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Qu'il est bon d'être futile !

Mercredi 12 décembre 2012 à 20:03

Alors voilà, comme je me revendique (quand même !) Janéite, je me suis dit qu'il était temps de faire un article pour centraliser un peu tout ce que j'avais en austeneries ! J'ai pris des photos pour illustrer tout ça, sachant que je ne mettrai pas les couvertures des romans que j'ai en ebooks (je n'ai même pas encore la liseuse qu'il faut pour les lire de toute façon) et qu'il manque sur les photos La Mort s'invite à Pemberley, qui est actuellement en vacances chez ma maman. Mais sinon je pense que le compte y est ! Allez, c'est parti !

Ses romans :
 
- Juvenilia
- Lady Susan
- Raison et sentiments
- Orgueil et préjugés
- Mansfield Park
- Emma
- Emma (VO)
- Northanger Abbey
- Persuasion
- Complete edition (les six romans principaux plus Lady Susan, VO)
- Lady Susan, The Watsons, Sanditon
- Lady Susan, The Watsons and Sanditon (VO)

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Le premier que j'ai acheté, c'est bien entendu Orgueil et préjugés. Je ne sais plus exactement dans quel ordre ça c'est fait, mais il me semble qu'une prof d'anglais qu'on avait en remplacement de notre prof habituelle nous avait fait étudier les premières phrases du roman, puis elle nous avait montré une interview de Keira Knightley qui parlait du livre, sur le tournage, avec Chatsworth en fond. J'avais été subjuguée, donc j'ai regardé le film, puis je me suis précipitée à la librairie pour acheter le bouquin (ou était-ce dans l'autre sens ? Je ne sais même plus). Après j'ai enchaîné sur Raison et Sentiments, Persuasion puis Mansfield Park, et Lady Susan aussi. J'ai attendu plus longtemps pour découvrir Emma, et enfin cet été j'ai lu les Juvenilia et Northanger Abbey. Je n'ai jamais lu la version d'Emma que j'ai en anglais. Cet été j'ai acheté une édition complète en Ecosse, et ma chère Dawn m'a offert Sanditon et Les Watsons en VF et en VO ! Ne me reste plus qu'à les lire, et à relire tous les textes de Jane en VO...

Les livres sur elle :

 
- Memoirs of Jane Austen de James Edward Austen-Leigh (VO) ebook
- Our Own Particular Jane de Joan Mason Hurley (VO)
- Becoming Jane de Jon Spencer (VO)
- Jane Austen, passions discrètes de Claire Tomalin

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Alors, ici nous avons mes deux biographies, l'une offerte par ma maman (Jane Austen, passions discrètes) et l'autre dénichée en Ecosse (Becoming Jane Austen), plus une pièce de théâtre inspirée de la vie de Jane et de ses oeuvres écrite par une descendante de l'un de ses frères (Our Own Particular Jane).
Pour la littérature para-austenienne, les deux livres en VO viennent de mon voyage en Ecosse, et le reste c'est acheté en France ou offert par Dawn !
 
Les romans para-austeniens :
 
- The Darcys & the Bingleys: A Tale of Two Gentlemen's Marriages to Two Most Devoted Sisters de Marsha Altman (VO)
- The Darcys & the Bingleys: Mr Darcy’s Great Escape de Marsha Altman (VO)
- Les Filles de Mr Darcy de Elizabeth Aston
- Les Aventures de Miss Alethea Darcy de Elizabeth Aston
- The Darcy Connection de Elizabeth Aston (VO)
- Sanditon terminé par une autre dame de Jane Austen, chez Le Livre de Poche
- Jane Austen à Scargrave Manor de Stephanie Barron
- Jane Austen et le révérend de Stephanie Barron
- Jane Austen et l’arlequin de Stephanie Barron
- Jane Austen et les fantômes de Netley de Stephanie Barron
- Charlotte Collins de Jennifer Becton
- Caroline Bingley de Jennifer Becton
- Georgiana Darcy’s Diary de Anna Elliott (VO) ebook
- Le club Jane Austen de Karen Joy Fowler
- Le journal de Mr Darcy de Amanda Grange
- Le journal de Mr Knightley de Amanda Grange
- Le journal du colonel Brandon de Amanda Grange
- La Mort s’invite à Pemberley de P.D. James
- Willoughby's Return: A Tale of Almost Irresistible Temptation de Jane Odiwe (VO)
- Mr Darcy’s Letter de Abigail Reynolds (VO) ebook
- Becoming Elizabeth Darcy de Mary Lydon Simonsen (VO) ebook
 
Livres lus
Livres lus grâce à un prêt (que je ne possède pas donc)
 
Les austeneries :
 
Orgueil et préjugés (blu-ray)
Marque-pages
Collier
Boucles d’oreilles
 
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Et pour finir, mon blu-ray de Orgueil et préjugés (il faut absolument que je m'achète le coffret regroupant l'essentiel des adaptations de la BBC), les bijoux faits et offerts par Dawn (je les adore !), plus ses MP et celui de Kyra (le MP Jane Austen au milieu, merci encore ma belle, il est trop beau !) et ceux que j'ai fait (plusieurs sont des ratés que j'ai gardés plutôt que de les envoyer à leurs destinataires, pour qui j'en ai refait des beaux !).

Lundi 10 décembre 2012 à 11:49

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Pendant les vacances, Matilda m’avait gentiment prêté Les Filles de Mr Darcy, et j’avais légèrement détesté (hem hem, pour vous rafraîchir la mémoire, le billet est là). Maso comme je suis, j’ai quand même voulu lire la suite, Les Aventures de Miss Alethea Darcy, et puis il faut bien que je me fasse une raison : Elizabeth Aston a énormément écrit « à partir » de Jane Austen, donc si je suis décidée à lire de la littérature para-austenienne, il faudra que je passe par elle, entre autres.
 
L’avantage dans ce deuxième volume, c’est qu’on voit très peu les personnages de O&P. Et donc, j’ai eu moins d’occasion de bondir en disant « mais c’est n’importe quoi !! », même si c’est encore arrivé quelques fois. (Chaque fois qu’on voit Letty, je ne peux m’empêcher de penser que jamais les Darcy n’aurait eu une fille comme elle ! Et son Mr Fitzwilliam ne me plaît pas du tout.) Comme l’ont dit la plupart des lecteurs, il est plus facile d’ « oublier » que c’est censé être une suite d’un roman de Jane Austen, car on s’éloigne tellement de l’original qu’on finit par presque ne plus y penser. Et ce n’est pas un compliment. Encore une fois, j’ai eu l’impression que l’auteure utilise la renommée du nom Darcy et de Jane Austen pour faire vendre ses livres. Pour avoir autant écrit à ce sujet, je crois qu’Elizabeth Aston doit réellement avoir de l’admiration pour Jane, mais c’est bien mal lui rendre hommage que d’écrire des romans comme ceux-là. Et c’est dommage, parce que ce deuxième tome aurait pu être agréable sans cet aspect pseudo-austenien.
 
Maintenant que j’ai re-craché mon venin, je vais essayer de parler de l’histoire pour ce qu’elle est. Le pitch, c’est qu’on est quelques années après la fin du premier tome (trois ans il me semble). Alethea, la benjamine de la famille, s’est mariée sur un coup de tête – et donc sans véritable attachement – à Mr Napier, un homme aux dehors agréables. Mais arrivée dans sa demeure à la campagne, Alethea vit un enfer. Se sentant acculée, elle décide de fuir la maison de son époux et s’en va rejoindre sa sœur Camilla, qui réside à Venise. Elle parcourt l’Europe avec sa femme de chambre Figgins, toutes deux déguisées en hommes. Dans le même temps, on suit Titus Manningtree, un homme dans la trentaine, célibataire, qui lui aussi entreprend de joindre Venise pour récupérer un trésor de famille, un magnifique tableau de Titien.
 
D’abord, les deux tomes peuvent se lire séparément. Pas besoin d’avoir lu le premier pour comprendre le deuxième. Le début était un peu lent, j’ai eu du mal à démarrer. On apprend que petit à petit ce qui est arrivé à Alethea, et ça m’ennuyait, parce que ça me semblait assez clair malgré tout le mystère que l’auteure semblait vouloir en faire. C’est le plus gros défaut du roman : la prévisibilité. Le caractère de Titus était limpide depuis le début, je savais comment il allait évoluer, et c’était la même chose pour Alethea. De ce fait, je pense que le roman était un peu trop long, cinq cents pages n’étaient pas nécessaires pour conter cette histoire.
 
C’est tout de même un roman d’aventures chic, comme il en existait beaucoup au XIXème siècle. Heureusement, Elizabeth Aston n’a pas fait comme les auteurs de cette époque, qui écrivaient des romans-fleuves ! Les rebondissements sont agréables, pas forcément attendus sans pour autant surprendre le lecteur de façon extraordinaire. J’ai bien aimé quelques nouveaux personnages, et surtout Lady Hermione et Mr. Hellifield, des amis de Titus. Le changement assez fréquent de point de vue donnait un dynamisme bienvenu au roman. La fin était attendue, je n’en doutais pas une seconde, mais en même temps, qui en aurait voulu une autre ? Un regret quand même, que je mets en SPOIL : au final, on ne sait même pas ce qu’il en est de cette histoire de tableau ! A quoi ça sert de nous en faire tout un foin pendant les deux tiers du roman pour ne même pas savoir ce qu’il devient ? D’accord, ça sert à montrer la prise de conscience de Titus quant à sa propre fatuité, mais l’auteure aurait pu nous filer l’information de manière détournée quand même !
 
Je conseillerais ce roman à ceux qui ne cherchent qu’une lecture divertissante, loin de la grande littérature, et qui ne sont pas fans de Jane Austen, parce qu’on ne retrouve rien de la grande dame dans ce roman.
 

Vendredi 7 décembre 2012 à 16:57

Comme pour Northanger Abbey, je n’avais jamais vu d’adaptation du roman de Jane Austen Mansfield Park. J’ai hésité entre l’adaptation de 1999 et celle de 2007. La deuxième ne me disant rien, mais rien du tout (la tête de l’actrice m’horripile), je me suis décidée pour la première des deux (pour être précise, j’en ai une autre de 1983, mais en plusieurs épisodes, pas au format film, et là je voulais au format film).

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La première chose, c’est que je me suis rendue compte que je me souviens très mal du roman. Je l’ai lu au lycée, et une relecture s’imposerait ! Vivement que je trouve un peu de temps pour. J’ai donc redécouvert l’histoire de Jane Austen, en haussant parfois les sourcils. Certaines choses ne me rappelaient vraiment rien du tout et me paraissaient décalées par rapport aux écrits de Jane Austen. Il y a la question de l’esclavage, qui revient plusieurs fois dans le film et qui n’existe pas dans le roman je crois. Elle sert à mettre en avant l’humanité et l’intelligence de Fanny, ce qui n’est pas une mauvaise idée, mais elle va trop loin. Il me semble que la révélation vers la fin sur Lord Bertram détone trop avec l’œuvre de Jane Austen. Par contre, j’ai beaucoup aimé le mélange fait entre le personnage de Fanny et l’auteure elle-même : dans cette version, Fanny écrit des histoires, d’abord pour sa sœur restée chez leurs parents, puis de façon plus générale. Et quelle surprise de la voir au début du film écrire « L’Histoire d’Angleterre » que j’ai lue dans les Juvenilia de Jane Austen ! C’était un clin d’œil très sympathique pour les fans de l’auteure, en tout cas j’ai adoré, même si je trouve que ça dénature un peu le personnage de Fanny, dont je me souvenais pas ainsi (mais là, mes souvenirs me trompent peut-être). Un autre défaut qui m’a un peu ennuyée, c’est le comportement de certains personnages. Je sais qu’ils sont censés se comporter de manière assez libre, choquante pour des personnes de bonnes mœurs (comme Fanny), cependant j’ai trouvé cet aspect un peu exagéré dans le film. C’est tout juste si certains ne s’envoient pas en l’air devant les autres !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/JaneAusten/edmundbetram.jpg[Edmund, l'air si sérieux...] 

Parlons des acteurs. Moi qui n’étais pas du tout fan de Fanny (c’est un jeu de mot pourri, ça, non ?), j’ai beaucoup aimé l’interprétation de Frances O’Connor, à me demander si j’avais mal compris ce personnage lors de ma lecture ou si le choix du réalisateur s’éloigne du roman. J’ai trouvé Edmund un peu pâlot par contre. A côté de Fanny il fait un peu grognon, et je n’étais pas tellement contente à la fin, comparé à mon bonheur devant d’autres dénouements austeniens. Je le trouve un peu faible, à lorgner sur Miss Crawford, surtout quand on découvre sa « vraie » personnalité à la fin. J’ai trouvé étrange que Fanny fléchisse à un moment dans le film devant Mr Crawford. Cela donne une image très inconstante de ces deux héros et donc les ternit un peu beaucoup. Mis à part ça, les acteurs dans l’ensemble sont bons, aucun ne m’a paru décalé.

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Malgré plusieurs défauts soulevés, j’ai vraiment beaucoup apprécié cette adaptation, qui réussit à me réconcilier avec ce roman de Jane Austen qui m’a laissé un souvenir moins lumineux que O&P ou R&S, lus au même moment. Le problème, c’est que j’ai vraiment envie de relire Mansfield Park et qu'il s'agit du plus gros roman de l'auteure, alors j'ignore quand je trouverai le temps...
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/JaneAusten/crawfords.jpg[Les Crawford.]

Mardi 4 décembre 2012 à 17:53

J’ai lu cet été le roman Northanger Abbey de Jane Austen, et je me suis donc décidée à voir enfin son adaptation télévisée de 2007. J’ai eu beau chercher celle de 1986, je ne l’ai pas encore trouvée (juste en russe, mais là… non !). Je croisais donc les doigts pour aimer celle de 2007, car c’est pour l’instant la seule que j’ai.

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J’ai mal senti le début : l’actrice, Felicity Jones, me semblait cruche ! Quand sa bouche est ouverte, elle avait vraiment l’air idiot. Et puis le film avançant, on voit sa gentillesse, son ingénuité, on s’attache à elle, et son physique ne m’a plus du tout dérangée. Même, j’ai trouvé que sa jeunesse seyait très bien à Catherine, qui n’a après tout que 15 ans. C’est finalement un très bon choix, elle m’a convaincue.

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Quant à J.J. Field en Mr Tilney, la première fois qu’il apparaît, je me suis dit « mince, il n’est pas franchement beau ! », mais dès qu’il ouvre la bouche, ses mots le rendent charmant. Un peu plus séduisant et il aurait été vraiment parfait. J’étais tout de même contente de le voir plus que dans le roman, il m’a davantage fait rêver dans le film que dans le livre.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/JaneAusten/CatherinMorlandMrTilneyNorthangerAbbeynorthangerabbey6403420450450.jpg[Je n'ai pas trouvé d'image de belle qualité où on le voit avec son merveilleux sourire...]

Les autres acteurs sont généralement très bien. Carey Mulligan m’a bluffée en Isabella Thorpe. L’acteur qui joue son frère est détestable comme il faut. Les Allen correspondent à l’idée que je m’en faisais. Le Général et le Capitaine Tilney étaient comme je les imaginais, par contre l’actrice qui joue Miss Tilney m’a paru trop âgée pour le rôle, qu’elle incarne bien des autres points de vue.

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Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est le mise en images de l’imagination débordante de Catherine. Elle part dans ses délires et on la suit aisément. Ces passages m’ont fait beaucoup rire, jusqu’au moment fatidique où son imagination l’a emportée trop loin. La fin est un peu brutale, comme dans le roman, et c’est dommage. J’aime les développements à la fin.
 
En bref, c’est une bonne adaptation, fidèle à l’esprit de Jane Austen et qui m’a beaucoup divertie. Je ne l’avais jamais vue mais la reverrai avec plaisir ! En plus, c’est une adaptation faite par ITV, qui m’avait beaucoup déçue avec Persuasion et Titanic. Me voilà réconciliée avec la chaîne ! (Il faut dire que Downton Abbey y est pour l’essentiel…)
 

Mardi 23 octobre 2012 à 15:11

Aujourd'hui, petit article austenien écrit après ma dernière relecture de Persuasion, à Noël dernier, et remis à l'ordre du jour. Persuasion est le dernier roman écrit (terminé) par Jane Austen. Certaines personnes ayant étudié la dame et ses ouvrages soutiennent qu'elle ne l'avait pas complètement achevé, malgré que l'on sache qu'elle a repris la fin dont la première version ne lui convenait pas. En effet, si elle l'avait vraiment terminé, elle l'aurait probablement proposé à l'édition, mais ce ne fut pas le cas (peut-être n'en a-t-elle pas eu le temps...). C'est l'un de ses frères, Henry, qui l'a publié après son décès. Je crois donc que ce roman n'est pas abouti. De tous ceux qu'elle a écrit, c'est d'ailleurs celui que j'apprécie le moins, et je pense bien que ce n'est pas un hasard.
 
Le roman :

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L'histoire, c'est celle d'Anne Elliot, une jeune femme de 29 ans dont le père est baronnet. Tout comme sa fille aînée, Elizabeth, il est pétri d'orgueil, certain de valoir mieux que chacun. Aussi bien vont-ils vivre comme le pire déshonneur de devoir louer leur magnifique demeure de Kellynch. Depuis que Mrs Elliot est décédée, ils ont été dépensiers à outrance malgré les efforts d'Anne pour conserver la fortune familiale. Leurs locataires seront l'Amiral Croft et son épouse. Mr Elliot et sa fille partent à Bath, tandis qu'Anne part rester quelques temps avec son autre soeur, installée à quelques lieues depuis son mariage avec Charles Musgrove. Mais Anne panique : Mrs Croft est la soeur du Capitaine Wentworth, son amour de jeunesse, à qui elle avait refusé de l'épouser sur les conseils de Lady Russell, femme d'un certain âge qui était l'amie intime de sa mère. Comment leurs retrouvailles vont-elles se passer ?

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Pourquoi l'ai-je moins aimé ? Peut-être déjà parce que j'ai fait le rapprochement immédiat avec Charlotte Lucas, la meilleure amie d'Elizabeth Bennet dans P&P, que je n'ai jamais beaucoup appréciée. Jane Austen voulait pourtant aborder le thème cher à son coeur du mariage d'amour quand les conventions et les nécessités voudraient des mariage de raison sous un aspect différent, et avec une héroïne placée dans une situation tout autre. Contrairement à Emma Woodhouse, elle n'est plus réellement riche. Elle a 27 ans, donc elle ne peut plus vraiment espérer se marier. Elle n'est pas non plus particulièrement jolie. Mais voilà, tout le monde le dit, elle est gentille, Anne. Elle s'occupe très bien de ses neveux, elle est toujours prête à aider, à compatir. Et ça ne m'a pas plu. Je ne lui ai trouvé aucun caractère. La "persuasion" qu'elle subit de sa grande amie Lady Russell me semble persister tout le long du roman, fin comprise. SPOIL Si elle peut finalement épouser Wentworth, ce n'est pas parce qu'elle s'est affranchie de cette tutelle,  mais simplement parce qu'à présent personne ne peut s'y opposer : son père n'est plus en position de minauder, Lady Russell non plus, car Wentworth est très bien vu, et les guerres napoléoniennes l'ont rendu très riche. En dehors d'Anne, beaucoup de personnages très énervants se côtoient dans ce roman. La famille d'Anne : Mary toujours "souffrante", toujours à se plaindre ; Mr Elliott tellement imbu de lui-même, une vraie tête à claques ; et Elizabeth tellement sûre d'elle-même et tellement ridicule avec sa Mrs Clay... Le capitaine Wentworth n'est pas passionnant non plus pour un héros austenien. En revanche j'ai généralement bien aimé les Musgrove, les Croft et Benwick, mais ces personnages sont un peu moins détaillés. Henriette et Louisa Musgrove, étonnamment, ne m'ont pas irritée. Elles sont très vivantes, ça fait plaisir à voir, un peu comme Lydia et Kitty Bennet mais en moins sottes.

Persuasion by ITV (2007) :

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Le pire, peut-être, avec Persuasion, c'est son adaptation par ITV en 2007. Il faut laisser les adaptations austeniennes à la BBC (qui a racheté les droits à ITV sur cette adaptation apparemment, puisque comme vous pouvez le voir sur l'image ci-dessus, c'est écrit en haut à gauche "BBC video"), elle s'en tire comme un chef, mais alors ITV... J'exagère peut-être un peu, mais vraiment ça n'a fait qu'empirer ma vision du roman, qui sans être émerveillée, n'était pas si mauvaise. J'ai trouvé que les acteurs jouaient mal, je n'ai pas été émue, je me suis ennuyée... Je ne peux pas vous donner davantage de précisions, cette adaptation s'est effacée de ma mémoire ! Je la reverrai certainement un jour et alors peut-être reverrais-je mon jugement.

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Samedi 28 juillet 2012 à 19:10

Commençons l'article par : "de l'utilité des forums, et en particulier Livr@addict". Souvenez-vous, il y a quelques temps, je disais que j'étais déçue de ce forum, qui ne m'apportait rien en dehors des services pratiques qui permettent de constituer bibli, wishlist et PAL. Eh bien, grâce à ce forum, j'ai également pu participer aujourd'hui et pour la première fois à une rencontre sur Lille entre lecteurs, et c'était fort sympathique ! Bon j'ai encore fait des achats. Et on m'a montré une librairie que je ne connaissais pas (tu parles d'une idée... Pauvre porte-monnaie, qui se sent si vide !). Au moins, je n'ai acheté que de l'occas'. Je vous montre ? Allez hop !

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Deux Agatha Christie pour ma collection, Porte de la paix céleste de Shan Sa parce que j'ai beaucoup aimé La joueuse de go, La femme de chambre du Titanic parce que ça m'intrigue, et surtout, Caresser le velours de Sarah Waters, qui a fait l'objet d'un OMW il y a peu... Bref, je suis contente ! Et encore, je me suis retenue. Il y avait d'autres Agatha Christie, et aussi un autre Shan Sa. On a fini au Café Citoyen devant un verre, et j'ai dû partir la première (on a un emploi du temps chargé ou pas). En tout cas, à refaire !

Bon, ce n'était pas le sujet de l'article, vous étiez donc autorisés à sauter ce qui précède. Je sais, je vous le dis en retard, mais c'est pas grave. Le sujet, c'est que j'ai regardé récemment une version de Pride and Prejudice que je n’avais encore jamais vue, celle de la BBC datant de 1979 apparemment. J’avais vu les deux premiers épisodes il y a quelques semaines, et je n’avais pas trop accroché, puis il y a quelques jours je me suis dit que je devrais terminer, quand même. J’ai bien fait, car les trois derniers épisodes sont bien mieux passés que les deux premiers.

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Commençons par parler de la mini-série (5 épisodes de 50 minutes environ) de façon générale. Je trouve qu’elle a mal vieilli, beaucoup plus que d’autres « vieux » films que j’ai vu. La façon de tourner ne m’a pas plu du tout, même si ça se sentait plus à certains moments qu’à d’autres. On se sent plus au théâtre que devant sa télévision, je n’ai pas trouvé ça agréable, et pourtant j’aime beaucoup le théâtre ! La musique également m’a beaucoup gênée, là je l’ai vraiment trouvé mauvaise, des fois le thème ne collait même pas avec l’intensité, la joie, ou la tristesse du moment ! Le réalisateur a pris le parti de beaucoup coller au texte (ce qui n’est pas un mal en soi) en nous faisant entendre les pensées de Lizzie. Ça manquait beaucoup de naturel. Je préfère les non-dits, les sous-entends, les regards implicites des deux autres versions. J’ai également été très déçue par les lieux de tournage en général. Longbourn n’a pas du tout retenu mon attention, et j’ai trouvé Pemberley vraiment moche, oui moche ! Intérieur et extérieur compris !
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/JaneAusten/Lizzie-copie-1.jpg[Lizzie.]

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[Jane.]

Passons aux personnages. J’ai bien aimé l’actrice qui incarne Lizzie, elle est mignonne juste ce qu’il faut, avec un petit air malicieux, et semble effectivement son âge ou à peu près, mais j’ai trouvé son jeu parfois trop poussé (le côté théâtral peut-être ?), elle fait une Elizabeth trop impertinente. Par contre, Mr Darcy est très bien choisi. Au début je ne l’aimais pas du tout, avant de me rendre compte que c’était les moments où il se comportait en goujat ! Puis les épisodes passant, je l’ai trouvé vraiment très bien, surtout quand on le voit avec les Gardiner à Pemberley. Sombre et hautain au début, il se révèle parfait ensuite. Sur Jane, je suis très mitigée. Effectivement elle est belle, plus belle que Lizzie, mais je ne la trouve pas douce ou particulièrement gentille. Elle ne sert vraiment à rien dans cette version. D’ailleurs, elle a très peu de dialogues. Et elle fait un peu vieille aussi pour le rôle. J’ai été étonnée que Mary ait autant de dialogue, j’avais l’impression de l’entendre plus souvent que d’habitude. Lydia ne m’a pas convaincue, je me suis dit en la voyant et en l’entendant : « mais elle est conne ! ». Le pire, c’était Kitty. Ses pleurs me tapaient sur le système, l’actrice jouait mal, c’était ridicule. J’ai eu aussi beaucoup de mal avec Mrs Bennet. Mr Bennet ne m’a pas marquée outre mesure, mais sa relation avec Lizzie était touchante plus que dans la version de 1995. J’ai un peu bugué sur Georgiana : pourquoi a-t-elle l’air d’être vieille et en deuil ? J’exagère à peine. Bingley était vraiment bof, il fait pataud, limite un peu babache. Par contre Miss Bingley était parfaite : loin d’être moche mais pas aussi belle que les aînées Bennet, c’est une vraie bonne petite peste. J’ai également remarqué que le colonel Fitzwilliam avait l’air trop vieux, tout comme Wichkam, qui ne m'a vraiment pas séduite. Lady Catherine était très bien aussi, mais un peu jeune d’apparence dans son cas.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/JaneAusten/Darcy.jpg[Darcy.]
 
Sur les scènes clés de l’histoire… La demande en mariage manquait un peu de sentiments, de passion je trouve. Le passage suivant, de la lettre, était carrément chiant. Par contre la rencontre entre Elizabeth et Darcy à Pemberley était très bien, jusqu’à ce qu’on nous refasse le coup d’entendre les pensées de Lizzie. J’ai adoré la sollicitude de Darcy quand on apprend pour la fugue de Lydia, on voit bien qu’il a changé, mais Lizzie ne le sait pas encore. J’ai trouvé la scène entre Lizzie et Lady Catherine très mauvaise, heureusement la scène finale rattrape un peu.
Pour résumé, je dirai que cette version est malgré tout sympathique, loin d’être horrible, mais elle a beaucoup plus de défauts à mes yeux que les versions ultérieures. Je la conseille vivement aux fans de Jane et de P&P !

Jeudi 26 juillet 2012 à 10:12

Mes enfants, je suis officiellement l'une des filles les plus chanceuses sur terre. Mon chéri est tellement aux petits soins avec moi, je me demande si je le mérite. Hier matin, la sonnette a retenti, trop tôt, j'étais pas réveillée, pas habillée, bref pas du tout en état. Dans l'après-midi, on passe à la Poste récupérer le colis (Amazon) et juste avant il me dit que c'est le livre qu'il a commandé pour préparer son concours et un petit truc en plus, pour moi. Et qu'est-ce que je découvre ? Druide ! Que je veux depuis des semaines, qui a l'air trop génial, que j'ai vu sur je ne sais combien de blogs, et là voilà, il est dans ma bibli. J'avais fait un OMW dessus, si vous voulez voir de quoi il s'agit. J'ai hâte de me lancer !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/JaneAusten/LostinAusten1.jpg[Désolée, sa tête ne me revient vraiment pas.]

Sinon aujourd'hui, je vais vous faire un article sur la série Lost in Austen, qui a été rebaptisée Orgueil et quiproquos en français je crois. Elle est passée sur Arte il y a peu, enchantant beaucoup de Janeites. Comme d'habitude, je prends le contre-pied... Je vous promets que je ne le fais pas exprès. J'ai vu cette série de quatre épisodes cet hiver. C'est une création d'ITV datant de 2008 avec entre autres Jemima Rooper (Amanda Price), Elliot Cowan (Mr Darcy), Morven Christie (Jane Bennet), Tom Mison (Mr Bingley) et Gemma Arterton (Elizabeth Bennet). J'étais curieuse tout de même, vu l'idée ! Amanda Price est une jeune femme britannique de notre époque, fascinée par Pride and Prejudice. Elle rêve de Darcy, s'imagine le rencontrer. Mais sa vie réelle est bien moins "romantique" : elle se retrouve à refuser la demande en mariage de l'un de ses amis, complètement ivre. Et un soir, elle entend du bruit dans sa salle de bain, où elle trouve Elizabeth Bennet, l'héroïne de son roman préféré, et se retrouve elle-même dans le roman, Elizabeth restée dans notre monde moderne ! Elle n'aura de cesse de s'arranger pour que tout se passe comme dans le roman, mais c'est encore plus difficile que ça n'en a l'air à sa lecture...
 
Le personnage principal le dit elle-même dans le dernier épisode : Jane Austen se retournerait dans sa tombe, secouée comme un chat coincé dans le tambour d'un sèche-linge. Quoique, elle avait pas mal d'humour, alors peut-être pas. Mais moi ça m'a fait un peu mal quand même... J'ai tenté d'être bonne spectatrice, d'être curieuse de savoir la suite, de rire devant certaines idées pour le moins originales, cependant je reste très mécontente de cette mini-série. L'esprit du roman n'est pas respecté, les acteurs sont très mal choisis, ils ne jouent pas bien (pour la plupart ils ne sont pas agréables à regarder, même ceux jouant des personnages censés être beaux), mais tout cela me semble être une caractéristique assez marquée des adaptations d'ITV, téléfilm ou mini-série, car j'ai vu très peu de bonnes productions venant de cette chaîne, y compris quand il s'agit d'adaptations austeniennes. Le seul personnage un peu amusant est, comme souvent, Mr Bennet, même s'il n'est pas comparable aux autres acteurs qui ont endossé ce rôle. J'ai détesté Amanda Price, je l'ai trouvé idiote, moche, sans intérêt, et elle semble n'avoir rien compris au roman ! Tout ce qu'elle a retenu ou presque, c'est que Lizzie et Darcy "doivent" finir ensemble. Quid des conventions sociales de l'époque, de l'humour taquin de Jane Austen, de sa critique de la société et des caractères ?

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/JaneAusten/LostinAusten2.jpg [Darcy, ici à gauche, est censé être un bel homme. Je sais qu'on n'a pas tous les mêmes critères de beauté, mais là... Bingley ne m'a pas convaincue non plus, pas assez gentil. Caroline ne correspond pas du tout à son personnage, mais elle a le mérite de m'avoir surprise et de m'avoir fait rire.]

Je ne recommanderais pas cette série. Je l'ai passée à mon amie Janeite du lycée, en lui disant qu'il ne fallait pas prendre tout ça au premier degré, mais je sais qu'elle y arrivera très bien, elle est meilleure spectatrice que moi, qui suis très exigeante. Je n'ai pas retrouvé dans cette libre adaptation ce que j'aime dans Jane Austen, même les personnages de P&P m'ont paru faux, je préfère de loin regarder les adaptations de 1995 et de 2005, ou même de 1979. Je vous parlerai bientôt de cette dernière d'ailleurs, je l'ai fini avant-hier.

Lundi 23 juillet 2012 à 18:08

Avant de vous parler de mon dernier coup de cœur, une petite photo pour vous montrer ce que j'ai acheté aujourd'hui :

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L'intégrale du Livre des Étoiles, j'ai dû l'acheter parce que mon petit frère adoré à qui j'avais prêté mes trois tomes mes les a rendu bousillés. Après avoir gueulé quelques semaines, j'ai obtenu de sa part 20€ pour les racheter, j'ai donc pris l'intégrale. C'est un livre qui a marqué mon adolescence à sa façon, je souhaite donc toujours l'avoir en état d'être relu: Et l'autre, eh bien c'était le livre du OMW de la semaine dernière... Je n'allais quand même pas ressortir du Furet seulement avec un livre que j'ai déjà lu, et plusieurs fois ! J'ai profité de ce que mon appareil photo était sorti pour prendre une nouvelle photo de la bibliothèque, l'autre étant un peu moche. C'est ici.

Après avoir assassiné Les filles de Mr Darcy, je m'apprête aujourd'hui à glorifier La mort s'invite à Pemberley. Je vais essayer de faire court, parce que de toute façon c'est trop bien. C'est le troisième roman para-austenien que je lis, et c'est la deuxième fois que je ne suis pas déçue, mais la première fois que je suis vraiment enchantée. Je vais être honnête : le livre n'est pas parfait, je le sais bien, mais ses très nombreuses qualités me font mettre de côté ses petites lacunes.

Nous sommes donc à Pemberley, la demeure de Mr et Mrs Darcy, quelques années après leur mariage, et la veille du bal d'automne Mrs Wickham arrive échevelée chez sa sœur, en criant au meurtre : son cher mari aurait été assassiné. Ni une ni deux, Darcy accompagné du colonel Fitzwilliam et de Alveston, jeune avocat, se rend dans les bois où ont été entendu des coups de feu. Cependant ce n'est pas le corps de Mr Wickham qu'ils retrouvent, mais celui de son ami, l'officier Denny. Au-dessus de lui, Wickham pleure, ivre et couvert de sang. Il semble bien être coupable, mais cela semble impossible à Darcy et son épouse.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/couv28714840-copie-1.jpgOn pourrait donc dire qu'il s'agit d'un roman policier, mais après coup je peux dire qu'il est tout d'abord un roman dédié à Jane Austen, une suite réelle à Orgueil et préjugés. La préface de P.D. James m'a d'ailleurs beaucoup touchée (oui, je sais que ce n'est pas pour moi qu'elle l'a écrite, mais qu'importe). J'ai senti dès le prologue que l'auteure maîtrise les romans de Jane Austen à fond. Elle les admire, ça se ressent tout de suite, et partager cette adoration à travers un roman, c'est plus qu'agréable, c'est merveilleux. Dès le début, elle nous informe de ce qui s'est passé durant Orgueil et préjugés (un petit résumé quand même, pour ceux qui connaîtraient mal le roman, mais mieux vaut l'avoir lu, ne serait-ce que pour saisir les délicieuses ironies glissées par P.D. James !) et ensuite. On apprend qui s'est marié, qui a des enfants, comment ont-ils vécu jusque là, puis on se retrouve aux cotés d'Elizabeth qui achève les préparatifs du bal du lendemain avec la gouvernante, Mrs Reynolds. Et la catastrophe survient. L'évènement bouleverse Pemberley, les maîtres aussi bien que les domestiques, d'une façon tout à fait possible. Les réactions des personnages, leur personnalité, leur façon de s'exprimer, tout était parfait, je n'ai décelé aucune fausse note (je ne suis pas une experte non plus...). Ce que j'ai particulièrement aimé, c'est que l'intrigue d'abord policière se transforme à la fin, dans les soixante dernières pages, en intrigue austenienne. Le secret est révélé petit à petit, et je trouve qu'il aurait tout à fait eu sa place dans un roman de Jane Austen.
J'ai légèrement regretté, lorsqu'on était en plein dans l'enquête et le procès, de ne plus voir beaucoup les personnages austeniens, à part Darcy et Wickham. On ne retrouve Elizabeth qu'à la fin. Quant à Jane et Bingley, on les voit mais peu malheureusement, tout comme Mr Bennet. Il faut dire qu'ils n'avaient pas leur place dans cette histoire, et que c'est déjà beau de les avoir vus un peu ! J'ai beaucoup aimé les justifications apportées par P.D. James à l'absence de Charlotte Collins (née Lucas), elles m'ont semblé plus que pertinentes et comme je n'ai jamais aimé ce personnage, je suis ravie ! J'ai aussi adoré les clins d'œil aux autres romans de Jane. Soyez attentifs, surtout dans l'épilogue, vous verrez ! Il est vrai que le côté policier n'est pas très creusé, mais cela m'a bien suffi. L'explication de la mort était pour moi très vraisemblable, et j'ai bien aimé suivre la procédure de l'époque pas à pas. Les critiques de l'auteure sur la société du XIXIème sont peut-être moins incisives que celles de Jane, mais elles font mouche tout de même, surtout au moment  procès. L'examen des caractères en général était excellent.
 
Vous l'aurez compris, j'ai adoré, je ne me suis pas ennuyée une seconde, je le recommande très chaudement (même si là tout de suite je n'ai pas besoin de plus de chaleur, l'été étant enfin arrivé à Lille), mais plutôt à des fans de Jane qui sauront apprécier les efforts de P.D. James pour nous offrir une histoire qui puisse être la hauteur et prétendre au titre de suite de Orgueil et préjugés.

Mardi 17 juillet 2012 à 20:19

Attention mesdames et messieurs, le combat va commencer. Voici les protagonistes : d'un côté, Demoiselle-Coquelicote, étudiante,  21 ans, se considérant comme Janéite (= fan de Jane Austen et de son œuvre), et de l'autre, Les filles de Mr Darcy, roman de Elizabeth Aston, aux éditions Milady. L'arbitre étant moi-même Demoiselle-Coquelicote, le combat sera très inégal, et je m'en délecte d'avance. Je préviens également que je ne détiens pas la vérité universelle, comme toujours je n'exprimerai que mon avis, basé sur mon propre ressenti, avec la franchise qui me caractérise. Je vous demande pardon d'avance si j'offense quelqu'un, ce qui ne manquera pas d'arriver si vous avez aimé ce roman. Merci Matilda de me l'avoir prêté, en effet j'ai pu me forger mon opinion !

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La quatrième de couverture nous annonce une suite de Orgueil et préjugés, vingt ans plus tard. Tandis que Mr et Mrs Darcy sont à Constantinople pour une mission diplomatique, leurs cinq filles sont à Londres chez leurs cousins les Fitzwilliam. Première remarque, souvent faites par d'autres lectrices : pourquoi les filles de Mr Darcy ? Elizabeth compte aussi, non ? Alors voici mon explication sur le choix de ce titre : c'est vendeur. Elizabeth Aston, ma nouvelle meilleure ennemie, s'est dit que ça attirerait les Janéites, que son livre se placerait très bien dans le grand courant de la littérature para-austenienne. Bien pensé, mais très vil. C'est tromper des milliers de personnes qui admirent Jane Austen et ses écrits, parce que Aston n'a strictement rien compris à Jane. Ce n'est pas une franchise. Ce ne sont pas des histoires d'amour minables censées vous arracher une larme parce qu'elles finissent bien. Ce sont des propos censés, drôles, un regard incisif porté sur la société. Mais tout dans Les filles de Mr Darcy est insipide et ridicule. Les personnages d'abord. Je commencerai par dire ceci : pensez-vous vraiment qu'Elizabeth et Darcy seraient du genre à pondre sept mômes ? (Oui parce qu'il y a deux petits garçons aussi, après les cinq sœurs.) Je sais que la contraception à proprement parler n'existait pas encore, mais les gens n'étaient pas stupides. Elizabeth, qui a connu le désastre d'être d'une fratrie de cinq sœurs, n'aurait jamais pris le même risque. Sans compter que si je ne me trompe, Jane Austen a vu plusieurs de ses belles-sœurs mourir suite à de trop nombreuses grossesses et savait que la condition de mère était difficile. Je ne la vois pas donner sept enfants à l'un de ses plus beaux couples, même si elle avait voulu faire une suite (et je ne crois pas que ça lui ait jamais traversé l'esprit, mais là n'est pas la question).

Parlons des personnages inventés pour cette suite. On rencontre donc les cinq sœurs Darcy, le premier chapitre est plus ou moins consacré à leur présentation. Dès le début j'ai bien senti que ça n'allait pas coller. L'aînée, Letitia (Letty), est belle comme une déesse grecque (c'est pas moi qui le dit), mais surtout elle est extrêmement moralisatrice, à tel point que ça se rapproche fortement de la bêtise, comme je m'y attendais avec "l'incident Valpy". Elle a un caractère épouvantable, et elle est incapable de penser correctement. C'est une dévote maniérée, ridicule, excessive dans ses paroles et ses gestes (et vas-y que je hurle à la moindre nouvelle, que je prévois toutes les catastrophes possibles et imaginables pour une simple sortie en ville). La deuxième, Camilla (que je hais l'auteure d'avoir choisi ce prénom !), est censée être Elizabeth, dans un style copier-coller d'Orgueil et préjugés. Elle a en effet plus de cervelles que les autres, elle est "moins" jolie, mais elle plaît beaucoup quand même, hein. Trop sûre d'elle, elle va se trouver aveuglée par ses sentiments, blablabla. Et surtout, on la dit intelligente et tout ça, mais j'ai remarqué qu'elle passe énormément de temps à se préoccuper de ses tenues, ce qui lui confère un air cruche qui sied bien à la famille apparemment. Belle (Isabelle) et Georgie (Georgina) sont Lydia et Kitty, en plus belles et plus écervelées encore. Des salopes même, pour employer un vocabulaire moderne. Jumelles (fausses jumelles), elles sont "Jour" et "Nuit" (comme c'est original). La benjamine, Alethea, ne pense qu'à la musique, et elle est très mal élevée, mais elle a le mérite d'être très perspicace. J'ai beau réfléchir, pour moi aucune de ses filles ne pourrait être une enfant du couple Darcy-Elizabeth. Jamais ils n'auraient permis à leurs filles de devenir comme ça, et jamais ils ne les auraient appelées comme ça non plus. J'ai trouvé que Wytton était une insulte à Darcy, et la servante Sackree montre de façon flagrante que Aston n'a pas la moindre idée de comment une domestique se comportait avec ses maîtres. Elle devrait regarder Downton Abbey.

Comme c'est une suite (ça me fait mal de l'écrire), on retrouve certains personnages de Jane Austen, à commencer par Mr Fitzwilliam, le cousin de Mr Darcy. Certes, cela fait un moment que je n'ai pas lu P&P, et mes souvenirs de Fitzwilliam sont assez flous, mais je suis presque certaine qu'il n'est pas du tout comme ça. On dirait un gros débile, vulgaire et idiot (alors qu'il est censé être député...). Sa femme, Fanny, inventée, est un beau paradoxe : on la dit sensée et vigilante, mais elle laisse faire tout et n'importe quoi, et ne parle que de fêtes et de vêtements, elle est complètement inconséquente. Vive la frivolité. Mr et Mrs Gardiner sont assez proches de leurs vrais modèles, mais leur fille n'est absolument pas convaincante. Eux non plus n'auraient pas pondu un gosse comme ça. Lydia, devenue Mrs Pollexfen, est fidèle à son caractère mais sa situation est juste impossible à mon sens : elle n'est pas assez intelligente pour en arriver là où Aston l'a mise. Lady Warren, anciennement Miss Bingley, était tellement exagérée qu'on n'y croit pas. Ses "manipulations" sont ridicules, on la croirait bête comme ses pieds, ce qui est loin d'être le cas. Et c'est tout. Eh oui, ce sont les seuls personnages qu'on voit intervenir directement dans l'histoire. Pas d'Elizabeth, de Darcy, de Jane, de Bingley, de Mr Bennet. Je ne vois absolument pas l'intérêt d'une suite sans eux.

Parlons un peu de l'histoire en elle-même maintenant. C'est là-dessus que beaucoup défendent ce livre. Je suis désolée, mais là encore je dois souligner que c'est n'importe quoi. L'intrigue n'est pas du tout intéressante car ne tourne qu'autour de sujets futiles : être la plus jolie (et la plus conne) pour trouver un mari fortuné. Belle définition de l'amour dites-moi ! Tout le long du livre, j'avais l'impression de regarder un très, très mauvais film, avec quelqu'un à côté de moi qui n'arrêtait pas de me dire que c'est absolument génial, à cause de la façon dont l'auteure présente les choses. Elle tente de nous forcer à adhérer à son point de vue sur les filles Darcy, alors que mes propres réflexions me montraient tout autre chose vu les actions des "demoiselles". Non seulement le dénouement est extrêmement prévisible (copié sur celui du roman austenien), mais les péripéties le sont également, en étant le plus éloigné qu'il est possible des rebondissements de Jane Austen. La péripétie Busby est ridicule (on n'est pas dans un roman d'aventures !), celle de Sir Leigh je l'ai vue arriver des chapitres à l'avance et je l'ai trouvé très déplacée dans un roman qui se réclame du modèle austenien. Ça ne colle absolument pas ! Sans compter que l'ensemble donne une image de la société londonienne très éloignée de la vérité : Aston insiste bien sur tous les travers des gens, à quel point certaines soirées sont dangereuses pour les jeunes filles, mais ne montre jamais ce qu'est une soirée convenable où l'on peut s'amuser sans passer pour une pute. Certaines phrases m'ont fait bondir de mes gonds, m'ont indignée, et j'ai fini le livre vraiment en colère. Exemple : je pense que Jane Austen ne s'étendait pas sur les scènes d'amour et n'écrivait pas sur le désir sexuel parce qu'elle n'y connaissait que peu de choses et surtout parce que ce n'est pas nécessaire pour faire passer des émotions. Cela contribue à faire la pureté et la saveur de ses romans, remplis d'émotions implicites et de non-dits. Mais Aston n'a rien compris. Page 105, Fitzwilliam entre dans la chambre de sa femme qui se change : "Il aimait la voir en sous-vêtements, les cheveux défaits. Cela suscitait en lui les émois les plus intenses." Et c'est du très soft là, pourtant c'est déjà insupportable quand on imagine ses mots sous la plume de Jane Austen. Il y a bien pire plus tard dans le roman. Vous savez que je ne suis pas prude : je critique parce que c'est une preuve de plus de l'idiotie d'Aston. J'étais à une petite centaine de pages quand j'ai eu un espoir fou : je me suis dit que ça se trouve, l'auteure est américaine, ce qui expliquerait en partie pourquoi elle a l'air de ne strictement rien connaître à Jane Austen (oui, je me demande si elle a vraiment lu ses romans en fait) et au XIXème siècle en Angleterre. Mais non, Aston est britannique. Si l'on compare avec Stephanie Barron, qui elle est américaine il me semble, c'est flagrant. Cette dernière n'a pas su non plus imiter le style de Jane Austen, mais on sent à travers ses romans qu'elle l'admire, et qu'elle souhaite lui rendre hommage, quand Aston ne fait qu'utiliser son nom pour faire du fric (et le souiller).

Je vais spoiler un peu sur l'histoire pour montrer à ceux qui ont lu le roman quelques exemples de ce que je n'ai pas du tout aimé. Spoil. Quand Sir Sidney Leigh demande la main de Camilla à Fitzwilliam, celui-ci dit oui aussitôt. Vraiment ? Que Darcy et Elizabeth soient absents c'est pas grave apparemment. À la fin, quatre sœurs sur cinq sont mariées ou presque. C'est pas un peu trop ? Légèrement exagéré ? Pas une, mais deux des filles font une fugue (hm ça ne vous rappelle pas une certaine Lydia ?), et les deux finissent mariées. Georgina est carrément attrapée en train de coucher avec un type qui a plus du double de son âge. Non, ça ne vous choque pas ? Du grand n'importe quoi. Le personnage de Wytton est calqué sur Darcy, mais je ne vois pas Darcy pouffer comme un babache dans un salon mondain. Fin de spoil. J'ai vu une personne écrire que pour apprécier le roman, il faut considérer que ce n'est pas une suite de P&P, enlever le nom de Darcy. Pour moi c'est impossible, puisque justement Aston a clairement voulu rappeler P&P. Même si on enlève le côté littérature para-austenienne, à mon sens ça reste extrêmement mauvais. Prévisible, ennuyeux, complètement improbable dès qu'on pense qu'on est dans une famille d'excellente condition dans le premier quart du XIXème siècle en Grande-Bretagne. Je ne sais pas quoi ajouter de plus, je suis juste désespérée. Vous savez ce qui est le pire ? La suite va bientôt sortir, et je me sentirai obligée de la lire. À la base, après avoir lu l'avis de Matilda, je m'étais dit "même si c'est vraiment nul, je rachèterai le livre, pour continuer ma collection austenienne", mais en fait non. Le deuxième tome me permettra de pousser une nouvelle gueulante, très certainement, mais peut-être en moins forte, car il sera centrée sur Alethea. J'espère qu'elle n'aimera pas les chapeaux.
 
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Vendredi 29 juin 2012 à 11:56

Je vais enfin pouvoir inaugurer la catégorie policier ! Ou pas, puisque le livre va rejoindre la catégorie spéciale Jane Austen. Pas grave, ce sera pour une autre fois. D'abord, je tiens à dire que mes articles des deux derniers jours ont été faits à l'arrache. Je devais vous parler de la réunion du club de lecture de mardi, et je ne l'ai même pas fait. Comme toujours, c'était très sympathique ! J'avais présenté "Je meurs d'amour pour toi...", les lettres d'Isabelle de Bourbon-Parme dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois. Ma critique ici. Ça n'a pas emballé les participants en tout cas ! Je le savais d'avance, mais ce livre me tient tellement à cœur que je voulais quand même le présenter. Deux livres ont été choisis, mais je sais déjà que je n'en lirai qu'un sur les deux : Trois sœurcières de Terry Pratchett et Intrusion de Elena Sender. Ça faisait longtemps que je voulais découvrir Pratchett, même si ça me chagrine un peu de commencer par le T6 des Annales du Disque-Monde. Le deuxième livre est très porté sur la science, je sens que je ne vais rien comprendre et que je ne voudrai pas le conserver, donc je ne l'achèterai pas et il est très peu probable que je l'emprunte. Prochaine réunion dans le deuxième quinzaine d'août.
Avant d'aller voir Bel Ami hier, nous sommes passés dans quelques magasins faire un peu les soldes. On a bien fait, car il n'y avait déjà quasiment plus ma taille dès qu'il s'agissait de jolis vêtements ! Chez Cache-Cache (encore) j'ai trouvé un petit débardeur tout mignon et une très belle veste en simili cuir. Chéri a également trouvé plusieurs choses. Ensuite je peux vous dire que j'ai bien avancé dans Noces de lune. C'est une lecture assez ardue dans le sens où il faut être très concentré, pour ne rien manqué, et faire énormément appel à sa mémoire par rapport au premier tome. Certaines choses restent un peu confuses dans ma tête mais je suis plutôt bien. Hâte d'avoir la fin ! Et j'ai repris Les Piliers de la terre. C'est très ambitieux, mais j'en ai marre de le laisser de côté, il ne mérite pas ça. J'ai lu huit pages hier soir (je venais de terminer Jane Austen à Scargrave Manor, il était tard) et je compte continuer petit à petit tout au long de juillet.

Passons donc à ma première expérience de littérature para-austenienne. Résumé personnel : Jane Austen est venue passer les fêtes de fin d'année avec son amie Isobel Payne, devenue Lady Scargrave par son mariage depuis peu. Son époux, le comte de Scargrave, est bien plus âgé qu'elle. Alors qu'il donnait un bal en l'honneur de sa jeune épouse, il meurt subitement, quelques jours avant Noël. Très vite les soupçons se tournent vers Isobel et le neveu du comte, à qui cette mort pourrait bien profiter. Mais Jane est convaincue de l'innocence de son amie et va entreprendre de démêler l'écheveau de cette affaire en étudiant avec attention chaque personne alors présente à Scargrave Manor.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/couv54343654.jpgJe vais le dire d'entrée : j'ai beaucoup aimé, et j'ai mis tous les tomes déjà traduits en français dans ma wishlist. Parlons d'abord du côté Janéite de la chose. Pour quelqu'un qui vient d'achever la lecture de tous les romans austeniens et qui s'en désespère, c'était vraiment très agréable de retrouver Jane Austen de cette manière. Un avant-propos nous explique que l'auteure, Stephanie Barron, a retrouvé dans les papiers d'un couple d'amis des manuscrits de Jane Austen, ses journaux, où elle racontait cette désastreuse aventure de Scargrave Manor, et qu'elle s'était contentée de les faire publier. Bien entendu, c'est faux, mais cela nous permet de nous immerger dans l'histoire avec délices (Choderlos de Laclos avait également prétendu que les lettres de ses Liaisons dangereuses étaient vraies, il s'agit d'un procédé littéraire assez fréquent). J'ai senti, dès le début, combien Stephanie Barron aimait et admirait Jane Austen, et ça me l'a tout de suite rendue très sympathique et m'a encouragée dans ma lecture. Au fil du roman, on entendra parler de Cassandra sa sœur, de George Austen père, de Cassandra Austen mère, de son frère Henry et de son épouse, et également cousine, Eliza de Feuillide, et de quelques autres encore. Retrouver tous ces noms qui me sont familiers depuis ma lecture de la biographie de Claire Tomalin m'a fait plaisir, surtout pour Eliza, qu'on voit un peu plus que les autres. Le récit est à la première personne, c'est Jane qui raconte, et elle parle peu d'elle. Il y a une allusion à sa brève histoire avec Tom Lefroy, certains de ses goûts comme la marche à pied ou la musique sont mis en avant, son mépris des inconvenances et de la sottise aussi. Dans l'ensemble, elle est assez effacée, car elle est toute tournée vers la résolution de l'affaire qui la chagrine beaucoup puisqu'elle touche de très près l'une de ses très chères amies. J'aimerais que dans les autres tomes sa vie soit davantage exploitée, qu'elle parle plus de sa nouvelle vie à Bath (l'histoire se déroule fin 1802 début 1803, au moment où la famille a quitté Steventon pour Bath, Jane a alors 27 ans) et de son entourage proche. Mais ce sont là des reproches assez minimes.

Su l'intrigue policière en elle-même, je ne suis pas bien difficile, lisant peu de policiers à la base. Des plus fins connaisseurs que moi diront peut-être que c'était bof, pour ma part j'ai trouvé ça bien. Dès le début je voulais savoir qui était l'assassin, et certaines révélations m'ont étonnée. Je n'avais pas deviné qui c'était avant d'être très proche de la fin. On suit de toutes façons les réflexions de Jane Austen, c'est elle qui nous aiguillonne. J'aime mieux les policiers sans tout notre attirail moderne, donc suivre une enquête et les rouages de la justice au début du XIXème siècle en Angleterre m'a beaucoup plu ! Mon goût pur l'histoire a également été satisfait dans une certaine mesure, car on était alors dans une trêve dans la guerre contre Napoléon. Le contexte historique était donc bien respecté, ainsi que tout le contexte social. De ce point de vue-là, on voit bien que Stephanie Barron a fait des recherches pour ne pas raconter de bêtises, et j'apprécie ça.

Parlons un peu des personnages autre que la narratrice pour finir. J'ai beaucoup aimé Fitzroy Payne (c'est pas pour rien qu'il est censé ressembler à Darcy !) et Lord Harold Trowbridge, qui est très surprenant. À l'inverse, Madame Delahoussaye et sa fille Fanny m'ont beaucoup déplu. J'ai également eu beaucoup d'animosité envers Marguerite, la bonne. Le personnage de William Reynolds était sympathique et permettait d'en apprendre plus sur la conduite des affaires criminelles. Isobel était assez attachante, ou alors j'ai simplement suivi le mouvement quand la narratrice dit qu'elle lui voue une profonde amitié. Chacun avait son caractère, peut-être pas toujours assez fouillé, mais intéressant. J'étais contente d'apprendre leurs petits secrets au fur et à mesure, et j'étais parfois bien surprise (je suis un peu naïve aussi, hein).

Tout ça pour dire que oui, c'était bien, oui, je veux les autres tomes !

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