sans-grand-interet

Qu'il est bon d'être futile !

Jeudi 12 avril 2012 à 13:57

Je ne pense pas faire un article dédié uniquement aux réponses du jeu raté, alors je vais certainement rééditer l'article en y mettant les réponses, je vous préviendrai quand ce sera fait. Peut-être vous demandez-vous ce que donnent les résultats de mes DS, devoirs surveillés, milieu de semestre ? Ou peut-être pas. Moi je me le demande, parce que j'ai un chargé de TD qui est méga-motivé niveau correction et qui nous l'a rendu la semaine d'après, mais les autres ne sont pas très pressés. Le "souci", c'est que le premier m'a apporté une bonne note, j'aurai préféré qu'il soit rendu le dernier pour me remonter le moral en cas de catastrophe sur les deux autres ! Bref, j'suis quand même fière de moi, car en droit administratif, j'ai eu 14. Et c'est justement là-dedans que j'aimerais trouver du travail, donc c'est parfait. D'ailleurs j'ai jeté un œil aux plaquettes des masters de Lille 2 hier, et je crois que mon choix est tout fait finalement, car il n'y en a qu'un qui me convienne vraiment. Donc voilà, je n'ai plus qu'à m'inscrire et à obtenir ma licence et ce sera fait, je pars à Lille 2 (et surtout je quitte la Catho). Après cette introduction, passons au sujet du jour.

Je vous en ai parlé pendant un moment, parce que je stressais de ne pas pouvoir le finir et le rendre au Professeur qui me l'a emprunté. Oui, avec un P, parce que Jean-Pierre Royer est professeur émérite d'histoire du droit (ce qui veut dire tout un tas de diplôme et de recherches extraordinaires qui forcent le respect). Il a écrit de nombreux livres à ce sujet et c'est un peu the best là-dessus en France. À la fac, on nous a tanné les oreilles avec lui pendant deux ans et demi jusqu'à ce qu'enfin, le semestre 6 arrive et que je puisse prendre sa matière en option. Et c'est vrai que quand il parle, on a juste envie de se taire et de l'écouter. Comme il faut note, on peut pas, mais c'est tout de même un cours vraiment super, il est passionnant. Donc ce Professeur m'a gentiment prêté un livre à lui après que je lui ai demandé de me conseiller de bons ouvrages sur la Révolution, période que je connais mal et qui couvrait une partie de son cours.  La Chute de la monarchie 1787-1792, de Michel Vovelle.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/51SW3N45QDLSS500.jpg
Je ne m'attendais pas vraiment à ça parce que ce n'est pas le genre d'ouvrages que je lis habituellement. Il traite surtout des causes de la Révolution, des différentes tendances révolutionnaires et de leurs oppositions et opposants. Le livre est découpé par thème et non chronologiquement, ce qui m'a un peu perdue par moment et qui m'a rendu la lecture ardue dans l'ensemble. Le livre est plus pensé comme un manuel. En se rendant au sommaire à la fin, on peut facilement trouver un paragraphe intéressant sur un sujet précis, ce qui est bien pratique pour faire des recherches, mais cette construction ne permet pas de prendre plaisir à lire de façon linéaire. J'ai appris des choses bien sûr, mais j'ai aussi été noyée sous un flot d'informations dont je ne savais rien ou presque. C'est un livre pour connaisseur, qui rentre dans des détails très techniques en présupposant qu'on connait déjà très bien la période. J'aurais voulu plus de faits, plus d'explications simples avant de partir dans des débats complexes d'historiens. C'est un ouvrage d'histoire moins abordable que d'autres que j'ai pu lire, et il est plus technique et moins facile à lire que Histoire de la justice en France du Professeur Royer qui fait pourtant plus d'un millier de pages !
L'aspect très studieux m'a également décontenancée dans le sens où beaucoup de distance est prise par rapport aux évènements racontés (quand ils le sont, la plupart du temps on passe directement à leur analyse et à leurs implications). J'ai l'habitude de m'immerger dans l'Histoire comme dans un roman, or là j'avais l'impression d'être refoulée à distance ! C'est un petit livre qui traite une période intéressante de façon très pointilleuse et ennuyeuse. On ne sent pas du tout une volonté de "démocratisation" comme on dit dans la démarche de l'auteur. Il a écrit pour ses pairs, des historiens spécialistes de la Révolution en tentant une synthèse des meilleurs travaux sur la période. De ce point de vue, c'est certainement réussi, et la bibliographie donnée à la fin est impressionnante, mais là aussi très spécifique (un ouvrage ne porte par exemple que sur les cahiers de doléance de telle région française...). Je suis donc au regret de conclure que je ne vous conseille par cet ouvrage si vous vous intéressez à l'Histoire pour votre plaisir. Par contre, si vous avez un travail à fournir à la fac ou en prépa, go go go !

Fiche :
La Chute de la monarchie 1787-1792, de Michel Vovelle
Collection : Points
282 pages
Prix : 7,60€ pour la dernière édition revue et mise à jour parue en 1999 (celle que j'ai lue est la première, elle date de 1972 pour sa parution)

En bonus, la couverture de Histoire de la justice en France, sur lequel je ne ferai certainement jamais d'article puisqu'il s'agit vraiment d'un manuel à l'usage des étudiants et des professionnels de l'histoire du droit (il est édité chez PUF, 32,50€, ce qui est finalement peu cher pour 1300 pages environ) et que je ne le lirai sûrement jamais en entier.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/arton607-copie-1.jpg

Vendredi 2 décembre 2011 à 10:56

Je pense donner les réponse de mon petit jeu demain. Pour ceux qui jettent un oeil à mes magnifiques modules (oui, je les trouve très bien, je ne sais pas pourquoi), vous savez que je lisais Les Adieux à la reine, de Chantal Thomas. Je l'ai terminé hier soir, en étant assez mitigée. Une ancienne lectrice de la reine Marie-Antoinette est à Vienne, en 1810, et elle se souvient de ses derniers jours à Versailles, les dernières fois qu'elle a vu la Reine, dans le début de la tourmente de la Révolution. Je m'attendais à quelque chose d'abordable, comme c'est un roman, mais très bien documenté, puisque Chantal Thomas est historienne, spécialiste du XVIIIème siècle et de Versailles au CNRS. Et en effet, les détails sont présents, et si l'on prend le temps de vraiment lire, on peut se sentir à Versailles. Mais le livre n'est pas abordable par des personnes qui ne connaissent pas déjà bien cette époque. J'ai lu plusieurs livres d'histoire sur cette époque, et pourtant j'ai parfois été un peu perdue. En fait, Chantal Thomas se situe vraiment au niveau de la lectrice, et donc des personnes 
http://www.deslivres.com/images/products/image/Adieux-a-la-reine-les.jpg
qu'elle connaissait. Il n'est pas difficile de suivre lorsqu'elle parle de son amie Honorine, servante chez les La Tour du Pin, ou de M. Moreau, l'Historiographe du Roi. Mais lorsqu'elle parle sur telle famille de la noblesse, ses ramures, son histoire... Heureusement cela ne dure guère, et je pense qu'il ne faut pas se laisser déstabiliser en cherchant à tout prix à tout retenir et à tout comprendre lorsque cela dépasse un peu trop le cadre du facilement compréhensible.

Le récit est à la première personne, et comme ce sont des souvenirs d'une vieille dame, les choses sont parfois volontairement un peu confuse. Certaines associations d'idées perdent un peu en route, on saute de considérations politiques à tel détail du jardin de Versailles par exemple. Les personnages sont vu bien entendu très subjectivement, ce qui rend le récit très réel : ça aurait pu être une liasse de papiers retrouvée dans la chambrette de Vienne où la lectrice semble terminer sa vie. J'ai par moment été prise au coeur devant le désarroi des personnes de la Cour, grands ou non, car tous ne comprennent pas pourquoi Paris, et même la province, grondent. Le Roi est si bon, il essaie tellement de bien faire malgré ses airs patauds et son appétit d'ogre, comment pourrait-on en avoir après lui ? Et la Reine, que la lectrice admire profondément, comment lui en vouloir, à elle la déracinée, projetée à Versailles pour des raisons de politique matrimoniale, et qui aurait tant voulu être aimée par ce peuple de parisiens ? J'ai relevé une phrase que j'ai trouvé simplement sublime, presque à me faire monter les larmes aux yeux. La lectrice rapporte une entrevue entre la Reine et le Roi, qui lui a été racontée par une femme de chambre de la Reine (ce qui me fait dire que ce passage doit être en partie inventé, ou fondé sur des sources qui ne sont pas sûres, mais après tout je n'en sais rien, et ça reste magnifique et tout à fait plausible). La Reine et le Roi ont décidé de rester à Versailles, de ne pas s'enfuir malgré le danger, et Marie-Antoinette se demande si leur seul salut ne résidait pas dans cette fuite. Louis XVI dit alors :
"Cela veut-il pour vous, Madame, dire quelque chose ? J'ai appris - c'est Monsieur de Noailles qui me l'a confié à mon coucher - que le peuple ne veut pas seulement du pain, il veut aussi le pouvoir. A ce point d'insanité, j'avoue, je suis confondu. Je croyais jusqu'à maintenant que le pouvoir était un poids de devoirs et de responsabilités dont on héritait, et que l'on acceptait par humilité et respect pour Celui qui nous avait désigné. Une sorte de malédiction dissimulée sous un manteau d'hermine. Me serais-je trompé ? Y aurait-il quelque chose de désirable dans le pouvoir ?"

C'est un roman tourné d'une façon particulière, qu'il m'a été assez difficile d'appréhender, mais finalement je suis très contente de l'avoir lu, et j'ai hâte de lire Le Testament d'Olympe, le second roman de Chantal Thomas. Les Adieux à la reine est en cours d'adaptation pour le cinéma, avec Diane Kruger dans le rôle de la Reine, ce qui m'ennuie un peu. C'est une manie des réalisateurs apparemment de choisir des actrices absolument splendides pour camper une reine qui n'était pas belle, mais certes qui avait un certain charme. je suis tout de même très curieuse de voir ce que ça donnera.

Fiche :
Les Adieux à la reine, de Chantal Thomas
Collection : Points
247 pages
Prix : 6,50€

Mercredi 30 novembre 2011 à 19:12

J'ai tellement bien avancé dans mon dossier (ahem) que j'ai envie de faire un article en même temps que je me regarde un Disney (et pas un grand classique pour une fois !). J'avais déjà parlé de cette saga dans mon précédent blog, mais je ressens le désir d'en faire un nouveau. Il s'agit donc de la saga des Reines de France de Simone Bertière, qui commence par Anne de Bretagne et va jusqu'à Marie-Antoinette.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/ReinesdeFrance.jpg
Je vous ai fait ci-dessus un joli résumé-images des couvertures. J'aime particulièrement ces couvertures, car ce sont des tableaux, des portraits, qui permettent d'imaginer les personnages physiquement, car c'est parfois difficile à faire seulement avec des descriptions écrites. Au milieu de chaque livre se trouvent plusieurs pages de portraits, même de personnages beaucoup plus "secondaires" que les rois et reines. A la fin on trouve une bibliographie très complète des ouvrages et sources utilisés par l'auteure, ainsi qu'une chronologie détaillée à laquelle il faut se référer fréquemment si 'on veut bien suivre le déroulement des évènements, car si Simone Bertière tente de suivre le temps, il est parfois plus pratique de consacrer un chapitre à un personnage particulier, quitte à faire pour cela des bonds en avant ou en arrière dans le temps.

La saga commence donc au XVIème siècle, avec le premier tome Le beau XVIème siècle, avec une femme hors du commun : Anne de Bretagne (en portrait en train de prier sur la première couverture en haut à gauche). Duchesse de Bretagne, elle a été mariée à deux rois de France (Charles VIII et Louis XII) et lutta toute sa vie pour préserver l'indépendance de son duché, en tentant d'empêcher qu'il ne tombe dans le domaine royal. Avant son remariage avec Louis XII, celui-ci était marié à Jeanne de France. Il fit annulé son mariage avec celle-ci pour épouser Anne de Bretagne. Jeanne passa le reste de sa vie dans un ordre monastique qu'elle avait créé. Elle fut d'ailleurs béatifiée au XVIIIème siècle.
Après la mort d'Anne de Bretagne, Louis XII se maria en troisièmes noces avec Marie d'Angleterre, une Tudor qu'il laissa veuve après quelques mois de mariage. Elle refit sa vie sans marquer l'Histoire France. Claude de France, fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, récupéra le duché de sa mère et fut mariée au successeur de son père, François Ier, dont le père était le cousin de Louis XII (faut suivre hein). Ni elle, ni Eléonore de Habsbourg qui épousa François Ier en secondes noces ne laissèrent une grande trace car elles étaient des femmes effacées, soumises à leur rôle de mère des enfants royaux et de représentation. Cette condition des reines de France va commencer à changer par le choix de François Ier pour l'épouse de son fils, le futur Henri II : Catherine de Médicis. La première partie de la vie de Catherine en France ressemble fort à quelque chose de désagréable : étrangère, elle est particulièrement mal acceptée à la cour en raison de ses origines (sa famille est issue des sphères financières et non pas vraiment de la noblesse) et toute l'attention est tournée vers l'extraordinaire favorite du roi, Diane de Poitiers. A sa mort, Catherine voit enfin l'occasion d'accéder au pouvoir, car Henri III va la laisser régente avec de nombreux enfants.

Le deuxième tome, Les Annés sanglantes, reprend donc avec Catherine de Médicis à la tête du Royaume. Elle est ce qu'on appelle une "reine-régente". Ses trois fils vont se succéder tour à tour : François II, Charles IX et Henri III. François II épousa très jeune, avant même d'être roi, Marie Stuart d'Ecosse. Elle ne fut pas reine longtemps car François II ne vécut pas longtemps. Sa vie à elle fut longue et mouvementée : devenu veuve, elle retourne en Ecosse pour y régner, son père étant lui aussi décédé. Elle va se faire de nombreux ennemis, en particulier sa cousine Elisabeth Ière, reine d'Angleterre, qui finit par lui faire couper la tête. Sur sa vie, je vous conseille le très bon Secret d'Histoire qui a été fait à son sujet. Charles IX vit son règne marqué par les massacres de la Saint-Barthélémy, et il mourut fou. Son épouse fut Elisabeth de France, qui devint veuve à 19 ans. Comme Jeanne de France, elle termina sa vie dans un couvent. Elle meurt à trente-sept ans, en pleine dévotion. Henri III épousa Louise de Lorraine, qui se prit d'une réelle affection pour lui. Après son assassinat, elle resta inconsolable et mourut dans le chagrin.
A Henri III succéda Henri IV, marié lors de son accession au trône à la soeur de son prédécesseur, Marguerite de France. Elle ne fit rien "d'historique" mais était une femme de lettres, très intelligente et une grande mécène. Alexandre Dumas en fit "la reine Margot". Son mariage avec Henri IV fut annulé car elle ne lui avait pas donné d'héritier légitime.

Le troisième tome, Les deux régentes, commence avec la seconde épousée d'Henri IV : Marie de Médicis. Je me souviens de ne pas l'avoir aimée du tout, cette reine-là ! Son caractère, ses manières, tout me fit horreur. A mon humble avis, beaucoup des soucis de Louis XIII, son fils, furent de son fait. Comment un enfant peut-il se construire en adulte et en roi avec un mère qui complote dans son dos, lui fait la guerre et lui préfère son frère (Gaston d'Orléans) ? Elle fut régente un long moment, puisque Henri IV est mort lorsque Louis XIII était tout petit. C'est Marie de Médicis qui choisit l'épouse du petit roi, en l'infante Anne d'Autriche. Elisabeth de France, soeur de Louis XIII, fut dans le même temps mariée au frère d'Anne, l'infant Philippe. Le règne de Louis XIII fut marqué par les actions de Richelieu. Quand tous deux furent morts, Anne d'Autriche devint régente pour Louis XIV. Elle se fit aider du cardinal de Mazarin, qui continua à exercer le pouvoir bien au-delà de la majorité de Louis XIV (la majorité était fixée à 13 ans!). Mazarin mourut en 1661 et Louis XIV décida alors d'exercer le pouvoir seul. Sa relation privilégiée avec sa mère en pâtit un peu mais ils restèrent très proches, car il était son préféré, au détriment cette fois de Philippe de France, le cadet. Anne d'Autriche mourut en 1666.

Le tome quatre est consacré aux Femmes du Roi-Soleil, et elles furent nombreuses, car on y compte non seulement ses épouses, ses maîtresses, mais aussi toutes les femmes qui l'entourèrent au quotidien, filles, brus, nièces... En 1660, Louis XIV épousa Marie-Thérèse d'Autriche (sa cousine germaine puisque c'était la fille d'Elisabeth de France et du roi d'Espagne Philippe IV). Elle fut une reine plate, sans aucune envergure, qui ne réussit jamais à s'attacher à la France. Elle parlait d'ailleurs très mal le français, même après des années passées à la Cour. Ses maîtresses furent si nombreuses qu'on ne peut toutes les dénommer et les retrouver. Il en aima certaines, d'autres ne furent que des occasions de plaisirs et de fêtes. Simone Bertière consacre des pages, voire des chapitres, à chacune des plus importantes : Marie Mancini (une nièce de Mazarin), Louise de la Vallière (qui se repentit beaucoup de cette liaison mais continua très longtemps d'aimer le roi), Madame de Montespan (Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemoart) et Madame de Maintenon (Françoise d'Aubigné, veuve Scarron), que le roi épousa secrètement en secondes noces. C'était une femme vraiment très spéciale, son caractère, ses pensées sont très difficiles à saisir. Dans les autres femmes qui marquèrent plus ou moins le règne du Roi-Soleil, je me rappelle aussi Henriette d'Angleterre, "Madame", l'épouse de "Monsieur", le frère du Roi, et de sa seconde épouse, la princesse Palatine qui avait beaucoup de mordant ! Il y en a d'autres bien sûr, mais je les ai oubliées.

http://simonebertiere.free.fr/Berti%E8re/Index%202009/SimoneBertiere2.jpgL'avant-dernier tome, La Reine et la favorite, est consacré à Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, et à sa principale favorite, Madame de Pompadour. J'ai beaucoup aimé ce tome-là, je crois que c'est mon préféré. Louis XV est très intéressant (et je trouve qu'il était très beau étant jeune !), toute la vie à Versailles fut transformée par son règne, car si de nombreux codes louisquatorzien y subsistent, Louis XV n'est pas comme son arrière-grand-père, il aime être en comité restreint, les pièces de petite taille et tenter d'échapper au rôle de roi qui lui colle mal à la peau. Il devint roi dans un climat de mort, orphelin et seul.  Il fut très malheureux lorsque sa "nourrice" fut renvoyée. Aux premiers temps de son mariage, il était fou de sa femme, plus mûre que lui (elle était plus âgée que lui de plusieurs années). Il adorait également sa famille, et notamment sa flopée de filles, qui si mon souvenir est bon, ne se sont pas mariées à l'exception des deux aînées. Il eut aussi de très nombreuses maîtresses. Parmi les premières se trouvaient les soeurs de Nesle (oui, toutes).  Sa favorite la plus marquante est bien entendu Jeanne-Antoinette Poisson, mariée Le Normant d'Etiolles, marquise de Pompadour. Une femme fascinante, j'étais très triste lorsqu'elle est morte (jeune en plus). Femme intelligente, cultivée, courtisée par tous car elle était la favorite, mais très seule au final car peu de personnes l'appréciaient réellement. Peu portée sur les plaisirs de la chair, elle ruina sa santé en essayant d'augmenter sa libido. Elle et le Roi étaient réellement attachés l'un à l'autre, alors pour satisfaire les appétits sexuels du Roi tout en gardant son affection, elle organisa "les plaisirs" du Roi en lui fournissant des maîtresses d'un soir. Après sa mort, Louis XV se consola avec Madame du Barry (qui n'était pas du tout comme la présente Sofia Coppola dans son film Marie-Antoinette, que j'ai trouvé très bon par d'autres aspects). Ses fils moururent avant lui, il s'occupa alors de marier son petit fils Louis-Auguste de France appelé à lui succéder. La future reine, c'est Marie-Antoinette.

Marie-Antoinette l'insoumise est un très bon titre. Ce qualificatif décrit très bien la dernière reine de France de l'Ancien Régime. Elle avait de très bons côtés mais aussi des côtés parfaitement détestables. Louis XVI était un homme très touchant je trouve, je l'ai beaucoup plaint ce pauvre chéri. Cependant, il ne fit pas face aux difficultés comme Louis XV. Il n'aimait pas la chair, ni Marie-Antoinette. Leurs premières années de mariage furent d'ailleurs grandement compliquées par cette répulsion partagée. Ils eurent tout de même quatre enfants, dont deux moururent en bas-âge, leur causant de très grandes peines. Je ne vais pas développer plus, ce dernier tome fait plus de neuf cents pages !

Ces livres sont extrêmement bien écrits, très prenants, documentés à merveille. On plonge sans retenue dans la vie des personnes qui défilent sous nos yeux à travers les pages de Simone Bertière. Ce sont des livres d'Histoire (et non des romans historiques), pourtant je les ai lu comme des romans, un véritable délice. De longues pauses entre les différents tomes ne sont pas un problème. Pour tous les intéressés de l'Histoire de France ou même de l'Europe, n'hésitez pas ! Simone Bertière a écrit d'autres ouvrages d'Histoire, notamment sur le Prince de COndé, sur le cardinal de Retz et sur Mazarin, que je n'ai pas encore eu le plaisir de lire. J'adore également ses interventions télévisées, je reste pendue à ses lèvres à chaque fois !
 

<< Je l'ai dit après... | 1 | 2 | 3 | ... Et ça je l'ai dit avant. >>

Créer un podcast