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Qu'il est bon d'être futile !

Dimanche 14 septembre 2014 à 11:08

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Parmi les auteurs du XIXème, Prosper Mérimée m’était encore inconnu. Il était temps que je le découvre, mais je dois dire qu’il s’agit plutôt d’un rendez-vous manqué pour ma part.
 
Dans La Vénus d’Ille, le narrateur (dont on ignore le nom mais qui pourrait aussi bien être l’auteur lui-même) revient d’un voyage en Espagne. La frontière traversée, il prévoit de s’arrêter dans un petit village où on l’a recommandé à un notable local, M. de Peyrehorade. Avant même son arrivée à Ille, son guide lui parle d’une mystérieuse sculpture que M. de Peyrehorade a trouvée, une idole des temps anciens.
 
J’ai apprécié le style, légèrement désuet, un peu malicieux, ainsi que la façon de Mérimée de mener son histoire (et son lecteur). Toutefois, sur le fond… Cet auteur m’a l’air d’être un peu condescendant par moments (en tout cas le narrateur l’est, même s’il n’a pas toujours tort quant aux jugements qu’il porte). Plusieurs grands thèmes du XIXème sont abordés (les avancées en archéologie et le progrès en général, les différences entre la province et Paris, les changements qui s’opèrent sur les croyances…), mais sans être fouillés. Le texte est de toute façon plus au format nouvelle que roman. Je ne sais pas pourquoi, mais je m’attendais à plus, à quelque chose qui sorte vraiment de l’ordinaire, mais pour ce genre de petites histoires avec une touche fantastique, je préfère largement Edgar Allan Poe. Je n’ai d’ailleurs pas aimé la fin de La Vénus d’Ille, ce n’est pas fait d’une façon que je peux apprécier.
 
Le deuxième texte, La Partie de trictrac, est un récit de marin. Des hommes sur un bateau s’ennuient, et le narrateur nous explique que les histoires contées sont toujours les mêmes et deviennent insupportables à entendre, jusqu’à ce que le capitaine commence un récit qu’il n’a jamais entendu, sur un ami d’antan, Roger.
 
Mouais. Déjà que je n’avais pas des masses accroché avec la première nouvelle, celle-là est encore moins passée, je me suis véritablement ennuyée, et les explications jointes à mon édition ne m’ont pas davantage convaincue. La « chute » est faite un peu dans le même moule que pour La Vénus, les personnages ne sont à nouveau pas très sympathiques, je n’ai pas été emportée par le récit, malgré la toujours très belle maîtrise linguistique de Mérimée. Il est rare que je dise cela d’un texte bien écrit, mais vraiment là ça manque de consistance à mon goût, et j'ai trouvé ça glauque en plus...
 
Je regrette de ne pas avoir aimé cette lecture plus que ça. Je viens de voir que Mérimée a principalement écrit des courts textes comme ceux-ci, et seulement un roman, historique (c’était à la mode…). J’ai encore Carmen dans ma PÀL. Je le lirai, et si je n’accroche pas non plus, après Mérimée ce sera fini pour moi !
 
"Il y a dans son expression quelque chose de féroce, et pourtant je n'ai jamais vu rien de si beau."
 
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