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Qu'il est bon d'être futile !

Dimanche 2 mars 2014 à 15:32

Tout d'abord, un immense merci à Babelio pour m'avoir fait confiance pour la première fois lors de la dernière opération Masse Critique ! En plus, m'envoyer un livre des sœurs Brontë, c'est vraiment un cadeau pour moi... Le Palais de la Mort est un recueil de textes écrits en français par Charlotte et Emily Brontë alors qu'elles étaient à Bruxelles, dans un pensionnat de jeunes filles dirigé par les Héger. Le recueil est publié par les éditions Hermann. Je commence à connaître un peu cette famille étonnante, j’ai lu pour l’instant quatre livres des trois sœurs et quelques éléments biographiques de-ci de-là. J’avais également lu les Devoirs de Bruxelles d’Emily Brontë, publié aux éditions Mille et une nuits.
 
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Le livre commence par une introduction qui nous explique comment deux des trois sœurs Brontë en sont venues à écrire de courts textes en français. Elle est suivie d’une chronologie indiquant les principales dates concernant Charlotte et Emily. Les indications données sont claires et suffisamment détaillées pour comprendre l’intérêt des textes et les apprécier, surtout pour un lecteur néophyte de ces auteures, mais pour ceux qui les connaissent déjà pas mal, c’est un peu faible. Il est également dommage d’y trouver des coquilles laissées suite à la traduction…
 
Globalement, je reste très impressionnée (comme lors de ma lecture des Devoirs de Bruxelles) par la qualité littéraire de ces textes. C’est incroyable la vitesse à laquelle ces deux jeunes femmes anglaises ont appris à écrire un beau français. J’ai peut-être une légère préférence pour les textes d’Emily, mais ça se joue à très peu de choses. Ce que je n’ai pas trop apprécié, c’est le côté très religieux et moralisateur de certains textes. Quant à l’édition, je regrette le manque d’explications sur les textes. On ne connaît précisément les consignes du professeur, Constantin Héger (qu’il appelle « matière »), qu’une seule fois, pour Le Palais de la Mort justement, mais peut-être qu’elles n’ont pas été retrouvées, je l’ignore. Je vais détailler un peu mon avis pour chaque texte.
 
L’Ingratitude et Le Chat : Bien qu’écrits à quelques mois d’intervalle, ces deux textes me semblent poursuivre le même but, à savoir critiquer un aspect de la nature humaine en prenant des animaux comme prétexte. J’ai apprécié L’Ingratitude de Charlotte, qui parle d’un jeune rat, mais sans plus ; j’ai beaucoup aimé relire Le Chat d’Emily, qui est très juste.
 
Le Siège d’Oudenarde : Ce texte raconte un épisode de l’histoire belge, survenu au XVIème siècle si c’est bien ce que j’ai trouvé sur internet (« Oudenarde » s’orthographie plus couramment « Audenarde » apparemment). J’ai l’impression que le but de l’exercice était d’encenser le personnage dont il est question, le comte de Lalaing, donc les descriptions sont partiales, le ton un peu grandiloquent. Je préfère la version d’Emily, qui profite du sujet pour glisser une remarque quasi-féministe.
 
Le Roi Harold avant la bataille de Hastings et Portrait de Pierre L’Hermite : Le but était ici de faire un portrait du même ton que celui de Victor Hugo avec "Mirabeau à la Tribune" (j’ai voulu lire ce texte mais je ne l’ai pas trouvé). Je ne sais pas si ce sont Charlotte et Emily qui ont choisi le personnage dont elles allaient faire le portrait ou si les sujets ont été imposés par leur professeur, mais en tout cas je préfère largement Le Roi Harold d’Emily. Harold est le roi qui a combattu Guillaume le Conquérant, alors que Pierre L'Hermite est un chevalier qui a été très engagé dans les guerres saintes et la religion en général. Le texte de Charlotte s’appesantit un peu trop sur des considérations morales et religieuses à mon goût.
 
Le Papillon et La Chenille : Je regrette particulièrement de ne pas connaître la consigne pour ces textes, qui met très clairement en concurrence les deux sœurs, plus que pour les précédents je trouve. Le début du Papillon d’Emily est très beau, avec des descriptions travaillées, mais le soudain élan religieux à la fin m’ennuie. Dans La Chenille, c’est bien pire encore, donc là aussi je préfère la version de la cadette.
 
Le Palais de la Mort : La consigne est ici très précise et indiquée au début des textes. On sent clairement la rivalité qui pouvait opposer deux femmes désireuses d’écrire et d’être la meilleure. Les deux versions sont très bonnes, je ne saurais dire laquelle je préfère pour le coup.
 
Les derniers textes sont de Charlotte uniquement, Emily n’ayant pas voulu retourner à Bruxelles après la mort de sa tante.
La chute de feuilles, La Mort de Napoléon et Athènes sauvées par la Poésie : le premier texte traite du génie et du travail du poète, il ressemble à un mini-essai. Le deuxième reconnaît la période d’excellence de Napoléon, mais elle fut éphémère et le texte finit par une mini-hagiographie du Duc de Wellington, grand héros anglais du début du XIXème siècle. Le dernier est plus long, il fait une dizaine de pages et m’a beaucoup plu. Pour sauver Athènes du carnage suite à la victoire des Spartiates, un poète prête sa voix à Électre, fille d’Agamemnon. Il y a de jolies descriptions et j’ai beaucoup apprécié les éléments un peu fantastiques et de mythologie.
 
En résumé, c’est un recueil qui je pense intéressera beaucoup les fans des Brontë mais qui aura du mal à toucher un autre public. Encore merci à Babelio pour m’avoir permis de faire cette lecture !
 
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