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Qu'il est bon d'être futile !

Dimanche 20 mai 2012 à 13:33

J'ai terminé Le Requiem d'un soupir (oui, déjà), et je fais donc l'article à son sujet, ou du moins j'essaie. D'abord, merci beaucoup à Dawn qui m'a prêté son exemplaire (dédicacé en plus, le mot de l'auteure est tout mimi !). Comme pour Côté face, je me sens le devoir de faire une bonne chronique, détaillée et précise, et pas juste balancer que j'ai aimé ou pas. Bon, je vais commencer par là quand même ! Oui, j'ai bien aimé, plus que ce à quoi je m'attendais. Ce n'est pas mon genre privilégié de lecture, mais je voulais découvrir des petites maisons d'édition et leurs auteurs peu connus. J'ai classé le roman dans "Après le XIXème", parce que le fantastique n'est pas le cœur du roman. Quatrième de couverture : "Une inspiration…une expiration…un soupir… La vie de Mercedes se résume à cela. A 19 ans, elle souffre d’un asthme sévère et ne peut profiter de sa vie comme elle le souhaite. Voyant qu’elle passe à côté de toutes les expériences qu’elle devrait vivre durant son adolescence, une étrange petite fille va venir à sa rencontre afin de lui apprendre à profiter de sa vie. L’asthme est une maladie commune, mais pas moins grave pour autant. Découvrez l’histoire d’une jeune fille qui se bat pour survivre, pour soupirer son requiem…"

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Tout d'abord, je tiens à saluer l'initiative de Tiffany Schneuwly. Je savais que l'asthme pouvait être une maladie grave, mais on l'oublie souvent car oui, c'est assez commun. Ce n'est cependant pas une raison pour oublier que comme toute maladie, elle peut tuer, et elle pourrit la vie. Souligner ces deux aspects prend en compte le véritable ressenti des personnes asthmatiques, qui se sentent sûrement différents des autres, sans que cela soit justifié. Une partie des bénéfices relatifs à la vente du livre étant reversée à la Ligue Pulmonaire Fribourgeoise, Tiffany Schneuwly est d'autant plus à applaudir. Tout comme une personne en bonne santé, les asthmatiques devraient pouvoir profiter de leur vie. Le récit à la première personne permet de se mettre à la place de Mercedes, de vivre son calvaire avec elle. J'ai été émue plusieurs fois dans le récit, et notamment à la fin. L'écriture est légère malgré le sujet, et le livre se lit très facilement (la preuve, je l'ai lu en même pas deux jours). J'ai remarqué dès le début des tournures de phrases qui me paraissaient bizarres, et quand j'ai vu mis ensemble les mots "collège" et "bac", je me suis dit qu'on n'était pas en France, mais comme je ne connais pas du tout les systèmes scolaires des autres pays, je ne voyais pas trop où on se trouvait. Ce sont les francs qui m'ont mis la puce à l'oreille, et après vérification, l'histoire se déroule bien en Suisse. J'aurais apprécié le savoir de façon plus sûre, avec des indications géographiques par exemple, dire que le village où vit Mercedes se trouve non loin de telle grande ville, ou au contraire très loin.  Des descriptions des paysages auraient pu aider aussi. En règle générale, j'ai trouvé que ça manquait de précisions, le décor n'était pas suffisamment planté, donc j'ai eu du mal à me mettre dans la peau de Mercedes, en dehors des moments où elle fait des crises. Là, j'imaginais bien combien ça pouvait être éreintant et douloureux d'après les mots clairs utilisés par l'auteur.

Bon, je n'appellerai jamais ma fille Mercedes, je trouve ça vraiment affreux comme prénom, et j'avoue que ce choix me dérangeait. Après avoir fini ma lecture, je suis allée voir plus en détail la page FB du roman, et là ce choix m'est apparu évident, et très beau, car il s'agit du nom d'une personne que l'auteure semble connaître, et qui est asthmatique. J'ai apprécié les gens qui l'entourent en général, tout en m'interrogeant sur le peu de place accordée au papa de Mercedes dans le livre. Est-ce délibéré ? Je ne sais pas. La sollicitude dont elle est l'objet fait chaud au cœur, et montre la bonne direction à prendre avec les personnes asthmatiques, et malades en général. En revanche, je n'ai pas beaucoup appréciée Mercedes en elle-même. J'ai trouvé son personnage trop butée, trop bornée, même pour une ado. Elle évolue un peu vers la fin, grâce à la fillette qui fait irruption dans sa vie au début de l'histoire, mais j'ai tout de même trouvé son personnage peu convaincant. Les dialogues renforçaient cette impression. Ils sont nombreux (je n'aime pas trop ça en règle générale) et leur registre n'est pas toujours très approprié. Un moment on va avoir un gros mot dans la bouche d'un ado, ce qui me paraît tout à fait normal, et l'instant d'après on a une phrase toute bien construite, avec sujet verbe complément et même le "ne" de la négation qu'on zappe pourtant quasi-systématiquement à l'oral. Le livre, je crois, aurait mérité d'être retravaillé au niveau de l'écriture.

Quant à l'histoire, je l'ai trouvée intéressante dans son ensemble car elle allie le côté vie d'une ado ordinaire un peu mal dans sa peau et vie difficile d'une personne malade. Je regrette pourtant certains éléments un peu trop faciles, ou pas assez développés. Par exemple l'histoire d'amour est très touchante, mais je m'y serais davantage intéressée si elle n'avait pas été aussi linéaire. Quelques éléments m'ont au contraire agréablement surprise, je ne les attendais pas (chapitre 14 par exemple). Le plus dommage, c'est qu'on sait la fin dès la lecture de la quatrième de couverture. Le titre même, en fait. Le mot "requiem" dit tout. Ça ne m'a pas empêchée d'apprécier la lecture, mais c'était très prévisible. L'élément fantastique du livre, la petite fille, n'a pas été un mystère une seule seconde de ce fait. À trop insister sur l'étrangeté de ses apparitions, ce n'était plus intriguant. Quelques ellipses, en entretenant un certain suspens, auraient été bénéfiques pour l'intrigue. Les explications données facilement et le cycle des questions fanent un peu l'histoire je trouve. Un petit mot sur la couverture : le mimosa étant un élément récurrent de l'histoire, je la trouve très bien choisie, mis à part que je ne comprends pas pourquoi le fond est si sombre, un peu gothique, alors que le livre m'a laissé sur une belle touche d'espoir.

Donc voilà, en résumé j'ai apprécié cette lecture, je trouve l'idée très bonne et j'ai passé un bon moment, néanmoins beaucoup de petits défauts me font dire que c'est dommage, tout le potentiel que recelait cette idée n'a pas été exploité au maximum.

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Par se1ena le Dimanche 20 mai 2012 à 18:38
C'est vrai que l'asthme est une maladie archi-méconnue parce-que trop courante. Je savais qu'elle était handicapante mais je ne savais même pas que l'asthme pouvait tuer :S Bel avis en tout cas!
Par Demoiselle-Coquelicote le Lundi 21 mai 2012 à 12:06
Merci ! Tu peux lire ce roman, tu auras une idée plus claire de l'asthme. En tout cas pour moi c'est ce que ça a fait !
Par Raison-et-sentiments le Mardi 17 juillet 2012 à 16:32
Il me tente depuis que je l'ai vu chez Tsuki je crois, faut que je me le fasse prêter u_u
Par Demoiselle-Coquelicote le Mardi 17 juillet 2012 à 16:49
Ça m'intéresserait d'avoir ton avis en tout cas !
 

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