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Qu'il est bon d'être futile !

Jeudi 22 mai 2014 à 20:39

J’ai vu le week-end dernier sur une page Facebook consacrée à Jane Austen (mais je ne sais plus laquelle...) qu’il existait une sorte de docu-fiction consacrée à la vie de Jane Austen, diffusée sur la BBC en 2002, intitulé The Real Jane Austen. Il a fallu que je le vois !
 
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D’une durée d’environ une heure, ce « dramatized documentary » est présenté par Anna Chancellor, l’actrice de Miss Bingley dans la version de 1995 de Pride and Prejudice et également descendante d’un frère de Jane Austen. Des acteurs interprétant Mr Austen, Mrs Austen, Miss Austen (Cassandra), Henry Austen, Fanny Knight et Jane Austen elle-même nous racontent sa vie (par moments en citant un propos contenu dans une lettre qui nous est parvenue ou avec une citation tirée de l’un de ses romans), entrecoupée de scènes de bal, ou de promenade...
 
C’est très agréable à regarder et bien construit. J’ai trouvé que c’était un très bon résumé de la vie de Jane, sans entrer trop dans les détails et sans partialité. Je râle toujours un peu devant le passage consacré à Tom Lefroy, car ma vision de cet homme est très éloignée de celle présentée dans le film Becoming Jane (même si je trouve James McAvoy tout à fait charmant) ou de celle généralement admise. De la page Wikipédia anglaise qui lui est consacrée, je retiens surtout qu’il a fait partie de ces Irlandais d’origine anglaise qui ont pris plaisir à écraser la culture irlandaise (gaélisme et catholicisme). En tant que juge, il s’est montré très partial lorsqu’il avait à traiter des affaires où Catholiques et Protestants se faisaient face, toujours à l’avantage de ces derniers. Vers la fin de sa vie, il semble qu’il ait été carrément intolérant, au point de condamner facilement à mort. Youpi. Le documentaire ne s’attarde pas trop sur cet évènement de la vie de Jane, donc c’est passé.
 
Cette production se concentre vraiment sur sa vie, sur la personne qu’elle était, et pas sur son œuvre, même si elle est bien sûr mentionnée, mais ne vous attendez pas à des explications sur ce sujet. Les acteurs sont bien choisis, on cerne facilement leur caractère et leur rôle dans la vie de la romancière, et j’ai été étonnée de trouver Anna Chancellor si agréable en narratrice ! Je regrette un peu l’absence d’Eliza de Feuillides, qui a pourtant tenu un rôle important dans la vie de Jane. Elle n’est mentionnée que comme épouse d’Henry (ils se sont pourtant mariés sur le tard et après moult péripéties si mes souvenirs sont bons !). Le documentaire a été tourné sur différents lieux : dans le village de Steventon, à Bath, à Chawton et à Winchester. C’est agréable de découvrir un peu ces lieux dans lesquels je n’ai jamais mis les pieds. Le format court convient très bien aux néophytes ou à ceux qui ne veulent pas crouler sous les informations, mais peut aussi être frustrant quand on connaît déjà Jane Austen et qu’on aimerait en savoir plus. Enfin, je souligne que The Real Jane Austen a été produit en collaboration avec Claire Tomalin, ce qui pour moi est un gage de qualité.

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En bref, c’est là un documentaire très agréable, la BBC confirme ses multiples talents ! Je conseille fortement ce docu-fiction (disponible seulement en anglais sous-titré anglais je crois) à ceux qui ne souhaitent pas s’embarquer dans une biographie, ou qui veulent une piqûre de rappel de la vie de Jane Austen. J’ai pris grand plaisir à le regarder et je pense que je le reverrai. C'est bien dommage qu'il n'ait pas été commercialisé. (Je suis désolée pour la médiocrité des images, mais il se trouve que ce sont les seules captures d'écran correctes que j'ai trouvé sur le net, et je n'ai pas eu le courage d'essayer d'en faire moi-même...)
 
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Lundi 19 mai 2014 à 20:08

Je continue à acheter une bonne partie des parutions para-austeniennes de Milady, même si plusieurs ont été décevantes voire carrément insoutenables (Cher Mr Darcy n’était pas extraordinaire et je n’ai pas du tout aimé les Elizabeth Aston). Il y a quelques temps j’avais donc acheté les deux romans de Laura Viera Rigler, Confessions d’une fan de Jane Austen et Tribulations d’une fan de Jane Austen. J’ai hésité par lequel commencer, et finalement je me suis décidé pour celui où une jeune femme du XXIème siècle est transportée dans le corps d’une femme vivant au XIXè.
 
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Courtney se réveille un matin dans un lit qui n’est pas le sien, à une époque qui n’est pas la sienne, et même dans un corps qui ne ressemble pas au sien. D’abord persuadée qu’elle rêve, elle va bientôt se rendre compte qu’il n’en est rien et qu’elle vit à présent la vie d’une certaine Jane Mansfield, en 1813. Les deux jeunes femmes semblent avoir en commun leurs problèmes avec les hommes : Frank et Wes pour Courtney, Mr Edgeworth et James pour Jane. Existe-t-il un moyen pour Courtney de retrouver son XXIème siècle ?
 
Le roman commence alors que Courtney se réveille dans le corps de Jane. On ne la voit pas dans notre présent autrement qu’à travers certains souvenirs qu’elle nous raconte, à commencer par la trahison de son fiancé Frank qui l’a trompée avec la femme chargée de faire leur gâteau de mariage, trahison doublée par le silence que Wes, le meilleur ami de Courtney, a gardé pour couvrir Frank. Le fait que sa vie normale ne soit pas au beau fixe n’empêche par Courtney de sérieusement baliser à son réveil dans le corps d’une autre. On lui parle d’une « chute à cheval » qui l’a fait dormir plusieurs jours, et pour s’assurer du retour de sa bonne santé, un « médecin » crasseux au possible ne trouve pas mieux que de lui faire une petite saignée, à laquelle elle doit consentir sous peine d’être envoyée à l’asile par Mrs Mansfield, plus démon que mère. Ça commence donc très fort... Et généralement, ça m’a bien fait rire. Il y a des passages assez triviaux, car Courtney s’aperçoit avec une certaine horreur que Jane Austen, dont elle ne cesse de relire les romans, a tu de nombreuses choses sur son époque : le manque d’hygiène, l’exploitation des domestiques, l’inconfort des vêtements...  Auxquels il faut ajouter les joyeusetés sociales de rigueur, et notamment le statut de vieille fille pour une femme de trente ans célibataire et son état quasiment sous tutelle. La messe dominicale est une épreuve toute particulière : impossible de bouger (et donc d’examiner les autres paroissiens), sermon abrutissant et moralisateur, et surtout auditoire qui se lâche allègrement. Vive les odeurs. Je le confesse de nouveau, j’ai ri plusieurs fois de bon cœur devant les comparaisons que fait Courtney (par exemple, elle comprend mieux pourquoi Mary Crawford est horrifée qu’Edmund Bertram veuille entrer dans l’Église !).
 
Les références aux romans de Jane Austen sont très nombreuses, on voit que l’auteure connaît le canon par cœur, et elle ne se prive pas de se faire plaisir et de nous faire rire en tordant le cou aux convenances et en faisant agir son héroïne de façon pour le moins étonnante parfois ! C’est une lecture faite pour nous détendre et qui ne prétend pas écrire du Jane Austen. C’est écrit pour ses fans, ce qui est tout différent. De ce point de vue, je trouve que c’est plutôt réussi, car on peut se retrouver dans certaines pensées ou mésaventures de Courtney, et les réflexions sur nos limites en tant que fan, quoique seulement effleurées, sont intéressantes.

Personnellement, je ne me suis pas vraiment attachée à Courtney mais je l’ai bien aimée, ce n’est pas une héroïne insupportable. Les autres personnages m’ont laissée assez indifférente en revanche, exception faite de Mr Mansfield. Je regrette de ne pas l’avoir vu davantage. Son passe-temps très particulier me l’a rendu immédiatement sympathique (et un peu comme pour Mr Bennet, on le plaint d’avoir une telle femme et donc on l’apprécie). Quant aux divers mâles de l’histoire, je n’ai pas été plus embarquée que ça. Un peu indifférente, c'est vraiment le mot. J’ai rapidement vu où l’auteure voulait en venir, mais je dois dire que la fin, si je l’ai bien comprise, tout en étant conforme à mon idée, est surprenante dans le tour qu’elle prend. Il faudra que je papote avec des copines qui l’ont lu parce que je ne suis pas sûre d’avoir saisi ce qu’il faut !
 
Ce livre est le pendant de Tribulations d’une fan de Jane Austen, où l’on suit Jane dans le corps de Courtney. Je suis curieuse de le lire pour terminer de remettre l’histoire en ordre, parce qu’il manque quelques bouts. L’auteure a joué finement son coup en ne donnant pas toutes les réponses et en nous intriguant suffisamment sur le personnage de Jane pour qu’on veuille avoir sa version des choses. Confessions étant raconté par Courtney à la première personne, j’imagine que Tribulations en fera de même avec Jane.
 
Ça n’a rien d’extraordinaire, il faut se l’avouer. Les explications sont plutôt faciles, les péripéties aussi, mais ça se lit facilement, ça ne m’a pas ennuyée, et ça change des dernières austeneries que j’ai lues. Certains passages m’ont moins plu (notamment celui à Londres). Je pense lire Tribulations bientôt, en espérant y trouver la même détente, mais sans grandes attentes. Je pense qu’ensuite je repartirai sur une austenerie plus proche des romans originaux, maintenant que j’ai vraiment lu toutes les œuvres de fiction de Jane Austen.
 
"Je comprends, comme me l'ont déjà appris mes innombrables lectures des six romans de Jane Austen, pourquoi les enfants ne se lassent jamais d'écouter les mêmes histoires. Il y a un aspect réconfortant dans cette familiarité et dans le fait de savoir avec certitude que tout va bien se terminer, qu'Elizabeth et Mr Darcy vont vivre ensemble à Pemberley, qu'Anne Elliot va percer l'âme du capitaine Wentworth et que Mr Elton va devoir finir ses jours auprès de sa cara sposa."
 
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Mardi 13 mai 2014 à 18:53

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J’ai commencé à lire Jane Austen au lycée, mais j’ai pris mon temps en découvrant ses textes, histoire de ne pas tout lire d’un coup et de me retrouver avec l’unique possibilité des relectures ! L’avantage est quand même que j’ai lu quasiment tous ses textes en français seulement, je vais donc pouvoir me faire plaisir en les relisant en anglais (ce que j’ai commencé à faire pour Sense and Sensibility grâce à ma correspondance avec Miss Elody !). Il ne me restait plus à découvrir que le roman inachevé The Watsons. C’est fait avec cette très chouette édition Penguin Classics que m’a offerte Dawn lors de notre swap sur Jane Austen et qui comprend Lady Susan, The Watsons et Sanditon.
 
Lady Susan
 
C’est une relecture qui ne faisait pas de mal, car ma première lecture date du lycée et je n’en gardais que peu de souvenirs, surtout que je n’ai jamais vu d’adaptation de ce court roman épistolaire qui m’aurait permis de garder l’histoire en tête. Lady Susan est constitué d’une quarantaine de lettres et nous permet de suivre les intrigues auxquelles s’adonne la dame du même nom. Veuve depuis quelques mois, elle profite largement de sa liberté retrouvée pour fracasser les cœurs de ces messieurs, au risque d’être connue comme une femme aux mœurs dissolues. Seulement Lady Susan est très maline, et malgré les faits qui l’accablent, elle parvient le plus souvent par une pirouette à se tirer de toutes les situations désagréables qui pourraient lui échoir. Ainsi, lorsque la femme de son amant, Mr Manwaring, découvre que cette soi-disant « amie » qu’elle hébergeait sous son toit à Langford a rendu fou amoureux son époux, Lady Susan met les voiles chez son beau-frère, le temps que la situation se calme un peu, d’autant plus qu’elle a détourné un certain Sir James Martin de la main de Miss Manwaring pour le faire épouser Frederica, sa propre fille, mais le dit sir serait plus enclin à épouser la mère que la fille, laquelle n’est pas motivée pour épouser le promis trouvé par sa mère. C’est dans cette situation que s’ouvre le roman, par la lettre de Lady Susan au frère de son défunt mari, Mr Vernon.
 
Ça se verra peut-être dans ce (long) résumé, la situation est au départ assez complexe à appréhender. Pas mal de personnages, tous liés plus ou moins étroitement les uns aux autres (par exemple, la « chère amie » de Lady Susan est Mrs Johnson, dont le mari était le tuteur de Mrs Manwaring avant son mariage). L’avantage certain de ce type de narration, c’est la multiplicité des points de vue qui nous permet de voir l’histoire sous différents angles. En plus des lettres qu’échangent Lady Susan et son amie Alicia Johnson, nous avons de nombreuses lettres entre Mrs Vernon (belle-sœur de Lady Susan) et sa mère, Mrs De Courcy. D’autres protagonistes prennent la plume de manière plus anecdotique. Il faut savoir que le genre épistolaire était très en vogue au XVIIIème siècle, lorsque Jane Austen a commencé à écrire. Elle admirait les œuvres de certains auteurs qui étaient spécialisés dans ce type de littérature. Il est donc tout naturel qu’elle se fût essayé à ce style lors de ses débuts. Le personnage de Lady Susan et l’intrigue en général n’est pas sans faire penser au roman français de Choderlos de Laclos Les Liaisons dangereuses. Il est fort possible qu’elle l’ait lu, car sa cousine Eliza de Feuillides a épousé un petit noble français et a vécu en France, et elle peut tout à fait l’avoir rapporté à sa cousine mordue de lecture. Lady Susan est, tout comme la marquise de Merteuil, à la fois détestable et fascinante, mais d’une façon un peu différente. Si la marquise se plaît à détruire la future vie maritale de Cécile de Volanges en voulant punir un ex-amant, Lady Susan fait carrément ses intrigues sur le dos de sa propre fille, qu’elle veut marier à un fat, idiot et borné. Et ici, Lady Susan est seule aux commandes. Son amie Mrs Johnson n’est qu’un prétexte pour nous faire découvrir ses motifs et fourberies par le biais des lettres qu’elle lui envoie depuis Churchill.
 
Au final, cette femme est le seul personnage véritablement travaillé de l’histoire. Les autres semblent bien pâles à côté, et il les faut tous ou presque pour faire contrepoids à l’influence de Lady Susan. Je dois avouer que je suis un peu déçue de l’absence d’un « héros austenien ». Reginald De Courcy, le seul qui pourrait à la rigueur prétendre à ce titre, est finalement très fade je trouve, plus encore qu’Edmund Bertram dont je garde le souvenir d’un personnage facilement manipulable et peu intéressant. Il se fait avoir comme un bleu et je ressentirais presque du mépris pour lui… Quant à la demoiselle de cette histoire, on ne sait quasiment rien sur elle, hormis qu’elle est timide de nature et terrifiée par sa mère. Il n’y a qu’une seule lettre de sa main et cela suffit à montrer au lecteur son inexpérience et sa jeunesse. Ce texte fait un peu figure d’entraînement pour Jane Austen je trouve. Elle s’est essayé au style épistolaire, très en vogue en son temps, brossé les portraits de quelques personnages qui peuvent préfigurer de grandes figures de ses romans à venir, mais là où l’on voit vraiment déjà son talent, c’est dans la « conclusion », pleine de verve et d’humour. Son écriture est déjà très maîtrisée et c’était un vrai plaisir à lire.
 
"Some mothers would have insisted on their daughter’s accepting so great an offer on the first overture, but I could not answer it to myself to force Frederica into a marriage from which her heart revolted; and instead of adopting so harsh a measure, merely propose to make it her own choice by rendering her life thoroughly uncomfortable till she does accept him. But enough of this tiresome girl."
 
The Watsons
 
C’était le dernier texte littéraire de Jane Austen que je n’avais encore jamais lu. Sans être le meilleur, il aurait sans doute pu devenir un excellent roman, si l’auteure avait voulu le finir, mais elle ne l’a jamais repris après l’avoir mis de côté, pour des raisons incertaines et assez diverses sur lesquelles je ne m’étendrai pas. Ce roman inachevé s’ouvre sur Emma et Elizabeth Watson, en train de discuter tandis que la deuxième conduit la première chez les Edward pour ensuite aller au bal. Emma vient de revenir dans sa famille après avoir été élevée par une tante plus fortunée, qui vient de se remarier et n’a pas pu emmener la jeune fille avec elle. Leur père est malade et la famille Watson vit dans une grande simplicité.
 
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Ce début, qui n’est même pas organisé en chapitres, est assez étonnant. Je l’ai trouvé affreusement triste, car outre la situation financière très précaire de l’héroïne et de sa famille proche, l’ambiance chez les Watson est polluée par des membres insupportables. Margaret, qu’heureusement on n’a le temps de ne voir que très peu, est une vraie langue de vipère et prend plaisir à blesser les autres. Apparemment l’autre sœur, qu’on ne voit pas, est encore pire. Ensuite vient le frère aîné, Robert, qui se permet des remarques très désagréables envers Emma, et son épouse Jane, qui est une véritable connasse. Il n’y a guère que le jeune frère, Samuel, qu’on ne voit pas non plus, qui a l’air d’être gentil, ainsi qu’Elizabeth, qui a le mérite de l’être également même si elle a l’air un peu simple par moments. Le papa également est gentil, mais quand on sait que Jane Austen avait prévu de le faire mourir (alors qu’on a eu le temps de le connaître, pas comme avec Mr Dashwood !), tout de suite ça refroidit.
 
Dans le même temps, ça peut être très joyeux. Emma a un optimisme et une joie de vivre à toute épreuve et n’hésite pas à se défendre si on l’attaque ou à éviter sciemment les inopportuns. Elle profite à fond des bons moments. Ainsi, elle apprécié énormément le bal, de parler avec la gentille Elizabeth, de veiller sur son père et de discuter avec lui. Elle a très bon cœur et lorsque la jeune et riche Miss Osbourne pose un lapin au jeune Mr Blake (il est le neveu du pasteur de la famille), elle n’hésite pas à se proposer pour être sa cavalière et attire ainsi l’attention favorable de Mrs Blake et de son frère Mr Howard. Elle se retrouve rapidement avec un Lord Osbourne indésirable sur le dos, tout étonné de rencontrer une jeune fille différente des midinettes habituelles auxquelles il ne porte aucune attention.
 
L’écriture est très dynamique, avec beaucoup de dialogues, et la narration est souvent un peu hachée, ce qui donne du rythme aux paragraphes, mais la forme parvenue jusqu’à nous n’est certainement pas celle que le texte aurait eue terminé et publié.
 
Il y avait donc un potentiel énorme dans cette histoire, avec un large panel d’émotions qui n’auraient pas manqué de nous faire vibrer. Emma Watson avait l’étoffe d’une héroïne austenienne et il est vraiment dommage que les circonstances aient été telles que Jane Austen n’ait jamais achevé cette histoire, dont elle a tout de même livré la tendance principale à sa sœur et que l’on retrouve dans mon édition, mais je vous laisse la surprise !
 
"Female economy will do a great deal my lord, but it cannot turn a small income into a large one."
 
Sanditon
 
J’ai lu récemment cette dernière œuvre dans une version « terminée par une autre dame », c’était donc une relecture à très court terme qui me permettait cette fois de lire le texte dans sa langue originale et avec des notes (Margaret Drabbler me semble faire un très bon travail avec ces notes explicatives sur le vocabulaire ou sur les changements opérés par Jane Austen sur ses manuscrits).
 
Quelle ouverture, avec cette discussion très vivante entre Mr Heywood et Mr Parker dès le premier chapitre ! Jane Austen commence très fort et donne le ton de suite : essor des stations balnéaires et spéculations sur ces lieux de villégiature, hypocondrie à fond les ballons, opposition de la vie simple des Heywood avec celle bien plus policée des Parker, incompréhension entre ces deux univers, et cet humour ! J’ai bien l’impression que ç’aurait été l’œuvre la plus optimiste de Jane Austen, ce qui est plus qu’admirable puisque l’auteure était alors proche de sa mort et souffrait beaucoup. Comme le dit l’introduction, c’est quand même fort de saisir l’occasion d’être soi-même réellement malade pour se moquer des malades imaginaires !
 
La description des caractères des uns et des autres dans les premiers chapitres est également extraordinaire. J’y ai prêté plus d’attention que lors de ma lecture en français et elle a vraiment un talent fou à ce niveau-là. Concernant  Mr et Mrs Parker, elle parvient à se moquer gentiment d’eux tout en leur faisant justice pour leurs réelles qualités, et notamment leur bon cœur. Les Miss Parker et Mr Arthur Parker sont de drôles d’oiseaux, notamment Miss Diana qui a une propension à se mêler de tout, mais ils en sont plus comiques qu’autre chose. Quand elle décrit Lady Denham par la bouche de Mr Parker, tous ses compliments ne suffisent pas à masquer aux lecteurs la véritable nature de cette femme, jalouse de son influence et de son argent, qui en devient méchante et agit bassement. La suite confirme cela, et on ne peut s’empêcher d’être horrifié quand elle s’ouvre à Charlotte et montre l’étendue de son caractère hautain et mauvais. On en viendrait presque à plaindre les Denham, qui ne peuvent compter que sur elle pour récupérer un peu d’argent, sauf qu’ils sont si horribles tous les deux qu’on a plutôt envie de dire que si tous les trois se pourrissaient la vie mutuellement, ce ne serait pas plus mal ! Miss Denham a l’air affreusement aigri et condescendante, quant à Sir Edward il est tellement fat qu’il bat à plates coutures Mr Elton dans Emma. Je pense que c’est l’un des personnages les plus détestables que Jane Austen a créé. On n’a malheureusement pas le temps de creuser Miss Brereton et Miss Lamb, mais je pense que l’auteure avait des projets pour elles deux.
 
Mon plus grand regret, c’est qu’elle n’ait pas pu aller suffisamment loin pour nous présenter Mr Sidney Parker en personne. La description qui en est faite par son frère est plus qu’alléchante, et j’aurais adoré voir comment Charlotte le perçoit, comment les deux se seraient apprivoisés... L’héroïne est charmante, très agréable, elle n’est pas sotte du tout et n’est pas une très jeune fille, donc elle analyse plutôt bien la situation  et ne s’en laisse pas conter par les Parker qui sont trop aimables avec tout le monde. Comme Lizzie, elle se targue d’être une bonne observatrice, et certainement aurait-elle fait quelques erreurs dont elle aurait appris. Elle me plaît beaucoup. J’aime aussi les indices déjà semés par l’auteure, dont on ne peut pas savoir avec certitude s’ils allaient mener à la confusion de l’héroïne ou la conforter dans certains de ses soupçons. Un peu de chaque j’imagine, mais j’aurais tellement aimé savoir ! Le style est particulièrement délicieux, plus maîtrisé que dans The Watsons mais très vivace et plein de belles tournures. J’adore !
 
Attention spoil sur Sanditon terminé par une autre dame ! Maintenant que j’ai bien en tête juste ce que Jane Austen a écrit, je comprends mieux certains choix faits par « l’autre dame », mais à mon avis elle a mal interprété certaines phrases. Jane Austen s’est amusée à comparer Sir Edward et le Lovelace de Richardson, mais je pense que jamais elle n’aurait mis en scène un véritable kidnapping ! Elle s’attachait toujours à écrire des histoires réalistes, et ce n’en est pas une. Elle a également complètement zappé le côté mulâtre de Miss Lamb, qui présageait de choses très intéressantes, déjà esquissées par Jane Austen à travers la bouche de l’horrible Lady Denham. C’est dommage, car ajouté à son idée avec Arthur Parker, ç’aurait pu être vraiment bien.
 
"I make no apologies for my heroine’s vanity. If there are young ladies in the world at her time of life more dull of fancy and more careless of pleasing, I know them not and never wish to know them."
 
Voilà voilà, un long article mais Jane méritait au moins ça ! En tout cas si vous n’avez pas encore lus ces trois œuvres mineures, n’attendez plus, elles valent vraiment la peine !
 
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Mardi 1er avril 2014 à 11:19

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Parmi les nombreuses adaptations de Jane Austen au cinéma ou à la télévision, il y en a des un peu particulières, et pour moi Clueless, film d’Amy Herckeling sorti en 1996, en fait partie. C’est la transposition dans un lycée de Beverly Hills du roman Emma
 
Voici le pitch d’Allociné : "Cher Horowitz, lycéenne issue du milieu huppé de Bervely Hills, est une jeune fille pourrie gâtée qui sait jouer de ses atouts. Écartant ses rivales grâce à son sens de la mode, se défaisant de ses problèmes scolaires d'un claquement de doigts, Cher essuie tout de même les réprimandes de Josh qui ne se cache pas pour lui dire tout le mal qu'il pense de son attitude superficielle."
 
J’ai essayé de regarder le film avec un esprit ouvert, n’étant pas particulièrement gaga des films américains remplies de midinettes plein de fric au lycée, et j’ai réussi ! J’ai passé un bon moment avec ce film (il m’a fait penser à Comme Cendrillon avec Hillary Duff, qui continue de me plaire après toutes ces années), plein d’humour et qui suit plutôt fidèlement les péripéties du roman original. La transposition n’est pas mal faite, malgré l’absence totale de certains personnages, l’ajout de nouveaux, les changements effectués sur d’autres et le passage à la trappe de l’essentiel de l’ironie de Jane Austen. « Clueless » signifie « paumé(e) », et en effet, au début du film, Cher essaie d’aider une fille qu’elle juge paumée, et au final c’est elle qui l’est.
 
Cher, interprétée par Alicia Silverston (que j’ai vue récemment dans Vamps, film qui m’a beaucoup plu !) fait une bonne Emma : n’ayant que très peu de préoccupation puisqu’elle est riche et adorée de tous, elle aime se mêler de la vie des autres et commence par décider de faire de la nouvelle venue au lycée, Tai, l’une des filles les plus populaires de l’école. Evidemment, tout ne se passe pas comme elle l’imagine. Si elle énerve au début, on en vient à réussir à l’apprécier, tant elle se repent de ses erreurs et a sincèrement bon fond. Le personnage que j’ai préféré, et de loin, est Josh, incarné par Paul Rudd (avant Friends ! il est tout jeune, une vraie tête de bébé, c’est mignon !). C’est un bon équivalent de Knightley et son jeu m’a conquise.

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J’ai par contre eu beaucoup de mal avec Tai, trop vulgaire à mon goût et qui n’a pas la sensibilité d’Harriet. En revanche, son Mr Martin m’a bien fait rire ! Je ne pense pas que les personnages de Dionne (la meilleure amie de Cher) et de son amoureux sont très intéressants, mais leur présence se justifie bien. Elton est très fidèle à son parent du XIXème siècle et le père de Cher est assez bien fait : au lieu d’être un vieillard grabataire, il est un avocat très demandé, travaille comme un fou et de ce fait néglige sa santé, sur laquelle Cher veille avec soin.
 
Je ne veux pas trop en dire pour ne pas vous gâcher le plaisir si vous ne l’avez jamais vu, mais en tout cas je vous conseille de le regarder au moins une fois ! Il existe une série avec les mêmes personnages mais des acteurs différents, je ne sais pas si ça vaut le coup que je la regarde (il y a trois saisons quand même). Je suis preneuse de vos avis !
  
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Lundi 17 mars 2014 à 8:50

J’étais étonnée et ravie en découvrant il y a plusieurs mois qu’une austenerie en français allait sortir, mais pas suite à une traduction : l’auteure est francophone ! Lorsque le livre est paru, j’ai hésité devant son prix, avant de me résigner : j’allais finir par l’acheter de toute façon… Il faut dire aussi qu’il s’agit d’une réécriture moderne d’Orgueil et préjugés, et ce n’est pas ce que je préfère, vu mes expériences désastreuses avec Bridget Jones et Lost in Austen (qui marie plusieurs types d’austeneries mais bref). J’avais donc un peu peur de lâcher des sous pour une déception… J’ai craqué pour Amour, Orgueil et Préjugés de Jess Swann, et je ne regrette pas !
 
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Cassandra Nothfield est étudiante en littérature à la faculté de Limerick, où elle vit avec ses parents et ses trois sœurs. Lors d’une soirée cocktail, elle fait la connaissance de Matthew Lorley, qui possède une chaîne de magasins de vêtements, et de son ami Damon Drayton, à la tête d’un important groupe. Alors que sa sœur aînée Brittany tombe amoureuse de Matthew, Cassandra a bien du mal à supporter son ami hautain et prétentieux.
 
Je vais commencer avec les points que j’ai moins appréciés, parce qu’ils sont nettement minoritaires ! J’ai eu du mal avec un certain nombre de prénoms qui font très américains et qui font partie de ceux que je ne trouve vraiment pas jolis du tout. Cassandra, ça va, mais Brittany pas du tout… Matthew OK, mais Damon non ! Concernant les prénoms des sœurs Nothfield, il y a une justification dès le début du livre que je trouve très pertinente vu la transposition moderne de Mrs Bennet, mais j’avoue être déçue pour le nom de Darcy…
 
J’ai vraiment passé un excellent moment avec ce roman. Dès les deux premiers chapitres, j’ai été stupéfaite de voir à quel point j’appréciais ma lecture. Jess Swann ne s’est pas contentée de prendre l’histoire d’O&P et ses personnages et de les transposer de nos jours, elle a aussi fait des efforts pour apporter de l’humour à son texte, du sarcasme, de l’ironie et une critique de notre société d’aujourd’hui. Ce dernier aspect est particulièrement bien exploité au début du roman. Les riches comment les plus modestes en prennent pour leur grade et ce pour notre plus grand plaisir ! J’aurais aimé que ce côté soit encore plus travaillé, mais je trouve que ce qui a été fait est déjà super et manque cruellement à la majorité des productions austenesques. Quelques changements ont été faits par rapport au livre de Jane Austen, mais rien que de très normal.
 
Je ne vois pas de raison particulière pour placer l’histoire en Irlande, mais ça colle bien, alors ça ne m’a pas dérangée du tout. Ça aurait été encore mieux d’avoir plus de détails sur les différents lieux où passe Cassandra, car on la suit à Dublin, à Galway, en Ecosse, à Londres… C’est d’ailleurs Cass qui est narratrice. L’écriture est très moderne mais pas trop familière. L’héroïne a de l’éducation et j’ai beaucoup aimé la voir converser sur la littérature, notamment avec un certain personnage… J’ai bien retrouvé Lizzie en elle, comme j’ai retrouvé Jane en Brittany. La plupart des personnages sont remarquablement retranscrits. Je garde une tendresse particulière pour le père de Cassandra et Brittany. Mr Bennet reste l’un de mes personnages fétiches ! J’ai trouvé son épouse encore plus insupportable que dans la version originale (j’en venais même à espérer des choses peu charitables…). Stanley-Mr Collins m’a également tuée plus d’une fois, il est terrible. Comme d’habitude, je n’apprécie pas du tout Emily-Charlotte.
 
Le livre a un côté chick-lit qui plaira à certaines lectrices. En effet, Matthew et Damon (surtout Damon) sont très riches, et plus on avance dans le roman, plus on peut le constater. Jess Swann a su se retenir d’en faire trop et à reste globalement crédible. C’est agréable de pouvoir lire ce type de roman en ayant une héroïne qui n’est pas une bécasse ne pensant qu’à la mode. Il y a également des scènes où un soupçon (voire plus) d’érotisme est présent, et j’ai trouvé ça croustillant juste ce qu’il faut ! La relation entre Cassandra et Damon a un côté vraiment explosif qui n’est pas désagréable. Par contre, le passage à l’ère moderne réussit mieux à Lizzie qu’à Darcy : je trouve qu’on le « reconnaît » un peu moins que sa bien-aimée.
 
J’ai ri et pouffé de nombreuses fois, j’ai tourné les pages à toute vitesse, essayant chaque fois d’anticiper comment Jess Swann allait aborder telle ou telle péripétie de l’histoire originale. J’ai été surprise plus d’une fois et j’avais toujours hâte de retourner à ma lecture. Certes, ce roman a quelques défauts, mais je les trouve vraiment négligeables tant le divertissement qu’il m’a procuré est bienvenu. C’est un vrai plaisir à lire et je vous le conseille ! J'ajoute que le livre est un bel objet, soigné, et qu'il y a peu de fautes et coquilles. A présent, je me demande si je ne vais pas m’intéresser davantage à la maison d’édition des Roses Bleues. En tout cas, j’attends la prochaine austenerie de l’auteure – Constance et Séduction, qui va reprendre mon adoré Raison et sentiments ! – et son autre roman en préparation, La dame aux papillons.
 
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Lundi 10 mars 2014 à 15:12

Ma dernière commande Amazon m’a apporté trois auteneries. Dimanche après-midi, je n’avais pas envie de continuer mes lectures en cours, qui demandent un peu de concentration, et donc j’ai attrapé le dernier tome de Darcy Gentleman, la trilogie de Pamela Aidan. Après Une telle assemblée et En vain-je lutté, j’ai lu Un mot de vous en une demi-journée.
 
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Cet ultime tome commence alors que Darcy est à Londres. Il s’est un peu remis du refus d’Elizabeth depuis qu’il a compris la justesse des reproches qu’elle lui a adressés, mais il reste malheureux, et s’en veut toujours d’avoir influencé Bingley. Il va avoir l’occasion de se rattraper auprès de la deuxième Miss Bennet.
 
Ce tome était meilleur que le deuxième mais a conservé les défauts que j’avais soulignés. Alors que j’appréciais Lord Brougham dans le premier tome, je trouve que par la suite Pamela Aidan a fait n’importe quoi avec lui, et pour rien du tout au final. Toute l’intrigue amorcée avec lui retombe à plat et n’a aucun intérêt. J’ai apprécié Fletcher jusqu’au bout, mais je pense que l’auteure a également poussé un peu trop loin avec son personnage. Je n’ai pas non plus aimé tout le tintouin fait autour de la recherche de Wickham et Lydia. Ça prend pas mal de temps, ça part dans tous les sens, et au final je m’ennuie. J’ai préféré les développements à ce sujet d’autres austeneries avec Darcy en "character PoV". Il y a également une intrigue avec Lord Manning dont je n’ai pas compris l’intérêt, à croire que l’auteure n’avait pas assez de matière pour remplir ce dernier tome…
 
J’ai bien aimé en revanche voir de l’intérieur les efforts de Darcy quand les Gardiner et Elizabeth visitent Pemberley, ainsi que le fait de voir Georgiana enfin dans le véritable cadre d’Orgueil et préjugés. J’aurais même aimé plus de détails sur le début de son amitié avec Lizzie. Par contre, les petits surnoms que Darcy lui donne me font toujours aussi bizarre… Ça ne sonne pas naturel, et je me demande si c’est correct au niveau du respect de l’époque.
 
Enfin, je trouve vraiment étrange que le livre s’achève sur la cérémonie du mariage. Jane Austen laisse plein d’ouvertures à la fin de son roman qui auraient pu être exploitées ici. C’est systématiquement une belle occasion de broder autour de l’histoire originale et pourtant Pamela Aidan n’en a pas profité. J’aurais aimé des détails sur le début de leur vie maritale mais aussi sur Jane et Bingley, on les voit à peine !
 
Cette réécriture en trilogie d’Orgueil et préjugés n’est pas dénuée de charmes. Le nombre de pages qui lui est consacré plaira certainement à des enthousiastes désireux de passer longtemps auprès de Darcy et les nombreux détails en raviront plus d’un (ou une plutôt !). Pour ma part, je n’en garderai pas un souvenir émerveillé car les défauts que j’ai repérés au cours des trois tomes sont assez pesants. Celui qui m’a le plus ennuyée au final est que je ne suis pas sûre de vraiment reconnaître Darcy. Pamela Aidan a réinterprété complètement le personnage, créant un nouveau Darcy qui n’a pas su me plaire tout au long de la trilogie.
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Mercredi 26 février 2014 à 10:06

J’étais folle de joie l’année dernière quand une version achevée de Sanditon est ressortie au Livre de Poche. Je l’ai achetée aussitôt mais ai remis le plaisir de la lecture à plus tard. Quand j’ai décidé de lire cette œuvre inachevée de Jane Austen (elle était déjà très malade lorsqu’elle l’a commencée et n’a pas pu la finir) pour le Challenge Cold Winter, j’ai longuement hésité, car je dispose de trois versions de ce texte. L’original en anglais, l’original traduit et cette version terminée par « une autre dame » (en français). Après moult réflexions, je me suis décidée pour la version terminée, en me disant que j’avais plus de chances d’apprécier la partie qui n’est pas de Jane Austen de cette façon.
 
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Le roman s’ouvre alors que Mr Parker et son épouse se sont trompés de route (sans le savoir) et se retrouvent sur un fort mauvais chemin de campagne, si bien que leur voiture verse et que Mr Parker se foule la cheville. Le gentleman farmer du coin, Mr Heywood, leur propose aussitôt de venir se reposer chez lui, où sa femme et ses enfants seront ravis de les accueillir. Les Parker y passent plusieurs jours, le temps que la cheville de Monsieur se remette. Pleins de gratitude pour leurs hôtes, ils invitent en remerciement l’aînée des demoiselles Heywood, Charlotte, à venir passer quelques temps chez eux, à Sanditon.
 
Le début est génialissime. Si Jane Austen avait pu finir ce livre, ç’aurait peut-être été son meilleur. J’ai été vraiment conquise. Les personnages sont admirablement croqués, l’humour est extraordinaire et l’héroïne est déjà très attachante. Le roman se dirigeait à mon avis vers le même style que Northanger Abbey : la satire. Sans être méchante, Jane ne l’est jamais, mais en mettant en relief les défauts de son époque juste ce qu’il faut, en exergue le ridicule où il existe, elle fait rire. Là, il est question de la mode des stations balnéaires et des personnes qui adorent y passer l’été, en particulier les hypocondriaques. Le sujet du roman s’annonçait donc très léger, avec tout de même une petite intrigue entre deux personnages secondaires à peine esquissée.
 
Quand on passe à « l’autre dame », le mieux est de ne pas savoir à quel moment s’opère le changement. J’ai été spoilée sur ce point par une chronique, et c’est bien dommage. Pour profiter un maximum du roman, il vaut mieux ignorer le passage d’une auteure à l’autre. D’ailleurs, j’ai trouvé qu’on ne ressentait pas le changement immédiatement, mais petit à petit des défauts apparaissent qui étaient complètement absents au début. Il y a quelques paragraphes « inutiles », des descriptions ou des réflexions dont on sait que Jane Austen ne les aurait pas faites. Il y a surtout un aspect qui m’a gênée tout le reste de ma lecture, qui est l’emploi trop fréquent des prénoms dans la narration. Il est écrit « Sidney » au lei de « Mr Sidney Parker », ce qui convient bien mieux… Il n’y a pas non plus le respect des règles pour les demoiselles. Ce devrait être « Miss Parker » pour l’ainée et « Miss Diana » pour la cadette, mai là c’est « Miss Susan » et « Miss Diana ». Ce sont des erreurs que je trouve difficilement pardonnables.
 
Néanmoins, l’écriture est très correcte, c’est l’une des plus réussies que j’ai lue. Le rapprochement avec le style d’Austen est souvent réussi, j’ai vu peu d’écarts, même s’il manque de cette vivacité et de cette ironie austenienne, mais globalement j’ai trouvé que c’était un très bel effort de ce point de vue, surtout quand on compare à d’autres austeneries… Sur les personnages, manifestement la deuxième auteure a essayé de se raccrocher aux quelques éléments donnés par Austen, mais s’éloigne parfois, volontairement ou non, je ne sais pas. Sa Charlotte finit par ressembler un peu trop à Elizabeth Bennet, le caractère calme en plus. Elle pousse parfois trop loin le caractère du personnage de Sidney Parker, mais j’avoue l’avoir beaucoup apprécié. De la même façon, elle force un peu le trait sur tous les Parker (sauf Arthur), et au bout d’un moment on oublie leur gentillesse devant les couches de ridicule ajoutées par l’auteure. J’ai bien aimé Miss Lambe. Par contre, je pense que les sœurs Beaufort n’ont pas été utilisées à bon escient. Jane Austen avait sûrement des projets plus poussés pour elles deux. Quant à Miss Clara Brereton et aux Denham, je suis très circonspecte sur les choix de l’auteure. Je prêterai une attention toute particulière à ce qui est dit par Austen à leur sujet quand je relirai sa version inachevée. En tout cas, il est clair que sur Sir Edward, « l’autre dame » est allée bien trop loin et s’est discréditée à mes yeux.
 
Concernant la qualité des péripéties qui jalonnent l’histoire et des relations entre les personnages, elle est variable. Par exemple, j’approuve totalement le choix fait pour Mr Arthur Parker. La résolution de l’intrigue autour de Mr Brudenall n’est pas quelque chose qu’Austen aurait écrit je pense, car elle ne l’aurait pas cautionné, elle aurait privilégié une autre solution, mais c’était suffisamment bien amené et argumenté pour ne pas choquer, et ça m’a plu. Par contre, là où je dis clairement NON, c’est pour la toute fin, le chapitre 29. Alors que tout allait bien, que j’étais ravie de ma lecture, ça devient tout à coup du grand n’importe quoi et ça gâche le plaisir. J’essaierai de me rappeler du livre en omettant cette péripétie désastreuse, ridicule, capillotractée et même franchement impossible. Les réactions de Charlotte ne sont pas non plus plausibles à ce moment-là. C’est vraiment dommage et ça m’a beaucoup déçue, c’était parfaitement inutile de ruiner la fin comme ça.
 
Pour résumer ce long avis, le début de Sanditon est merveilleux, Jane Austen était au meilleur de sa forme intellectuellement. La suite présente de nombreuses qualités pour une austenerie, mais elle présente à mon avis un défaut rédhibitoire qui empêche de se laisser aller à rêver en se disant que Jane aurait peut-être tourné son histoire de cette façon. Je conseille néanmoins cette lecture très agréable, en vous mettant en garde contre la quasi-fin, qui est un non-sens complet pour les puristes. Je suis bien contente que Dawn m’ait offert la version 100% Austen, que je vais essayer de lire dans l’année, surtout qu’elle est précédée de Lady Susan que je dois relire et de The Watsons, dernier texte qu’il me reste à découvrir… Après je n’aurais plus que ses lettres.
 
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Dimanche 16 février 2014 à 11:01

Comme j’ai vachement bien aimé le livre et que de toute façon je voulais le voir, j’ai regardé le film Austenland. J’en attendais ce que j’avais aimé dans le roman : l’humour, la légèreté bien pensée (sans niaiseries quoi), l’attachement aux personnages… J’ai été très, très déçue.
 
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Le pitch du film est le suivant : Jane Hayes, une Américaine dans la trentaine, décide de s’offrir des vacances à Austenland dans le but de maîtriser quelque peu son obsession pour Mr Darcy.
 
J’ai lu le roman comme je regarde une comédie romantique : sans en attendre grand-chose. C’est pour cela que les côtés peu vraisemblables et un peu princesse ne m’ont pas gênée, je m’y attendais, et c’est « normal » pour ce genre d’histoire. Et finalement j’avais été agréablement surprise, parce que ce n’était pas idiot tout en respectant les canons du genre. Dans le film, j’ai commencé par froncer les sourcils parce que quasiment tout a été changé. La question est : pourquoi ? Je ne vois pas l’intérêt, ça ne sert à rien d’avoir modifié tous les éléments. Dans le roman, c’est une parente âgée qui lègue à Jane un voyage. Pourquoi avoir choisi de laisser Jane y aller de sa propre initiative, au prix le plus bas, ce qui fait qu’elle est traitée comme une souillon à Pembrook Park ? Alors certes, il est dit dans le livre qu’elle n’est pas une « cliente habituelle », mais là c’est quand même autre chose. Ce n’est qu’un exemple sur mille presque. Je n'ai pas du tout aimé que tout soit dévoilé à la moitié du film pour le spectateur. Aucune surprise, et Jane en paraît encore plus pathétique. Bref, un scénario à mon sens très mal construit.
 
Et en plus, les personnages ne sont pas les mêmes. Les « gentleman » sont ridicules ! Ils ne m’ont pas fait rêver un seul instant. Le Colonel Andrews est clairement homosexuel et on voit très bien qu’il fait semblant. C'est un acteur, et un très mauvais. Inutile de parler du Capitaine East, moins Regency tu meurs. Mr Nobley n’est pas non plus le même, il n’a pas le même passé, etc. Mrs Wattlesbrook est encore plus immonde (comme si ça ne suffisait pas !), Miss Heartwright n’est tout simplement pas la même personne (ou plutôt elle ne joue pas le même rôle), c’est une connasse sans cœur qui apprécie le chantage. Il n’y a guère que Miss Charming qui est la même et qui a su me tirer quelques sourires. Je n’ai pas du tout accroché à Jane, qui a l’air vraiment vieille à mon avis, qui n’est pas jolie même quand elle est censée s'illuminer, et son obsession n’est pas compréhensible de la façon dont elle est présentée. J’adore Orgueil et préjugés et Mr Darcy fait clairement partie de mes hommes idéaux, mais sa chambre c’est du grand n’importe quoi. En fait, tout le film m’a donné l’impression de se moquer ouvertement et méchamment des Janéites et de réduire Jane Austen à un fantasme de Mr Darcy.
 
Niveau vraisemblable et crédibilité, c’est zéro pointé, tant dans l’aspect histoire d’amour que dans le respect de l’époque Régence. Austenland est censé te vendre le rêve de la vie début XIXème, et si c’est plutôt réussi dans le roman, c’est plus que raté dans son adaptation. Là, Austenland te vend du cliché Harlequin en pire. Je n’arrive tout simplement pas à comprendre pourquoi Shannon Hale a laissé faire ça. Heureusement que je n’ai pas vu le film au cinéma, ça m’aurait fait mal de payer pour ça ! Si je dois reconnaître quelques bonnes choses, ce sont certains décors franchement jolis (quand ils ne sont pas kitsch, bling-bling et autres trucs moches, genre dans la maison) et des morceaux de musique très sympathiques et bien choisis.

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[On voit presque tous les personnages sur cette photo, il ne manque que Martin.] 
 
Je ne sais même pas quoi dire tellement j’ai trouvé ce film désespérant. Même J. J. Field n’a rien relevé pour moi, alors que je l’ai trouvé tellement charmant en Mr Tilney dans l'adaptation de Northanger Abbey. Je n’ai pas rêvé une seconde et plus que jamais je l’affirme : le principe d’Austenland ne me séduit pas. J’ai horreur des faux-semblants, et me retrouver à jouer un rôle dans l’espoir qu’un acteur daigne me faire une fausse proposition de mariage, clairement non merci, je passe mon tour. Après coup le film me paraît encore pire que sur le moment (peut-être les brumes de la maladie qui s’évaporent !). Bref, je vous recommande le bouquin si vous cherchez une romance sympathique qui fait des clins d’œil à l’œuvre de Jane Austen, mais laissez tomber le film.
 
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Lundi 10 février 2014 à 18:31

Je suis d’un œil plus ou moins intéressé les sorties des éditions Charleston. Certaines me font carrément baver (bon j’exagère, je suis propre quand même), d’autres me laissent indifférente. L’an dernier, à la sortie de Coup de foudre à Austenland traduit pour la première fois en français, j’avais regardé le résumé, des avis, mais je n’étais pas très motivée vu que je ne suis pas très chick-lit et que mes austeneries préférées pour le moment sont les sequels. Cependant un film est sorti, adapté du bouquin, et je me suis dit que quand même, je n’allais pas regarder une austenerie sans l’avoir lue d’abord, question de principe.

"For Colin Firth
You’re a really great guy, but I’m married, so I think we should just be friends."
 
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Jane Hayes a trente-deux ans lorsque sa grand-tante Carolyn vient la voir avec sa mère à New-York. Jane est pétrifiée : sa vieille parente a percé son secret. Elle sait qu’elle est obnubilée par Mr Darcy. D’ailleurs, elle en a honte et cache le DVD vu et revu de l’adaptation de 1995 de Pride & Prejudice derrière une plante. Un an plus tard, sa tante meurt en lui léguant un étrange cadeau : trois semaines de vacances à Pembrook Park, une demeure dans Austenland, où on vit comme au début du XIXème siècle. Jane hésite un peu, et finalement se décide à y aller, avec l’objectif de se guérir de sa fantaisie sur Mr Darcy.
 
"It is a truth universally acknowledged that a thirty-something woman in possession of a satisfying career and fabulous hairdo must be in want of very little, and Jane Hayes, pretty enough and clever enough, was certainly thought to have little to distress her."
 
J’ai hésité à le lire en français ou en anglais, et puis j’ai opté pour l’anglais, en m’en tenant à mon idée de lire plus dans cette langue et en espérant que la langue serait facile. C’est le cas. Je n’ai pas eu de mal à comprendre l’écriture de Jane Hayes, très fluide. Les chapitres vont tout seul. Je n’ai commencé à regarder de temps à autre le dico quand Jane arrive à Pembrook Park, pour apprendre plus de vocabulaire sur les vêtements, les réactions, etc. Je crois que j'ai vraiment bien fait de choisir la VO car j'ai tout l'impression que la traduction n'est pas folichonne, mais je me trompe peut-être. C’était amusant de constater les sauts de l’anglais à l’américain. Je n’ai sans doute pas repéré tous ces changements mais généralement ça se voit bien et le décalage fait rire. C’est d’ailleurs lié à un autre décalage, celui entre le XIXème siècle et entre le XXIème. J’ai d’ailleurs trouvé que l’auteure avait beaucoup d’humour, ou en tout cas un humour qui fonctionne sur moi ! Je ne me suis pas écroulée de rire mais je me suis très souvent esclaffée et j’avais quasiment toujours le sourire aux lèvres pendant ma lecture, sauf aux passages où on apprend les mensonges, trahisons et autres tromperies, et là j’étais plutôt genre : naaaaaaaaaaaaaaaaaaaan ! la pauuuuuuuuuuuuuuvre ! Je vais vous donner quelques extraits pour que vous voyiez ce que ça donne.
 
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J’aimerais parler un peu de la construction de la narration, que j’ai trouvé très sympa. Le livre commence « 1 year ago », puis on passe à 6 mois, 1 mois, et quand Jane arrive à Pembrook Park, chaque chapitre est précédé d’une explication (souvent très drôle) sur les différents petits-amis qu’elle a eus. Les chapitres sont décomptés à partir de là en jour (puisqu’elle passe trois semaines à Austenland). Cette façon de construire le récit fait qu’il se lit très vite. L’auteure emploie une narration à la troisième personne très libre, ce qui fait que la plupart du temps on sent bien que ce sont les pensées de Jane qu’on lit, même si l’auteure se permet des commentaires !
 
Concernant le personnage principal, j’avais un peu peur de ne pas l’aimer. J’avais vu la BA du film et l’actrice m’avait laissé une impression désagréable. C’est vrai qu’elle a ses défauts, elle est parfois un peu ridicule, a parfois un côté un peu looser, mais Shannon Hale nous amène à la comprendre. Pas à la plaindre par contre. C’est à elle d’ouvrir les yeux et de se pousser aux fesses pour ne pas laisser son admiration pour Mr Darcy et les romans de Jane Austen en général lui pourrir la vie. Il faut dire qu’Austenland aide bien à la prise de conscience qui ne manque pas d’arriver. Certes, le concept fait rêver, mais sa mise en œuvre est détestable à mon avis ! Rien que Mrs Wattlesbrook, la propriétaire de Pembrook Park, est insupportable. Certains autres personnages sont simplement ridicules, comme Tante Saffronia. D’autres jouent très bien leur rôle. Tout le monde semble jouer un rôle à Austenland, et démêler qui est sincère de qui ne l’est pas s’avère bien difficile pour Jane, mais j'ai bien aimé Miss Charming, qui m'a fait rire et qui était claire dès le début ! Je dois bien parler de lui un peu… Bah, j’vais pas charrier, il est vraiment un chouette type. On les préfère renfrognés et détestables au début et romantiques à souhait à la fin, non ?
 
"“How do you do, Miss Erstwhile, what-what?” said Miss Charming, her tightened lips trembling with the effort of approximating a British accent."
 
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Parlons du côté romantique d’ailleurs. J’avais vu beaucoup de chroniques déplorant le côté too much de la fin. C’est pas faux (Cassie je t’entends venir, si j’ai tout compris !), l’histoire perd en crédibilité, mais personnellement ça ne m’a pas dérangée, parce que je ne recherche pas cet aspect dans les comédies romantiques faites de nos jours. C’était mignon, ça collait avec le reste, ça apportait la happy end qu’on voulait. Quant à l’aspect Janéite, on n’est pas dans une réécriture moderne de l’un des romans d’Austen, mais il se retrouve dans les rapprochements que fait l’héroïne. Elle compare les situations qu’elle voit dans Austenland avec des scènes des romans austeniens par exemple. Et bien sûr, il y a le personnage qui « incarne » Mr Darcy, même s’il n’a pas tout à fait le même caractère. Evidemment, il y a aussi tout le décor XIXème, factice mais prenant. Pendant 30 jours, Jane ne porte sur des robes Empire et des petites chaussures, a toujours un bonnet lorsqu’elle sort, le rituel du dîner, les conversations tantôt pleine d’esprit, tantôt insipides…
 
Je ne sais pas si cette chronique est très claire ni même intéressante, en tout cas tout ça c’est pour dire que j’ai vraiment apprécié cette lecture, qui m’a embarquée à fond le temps qu’elle a duré ! C’est presque un coup de cœur, c’est pour dire. Je serais plus encline dorénavant à lire ce genre d’austenerie. J'ai vu le film, mon avis viendra bientôt j'espère !
 
"They wore the high-collared vests, cravats, buttoned coats with long tails, and tight little breeches that had driven Jane’s imagination mad on many an eventful Tuesday night."
 
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Lundi 13 janvier 2014 à 18:03

En 2012, j’ai découvert P. D. James avec La Mort s’invite à Pemberley, que j’avais adoré. Ce sequel d’Orgueil et préjugés est un roman policier où l’on retrouve Darcy et Lizzie après quelques années de mariage mêlés bien malgré eux à une affaire de meurtre : le capitaine Denny est retrouvé mort dans le bois de Pemberley… J’avais bondi de joie en apprenant que la BBC comptait adapter ce livre en mini-série. J’avais un peu beaucoup déchanté en découvrant le casting il y a quelques mois, mais les trailers m’avaient énormément alléchée. Les trois épisodes ont été diffusés pendant les vacances de Noël.

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Dès la première scène, dans le bois, j’ai été émerveillée par la beauté des lieux. C’est tout simplement magnifique. La BBC s’est donné les moyens de faire une belle réalisation, ça se sent dans la qualité des images. La musique, même si elle n’est pas originale, est très jolie et colle parfaitement à l’ambiance de l’histoire. J’ai adoré les costumes, qui sont vraiment très beaux, en particulier les robes de Georgiana et la robe verte qu’Elizabeth porte dans le premier épisode. Les costumes des messieurs sont également bien réussis et permettent d’appréhender la différence de classe, de statut, d’éducation des personnages. Le scénario est intelligent, fidèle au roman sans n’être qu’une pâle copie. La façon de tourner les scènes et la réalisation dans son ensemble m’a beaucoup plu.

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J’ai adoré le couple Georgiana/Alveston, comme dans le roman. Ils sont très mignons et les acteurs correspondaient parfaitement à leur rôle. L’actrice qui interprète Georgiana est jolie comme un cœur ! Par contre, comme dans le roman, j’ai vraiment eu du mal à reconnaître le Colonel Fitzwilliam, qui se comporte comme le pire des idiots. Lydia, Wickham et Mrs Bennet sont également très bien choisis, par contre j’ai moins accroché à Mr Bennet, ce qui est dommage car c’est un personnage que j’adore. On a très peu vu Jane et l’actrice était mal choisie. Elle n’était pas vraiment jolie et elle était si peu présente qu’il est difficile de dire qu’elle est gentille et aide Lizzie… Le couple Darcy/Elizabeth aurait pu être mieux réussi à mon sens. Déjà, la production a fait le choix de vieillir tous les personnages. Dans ma tête Lizzie avait autour de 25 ans. Là, elle en a bien dix de plus, et c’est pareil avec tous les personnages qui étaient encore jeunes dans le roman. L’actrice qui l’incarne (qui a également joué Cassandra Austen dans Becoming Jane et Bessy Higgins dans Nord et Sud) n’est pas belle du tout, même pas un petit peu, et n’a pas la vivacité de Lizzie. Quant à Darcy, si on retrouve bien son aspect hautain et bougon, on voit moins ses bons côtés.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Series/DCTP3.gif[Georgiana, que je trouve vraiment très belle.]

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 [Mr Alveston, qui me rappelle le Mr Bingley de 2005 par certains aspects.]

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[Mrs Bennet et Lydia Wickham, pas vraiment à leur avantage sur cette photo, en même temps ce sont des personnages que je ne peux m'empêcher d'exécrer, même si dans cette histoire j'en viendrais presque à plaindre Lydia.]
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Series/DCTP5.jpg[George Wickham, en mode "merde j'ai quand même l'air furieusement coupable comme ça..."]

Il y a quelques petits problèmes avec le respect de l’époque où se situe l’intrigue, même si c’est minime. Louisa Bidwell par exemple ne portait pas les vêtements adaptés à sa position sociale et n’était pas coiffée comme elle le devrait. La plupart du temps, ces petits écarts servent à amplifier l’effet dramatique d’une situation, alors c’est pardonné, surtout que comme je le disais ça reste minime.
 
Malgré ces quelques défauts, j’ai passé un excellent moment devant cette mini-série. L’intrigue est intéressante, les lieux de tournage sont très bien choisis (ah, Chatsworth !), j’ai trouvé la dualité/opposition entre Pemberley et les lieux du procès très intéressante, j’ai aimé voir l’évolution de certains personnages ou de certaines relations. Les passages où Lizzie se retrouve seule face à l’adversité de la situation sont très bien rendus et ceux dédiés à Georgiana m’ont remplie de joie romantique.

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[Elizabeth et Darcy devant Pemberley.]
 
Définitivement une bonne série de la BBC, elle atterrira dans ma DVDthèque dès que possible !
 
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