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Qu'il est bon d'être futile !

Lundi 2 juin 2014 à 19:32

Je sais que je triche un peu avec mon défi Imaginales, mais pour ma défense j’avais commencé 3 livres avant le festival, donc il va y avoir 3 chroniques postérieures que je compterai quand même dedans, et ensuite il sera clos (définitivement puisque je ne renouvellerai pas l’an prochain). Cette chronique concerne Noir et blanc, le premier tome de la série Kel d’Andréa Schwartz, que j’avais acheté aux Imaginales de l’année dernière, mais pour lequel je n’avais pas pu avoir de dédicace, l’auteure étant déjà partie lors de mon achat. Chronique garantie sans spoil, contrairement à celle que j’avais vue et qui m’avait raconté des évènements ne survenant que dans la deuxième moitié du livre...
 
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La famille de Shelun et tout leur village kel’bai a été détruit par un raid kel’yon alors qu’elle n’avait que douze ans. Recueillie par un mystérieux hybride du nom de Ieran qui lui apprend à se battre, Shelun grandit et se nourrit de haine et de désir de vengeance. Alors qu’elle a dix-sept ans, la guerre entre les deux Empires est de nouveau déclarée. Shelun ne peut s’en empêcher : elle vole des vêtements et une dague à Ieran, bande sa poitrine et se présente pour s’enrôler. Si ses premiers temps dans l’armée la confortent dans ses idées, elle va finalement se rendre compte que les choses ne sont pas comme elle les avait toujours cru.
 
Le premier tiers du roman m’a paru assez lent, et tout en étant intéressée et en passant un bon moment, j’avais du mal à vraiment rentrer dans l’histoire (peut-être aussi la faute au boulot qui ne me laissait pas le loisir de me poser avec le livre pour avancer dedans !). On suit Shelun pas à pas dans sa découverte de l’armée, et au passage le lecteur découvre un petit peu du fonctionnement de son univers, de l’Empire Kel’bai avec ses codes sociétaux, de son histoire (la guerre contre l’Empire Kel’yon surtout). Shelun est une roturière, et l’armée lui donne l’occasion de rencontrer pour la première fois des nobles, dont le nom est précédé de la particule « Sai ». On intègre au fur et à mesure des éléments qui vont façonner ce monde aux accents asiatiques et vont le rendre plus tangible à nos yeux.
 
On constate rapidement que Shelun est assez tête brûlée. Déjà, elle prend le risque d’être découverte (et donc déshonorée et humiliée, mais apparemment la punition ne sera rien de plus que de la renvoyer avec les civils) et de se retrouver sans rien à l’issue de la guerre (vu comment elle a planté Ieran, il pourrait parfaitement la jeter si elle rentre chez lui). Ça va aussi lui apporter quelques bonnes choses, et des ennuis en masse. Mais Shelun n’est pas des personnes qui raisonnent tout le jour et la nuit. Elle écoute ce que lui dicte son cœur et sa conscience, et tant pis si ça heurte, elle ou les autres. Mes sentiments à son égard sont donc assez ambivalents. D’un côté on admire sa force, sa détermination et sa capacité à remettre les croyances qu’elle a toujours eues en question, et d’un autre on s’agace de la voir par moments si aveugle, si entêtée et insouciante des sentiments des autres. J’ai bien aimé la suivre et quelque part je me suis attachée à elle, mais ce ne sera pas l’un de mes personnages de fiction préférés.
 
Concernant les autres personnages, j’ai un peu de mal à en parler. Ils sont assez nombreux et j’ai parfois eu du mal à me souvenir de leurs liens avec l’héroïne et de leur place dans la hiérarchie militaire, assez complexe et détaillée. J’aime assez Keldan, j’aurais bien aimé en savoir plus sur lui. Aydred m’a beaucoup plu aussi, et le voir plus ne m’aurait pas dérangée. Ashina me plaisait au début, mais l’évolution de son personnage sur la fin est dérangeante (c’est voulu je pense, dans la façon dont c’est présenté). En tout cas, l’auteure ne nous présente pas des militaires tous fondus le même moule, on passe par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et ce dans les deux armées.
 
L’intrigue, quoiqu’assez convenue, est intéressante. J’ai vu qu’elle n’avait pas plu à tout le monde et je peux comprendre, mais je l’ai trouvée plutôt bien menée. L’évolution de l’histoire est cohérente dans l’ensemble (j’apprécie les efforts portés sur la temporalité), même si des petites choses par-ci par-là peuvent paraître un peu exagérées ou pas très bien exprimées. Andréa Schwartz a fait le choix d’aborder des sujets très divers et à mon sens c’est réussi. J’ai avalé le dernier quart du livre, impatiente de connaître la conclusion de cette histoire, or elle est assez frustrante puisqu’elle est très elliptique ! On a donc tout de suite envie de plonger dans la suite pour connaître les détails. Son écriture est agréable, généralement fluide, mais il y a quelques problèmes de forme entre les guillemets, les tirets et les italiques, mais rien qui m’a vraiment dérangée pendant ma lecture.
 
Le côté fantastique est très, très léger. Nous sommes dans un monde imaginaire, certes, mais le temps un peu médiéval qui nous est présenté n’est pas plein de magie ou de créatures merveilleuses. Il y a cependant des détails qui ont attiré mon attention : la couleur des yeux de certains protagonistes (violet ou bordeaux ce n’est pas banal quand même), l’apparente longévité des gens (ou alors l’année n’est pas de la même durée que celle qu’on connaît). Néanmoins, on se sent forcément ailleurs, dépaysé, dans un univers d’inspiration asiatique où l’auteure mélange des coutumes existantes et des us de sa propre imagination. J’ai particulièrement aimé les développements autour des Kael’run et du qage, empruntés aux geisha, au nô et au kabuki, mais aussi les codes vestimentaires des femmes (les peintures de visage ont l’air d’être absolument sublimes). En plus, il ne s’agit là que d’un premier tome, et je ne doute pas qu’on en apprendra encore bien plus dans les suivants (4 sont prévus m’a dit l’auteure), notamment sur les Barbares dans le tome 2 à ce que j’ai compris. Tout cet aspect m’a conquise.
 
Ce premier roman n’est toutefois pas exempt de défauts, j’en mentionnais quelques-uns plus haut. J’y ajoute des moments un peu lents, peut-être un manque de péripéties ou une difficulté à bien les insérer. Et surtout, il y a pas mal de fautes et de coquilles. Je blâme davantage l’éditeur que l’auteure, car sur un roman de presque 500 pages, l’auteure ne voit plus au bout d’un moment ses faiblesses. C’est là que l’éditeur est censé intervenir mais ce travail n’est pas fait, et ce n’est pas la première fois que je le remarque sur des romans de cette maison d’édition. C’est du détail mais je trouve ça important.
 
Pour conclure, ce roman est à la fois une bonne introduction et une belle aventure, pas exempt de défaut mais qui se pardonnent facilement puisqu'il s'agit d'un premier roman.
 
"Si tu avais été avec eux, tu serais morte. Les enfants sont des futurs vengeurs et doivent être exécutés."
 
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