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Qu'il est bon d'être futile !

Vendredi 16 août 2013 à 12:38

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N’étant pas particulièrement passionnée par les deux lectures que j’avais en cours, j’ai attrapé dans ma bibliothèque ce recueil publié à la suite d’un concours de nouvelles organisé par les Festivals en Pays de Sarthe ayant pour thème « 2012, fin de monde… » Ce recueil m’a gentiment été envoyé il y a maintenant de nombreux mois par Anthelme Hauchecorne, qui faisait partie des lauréats de ce concours. Encore merci à lui ! Le thème apocalyptique n’est pas l’un de mes favoris, et en fait j’ai vu et lu peu de choses à ce sujet, c’était une bonne occasion de me rattraper !
 
Il y a neuf nouvelles « adultes » et trois nouvelles « adolescentes », rapport à l’âge de leurs auteurs. J’ai trouvé de tout dans ce recueil, du très bon voire de l’excellent et du tout juste passable ou même du médiocre… Il est dommage que les quelques fautes et coquilles n’aient pas été corrigées avant l’envoi à l’imprimeur, mais je dois admettre qu’il y en a peu. Globalement, c’est un recueil sympathique et surtout qui a le mérite d’exister, car ce n’est pas tous les jours qu’on propose de publier les vainqueurs. J’ai passé un bon moment avec ces courts textes (je me demande d’ailleurs s’il y avait un nombre de pages limitées, car tous les textes font à peu près la même longueur) et comme j’imagine qu’ils ne se trouvent pas facilement, je suis d’accord pour le prêter. Comme d’habitude, je vais parler des nouvelles une par une.
 
L’homme qui voulait voler comme un papillon, de Sylvain Boïdo : La nouvelle qui ouvre le recueil est importante, elle « donne le ton ». Celle-ci porte bien son titre. Il s’agit d’un professeur à la retraire qui a tourné inventeur et qui, le 21 décembre 2012, souhaite tester son invention. Cette nouvelle comporte bien une chute, mais je l’ai trouvée mal amenée, peu probable et sans rapport avec le reste du texte. Un très mauvais début, en somme…
 
21 décembre 2012, de Marie-Christine Quentin : Pour Alban et Laura, la fin du monde est en marche, prédiction maya ou non. Mais si la fin du monde n’était pas celle qu’on croyait ? J’ai beaucoup aimé cette nouvelle, tendre et émouvante, à la chute bien trouvée. Elle aurait mérité de plus amples développements, des explications sur tout ce qu’implique cette « fin du monde ». Ça ferait une bonne novella !
 
Le hangar, de Jacques Thomassaint : Un homme aménage un hangar en bunker depuis des mois. Craint-il la fin du monde ? J’ai adoré cette nouvelle, je pense que c’est ma préférée du recueil. Ce serait en effet tout simplement horrible, peut-être la pire des fins de monde ! L’idée est tout simplement excellente, et je ne peux pas vous la révéler, ça gâcherait tout. Comme l’histoire précédente, elle mériterait d’être développée, allongée, en faisant monter le suspens, et avec bien plus de détails.
 
L’arche, de David Carton : Un scientifique travaille depuis des mois sur un virus dont il a constaté l’inquiétante propagation. Malgré tout, ses recherches doivent s’arrêter, on refuse de publier son article et il n’a plus de moyens financiers. Cette nouvelle-ci était très bonne également, un renversement inattendu, très bien pensé et très dur. Là, je verrais carrément bien ça en roman !
 
No future, ou l’Apocalypse selon Johnny Rotten, d’Anthelme Hauchecorne : On suit ici le dernier témoignage d’un punk anglais qui a assisté à la fin du monde. Même s’il n’y avait pas le nom de l’auteur en tête de nouvelle, j’aurais reconnu le style ! On n’y va pas par quatre chemins, pas d’embellissement, c’est dur et réaliste, limite trash, et toujours avec cette plume incisive qui choquerait mémé. La nouvelle est bourrée de références anglo-saxonne et finit sur une note qui sonne comme une claque mise à la société. Bref, une nouvelle maîtrisée qui se suffit à elle-même.
 
Déferlante inhumaine, de Christian Perrot : Au matin de Noël, le commissaire Nicolas Creuse est appelé sur une scène de crime particulièrement horrible. Alors qu’il cherche à comprendre, des crimes identiques se multiplient… J’ai bien aimé celle-là, mais sans plus, la solution qui conduit à la fin du monde est un peu too much quand même.

Faim de monde, de Corine Humeau : Mais qu'est-ce donc que cette créature appelée Florent, qui ne pense qu'à tout dévorer, affamé du monde ? Cette nouvelle, très courte, est aussi très mignonne est bien menée, je me demandais vraiment de quoi il s'agissait. C'est bien tourné et je pense qu'effectivement, vivre cela doit s'apparenter à une fin de monde !
 
Les somnolentes, de Philippe Bendon : La fin du monde a commencé dans la nuit du 30 juin au 1er juillet, et le monde s’en est aperçu au réveil, quand des femmes par milliers sont descendues dans les rues en hurlant. L’idée ici était très chouette, mais elle est mal exploitée, et aucune explication n’est donnée, ce qui laisse sur une impression d’inachevé, de bâclé. C’est dommage.
 
La fin, d’Aurore Crosta : Pour Zoé, la fin de son monde est en marche le jour où elle apprend qu’elle est positive au VIH. L’idée est à saluer, car les personnes « saines » ne comprennent pas forcément que lorsqu’on apprend qu’on est atteint d’une maladie grave, c’est une fin de monde en soi. Toutefois, je n’ai pas trouvé la nouvelle bien menée, et je me suis plutôt ennuyée. La syntaxe était assez approximative, ce qui a gêné ma lecture.
 
Bouquet final, de Charlotte Bonhomme : La fin du monde est toute proche pour les survivants d’un village terrés dans un hangar. J’ai trouvé cette nouvelle sympathique et très encourageante. C’est plutôt bien écrit, et il y a de l’idée, même si ça aurait pu être mieux tourné.
 
Fin d’un monde pour Elli, d’Alycia Rouet, Annaelle Froger, Margaux Kankarini et Elise Jedynak : Elli, jeune collégien wesh-wesh se trouve embarqué de force dans un projet qui ne lui plaît pas du tout. Là aussi, je comprends bien l’idée, l’intention, qui est tout à fait louable. Mais c’est mal écrit (je comprends le choix du style mais ne l’approuve pas du tout), et la façon dont c’est présenté rend l’histoire très peu probable, et personnellement je n’y ai pas cru une seconde, c’est dommage.
 
Journal d’un égaré, de Jean-François Tetu, Julien Guerriau, Adrien Cormier, Samule Papin et Luc Legeais : Un changement important dans le monde est vécu par le ressenti d’un adolescent, qui va penser y trouver sa voie, mais n’aura en fin de compte que sa propre fin du monde. C’était pas mal, mais un peu fouillis. Avec une meilleure construction, et peut-être plus de développements (mais là encore peut-être n’y avait-il pas le choix), ça aurait pu donner quelque chose de vraiment bien.
 

Dimanche 11 août 2013 à 12:10

En cherchant je ne sais plus quoi sur Amazon, je suis tombée sur des nouvelles en numérique, à petits prix (forcément, quand le texte fait vingt pages), et notamment sur Le Loup de Fairview, de Chloé Boffy. J’aime les contes, leurs adaptations et réécritures, et en voyant que la nouvelle était sous-titrée Grimm Tales, je n’ai pas résisté. Même si ça fait cher au nombre de pages, je trouve ça sympa de pouvoir découvrir des petits auteurs de cette façon. Voulant lire autre chose que mes deux lectures en cours, j’ai choisi cette nouvelle sur la liseuse.
 
Résumé : “Qui est cet homme mystérieux arrivé un jour à la résidence “Fairview” et dont tout le monde semble se méfier ? Quel terrible secret cache-t-il ? C’est ce que la jeune Scarlett va découvrir… à ses risques et périls. Avec “Le loup de Fairview”, l’auteur revisite de façon moderne le conte du Petit Chaperon Rouge.”
 
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Cette histoire nous emmène à Beverly Hills, où Scarlett, seule étudiante boursière d’une école privée très chic, doit faire un petit boulot pour suivre un peu les sorties de ses amis plus riches. Elle livre chaque midi les repas à quelques personnes âgées qui vivent dans la résidence Fairview. Scarlett aime bien ce job, car la plupart des locataires sont d’adorables petits vieux qui lui vouent beaucoup d’affection, sauf Madame Wolf, dont le fils tout aussi peu agréable vient lui rendre visite.
 
C’était une lecture agréable, sans grande prétention mais qui divertit. Chloé Boffy écrit simplement, sans prise de tête, mais pas non plus d’une manière simpliste (ce qui m’aurait énervée). Malgré le nombre réduit de pages, on s’attache rapidement à Scarlett. En quelques mots, son portrait et son univers sont dressés, et c’est parti pour l’intrigue. Sa résolution n’est pas extraordinaire, mais j’ai aimé tous les jeux autour du conte des frères Grimm. Au lieu d’être une petite fille qui apporte une galette à sa grand-mère, c’est une lycéenne qui a besoin d’argent de poche qui livre des plats préparés à des retraités. Au lieu du loup, c’est l’homme sombre, effrayant, aux yeux un peu fous, qui fiche les jetons à Scarlett. Et rien que ce prénom est un clin d’œil très sympathique. La transposition était bien organisée.
 
Apparemment cette nouvelle est parue en juin de cette année, j’espère donc que d’autres contes revisités suivront ! Ça me fait penser qu’il faut toujours que je me mette sérieusement à Once Upon A Time, histoire de vraiment voir si j’aime ou pas.

 
"Ouvrant la sacoche fixée à l’arrière [de son vélo], Scarlett en sortit une pile d’une demi-douzaine de boîtes en plastique, contenant les repas qu’elle venait apporter chaque midi, entre deux cours. Elle aimait bien ce petit job d’appoint qui lui rapportait un peu d’argent de poche, pour s’acheter des vêtements et sortir s’amuser avec ses amis plus gâtés qu’elle."


"[…] elle vit un homme dans la trentaine, tirant une valise derrière lui, s’engouffrer dans l’appartement de la veuve Wolf. Il était grand, avec des épaules très carrées. Ses cheveux noirs, un peu trop longs, retombaient sur ses épaules."
 
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Lundi 15 juillet 2013 à 18:48

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J’ai vraiment beaucoup aimé les deux premiers tomes du Cycle des âmes déchues de Stéphane Soutoul. L’écriture soignée et le genre roman fantastique et un peu gothique m’a complètement séduite. De ce fait, j’ai moins réussi à apprécier le premier tome des Anges d’Apocalypse, résolument plus urban fantasy et écrit avec un ton plus franc. J’avais donc besoin de renouer avec ce que j’aime le plus chez cet auteur adorable. Je pensais tout simplement lire le dernier tome du Cycle, mais samedi matin, en allant donner mon sang, j’avais pris ma liseuse et je me suis souvenu avoir acheté il y a quelques mois Confessions nocturnes, une nouvelle qu’il avait écrite pour l’Anthologie Or et Sang, parue aux éditions du Petit Caveau. Je l’ai bien entamée pendant que mon sang s’écoulait (si ça le fait pas ça franchement ??) et l’ai terminée pendant que je me reposais avant le déjeuner (donner son sang quand il fait chaud, c’est plus difficile pour récupérer que dans d’autres circonstances). Et bah moi j’vous l’dis, si toutes les nouvelles de ce recueil sont de cette qualité, il me le faut, et en version papier siouplaît !
 
Stéphane Soutoul nous emmène auprès d’Amélia, une horticultrice de vingt-huit ans qui loge pour quelques temps dans un lieu un peu à l’écart du monde. En effet, elle a accepté de travailler à la remise en état des jardins d’un château dans le Pays de la Loire, situé sur un domaine à l’abandon depuis des décennies. Alors que l’envie la prenait de coucher ses pensées sur son journal tout neuf, elle décide plutôt de profiter de la belle nuit d’été avec une promenade. Au hasard du parc à l’abandon, elle découvre des roses magnifiques, d’une variété qui lui est inconnue, à elle la spécialiste des fleurs. Les roses ont des pétales d’or...
 
J’ai retrouvé avec un immense plaisir la plume délicate de Stéphane Soutoul. L’ambiance de cette nouvelle est douce-amère, empreinte de tristesse mais aussi d’un sentiment plus difficile à définir, mêlé de la passion pour les jardins que l’on ressent à travers l’héroïne, de l’excitation et de la peur à l’idée d’aller se balader seule en pleine nuit. On est doucement conduit avec Amélia dans les méandres anciens de l’histoire de ce château. L’intrigue introduit des éléments originaux dans une trame plutôt classique, et sans nous surprendre, procure beaucoup de plaisir à la lecture et nous laisse avec un agréable souvenir. C’est une nouvelle que j’ai vraiment appréciée, et j’ai hâte de découvrir les autres textes qu’a pu écrire Stéphane Soutoul sous ce format. J’ai déjà Troubles songes à la maison, et j’aimerais trouver Chimères d’albâtre. Je suis également très curieuse de lire les autres nouvelles de l’Anthologie Or et Sang, il faudra que je me renseigne à ce sujet !
 

Lundi 8 juillet 2013 à 18:46

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Vous savez, mon stage se passe vraiment bien. J’ai eu beaucoup de chance sur ce coup-là (et sur d’autres aussi récemment, ce qui équilibre bien les choses, j’alterne les grandes joies et les gros pleurs en ce moment). L’une des choses merveilleuses dans ce stage, ce sont les gens. Vendredi, j’ai dû dire au revoir à une collègue qui partait en vacances, et ne reviendrait qu’après mon départ. J’en étais toute émotionnée. Le monsieur qui est chargé de la conduite de mon stage est particulièrement sympathique, et on discute beaucoup livres/cinéma/séries/musique… Il m’a parlé d’une pièce de Jean Giraudoux, Ondine, qui était très importante pour lui, et comme je ne connaissais pas, il me l’a prêtée et c’est ce que j’ai lu ce week-end.
 
Ondine est une pièce féerique, une sorte de conte inspiré du folklore germanique et scandinave. Il raconte l’histoire d’une ondine, espèce de génie des eaux, qui quitte les siens pour un homme. Le roi des ondins, certain que l’humain va la trahir, lui propose un pacte, qu’elle accepte. Pour sa pièce, Giraudoux s’est inspiré du conte écrit par Friedrich de La Motte-Fouqué au XIXème siècle. Dans sa version, Ondine a l’apparence d’une adolescente de quinze ans aux cheveux blonds, qui tombe amoureuse à la première vue d’un chevalier, Hans von Wittenstein zu Wittenstein. Celui-ci est déjà fiancé à la comtesse Bertha, fille adoptive du Roi, mais il tombe sous le charme d’Ondine qu’il prend pour une humaine malgré les avertissements des parents adoptifs de la jeune fille.
 
Heureusement que dans quasiment toutes les éditions de pièces de théâtre, il y a des explications, parce que sinon je serais passée à côté de beaucoup de choses je pense. J’ai été étonnée par le côté quasiment burlesque ou même absurde de certaines scènes. L’histoire est tout de même assez triste, proche au final de La Petite Sirène d’Andersen, et en même temps il y avait des passages complètement décalés (on se demande un petit peu comment ça tournait dans la tête du dramaturge…). Tant qu’on est sur ce qui m’a un peu surprise voire dérangée, j’ai aussi noté l’abandon d’Ondine à Hans, qui à certains moments me faisait l’effet d’une véritable soumission, d’inférioriser la femme par rapport à l’homme, et surtout l’épouse par rapport à l’époux. Alors oui, le propre de l’amour passionné est de s’oublier dans l’autre. Mais ce genre d’amour devient rapidement malsain, et dans cette pièce j’ai vraiment ressenti ça comme une volonté quasiment de s’avilir, du moins à certains moments (notamment au début). Est-ce que c’est juste moi, ou alors est-ce que c’est la traduction d’un état d’esprit encore bien présent dans la première moitié du XXème siècle, y compris chez le dramaturge, je l’ignore.
 
À côté de ça, il y a aussi des déclarations d’amour magnifique, d’un grand romantisme. Allié à la féerie de l’histoire (Ondine est tout de même un être magique, elle transforme l’étain en or, marche sur l’eau…), cela donne de très beaux passages. Il y a toute une opposition entre l’homme et la nature, la société civilisée et le monde nu des animaux et des ondins. J’ai lu que c’était un thème cher à Giraudoux, et en effet on le retrouve bien. On trouve aussi d’autres types d’opposition, entre deux personnages, comme Ondine et Bertha. Il y a des parallèles aussi, dans la narration et dans l’intrigue, et des sortes de « couplets » qui rythment le récit. On a aussi du théâtre dans le théâtre, la notion d’illusion, du temps et de l’âge…
 
Il y a un personnage que j’ai trouvé très intéressant mais qu’on voit peu : la reine Yseult (de nombreux noms sont des références ou des clins d’œil). Elle explique à Ondine la différence entre l’amour chez les hommes et l’amour chez les ondins.
 
C’est une belle pièce, mais je l’ai trouvée assez difficile à comprendre, car Giraudoux semble l’avoir écrite en grande partie pour des gens qu’il connaissait et qui saisiraient parfaitement toutes ses allusions. Je me doutais à la lecture qu’elle avait dû être excessivement difficile à monter, ce qui s’est confirmé dans les commentaires que j’ai lus après la pièce. À présent, je suis assez curieuse de lire d’autres textes sur « Ondine », celui de La Motte-Fouqué, mais aussi un conte de Grimm inspiré lui aussi du folklore. J’ai deux autres pièces de Giraudoux dans ma bibliothèque, La guerre de Troie n’aura pas lieu et Électre, que je lirai certainement un jour.
 
 
"C’est d’être tout ce qu’aime mon seigneur Hans, tout ce qu’il est. D’être ce qu’il a de plus beau et ce qu’il a de plus humble. Je serai tes souliers, mon mari, je serai ton souffle. Je sera le pommeau de ta selle. Je serai ce que tu pleures, ce que tu rêves… Ce que tu manges là, c’est moi." (Acte I, Scène 6)
 
"Je savais bien qu’il devait y avoir une raison pour être fille. La raison est que les hommes sont si beaux…" (Acte I, Scène 3)
 
"Depuis que je t’aime, ma solitude commence à deux pas de toi." (Acte I, Scène 9)
 

Mercredi 3 juillet 2013 à 21:21

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L’an dernier, j’ai commencé à m’intéresser de plus près aux petites maisons d’édition. J’ai eu quelques déconvenues qui m’ont pas mal freinée, mais heureusement de très belles découvertes m’ont aussi marquée. Quintessence hiémale, petit recueil de nouvelles écrit par Mathieu Guibé et Cécile Guillot, en faisait partie (j’espère toujours voir un jour la sortie d’une recueil avec toutes les saisons !). Aujourd’hui je reviens vous parler d’un autre recueil, de Mathieu Guibé seul : À un sanglot de moi, tu reposes.
 
Il est composé de douze nouvelles, de genres différents, toutes assez courtes, et avec un point commun : l’émotion et ses expressions. Je suis certaine qu’au moins une nouvelle de ce recueil pourra plaire à chaque lecteur, peu importe son genre littéraire de prédilection. Tout le monde peut être touché par la plume délicate de Mathieu Guibé, et par les sentiments qu’il décrit. Avec ces textes, on touche au cœur de l’homme. J’ai vraiment beaucoup aimé ce recueil, qui se lit rapidement mais laissera une trace durable. Evidemment, j’ai moins aimé certaines nouvelles ; mais d’autres m’ont vraiment touchée et me laisseront un magnifique souvenir. Ce sont de vraies nouvelles, où l’on trouve le développement de l’histoire, une révélation et un dénouement/chute. Dans la plupart des textes, c’est très réussi, et j’ai été surprise plus d’une fois.
 
Quelques petites remarques sur l’objet livre. Le recueil est édité par Lokomodo, maison que j’aime beaucoup car elle propose des titres d’auteurs peu connus à des prix très raisonnables (celui-ci ne coûte que 6€ !) et les couvertures sont soignées. Elles ne s’abîment pas extrêmement vite contrairement à d’autres (que je ne citerai pas). Il y a un confort de lecture certain avec un choix de caractères assez gros. J’ai remarqué peu de fautes et coquilles, et seulement quelques maladresses dans la mise en page. Pour moi, c’est un joli livre, que je suis bien contente d’avoir dans ma bibliothèque !
 
Dans l’ombre d’un géant (publiée dans Germi-iN-es[sens]ce, précédent recueil de l’auteur) nous plonge dans un univers musical réaliste et contemporain moins propre à me toucher que d’autres (j’ai une très mauvaise ouïe et suis bien incapable d’analyser un morceau de musique). On s’attend à une vague histoire de groupe genre boys band, et finalement la nouvelle prend une seconde direction, qui me parle déjà plus. Néanmoins, c’est l’une des nouvelles que j’ai le moins aimé. Mais je suis certaine que ça plaira à d’autres lecteurs !
 
J’avais déjà lu La princesse des neiges puisqu’elle est tirée de Quintessence hiémale, et je l’avais adorée. La relecture m’a confirmé cette première impression ! On est ici dans un domaine plutôt fantasy et tout en poésie, avec de jolies descriptions et font rêver et voyager. J’aime beaucoup la fin, très belle et pleine d’espoir.
L’ennemi dans la glace est l’une de celles que j’ai préféré. Elle est tirée de Germi-iN-es[sens]ce. On y découvre une femme, actrice, observée à travers une fenêtre alors qu’elle se démaquille devant son miroir avant d’aller se coucher. La nouvelle alterne deux points de vue, ce qui rend le récit intéressant et dynamique. Mathieu Guibé joue ici efficacement avec un mythe et nous offre une fin surprenante (dans le sens où je ne m’y attendais pas) et pourtant très logique. Le petit jeu de mot sur lequel on termine m’a bien plu !
 
La nouvelle Le bug humain (Germi-iN-es[sens]ce) ne m’a pas beaucoup plu, mais c’était sûr vu le sujet. On est dans de la SF, pas avec des robots mais presque, dans le futur, des questions d’informatique et de neurologie et dans une ambiance un peu Big Brother (je n’ai pas aimé 1984). Derrière l’histoire, ce sont des questions éthiques qui se posent, et qui ne sont pas inintéressantes, seulement je n’ai pas pu m’attacher au destin du personnage qu’on suit. Néanmoins je dois dire que c’est bien construit, avec différents types de narration et un style qui nous immerge bien dans ce monde futuriste. J’ajouterais que la toute fin est bien pensée !
 
Les pigeons crèvent sous les toits est inédite. J’ignore pourquoi, elle n’a pas réussi à m’émouvoir. Peut-être que sur celle-ci, je me suis un peu doutée de ce qui se cachait derrière les premiers paragraphes, et elle est vraiment très courte, laissant peut-être une impression d’inachevé. En même temps, faire plus long risquait de lasser le lecteur... Bref, ce n’est pas celle dont je garderai le meilleur souvenir.
 
Le mélodrame du scientifique, inédite également, m’a laissée assez mitigée. J’ai bien aimé le sujet, la révélation au milieu, le dénouement... Et en même temps je crois que ça va un peu vite. Un petit plus de développement permettrait de rentrer davantage dans l’histoire et donc de la quitter avec davantage de regret. L’idée était tout de même très bonne.
 
La nouvelle Arc-en-ciel en braille a gagné le prix Odette Massfelder en 2008 et fut publiée dans Germi-iN-es[sens]ce. Je crois que c’est ma préférée. C’est simple, alors qu’elle ne fait qu’une dizane de pages, et elle a réussi à me faire pleurer. Mathieu Guibé y démontre une grande empathie, une immense capacité à se mettre à la place des autres et à rendre des sentiments purs et forts. C’est beau, tout simplement.
 
V. M. Location (Germi-iN-es[sens]ce) tire son inspiration des comic-books. L’idée est originale, mais je l’ai trouvée un peu tirée par les cheveux et peu « probable », ce qui m’a gênée. Et puis, je n’ai pas réussi à éprouver quoi que ce soit pour le personnage, ni le plaindre, ni le soutenir, ni l’excuser, ni le comprendre...
 
Pour le gain d’un épitaphe est une nouvelle inédite. On y rencontre des personnes blessées par la vie pour lesquelles je me suis prise de sympathie (ce qui n’était pas gagné au départ !). J’ai bien aimé, mais j’ai trouvé la fin un peu facile.
 
Sinslayer (inédite) m’a beaucoup plu ! Je pense qu’il n’est pas facile de faire de bonnes nouvelles dans le style de la fantasy ou du fantastique, surtout si courtes, car on manque de temps pour mettre le monde en place. Mathieu Guibé a fait ça à merveille. La nouvelle est très bien construite, et on va de surprise en surprise. Vraiment très bien !
 
Lis-moi avait déjà été publiée dans Germi-iN-es[sens]ce. C’est une nouvelle beaucoup plus sombre, qui m’a fait penser à une sorte de malédiction (et à un certain couple universellement connu !). On y trouve une sorte de romantisme torturé, presque gothique, où la douleur teinte tous les autres sentiments. L’histoire pourrait paraître peu probable, mais elle est intégré dans un contexte qui lui donne une teinte très réaliste (et d’autant plus effrayante). Gare à la déprime...
 
Enfin, Un train pour l’éternité (inédite) clôt le recueil avec un personnage principal qui est une dame âgée. Cette nouvelle m’a beaucoup touchée. Certains auront peut-être rapidement deviné de quoi il retournait, mais pour ma part je n’ai rien vu venir. On achève le livre sur une note triste et belle à la fois, ce qui représente bien le contenu général de ce très joli recueil que je vous recommande très chaudement. Et en plus, l’auteur est adorable. Que demander de plus ?

 
"Au réveil, son corps gelé fut retrouvé sur le toit du palais. Recroquevillée sur elle-même, elle serrait dans ses bras un bloc de glace comme elle aurait tenu un nourrisson contre son sein."
 
"Au moment fatidique où je redevenais moi, il m’arrivait de demeurer quelques minutes à contempler  le reflet dans la glace. J’interrogeai du regard cette inconnue qui me dévisageait, et je n’obtins aucune réponse comme chaque nuit."
 
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Mercredi 13 mars 2013 à 8:10

J’ai découvert Racine au lycée, avec Phèdre. Même pas une lecture obligatoire ! Je m’en souviens très bien, c’était en avril ou en mai (ou peut-être même en juin, je ne me souviens plus si j’allais si tard au lycée) parce qu’il faisait très beau, et je me suis dit que je n’avais jamais lu Racine, alors j’ai emprunté Phèdre à la bibliothèque du lycée et me suis installée sur un banc dehors pour le lire. J’avais adoré, et les années suivantes j’ai lu Andromaque, Iphigénie et Bérénice. Britannicus traînait dans ma bibliothèque depuis un moment et il faisait partie du Baby Challenge Théâtre, donc j’ai fait d’une pierre deux coups avec cette lecture.
 
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De quoi ça parle ? Le théâtre de cette pièce est la Rome des Césars, l’Empire en somme. Nous sommes justement sous le règne de Néron, bien connu pour les nombreuses atrocités qu’il a commises. A cet instant cependant, il n’est pas empereur depuis très longtemps et n’a pas encore accompli ses plus grands méfaits. Sa mère, Agrippine, est inquiète parce qu’il se détourne d’elle, ce qui lui fait perdre les faveurs de la cour, qu’elle aimerait bien conserver. Elle va donc s’opposer à lui quand ses caprices le poussent à aimer Junie, une belle jeune femme qui aime et est aimée de Britannicus, l’héritier de l’Empire écarté de la succession par Néron et sa mère.
 
Comme je ne connaissais pas cette histoire, je suis allée voir après ma lecture de la pièce ce qu’en dit Wikipédia : « Tiberius Claudius Caesar Germanicus, appelé ultérieurement Britannicus (12 février 41 - v. le 11 février 551), est le fils de l'empereur Claude et de sa troisième femme Messaline. Selon Tacite, il est assassiné à l'âge de quatorze ans par son frère par adoption, l'empereur Néron, lors d'un banquet. La vie de Britannicus illustre les problèmes de succession au début de l'Empire romain et les implacables luttes pour le pouvoir au sein de la dynastie julio-claudienne. » J’ai parcouru un peu tout l’article, et ça me fait dire que même si Racine a romancé, dans l’ensemble c’est conforme à l’idée qu’on a généralement de cette histoire, surtout que les historiens s’écharpent à ce sujet.
 
Racine a simplement changé le catalyseur. En vrai, il semble que ça ait été la rivalité de deux « frères » concernant le contrôle de l’Empire, et Racine y a substitué une rivalité amoureuse, autour du personnage de Junie. L’un comme l’autre, cette pièce illustre les « méthodes » des politiciens romains pour se débarrasser des gêneurs, et marque le caractère de Néron, qui commençait déjà à virer fou à ce moment-là. Néanmoins, c’est ici l’affranchi Narcisse qui le pousse, Néron lui-même semble se laisser porter par les évènements, et je n’ai pas vraiment reconnu le personnage affreux qui est resté dans les mémoires et que je connais grâce à l’étude fragmentaire de Suétone et de Tacite faite en cours de latin (ça a d’ailleurs été reproché à Racine par ses contemporains, mais en même temps, difficile de savoir exactement qui était Néron et ce qui se passait à cette époque !). Cette tragédie est plus « douce » que les autres que j’ai pu lire. Le personnage à la fin ne meurt pas sur scène, il y a finalement assez peu de tensions, et la pièce est vraiment très courte. J’y ai retrouvé un Racine pas au meilleur de sa forme, sa langue est toujours belle, mais j’ai remarqué moins d’envolées littéraires qui me retournent le cœur. Il y avait deux ou trois très belles tirades mais qui concernaient le pouvoir et les luttes qu’il entraîne plutôt que l’amour.

Mon édition de Folio plus classiques comprenait entre autres choses une courte biographie de Racine, que j'ai évidemment trouvé très intéressante. J'adorerai lire toute une biographie de cet auteure mais je ne crois pas qu'il en existe à des prix raisonnables... Dramaturge à la Cour de Louis XIV et historiographe du roi, il a dû en voir des choses !
 
Britannicus m’a moins plu que Phèdre, Andromaque et Bérénice, c’est une pièce que je mets au niveau d’Iphigénie, qui n’avait pas su non plus emporter totalement mon adhésion. Par contre, cette lecture m’a rappelé que j’ai deux livres dans ma bibliothèque sur les douze Césars, celui de Suétone et un ouvrage récent de Régis F. Martin paru chez Tempus. J’ai bien envie d’enfin me lancer dans la lecture intégrale de ces livres ! J’ai également rajouté à ma liste d’envies les Annales de Tacite, que je n’avais jamais songé à y mettre alors qu’elles y ont toute leur place.
 
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Vendredi 15 février 2013 à 18:34

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Enfin un article ! J'en ai plein à faire (notamment un pour mon inscription au challenge austenien d'Alice), j'espère rattraper ce week-end. J’ai lu Les contes de crimes dans le cadre de la LC du club de lecture pour février. C’est mon amie Dawn qui l’avait proposé. C’est un recueil de contes/nouvelles (difficile de décider entre les deux pour moi) de Pierre Dubois qui reprend des contes, notamment des frères Grimm, mais on a aussi du James Matthew Barrie et du Perrault, et qui mélange tout ça avec du policier, à la limite du thriller parfois. A chaque début de conte, l’auteur nous met un petit extrait du conte original, ce qui était très sympa. Dans chaque nouvelle, on est frappé par le style de l'auteur, plein de mots et de phases tarabiscotées qui ne m'ont cependant pas dérangée. Quand je ne suivais plus son délire, je laissais couler, et pour le reste je suis habituée à lire des styles assez lourds, ça ne m'a donc pas dérangée !
 
La Belle au bois dormant : C’est cette nouvelle qui ouvre le recueil, sur un conte célébrissime de Perrault. Ici pas de prince et de princesse mais un couple tout ce qu’il y a de plus banal. Monsieur s’ennuie et pour occuper Madame – et pour qu’elle lui fiche la paix – il l’emmène fréquemment à la fête foraine. Une idée machiavélique lui vient alors à l’esprit… Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette histoire nous met dans l’ambiance du recueil ! J’attendais vraiment de savoir la fin, et sur les dernières pages je lisais beaucoup plus vite (ça vaut pour tous les contes ça). Je pressentais un peu la chute, mais sans l’avoir complètement cernée. J’ai bien aimé cette première histoire.
 
Riquet à la Houppe : Encore du Perrault, avec un conte moins connu que le précédent. Nous avons bien un Riquet, qui naît à une bosse de chair au lieu d’une houppe de cheveux roux. Il y a aussi une princesse dont il est amoureux, mais elle en aime un autre, un prince de pacotille. Alors, Riquet finira-t-il avec la Belle ? Cette histoire est l’une des plus longues du recueil. La tension monte quasi-imperceptiblement au début, et explose à la fin. Là aussi, j’avais deviné quelques éléments de la chute, mais il y en a un qui m’a vraiment surprise ! J’ai beaucoup aimé celle-ci.
 
Cendrillon : Conte ultra-connu là aussi. Le début est vraiment un copier-coller de l’original, avec la « Cucendron », toute sale à force de travailler pour son affreuse belle-mère et ses horribles belles-sœurs, le côté pervers en plus. Après, ça se barre en cacahuète, notamment avec la marraine-fée et le Prince… Je n’ai pas beaucoup aimé celui-là, mais il a le mérite d’introduire C. Marmaduke Perthwee, détective des contes !
 
Le conte de l’amandier : Alors apparemment, c’est à la base un conte des Grimm, mais lequel… « Le conte du genévrier » je crois, mais je n’ai pas encore eu le temps de le lire pour voir si c’est bien celui-là. Nous suivons un nouveau couple, composée d’une Française et d’un Anglais. Madame s’ennuie profondément et se trouve très en colère contre son mari qui passe tout son temps dans son jardin à bichonner son amandier. Elle aussi va construire un plan très fourbe… Cette histoire-ci est assez développée et se passe entre France et Angleterre. Suivre cette dame était agréable, mais la fin était très facile à deviner, l’histoire n’est pas vraiment originale.
 
Rapunzel : Conte de Grimm que j’aime beaucoup tant dans sa VO que dans sa récente adaptation Disney, Raiponce ici prend un sacré lifting. C’est presque dommage que la nouvelle soit intitulée ainsi, parce que ça donne la clé de l’énigme, du meurtre mystérieux survenu dans une tour close… Mais ici, on découvre plus avant Marmaduke Perthwee et son associé joueur de cornemuse, Roger Ackroyd. Ils m’ont bien plu ces deux-là, ils m’ont fait rire, mais je n’ai pas beaucoup aimé la fin, que j’ai trouvé un peu facile.
 
Barbe de Grive : Conte complètement inconnu au bataillon, mais c’est du Grimm ! Il faut que je le cherche aussi. Nous suivons une jeune femme vénale et sotte, qui se marie sous la contrainte de son père, mais lorgne bientôt sur les possessions de celui qu’elle a méchamment surnommé « Barbe de Grive ». Cette nouvelle-ci a été difficile à lire, parce qu’il y a un passage très gore (pour moi en tout cas). Par contre, là aussi la fin se devinait assez facilement.
 
Peter Pan : Le voilà James Matthew Barrie ! Nous voici dans le Londres sale de la fin du XIXème siècle, lorsque Jack l’Eventreur fait rage… Marmaduke Perthwee est sur l’affaire, avec Ackroyd bien sûr ! Là aussi, avoir choisi de donner ce titre donne un peu trop d’information sur la résolution du mystère. Je pense que Pierre Dubois a dû faire beaucoup de recherches sur l’affaire de Jack l’Eventreur, car on a beaucoup de détails qui ne m’ont pas mise à l’aise du toute ! J’étais toute seule quand j’ai lu cette nouvelle, et je ne faisais pas la fière, et la fin m’a étonnée ! Je l’ai trouvée très bien cette histoire-là.
 
Petite table couvre-toi : Un homme désespéré raconte à un commissaire de police l’affreuse découverte qu’il a faite en rentrant chez lui… Ce qui m’a plu dans cette histoire, c’est la narration entièrement à la première personne qui nous emmène dans une fausse direction, mais aussi le fait qu’on n’ait pas vraiment de fin ! On ne sait pas au final ce qu’il s’est passé…
 
Le Petite Chaperon rouge : Un homme vient de se faire virer de chez lui et roule sans savoir quoi faire, quand il voit au bord de la route le Petit Chaperon rouge. J’ai vu venir la fin de très loin, et en même temps cette histoire m’a mise très mal à l’aise. Un Perrault revisité et retourné. Un peu creepy quand même.
 
Blanche-Neige : C. Marmaduke Perthwee est à son club un peu particulier et à la demande générale commence à raconter l’une des enquêtes sur laquelle il a travaillé : l’affaire « Blanche-Neige ». Qui était donc le meurtrier de ces petites filles retrouvées mortes avec une pomme empoisonnée à la bouche ? Là aussi, c’est surtout le personnage de Marmaduke que j’ai apprécié, et j’ai regretté qu’Ackroyd ne soit pas plus présent. On ne se demande pas vraiment qui, mais plutôt pourquoi, et la solution m’a au final un peu déçue. C’était tout de même une petite histoire agréable.

J'ai apprécié le recueil, plus que la majorité des gens du club en tout cas, et je en cracherai pas sur Comptines assassines, autre recueil de l'auteur sur le même principe apposé aux comptines ! Vous connaissiez cet auteur et ses livres ?
 
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Mardi 18 septembre 2012 à 18:42

Avant de partir sur ma petite chronique du jour, je vous annonce la nouvelle : j'ai reçu un coup de téléphone des parents dont je devais garder la petite hier, finalement ils ne me prennent pas, nos horaires ne correspondent pas suffisamment. J'ai rappelé une autre dame intéressée, qui m'a répondu qu'elle avait trouvé quelqu'un d'autre. Affaire réglée. La bonne nouvelle de la journée, c'est que ma carte d'identité est prête, mais j'ignore quand je pourrai aller la chercher vu que c'est à la mairie de chez mes parents et que j'ai cours le samedi matin. J'attends toujours ma carte Transpole, je sens que je suis en train de me faire entuber profond, et ça me gave. Je dépense une fortune en tickets de métro, je suis sur les nerfs. Jamais je n'ai vécu un aussi mauvais début d'année, même en prépa c'était mieux.

Heureusement, Quintessence hiémale : Contes d'hiver, de Mathieu Guibé et Cécile Guillot, c'était bien ! Ce petit recueil est composé de quatre contes, un de Cécile Guillot, un de Mathieu Guibé, et les autres qu'ils ont écrit à deux. Le premier, La princesse des neiges, m'a immédiatement fait penser à La Petite Sirène de Andersen, que j'avais adoré quand je l'ai lu au lycée (j'aimerais le relire d'ailleurs, et découvrir les autres contes de Andersen ainsi que ceux des frères Grimm). Cette histoire était belle, poétique, douloureuse, et tout de même assez dure. A bare tree in love with the winter était moins passionnant dans son déroulement, mais la fin m'a beaucoup touchée. J'ai aimé la façon des auteurs de revisiter le mythe des dragons dans La dernière flamme mais il manque un petit quelque chose pour que l'histoire soit passionnante. Quant à Là où s'envolent les rêves, j'ai regretté qu'il soit si prévisible.

Dans l'ensemble, ces contes sont plein de délicatesse et réchauffent le cœur (alors même que tous ont pour thème commun l'hiver !). C'est un petit plaisir qui se déguste sans fin, par petits bouts (dans le métro) ou d'un trait (dans mon lit). Je n'avais jamais lu de texte de ce genre qui fût écrit de nos jours, et je ne suis pas déçue, j'aimerais en lire d'autres, alors si vous avez des auteurs à me conseiller ! Pour ma part, je vous invite vraiment à acheter ce petit livre, il ne coûte que 5€ et soutenir les auteurs peu connus, c'est tout de même bien (et en plus la couverture est super jolie, de Cécile Guillot elle-même !).

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Jeudi 19 juillet 2012 à 14:50

Il y a de cela plusieurs semaines, j'ai été contactée par Jean-Christophe Kieffer pour découvrir son deuxième recueil de nouvelles intitulé Rock, Inch, Hair. J'avais accepté de le lire, sous condition expresse d'en faire ensuite la critique qu'il me plaira. J'ai lu le recueil hier, je vais donc tenter d'en donner mes impressions, mais ce sera difficile, je reste assez mitigée. Merci à l'auteur de m'avoir contactée !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres/couv4165764-copie-1.jpgJe ne suis pas particulièrement fan des nouvelles. Quand elles sont vraiment courtes, je ne parviens pas à m'en imprégner ni à m'en souvenir, et elles me laissent peu d'impression. J'apprécie qu'elles soient un minimum développées, comme chez Maupassant (Le Horla, La parure...), Sartre (Le mur, L'enfance d'un chef...), ou Jean-Philippe Jaworski dans son Janua Vera. Ici, elles sont vraiment très courtes, puisqu'il y en a onze étalées sur à peine soixante-dix pages. On n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer, on saute de l'une à l'autre, et les sujets abordés sont très différents, il y a une vraie diversité : la musique, l'amour, la guerre, la religion, la politique... Beaucoup de jeux de mots, comme dans le titre du recueil, mais je ne les trouve pas forcément justifiés, parfois même ils sont un peu forcés. Rock, Inch, Hair. Rock, pouce, cheveux. Rocking chair, chaise à bascule. Je ne comprends pas. La chaise à bascule autour de laquelle on se réunit pour écouter des histoires le soir, des histoires sur le rock, en jouant aux chaises musicales, chaque musique apportant une histoire différente...? Ce serait justifié si toutes les histoires étaient du même genre que Dernier Moto-Raid pour Lemmy et As et décès, mais je ne pense. Enfin bon, je fais ma difficile, et il faut bien un titre allez-vous me dire, et dans le cas d'un recueil de nouvelles, il est difficile d'en trouver un qui couvre toutes les histoires.
J'ai beaucoup aimé certaines histoires : Une photo, deux familles, Tête en l'air, Ad Vietnam Aeternam et Arno et Florence. Dans Une photo, deux familles, je suis allée voir les photos mentionnées avec plaisir. Pour chaque morceau, j'ai écouté le titre correspondant de la "bande-son" donnée en fin d'ouvrage. On associe peu la musique et la lecture ou l'écriture dans la littérature, et pourtant combien sommes-nous à lire ou à écrire avec un fond musical ? Comme bien d'autres, je ne passe pas une journée sans musique, il y a en quasiment toujours un fond chez moi (comme maintenant). On parle souvent de la petite madeleine de Proust, mais ce genre de mémoire remonte aussi avec de la musique ou des chansons. Plus ou moins consciemment, on les associe à un évènement, ou à une personne, ou à un état d'esprit... J'ai un peu retrouvé de ça dans certaines nouvelles, et c'était plaisant. Dans Ad Vietnam Aeternam, c'était particulièrement réussi : lire la nouvelle avec le fond musical conseillé par l'auteur est une expérience extraordinaire. Au contraire, il y a des fois où cela pouvait paraître un peu forcé, comme si l'auteur cherchait absolument à joindre une chanson à une histoire, même quand cela ne coulait pas de source. Néanmoins, j'ai apprécié aller chercher à chaque fois la musique correspondant à la nouvelle que j'allais entamer, pour me mettre dans l'ambiance. Les nouvelles les plus réussies à mon sens sont celles où il y a une réflexion derrière, une idée passée au lecteur. Je regrette là encore que les histoires soient si courtes, n'allant pas au bout de l'idée justement. L'écriture peut manquer aussi de ce point de vue là, à mon sens, sauf dans la nouvelle Esther à taire, qui m'a vraiment prise aux tripes (par contre, le jeu de mot du titre sonne forcé à mes oreilles). La dernière nouvelle, tout de slam faite, ne m'a pas plu du tout, bien qu'il était intéressant de voir un peu ce que l'auteur pense du fait d'être auteur. Enfin, certaines idées lancées dans Les Aventures inachevées m'ont déjà conquises, j'aimerais les lire devenues histoires ! La pelle de la forêt, Un cygne d'étang, Pression pour une mise en bière, La diable Henri en corps, Label au sein nu, Casse-croûte au musée me parlent.

En résumé, j'ai trouvé ce recueil assez inégal. Certaines nouvelles m'ont vraiment retenue, alors que d'autres furent oubliées aussitôt lues. L'alliance de l'écriture et de la musique est une bonne idée, mais à manier avec précaution je dirais, et à ne pas utiliser systématiquement, au risque de lasser. J'ai donc bien aimé, mais je suis moins emballée que d'autres. Je vous invite à aller voir les avis de Natiora et de Dawn !

Mercredi 9 mai 2012 à 19:39

Avant de vous parler de ma dernière lecture, j'aimerais parler rapidement de ma nouvelle obsession, qui s'appelle Matt Bomer. Je l'ai découvert dans Time out, et en regardant des vidéos des reprises de Glee, je suis tombée sur lui chantant Somebody that I used to know. Si je n'étais pas déjà follement amoureuse, s'il n'était pas un acteur américain inaccessible et s'il n'était pas gay, je tomberai amoureuse de lui. He can sing. He's gorgeous. He's just so perfect.

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Avec ces temps troublés (élections et révisions, examens galopant vers moi), je ne lis pas beaucoup. J'avais besoin de lire quelque chose de court, détente, facile, et chéri insistait pour que je découvre sa dernière lecture, La Vengeance du wombat et autres histoires du bush de Kenneth Cook. Il s'agit d'un recueil de nouvelles qui racontent des petites histoires qui sont réellement arrivées à l'auteur, d'après lui du moins. Il est australien, d'âge moyen, et pas en très bonne forme physique selon ses propres mots. Il a sillonné le pays à la recherche d'histoires, et les a compilées dans deux recueils, celui-ci est le second. Le premier s'intitulait Le Koala tueur et autres histoires du bush. J'ai bien l'intention de le lire aussi maintenant !
On découvre l'Australie sous un angle peu connu, sans touristes, dans ses petites villes paumées, loin de Sydney et autres Canberra. Les personnes croisées et les amis de l'auteur sont toujours des êtres loufoques, amusants ou/et effrayants. On voit la faune et la flore du pays, avec ses marsupiaux, ses requins, ses crocodiles, ses buffles, et les autochtones, qu'ils soient descendants des colons ou aborigènes, aux noms faciles à retenir ou imprononçables. La plume de Kenneth Cook est légère et agréable, les nouvelles, toutes très courtes, se dévorent en à peine quelques minutes, et les deux cents pages sont tournées avant que l'on ne s'en rende compte. Je ne cesse de me demander quels éléments sont vrais et lesquels ont été embellis par l'auteur, et quelles mésaventures lui sont effectivement arrivées à lui, et lesquelles à d'autres, qui les lui ont raconté. J'ai très souvent souri, et parfois j'ai même franchement éclaté de rire. Bref, c'est un moment de détente que je vous conseille assurément ! Par contre, je ne suis plus certaine de vouloir visiter l'Australie, car je suis bien capable d'essayer d'aider un kangourou apparemment en difficultés, et je ne souhaite pas me retrouver dans la même situation que l'auteur !

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