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Qu'il est bon d'être futile !

Samedi 11 janvier 2014 à 16:18

Après avoir dévoré tous les Journaux d’Amanda Grange parus chez Milady, je ne pouvais pas passer à côté de son roman épistolaire Cher Mr Darcy qui reprend Orgueil et préjugés, malgré qu’il s’agisse d’un grand format. Le roman commence (comme toujours dans les réécritures de ce classique) avant celui de Jane Austen, pour nous raconter Ramsgate. Là, Amanda Grange est allée encore plus loin en nous contant la mort de Mr Darcy père (qui, au demeurant, n’a pas l’air d’avoir été si sympathique que ça si on s’en tient à sa dernière lettre !).
 
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Globalement, c’était une lecture facile, agréable et très rapide. Je suis toujours contente de lire une austenerie, même quand elle n’est pas géniale (jusqu’à présent, il n’y a qu’Aston que je trouve d’une nullité insupportable). Je suis plutôt bon public en la matière, ce qui se confirme avec ce roman qui ne m’a pas hérissée autant qu’il aurait dû. Il souffre de nombreux défauts mais j’ai tout de même apprécié ma lecture, déjà parce que j’adore la forme épistolaire. Ça se lit à toute vitesse, et ça fait du bien quand en parallèle on galère sur un livre depuis trois semaines (c'était World War Z) !
 
J’ai franchement buté sur certaines choses tout de même. Amanda Grange explique en avant-propos que les premiers essais de Jane Austen sur O&P et R&S s’étaient faits sous forme épistolaire, jusque-là pas de souci, sauf qu’elle ajoute qu’avec Cher Mr Darcy, elle a souhaité écrire ce qu’aurait écrit Jane Austen si elle avait suivi sa première idée jusqu’au bout. Sauf que là, on en est très loin… Jamais, et je dis bien JAMAIS elle n’aurait écrit les lettres qu’échange Wickham avec deux de ses complices, où il mentionne expressément ses vices et ses noirs desseins envers Georgiana et n’importe quelle héritière. Question subtilité, c’est zéro pointé. J’ai aussi trouvé que l’auteure allait trop loin avec les lettres de Mary à son amie. Au début, c’était amusant de la voir se croire si intelligente, alors qu’elle ne raconte que des âneries, mais ses lettres se multiplient et ont au final un intérêt très limité pour l’histoire. De même, les lettres de Mr Collins sont drôles, mais y’avait-il besoin d’en faire autant ? Celles de Mrs Bennet ne sont pas très intéressantes non plus. J’ai beaucoup aimé celles de Mr Bennet, mais évidemment il y en avait très peu. Alors que Lizzie et Jane sont longtemps séparées, nous n’avons rien de leur correspondance.
 
J’ai eu du mal à reconnaître les personnages. L’écriture d’Amanda Grange n’a rien de particulier, et elle n’a pas vraiment fait d’efforts pour différencier les styles épistolaires des personnages, hormis en copiant l’exubérance de Mrs Bennet et les façons ampoulées de Mr Collins. Par contre, j’ai vu une blogueuse (je ne sais plus qui) dire que dès la première lettre de Lizzie c’était n’importe quoi parce qu’elle remercie sa tante de lui avoir offert un chapeau et se montre contente d’avoir une jolie toilette. Il me semble que Jane Austen écrivait souvent ce genre de futilités à Cassandra. Elle était très consciente de cet aspect vaniteux des femmes et l’acceptait. Après tout, c’est la vérité, nous sommes contentes d’avoir une tenue dans laquelle on se sent jolie. Personnellement, ça ne m’a pas choquée du tout de voir Lizzie dire ça. C’est une jeune femme qui cherche à plaire, quoi de plus naturel ? Ce qui était bizarre en revanche, c’était la temporalité des lettres échangées. Un courrier mettait plus d’une journée pour arriver à son destinataire à cette époque, non ? Je pense qu’Amanda Grange n’a pas fait attention à ces questions et l’aspect vraisemblable de son roman en pâtit. J’ai en revanche trouvé que par moments l’humour et l’ironie de Jane était bien retranscrit.
 
J’ai également à reprocher à ce roman de n’apporter quasiment rien de plus à l’histoire, à part la mention de deux gentlemen pour Mary et Kitty, mais ce n’est pas du tout développé et ça perd rapidement de son intérêt. Je n’aime décidément pas du tout Charlotte, qui m’a vraiment énervée dans cette version. Le roman finit rapidement, presque abruptement. Les nouveaux personnages, comme le cousin de Mr Darcy du nom de Philip Darcy, ne servent à rien. Ils sont des prétextes pour faire s’épancher tel ou tel personnage. Mr Darcy perd complètement de son mystère et aussi, dans une certaine mesure, de sa noblesse. Il y a un moment ou deux où il m’a paru pathétique, dans le mauvais sens du terme. Hormis dans la trilogie de Pamela Aidan, c’est la version où ce héros romantique m’a le moins plu. Le roman original est, évidemment, mille fois plus riche.
 
Pour conclure, je dirais que ce roman ne vaut pas la peine d’être acheté, surtout qu’il n’existe qu’en grand format (en français tout du moins, je ne sais pas en VO), mais si vous tombez dessus d’occasion, ou en bibliothèque, ou si une amie vous le prête, pourquoi pas se laisser tenter ? Ce n’est pas non plus horrible, ça se lit en quelques jours au plus, et ça permet encore et toujours de rester proche de ce roman qu’on aime tant.
 
"Ah, pourquoi n’y a-t-il pas dans le monde autant de jeunes gens aimables et raisonnables que de jeunes filles qui les méritent ?"
 
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Lundi 16 décembre 2013 à 17:56

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Je poursuis de temps à autre le visionnage des adaptations des romans de Jane Austen que je n’ai pas encore vues. Il y a plusieurs semaines, je me suis décidée à regarder celle de Mansfield Park, version 2007. Disons qu’au moins, je l’ai vue...
 
Mansfield Park raconte l’histoire de Fanny Price. Sa mère était issue d’une très bonne famille, mais s’est mariée par amour à un homme sans le sous. La petite Fanny a passé ses premières années dans un quasi-taudis, mais entourée de ses frères et sœurs adorés, jusqu’au jour où une sœur de sa mère, Mrs Bertram, accepte de la prendre chez elle, à Mansfield Park, pour faire son éducation. La vie de Fanny se déroule à l’ombre de celle de ses quatre cousins et cousines plus favorisés.
 
C’est vraiment une très, très mauvaise adaptation d’un roman austenien. C'est une adaptation de ITV, et encore une fois je suis très déçue par leur travail, surtout quand on compare aux merveilles réalisées par la BBC. L’histoire défile en accéléré, ce n’est pas clair du tout si on ne connaît pas le roman (ou que comme moi on l’a lu il y a longtemps et on s’en souvient mal). Le scénario est très mal fichu et niveau immersion au XIXème siècle, on a fait nettement mieux.
 
La plupart des acteurs correspondent pourtant bien à leurs rôles, mais c’est complètement gâché par les deux acteurs principaux. L’actrice qui joue Fanny a très peu de texte, certainement parce qu’elle a l’air encore plus bête quand elle ouvre la bouche que quand elle la ferme, et ce n’est pas peur dire ! Quant à l’acteur, on n’y croit pas une seconde ! Il était bien en cet arrogant Mr Elton dans Emma (2009) mais là c’est affreux. Contrairement à d’autres acteurs ayant incarné les héros austeniens, il ne fait pas rêver une seconde. Et c’est quoi ces cheveux gras ?!
 
Pour le positif, les Rushworth sont particulièrement bien choisis, frère et sœur fouteurs de m**** (et puis j’aime beaucoup Haley Atwell !). Je n’ai trouvé aucun bémol sur les autres acteurs, chaque fois ils correspondent bien au personnage qu’ils jouent, mais étant très secondaires, ça ne rattrape pas du tout les points mentionnés ci-dessus.

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Je ne peux vraiment pas dire que j’ai passé un bon moment malgré que le film soit court, et c’est dommage parce qu’il y a peu d’adaptations de Mansfield Park (j’en connais trois). Celle de 1999 m’avait bien plu malgré quelques défauts, et je vous la conseille bien davantage ! Il m’en reste une vieille de la BBC (1983 je crois) à voir. Je ne reverrai pas beaucoup cette version de 2007, je pense une fois quand j’aurai relu le roman, pour comparer précisément la fidélité du film au livre, et après c’est tout !
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/JaneAusten/MP2.jpg[Quand je vous dis que ça ne le fait pas DU TOUT.]

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Samedi 14 décembre 2013 à 13:03

Après avoir lu cet été Une telle assemblée, tome 1 de la trilogie Darcy Gentleman de Pamela Aidan, je n'ai pas trop traîné suite à la sortie du tome 2 intitulé En vain ai-je lutté. Milady poursuit la traduction d'austeneries, et si ce n'est pas parfait, je reste très contente de la démarche.
 
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Nous retrouvons Darcy alors qu'il s'apprête à partir dans le Kent pour rendre sa visite annuelle à sa tante Lady Catherine de Bourgh. Il a – avec succès semble-t-il – éloigné Charles Bingley de Jane Bennett, mais lui-même a bien du mal à chasser de ses pensées les jolis yeux de Miss Elizabeth. Quitte à s'ennuyer à Rosings Park, il va en profiter pour oublier la jeune femme. Mais le destin lui joue un vilain tour et place une nouvelle fois la demoiselle sur son chemin.
 
Mon avis ne va rien avoir de très innovant par rapport à ceux qui parsèment déjà la toile. C'est un fait : on s'ennuie dans ce second tome. La seule chose qui s'y passe, c'est la fameuse déclaration d'Hunsford. Et concernant l'œuvre originale, le seul point commun est ce séjour à Rosings. On y passe un long moment, avec que Darcy ne retourne dans sa demeure londonienne, la queue basse. Et là, ça se barre sérieusement en cacahuète avec le retour d'un personnage inventé par l'auteur déjà croisé dans le premier tome, Lord Brougham. Il se retrouve confident (et compagnon de beuverie!) de Darcy et en vient à lui-même épancher son cœur malheureux. Autant le sujet du portrait de Georgiana a eu un peu d'intérêt à mes yeux (pour la métaphore et le développement du personnage de Miss Darcy), autant je n'ai eu strictement rien à faire de « Dy ». Il m'a même plutôt gonflée, en fait.
 
En outre, les réflexions de Darcy tournent sérieusement en rond. Dans un sens c'est réaliste, car en effet lorsqu'on s'est fait éconduire ou qu'on est triste on a tendance à ressasser nos malheurs. Mais étalées sur quasiment deux cents pages, en disant toujours la même chose avec des formulations différentes, ça finit par être lassant. Et puis, sous ce jour-là, Darcy n'est vraiment pas très sympathique. Il est long à se rendre compte qu'il s'est comporté avec Lizzie comme le pire des goujats (déjà ce qu'il dit tout haut est affreux, mais ce qu'il pense est encore pire!) et quand elle lui retourne ses réflexions à la tête il nous fait sa dépression et noie son chagrin dans l'alcool. Un Darcy alcoolique ? Non merci. J'ai eu beaucoup de mal à reconnaître le personnage de Jane Austen. J'ai également bugué sur l'écriture encore plus que dans le premier tome. Est-ce que c'est le style de l'auteure ou la traduction, bonne question (mais j'avoue que je penche assez vers la traduction pour plusieurs raisons, notamment que les dialogues repris directement d'Orgueil et Préjugés sonnent souvent mal dans cette version). J'ai également eu beaucoup de mal avec le mielleux des relations Darcy/Georgiana (il l'appelle « mon ange »...) et avec la familiarité du Colonel Fiztwilliam (il appelle Darcy « Fitz », et je n'ai pas bien reconnu ce personnage non plus).
 
Je dis tout ça parce qu'il faut bien que j'étoffe ma chronique, mais en soi je n'ai pas passé un moment si horrible, sinon j'aurais mis bien plus de temps à le lire. On passe malgré tout un bon moment et Pamela Aidan a fait un gros travail en disséquant tous les agissements de Darcy et en imaginant ses tourments intérieurs. Elle tente de garder à la fois l'esprit de l'époque en rappelant les convenances et les règle de la société britannique et en même temps de nous montrer l'envers du décor, ce que pouvait être réellement la vie d'un gentleman au début du XIXème siècle. Je ne m'y connais pas suffisamment bien dans le domaine pour dire si c'est réussi ou non ; je crois que ça dépend des moments. Par contre, j'ai vraiment quelques reproches à faire à l'éditeur sur ce titre. Déjà, le titre VO indiqué en première page n'est pas le bon. Il s'agit de Duty and Desire et pas These Three Remain. En outre, j'ai bien l'impression qu'il y a eu de sérieux ratés niveau typologie (des sauts de ligne quand il ne faut pas et pas de saut de ligne quand il en faudrait !), à moins que pour ce dernier point cela relève de l'auteure.
 
Ce deuxième tome est définitivement plus mauvais que le premier mais ne m'empêchera pas de me jeter sur le troisième sitôt sa sortie, en février. J'espère que la conclusion de la trilogie rattrapera ce tome quasi-catastrophique !
 
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Mercredi 27 novembre 2013 à 18:16

Je continue avec plaisir la lecture des Journaux d'Amanda Grange. Le journal sorti ce mois-ci est celui du Capitaine Wentworth. Vous le savez peut-être, Persuasion n'est pas mon roman préféré de Jane Austen. C'est le seul livre de l'auteure que j'ai lu en entier deux fois pour l'instant. L'héroïne, Anne Elliot, m'exaspère, et jusqu'à il y a peu, je n'appréciais pas particulièrement le Capitaine Wentworth non plus (même Rupert Penry-Jones ne me convainquait pas !). J'ai réfléchi, lu des articles très enthousiastes sur le roman et l'adaptation, et j'en suis venue à comprendre l'engouement pour cette histoire. La fidélité des personnages, la situation difficile d'Anne, les huit années de séparation... Et puis les filles (je pense à Alice et Méli notamment) n'ont pas tort,  Rupert Penry-Jones fait un héros austenien très séduisant. Ma lecture de cette histoire du point de vue du capitaine a-t-il achevé de changer la donne ?
 
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Le roman d'Amanda Grange commence en 1806, alors que Frederick Wentworth, capitaine en permission, rend visite à son frère dans sa paroisse. Lors des soirées mondaines, il rencontre Anne Elliot et sera rapidement fasciné par elle, mais leur histoire va tourner court. Huit en plus tard, le Capitaine Wentworth revient à terre et rencontre Anne à nouveau...
 
Ce roman reprend la trame qui m'avait tant plu dans Le Journal du Colonel Brandon : l'auteure revient sur des faits qui sont seulement mentionnés dans le roman de Jane Austen et les détaille sur des dizaines de pages. Ici, on revient donc sur la naissance de l'amour qui lie Frederick et Anne. On découvre des jeunes gens plein d'entrain, aux nombreux points communs, qui sont heureux ensemble. Mais déjà, on rencontre les insupportables Elliot (le père et la sœur aînée) ainsi que Lady Russell, marraine d'Anne. Des moments m'ont sérieusement échauffé les oreilles, j'étais en colère contre ces trois personnages qui prennent vraiment Frederick pour de la m****, mais aussi Anne, en ce qui concerne les deux premiers. J'ai vraiment eu mal au cœur pour le capitaine, la rupture des fiançailles est vraiment un moment douloureux où je m'identifiais énormément au héros. Et, comme lui, j'en voulais à Anne pour sa faiblesse. J'ai beaucoup apprécié cette première partie.
 
La deuxième partie colle davantage à Persuasion, néanmoins on voit peu Anne. Très effacée même quand elle est l'héroïne, elle reste peu visible, s'occupant de son neveu, logeant chez Lady Russell, partie à Bath... On côtoie bien plus l'Amiral Croft et son épouse, ainsi que les Musgrove au grand complet, et aussi les amis de la Marine, Harville, Benwick et un dénommé Jenson. J'ai trouvé les réflexions du capitaine très plausibles. Blessé dans son orgueil et dans son amour, il décide de profiter de la vie en faisant le paon, quitte à blesser Anne par ses attentions à d'autres jeunes filles. Puis le drame survient, et il se rend compte de sa sottise. Il n'a alors de cesse de réparer ses erreurs. Contrairement à moi, le héros pardonne à Anne sa faiblesse d'antan. Il a raison après tout, ça fait huit ans ! Et en même temps, moi je ne peux pas. Certes, Anne s'affirme davantage sur la fin et prend ses décisions sans y glisser de conditions dépendant d'autres personnes. Néanmoins, elle reste très bonne poire. Son père et sa sœur continuent de lui infliger des  soufflets et elle ne dit rien. Tout le monde l'utilise (« tiens, Anne n'a qu'à jouer pour que nous dansions » ou « Anne peut s'occuper des enfants »...) et elle se laisse faire. Oui elle est intelligente et rit intérieurement de la bêtise des autres, mais ça ne suffit pas pour me convaincre. A la place du capitaine, je ne pense pas que j'aurais choisi Anne.
 
Donc voilà, j'ai passé un très bon moment avec ce roman, que j'ai dévoré samedi, et j'apprécie finalement beaucoup Frederick Wentworth, amoureux transi et fidèle, homme valeureux qui commet aussi ses erreurs, mais le fait que sa moitié se trouve être Anne Elliot continue de me déplaire. Il faut que je relise Mansfield Park, car il me semble que j'avais fait un reproche similaire à Fanny Price lors de ma lecture il y a... au moins cinq ans. Peut-être détrônera-t-elle Anne ! Déjà, Edmund Bertram ne vaut pas Frederick Wentworth...
 
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Dimanche 27 octobre 2013 à 13:46

Pour le second mois du challenge ebook de Maia, j’ai choisi de lire Georgiana Darcy’s Diary, d’Anna Elliott. Il est disponible gratuitement sur Amazon. Ça fait un moment qu’il était sur ma liseuse, j’avais envie de lire une austenerie, quelque chose d’agréable et qui me distrairait de quelques sombres pensées.
 
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Mais de quoi ça parle ? Nous sommes un an après le mariage de Darcy et d’Elizabeth. L’été approche, et les Darcy ont des invités à Pemberley, Lady Catherine de Bourgh et sa fille Anne, mais aussi plusieurs amis gentlemen et… célibataires. La tante de Georgiana aimerait beaucoup que celle-ci se fiance avec l’un des hommes qu’elle aura choisi pour elle, mais le cœur de la jeune fille est pris depuis longtemps.
 
A partir du moment où j’ai décidé de lire ce roman, j’ai regardé un peu ce qu’en disait la blogosphère. Aïe… les critiques étaient unanimement assassines. J’ai donc commencé ma lecture en essayant de garder l’esprit ouvert et en me répétant que ça ne pouvait pas être pire que les livres d’Elizabeth Aston. Et en effet, c’est bien plus agréable ! Je ne dirai pas que c’est un chef-d’œuvre ou le meilleur sequel de Pride & Prejudice qui soit, mais j’ai réellement passé un bon moment.
 
Le roman est écrit comme un journal comme beaucoup en tenaient au XIXème siècle. Nous avons donc accès directement aux pensées de Georgiana et à sa vision des choses. Globalement c’était bien fait, il y a même des petits croquis de temps à autre, j’ai trouvé ça très sympa. L’écriture m’a semblé correspondre à peu près à la façon dont une jeune femme qui écrit pour elle (et éventuellement pour des lointains descendants qui retrouveraient un jour son journal dans un recoin poussiéreux !) et qui a une certaine éducation, même si le style est loin d’avoir l’élégance des auteurs de ce siècle. Mon dictionnaire m’a indiqué une ou deux fois que le mot employé (et que je ne connaissais pas puisque je consultais le dico) était plus américain que britannique, c’est dommage.
 
Concernant les personnages, j’ai trouvé que Georgiana était bien telle qu’elle me paraissait dans le livre. Au départ d’une nature très effacée, elle se secoue, se tance pour mettre de côté sa timidité qui la paralyse parfois. J’ai beaucoup aimé la façon dont Anna Elliott explique ce qu’il s’est passé avec Wickham, du point de vue de l’intéressée. J’ai également apprécié de retrouver Elizabeth, toujours aussi taquine et respirant la joie de vivre. Les développements autour d’Anne de Bourgh étaient aussi très intéressants, et j’étais contente de la façon dont les choses ont tourné de ce côté-là. Sa mère est fidèle à elle-même, quoique, je suis un peu dubitative sur un choix qu’elle fait. Le comportement de Caroline Bingley m’a étonnée, mais les justifications apportées par l’auteure me convainquent. Il est en revanche dommage qu’Anna Elliott ait choisi d’écarter Bingley et Jane, même si l’explication à leur absence est tout à fait plausible. Le Colonel Fitzwilliam – Edward de son petit nom – est un personnage sympathique, mais je ne saurais pas dire s’il est fidèle à ce qu’a écrit Jane Austen, mes souvenirs du roman sont trop flous (la relecture s’impose, je sais…). Les nouveaux personnages sont assez nombreux, je ne retiendrai que Mr Carter, un homme d’Eglise très sympathique et qui n’a rien à voir avec Mr Collins, et Mr Folliett, un gentleman très gentil et tout et tout mais quelque peu surprenant… En revanche, je regrette vraiment qu’on ne voit pas plus Darcy et certains autres personnages, pourtant mentionnés.
 
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Pendant la première moitié du roman, je n’avais vraiment aucune critique à faire, tout se passait très bien. J’avoue que dans la seconde partie, plusieurs choses m’ont chiffonnée. Certains passent à peu près, d’autres sont malheureusement trop improbables dans le contexte historique, et surtout, on s’éloigne beaucoup de ce que pouvait écrire Jane Austen. C’est d’autant plus dommage que des scènes auraient pu être écrites différemment sans changer le point final de l’histoire, et certaines explications pouvaient être bien plus « convenables » ! Tout cela n’empêche pas que j’ai bien aimé cette lecture et que la fin m’a fait pousser des soupirs romantiques. Je n’étais pas particulièrement emballée par l’amoureux choisi pour Georgiana, mais à ce sujet l’auteure a su me convaincre.
 
Ce n’est pas la meilleure austenerie que j’ai lu, mais elle a ses mérites, et en premier lieu celui d’être très divertissante. Ça se lit très bien et très vite en anglais (pas de version française pour le moment). Ce livre est le premier tome des Pride and Prejudice Chronicles, et le pitch du tome 2, intitulé Pemberley to Waterloo, me tente nettement moins, je sens que ça va vraiment partir en cacahuète. Je le lirai quand même, ne serait-ce que parce que le tome 3 s’appelle Kitty Bennet’s Diary et que je ne peux pas lire le 3 sans avoir lu le 2.
 
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Dimanche 6 octobre 2013 à 19:14

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Après avoir visionné de très nombreuses fois les adaptations de 1995 et de 2005, après avoir vu avec curiosité celle de 1979, je me suis enfin décidée à me lancer dans la version de 1940 de Pride and Prejudice. C’est une adaptation très étonnante pour quelqu’un, comme moi, encore peu habituée aux films anciens, mais j’ai passé dans l’ensemble un bon moment, et comme la version de 1979, j’espère qu’elle rejoindra un jour ma collection austenienne.
 
Dans cette version dirigée par Robert Z. Leonard, Greer Garson (inconnue au bataillon jusqu’à cet après-midi) incarne Lizzie et Laurence Olivier lui donne la réplique en Darcy. J’ai eu un gros bug au générique du début quand j’ai vu écrit « Aldous Huxley » au scénario. Wikipedia m’indique qu’il est censé servir de « caution littéraire », car le film s’éloigne beaucoup du roman, il est plutôt basé sur une pièce de théâtre, mais j’en reparlerai. J’ai vérifié, et c’est bien le même qui a écrit Le Meilleur des mondes.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/JaneAusten/Prideandprejudice19401.jpgJ’ai trouvé que les deux acteurs principaux faisaient un couple et un duo d’acteurs convaincants, et certaines de leurs frictions m’ont beaucoup plu, la scène de tir à l’arc notamment, quoique très éloignée de l’esprit initial du roman. Leurs relations ne sont pas tout à fait les mêmes que celles qu'on connaît par cœur, et c'est très étrange à voir. Greer Garson est mignonne en Lizzie (quoique trop âgée pour le rôle), peut-être même plus que l’actrice qui incarne Jane, que j’ai trouvée, comme dans la version de 1995, plus bête que douce (en plus elle a une voix assez horrible). Bingley est très sympa par contre, il m’a fait rire. On les voit très peu, le film étant clairement centré sur Lizzie et Darcy. Miss Bingley a à la fois un accent très aristo et une pointe de roulement des R qui est assez étonnant ! C’est une belle peste, comme toujours. Concernant Laurence Olivier, j’ai trouvé au début du film que son jeu était sans cesse le même, je ne voyais pas de différence avec son interprétation d’Heathcliff dans Wuthering Heights, mais après une demi-heure de film, il m’a plutôt convaincue. Comme toujours, les personnages de Mr Bennet et de Mr Collins sont très bien interprétés, et Mrs Bennet est insupportable, Lydia également. Par contre, j’ai eu un mal fou à distinguer les filles Bennet, excepté Elizabeth. J’avais l’impression qu’elles se ressemblaient toutes, et avec l’absence de couleurs c’était encore pire. Le personnage d’Anne de Bourgh est très antipathique, bien plus que d’habitude, même si on la voit peu. Lady Catherine est égale à elle-même, enfin presque…
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Concernant les costumes et les décors, ils servent bien de décorum, d’amplificateur pour appuyer l’action (ou le comique...) mais ne sont pas franchement fidèles, bien au contraire. D’ailleurs, tout a été tourné en studio, donc on repassera pour la beauté des demeures anglaises. Les robes donnent plus d’une fois l’impression d’avoir affaire à une nuée de dindes plutôt qu’à des jeunes filles (un minimum) distinguées et ne respectent pas du tout l'époque. Le film est en fait conçu comme une comédie romantique à l’américaine (Wikipedia m’indique par exemple que les acteurs incarnant Mr et Mrs Bennet étaient des acteurs comiques engagés comme tel par la société de production, la MGM), et quasiment toute la réflexion et la profondeur de Jane Austen passent à la trappe. J’avais plutôt le sentiment d’être devant l’adaptation d’un roman para-austenien que devant l’adaptation d’Orgueil et préjugés. Des entorses énormes sont faites au roman (la danse d’Elizabeth et Darcy n’y est même pas ! Sans compter cette fin façon Bisounours…), et ça peut franchement déranger. C’est, et de loin, l’adaptation la moins fidèle de ce roman, mais elle a le mérite d’être très divertissante une fois qu’on la prend comme telle. J’ai halluciné les premières minutes, me demandant vraiment pourquoi ce choix avait été fait, et puis j’ai accepté l’idée et ça a été. On sent très fortement l’influence du théâtre dans le jeu des acteurs (qui sur-
jouent facilement, justement) et dans la façon dont c’est tourné, même s’il y a quelques belles scènes au niveau de la réalisation (je pense notamment à l’assemblée de Meryton, au début).
 
En bref, ne cherchez pas à combler votre âme romantique ni à pouvoir encenser le génie de Jane Austen avec cette version, mais voyez ce film comme une comédie basée sur Orgueil et préjugés, et vous pourrez passer un moment agréable ! Pour les fans absolu(e)s qui ne peuvent supporter la moindre infidélité, passez votre chemin.
 

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Mardi 1er octobre 2013 à 17:22

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Comme j’ai apprécié les deux romans para-austeniens de Jennifer Becton, j’ai regardé ses autres travaux et je suis tombée sur une nouvelle qui s’intercale après le roman Charlotte Collins, mais qui peut se lire seule. Elle est intitulée Maria Lucas: A Short Story in the Personages of Pride & Prejudice Collection. C’était un moyen agréable de poursuivre dans l’univers créé par l’auteure. La chronique ne sera pas très fouillée, en proportion du texte qui n’est pas long.
 
Nous sommes donc après la fin de Charlotte Collins. Une Charlotte très étonnée ouvre sa porte sur une Maria éplorée et très remontée contre son époux, Mr Card. Le goujat, qui disait l’aimer tendrement, vient de l’envoyer sans sommation à Londres. Mécontente, elle a préféré se réfugier chez sa sœur pour réfléchir à sa situation.
 
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C’est bien une nouvelle, ça prend donc à peine une demi-heure à lire. Je précise que pour le moment, elle n’est pas disponible en français, mais on la trouve en anglais en numérique pour 89 centimes. J’ai trouvé ça très facile à lire, agréable et fluide comme en français (j’en déduis que les traductions ne sont pas mauvaises pour le coup !).
 
En quelques lignes, on retrouve facilement le caractère des deux sœurs. Charlotte calme et réfléchie, Maria plus impulsive, et assez aveugle aussi. C’est bien l’ultime transformation de cette dernière que nous suivons sur ces quelques pages. Car certes, elle est enfin mariée, à un ami qui plus est, mais elle portait encore des œillères, et il était temps qu’elles tombent. De ce fait, la petite intrigue est sans surprise, mais légère et agréable, et clôt enfin les péripéties des Lucas. J’ai trouvé ça mignon, plein de vie, bref, j’ai passé un bon moment, et je conseille cette petite histoire à celles qui ont aimé Charlotte Collins ! 
 

Lundi 30 septembre 2013 à 17:21

Samedi, j’ai terminé l'une de mes lectures en cours, et aussitôt je me suis lancée dans une autre lecture détente, une austenerie cette fois : me voilà partie dans Caroline Bingley. Il ne m’a pas fallu vingt-quatre heures pour en venir à bout. Certes, j’avais décidé de glander tout le week-end (et je ne le regrette pas une seconde vu le lundi pourri que je viens de me taper), mais c’est dû également au fait que j’ai véritablement passé un bon moment avec ce roman para-austenien de Jennifer Becton. Pour mémoire, j’avais déjà beaucoup apprécié Charlotte Collins. Celui-ci ne m’a pas autant plu, mais ça reste un bon roman consacré pourtant à cette détestable Caroline !
 
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Nous sommes juste après le mariage de Bingley et Jane : Caroline est en route pour Kendal, dans le nord du pays, envoyée en exil par son frère qui ne lui a pas laissé d’autre choix puisqu’elle a refusé de présenter ses excuses à Elizabeth, devenue Mrs Darcy. Aussitôt sur place, Caroline fomente ses plans pour retrouver une place plus élevée dans la société, mais ses plans ne vont pas bien se dérouler…
 
Consacrer tout un roman à cette peste de Caroline, qu’on a (que j’ai en tout cas) envie de gifler tant en lisant le roman qu’en visionnant les adaptations ? Pari risqué pour Jennifer Becton, mais je dois dire, pari réussi ! Avoir son point de vue sur la situation permet déjà de relativiser sa « méchanceté ». Certes, ce n’est pas une sainte, elle n’est pas gentille et ne vise que ses propres intérêts ; mais comment s’en sortir autrement dans une société où les hommes décident encore de tout ? Comment réfléchir autrement quand on a été conditionnée dès l’enfance à se trouver le plus beau parti imaginable et à briller en société ? Si on n’en vient pas à aimer Caroline, malgré tout on peut la comprendre, et personnellement j’ai même apprécié certains de ses traits d’esprit.
 
L’écriture de Jennifer Becton est telle que je m’en souviens : agréable, fluide, sans accroc. Globalement, les conventions sont bien respectées, même si deux-trois choses m’ont paru un peu exagérées. L’auteure a su distiller un peu d’humour dans une histoire pourtant pas si drôle, et c’est agréable. Les nouveaux personnages ne sont pas trop nombreux et ont tous leur place dans cette nouvelle configuration des choses. Je regrette seulement qu’on ne voie pas davantage les personnages principaux d’Orgueil et préjugés, qui sont tout de même présents, bien lus que dans les livres d'Elizabeth Aston. Sur l’histoire en elle-même, eh bien, je dois dire que j’avais tout deviné dès l’apparition d’un certain monsieur. Les péripéties diverses et variées menant à l’inévitable mariage ne m’ont pas moins divertie, j’étais ravie de voir Caroline se tromper, chuter, se relever, ouvrir enfin les yeux… Et trouver sa propre fin bien elle, indépendante de tous.
 
Je suis décidément très étonnée par cette auteure américaine qui, sans révolutionner le genre des austeneries, est parvenu par deux fois à me faire passer un très bon moment de lecture. Je me suis d’ailleurs lancée dans sa nouvelle intitulée Maria Lucas: A Short Story in the Personages of Pride & Prejudice Collection, qui fait « suite » à Charlotte Collins et dont je vous parlerai bientôt. Je ne serai absolument pas contre d’autres romans du même style, sur Kitty ou Mary Bennet peut-être ? Rien ne semble prévu de ce genre chez l’auteure pour l’instant, et c’est bien dommage.


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Dimanche 15 septembre 2013 à 15:31

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Contrairement à beaucoup de Janéites, Emma fait partie de mes romans préférés de Jane Austen. J’ai donc été très déçue par les deux films de 1996 avec dans le rôle principal Kate Beckinsale et Gwyneth Paltrow (celui-ci étant moins mauvais que l’autre tout de même) et d’autant plus ravie quand j’ai vu pour la première fois l’adaptation en 4 épisodes par la BBC qui date de 2009, avec Romola Garai en Emma.
 
Si vous n’êtes pas très lecture du XIXème, cette adaptation est un excellent compromis pour découvrir cette histoire. Je rappelle le pitch : Emma Woodhouse est jeune. Sa famille est riche, elle n’a pas besoin de songer au mariage. Sa vie à Highbury auprès de ses amis de toujours la satisfait pleinement. Comme elle n’a pas à s’occuper d’elle-même, elle se tourne vers les affaires de cœur des autres, avec des résultats très mitigés… Mais ses erreurs lui permettront d’apprendre ce qu’il y a dans son propre cœur.
 
C’est donc une histoire bien plus légère que Orgueil et préjugés, Raison et sentiments, Persuasion et Mansfield Park. On n’a rien à craindre pour l’héroïne, la vie lui sourit à pleines dents. Pendant la majeure partie de l’histoire, elle fait bêtise sur bêtise et si elle se repent sincèrement à chaque fois, elle est lente à apprendre de ses erreurs, ce qui fait que peu de gens apprécient ce personnage. Personnellement, je l’aime beaucoup, je la trouve très vraie, très légère. J’aime sa vivacité et son évolution, la voir se rendre compte de ses défauts et les corriger. Romola Garai l’incarne parfaitement à mon sens. J’aime bien cette actrice, mais chéri ne l’apprécie pas, ce qui fait qu’il a vraiment eu du mal avec cette héroïne.
 
L’autre grand personnage, Mr Knightley, est l’un de mes héros préférés, et là chéri m’a suivie ! Johnny Lee Miller (déjà vu en 1990 en Edmund Bertram dans Mansfield Park) est un parfait gentleman et tout du long, on est d’accord avec ses agissements et ses pensées. L’acteur n’est pas désagréable à regarder et il porte très bien les tenues du XIXème siècle. Dans cette version, Harriet me paraît vraiment très sotte. Elle est indéniablement gentille et bonne, mais je n’avais pas souvenir qu’elle se montrait si bête dans le roman (une relecture s’impose !). Miss Bates me touche beaucoup dans cette version, cette vieille fille qui n’a d’autres occupations que de veiller sur sa mère âgée et attendre des nouvelles de sa nièce adorée, Jane Fairfax. L’actrice l’a parfaitement comprise. Jane est bien choisie aussi, réservée et mignonne, mais avec un air sévère quand elle assiste à des scènes qu’elle désapprouve. J’ai aussi beaucoup aimé Mr Woodhouse, interprété par Michael Gambon (Dumbledore !). Il m’a fait beaucoup rire et m’a attendrie. J’arrête là pour les personnages secondaires, mais je pourrais développer pour chacun d’entre eux, et à mon sens il n’y a aucune fausse note de ce côté-là, tous les acteurs sont impeccables.
 
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Ce que je trouve le plus réussi dans cette version, ce sont les interactions entre les personnages. On comprend clairement les relations qu’ils entretiennent. Elles sont vraies, elles sont belles (j’adore la relation d’Emma avec son père, elle me met les larmes aux yeux). Le temps entre chaque personnage est bien équilibré, on voit tout le monde. Cela tient beaucoup je pense à la fidélité de l’adaptation, qui reprend mot pour mot de nombreux dialogues. C’est une adaptation fidèle, certes, mais pas un bête copier-coller. Le passé de Frank Churchill et de Jane Fairfax sont présentés dès le début, en opposition à celui d’Emma. C’était une bonne idée de développer l’histoire chronologiquement plutôt que de raconter au travers de dialogues ou de flashbacks. On comprend également mieux les liens qui unissent les protagonistes au début de l’histoire (notamment les Woodhouse, les Weston et les Knightley). Comme souvent dans les adaptations de la BBC, la réalisation est soignée, les décors sont beaux et nous transportent. La musique est bien aussi, quoique pas vraiment marquante. Le scénario est très bien suivi, on ne rate aucune étape, sauf peut-être une vers la fin (SPOIL : je trouve qu’il n’y a aucune explication quant aux retrouvailles d’Harriet et de Robert Martin, c’est dommage !). J’ai été plus embêtée avec certaines dérogations aux règles de l’époque. Pendant le pique-nique, on est vraiment très au-delà du convenable ! Mais là encore, il faut que je relise le roman. Concernant les costumes également, la mode de l’époque n’est pas toujours respectée, mais c’est ravissant, alors à quoi bon chouiner ?

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Bref, à mon sens la meilleure adaptation d’Emma, et maintenant que je l’ai en DVD, je vais la revoir encore et encore !
 
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Samedi 24 août 2013 à 16:15

Je classe ce billet dans les austeneries parce que je suis bien obligée, mais croyez bien que ce n’est pas de gaîté de cœur. Voici le troisième livre de la saga des Darcy d’Elizabeth Aston, et comme d’habitude, il n’y a pas une once de Jane Austen là-dedans. Merci à Miss Elody qui cède à mes caprices et continue à me prêter les romans de cette auteure !
 
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Je vous conseille fortement de ne pas lire la quatrième de couverture si vous souhaitez lire ce livre, car elle spoile complètement. Voici ma version : Cassandra Darcy est en très mauvaise posture. Après avoir été injustement expulsée de Rosings Park, elle tombe amoureuse à Bath, et s’enfuit avec l’homme qu’elle aime, qui la trahit bientôt. Horatio Darcy, un cousin éloigné mais toujours membre de cette honorable famille, lui fait parvenir les exigences de son beau-père, Mr Partington, pour retomber dans ses bonnes grâces, mais la solution proposée à Cassandra ne lui convient pas. Non, elle est bien décidée à se débrouiller seule, à Londres. Elle vivra de son art ou ne vivra pas.
 
Les cent premières pages sont consacrées à l’explication de la situation actuelle de Cassandra : sans le sou, à Londres, désavouée par sa famille. Il faut donc déjà un certain temps pour entrer dans l’histoire, et ce temps est amplement suffisant pour grincer des dents. Elizabeth Aston n’hésite pas à sortir de nouveaux Darcy de derrière les fagots. Après les cinq filles plus ou moins stupides de Darcy et d’Elizabeth, nous découvrons donc Cassandra, la fille d’un obscur Thaddeus Darcy, cousin du vrai Darcy. Horatio Darcy est un cadet, cousin éloigné également, surgi d’on ne sait où aussi. Et évidemment, tout ce petit monde possède « l’âme » (comprenez un orgueil mal placé et un caractère insupportable) des Darcy. De nouveaux personnages sans grand relief, donc, et pour certains franchement décevants ou improbables. On revoit aussi Anne de Bourgh, au destin bien moins reluisant que celui donné par Amanda Grange par exemple. Elle est restée souffreteuse et inintéressante, mais en plus elle n’a pas de cœur. Quant à Mr Partington, c’est un cliché à lui seul, un Mr Collins en mille fois pire. Je passe sur les autres nouveaux personnages, il y en a véritablement une pléthore.
 
On croise également nombre de personnages des deux romans précédents, Les Filles de Mr Darcy et Les Aventures de Miss Alethea Darcy (mais il n’est pas nécessaire de les avoir lus pour se lancer dans Darcy dans l’âme). La première à apparaître est Belle, l’une des jumelles, toujours aussi frivole et impertinente, à baffer. Dans un registre plus agréable, on voit Camilla Darcy devenue Mrs Wytton, ainsi que son mari, et d’autres persos plus secondaires encore, comme Miss Griffin. En soi, ce n’est pas étonnant qu’Elizabeth Aston fasse ainsi des connections entre ses romans, mais elle aurait au moins pu éviter de mettre des incohérences partout ! Je n’ai pas une excellente mémoire, mais à certains moments c’était flagrant. À moins que ce ne soit la faute à la traduction ? En tout état de cause, c’est énervant et ne fait pas remonter ces romans dans mon estime.
 
Quant à l’histoire, que dire… Évidemment, c’est distrayant. Les cinq cents pages se lisent très vite, ce n’est pas compliqué à suivre et comme toujours, c’est cousu de fil blanc. Le côté monde d'artistes peut intéresser. Certaines péripéties étaient franchement improbables, mais on n’est plus à ça près… Je suis plus calme envers ces romans maintenant. Je ne les aime pas, et au moins je suis capable d’expliquer pourquoi. Et têtue comme je suis, je continuerai à les lire (mais ne les achèterai pas). Je ne m'étends pas davantage car les reproches sont toujours les mêmes sur les romans de cette auteure.
 
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