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Qu'il est bon d'être futile !

Dimanche 15 mars 2015 à 12:13

Troisième session de Bookworm Correspondence avec Dolores !

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Pour rappel, le principe est de mettre dans une enveloppe au moins un petit mot conseillant à votre correspondant un livre, un film, et un album de musique.
 
Le thème de Dolores était un peu Nostalgie, puisqu’elle m’a proposé des œuvres l’ayant marquée dans sa prime jeunesse :
 
- Mon nez, mon chat, l’amour et moi de Louise Rennison
- The Magdalene Sisters de Peter Mullan
- Senex Puer de Là Lugh

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Angus, Thogs and Full-frontal Snogging
 
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Dans Mon nez, mon chat, l’amour et moi, Georgia a 13 ans. Elle vit avec ses parents, sa petite sœur et leur chat/bête sauvage. Elle nous raconte ses galères d’adolescente, qui vont du projet de son père de déménager en Nouvelle-Zélande à Super-Canon, en passant par réussir à empêcher Angus (l’animal vaguement félin) de dévorer le caniche des voisins.
 
J’ai lu quelques livres de ce genre quand j’étais ado, comme Dolores lisait celui-là. Je ne me souviens plus des titres, et d’ailleurs je n’ai plus les livres. C’étaient, déjà, des lectures détente et moins « approfondies » que d’autres (comme À la Croisée des mondes). Si je ne m’en souviens pas, c’est que ce n’étaient pas ceux-là que je relisais et que j’aimais le plus, même si sur le coup j’appréciais. J’ai dix ans de plus que Georgia, il a donc fallu que je me remette dans un état d’esprit proche du sien, ce que je n’ai pas tout à fait réussir à faire, je l’avoue (je ne pensais pas avoir autant vieilli…).
 
En fait, ce qui m’a gênée, c’est que 1) Georgia n’a pas de vrai problème ; 2) même si elle raconte tout avec humour, il y a des fois où je n’ai pas pu m’empêcher de me dire qu’elle était vraiment méchante. Il n’y a qu’à voir, par exemple, comment elle se comporte avec son père ou avec ses « amies ». L’histoire m’a donc assez dérangée, et je ne me retrouvais pas du tout dans ce personnage trop mordant.
 
L’écriture est très amusante, et se replonger dans un contexte des années 90 m’a bien plu. Par contre, je ne sais pas si ça plaît encore à des ados d’aujourd’hui, habitués à internet etc… Il y a des passages qui m’ont vraiment fait rire (tout ce qui touche au chat et à la petite sœur, et aussi la soirée chez Georgia). Il y a des moments, en revanche, où je ne saisissais pas du tout l’humour de l’héroïne et où ça me gonflait. L’avantage, c’est que la rédaction copie celle d’un journal intime. Chaque « entrée » est courte, on arrête donc facilement la lecture. En plus le livre n'est pas long, je suis arrivée à la fin sans m’en rendre compte.
 
Au final, je ne sais pas si c’est moi qui suis devenue « trop vieille » (j’ai pourtant adoré certains bouquins YA, comme The Fault In Our Stars ou The perks of being a wallflower) ou si c’est un roman ado qui souffre vraiment de certaines faiblesses, en tout cas je suis assez mitigée.
 
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The Magdalene Sisters
 
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Il y a quelques mois, j’avais lu une série d’articles qui m’avaient fait frissonner d’horreur, sur des « instituts » qui « accueillaient » en Irlande des « femmes dépravées » pour les aider à « faire pénitence ». J’en avais été retournée plusieurs jours et ça a contribué, je dois dire, à la mauvaise opinion que j’ai de l’Irlande moderne (autant je trouve qu’ils ont un patrimoine magnifique et une histoire celte passionnante, autant leur histoire de ces derniers siècles ne m’inspire pas grand-chose de positif). Le film The Magdalene Sisters était mentionné dans ces articles, et j’ai donc eu envie de le voir. Je suis donc très contente que Dolores me l’ait attribué.
 
1964, Irlande. Margaret est violée lors d’un mariage dans sa famille. Rose a donné naissance à un enfant hors mariage. Bernadette flirte avec des garçons dans la cour de l’école. Cela suffit à les envoyer chez les sœurs de Marie-Madeleine, où elles feront face pendant plusieurs années à des heures de travail interminables, l’interdiction de copiner, d’avoir des contacts avec le monde extérieur, de vivre.
 
Ce film m’a sans cesse fait osciller entre la tristesse, la douleur et la colère, voire la rage. Il faut savoir que ces lieux de traitements inhumains n’ont fermé définitivement que dans les années 90. Hier, quoi. Même moi j’étais née. Et que les familles étaient d’accord pour y mettre leur fille, leur sœur. Parce qu’elles étaient fautives. De quoi, j’aimerais bien le savoir. Et l’État aussi savait, et laissait faire. C’est tellement pratique d’effrayer les masses avec la notion de péché et d’enfer, tellement pratique d’asservir par la peur de la religion. Surtout quand ça rapporte des pépètes en plus. Main-d’œuvre gratuite et féminine sous le coude pour faire le linge des plus riches, pour avoir une petite jeune sous le coude en cas de pulsation sexuelle, pour se sentir plus important en humiliant des femmes nues et sans défense.
 
La réalisation est assez proche du style documentaire, ce qui choque encore plus. Ce n’est pas indiqué au début du film, donc une personne qui ne connaît pas ce pan de l’histoire irlandaise (30 000 femmes concernées quand même) ne peut pas savoir que ce sont des faits réels qui seront racontés, mais la façon de filmer nous met la puce à l’oreille. Des plans proches des personnages, peu de dialogues, peu de musique (mélancolique quand elle est présente). On assiste, impuissants, et c’est tout.
 
C’est définitivement le personnage de Rose qui m’a le plus touchée. On pourrait dire que le cas de Margaret est plus révoltant, car elle a subi un viol, ce n’est nullement sa faute et pourtant elle se retrouve là ; Bernadette n’a rien fait non plus ; Rose, au contraire, a couché avant le mariage, elle est donc plus « fautive », mais je ne trouve absolument pas. Il n’y a rien qui justifie de se trouver enfermée dans ce genre d’endroit, absolument rien. Et retirer un enfant à sa mère est un crime, pour la mère et pour l’enfant. Je pourrais parler de Crispina aussi, mais je préfère vous conseiller de voir le film, qui rassemble toutes les pratiques qui ont été recensées dans cet établissement, et montre plusieurs drames qui s’y sont déroulés, et plusieurs parcours de vie.
 
Ce n’est pas un film que je pense revoir pour moi ; par contre je le conseillerai et je le montrerai, car ça fait partie de ces choses sur lesquelles certains aiment faire l’autruche quand on aborde la condition de la femme dans notre société moderne et par rapport à la religion, alors que c’est à regarder en face, bien en face.
 
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Senex Puer
 
La musique traditionnelle fait partie des aspects de l’Irlande que j’aime. Dolores m’a fait découvrir Là Lugh, un groupe qui chante en gaélique et en anglais il me semble. Malheureusement, je n’ai pas trouvé l’album Senex Puer en entier, je n’ai donc pu qu’en écouter quelques extraits sur Youtube, qui m’ont bien plu. Rien qu’avec les titres des chansons, on sent que le groupe s’est beaucoup inspiré de mythologie celtique (rien qu’avec leur nom en fait !). Le nom de l’album m’intrigue aussi, « le vieil enfant », mais je n’ai pas trouvé d’explication dessus… C’est une jolie découverte en tout cas, la musique est très apaisante et entraînante à la fois selon les morceaux.

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Je ressors encore une fois ravie de notre échange !
 

Samedi 25 octobre 2014 à 19:19

Après un premier échange, Dolores et moi avons organisé une deuxième session, pour notre grand bonheur à toutes les deux je crois !

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Pour rappel, le principe est de mettre dans une enveloppe au moins un petit mot conseillant à votre correspondant un livre, un film, et un album de musique.  Je vous montre la photo, déjà postée sur Facebook, de ce que j'avais reçu :

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Cette fois, pas de thème. J'avais à découvrir :

- Océan mer d'Alessandro Baricco
- [500] Days of Summer de Marc Webb
For Emma, Forever Ago de Bon Iver
 
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Océan mer

Vous l’avez vu il y a quelques semaines, j’ai beaucoup, beaucoup aimé le court roman Soie, de l’auteur italien Alessandro Baricco, qui fut l’un de mes coups de cœur de cet été. Donc, quand j’ai vu que Dolores ‘‘m’imposait’’ la lecture d’Océan mer du même auteur pour notre Bookworm Correspondence, j’étais ravie ! (En plus je venais de l'acheter, c'est pas le destin ça ?)
 
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À la pension Almayer, des personnes étranges, au destin particulier, se trouvent réunies devant la mer. Chacun a une relation très spéciale avec elle, et en attend beaucoup. Les chemins et les histoires se croisent, mais tout cela va-t-il bien se finir ?
 
Ce roman est extrêmement déconcertant, vraiment, mais très différent de Soie. Alessandro Baricco semble avoir le don d’écrire des livres absolument uniques, dans leur construction et dans leur contenu. Océan mer est divisée en 3 parties. Dans la première, on fait la connaissance des personnages, assez nombreux, et notamment des pensionnaires d’Almayer, drôle de pension s’il en est puisque le personnel semble constitué uniquement d’enfants, maintenant que j’y pense. Dans la deuxième, un récit de naufrage a deux vois nous est conté. Dans la troisième, chaque chapitre concerne un personnage en particulier, nous dévoilant son destin.
 
Que dire des personnages, en plus qu’ils sont très singuliers... Pour vous donner quelques exemples, il y a Plasson, peintre qui souhaite représenter la mer au mieux sur ses toiles, qui cherche la meilleure façon de s’y prendre, notamment en peignant avec de l’eau de mer, et qui s’avère incapable de finir une phrase trop longue ; Bartleboom, le scientifique qui cherche à détermine où finit la mer ; Elisewin, jeune fille atteinte d’une étrange maladie qui l’empêche de vivre et de mourir...
 
Souvent dans la première partie, le récit semble se perdre. On passe d’un personnage à un autre, on ne voit plus les liens entre eux, on n’est d’ailleurs plus du tout au même endroit, l’histoire est complètement différente, la narration aussi parfois. Je craignais de me perdre et de ne rien comprendre au final mais rassurez-vous, la majeure partie de l’histoire s’éclaire avec la fin et nous laisse pantois devant la construction du roman.
 
Ce livre est étonnant aussi parce qu’il relève de tous les genres ou presque. Roman d’amour, comique (j’ai ri plus d’une fois avec Bartleboom et Plasson !), tragique, d’aventure, policier, conte, théâtre, que sais-je encore. Il est en fait très complet, touche à tout. Si cela paraît désorganisé au début, au final on s’y retrouve très bien parmi les personnages et leurs histoires respectives.
 
L’écriture est magistrale, usant les rouages de l’esprit, les possibilités offertes par la typographie, pour soutenir un récit déjà très original. J’ai reconnu sans problème son style par rapport à Soie, mais l’ambiance est tout à fait différente, si mouvante qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre en tournant la page. Tout peut arriver avec ce roman, et il m’a été impossible de deviner ou pressentir quoi que ce soit des événements.
 
Même pas trois cents pages, mais une expérience de lecture passionnante, qui ne déclenche pas un coup de cœur mais une admiration certaine pour cet auteur, que je ne vais pas manquer de continuer à découvrir ! Quelqu’un pour m’offrir Novecento ?

"En équilibre sur le bord de la terre, à un pas de la mer déchaînée, reposait, immobile, la pension Almayer, plongée dans l'obscurité de la nuit comme un portrait, gage d'amour, dans l'obscurité d'un tiroir."

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[500] Days of Summer

Dolores me connaît drôlement bien. Elle pensait que ce film me plairait, et en effet, je l’avais déjà vu il y a plusieurs années et j’avais adoré. Je venais justement de racheter le DVD pour revoir le film... Le destin, j'vous dis !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Films2/Fivehundreddaysofsummer.jpgC’est l’histoire de Tom et Summer. Tom croit ferme comme tout au grand amour, quand Summer en a une vision pessimiste.
 
J’aime de plus en plus ces petits films indépendants, sans autre prétention, qui nous faire passer un bon moment hors des sentiers battus et des clichés des comédies romantiques (je n’en ai pas apprécié beaucoup...). Le narrateur le dit : "This is a story of boy meets girl, but you should know upfront, this is not a love story." Il est difficile d’expliquer pourquoi cette phrase a tout son sens, tout en étant paradoxale d’ailleurs, sans vous révéler un élément clé du film. Même s’il intervient tôt, je préfère ne pas vous le dire.
 
La construction du film repose sur ces 500 jours. Les scènes voyagent d’un jour à l’autre dans un désordre apparent, pour mieux conduire le spectateur à la fin. Le personnage principal est bien Tom, interprété par Joseph Gordon-Levitt. Summer (Zooey Deschanel) n’est perçue que par son point de vue. Ils sont rigolos et mignons ensemble, et à ce deuxième visionnage, j’avais l’impression de pouvoir lire dans leurs pensées. J’ai trouvé que leur duo fonctionnait très bien. En dehors de ce film, je connais peu ces deux acteurs et ne les apprécie pas plus que d’autres (en particulier, je n’avais pas accroché à New Girl lors de la diffusion de la première saison, j’avais arrêté après quelques épisodes).
 
J’aime ce film parce qu’il est réaliste sur la vie amoureuse du XXIème siècle. Il y a les hauts et les bas, il y a l’idéal et la réalité, il y a les différences de personnalité, les embûches de la vie... Tout cela est dosé comme il faut, et dédramatisé par la même occasion. On compatit, mais le film pousse aussi à réfléchir, et à se dire : « est-ce si terrible que cela se passe de cette façon ? » Je ne sais pas si d’autres spectateurs auraient voulu une autre fin, mais moi pas du tout. Elle est ouverte, elliptique, nous laisse imaginer ce qu’on veut. C’est plus un film sur l’amour et la vie qu’un film d’amour. Comédie romantique ? Non, je dirais vraiment un film indépendant, bien travaillé sur la photographie, avec une bande originale que j’adore (c’est comme ça que j’ai découvert Regina Spektor !), qui touche simplement et fait rire tout aussi simplement avec des personnages vrais, légèrement cassés sur les bords, en tout cas un peu fêlés (tant les principaux que les secondaires). Comme je viens de voir Begin Again, je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement dans le genre (mais Begin Again a vraiment été un coup de cœur intersidéral, [500] Days of Summer n’a pas atteint ce niveau même si j'aime beaucoup).

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Mes passages préférés (sans spoil, mais histoire que ceux qui l’ont déjà vu sachent de quoi je parle) : la fête chez Summer (I’m the hero of the story/Don’t need to be saved ♫♪) et la fin.
 
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For Emma, Forever Ago

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Bon Iver est un groupe américain mené par Justin Vernon (chanteur et musicien). Le groupe est originaire du Wisconsin, État du nord des États-Unis, et apparemment le nom de groupe vient du français "bon hiver".

For Emma, Forever Ago est leur premier album, sorti en 2008. Je connaissais le groupe seulement de nom, et en écoutant l'album j'ai tout de suite compris pourquoi j'en avais déjà entendu parler. Birdy s'est fait connaître en reprenant leur chanson Skinny Love. Leurs chansons ont été reprises dans de nombreux films et séries.

Je n'ai pas eu l'occasion de réécouter l'album récemment, mais après avoir reçu la lettre de Dolores, on l'avait écouté plusieurs fois à la maison et ça nous a beaucoup plu puisqu'on a aussi récupéré leur album de 2009, Bon Iver, Bon Iver.

C'est une musique très agréable en fond sonore, douce mais pas ennuyeuse, parfois pleine d'espérance, d'autres fois de mélancolie. C'est assez "éthéré" par moments. Il faut que je mette les albums sur mon Ipod, même si je n'ai pas le temps de l'écouter en ce moment. En tout cas ça me plaît beaucoup, donc merci Dolores de m'avoir donné l'occasion d'écouter leur musique !
 

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Encore un très bel échange, encore plein de mercis à ma correspondante ! Je vous conseille vivement de tenter ce genre d'expérience, ça ne coûte pas grand-chose et ça apporte plein de bons moments !

Jeudi 15 mai 2014 à 19:06

Reprenant ce que j’ai vu chez Fanny (Dans le manoir aux livres) et chez Cassiopée (La tête dans les étoiles), j’ai proposé à DoloresH du blog Et en plus elle lit d’enrichir notre correspondance existante en proposant à l’autre de découvrir un livre, un film et de la musique. Nos thèmes sont libres, il peut ne pas y en avoir du tout. D’ailleurs pour cette première fois nous avons chacune choisi un thème qui nous plaisait sans en avertir l’autre. Nous ne nous imposons pas non plus de délai. Bref, la souplesse et le plaisir sont de mise ! Je suis tellement enthousiaste que j'ai même fait un petit logo.

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C’est par ici pour voir le billet de Fanny et par là pour celui de Cassiopée sur leur premier échange qui m’a inspirée.
 
DoloresH a choisi comme thème « la beauté », dont elle m’a magnifiquement parlé dans sa lettre, mais je ne vous dirai rien de plus sur ce qu’elle contient, c’est entre nous ! Voici ce que j’ai reçu (la carte est à l’envers, je n’ai pas fait attention en prenant la photo...) :
une lettre
une carte « Ce soir tu seras la plus belle »
un petit vernis rose de chez Bourgeois
un marque page « Madame Butterfly »
Et voici ce que j’avais à découvrir :
Livre : Le Libraire de Régis de Sá Moreira
Film : Bright Star de Jane Campion
Musique : l’album Vieux Frères – Partie 1 de Fauve ≠
J’avais posté sur Facebook la photo ci-dessus avec les œuvres à découvrir. Je pense que je vais conserver ce système, sur le blog il y aura chaque fois un billet reprenant toutes mes découvertes.

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Le Libraire
 
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J’avais déjà entendu parler de ce livre, mais sans plus. D’ailleurs, j’étais à peu près certaine que l’auteur, Régis de Sá Moreira, n’était pas français, j’imaginais bien la petite phrase « Traduit du portugais (Brésil) par... », allez savoir pourquoi. L’auteur est bel et bien français et ce livre est son troisième.
 
En moins de deux cents pages, ce livre nous raconte à quoi ressemble une journée ordinaire du libraire. Pas de n’importe quel libraire hein, le libraire.
 
C’est le genre de chronique que j’ai beaucoup de mal à écrire, parce que je sais que je suis loin, très loin même, d’avoir compris le livre. Là où vraiment je suis perdue, c’est sur les trois femmes de sa vie qu’on voit au début et à la fin...
 
L’auteur alterne entre des considérations proches des réflexions qui pourraient se trouver dans un essai sur la lecture et des remarques ou anecdotes plus réalistes, qu’on imagine bien dans la bouche d’un libraire un peu loufoque ou simplement passionné par son métier. Il y a beaucoup d’humour dans ce roman, mais c’est un humour très particulier (et qui manifestement n’a pas su séduire un certain nombre de lecteurs). Personnellement, j’ai ri plusieurs fois et j’ai raconté certaines scènes à mon chéri qui a trouvé ça drôle également. Le libraire m’a particulièrement fait rire lorsqu’il dégaine des phrases à traduire tirées de méthodes de langue pour faire fuir un client emm*rdant, notamment « Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs. »
 
Régis de Sá Moreira n’a manifestement pas voulu écrire une histoire vraie. Il n’y a d’ailleurs aucun véritable cadre spatio-temporel dans son roman. Je pense que son livre aborde plein de thèmes sur lesquels il aimerait qu’on s’interroge. Les liens familiaux, par exemple. Le libraire ne voit plus ses nombreux frères et sœurs mais leur envoie des pages de livre qui lui ont fait penser à eux. (Je suis tout de même horrifiée qu’on puisse arracher une page à un livre. À sa place je prendrais ma plus belle plume et je recopierais consciencieusement le passage en question.) Ou encore la beauté : le libraire s’émerveille facilement devant les femmes qui entrent dans sa librairie, et il a raison. Le commerce des livres, et de la culture en général : le libraire ne vend pas « ce qui marche », il vend ce qu’il aime et ce qui l’intéresse. L’auteur nous parle aussi de ces sentiments humains qu’on ne comprend pas, qui n’ont pas vraiment de sens, comme l’abattement soudain et sans raison qui nous assaille parfois et nous laisse sur le carreau, incapables de comprendre ce qui vient de nous arriver. C’est aussi plein de petits bonheurs, comme de comprendre un client et de lui donner exactement ce qu’il veut et/ou exactement ce dont il a besoin.
 
C’est vraiment un livre très particulier, et j’en ai lu très peu de ce genre-là. Chaque fois je ne peux pas dire que je n’aime pas, et même plutôt j’aime bien, mais se sentir passer à côté de nombreux éléments est très perturbant. Je vais jeter un œil à la liste des romans de Régis de Sá Moreira, histoire de voir s’il n’y en a pas un autre qui me tente et que je pourrais essayer.
 
"Peu à peu, le libraire se transformait en un recueil de pages pour son amour perdu, pages plus belles les unes que les autres, et dont la beauté, à mesure qu’il la recueillait, embellissait sans qu’il le sache le libraire lui-même."
 
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Bright Star
 
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DoloresH a très bien choisi avec ce film, non seulement parce qu’il rentre parfaitement dans son thème mais aussi parce que je voulais le voir depuis longtemps et que je l’ai acheté tout récemment ! Comme on dit, les grands esprits se rencontrent. Ça a été l’excuse parfaite pour me caler devant en tout cas.
 
Jane Campion nous conte la relation du poète John Keats avec la jeune Frances (dite Fanny) Brawne de 1818 à 1821.
 
J’ai beaucoup aimé ce film, qui est en effet une ode à la beauté. Les images sont d’un esthétisme parfait à mes yeux, c’est tout à fait le genre de réalisation que j’adore. J’ai trouvé la musique belle également, et très douce, et surtout le thème de fond du film est la beauté. John Keats est un poète de l’esthétique, ses textes ne parlent presque que de ça. Ce long-métrage nous montre l’amour créateur de beauté, car Fanny Brawne n’était pas ce qu’on appelle belle, mais John Keats, amoureux, ne pouvait la voir autrement que comme l’incarnation de la beauté.
 
Vous me connaissez, je suis curieuse et donc je n’ai pas pu m’empêcher d’aller fouiller sur internet pour voir si le film est fidèle à la réalité. En fait, il existe pas mal de controverses sur la relation de Keats et Brawne, et chacun a facilement sa propre interprétation. Jane Campion nous en livre donc une parmi d’autres, basée essentiellement je pense sur la correspondance qu’ils ont entretenue lorsqu’ils étaient séparés et sur le fait que la création littéraire de Keats était à son apogée dans ces années-là. Je trouve simplement dommage que la fin nous induise un peu en erreur quant à ce qu’il s’est passé après 1821 et que la sœur de Keats, également prénommée Frances, soit absente du film. Il y a des petits détails par-ci par-là qui sont inexacts, mais rien de grave. Par contre, je m’interroge sur l’intérêt d’avoir autant développé sur la vie de Brown, l’ami chez qui vit John Keats. En outre, je me demande si Jane Campion n’a pas largement extrapolé sur la « coquetterie » de Fanny Brawne. Elle nous la montre en véritable faiseuse de mode, créant des robes qui donneront le ton des saisons prochaines, mais apparemment elle se contentait de s’y intéresser. Je ne suis pas bien sûre.
 
Personnellement je n’y connais rien en poésie, qu’elle soit française ou anglaise, et a fortiori sur John Keats. Il y a bien quelques poèmes que j’aime bien (Le Dormeur du Val de Rimbaud, Souvenir de la nuit du 4 de Victor Hugo ou encore Spleen de Baudelaire) mais c’est une matière à laquelle j’ai du mal à m’intéresser (je pense que j’ai fait un traumatisme avec les métaphores incompréhensibles de certains poètes, ou avec le symbolisme). Néanmoins, je dois dire que la poésie de Keats n’est pas de celles pour lesquelles il faut un doctorat avant d’y comprendre quelque chose. Il parle de choses évocatrices pour tout le monde, avec une langue belle mais simple. Je me dis que je devrais essayer de lire l’un de ses recueils, mais je ne sais pas si j’aurai le courage. En tout cas, cet aspect du film ne m’a pas déplu, contrairement à une crainte que j’avais tout de même un petit peu.

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Sur l’histoire du film, j’ai bien aimé la relation entre les deux personnages principaux, qui démarre très fort dès leur rencontre. C’est une véritable passion qui les consume, avec ses moments de colère, de jalousie, d’incompréhension mais aussi ceux de joie pure, de beauté et de douceur. John Keats interprété par Ben Whishaw m’a bien plu. J’ai aussi beaucoup aimé le frère et la sœur de Fanny, Samuel et Toots. Samuel est joué par Thomas Brodie-Sangster, qui incarne Jojen Reed dans la série Game of Thrones. J’ai également reconnu Claudie Blakley, Charlotte Lucas dans Pride and Prejudice de Joe Wright, qui fait ici Mrs Dilke, une amie des Brawne. Elle m’a nettement plus plu qu’en Charlotte, mais en même temps c’est ce personnage que je n’ai jamais aimé. Globalement j’ai trouvé tout le monde très bon, mais j’ai des réserves sur Abbie Cornish, qui joue Fanny. Physiquement, j’ai l’impression qu’elle correspond très bien, malgré qu’elle semble un peu plus âgée qu’elle ne devrait l’être : elle n’est pas belle mais peut être jolie sous certains jours, pas trop grande ni trop mince. Le personnage a tendance à avoir mauvais caractère,mais par moments c’était peut-être un peu trop. Et surtout, quelque chose m’a gênée aux moments les plus forts en émotion, en particulier à la fin. Je ne suis pas convaincue par son jeu, c’est dommage. Je pense que ben Whishaw était meilleur et qu’une autre actrice aurait peut-être pu mieux lui donner la réplique, mais ce n’est que mon avis.

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En tout cas un très beau film, que je suis bien contente d’avoir dans ma DVDthèque. Pour finir dessus, voici le poème Bright Star qui a donné son titre au film, en version originale puis traduit.
 
Bright star, would I were stedfast as thou art—
         Not in lone splendour hung aloft the night
And watching, with eternal lids apart,
         Like nature's patient, sleepless Eremite,
The moving waters at their priestlike task
         Of pure ablution round earth's human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
         Of snow upon the mountains and the moors—
No—yet still stedfast, still unchangeable,
         Pillow'd upon my fair love's ripening breast,
To feel for ever its soft fall and swell,
         Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever—or else swoon to death.
 
Brillante étoile ! Que ne suis-je comme toi immuable,
Non seul dans la splendeur tout en haut de la nuit,
Observant, paupières éternelles ouvertes,
De la nature patient ermite sans sommeil,
Les eaux mouvantes dans leur tâche rituelle,
Purifier les rivages de l’homme sur la terre,
Ou fixant le nouveau léger masque jeté
De la neige sur les montagnes et les landes-
Non-mais toujours immuable, toujours inchangé,
Reposant sur le beau sein mûri de mon amour,
Sentir toujours son lent soulèvement,
Toujours en éveil dans un trouble exquis,
Encore son souffle entendre, tendrement repris,
Et vivre ainsi toujours-ou défaillir dans la mort.
 
John Keats, 1819
 
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Vieux Frères – Partie 1
 
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Pour commencer, il faut savoir que je suis totalement à la masse question musique. Je n’écoute pas la radio et traîne très peu sur Youtube et autres sites où on peut avoir de la musique, donc je passe à côté d’à peu près tout, le bon comme le mauvais (mais surtout le mauvais...). Je n’avais donc que vaguement entendu parler de Fauve ≠, et je n’avais jamais écouté un de leurs morceaux. Je ne savais même pas dans quel genre se classait leur musique. Eh bien figurez-vous qu’on appelle ça du spoken word. Ce n’est pas du slam, attention, et il est vrai que le rythme et le phrasé sont différents, mais les deux sont liés en France depuis les années 1990 (à ce que j’ai cru comprendre). Sinon, on parle aussi de style du parlé-chanté, car il y a un peu de chant sur certains morceaux.
 
J’ai écouté l’album consciencieusement, dans l’ordre des chansons, et je dois dire qu’au début je n’étais pas fort emballée. J’entendais surtout le manque de rythme, l’absence quasi-totale de rimes. Les paroles, sans être inintéressantes, me paraissaient un peu faciles. Je pense que le groupe veut faire une musique « populaire », dans le sens où elle parle « à tout le monde », et en effet beaucoup de (jeunes) gens peuvent se retrouver dans la génération désenchantée et le gars moyen paumé décrit par Fauve.
 
J’ai commencé à apprécier quand j’ai écouté Infirmière. Là, j’ai vraiment été touchée, le texte m’a rappelé certains moments passés douloureux de ma vie, et traite de sujets intemporels. La solitude, l’envie d’aimer et d’être aimé, l’incompréhension des autres et de soi... Et puis le refrain est chanté et j’ai vraiment remarqué la mélodie derrière le texte dès la première écoute. Je l’ai d’ailleurs écoutée pas mal de fois depuis (au grand dam de mon chéri qui n’apprécie pas du tout ce groupe). La chanson Lettre à Zoé y fait écho mais m’a moins convaincue.
 
J’ai bien aimé également Tunnel, les paroles sont intrigantes et il y a une part laissée à l’imagination de celui qui l’écoute. Globalement j’ai apprécié cet album, même si ce n’est pas ce que je préfère en musique. Je valide l’attention portée aux textes et les sentiments forts qui s’en dégagent, mais je regrette tout de même la musicalité, souvent aux abonnés absents. J’écouterai la partie 2 de l’album, car ce choix n’est pas courant et s’annonce intéressant, créant une « histoire » racontée par le narrateur en spoken word.
  
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J'ai adoré cette première expérience, alors un grand merci à toi DoloresH ! J'espère la renouveler rapidement ! En attendant, j'attends anxieusement son retour sur ce que je lui avais proposé. À bientôt j'espère pour un autre numéro !
 

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