre. J'ai cru mourir d'ennui dans Le Diable s'habille en Prada. Et je l'ai détestée en Jane Austen. Elle joue comme si elle était faible, coincée, ce qui tranche beaucoup dans les scènes où on aurait pu reconnaître Jane (le coup du cricket, par exemple, a pu arriver je pense). On ignore à quoi ressemblait exactement l'auteure, mais en tout cas Anne Hathaway était un choix désastreux. Son jeu est fade, sans attrait, ennuyeux. J'ai le film Un jour, mais je veux absolument lire le bouquin d'abord parce que je risque de ne plus vouloir le lire après avoir vu cette actrice pendant deux heures, ça pourrait me dégoûter de l'histoire ! James MacAvoy a fait de très bons rôles, celui-ci n'est pas du tout à son honneur. Nan mais franchement, comparez par exemple avec The Last King of Scotland ou même avec Atonement ! Un mot sur ses cheveux dans le film. Le gel n'avait pas été inventé à l'époque... Cette coiffure "décoiffé par le vent" n'existait certainement pas ! Elle lui va bien, je suis tout à fait d'accord, mais niveau respect de l'époque c'est zéro. J'ai bugué aussi avec les scènes de baisers... Ça ne correspond pas du tout aux réalités conventionnelles de la fin du XVIIIème siècle, et n'oublions pas que le Mr Austen était révérend ! Pas bégueule, mais homme d'Église tout de même ! Sa fille ne se serait jamais comportée ainsi avec un homme qu'elle connaissait depuis peu et auquel elle n'était pas fiancée.

Amusons-nous avec les dates à présent. Tom Lefroy a rencontré Jane Austen aux environs de décembre 1795 et est reparti en janvier 1796, il est ensuite certain qu'ils ne se sont jamais revus (selon Claire Tomalin, et je ne vois pas de raison de douter de ses propos). Cassandra a perdu son fiancé en 1797. Or le film fait concorder les deux évènements. Y'a un hic ou c'est moi ? Pareil avec Eliza de Feuillide (le film n'explique même pas ce qu'elle fait là, on se demande qui c'est, à quoi elle sert...) et Henry Austen, ils se sont mariés en 1797, le film situe ça au même moment que l'aventure Lefroy. Je ne parle même pas de l'impossibilité de la fuite. C'était une honte qu'on ne lui aurait jamais pardonné, et elle était bien trop sensée pour prendre des risques pareils. Je n'ai pas compris non plus pourquoi on voyait beaucoup son frère George, alors que sa famille n'alalit lui rendre visite que très rarement. C'est plutôt le fils d'Eliza qu'il aurait été logique de voir, mais non plus. Je ne comprends vraiment pas les choix scénaristiques de ce film.

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Ensuite, le film sous-entend très clairement que Jane est devenue la grande auteure qu'elle est dans nos esprits aujourd'hui grâce à Tom Lefroy. Je ne suis absolument pas d'accord. Elle écrivait déjà très bien avant de le connaître, il est même probable qu'elle avait déjà fini Elinor and Marianne dans sa première version. Quant à First Impressions, il fut commencé après leur idylle il me semble. Cette rencontre en a donc été l'impulsion, et les premiers émois amoureux ont certainement inspiré l'auteure, mais pas grand chose de plus ! Sans compter qu'elle a ensuite continué sur ce qui deviendra Northanger Abbey, puis elle a arrêté d'écrire pendant de longues années. Donc pour l'influence de Lefroy, on repassera. J'ai bien ri aussi quand Tom Lefroy lui recommande de lire Tom Jones. Elle n'a pas eu besoin de lui pour découvrir cette œuvre de Henry Fielding. Parlons de Lefroy justement. Ce qui est le plus drôle, c'est qu'il est décrit comme ami de Henry (mouais, j'ai pas le souvenir), et comme menant une vie dissolue pendant ses études, puis devenant sage avec l'âge (bah oui, le film précise à la fin qu'il est devenu Lord Chief Justice !). Dans la réalité, il semble plutôt avoir été agréable étant jeune. Il n'a jamais proposé Jane en mariage, même s'il l'avait voulu, trop conscient qu'il ne pouvait épouser une fille sans le sou. Elle en eut l'espoir, sans trop se faire d'illusion non plus. Mais en vieillissant, il devint une vraie pourriture je trouve ! En tant que Chief Justice, il a entrepris de faire persécuter des catholiques. Pas sûr que Jane aurait apprécié, toute protestante qu'elle était. Lefroy a effectivement nommé sa fille aînée Jane. Mais pourquoi, on en sait fichtre rien ! peut-être que son épouse aimait ce prénom. Et il faut dire que la palette disponible était assez réduite, ça peut donc être un parfait hasard, une coïncidence, et c'est ce que je pense. Pour finir (je crois avoir épuisé mon venin pour le moment, mais je n'ai pas tout dit, seulement l'article fait déjà trois plombes, alors j'arrête), je dirais que le film est d'un romantisme fleur bleue écœurant qui ne rend pas du tout hommage aux romans austeniens. Mon chéri a vu plusieurs adaptations avec moi et il a bien aimé, mais alors ce film-là, plus jamais. (Bravo à ceux qui ont tout lu !)

Bande-annonce VOST :

Vendredi 11 mai 2012 à 17:46

Mon oral hier ne s'est pas trop mal passé, mais pas suffisamment ben passé pour me donner une bonne note à l'exercice complet. Ça me saoule un peu pour différentes raisons, mais ce n'est pas bien grave, on est à la fin de l'année, je ne vais pas me prendre le chou pour ça ! Donc, aujourd'hui, je voulais vous parler de Dark Shadows, mais comme les articles dessus pullulent un peu partout sur la toile (tiens, tu peux aller voir celui de Dawn), j'ai décidé de vous en parler plus tard. J'ai déjà mis mes remarques sur papier, je les posterai un autre jour parce que là il faudrait vraiment que je me mette à réviser (comment ça, je dis la même chose tous les jours ??). À la place je vais vous parler de la série Titanic de la chaîne ITV passée récemment à la télévision britannique et française et sortie aussitôt en dvd/blu-ray. En fait, je l'ai offert à ma mère, j'avais donc regardé la première partie avec elle (sur le blu-ray la série est en deux parties, mais elle a été diffusée en quatre épisodes) et j'ai regardé la deuxième de retour à Lille.

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Tout d'abord, il faut dire que je me méfie toujours d'ITV, parce que j'ai eu plusieurs très mauvaises expériences avec cette chaîne, excepté pour Downton Abbey, qui est géniale. Et justement je me disais qu'il fallait que j'aille au-delà de ma méfiance parce que le créateur de Titanic était celui de Downton Abbey ! Mais je me suis faite avoir parce que à la base j'ai cru que la série était de la BBC. C'est seulement lorsque nous avons mis le blu-ray dans le lecteur que j'ai compris mon erreur, et là un doute affreux s'est insinué en moi... Et si j'avais offert à ma mère un truc de m**** ? Et bien oui.
Le début ne se présentait pas trop mal pourtant. On fait connaissance avec l'officier Lightoller, personne qui a réellement existé, et avec quelques personnages fictifs pour pimenter la série. Nous avons les deux frères italiens, l'un serveur en 1ère classe et l'autre qui travaille dans les cales, la femme de chambre pour les 2ème classe, le couple de 2ème classe, la famille de 3ème classe, la famille aristocrate et le mec seul un peu louche. En 1ère on croise aussi d'autres personnes qui étaient sur le Titanic, comme Sir Jacob Astor, Mr Guggenheim et sa maîtresse française, le commandant Smith, Margaret Brown et sa fille. Malheureusement, les personnages se sont quasiment tous révélés extrêmement plat et ennuyeux. Aucun ne m'a touché, un ou deux m'ont légèrement surprise par leur bonne ou mauvaise conduite.
Le naufrage est bâclé, il n'y a pas d'autres mots. Pas de respect de l'histoire, scènes faites à la va-vite, à la limite on ne comprendrait même pas pourquoi les gens meurent parce que l'eau ne semble pas froide. Ils sont bien au chaud au studio, c'est manifeste. Les intrigues sont à peine amorcées qu'elles sont déjà avortées, et l'histoire n'y gagne aucun intérêt, juste encore un peu plus d'incompréhension. Le jeu des acteurs est déplorable, même en VO ça ne passe pas. Contrairement à ce qui se passa lors de cette nuit d'horreur, ici rien ne choque, rien ne fait mal au cœur, aucune émotion ne se dégage des trois heures que dure la série. Autant que le film de James Cameron. À quoi bon faire une mini-série pour faire ça ?
C'est donc une énorme déception pour moi, je ne conseille cette série à personne et sous aucun prétexte. Je peux seulement la qualifier de mauvaise, très mauvaise, et évidemment je reste polie. ITV continue de me décevoir... Et voyez, je n'ai même pas le courage de faire un article plus long, à quoi bon fustiger encore davantage cette série, je n'y ai rien trouvé de bon !

Lundi 23 avril 2012 à 12:02

J'ai bien fini L'Aîné hier soir. Si j'avais su la nuit que j'allais passer, je l'aurais terminé aujourd'hui pour dormir un peu plus ! Et en me réveillant (définitivement), j'ai pu constater que le "petit rhume" attrapé chez mes parents s'accompagne à présent de fièvre, que mon nez est bouché avec tout ce qu'il faut, et que j'ai perdu le goût pour le moment. C'est e que je hais le plus. Chéri m'a rapporté un croissant, je n'en ai rien senti. Frustration. De toute façon je n'ai pas faim... Mais tout de même.

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Vous vous souvenez du premier tome, je n'étais pas enchantée. Pour le deuxième, ça a rapidement été mieux. Quelques passages longuets mais le changement de personnage PoV (point of view) assez fréquent aide à donner un peu plus de dynamisme à l'histoire, même si je n'appréciais pas particulièrement les personnages suivis dans ces chapitres. J'ai toujours du mal avec Eragon, notre petit héros qui devient grand mais qui est quand même toujours un gamin. Saphira passe un peu mieux parce qu'elle a cessé d'être une petite dragonne parfaite, elle a fait des erreurs. Peu d'intrigue dans ce deuxième tome, si ce n'est l'attente d'une bataille. L'écriture s'est un peu affinée, mais je trouve toujours les personnages très manichéens (toi t'es gentil, toi t'es méchant). Heureusement on a un petit sursaut avec les Kulls, mais rien d'imprévisible, surtout dans la réaction du héros. En parlant de prévisibilité, ce point a aussi été un peu amélioré je trouve. Je n'ai vu venir la grosse révélation du tome que quelques lignes avant qu'elle n'apparaisse. Certes, on ne s'y attend pas, en revanche je trouve ça un peu tiré par les cheveux, trop facile pour relancer l'intérêt du lecteur. Sans compter que je relève de temps en temps des choses que je trouve incohérentes, mal choisies pour l'intrigue.
Il me reste le tome 3 à lire que j'ai sous la main. J'hésite à comment me procurer le 4. Soit je revends les deux premiers et je m'arrange pour emprunter le 4 (et le 5 quand il sortira), soit j'achète le 3 et le 4, à moins que le 3 soit vraiment naze et que je laisse tomber (genre je file les deux premiers à mon petit frère, il en fera ce qu'il voudra). J'aimerais me débarrasser de la lecture du 3, mais j'ai envie de lire autre chose (je ne sais toujours pas quoi). Wah, cette critique est transcendante, tout à fait à l'image de mon état actuel ! Je vous laisse, m'en vais larver sur le canapé... C'est pas comme ça que mes révisions vont avancer...

Fiche :
Eldest de Chistopher Paolini
Collection : Bayard Jeunesse
804 pages (grand format) ; 808 pages (petit format)
Prix : 19,90€ ; 10,90€

Mardi 3 avril 2012 à 19:35

Dites les p'tits gars, vous m'faites la tronche ou c'est Cowblog qui débloque ? Zéro visite deux jours de suite, je me dis quand même ! Bwarf. Effectivement ce n'est pas une semaine géniale, j'ai pas envie de bosser, pourtant je dois commencer ce fichu cas pratique en PEDH que je hais de toute mon âme, je dois faire le TD aussi pour après-demain mais je n'ai fait qu'un arrêt sur les treize, ce week-end je vais me sentir très seule parce que chéri rentre chez lui, et moi je ne peux même pas aller voir mes parents et mes frangins. Bon. La semaine prochaine sera meilleure. Au moins j'ai Rayman Origins et il est trop marrant, je sens que je vais m'éclater avec ça. Et le season premiere de Game of Thrones était awesome. Les dix épisodes de la saison vont encore passer à une vitesse...

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Aujourd'hui, petit article rapide sur ce que j'ai vu au ciné en dernier, c'est-à-dire Young Adult. Résumé Allociné : "Originaire d’une petite ville de province où elle s’ennuyait à mourir, Mavis Gary s’est installée à Minneapolis où elle est devenue auteur de romans pour ados. Mais lorsqu’elle apprend que son ex-petit copain de lycée est devenu papa, elle décide de revenir sur les lieux de son enfance pour le reconquérir. Tandis que Mavis semble sûre d’elle et de son pouvoir de séduction, la situation ne tourne pas à son avantage. Elle noue alors une relation peu banale avec un ancien camarade de lycée, mal dans sa peau, qui, malgré les apparences, lui ressemble plus qu’il n’y paraît..."
Ce que j'ai principalement à vous dire, c'est fuyez ! Déjà je n'aime pas beaucoup Charlize Theron (peut-être parce que mon chéri la trouve trop belle, je suis jalouse). Elle ne joue pas mal, mais son rôle est dénué de tout intérêt, comme l'histoire. J'espère pour elle que ce n'est pas réellement pour elle que ce n'est pas la meilleure performance de sa carrière, sinon quelle carrière... Je m'attendais à quelque chose à la fin qui me ferait changer d'avis sur le personnage, et j'ai cru un moment qu'on y arrivait, mais non. Je voulais voir le film parce que j'ai vu que c'était réalisé par Jason Reitman, qui a fait Juno, un film que j'aime beaucoup. J'aurais mieux fait de m'abstenir. Je me suis ennuyée à mort, il n'y avait que les chansons choisies qui n'étaient pas mauvaises. Je n'ai à peu près pu apprécier qu'un seul des personnages principaux, Matt, et j'ai trouvé que son histoire avait été très mal traité. Tout est négligé. Le message qui semble ressortir du film est excessivement mauvais, à moins que je l'ai mal compris, mais vraiment j'ai été estomaquée par certains propos. C'était vraiment pathétique, mais pas dans le sens où je pourrais compatir, dans le sens où c'est ridicule. Les affches du film et sa bande-annonce voulaient nous faire croire que c'était une sorte de comédie dramatique, mais ce n'est absolument pas ça, c'est juste rien. Je partais pourtant sur une note optimiste, mais je suis sortie de la salle dégoûtée d'avoir perdu mon temps. Je n'ai même pas une critique plus longue à formuler, je trouve qu'il n'y a rien à tirer de ce film. Bien entendu, ce n'est là que mon avis, et si vous avez aimé, je serais vraiment curieuse de savoir pour quelles raisons. À bientôt pour un article plus passionnant j'espère ! Portez-vous bien, salut !

Fiche :
Young Adult de Jason Reitman
Sorti en France le 28 mars 2012
Avec notamment Charlize Theron, Patton Oswalt, Patrick Wilson

Bande-annonce :

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