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Qu'il est bon d'être futile !

Dimanche 12 janvier 2014 à 13:32

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Il se trouve que j’ai un roman dans ma bibliothèque depuis plusieurs années intitulé Marie-Louise, l’impératrice oubliée de Geneviève Chastenet, et qui parle de la seconde épouse de Napoléon Bonaparte. Voulant connaître les choses dans l’ordre, j’ai d’abord emprunté un roman sur Joséphine de Beauharnais, première femme de l’Empereur, pour pouvoir lire ensuite celui que j’ai dans ma PAL. Pourquoi ai-je voulu lire ça ? Vous savez peut-être que j’aime beaucoup les biographies. Je trouve que c’est une excellente manière d’aborder l’Histoire, bien moins rébarbative que les ouvrages savants sur telle guerre ou telle période. Et comme je connais très mal la période de la Révolution française (très embrouillée dans ma tête) et encore plus mal l’Empire, je me suis dit qu’avec Joséphine et Marie-Louise, j’aurais de quoi faire.

Le livre s’ouvre en fait sur le divorce de Napoléon et Joséphine en 1809. Nous suivons cette dernière, qui se remet à penser à sa Martinique natale, et l’auteur commence l’exposé de sa vie.
 
Joséphine, l’obsession de Napoléon n’est pas vraiment un roman ni un livre d’histoire, il est à mi-chemin entre les deux. On est loin de la rigueur historique avec Gerald Messadié mais le style d’écriture ne fait pas vraiment roman non plus. Ça se lit très facilement et rend ce livre très abordable. J’ai appris beaucoup de choses sur la période et ces personnages historiques que sont Napoléon et Joséphine, ainsi que sur leur couple, qui est presque une entité à lui seul tellement il a compté dans leurs vies et dans l’Histoire. Cependant, le livre manque beaucoup de développements je trouve. Très souvent, je lisais un passage en me disant que c’était très intéressant et pouf ! on passe à autre chose, ce qui m’a pas mal frustrée.
 
Joséphine m’a plutôt été sympathique, j’ai pu par moments la comprendre, mais à cause du manque de détails, elle m’est restée assez mystérieuse. En revanche, je n’ai pas du tout aimé Napoléon. C’est la première fois que je le vois « de près », et vraiment il ne m’a pas plu du tout, même si je comprends parfaitement la fascination qu’il a pu susciter et suscite encore (enfin, sauf la fascination de Victor Hugo à son égard, qui me paraît aberrante vu les différences fondamentales qui existent entre les deux hommes !). En tout cas, leur relation était très spéciale, et ce n’est rien de le dire. De ce que j’ai retenu, ils étaient incapables de sortir l’autre de leur vie, et s’aiment vraiment, tout en passant leur temps à s’enguirlander, à compter l’un sur l’autre et à se détester.

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[Portrait de Napoléon Bonaparte en premier consul, Jean Auguste Dominique Ingres, 1804]
 
Dans les choses un peu étranges que j’ai retenues, il y a que Napoléon, en jaloux très excessif, « renommait » ses amantes afin d’oublier qu’elles ont pu appartenir à d’autres hommes auparavant. Ainsi, la première femme qu’il a courtisée s’appelait Bernardine Eugénie Clary, mais il l’a fait appeler « Désirée », et elle a gardé ce nom même lorsqu’elle a épousé un autre homme. Elle qu’on connait sous le nom de Joséphine de Beauharnais s’appelait en fait Marie-Josèphe Rose Tascher de la Pagerie. Lorsqu’elle épousa Alexandre de Beauharnais, on l’appelait Rose de Beauharnais, mais Napoléon a décidé que ce serait Joséphine. Autre anecdote : la fleur hortensia porte ce nom en l’honneur de la fille de Joséphine, Hortense de Beauharnais.

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[Le Divorce de l'Impératrice Joséphine, Henri-Frederic Schopin, 1843]

Globalement, j’ai apprécié cette lecture, mais je ne suis pas déçue de ne pas l’avoir dans ma bibliothèque, ce qui aurait été le cas si ma lecture avait été excellente. Néanmoins, elle m’a donné envie d’approfondir mes lectures dans cette direction. Je compte lire Marie-Louise bientôt, mais j’ai également acheté une biographie de Joséphine par Françoise Wagnere et je regarde d’un œil plus intéressé l’énorme biographie d’André Castelot sur Napoléon Bonaparte qui se trouve dans ma bibliothèque. Et aussi, j'ai été très intriguée par Hortense, qui m'a l'air d'être le genre de femme qui va me plaire. Affaire à suivre...
 

Lundi 1er avril 2013 à 16:08

Il y a environ un an, je suis tombée sur cette critique de La maîtresse de Rome sur le blog de Cajou. Je ne connaissais pas du tout ce roman mais le résumé et la critique très enthousiaste de la blogueuse m’ont convaincue de le mettre dans ma wish-list. Il est arrivé dans ma bibliothèque suite aux fêtes de Noël, et le voilà lu… C’est un beau coup de cœur.
 
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L’histoire commence en 81 après J-C si je me souviens bien, au début du règne de l’empereur Domitien. Thea a quinze ans. C’est une esclave juive qui a reçu une éducation grecque avant d’être vendue à Quintus Pllio pour servir sa fille, Lepida Pollia, jeune fille du même âge que Thea. Dans le même temps, un homme condamné à mort dans l’arène est récupéré pour être gladiateur. Bientôt, une histoire d’amour va naître entre Thea et Arius, mais leur histoire n’est pas de celles qui se déroulent comme un long fleuve tranquille…
 
On va suivre les protagonistes sur une longue période. Les premiers personnages sont rapidement rejoints par d’autres, et tout cela donne une histoire très riche et plus que prenante. Je cherchais un bon roman historique se passant dans l’Antiquité, j’ai été servie ! Kate Quinn dresse un portrait vrai de la société romain du premier siècle. Elle nous montre bien les luttes et rouages du pouvoir sans nous perdre et surtout sans jamais nous ennuyer. Le temps défile, et notre inquiétude pour nos personnages favoris ne fait que grandir…
 
Kate Quinn a mélangé personnages réels (Domitien, l’impératrice, Julie, …) et personnages fictifs (Thea, Arius mais aussi Marcus, Sabine, Lepida…) avec un réel brio. J’étais persuadée que le sénateur Norbanus existait, ça n’aurait rien eu d’étonnant, mais j’ai appris dans la note explicative de l’auteure à la fin du roman qu’elle l’avait inventé ! Cette note est d’ailleurs une excellente chose. L’auteure assume qu’elle a écrit un roman en se basant sur l’Histoire, sans essayer de nous faire croire que ce qu’elle décrit est la réalité. Pour quelqu’un comme moi qui suis très à cheval sur ce genre de choses, c’est vraiment très appréciable et ne rend la lecture que meilleure !
 
Ce roman a réussi à me faire pleurer, ce qui n'arrive pas fréquemment. Il y a une escalade dans l’horreur, et les personnages sont pris dedans. J’en déteste certains bien cordialement, et d’autres me peinaient énormément tellement je m’étais attachée à eux. Petit spoil : Je n’ai pas pu retenir mes larmes  la mort de Ganymède. Après tout ce que subit Thea et la gentillesse dont il fait preuve envers elle, le voir massacré comme ça c’était vraiment dur… C’est pour moi le meilleur du roman : les personnages, qu’on a rapidement l’impression de connaître et dont on prend le destin à cœur comme si c’était notre vie que l’on jouait.
 
Les descriptions des lieux et de la vie romaine m’ont complètement immergée dans le roman. L'auteure a gardé les mots latins pour décrire les tenues par exemple, plutôt que de traduire par "robe" par exemple, et ce côté authentique est vraiment super. Je voyais l’amphithéâtre Flavien (qu’on n’appelait pas le Colisée à l’époque), je sentais le sang, la chaleur, les odeurs des milliers de plébéiens venus réclamer du sang. Je voyais les thermes, les tenues, les bijoux, les coiffures… Et surtout, je voyais Domitien. J’avais un peu étudié la Vie des Douze Césars de Suétone, et je me souvenais mal de Domitien. Je savais qu’il n’était pas net (peu d’empereurs romains étaient des hommes bons de toute façon), mais à ce point-là ! Je vous disais que j’avais très envie de lire ce livre après avoir fini Britannicus, maintenant c’est encore pire ! Je veux tout savoir !
 
En bref, c’est réellement un excellent roman que je vais conseiller à tout bout de champ (en commençant par le refiler à ma mère). J’espère que ma chronique a réussi à faire passer mon enthousiasme car c’est réellement génial. L’auteur a écrit deux autres romans se déroulant sous l’Empire romain, dont l’un est une suite de La maîtresse de Rome. Vivement la traduction !
 
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Vendredi 16 novembre 2012 à 11:29

Il y a plusieurs mois, j’avais lu Les Adieux à la Reine de Chantal Thomas. J’avais bien aimé, mais plusieurs défauts avaient assombri un peu mon avis, et j’avais eu beaucoup de critiques négatives à faire sur le film, malgré la superbe interprétation de Diane Kruger en Marie-Antoinette. Ce mois-ci, je me suis lancée dans le deuxième roman de Chantal Thomas, qui est à la base historienne. Et Le Testament d'Olympe fut une bonne surprise ! Beaucoup des défauts des Adieux à la Reine ne se retrouvent pas dans ce deuxième roman, à mon avis. L’auteure prend le coup de main. Mais de quoi ça parle ?
 
Ursule vit à Bordeaux, au milieu du XVIIIème siècle, avec sa famille : ses parents, et ses trois sœurs. La famille est pauvre. La jeune fille ne veut pas vivre comme ça, alors elle s’enfuit, décidée à faire son propre chemin, et à monter très haut, jusqu’à Versailles, jusqu’au roi…

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Le livre est divisé en quatre parties. Les trois premières parties donnent la parole à Apolline, petite sœur d’Ursule. Dans la première partie, elle raconte leur vie misérable à Bordeaux, et la disparition de sa sœur. La deuxième parle de sa vie dans le couvent où son père l’a placée, et la troisième de ce qui s’est passé juste après. La dernière partie est ce « testament » d’Ursule, qui s’est donné un nouveau nom. Elle n’est plus Ursule Sandrac, elle est devenue Olympe Aubain. Il ne s’agit pas vraiment d’un testament, elle ne lègue rien à sa sœur si ce n’est son histoire, et quelle histoire… Ayant lu La reine et la favorite, de Simone Bertière, qui nous renseigne par le biais de Marie Leszczynska (l'épouse de Louis XV) et de Madame de Pompadour (sa favorite) sur le règne et les habitudes de Louis XV, je me doutais très largement de ce qu’Apolline allait découvrir dans le testament d’Olympe, mais ça n’a pas du tout réduit mon plaisir, bien au contraire.
 
Le livre nous fournit plein de détails extrêmement intéressants. Dans la première partie, les descriptions de la vie de la famille Sandrac à Bordeaux n’étaient pas des plus passionnantes, et j'avais peur de m'ennuyer tout le long du roman. Mais découvrir ce que vivaient les petites filles au couvent, ce fut une vraie claque ! La vie à Paris, dans ses alentours, est parfaitement dépeinte, et de manière très réaliste. Chantal Thomas a jeté les pincettes et dit clairement les choses, ainsi Olympe nous parle crûment quand c’est nécessaire (on va appeler un chat un chat quoi). Le bémol, c’est qu’il est difficile de vraiment s’attacher aux personnages, que ce soit à Apolline ou à Ursule. J’ai beaucoup aimé la petite Matilde, malicieuse au couvent. Par contre je suis assez dubitative sur son frère, mais je n’en dis pas plus pour ceux qui n’ont pas lu ce roman.
 
C’est dans l’ensemble un roman historique qui m’a beaucoup plu, Chantal Thomas n’imite personne, elle a sa façon de raconter une histoire qui prend place dans la grande Histoire, qu’elle connaît si bien. Si vous appréciez cette période de l'Histoire ou si les histoires de femmes vous plaisent, n’hésitez pas !

Dimanche 2 septembre 2012 à 12:27

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/2112655412-copie-1.jpg[J'aime beaucoup la couverture, elle correspond parfaitement au livre.]

Après avoir aimé Le Montespan, il fallait que je lise de Jean Teulé Charly 9, que mes parents m’avaient prêté il y a au moins six mois. J’avais peur de ne pas trouver ça super, car j’avais eu beaucoup d’échos négatifs, mais encore une fois j’ai adhéré à Teulé ! Vous allez me dire que c’est étonnant, moi qui suis tellement pointilleuse sur l’histoire. Mais voilà, Teulé ne prétend pas nous raconter l’histoire, mais plutôt je pense sa propre version d’un évènement, d’un être, et ici du roi de France Charles IX, dont on a retenu seulement qu’il était sur le trône lors de la Saint-Barthélemy. En effet, le roman commence lors du fameux conseil où le massacre des protestants a été décidé. L’auteur a choisi, comme bon nombre d’historiens d’ailleurs, d’en donner la responsabilité aux membres du conseil (beaucoup étaient des catholiques forcenés) et surtout à la reine mère, Catherine de Médicis. Je ne pense pas qu’elle était aussi mauvaise que décrite ici, mais je suis bien d’accord sur un point : préférer le duc d’Anjou, son troisième fils et futur Henri III, à tous ses autres enfants n’a pu avoir qu’un effet néfaste sur la santé mentale de Charles IX, déjà fragile au départ.
 
On suit sa chute dans la folie tout en croisant de nombreux personnages : Elisabeth d’Autriche, son épouse, Marie Touchet, sa maîtresse, son chirurgien protestant Ambroise Paré, son cousin « le Béarnais » (roi de Navarre et futur Henri IV) qui l’aurait surnommé « Charly 9 », quelques poètes tel Ronsard ou encore Marguerite de Valois, sa sœur épousée de Henri de Bourbon. Le marquis de Montespan avait attiré ma sympathie, je l’avais trouvé très attachant. Charles IX, je n’ai éprouvé pour lui que de la pitié. Jean Teulé glisse entre ses pages des anecdotes sur son règne, en leur prêtant à chaque fois des conséquences catastrophiques : ce roi est maudit pour avoir « cautionné » la Saint-Barthélemy. Par exemple, on lui doit l’unification de la date du nouvel an. Avant, elle variait selon les régions du royaume de France, mais depuis Charles IX, c’est le 1er janvier. Le poisson du 1er avril daterait de cette époque également : on accrochait un poisson pourri dans le dos de ses compagnons pour leur faire une mauvaise blague.
 
Henri III est également très noirci, et je ne le vois pas comme ça, mais son implication dans la maladie qui tua son frère est très bien justifiée dans le roman, surtout quand on sait que le XVIème siècle était non seulement celui des guerres de religions mais aussi celui de l’astrologie, de la magie, du vaudou. Les chapitres sont toujours aussi courts, le livre s’avale (deux journées pour moi) et l’écriture de Teulé toujours aussi claire. La vulgarité se justifie très bien (Henri IV, le « Vert Galant », était réputé pour jurer comme un charretier et être d’un propreté plus que douteuse !) et les passages dérangeants sont ceux où Charles IX pète un câble, mais on le plaint plus qu’autre chose. Bref, j’apprécie vraiment les romans cet auteur, et j’attends l’occasion de pouvoir en lire d’autres, comme Je, François Villon ou Rainbow pour Rimbaud ou encore Mangez-le si vous voulez (mais celui-là j’ai peur qu’il me perturbe quand même). Je vous laisse sur quelques portraits, et bientôt une chronique du Magasin des Suicides (j'espère) !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Personnages/CharlesIX.jpg[Charles IX. J'aime bien ce tableau qui montre bien une tenue masculine de l'époque, avec le petit chapeau de velours surmonté d'une plume.]
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Personnages/ElisabethofAustriaFrance1.jpg[Elisabeth d'Autriche, sa femme. Elle n'a laissé aucune trace dans l'histoire... Après la mort de son époux, elle est retournée dans son pays où elle est entrée au couvent. Elle y est morte à même pas 40 ans.]
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Personnages/HenriIIIVersailles.jpg[Henri III, le dernier roi Valois, qui succéda à son frère. Son règne est connu pour ses tergiversations entre catholiques et protestants, la lutte des Guise contre les huguenots. Finalement il désigna comme successeur son cousin Bourbon, ancien protestant. Lui-même est connu pour ses nombreux "mignons".]

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Personnages/PierredeRonsard1620.jpg[Pierre de Ronsard, poète de la Pléiade. Le roman est parsemé de ses sonnets, c'est agréable !]

Jeudi 30 août 2012 à 9:55

Après avoir vu Jamestine’ encenser Stefan Zweig, je me suis dit qu’il était vraiment temps de me lancer, et pis de toute façon j’avais acheté Marie Stuart précisément pour le lire en Ecosse, donc tout va bien. Ah, vraiment, c’était chouette. L’auteur a choisi ce sujet, cette femme, parce qu’il l’admire, et ça se sent, et ça fait plaisir. J’avais peur qu’il soit trop partial, mais ça va encore, il justifie ses choix, et même si on le sent plus psychologue qu’historien, je n’ai pas relevé du tout de bêtise dans son livre. Son écriture est vraiment prenante, elle transpire de passion tout du long. Mince, je ne vous ai pas parlé du livre en lui-même.

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Alors, Marie Stuart, ce fut une reine d’Ecosse (elle le devint à la mort de son père, alors qu’elle n’avait que quelques jours) et aussi une reine de France (pour peu de temps, François II, son époux, étant mort prématurément). Aveuglée par un amour fou, elle fit des choix désastreux dans sa vie et connut une fin tragique. Aujourd’hui, elle est une figure très importante de l’histoire écossaise (en témoignent les très nombreux livres que j’ai vus là-bas sur "Mary Queen of Scots"). Douce et cultivée, de nature plutôt aimable et paisible, elle se révèle presque enragée quand sa couronne ou son bien-aimé sont menacés.
 
J’ai vraiment bien accroché. J’ai vu plus en détail la vie de cette femme exceptionnelle (je l'avais déjà abordée grâce à Simone Bertière), même si l’auteur a fait le choix de se concentrer sur les années trépidantes de sa vie, en laissant un peu de côté son enfance et sa jeunesse, et sa captivité plus tard. J’ai simplement regretté que parfois il insiste énormément sur certains points, se répète. Je me disais « bon ça va, j’ai compris ! ». Il manque peut-être un peu de descriptions aussi (des pièces où elle était à tel moment, de tel château important…). Mais je chipote, parce que quand il donnait le nom d’un lieu, hop je google ça, et je me fais une petite idée. Je me suis vraiment plongée dans l’Histoire, et j’ai hâte de relire du Zweig. Je conseille ce livre pour les personnes intéressées par l'Histoire mais que les ouvrages d'historiens rebutent un peu ! Sa biographie de Marie-Antoinette me fait furieusement de l’œil. En attendant, j’ai un autre de ses romans, très court celui-là, dans ma bibli : Vingt-quatre de la vie d’une femme.

Samedi 14 juillet 2012 à 20:39

Bon, j'entreprends la critique des Piliers de la terre, mais entre le roman et la série, j'ai du pain sur la planche, alors je vais commencer par parler d'autre chose (bah oui, on procrastine ou on ne procrastine pas, moi je procrastine). Alors, déjà j'ai terminé le tome 2 des Mystères de Harper Connelly, commencé ce matin. Il fut dire qu'après le pavé qu'est Les Piliers, j'avais bien besoin d'une lecture rapide, courte, facile ! Ça m'a défoulé, c'est bien. Et je peux rayer un autre livre de mon planning de lecture pour juillet, même si je sais que j'ai vu trop grand. Ensuite je suis contente, parce que ça fait deux fois que mon chat me gratifie de l'immense honneur de venir se reposer sur mes jambes quand je suis affalée dans le canapé. Comme il n'était pas très câlin quand on l'a eu mais plutôt du genre excité, on avait peur que ce soit dans son caractère, mais apparemment il devient davantage câlin en grandissant, je suis contente ! Par contre il a été insupportable quand des amis sont venus passer une journée et une nuit à la maison, cinq dans l'appart' c'était trop pour lui. À part ça et le fait que je suis tombée malade, ça s'est très bien passé, on a fait un petit tour dans Lille avant de rentrer précipitamment à cause de la pluie (il n'y avait pas de séance au ciné non plus à cette heure-là), on a regardé des films et on a joué à Munchkin, jeu génial dont il faudrait que je vous parle un jour. Voilà pour le blabla d'introduction.

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Alors, Les Piliers... J'ai d'abord découvert la série, et dès le premier épisode j'avais été conquise. On s'est avalé la série en très peu de temps, il n'y a que huit épisodes. Quelques temps après, j'ai acheté le livre. Je pouvais bien dépenser 10€ pour le coup, il fait plus de 1000 pages ! Je vais essayer de vous faire mon résumé personnel. L'histoire commence en 1135, si je ne dis pas de bêtise, et se déroule dans un comté du sud de l'Angleterre, principalement pendant la guerre civile qu'on appelle parfois l'Anarchie. On va suivre tout au long de l'histoire plusieurs personnages, aucun n'est vraiment le personnage principal. Il y a Tom, qui est maçon, et qui cherche avant tout à assurer la subsistance de sa famille, mais il voudrait aussi construire une belle église, une cathédrale. Sur les routes, à la recherche de travail, il est accompagné de sa femme Agnès, de son aîné Alfred, et de sa cadette Martha (respectivement 13 et 10 ans au début de l'histoire je pense). On rencontre également très vite Ellen, qui vit cachée dans la forêt avec son fils Jack (11 ans je crois), pour une raison mystérieuse. Philip quant à lui est prieur d'un petit monastère près d'une forêt. William Hamleigh est fils d'un petit seigneur, et il souhaite épouser Aliena, fille du comte Bartholomew. Elle a également un jeune frère, Richard. Waleran Bigod est prêtre dans le comté.

L'histoire est très dense et se déroule sur des décennies, il est donc difficile de ne pas oublier certains évènements et de ne pas mélanger les faits, mais elle est très facile à suivre, et l'écriture simple de Ken Follett permet de suivre sans souci. Les rebondissements et retournements de situations sont nombreux, parfois trop. On sent le coup venir à force. Un coup les gentils ont le dessus, un coup ce sont les méchants... D'ailleurs, je regrette que les personnages soient par certains côtés très manichéens. On voit que l'auteur a tenté de les développer, de les fouiller, mais à mon avis ce n'est pas tout à fait réussi. Toutefois, certaines plongées dans l'esprit des personnages ont pu me déconcerter, me mettre mal à l'aise même, signe que c'était bien fait. Je pense notamment au personnage de William Hamleigh, qui me dérange beaucoup, mais dont j'ai suivi l'évolution mentale avec intérêt. Certaines scènes également sont dures, vraiment. L'auteur ne s'attarde pas sur les détails horribles, mais j'ai assez d'empathie pour m'imaginer les choses au point de ressortir de la lecture parfois vraiment dégoûtée de la nature humaine.

J'ai regretté que le contexte historique ne soit pas plus développé. On sent mal la culture de l'époque je trouve. C'est sûrement pour ça que ce roman a su conquérir beaucoup de gens, y compris ceux qui ne sont pas passionnés d'histoire. J'aurais aimé m'instruire en même temps que me distraire, mais non. Quant aux détails sur l'architecture, et notamment des cathédrales, j'ai trouvé cela intéressant, mais je n'ai pas été capable d'y comprendre grand-chose. Je n'y connais vraiment rien, je ne sais pas si c'est moi qui suis vraiment inculte, mais en tout cas j'aurais apprécié des notes de bas de pages m'expliquant le quoi du comment du pourquoi. Ken Follett s'est surtout concentré sur son histoire et l'intrigue, et de ce point de vue c'est réussi, on est très facilement emporté. Si je ne connaissais pas déjà l'histoire, j'aurais lu le livre bien plus rapidement. Malheureusement, c'est un peu aux dépends de l'écriture, qui reste assez superficielle, je m'attendais à mieux de ce point de vue je dois dire. La fin est celle que l'on voudrait, mais je l'ai trouvée trop abrupte, et j'aurais aimé des éclaircies sur certains éléments, sur la vie future des personnages. Je pense notamment à Elizabeth, qui aurait pu être intéressante, mais qui ne servait qu'à débloquer une situation en fin de compte, car on ignore tout de ce qui lui arrive après.

Passons à la série. Les acteurs sont merveilleusement bien choisis, c'est d'abord grâce à leur jeu que je suis tombée sous le charme. J'aime tout particulièrement ceux qui incarnent Aliena, Jack, et Richard, ils sont restés mes chouchous. Pour correspondre à l'esprit d'une série télé, des aménagements ont été faits par rapport au livre, souvent des raccourcis sans conséquence, ou des changements pour que l'âge des acteurs choque moins par rapport à celui des personnages. Par contre, maintenant que j'ai lu le livre, certains changements me rebutent un peu, même si je les comprends en partie. Attention, spoil. Dans la série, William et sa mère entretiennent une relation incestueuse, ce qui m'avait beaucoup dégoûtée et m'avait bien aidé à vouloir qu'ils finissent mal. Le père est tué par la mère, alors que dans le roman, il meurt naturellement, et la mère par son fils, au lieu là encore de mourir naturellement. Je pense que ça a été fait pour contrebalancer toutes les actions horribles faites par William dans le roman qu'il était impossible de mettre dans la série, et en effet il aurait été très choquant de voir à la télévision un bébé être jeter dans les airs, des filles violées à la pelle, et tout ça. Mais ça me gêne un peu, car si affreux que soient tous ces crimes, l'inceste était considéré comme pire encore à cette époque. J'ai également été très étonnée de voir que dans le roman, Richard est un vrai con, une petite brute qui ne vaut guère mieux qu'Alfred ! La série a accentué le côté "clan des gentils". J'avais été très étonnée dans la série d'apprendre que Remigius était "sodomite" (homosexuel, tout simplement, mais le mot n'existait pas à l'époque), et que c'était ainsi que le tenait Waleran. Pas de ça dans le livre, juste un repentir sincère quand il tombe au plus bas. Bon. La fin de Waleran est également très différente : il tombe du haut de la cathédrale, selon la prédiction d'Ellen, au lieu de finir misérable mais repenti. Fin de spoil. En dehors de ça, j'ai vraiment trouvé cette série excellente, j'ai d'ailleurs bien envie de la revoir très bientôt (même si je n'aurai jamais le temps).
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Series/AlienaJackthepillarsoftheearthtv17126540495350.jpg[Aliena et Jack.]

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[Aliena et Richard.]

Si cette histoire vous intéresse, je vous conseille d'abord le livre et ensuite la série, car les 1000 pages ont été un peu dures, vu que je n'avais pas la surprise des évènements. Si les 1000 pages vous rebutent, ou que vous n'aimez pas trop ce genre de lecture, je vous recommande quand même très chaudement la série, qui saura tout de même plaire je pense. Je le disais tout à l'heure, la "suite" des Piliers (qui se passe en fait deux cents ans plus tard aux mêmes endroits) m'intéresse, mais pas pour tout de suite, 1200 pages c'est vraiment beaucoup là tout de suite. 

Lundi 25 juin 2012 à 8:56

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Article programmé pour vous parler du dernier livre que j'ai terminé : Histoire du Japon et des Japonais tome 1 : Des origines à 1945 de Edwin O. Reischauer. Tout d'abord, je précise que l'auteur, aujourd'hui décédé, était historien du Japon, un vrai spécialiste, de ceux devant lesquels on peut éventuellement se prosterner. Je ne me permettrai donc pas de suggérer qu'il aurait commis une erreur dans son livre, et je n'ai d'ailleurs décelé aucune fausse note, aucune contradiction tout au long de l'ouvrage.

Sur le livre lui-même, eh bien l'éditeur français a décidé de faire deux tomes, ce qui n'est pas très malin, déjà parce que ça coûte plus cher pour le lecteur, mais surtout parce que ça coupe la réflexion. L'auteur a construit son ouvrage comme une synthèse permettant d'expliquer la situation au Japon actuellement (enfin jusqu'aux années 1990) avec l'éclairage du passé. Le livre se veut synthétique et aisé à comprendre, accessible à toute personne souhaitant se renseigner sur l'histoire de ce pays, très mal connue en dehors de ses frontières. Couper le raisonnement en plein milieu est donc un très mauvais choix de la part de l'éditeur. De plus, la chronologie et l'index ne se trouvent que dans le tome 2. Pas très pratique... Ces défauts néanmoins ne sont attribuables qu'à la version française.

Malheureusement, j'ai aussi quelques critiques négatives sur le fond. Je comprends et salue l'objectif : synthétiser et rendre accessible. Mais ça a été poussé trop loin. Les périodes qui m'intéressent le plus (avant le XIXème, en l'occurrence avant l'ère Meiji) ne sont vraiment que survolées. Je connaissais plus ou moins la plupart des personnes mentionnées, et assez peu les évènements. Pour quelqu'un qui n'y connait rien du tout, je pense que ça devient rapidement ennuyeux. On peut s'y perdre un peu, et surtout c'est tellement résumé, qu'en fait il faudrait tout retenir, alors que lorsqu'on a des livres plus développés, on retient des éléments de-ci de-là et on garde une idée globale. Là je ne sais pas si je vais me souvenir de grand chose... 250 pages, c'est vraiment très, très court pour traiter deux millénaires ! Deux cents, trois cents pages de plus auraient permis d'approfondir sans se perdre dans les détails et de m'intéresser davantage.

Bon, les points positifs c'est que c'est réellement accessible, et que c'est une bonne synthèse. Le fil conducteur est clair grâce à la préface de l'auteur, qui explique bien son but. C'est un bon livre pour résumer l'histoire du Japon, et même si je n'y ai jeté qu'un œil, je pense que la chronologie du tome 2 peut être très utile quand on cherche simplement un petit renseignement. Les chapitres sont divisés en paragraphes dont les titres indiquent le thème qui sera traité. Il est donc facile de retourner lire juste quelques pages sur un sujet précis. C'est agréable à lire, fluide, le ton n'est pas du tout doctrinal ou universitaire.

En bref, ce n'est pas ce que j'espérais. Il faut vraiment que je prenne l'habitude, quand je mets un livre dans ma wish-list, de vérifier le nombre de pages ! Il me reste le deuxième à lire, mais j'avoue qu'il m'intéresse nettement moins... D'un côté, il sera plus détaillé et c'est ce que je veux, mais de l'autre c'est sur la période contemporaine, et bon, ça m'intéresse nettement moins. Wait & see !

Cette lecture est comprise dans le challenge littéraire de Noël 2011 !


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Mercredi 13 juin 2012 à 11:25

EDIT : livre choisi pour le club de lecture Alille.com de septembre 2012 !

Alors... Déjà, il faut savoir, même si ce n'est pas vraiment intéressant, que j'ai offert ce livre à mon beau-père je ne sais plus quand. À son anniversaire l'année dernière je crois. J'avais été méga-emballée par la quatrième de couverture et je crois que j'étais justement en train de lire Les femmes du Roi-Soleil de Simone Bertière, où de nombreuses pages sont consacrées à la Montespan. Je ne l'avais pas aimée du tout, et je me disais donc que cet autre point de vue, à davantage nuancer quand même car Jean Teulé est écrivain, pas historien, serait intéressant.  Par la suite j'ai entendu de tout sur Teulé. Beaucoup de gens ne l'aiment pas. J'ai aussi beaucoup lu que tous ses romans ne se valent pas. On encense souvent Le Magasin des Suicides (que j'ai offert à mon beau-père pour son anniversaire de cette année...) et j'ai vu peu de bons avis sur Charly 9. Par contre, la chef du club de lecture nous a dit beaucoup de bien de Je, François Villon (et pas Fillon donc). Ma mère a acheté Charly 9 à sa sortie car elle avait bien aimé Le Montespan. Une fois qu'ils eurent tous les deux lu les deux Teulé qu'ils avaient (Le Magasin des Suicides vient à peine d'arriver dans leur bibliothèque), je les ai piqué, et depuis ils sommeillaient dans ma bibliothèque. Je les ai mis dans ma PAL prioritaire, parce que bon, même si ce sont mes parents, je leur ai kidnappé ces livres depuis bien six mois.

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J'appréhendais beaucoup cette lecture. La première rencontre avec un auteur est toujours délicate, surtout quand il est si controversé ! Je voulais me faire mon propre avis, voilà qui est fait. Petit résumé quand même : en 1663, Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, tombe fou amoureux de Françoise de Rochechouart de Mortemart. Ils se marient, mais dès 1667 elle est introduite à la cour et bien vite elle parvient à ce que louis XIV délaisse Louise de La Vallière à son profit. Tout homme aurait été heureux de voir le roi jeter son dévolu sur son épouse, car cela augurait richesse et prospérité pour sa famille. Mais voilà, Louis-Henri ne l'entendait pas de cette oreille-là. Lui il aimait sa femme, et il la voulait pour lui seule, et faisait fi des désirs des autres, quand bien même cet autre serait le roi ! Mais s'opposer au Roi-Soleil n'est pas sans conséquence.

Sur l'histoire en elle-même, je ne pense pas que tout soit authentique. Je n'en suis pas certaine car je n'ai jamais lu d'ouvrage sur la vie du marquis. Néanmoins, le tout reste très plausible, et que les choses se soient passées ainsi ne m'étonnerait pas. Il n'y a qu'un passage, vers la fin, que j'ai trouvé assez osé. Je vous explique : la marquise de Montespan, qui se faisait appeler Athénaïs pour coller avec la mode romaine de la cour, était réputée pour être fascinée par tout ce qui touche à la sorcellerie. Elle a été impliquée dans l'affaire des Poisons qui mit en émoi tout paris et Versailles, mais sa culpabilité, il me semble, ne fut jamais prouvée. Les éventuelles preuves ont disparu sur ordre exprès de Louis XIV si je me souviens bien. Il est très probable qu'elle ait pris des "potions" pour rester jeune et belle, mais de là à avoir éliminer certaines de ses rivales (comme Mademoiselle de Fontanges je crois), il y a un grand pas que beaucoup d'historiens se refusent à franchir. L'insinuation est plus que forte dans le roman. Mais ce qui m'a choquée, c'est que Jean Teulé semble souscrire à une extrémité plus grave : les messes noires, faites de sacrifices humains et de paroles sataniques. Madame de Montespan aurait fait sacrifié un bébé par égorgement pour garder les faveurs du roi. Ça me semble trop, beaucoup trop. Bon, en tout cas ça n'a pas marché, car Louis XIV finit bel et ben par la jeter.
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Personnages/FrancoisAthenaisdeRochechouart.jpg[Françoise dite Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan. Je ne l'aime pas, de toute façon. J'ai assez lu sur elle pour m'être fait une bonne idée de qui elle était.]

Le personnage du marquis m'a touchée, et j'ai détesté, encore plus qu'avant, son épouse. Voir un mari si amoureux, si fidèle, qui refuse de croire à la méchanceté de sa femme pendant de si longues années, qui a fait mettre des bois de cerf sur ses armoiries, sur son carrosse, à l'entrée de son château, pour signifier ses cornes de cocu ! On sent bien son bonheur au début du livre. Il fait tout pour plaire à son épouse, il part en campagne au risque de sa vie, espérant un peu de gloire à la guerre pour gagner de l'argent et lui donner une vie "digne d'elle". J'ai aussi beaucoup aimé sa fille, Marie-Christine, qui lui ressemblait. Elle aussi adorait sa mère, et elle mourut de chagrin de se comprendre abandonnée, selon l'auteur. Car si la Montespan s'occupa beaucoup de tous ses petits bâtards (elle en eut sept quand même), elle ne fit pas de même avec ses deux enfants légitimes. Leur fils, le marquis d'Antin, m'a été en revanche insupportable. Selon Teulé, il ressemblait à sa mère. Froid et calculateur, il méprisait son père et lui manquait de respect. L'auteur puni madame de Montespan en disant que tous ses bâtards étaient difformes ou débiles. J'ai jeté un coup d'œil sur Wikipédia, je ne vois pas de ça... Remarque, elle l'aurait pas volé.
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Personnages/MarquisdAntin.jpg [Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin, marquis d'Antin, de Gondrin et de Montespan, puis 1er duc d'Antin. Je me demande s'il était vraiment tel que décrit dans le roman... À creuser.]

Le contexte historique en lui-même n'est pas trop mal respecté je pense, en tout cas je me suis assez sentie au XVIIème siècle, côté mauvais versant. Le marquis étant pauvre, il ne vivait pas dans de très bonnes conditions, et notamment d'hygiène. Et c'est vrai que Jean Teulé aime à verser de temps à autres dans les descriptions un peu "hard". Le passage de la pièce de théâtre Amphytrion était assez peu ragoûtant par exemple. Certaines scènes sexuelles sont également un peu trop explicitées. Bref, ce n'est pas une lecture pour les enfants ou pour les gens trop sensibles. Je n'ai pas encore été trop choquée, et je crois qu'il a fait pire, notamment dans Je, François Villon. Ça ne m'a pas déplu pour une fois que la vérité crue soit montrée sur cette époque, car souvent les auteurs de romans historiques ont tendance à embellir l'époque dont ils traitent (ce reproche est souvent fait à Jeanne Bourin par exemple). Les derniers chapitres sont bien tristes je trouve.
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Personnages/LouisHenridePardaillandeGondrinbyNicolasdeLargilliere-copie-1.jpg [ Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan. Lui aussi il faudrait que je sois mieux renseignée, mais je pense que dans l'ensemble ce doit être ça.]

Pour résumer, je dirais que oui, j'ai beaucoup aimé. C'est une très bonne idée d'avoir traité du Montespan, et pas de la. Je regrette que l'exactitude historique ne soit pas une priorité de Jean Teulé, qui préfère la fiction, mais ça ne m'empêchera pas de lire d'autres de ses romans. À suivre donc !

Jeudi 7 juin 2012 à 12:57

Pour les fans de Jane Austen, Arte fait un cycle Jane Austen au moins de juin. Allez voir ici pour les dates. Ce soir, diffusion des deux premiers épisodes de Orgueil et préjugés de la BBC, avec Colin Firth donc.

Aujourd'hui, je vais vous parler du livre que j'ai fini hier soir. En temps normal j'aurais été très enthousiaste tout ça, mais là je ne suis pas au top, donc essayez de ne pas mettre ça en rapport avec le livre, parce qu'il était vraiment pas mal. Résumé (Livr@ddict) : "Paris, décembre 1642, le commissaire de police du quartier de Saint-Avoye a été assassiné dans une pièce entièrement close. Louis Fronsac, jeune notaire audacieux, mène l'enquête avec son ami de toujours, Gaston de Tilly, que l'on vient de nommer commissaire à Saint-Germain-l'Auxerrois. Au même moment, autour de la duchesse de Rambouillet, de Marie de Robutin-Chantal et du prince de Marcillac, s'agitent les Importants. Cherchent-ils simplement à influencer la régente Anne d'Autriche, et sont-ils responsables de la mort du roi ? Alors que Louis Fronsac recherche autant la vérité que l'aide du jeune duc d'Enghien qui tente d'arrêter les troupes espagnoles, le duc de Beaufort et sa maîtresse, Mme de Montbazon, trament leur criminelle conspiration. Et si la cabale des Importants n'était qu'une intrigue de façade pour tenter d'assassiner le Sicilien Mazarini ?"

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Le résumé m'effrayait, ça m'avait l'air bien prise de tête. Il m'a été prêté par les parents de mon chéri, et je leur en voulais un peu de ne pas avoir commencé par le premier dans l'ordre chronologique. En effet, celui-là est le troisième roman qui suit les aventures de Louis Fronsac. À plusieurs reprises, une petite note de bas de page m'a indiqué que les évènements auxquels faisaient référence les personnages s'étaient produits dans un roman précédent. Bon. Mais en soi, on n'en a pas besoin pour suivre l'intrigue, donc j'ai pu m'en délecter tout de même. J'avais déjà lu un roman historique de Jean d'Aillon, Les Rapines du duc de Guise, qui se passait pendant les guerres de religion, au XVIème siècle. J'avais apprécié le souci du détail historique, mais l'intrigue ne m'avait pas plu (des histoires de détournement des impôts), je n'avais pas accroché aux personnages, et il y avait beaucoup de longueurs. Là, dans La conjuration des Importants, rien de tout ça ! J'ai vraiment bien aimé Louis Fronsac et son entourage. Ça m'a fait rire qu'il soit notaire, comme son père, même si on le voit peu exercer ce métier puisqu'il est devenu chevalier. L'intrigue m'a plu, et même si elle détourne un peu l'Histoire (Louis XIII aurait été assassiné et ne serait pas mort de maladie), c'est justifié par les personnages du livre, qui cachent ça au grand public, ça reste un secret d'État. Plus encore que dans Les Rapines, les recherches historiques m'ont semblé très fouillées et permettent d'avoir un roman historique de grande qualité. De temps à autres, l'auteur fait une pause dans le récit pour nous décrire plus particulièrement tel personnage important, ou nous expliquer telle situation pas forcément connue de nous. Il fait bien, car je me suis aperçue que je connais peu cette période ! En plus d'avoir fait une lecture divertissante, j'aurai donc appris des choses ! Et j'ai beaucoup apprécié de croiser Jean-Baptiste Poquelin (Molière !) et Charles de Baatz (D'Artagnan !). Il y avait également des petites touches d'humour qui égayaient l'histoire et que j'ai beaucoup appréciées. Mon seul gros regret est, comme je l'avais déjà noté avec ma précédente lecture de Jean d'Aillon, la faiblesse de son écriture. Son style n'est pas bon, et j'avoue que sur certaines phrases ça se sent beaucoup et ça m'embête. Mais j'ai pu passer outre parce que le livre possédait d'autres qualités. Je lirais bien les autres romans ayant pour héros louis Fronsac, ça faite encore des livres à mettre dans ma wishlist ça, ou à emprunter aux beaux-parents...

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Jeudi 31 mai 2012 à 13:19

J'ai terminé de réviser Histoire de la Justice. Si je rate cette épreuve-là, je me sentirai vraiment nulle, car c'est ma préférée. Je repars dans le civil, en espérant réussir à limiter les dégâts. Avant de vous parler du sujet de l'article, je vous relance sur le concours, en vous exposant mes idées. Le but serait de vous faire découvrir quelque chose que j'aime. J'hésite donc entre plusieurs thèmes. Ceux qui me sont venus pour le moment sont : Sissi, Daphné du Maurier, la collection La lettre et la plume. Le concours consistera à répondre à quelques questions (vous m'enverrez vos réponses par mail). Comme il vous faut me donner les bonnes réponses, vous aurez le droit d'aller les chercher sur internet. Ainsi vous apprendrez des choses (et moi aussi), et seront éliminés les paresseux et les non-intéressés. Comme je souhaite également faire gagner des gens que je connais un minimum, je vous demanderai de me dire ce que vous appréciez du blog dans votre mail. Je tirerai ensuite au sort parmi les participants qui m'auront donné les bonnes réponses. En remerciement pour les gens qui me suivent sur FB, ils auront une chance supplémentaire de gagner. Mon but n'étant pas de gagner 20 likes d'un coup, je ne vous imposerai pas de partager ma page ou le concours. Et sera à gagner un livre en rapport avec le thème finalement choisi. Si je retiens la lettre et la plume, vous pourrez choisir n'importe lequel des titres de cette collection disponible en vente sur Amazon par Amazon. Pour Daphné du Maurier, n'importe lequel de ses romans, pareil sur Amazon. Et pour Sissi, ce serait la biographie de Jean des Cars sur elle ou celle qui porte sur son fils, du même historien. Alors, qu'en pensez-vous ?

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Mardi soir, il y avait un nouveau Secret d'Histoire sur France 2 : Elizabeth II, dans l'intimité du règne. Peut-être vous avais-je déjà dit à quel point j'aime cette émission. L'article est mis dans la catégorie histoire, même si ce n'est pas un livre, parce que je ne me voyais pas la mettre dans les séries... Je n'apprécie pas particulièrement Stéphane Berne, mais j'admire ses connaissances. Je ne suis jamais l'actualité people, le gotha, je m'en fiche. J'aime cette émission parce qu'elle est bien documentée (je n'ai jamais entendu dire qu'une bêtise y avait été dite), on y découvre des lieux historiques magnifiques qu'on ne peut pas forcément visiter, on apprend des choses. Le format des premières émissions me plaisait beaucoup, il y avait un débat avec des invités récurrents et des spécialistes du sujet invités pour l'occasion. C'est de là que je connais Philippe Charlier, et je l'adore ! Il est passé dans le Nord récemment, et j'aurais voulu aller le voir, mais c'était un week-end d'élections, et je suis rentrée en Picardie. La plupart des sujets choisis pour l'émission sont passionnants. Certains me tentent moins, je ne les ai pas encore vus (comme celui sur Judas par exemple). J'espère qu'il y en aura de nouveaux cet été. Il y a certaines périodes ou certains personnages que je connais bien, et parfois je ne suis pas d'accord avec certains historiens ou historiennes. Mais j'ai aussi eu le bonheur de voir intervenir mon Jean des Cars adoré (auteur d'une fantastique biographie de Sissi donc) ou encore Simone Bertière, que j'admire profondément comme vous le savez peut-être.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Series/AngleterreKingGeorgeVIcoronation.jpg[Le roi George VI le jour de son couronnement, au balcon de Buckingham Palace si je ne me trompe pas. Devant lui sa fille Margaret-Rose, à côté la future Elizabeth II et leur mère Elizabeth.]

Normalement, l'émission porte sur des personnages décédés depuis un certain temps. Mais là, comme le dit Stéphane Berne, on ne peut pas nier qu'Elizabeth II appartient déjà à l'Histoire. Rendez-vous compte ! La Seconde Guerre Mondiale, elle l'a vécu. Avec son père, elle a soutenu le peuple britannique, et à la fin de la guerre elle a même travaillé dans l'armée, en tant que mécanicienne. Elle a vu passer je ne sais combien de premiers ministres britanniques, et tous les présidents français depuis la IVème République. C'est peut-être la femme la plus connue au monde, et l'une des plus influentes, alors qu'au sens strict, son pouvoir politique est nul. Cette année, elle fête son jubilé de diamant : ça fait 60 ans qu'elle règne. C'est le premier secret d'histoire qui me tire une larme. Si si. Déjà parce que l'histoire de son papa, George VI (voyez l'excellent The King's Speech avec notre homme à tous, Colin Firth, dont certains passages ont été intégrés dans l'émission), me touche profondément. Leur famille était très proche. Elizabeth adorait son père, et elle n'était pas en Grande-Bretagne quand il est décédé. Le mariage d'amour entre Elizabeth et Philippe est également magnifique. 65 ans de mariage ! Par contre tout le truc de Lady Di me laisse de marbre. Et je suis un peu perturbée parce que comme le disent quelques personnes de mon entourage, ma mère lui ressemble effectivement un peu ! Les musiques accompagnant les émissions nous on fait rire. Elles sont souvent tirées de films que l'on connait bien. Cette fois, il y a bien sûr eu la musique de The King's Speech, de The Duchess mais aussi du Seigneur des Anneaux ! Bref, encore une magnifique émission.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Series/443128835coronationpa416.jpg[Elizabeth II lors de son propre couronnement, avec son époux Philippe de Grèce.]

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