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Qu'il est bon d'être futile !

Lundi 2 mars 2015 à 18:02

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Merci beaucoup à Babelio qui me permet régulièrement d’élargir mes horizons littéraires grâce à ses opérations Masse Critique. Cette fois, j’ai reçu le roman Jeanne des falaises de Catherine Ecole-Boivin, publié chez Presses de la Cité, un éditeur que je trouve vraiment de qualité.
 
Jeanne est née en 1912, dans un coin de Normandie taillé dans les falaises où la vie est restée telle qu’elle était au XIXème siècle. De la mort de son père dépendra toute sa vie, car ce décès marquera violemment sa mère et la façon de celle-ci d’élever ses enfants.
 
J’ai remarqué dès les premières phrases la poésie du style de l’auteure, que je ne connaissais pas du tout. Il  y a de très, très beaux passages, qui ressortent dans le texte et nous prennent par surprise, que ce soient des descriptions de paysage ou l’expression de sentiments. En revanche, j’avoue que par moments je n’ai tout simplement pas compris ce que voulait dire l’auteure, des moments complètement opaques pour moi au niveau du sens. C’est arrivé peut-être trois ou quatre fois, mais ça m’a un peu déstabilisée.
 
De même, bien que j’aie apprécié le personnage de Jeanne, j’ai eu du mal à les comprendre, elle et sa relation avec Germain. J’ai bien vu dans le roman qu’elle était comme prise au piège par sa mère et le coin reculé, presque hors du temps, où elle est née, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’elle a manqué de courage et d’audace et qu’elle mérite les injustices subies. J’ai dans ma famille une histoire d’amour contrarié. Si mes grands-parents n’avaient pas écouté leur cœur, comme Jeanne, je n’existerais même pas, alors je ne peux souscrire aux choix de Jeanne.
 
En outre, je ne vois pas bien quel message voulait faire passer Catherine Ecole-Boivin. Ou souhaitait-elle simplement raconter cette histoire vraie douce-amère d’une façon plus romancée, qu’elle semble avoir déjà abordée d’un point de vue plus documentaire avec Jeanne de Jobourg, paroles d'une paysanne du Cotentin ? J’ai en tout cas trouvé la description de la vie sur la presqu’île de la Hague très intéressante. Je ne suis pas Normande mais j’habite en Normandie depuis quelques mois et j’ai vraiment apprécié le patois, les us et coutumes, les paysages décrits… J’irai bien y faire un tour !
 
Jeanne des falaises est un beau roman, qui ne m’a pas convaincue entièrement pour des raisons purement personnelles. Je retiens la très belle plume de l’auteure, que j’espère relire un jour avec un autre ouvrage.
 
"Adulte majeure tu ne deviendras pas. Tu resteras mineure, Jeanne, orpheline de père "mort pour la France" que la Grande Guerre a porté bas. Grande on ne sait toujours pas de quoi."
 
"Les amours contrariées de la littérature me touchent et me rappellent que l'on ne naît pas libre, même si l'on marche sans chaînes. Moi, la terreuse, j'ai sûrement trop aimé ma terre, je n'ai pas su mener ma guerre pour avoir le droit d'aimer l'homme qui souhaitait partager avec moi, près de moi, un peu de temps qui nous est alloué."

Choses � dire

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Par Fanny Danslemanoirauxlivres le Lundi 2 mars 2015 à 19:52
Il m'attend et je crois qu'il va bien me plaire. Je suis une normande pure souche, je vais forcément attendre l'auteure au tournant! ;)

Merci pour cette belle chronique!
Par Demoiselle-Coquelicote le Mardi 3 mars 2015 à 18:27
Pas de quoi ;)
Par Cassandre romansurcanape le Jeudi 5 mars 2015 à 19:20
J'ai bien aimé son précédent roman, Le petit bonnet de laine rouge, celui-ci me tente bien
Par Demoiselle-Coquelicote le Vendredi 6 mars 2015 à 17:51
Tu aimeras certainement alors :)
 

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