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Qu'il est bon d'être futile !

Samedi 17 août 2013 à 12:19

Aujourd'hui, je me jette dans la fosse aux lions en faisant mon article sur Orgueil et préjugés, version Joe Wright. C'est ma version préférée. Je le dis d'entrée, parce que je sais que je risque d'avoir plein de janéites qui vont me dire que non non non, la version de la BBC est mieux, et que le seul Darcy auquel il faille se vouer, c'est Colin Firth. Bah non, moi je ne suis pas d'accord (ne vous méprenez pas, j'adore Colin Firth, c'est un excellent acteur. Je l'adore tout particulièrement dans Le Discours d'un roi). Je trouve Matthew Macfayden absolument merveilleux dans ce rôle (je vous raconte pas le choc quand je l'ai vu jouer Frère Philip dans Pillars of the Earth...). Ses seuls sourires, dans le film, surtout celui de la fin, sont absolument bouleversants.

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Je ne suis pas très objective sur ce film, parce que après avoir dévoré le roman, c'est la première adaptation que j'ai vue. Dans mon lit, du haut de mes, quoi, seize ans ? Je ne sais plus. Qu'est-ce que j'ai pleuré, d'émotion, de bonheur. Complètement renversant. Et le film continue à me faire cet effet des années et des dizaines de visionnage après. Je me souviens d'avoir parlé du film à ma prof de philo en terminale (elle nous avait parlé d'Edward Ferrars en classe, j'avais bien le droit de l'ennuyer avec P&P ! Elle était pas géniale, cette prof ?), qui m'avait dit qu'elle l'avait aimé, mais qu'elle avait trouvé que les sœurs Bennet étaient un peu trop modernes, pas assez soumises et respectueuses comme l'étaient les jeunes filles à l'époque. Certes, je comprends la critique et je suis d'accord. Mais j'aime les gloussements de Lydia et Kitty, j'aime l'obstination de Lizzy, ses remarques impertinentes.

Je suis fascinée par l'esthétisme de ce film, qui dépasse de beaucoup, voire infiniment, la plupart des films que j'ai vus, y compris dans les adaptations austeniennes. Les couleurs sont tellement magnifiques. Même les adaptations les plus récentes (je pense à Emma, adapté en 2009 par la BBC) n'égalent pas cette beauté dans l'image. Comme je vous l'ai dit il y a un moment, j'ai acheté le blu-ray, et c'est juste sublime. Et encore, je n'ai pas parlé de la musique ! Ce sont des compositions originales de Dario Marianelli pour le film, à part "Postcard To Henry Purcell". Je ne vais pas tous les nommer, mais je vous conseille d'écouter cette BO. J'adore la reprise du morceau au violon de Henry Purcell, qui sert de musique lors de la danse de Darcy et Elisabeth. Le violon, ça me bouleverse d'une façon incroyable, je pleure quasi-systématiquement. Bref, c'est merveilleux. Et je souligne aussi que c'était le premier long-métrage de Joe Wright. Pour un coup d'essai, il est sacrément bon le pépère.

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Parlons un peu des autres acteurs à présent. Je trouve que Keira Knigthley joue particulièrement bien dans ce rôle, et personnellement je l'ai toujours trouvé très jolie (trop maigre en revanche, mais son visage me plaît). Mais sa beauté n'est rien à côté de celle de Rosamund Pike, qui joue Jane. Elle est tellement belle, c'est à en tomber par terre ! Simon Woods campe très bien un Bingley maladroit et attendrissant, amoureux transi. Mr Collins est tout à fait détestable en petit nabot suffisant et sûr de lui, aux bottes de Lady Catherine de Bourgh (excellente Judi Dench !). Mr Bennet, le papa, est formidable. Il est joué par Donald Shutterland, et à mon humble avis, aucun autre acteur ne fera jamais mieux que lui dans ce rôle. Son humour dans le roman est restitué à la perfection, je suis tout à fait attendrie par l'amour qu'il porte à Elisabeth et à Jane. Mrs Bennet  est également très convaincante, toujours dans l'excès, égoïste et ridicule, mais veut seulement le mieux pour ses filles. Mary n'est pas si affreuse que dans d'autres versions, son personnage n'est que très peu abordé, mais il faut bien avouer qu'elle n'a pas d'importance dans l'histoire. Lydia (Jena Malone) et Kitty (Carey Mulligan) sont parfaites. J'ai été stupéfaite de m'apercevoir que Kitty était en réalité le premier rôle au cinéma de Carey Mulligan (Drive, Shame) ! Un petit mot aussi pour Caroline Bingley, elle me convainc tout à fait. Hautaine et peste mais d'une classe sûre, juste comme il faut.

Le truc génial d'avoir acheté le blu-ray, c'est que dedans il y a plein de bonus. Quel plaisir ! Je leur mets toutes les étoiles du monde à ces bonus. Il y a un journal de tournage avec les propos des acteurs, une explication des lieux où le film a été tourné (il faudra absolument que j'y aille, surtout à Chatsworth), des explications générale sur le roman, sur la vie de l'auteure, sur la façon de séduire à son époque, sur les mœurs, etc. J'ai adoré les regarder, je les ai déjà vus plusieurs fois. Pour toutes ces raisons, même s'il s'agit bien d'une adaptation bien moins fidèle (de toute façon il est évident qu'un film de deux heures ne peut pas être aussi proche du texte qu'une série en cinq heures), je l'adore, je ne m'en lasse pas, ne m'en lasserai jamais. Joe Wright a fait ses choix, et le choix principal, c'était que plutôt de faire une énième adaptation qui ne se démarquerait pas des autres, il s'est approprié l'histoire et a fait une version plus moderne et excessivement romantique. Ça a payé, car même si cette version a ses détracteurs, elle fait parler d'elle !

Je ne vais pas m'étendre davantage, même si je pourrais parler des costumes, des décors, des choix scénaristiques... Alors je terminerai simplement en disant que toutes les adaptations et variations ont le mérite d'exister, et que ce n'est pas parce que vous la jugez moins bonne que d'autres, que vous pouvez dire que c'est du fumier et que ceux et celles qui l'aiment ne sont pas de vraies janéites.

(Vous avez vu, j'ai été sage, c'est court et je ne vous ai même pas noyé sous les photos !)
 
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Mardi 30 juillet 2013 à 20:02

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Moi qui suivais les parutions Milady d’un œil distrait auparavant, je suis bien plus attentive à leurs sorties depuis que cet éditeur s’est lancé dans la traduction de romans para-austeniens. À ce jour, il n’y a que Caroline Bingley de Jennifer Becton (dans ma PAL) et Darcy dans l’âme d’Elizabeth Aston (que Miss Elody va me prêter) que je n’ai pas lus. Ma dernière lecture, c’était en LC avec Mlle Alice, du blog célébrissime Jane Austen is my wonderland. Nous avons discuté du roman tout au long de notre lecture et ce furent des échanges très agréables, donc merci Alice ! Il s’agissait du tome 1 de Darcy Gentleman, Une telle assemblée de Pamela Aidan.
 
Ce roman se montre assez classique dans le genre des austeneries : il raconte Orgueil et Préjugés du point de vue de Darcy. Le livre s’ouvre sur l’arrivée de Darcy dans le Hertfordshire, quand il suit bon gré malgré Bingley à l’assemblée de Meryton. Étant donné que Pamela Aidan a écrit une trilogie, vous vous doutez que ce premier tome ne couvre pas toute l’histoire originelle, loin de là.
 
Contrairement aux deux autres points de vue de Darcy que j’ai lus, l’auteure ne se « contente » pas ici d’expliciter les pensées de Darcy que l’on devine dans Orgueil et Préjugés. Elle extrapole beaucoup et nous montre Darcy non seulement dans ses relations avec les personnages que l’on connaît mais aussi avec d’autres personnages, notamment Fletcher et Brougham, que j’ai apprécié tous les deux (je ne vous en dis pas plus sur eux). On suit en effet Darcy dans toutes ses activités. L’auteure s’est bien documentée, et nous décrit précisément la vie d’un gentleman à cette époque, au risque parfois d’ennuyer un peu le lecteur. Elle a également intégré des personnages historiques, bien réels, à son histoire. On croise ainsi la très influente et très scandaleuse famille Melbourne (après un petit tour sur Wikipédia j’ai mis dans l’ordre mes connaissances à ce sujet, qui étaient pour le moins erratiques !) et « Beau » Brummell, célèbre dandy anglais (soit dit en passant, je préfère le comte de Montesquiou, dandy français). J’aime bien ce genre de clins d’œil dans les romans, même quand je ne les comprends pas bien, ça me donne l’occasion de chercher. Mais j’avoue qu’en l’occurrence, ça a contribué à un sentiment assez désagréable, car il est très étrange de voir Darcy en pareille compagnie…

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En effet, je ne reconnaissais pas toujours Darcy sous la plume de Pamela Aidan. Il passe rapidement de la plus petite exaspération à une colère noire qui ne lui sied guère, et il y a par moments un grand décalage entre les pensées que l’auteure lui prête et ses actions, reprises de O&P. Il a une passion pour un sujet particulier que je n’aurais pas prêtée au personnage, et ça se ressent dans sa relation avec Lizzy. Sa relation avec Bingley est parfois un peu trop moderne, je pense que leur amitié et taquineries auraient pu être mieux rendues. Par contre, j’ai trouvé très chouette qu’on entende beaucoup plus parler de Georgiana. On ne la voit pas directement, seulement à travers les souvenirs de Darcy et leur correspondance, mais elle me plaît ! Il faut absolument que je lise une austenerie qui lui est consacrée. On voit aussi beaucoup Miss Bingley, évidemment, à qui, comme d’habitude, je mettrais bien quelques gifles bien senties.
 
Le format de la trilogie est assez étrange. C'est sympa d'avoir de longs développements et plein de petits détails, et en même temps on aimerait que l’histoire avance plus vite. Heureusement que la sortie des deux autres tomes ne va pas traîner. Au final, j’ai trouvé cette austenerie sympathique, différente des autres grâce à la méticulosité de Pamela Aidan qui reprend vraiment chaque détail de l’œuvre originelle et rajoute de nouveaux éléments, mais elle n’est pas exempte de petits défauts qu’il faut surmonter pour apprécier la lecture. Mlle Alice et moi nous interrogeons sur la qualité de la traduction, certaines formulations sont un peu étranges, sonnent mal. Ce serait intéressant d’avoir l’avis de quelqu’un qui l’a lu en VO.
 

 
"Darcy la vit enfin en entier, et cette vision le ravit. Soudain, sa respiration devint douloureuse. Son sang rugissait dans ses veines, si violemment qu’il n’entendait plus rien d’autre."

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Dimanche 14 juillet 2013 à 20:17

Je suis toujours à la recherche de nouvelles austeneries à découvrir. J’ai repéré Darcy’s Story il y a un bon moment, à la fois chez Alice et chez Méli. J’ai fini par le commander chez Book Depository, et je l’ai commencé en début de semaine. J’ai passé un très bon moment avec cette lecture, et en même temps j’ai certains reproches à faire à l’auteure, Janet Aylmer.
 
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Darcy’s Story : Pride and Prejudice told from a whole new perspective. Tout est dans le titre. Nous suivons donc l’histoire d’Orgueil et préjugés, mais du point de vue de Darcy. Cette fois, ce n’est pas un journal comme en a fait Amanda Grange. Ce n’est pas Darcy qui parle, le narrateur lui est extérieur, comme dans le roman de Jane Austen. Mais au lieu de suivre Elizabeth, on suit Darcy. L’histoire commence assez vite et commence, logiquement et assez classiquement, avec ce qui s’est passé à Ramsgate avec Georgiana. Puis Darcy est contacté par son ami Bingley, qui lui propose de venir avec lui passer quelques temps dans le Hertfordshire, à Netherfield Park, demeure qu’il a louée. Il fait la rencontre de Lizzie à l’assemblée de Meryton et l’histoire se déroule.
 
Qu’y a-t-il de nouveau dans cette version ? L’évolution des sentiments et des réflexions de Darcy est particulièrement bien rendue. On le comprend vraiment de A à Z. La façon dont les changements qui s’opèrent en lui est très intelligente. Il s’interroge, regarde son passé, la manière dont on l’a élevé, et a des prises de conscience successives. On le voit torturé par les paroles que prononce Elizabeth à Hunsford, sous forme de citations reprises plusieurs fois. Ses mots lui reviennent sans cesse, il se désespère un peu plus à chaque fois, et continue d’analyser toute cette entrevue, ainsi que les précédentes. À force, ça devient vraiment répétitif. Certaines phrases sont reprises trop de fois et ont fini par me laisser. Janet Aylmer a clairement écrit un roman pour les Janéites, des personnes qui connaissent déjà bien l’histoire de P&P, c’était donc inutile d’insister autant.
 
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À la place, elle aurait pu mieux développer d’autres aspects. Les personnages du colonel Fitzwilliam et de Georgiana par exemple sont davantage présents, et j’ai aimé voir ses relations avec eux, mais je pense qu’elle aurait pu leur laisser encore bien plus de place ! Le rôle de Georgiana était très sympathique, et éveillait beaucoup mon intérêt, mais les scènes sont courtes et peu nombreuses. De la même manière, nous avons quelques détails de plus sur Bingley, mais rien de très développé. Janet Aylmer, à mon sens, a été frileuse. Comme elle l’indique après la fin du roman, il était très important pour elle d’être parfaitement fidèle au roman, et en cela je lui rends justice. Mais à trop coller à son modèle, elle ennuie parfois. J’attendais impatiemment les grandes scènes du roman d’origine et ne trouvait que peu d’intérêt aux passages entre deux, des vides que l’auteure a essayé de combler avec des résultats mitigés. Des dialogues entiers de P&P sont recopiés et très peu sont inventés. Lorsqu’Elizabeth et les Gardiner se trouvent à Pemberley par exemple, il y aurait eu matière à inventer les conversations qu’ont pu avoir Elizabeth et Georgiana. C’est très bien de rester fidèle au roman, mais dans ce cas je pense qu’elle aurait pu être originale sans changer la trame écrite par Jane Austen.
 
Je pense que ce roman est très agréable et plaira aux Janéites. J’y ai pris beaucoup de plaisir, mais je m’attendais à trouver des choses en plus que ce qu’on voit déjà dans P&P et ses adaptations, et s’il y en a, c’est trop peu. Il faut quand même que je termine en soulignant la qualité de l’écriture de Janet Aylmer, qui a bien pastiché celle de son modèle. Il y a quelques inégalités, le style n’est pas toujours parfait, mais j’en garde le souvenir d’une plume soignée et agréable. J’avais peur d’avoir du mal à suivre, mais j’ai été étonnée de me faire très facilement à ce style plus difficile que l’anglais moderne. Je crois que c’est un roman abordable pour les gens qui ont déjà lu P&P.
 
"It is a consequence of possessing an income of ten thousand pounds a year that a man may order his life to his own liking, and choose his own society." C'est la phrase qui ouvre le roman, et je la trouve très bien ! Une bonne idée que de modifier celle du roman initial tout en conservant cette structure.
 
"Had Darcy been able to consider the matter dispassionately, he would have realised that he had never been so bewitched by any woman as he was by her."
 
"When a man has been accustomed since his earliest years to command what he desires, a disappointment in matters nearest to his heart must come as more than a severe shock."
 
"They were within twenty yards of each other, and their eyes instantly met, the cheeks of each being overspread with the deepest blush."
 
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Mardi 25 juin 2013 à 18:02

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Vous commencez à bien le savoir, je suis une grande admiratrice de Jane Austen. Même si les nombreux(ses) auteur(e)s qui lui rendent hommage au travers de leurs romans ne sont jamais à sa hauteur, certains se débrouillent bien et réussissent à prolonger l’immersion dans son monde et donc, notre plaisir. Pour ma part, je trouve qu’Amanda Grange, avec ses journaux, y parvient pas trop mal. Comme ils sont en cours de traduction chez Milady, j’en profite pour les découvrir. Après Le Journal de Mr Darcy et Le Journal du Colonel Brandon, j’ai terminé ce week-end Le Journal de Mr Knightley.
 
Cette fois, c’est donc dans Emma que nous replongeons. Mr Knightley regarde Emma jouer les entremetteuses et s’exaspère de la voir se tromper encore et encore sans se corriger. Il est le seul à la réprimander et à la taquiner. A 36 ans (il me semble), il se dit qu’il serait bon de se marier, mais après avoir regardé autour de lui, aucune femme ne lui correspond. Quand arrive à Highbury Frank Churchill, Knightley se rend compte que lui aussi peut se montrer bien aveugle quand il en vient à sa propre vie.
 
Je pense qu’il est vraiment nécessaire d’avoir lu Emma ou au moins d’avoir vu l’une de ses adaptations pour connaître l’histoire, sinon ce journal perd beaucoup de son intérêt. Jusqu’à l’arrivée de Frank Churchill, Knightley reste assez passif, se contentant de gronder Emma de temps à autre et observant les gens de son entourage. On rencontre ainsi de nouveaux personnages (une Mrs Lovage, un Mr Routledge et un Mr Longridge), on en voit davantage certains (notamment John, Isabella et leurs enfants, dans leur maison de Londres). Comme l’original, ce roman ne manque pas d’humour et de ridicule, entre Mr Woodhouse et les Elton ! Comme dans les deux autres journaux que j’ai lus, j’ai apprécié les détails n’apparaissant pas dans le roman. Comment vit Knightley, quelles sont ses occupations habituelles, qu’est-il arrivé à tel personnage secondaire… Là encore Amanda Grange a donné une seconde chance à un personnage oublié, et lui a offert une fin heureuse.
 
Même si Knightley me fait moins vibrer que Darcy ou Brandon, j’ai apprécié de me trouver plongée dans ses réflexions. J’étais très étonnée de le voir envisager d’épouser telle ou telle personne ! J’aime également sa façon d’adorer Emma tout en étant lucide sur ses imperfections. A partir du moment où il prend conscience de ses sentiments, on a facilement de la peine pour lui, il semble vraiment à la torture. Mais je dois bien dire que même si c’est une lecture agréable comme je m’y attendais, j’ai préféré les deux autres journaux. Je n’en ai pas moins hâte de découvrir les trois journaux restants (c’est bien trois ?) : celui d’Edmund Bertram, de Mr Tilney, du capitaine Wentworth et de Mr Wichkam (qui est très court apparemment).
 
"- Vous avez toujours été sévère envers Emma, souligna John.
- Il le faut bien, qui d'autre le ferait ? me défendis-je.
"

"Même ainsi, je ne pouvais m'empêcher de regretter que Harriet ne soit pas chez les Martin. Tout le monde à Hartfield était gentil avec elle, mais à Abbey Mill Farm elle aurait été une personne distinguée, encore plus si elle avait été fiancée à Robert Martin. Elle aurait été chez elle au lieu de n'être qu'une invitée."

"John parlait à Miss Fairfax, sentant comme moi que son sort n'est pas enviable. Être arrachée à tous ceux qu'elle connaît et qu'elle aime, et jetée dans une autre famille - qui peut être tout à fait désagréable, avec des enfants gâtés et des parents aveuglés - n'est pas un destin facile."

"Comment avais-je pu m'aveugler à ce point ? Comment avais-je pu être si lent à reconnaître mes sentiments pour elle, puis si lent à me décider à parler ? Mon hésitation me coûtait cher. Le prix à payer, c'était Emma. Submergé de douleur, je me tus."

"Je dois partir, sur-le-champ. Je ne peux supporter de la voir avec lui, de la regarder permettre, et même encourager, ses attentions. Cela me peine trop. Je l'ai perdue. Mon Emma."
 
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Vendredi 19 avril 2013 à 15:23

J’ai vu le film Le journal de Bridget Jones pour la première fois il y a longtemps, alors que je ne connaissais même pas encore Jane Austen. J’étais surprise d’apprendre que cette histoire était une transposition partielle à nos jours d’Orgueil et préjugés, après avoir découvert ce magnifique roman. Pendant mes révisions, j’ai revu Le Journal de Bridget Jones d’un point de vue janéite, et dans la foulée je me suis lancée dans la lecture du roman, que je n’avais encore jamais pris le temps de découvrir. Le bilan est assez catastrophique (fans de Bridget Jones, abstenez-vous…)
 
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Parlons d’abord du livre, plus frais dans ma mémoire. La première chose qui m’a sauté aux yeux, c’est qu’Helen Fielding a joué à fond la carte du « journal intime ». J’aurais pu trouver ça original, que ça me plaise, mais ça m’a bien saoulée. Ça m’est apparu pour être une excuse pour ne faire aucun effort sur la forme, au niveau de l’écriture. C’est extrêmement révélateur de la personne qu’est Bridget : obsédée par son image (elle se pèse chaque jour !) et par des choses purement matérielle, très infantile et tellement bête ! Ce n’est même pas qu’elle est maladroite, elle est juste stupide. Son babillage incessant m’importunait, ses histoires et ses aventures m’importaient peu. Et, bien entendu, elle n’a rien à voir avec Lizzie, ce n’est pas à ce sujet qu’il faut chercher la ressemblance avec l’œuvre de Jane Austen. Bridget recherche soi-disant l’amour, mais pour moi il transparaît assez clairement que ce qu’elle veut, c’est quelqu’un qui soit à sa disposition 24h/24 et qui lui apporte des conditions de vie plus élevés. En gros, être célibataire est un mauvais statut social, il faut absolument se marier. Elle se plaint d’être acculée par certaines personnes de son entourage qui ne cessent de l’interroger sur ses amours, et au final elle suit complètement leur raisonnement. Ridicule. J'ai lu certains chroniques qui disaient que Bridget avait fait hurler de rire la lectrice, et qu'elle s'était retrouvée en elle. Ce ne fut pas du tout mon cas, j'ai rarement croisé des héroïnes si peu attachantes.
 
Parlons des autres personnages. Son père est simplement inutile. Les amis des parents donnent une bien piètre image des Anglais. Daniel est l’archétype du mec à filles bien macho. Les amis, Jude, Sharon et Tom, ne sont pas bien intéressants, voire carrément insupportables (surtout les deux filles, elles sont tellement c***** !). Mark Darcy est par contre un type assez agréable, mais bien trop lisse. A part avoir une légère saute d’humeur au début de l’histoire, le mec est parfait, tellement qu’on n’y croit pas. Et la mère… C’est affolant. Elle est pire que Mrs Bennet. Non seulement elle aimerait caser sa fille avec un homme riche, mais en plus elle n’a pas l’air d’aimer sa fille, elle est égoïste comme pas possible et encore plus idiote et vaine que Bridget. Son personnage est utilisé vers la fin du roman pour opérer un parallèle avec Orgueil et préjugés, quand Mr Darcy part à la recherche de Lydia et paye tous les frais nécessaires pour rétablir la réputation des Bennet. Sauf que c’est n’importe quoi. Mark dans l’histoire n’a aucune raison de faire ce qu’il fait, pour la simple et bonne raison qu’on est bien au-delà de la fuit avec un amant, et qu’il n’y a pas a moindre probabilité pour qu’un homme comme ça tombe amoureux d’une fille comme Bridget. Les autres parallèles ne sont pas forcément mieux faits, je ne comprends même pas pourquoi l’auteure a voulu absolument utiliser le nom de Darcy. Encore une personne qui ne fait que salir ce héros. Daniel est un piètre Wickham, on le voit au final très peu. Natasha est une assez bonne Caroline en revanche, mais à part lancer des traits de vipère, elle ne constitue aucune menace. Le parcours des amoureux n’est même pas réellement semé d’obstacles. Bref, ce fut une très mauvaise lecture.
 
Quant au film, j’arrive à l’apprécier un peu plus. L’histoire est mieux construite, même si le personnage de Bridget reste stupide et donc l’histoire d’amour impossible. En outre, je n’ai jamais été très fan de Renée Zellweger, même s’il y a certains films où elle joue que j’aimerais voir et que j’ai vraiment aimé Miss Potter, film vu grâce aux copines. Heureusement que Hugh Grant et Colin Firth remontent un peu le niveau, et que l’humour est très présent. Il y a davantage de rythme et de péripéties et les changements opérés par rapport aux livres sont les bienvenus, mais ça n’en fait pas un bon film.
 
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Donc voilà, pour moi la série Bridget Jones n’a pas sa place dans une collection janéite. Après avoir regardé le premier film, j’avais mis le deuxième, et je n’ai vu aucun rapport avec aucun des romans austeniens. Après avoir jeté un œil à internet, j’ai vu qu’il n’y avait aucun lien ou presque avec le deuxième roman. J’hésite très fortement à le lire un jour, mais comme je suis maso, ça arrivera sûrement ! J’espère que ma prochaine lecture para-austenienne sera plus agréable…
 
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Samedi 13 avril 2013 à 20:02

Il y a de cela un moment déjà, j'ai gagné Charlotte Collins, roman de Jennifer Becton, grâce à Mlle Alice. J'étais super contente, de un parce que c'est une austenerie, et de deux parce que je ne connaissais pas du tout avant que Milady ne se charge de traduire et publier ce roman. J'étais également très curieuse de voir ce que donnerait cette suite d'Orgueil et Préjugés consacrée à un personnage que je n'ai jamais vraiment apprécié : Charlotte Lucas, devenue Collins de par son mariage avec cet idiot de Mr Collins. C'est donc avec pas mal d'appréhensions que je me suis lancée dans ce roman... Et finalement, ce fut une très agréable surprise !
 
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Nous retrouvons Charlotte lors d'un évènement bien particulier : les funérailles de Mr Collins ! Voici que Charlotte est veuve, et malgré sa petite rente, elle parvient à être indépendante. Elle loue un petit pavillon dans lequel la rejoint sa sœur Maria, dernier enfant à charge de leurs parents. Charlotte accepte de servir de chaperon à sa sœur dans la petite société de Westerham. Maria cherche l'amour, Charlotte ne demande rien d'autre que de garder son indépendance, le mariage est pour elle hors de question. 35 ans et veuve, vous n'y pensez pas ! Mais voilà, les deux sœurs vont se retrouver embarquées dans de drôles d'histoires...
 
Premier constat : quel plaisir, Mr Collins est mort ! Charlotte n'est plus une charge pour ses parents, et maintenant qu'elle a sa propre maison, son seul souci est de prendre soin de sa sœur, qui avec ses idées un peu trop romantiques, pourrait bien s'attirer des ennuis. Justement, dès le premier bal on rencontre plusieurs gentleman qui risquent fort de bousculer leur vie. Dès cette première rencontre, je pouvais dire qui allait finir avec qui, mais étrangement mon plaisir à la lecture ne s'en est pas trouvé gâché ! J'ai suivi les péripéties avec plaisir, et je me demandais vraiment comment tout allait s'arranger. Pas de surprise de ce point de vue-là, mais un bon moment de détente, qui me seyait parfaitement pendant un moment aussi ennuyeux que des révisions.
 
Concernant les personnages, Charlotte n'est plus tout à fait la même. Elle est devenue une femme mûre, qui a confiance en elle et qui a compris que si son mariage lui avait apporté ce qu'elle désirait (ne plus être à la charge de ses parents), il ne lui avait pas apporté un mariage heureux comme il peut en exister. L'amour, elle ignore ce que c'est, mais s'est rendue compte qu'être romantique pouvait apporter de bonnes choses... A condition de ne pas se montrer trop sotte. C'est là que Maria intervient. Elle est tout l'opposé de ce qu'était sa sœur étant jeune, elle veut l'amour, le vrai, l'unique, quitte à ne pas toujours faire bien attention à ses agissements. Très souvent donc, Charlotte réprimande sa sœur. Cette impression de sœur catéchèse s'efface heureusement assez vite devant l'amour que se portent Charlotte et Maria. Par certains égards, elles m'ont un peu rappelé Elinor et Marianne de Raison et sentiments. Sans me faire adorer Charlotte, Jennifer Becton a réussi à me faire apprécier de suivre son histoire et à la faire évoluer sans dénaturer le personnage de Jane Austen. Les autres personnages inventés par Jennifer Becton ne sont pas forcément très marquants (il faut bien dire que Jennifer Becton est loin d'avoir le talent de Jane Austen pour dépeindre les caractères), malgré tout j'ai beaucoup apprécié Mr Basford, je l'ai trouvé bien réussi !
 
Parlons du roman en tant qu'austenerie. C'est là-dessus que je l'attendais, et il a plutôt bien répondu à mes attentes. Certes il n'y a pas beaucoup de rapport avec Orgueil et Préjugés, mais c'est bien expliqué. Après tout, Charlotte Lucas n'avait que peu de liens avec les autres personnages du roman de Jane Austen. Après son mariage, elle s'est éloignée de Lizzy, ce qui est plus que plausible vu les relations entre les deux couples. On croise tout de même Mr et Mrs Darcy à deux reprises, Charlotte essaie de renouer avec Elizabeth par lettre, et on voit également Lady Catherine, toujours prompte à faire sa duchesse quand elle peut. Les codes austeniens sont respectés, on retrouve les schémas habituels avec quelques changements plutôt bien faits, on a la happy end qu'on voulait, et c'est assez bien écrit. C'est mignon et frais, en bref ça m'a plu, et je pense que je relirai le roman dans quelques années. Cette romance et austenerie n'a rien d'extraordinaire mais elle remplit son rôle. Détente et lecture rapide ! Je suis d'autant plus curieuse de voir ce que Jennifer Becton a fait de Caroline Bingley, personnage détestable à souhait !
 
"Nous sommes veuves, Mrs Collins, pas mortes. Il nous est encore donné d'apprécier la beauté masculine, surtout chez un gentleman de bonne famille, qui plus est à la tête d'une considérable fortune."

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Dimanche 3 mars 2013 à 12:36

Hier soir, j’ai revu toute la mini-série de la BBC de 2008 de Sense and Sensibility, Raison et sentiments. Je ne l’avais vu en entier qu’une fois, il était temps de m’y replonger ! Je le dis d’entrée : oui j’adore cette version, mais elle souffre de certaines imperfections, et même si j’hésite, je crois que je préfère celle de 1995, le film d’Ang Lee.

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Petit pitch pour ceux qui ne connaîtraient pas cette magnifique histoire : Mr Dashwood vient de décéder, et selon la loi anglaise tout revient à son fils, issu d’un premier mariage. Sa seconde femme et ses trois filles n’auront rien, sont obligées de quitter Norland où elles ont toujours vécu, et se retrouvent dans un grand dénuement, tandis que l’aîné John et son épouse la perfide Fanny, prennent possession des lieux. Heureusement, l’amitié du frère de Fanny, Edward Ferrars, va adoucir les cœurs des Dashwood, jusqu’à leur déménagement forcé. Dans leur nouvelle maison, un petit cottage gentiment loué par un cousin de Mrs Dashwood, elles attendent la visite d’Edward, qui tarde énormément… Dans le même temps, Marianne va s’offusquer d’éventuelles intentions du Colonel Brandon envers elle, car elle le juge trop âgé, puis elle va rencontrer un jeune homme du nom de Willoughby, qui a tout pour lui plaire.
 
La première fois que j’ai regardé cette adaptation, j’ai cru m’être trompée de film. Scène de sexe en ouverture, avouez que c’est spécial dans une adaptation austenienne ! Donc oui, ça ne m’a pas plu. Ça se justifie dans l’histoire bien évidemment, ça nous met le problème en amont, mais pour moi ce n’était vraiment pas utile de faire ça. Dans la même veine, je n’aime pas du tout le développement de la scène à Allenham. Seulement mentionnée dans le roman (j’ai vérifié, je n’étais plus sûre), elle a ici droit à de longs développements et il s’y passe une chose qui là encore à mon sens va trop loin. Marianne est impulsive et passionnée, certes, mais là elle prend un gros risque. Le respect des convenances est bien mis à mal, plus que ceux que Jane Austen a écrit. C’est bien le plus gros défaut de cette adaptation : l’interprétation de Marianne. L’actrice a le bon âge, d’accord, mais de une je ne la trouve pas jolie (alors que Marianne est censée l’être), et de deux son jeu ne correspond pas à l’image que j’ai de Marianne. Elle ne me touche pas, on sent mal son évolution à la fin. C’est vraiment une adolescente égoïste dans cette version, et pour ma part je me demande si Brandon en voudrait vraiment !

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Concernant les autres personnages, je les trouve généralement très bien. Il y a juste Willoughby, pas assez charmeur à mon sens. Je trouve que l’acteur (Dominic Cooper) a un physique très sévère qui fonctionne mal pour ce rôle. J’aime beaucoup cette Elinor, jeune et forte, mais qu’on voit souffrir par des mises en scène très subtiles et très belles (le passage dans la grotte par exemple, et bien sûr au début avec ce fameux coup dans le tapis !). Evidemment, je suis fan de Dan Stevens en Edward Ferrars, il est génial. L’acteur qui joue le Colonel est très bien aussi, même s’il n’est pas assez mis en avant (il réussit quand même à me déchirer le cœur quand il raconte tout à Elinor). J’aime beaucoup Mrs Dashwood, l’actrice est une très belle femme dans la quarantaine, très bien. Margaret, dite « Meg », la dernière sœur, est également mise en avant avec son tempérament vif de garçon manqué. J’aime bien quand elle récite les rois d’Angleterre. Je n’ai rien à dire sur les autres personnages secondaires (ça me fait toujours rire de voir Arthur Weasley en Sir Middleton !).
 
Je vois souvent des Janéites fan de la version de Pride and Prejudice de 1995 vilipender celle de 2005 à cause du non-respect des tenues de l’époque (moi je ne suis pas choquée, mais bon, j’aime tellement cette adaptation que je ne suis plus très objective, et j’y connais rien en mode, d’aujourd’hui et d’hier !). Ici cet aspect n’est non plus respecté. A plusieurs reprises, les tenues de Marianne étaient complètement déplacées dans le contexte de l’époque. Ses coiffures aussi d’ailleurs, elle se présente un moment les cheveux détachés ! (Je précise : à un moment où elle n’est pas malade ni rien hein, c’est la scène de la boucle de cheveux si je ne me trompe pas.)
 
Quelques mots plus généraux sur cette mini-série : le format trois épisodes est assez bien utilisé, quoique je pense que ça puisse être encore mieux fait. La trame est la plupart du temps extrêmement fidèle à celle du roman, mais une chose m’a fait tout bizarre à la fin (sûrement parce que j’ai lu Le journal du Colonel Brandon récemment) : Marianne se fiance avant Elinor, alors que normalement c’est dans l’autre sens. Là encore ça ne sert pas la cause de cette Marianne, qui passe encore une fois pour frivole à se marier si vite après son gros chagrin. Je n’ai donc pas compris certains écarts faits par rapport au roman. En aspects très positifs, je relève les magnifiques décors et la musique, très belle. Et sur ce, je pense avoir fait le tour !
 
Encore une adaptation réussie malgré ses quelques défauts, et une fin qui m’émeut aux larmes, comme toujours ! Une très bonne mini-série à conseiller tant aux Janéites qu’aux autres.
 
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Mercredi 20 février 2013 à 9:36

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Après avoir dévoré et adoré Le Journal de Mr Darcy, j’étais très, très impatiente de voir sortir Le Journal du Colonel Brandon de la même auteure, Amanda Grange, car Brandon est mon héros austenien préféré. Il est, à mon sens, le héros romantique dans toute sa splendeur. Merci à mon chéri qui me l'a offert pour la Saint-Valentin !
 
Ce journal s’ouvre lorsque James Brandon a 18 ans. Il rentre dans la demeure de son père, à Delaford, pour les vacances d’Oxford, et retrouve avec joie Eliza, la pupille de son père. Les deux jeunes gens sont fous l’un de l’autre et font le projet de se marier dans quelques années. Mais le père en a décidé autrement : Eliza épousera Harry, le frère aîné ivrogne. Désespéré, Brandon abandonne ses études et s’engage aux Indes orientales. S’éloigner d’elle à tout prix, car s’il la revoie, que fera-t-il qui ne risque pas de ternir leur réputation à tous deux ? Dix-huit ans plus tard, la fille d’Eliza que Brandon avait recueillie disparaît à son tour. Brandon, devenu colonel, se ronge d’inquiétude. Mrs Jennings, la belle-mère de son ami Sir John Middleton, ne cesse de le taquiner pour qu’il trouve une épouse. Mais pour Brandon, on ne peut aimer vraiment qu’une fois, et cette fois est passée pour lui. Pourtant, la vivace Marianne Dashwood va attirer son attention…
 
Comme pour tous les romans para-austeniens, le mieux est de connaître le roman qui a servi de base. Mon résumé parle donc beaucoup de ce qui se passe dans S&S. Par contre, je vous ai laissé le mystère quasi-entier pour les évènements du journal inventés par Amanda Grange, je n’ai rien mis de plus que ce que dit le résumé. Le premier tiers du livre est consacré à la relation Brandon-Eliza et a été source de nombreux soupirs ! Leur amour est très beau et malgré toutes les épreuves, reste très pur. J’étais outrée de découvrir en détail comment ils ont été séparés ! Le père de Brandon est une ordure, il n’y a pas d’autre adjectif pour le décrire. On rencontre aussi quelques personnages très secondaires, des amis de Brandon, ce qui donne un nouvel éclairage sur le personnage. Non, il n’est pas un genre d’ermite sans amis ! Son air taciturne ne vient toujours que de sa douleur. On apprend également dans cette partie à connaître un peu plus Mary, la femme de Sir John. Marianne n’apparaît qu’assez tardivement, et si le colonel est immédiatement touché par sa joie de vivre, sa franchise et sa beauté, son amour croît lentement. Comment aimer une seconde fois ? Surtout que Marianne semble presque le mépriser et qu’elle s’éprend follement de ce Willoughby…
 
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On suit les étapes de ses réflexions une à une, le voile se lève peu à peu sur ses sentiments. On le voit également lutter pour décider si oui ou non il doit révéler la véritable nature de Willoughby une fois qu’il l’a découverte ; on assiste à sa rencontre et à la naissance de son amitié avec Edward Ferrars ; on constate à quel point son cœur est bon pour ceux qu’il apprécie, notamment Elinor, avec qui il a des conversations que je trouve très touchantes. J’ai également été complètement remuée par une scène qui n’est pas dans le roman, lorsque Brandon revient de Barton Cottage avec Mrs Dashwood, qu’il est allé chercher à la demande d’Elinor. Trop inquiet pour Marianne, il en oublie de cacher ses sentiments, et la réponse de Mrs Dashwood est sublime.
 
Enfin, on assiste de son point de vue à la renaissance de Marianne, à sa prise de conscience sur Willoughby et sur elle-même, et enfin, sur Brandon, l’ami toujours fiable, toujours présent, et dont le cœur est si proche du sien. Mon seul regret est de ne pas avoir de détails sur leur vie après le mariage, comme il y en avait dans Le Journal de Mr Darcy. Et aussi, que l’écriture ne soit pas réellement du niveau de Jane Austen. Néanmoins, c’est là encore un bel hommage, il n’y a pas à dire ! Vivement le 24 mai et la sortie du Journal de Mr Knightley ! J’adore Emma, j’espère donc que ce journal sera à la hauteur, même si Alice avait eu un avis assez mitigé à sa lecture. Et, évidemment, j'ai une furieuse envie de relire S&S et de revoir les adaptations, surtout que je n'ai vu la dernière de la BBC qu'une seule fois ! Ce sera bientôt fait je pense, et j'en profiterai pour vous donner mon avis dessus.
 
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Dimanche 17 février 2013 à 12:42

J'avais vu il y a plusieurs mois que Alice, du blog janeausten.hautetfort, avait organisé un challenge austenien, malheureusement limité dans le temps. Pour ce genre de lectures (auteure adorée qu'on veut lire et relire), je préfère en illimité. Alors quand je me suis rendue compte (longtemps après !) que le challenge était reconduit en illimité, je me suis dit qu'il fallait absolument que je m'inscrive ! Ça me permettra de centraliser mes billets sur les romans et adaptations. Le billet pour s'inscrire est ici ! Pour ma part je m'inscris en niveau Mr Darcy, c'est-à-dire des billets sur 6 livres de Jane Austen, 6 livres de la littérature para-austenienne et 6 adaptations ! J'ai choisi de faire ma propre bannière, car je défends bec et ongles le personnage de Brandon ! Hop, un petit Alan Rickman pour la route ! Alice propose plusieurs bannières et vous pouvez créer la vôtre, n'hésitez pas ! Voyons voir où j'en suis...
 
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Oeuvres de Jane Austen :
- Juvenilia ♥
- Northanger Abbey ♥
- Persuasion
- Lady Susan, The Watsons and Sanditon (VO) ♥
- Sense and Sensibility (VO) ♥

Livres de la littérature para-austenienne :
- Jane Austen, passions discrètes de Claire Tomalin ♥
- Jane Austen à Scargrave Manor de Stephanie Barron
- Les Filles de Mr Darcy de Elizabeth Aston
- La Mort s'invite à Pemberley de P.D. James ♥
- Les Aventures du Miss Alethea Darcy de Elizabeth Aston
- Le Journal de Mr Darcy de Amanda Grange
- Le Journal du Colonel Brandon de Amanda Grange ♥
- Le Journal de Bridget Jones de Helen Fielding (plus film)
- Charlotte Collins ♥
- Le Journal de Mr Knightley de Amanda Grange
- Darcy's Story de Janet Aylmer (VO)
- Darcy gentleman, tome 1 : Une telle assemblée de Pamela Aidan
- Darcy dans l'âme de Elizabeth Aston
- Caroline Bingley de Jennifer Becton
Maria Lucas: A Short Story in the Personages of Pride & Prejudice Collection de Jennifer Becton (VO)
- Pride and Prejudice Chronicles, book 1 : Georgiana Darcy's Diary d'Anna Elliott (VO)
- Le Journal du Capitaine Wentworth d'Amanda Grange
- Darcy Gentleman, tome 2 : En vain ai-je lutté de Pamela Aidan
- Cher Mr Darcy d'Amanda Grange
- Austenland de Shannon Hale (VO) ♥
- Darcy Gentleman, tome 3 : Un mot de vous de Pamela Aidan
- Sanditon terminé par une autre dame
- Amour, Orgueil et Préjugés de Jess Swann ♥
- Confessions d'une fan de Jane Austen de Laura Viera Rigler
- Tribulations d'une fan de Jane Austen de Laura Viera Rigler
- Henry Tilney's Diary d'Amanda Grange (VO) ♥
- Sanditon de Juliette Shapiro
- Willoughby's Return (VO)

Adaptations, films, séries et documentaires autour de Jane Austen :
- Becoming Jane
- Pride and Prejudice BBC 1995 ♥
- Lost in Austen
- Pride and Prejudice BBC 1979
- Persuasion ITV 2007
- Northanger Abbey ITV 2007 ♥
- Mansfield Park ITV 1999 ♥
- Sense and Sensibility BBC 2008 ♥
- Pride and Prejudice 2005 ♥
- Emma BBC 2009 ♥
- Pride and Prejudice 1940
- Mansfield Park ITV 2007
- Austenland 2013
- Clueless 1996 ♥
- The Real Jane Austen BBC 2002 ♥
- Pride and Prejudice: Having a Ball BBC 2013 ♥
- Sense and Sensibility 1995
- Miss Austen Regrets

Je me suis bien attelée aux adaptions et me suis clairement mise à lire du para-austenien, par contre niveau (re)lecture de l'œuvre même, y'a à faire ! C'est quand même un joli bilan, et il ne fera qu'augmenter dans les mois et années à venir !

Vendredi 4 janvier 2013 à 11:49

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J’ai terminé Le journal de Mr Darcy il y a un moment déjà, mais je n’ai pas eu l’occasion encore d’en faire la chronique. Je pense qu’elle va être un peu décousue, vous êtes prévenus !
 
Ce livre, écrit par Amanda Grange, est une réécriture de Orgueil et préjugés du point de vue de Darcy, l’un de nos, de mes héros romantiques préférés. Le livre s’ouvre en août, quelques mois avant la rencontre de Darcy avec Elizabeth. Darcy va rendre visite à sa sœur, en vacances sur la côte. Il résout l’énorme problème qu’il y trouve, et quelques semaines après part dans le Hertfordshire avec son ami Bingley, qui y a pris une demeure en location.
 
Ce roman est écrit sous la forme de journal, comme pouvaient en tenir les gens de cette époque. Au début, et encore à certains moments dans le cœur du roman, Darcy ne fait que noter les évènements de la journée relatifs par exemple à sa propriété, aux arrivées en ville, ce qui rend cette sorte de témoignage très réaliste (j’ai déjà lu quelques bouts de « journaux » comme ça, notamment dans des biographies, et ça y ressemble tout à fait !). Mais dès que Darcy rencontre Elizabeth, son monde est chamboulé, et il écrit dans son journal pour mettre ses idées à plat, comprendre les méandres de son esprit, et de son cœur. Et c’est juste… Trop chou. Les grands évènements du roman original de Jane Austen sont respectés, je l’ai donc « redécouvert » un peu, puisque je ne l’ai pas lu depuis le lycée. C’est agréable de retrouver les personnages et d’en creuser plus certains, notamment Georgiana et Anne de Bourgh (les développements sur elle m’ont bien plu !).
 
L’écriture est efficace, elle émeut quand il faut, mais il est vrai que ce n’est pas du Jane Austen. En revanche, ça se lit à une vitesse effarante, je n’avais pas lu un roman aussi vite depuis des années je crois !
 
En bref, c’était pour moi un moment de bonheur, une lecture très bien tombée, que j’ai dévoré entre deux révisions, et qui m’a fait énormément de bien. J’ai hâte (très très hâte !) que les autres journaux d’Amanda Grange sortent en France. Le prochain sera celui du Colonel Brandon, mon héros austenien préféré… Vivement février !
 

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