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Qu'il est bon d'être futile !

Dimanche 10 août 2014 à 19:12

Je ne suis pas très fan des dystopies récentes. De manière générale, je les trouve trop simple, mais en lecture détente j’ai vraiment apprécié la saga Divergent de Veronica Roth. J’ai aussi lu la nouvelle Free Four: Tobias Tells The Story, alors je me suis dit que ce serait sympa de lire le recueil de quatre nouvelles consacrées au personnage de Four sorti il y a peu.
 
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Avec ces textes, nous suivons Four depuis sa Cérémonie du Choix jusqu’aux évènements du premier tome de la série. J’avais bien aimé le suivre de son point de vue dans la nouvelle susmentionnée et dans Allegiant où des chapitres sont narrés par lui. Toutes le nouvelles sont également à la première personne et se suivent de près dans la chronologie de la saga. C’est presque un roman en fin de compte, mais ces nouvelles sont conçues en supplément de la saga principale, qu’il faut avoir lue pour apprécier ce recueil. J’ai de nouveau apprécié de suivre Four et de replonger dans l’univers de Veronica Roth. L’écriture est toujours aussi simple, allant à l’essentiel, peu de descriptions, facile à lire. Ce recueil n’existe pour l’instant qu’en anglais, mais si vous souhaitez vous lancer dans la lecture en VO c’est un bon livre pour commencer.
 
The Transfer
Comme le titre l’indique, cette nouvelle raconte le Transfert de Tobias des Abnegation vers les Dauntless. Elle commence avant la Cérémonie du Choix, nous donnant ainsi un aperçu de ce qu’était la vie de Tobias avec Marcus. Des liens sont déjà faits avec la saga et en éclaire certains points, ce n’est pas mal construit. Par exemple, on apprend que Tobias a été briefé pour la simulation. On assiste à ses interrogations et ses doutes, rien n’est évident pour lui. On voit également l’épisode qui lui a valu son surnom, et ses premiers contacts avec un certain Eric… Cette nouvelle rappelle tout de même fortement le début de Divergent, avec l’épreuve du train, du saut… Elle s’achève juste avant le début de l’Initiation.
 
The Initiate
Il n’y a pas de vraie coupure avec la nouvelle précédente. Four commence sa nouvelle vie en suivant l’entraînement des Dauntless. S’intégrer n’est pas facile pour lui mais peu à peu il parvient à s’adapter. On constate mieux ses aptitudes aux simulations. Des éléments pour la mise en place de l’intrigue de Divergent apparaissent déjà, Four remarque des bizarreries chez certains leaders. On voit davantage certains personnages secondaires de la saga comme Eric, Max, Amar, Zeke, Shauna… Concernant Eric, on prend conscience de l’ampleur de sa pourriture et de son implication dans les évènements que vivra Tris. À côté, Peter est vraiment un petit joueur… Ce deuxième texte d’achève sur le classement final de l’Initiation, et il était plutôt chouette vu qu’on voit bien comment Four évolue et qu’on comprend comment il en est arrivé à ce qu’il est quand Tris le rencontre. Et puis le passage du Dare est amusant !
 
The Son
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Là aussi, cette nouvelle fait directement suite à la précédente. Four a fait ses preuves, il est temps de choisir son occupation au sein des Dauntless. Max lui propose de suivre la formation qui pourra faire de lui un leader. S’il accepte, cela signifie qu’il sera amené à rencontrer Marcus fréquemment, et aussi à entrer dans des plans qui ne sont pas forcément de son goût. Cette nouvelle était très sympa parce que Four s’éveille particulièrement aux machinations des factions. On voit bien que les intrigues de la saga n’ont pas attendu Tris pour se nouer. Four était déjà très impliqué avant son arrivée. Les liens avec la trilogie se resserrent encore.
 
The Traitor
Nous retrouvons notre héros un an plus tard environ, alors qu’il entraîne Tris et les autres transferts, donc pendant le premier tome. Cette nouvelle se passe après Free Four: Tobias Tells The Story. On voit ses sentiments naître pour Tris et sa prise de conscience à ce sujet. De plus, Four se retrouve face à un nouveau choix, une décision  prendre : de quel côté se tiendra-t-il lorsque Jeanine Matthews mettra son plan à exécution ? Dans tous les cas, il sera un traître pour les Dauntless ou pour les Abnegation. J’ai particulièrement apprécié le passage qui met en scène Shauna, Zeke, Four et Peter.
 
L’ensemble de ce recueil est donc agréable à lire, mais le sera seulement pour les lecteurs qui ont terminé la saga et qui l’ont appréciée. Il m’a aussi permis de lire en anglais sans prise de tête !
 

Mercredi 21 mai 2014 à 18:16

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Pour la petite histoire, j’ai entendu parler de 14 – 14, co-écrit par Silène Edgar et Paul Beorn, sur la page Facebook de Lise Syven (dont j’ai adoré La Guerrière Fantôme). Elle en disait tellement de bien que j’ai jeté un œil au résumé, qui m’a plutôt plu, puis je l’ai vu une fois en librairie, joli livre, pas trop gros, pas trop cher. Vu une deuxième, puis une troisième fois, l’idée et enfin la certitude de l’acheter pour les Imaginales s’est imposée dans mon esprit. La semaine dernière je n’ai pas résisté et l’ai acheté au Furet, avec l’intention de le faire dédicacer le week-end prochain et de le lire... un jour. Sauf que je ne sais pas pourquoi, je l’ai ouvert dimanche matin et l’ai fini dimanche vers 15h. Ça veut tout dire, n’est-ce pas ?
 
14 – 14 raconte l’histoire de deux garçons Picards de 13 ans qui vivent à quelques dizaines de kilomètres l’un de l’autre et portent quasiment le même prénom : Hadrien et Adrien. Ils commencent à correspondre par erreur, pensant écrire à leur cousin détesté rencontré seulement une fois ou deux, mais peu à peu en viennent à s’apprécier et à se confier l’un à l’autre. Ils ignorent qu’Adrien vit en 2014, et Hadrien en 1914...
 
Ce livre a créé des émotions très différentes en moi, qui s’enchaînaient très vite et parfois même se superposaient ou se mélangeaient. On est triste pour Adrien, qui apprend que la fille qu’il aime depuis toujours s’est mis en couple avec une racaille de leur collège, alors que lui venait juste de trouver le courage de lui avouer ses sentiments, et aussi pour Hadrien, dont le père illettré et la « douce amie » Simone ne comprennent pas son envie d’obtenir le certificat et de continuer des études au petit lycée. On est attendri par leur affection pour les membres de leur entourage : Marion, Sarah, Éloïse, Marthe... On est énervé contre les tête-à-claque qui les entourent, Franck, Willy ou encore Léon. Je ne suis plus ado, je ne suis même pas de sexe masculin, mais les deux auteurs ont réussi brillamment à faire vivre leurs deux héros et pousser le lecteur à s’identifier à eux et à prendre part à leur histoire.
 
Le thème de fond, la Grande Guerre, est traité avec justesse. Il permettra aux plus jeunes ou aux néophytes de découvrir des choses à ce sujet, notamment pour ce qui s’est passé en Picardie. Adrien vit à Laon et Hadrien dans un petit village du nom de Coberny. C’est agréable de voir une action située dans ce coin souvent délaissé, souvent méprisé, alors que son histoire est si riche. En plus, le livre est agrémenté de photographies ou d’autres documents qui nous plongent encore plus dans l’époque d’Hadrien. Plus le roman avance, plus on se rapproche du début de la Première Guerre Mondiale, la pression monte, l’inquiétude pour Hadrien augmentant en proportion. On angoisse de voir les deux jeunes garçons s’enliser dans des quiproquos, passer à côté de l’essentiel. Cela donne à mon avis lieu à deux moments forts en émotions, directement liés à cette période de l’histoire (sans en dire trop mais pour ceux qui l’ont lu aussi : le passage avec la carte en classe et celui lors de la visite scolaire). Je vais essayer d’intéresser mon petit frère de 12 ans à ce livre, mais vu qu’il passe son temps à frauder pour éviter de lire ceux qui lui sont assignés en cours de français, je ne me fais pas d’illusion. C’est bien dommage, car je trouve ce roman idéal pour introduire les jeunes ados à la Grande Guerre, sans aller dans le morbide ou l’horreur, mais avec justesse et sans faux-semblant.
 
Les recherches historiques sont suffisamment précises pour rendre les chapitres consacrés à Hadrien parfaitement crédibles sans nous noyer sous les détails inutiles. J’apprécie le choix de la narration à la troisième personne, souvent avec une focalisation interne qui permet de connaître les pensées des deux personnages principaux mais sans céder à la mode de la narration à la première personne. L’évolution de l’intrigue sonne juste et nous garde accroché (la vitesse à laquelle je l’ai lu en est la preuve !) tout du long, et offre une fin satisfaisante, avec une explication claire quant au mystère de cette correspondance.
 
Je ne sais pas si ma chronique est bien fichue, mais vraiment j’ai beaucoup aimé ce roman jeunesse qui utilise le fantastique pour nous parler de l’histoire avec justesse et sans prendre les lecteurs (jeunes ou plus âgés) pour des jambons. Je le recommanderai chaudement et j’ai hâte de rencontrer les auteurs !
 
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Mardi 18 mars 2014 à 16:06

Cet été, j’ai terminé la saga du Protectorat de l’ombrelle de Gail Carriger. L’ensemble de cette série a été un coup de cœur, et j’étais donc ravie que l’auteure ne s’arrête pas là. Il y a plusieurs mois que je voulais découvrir Finishing School et son premier tome Etiquette & Espionage. Je l’avais sur la liseuse, mais sachant pertinemment que je voudrai cette nouvelle saga dans ma bibliothèque et que je ne patienterai par pour la sortie poche en français (la version Orbit qui paraît ce mois coûte cher quand même), j’ai sauté le pas de l’achat quand Matilda en a parlé. Ce premier tome n’a pas séjourné très longtemps dans ma PAL !
 
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Nous sommes 25 ans avant Le Protectorat de l’ombrelle, en 1851. Sophronia Temminick, 14 ans, fait le désespoir de sa mère. Elle n’a rien d’une lady. Alors ses parents l’envoient à Mademoiselle Geraldine's Finishing Academy for Young Ladies of Quality, un pensionnat pour jeunes filles de bonne famille, afin de faire de Sophronia une jeune femme du monde. Ce qu’ils ignorent, c’est que ce pensionnat apprend aux jeunes filles à « finir » leur éducation, mais aussi à « finir » des personnes… En plus des bonnes manières, Sophronia va apprendre à manier le couteau, à distraire l’attention pour commettre un larcin et d’autres choses. Mêlons à ça une petite dose de mystère avec un étrange prototype et ses relations parfois houleuses avec d’autres pensionnaires, et on a un bon résumé des premiers chapitres.
 
J’ai lu tout Le Protectorat de l’ombrelle en français, je savais donc que le vocabulaire de Gail Carriger était particulier, mais j’avoue que les premiers chapitres ont été assez difficiles ! L’inconvénient du livre papier, c’est que quand on ne comprend pas un mot, on doit chercher dans le gros dictionnaire. Avec une liseuse, une pression du doigt et c’est fait… Le début de ma lecture a donc été laborieux et malgré mon envie de continuer le roman en journée, je ne pouvais pas l’emporter avec moi pour les transports en commun. Au bout d’un moment, j’avais assimilé les éléments de vocabulaire qui revenaient les plus souvent et sur les derniers chapitres je n’ouvrais plus le dictionnaire. Je pense que ça ira mieux sur le deuxième tome. Il faut un temps d’adaptation en tout cas.
 
Cela dit, l’écriture est délicieuse et je ne regrette pas du tout d’être partie dans la VO, bien au contraire. Gail Carriger lie à merveille le vocabulaire désuet du XIXème et des termes un peu plus modernes et dynamiques. Trouver des mots tels que topping ou capital me fait bien rire, ou des termes plus étranges tels que discombobulate. Il faut ajouter à ça les noms toujours aussi farfelus dont elle dote ses personnages et c’est un véritable plaisir !
 
J’ai retrouvé aussi avec plaisir des personnages loufoques et/ou attachants comme elle sait en créer. Sophronia est une héroïne qui m’a rapidement convaincue et j’ai beaucoup aimé la suivre dans sa première « année » à Mlle Geraldine’s. Son amie Dimity est également toute rigolote. L’ennemie Monique de Pelouse tient parfaitement son rôle. J’ai été très agréablement surprise de découvrir le personnage de Soap, que j’espère voir souvent ! On croise également deux personnages que l’on connaît déjà, mais avec 25 ans de moins… Je ne vous dis pas de qui il s’agit, sinon ce ne serait pas drôle ! Il y a aussi tous les professeurs, autant de nouveaux personnages plus ou moins intriguants.
 
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Concernant l’histoire, la couverture de mon édition parle d’un Harry Potter à la sauce steampunk. Je ne suis pas d’accord. Je ne vois vraiment pas le rapport avec la saga de J. K. Rowling, hormis le fait que Sophronia et Harry vont dans une école particulière qui n’est pas destinée au commun des mortels. Le steampunk par contre, bien sûr, c’est la marque de Gail Carriger. Un steampunk rigolo, abordable pour les néophytes du genre et qui ne rebute pas ceux qui (comme moi) ne sont pas fans des longues considérations scientifiques. Ce côté est d’ailleurs peut-être moins développé que dans The Parasol Protectorate si on considère que les surnaturels en sont un élément important. Mais on voit beaucoup de mechanicals, le "pensionnat" lui-même est très original et il y a ce fameux prototype… Personnellement, ça m’a beaucoup plu ! Pourtant, je ne suis pas très « robot », mais comment ne pas craquer pour Bumbersnoot ?
 
La seule chose que j’aurais à reprocher à ce premier tome, c’est qu’aussi agréable soit-il, il manque un peu de peps. Il y a quelques péripéties (suivant les plans plus ou moins farfelus de Sophronia) mais globalement le rythme est assez lent, ce qui peut gêner. Ça ne m’a pas vraiment embêtée, car c’est rattrapé par le plaisir de la découverte, de suivre les personnages et par cet humour caractéristique de Gail Carriger qui me parle beaucoup. Comment ne pas frémir devant toutes ces entorses aux convenances de l’époque victorienne ?
 
Etiquette & Espionage a tenu ses promesses pour moi. Certes, c’est un livre jeunesse, mais en ayant cela à l’esprit, un adulte appréciera beaucoup. J’y ai à peine pensé pour tout dire. Le Protectorat de l’ombrelle était déjà une saga légère ; il en sera de même ici, la seule différence étant que l’héroïne est jeune, avec tout ce que ça comporte. Je terminerai en disant qu’Alexia aurait certainement adoré profiter des enseignements de cette finishing school !
 
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Lundi 3 février 2014 à 19:11

Après avoir passé un très agréable moment avec Divergent et un moment plus mitigé avec Insurgent, je me suis dit qu’il ne fallait plus que je traîne et qu’il était temps de finir cette saga de Veronica Roth avec Allegiant.
 
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Nous retrouvons donc Tris et Four après la big révélation de la fin du tome 2. Evidemment, Tris n’est pas du genre à rester sur place sans rien faire, aux mains d’Evelyn et de son nouveau gouvernement tyrannique des sans-factions. Four n’a plus rien à perdre non plus. Grâce aux Allegiants (ceux qui restent fidèles au système des factions), ils quittent Chicago et découvrent ce qu’il y a au-delà du mur qui entoure la cité.
 
"I feel like myself, strong and weak at once – allowed, a least for a little while, to be both."
 
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C’est un excellent tome pour moi, peut-être le meilleur. Disons à égalité avec le premier, surtout que le tome 2 n’était pas génial, donc ça finit fort. Insurgent servait en fait de transition entre les événements de Divergent et ceux d’Allegiant (j'en profite pour dire que je trouve le choix des titres fort bien trouvé, ça crée une continuité et marque bien la saga). Dans cet ultime tome, on va de découverte en découverte, ça n’arrête pas. La tension monte d’abord lentement, puis à partir de la moitié il devient difficile de lâcher le livre. J’ai vraiment adoré les choix qu’a faits Veronica Roth. Je doutais un peu de la pertinence de la « révélation » à la fin du tome 2, qui faisait très peu originale, mais finalement le tome 3 s’en sert intelligemment. Je trouve que les événements d’Allegiant sont en accord avec le reste de la saga et avec la nature humaine (telle qu’elle est vraiment, pas genre Bisounours !). Le sujet principal n'est plus tout à fait celui qu'on découvre dans Divergent mais est tout aussi intéressant.
 
"I don’t know how it would feel, to hate your own history and to crave love from the people who gave that history to you at the same time. How have I ever seen the schism inside his heart? How have I never realized before that for all the strong, kind parts of him, there are also hurting, broken parts?"
 
La fin est très triste, certes (mais perso j’adore quand j’en viens à pleurer sincèrement, c’est que l’auteure a vraiment réussi son coup sur moi !), mais aussi pleine d’espoir. En tout cas, je ne trouve pas qu’elle donne envie de se jeter par la fenêtre (j’ai plutôt très beaucoup hâte que le film sorte et j’ai aussi envie de lire les nouvelles consacrées à Four). J’ai du mal à comprendre les lecteurs qui ont dit que c’était nul de finir comme ça. Quand je veux lire une histoire où tout finit bien, je ne lis pas une dystopie, je lis Jane Austen ! (Ou n’importe quel livre qui vous fait vous sentir bien.)
 
"To me, when someone wrongs you, you both share the burden of that wrongdoing – the pain of it weights on both of you.
Forgiveness, then, means choosing to bear the full weight all by yourself.
"

Cet ultime tome réserve une surprise : ce n’est plus seulement Tris qui raconte l’histoire, Tobias également prend la parole. Cette double narration est très sympa, en plus de se justifier parfaitement dans l’histoire et d’être très bien utilisée par l’auteure. L’épilogue aussi m’a plu, il clôt l’histoire comme il faut et ne laisse pas penser qu’on va lui donner X suites inutiles. Bref, je suis très satisfaite de la fin de cette saga. On peut dire que c’est ma dystopie préférée, ce qui n’est pas difficile vu que je n’en ai lu que deux et que je n’ai pas vraiment aimé l’autre, Hunger Games. Que vais-je découvrir maintenant en dystopie ? Avez-vous des conseils particuliers ?
  
"And I known without being told, that’s what love does, when it’s right –
it makes you more than you were, more than you thought you could be.
"
 
"Since I was young, I have always known this: Life damages us, every one. We can’t escape that damage.
But now, I am also learning this: We can be mended. We mend each other.
"
 

Lundi 6 janvier 2014 à 17:39

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J'avais repéré en début d'année scolaire un petit livre édité chez Pocket, qui s'appelle Lettres du Père Noël. Ces lettres ont été écrites par J.R.R. Tolkien entre 1920 et 1943 pour ses enfants, il leur disait qu'elles venaient directement du Pôle Nord. Quand je suis passée au Furet en décembre, je n'ai pas résisté et je l'ai pris. Je ne regrette pas du tout cet achat impulsif qui me permet de découvrir un autre aspect de Tolkien, que je ne connais pour l'instant qu'à travers la lecture de Bilbo et les films de Peter Jackson.

Le livre commence par un avant-propos qui donne les quelques clés de lecture à connaître pour apprécier ce recueil de lettres. Par exemple, les remarques de l'Ours Polaire sont en gras – et généralement bourrées de fautes, car il ne maîtrise pas très bien l'anglais et l'écriture. Les lettres étaient accompagnées de petits dessins ou même de cartes dessinées entièrement par Tolkien, qui créait également des timbres venus du Pôle Nord. Les lettres commencent alors que son fils aîné, est encore tout petit, et dureront jusqu'à ce que sa fille soit trop grande pour recevoir des nouvelles du Père Noël. La dernière lettre est datée de 1943, la guerre entre en jeu également. Le Père Noël justifie d'ailleurs qu'il y ait moins de cadeaux pour les enfants Tolkien : beaucoup d'enfants n'ont même pas de quoi manger ou se chauffer en cette période trouble.

Ces lettres sont l'essence même de l'émerveillement propre aux enfants et que j'essaie de conserver en entrant dans ma vie d'adulte. Oui, le Père Noël n'existe pas, et alors ? Est-ce que ça empêche de jouer le jeu pour les plus petits et de passer de bons moments lors des fêtes ? Non. Tolkien a écrit les aventures du Père Noël avec drôlerie, il y a mis la forme et le fond. Chaque année les habitants du Pôle Nord ont de nouvelles choses à raconter aux enfants. Le Père Noël écrit, évidemment, majoritairement à l'encre rouge et verte. Son écriture est tremblotante, parce qu'il est très vieux et qu'il fait très froid, même dans sa maison. L'Ours Polaire est le comique de service, toujours à faire une bêtise. Ses dessins m'ont beaucoup plu, à moi qui ne suis pas très attentive à ce genre de choses. J'ai trouvé qu'ils apportaient un vrai plus, contribuaient pleinement à la magie des lettres. On y voit la maison du Père Noël, des fêtes autour du sapin, l'aurore boréale, les Efles, Ours des cavernes et autres petits personnages.

Ce petit livre d'à peine 120 pages fut un vrai coup de cœur pour moi. Je les relirai avec plaisir et je les  lirai à mes enfants. Tolkien m'a davantage séduite avec ce petit recueil édité post-mortem qu'avec Bilbo, également écrit pour ses enfants. Je vous conseille vivement de vous plonger dans ce livre en cette période de fêtes, vous en ressortirez les yeux pleins d'étoiles...

Samedi 4 janvier 2014 à 10:25

Insurgent
 
J'ai lu en début d'année scolaire Divergent, après avoir vu la BA qui m'a vraiment donné envie de laisser une chance à cette trilogie dystopique. Ayant passé un bon moment avec ce premier tome, j'ai poursuivi le mois dernier avec le deuxième.
 
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Nous retrouvons Tris et Tobias après l'attaque orchestrée par les Érudits. La guerre est déclarée entre les factions, elles-mêmes divisées sur la conduite à tenir. Tris, plus que tout autre, doute des choix qu'elle doit faire.
 
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J'ai trouvé ce tome plus confus que le premier, mais peut-être est-ce parce que Tris elle-même ne comprend pas, et de ce fait elle entraîne le lecteur avec elle. Il y a peu d'action dans ce tome, sauf à la fin. L'histoire est centrée sur le processus de deuil de Tris, qui perd complètement les pédales pendant un long moment, et la façon dont cela affecte ses relations avec les autres, et en particulier avec Tobias. J'apprécie vraiment qu'il n'y ait pas de triangle amoureux dans cette histoire. Tris et Tobias sont un couple et en tant que tel luttent contre les difficultés « classiques », la principale pour eux étant de se faire entièrement confiance. J'ai vraiment beaucoup aimé Tris dans ce deuxième tome, elle doute beaucoup et n'en a été que plus attachante pour moi. Elle fait beaucoup de bêtise, mais elle n'a que 16 ans, je ne pense pas que j'aurais réagi mieux qu'elle à sa place ! J'ai aimé la suivre et en apprendre plus sur ce que cela impliquer d'être Divergent. Le manichéisme du premier tome s'estompe, la belle unité de façade des factions s'effrite et parfois s'effondre. On en apprend aussi plus sur toutes les factions, surtout Amity et Candor (Amicaux et Sincères), avec qui on passe pas mal de temps. Par contre, je désespère un peu de voir que les personnages secondaires restent si peu identifiables, et donc pour moi ennuyeux et souvent inutiles. Je n'avais pas deviné ce que serait la fin, je ne m'attendais pas particulièrement à ce cliffhanger, pourtant il n'est pas très original.
 
Une lecture peut-être un peu moins détente que la première, mais toujours agréable, et qui me donne envie de lire rapidement le dernier tome, Allegiant. Je compte aussi lire les quatre nouvelles prévues par l'auteure Veronica Roth pour nous en apprendre plus sur Tobias et son passé.
 
The World of Divergent: Path to Allegiant
 
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Juste après avoir fini Insurgent, j’ai mis mon nez dans Amazon et j’ai vu que l’auteure avait sorti un livre numérique intitulé The World of Divergent: Path to Allegiant qui était destiné à faire patienter les lecteurs avant la sortie du troisième et dernier tome. Puisque j’en étais justement là, je l’ai lu (il est disponible gratuitement sur Amazon, uniquement en anglais).
 
On y trouve des explications de l’auteure sur le monde qu’elle a créé (le Chicago post-apocalyptique qu’elle a imaginé était d’abord conçu comme une utopie, avant qu’elle se rende compte qu’elle faisait en fait tout l’inverse) ; son analyse de l’importance des noms des personnages, que j’ai trouvée très intéressante quoique vraiment courte ; les manifestes des factions, écrits lors e leur création ; un petit quizz pour savoir à quelle faction nous appartiendrions (on comprend tout de suite quelles réponses mènent à quelles factions quand on a lu les deux premiers tomes) ; et enfin des extraits du tome 3. C’est sympathique, court et gratuit, pourquoi s’en priver ?
 

Jeudi 3 octobre 2013 à 19:02

J’essaie de suivre, au moins à distance, les différentes sorties qui font le « buzz », et je repère ceux qui m’intéressent. Quand l’occasion se présente, j’en découvre, souvent à retardement par rapport aux lectrices qui les reçoivent en service presse. Ça me permet de vraiment sélectionner ce que j’ai envie de lire et de faire de belles découvertes à mon rythme. C’est comme ça que, lundi soir, j’ai décidé de me lancer dans Nos étoiles contraires de John Green. Je l'ai terminé hier, mercredi.
 
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Hazel nous raconte où elle en est. A 16 ans, elle traîne depuis trois ans un cancer de la thyroïde avec métastases aux poumons, qui sont désormais hors d’usage. Dans un groupe de soutien où sa mère l’encourage à aller, elle rencontre Augustus, en rémission complète depuis l’amputation de sa jambe cancéreuse. L’amitié va naître rapidement entre les deux adolescents, mais qu’en sera-t-il pour la suite ?
 
Le ton est donné dès le départ : Hazel n’a que seize ans, certes, mais sa maladie l’a forcée à mûrir plus vite, et en plus elle est intelligente. Elle a un sens de l’humour mordant, une grande culture et est très cynique à propos de la situation. J’ai ri et souri plusieurs fois grâce à elle et à ses conversations avec son entourage, que ce soient ses parents ou Augustus. Ses réflexions m’ont bluffée plus d’une fois. Certes, c’est un roman qui parle d’ados aux ados et qui traite très bien de cette période de la vie, des questions et des sensations qui nous animent à ce moment, mais c’est un roman qui va plus loin que cela. J’ai rapidement fait le rapprochement avec The Perks of being a wallflower (Le monde de Charlie) pour la qualité du fond du texte et la façon d’aborder des sujets aussi difficiles et délicats. J'ai aussi pensé à l'histoire de My Sister's Keeper (Ma vie pour la tienne) qui aborde aussi d'une belle manière la question du cancer chez les enfants (j'ai vu le film avec Cameron Diaz mais n'ai pas encore lu le livre, ça va venir, il est dans ma PAL !). L’idée de faire tourner une grosse partie des réflexions autour d’un roman fictif (Une impériale affliction, d’un tout aussi fictif Peter Van Houten) est sympathique, c’est une sorte de mise en abîme pour le lecteur.
 
Evidemment, vu le point qui réunit les deux protagonistes (le cancer), ce n’est pas joyeux tout du long. Vivre avec une telle maladie, ou avec un enfant, un ami, qui a un cancer, ce n’est ni simple, ni drôle. Je ne cacherai pas que j’ai pleuré, hein, et beaucoup à un moment. La vie n’est ni juste, ni une usine à exaucer les vœux, comme le disent si bien les personnages. Cela n’empêche pas de la vivre, de passer de bons moments, et d’y donner un sens. Ce roman est vrai, il montre une belle façon d’envisager la vie, de continuer quoiqu’il arrive.
 
Sur le style de John Green, je retiendrai que son livre se dévore, vraiment, ça a été très rapide, et c’est bourré de références intéressantes et d’humour. J’ai passé un très bon moment. J’avais essayé de ne pas avoir de trop hautes attentes quant à cette lecture, et de ce fait j’en suis très satisfaite. Je comprends les nombreux coups de cœur sur ce livre, et je serai très curieuse d’aller voir le film à sa sortie (personnellement le choix des acteurs ne me dérange pas du tout !), cependant je ne le classe pas en coup de cœur, à cause de la fin. Non pas que je l’aurais voulue absolument différente, mais comme souvent avec les romans, je la trouve trop rapide. D’un coup, pouf c’est fini, alors qu’on aurait voulu en savoir plus, avoir davantage de détails. Egalement, je pense que le livre est un peu trop court, mais en même temps, le faire plus long était prendre le risque d’ennuyer le lecteur ou d’écrire des âneries. Ce n'est peut-être pas plus mal comme ça.
 

Samedi 14 septembre 2013 à 15:26

J’ai lu cet été lors d’une LC très sympathique avec Miss Elody Born Wicked, le premier tome de la saga The Cahill Witch Chronicles écrite par l’américaine Jessica Spotswood, traduit en français sous le titre de Sœurs Sorcières. Je n’ai pas pu patienter bien longtemps avant de lire la suite, mais j’aurais dû m’abstenir, car il va falloir attendre quasiment un an avant la sortie du dernier tome de cette trilogie ! Je précise que cette chronique va vous spoiler le premier tome, donc ne lisez la suite que si vous l’avez lu… (Chronique ici !)
 
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Nous retrouvons Cate à New London, loin de ses sœurs et de Finn. Elle a du mal à se pardonner de les avoir abandonnés, même contre sa volonté, et rencontre autant de difficultés à s’intégrer parmi les autres filles du couvent des Sœurs. Mais bientôt, un nouveau pan de la prophétie est révélé, et la chasse aux sorcières s’accélère, et la communauté des Filles de Perséphone doit faire des choix. Seulement, les sorcières se divisent rapidement, et Cate doit faire des choix.
 
J’ai retrouvé tout ce que j’ai aimé dans le premier tome. L’auteure continue à bien mener son intrigue et à développer ses personnages. Le rythme reste assez lent, lié à l’esprit de Cate et à ses hésitations sur la conduite à adopter. Jessica Spotwood a su intelligemment réunir ses personnages et les confronter à des situations difficiles. Globalement, mon sentiment sur les protagonistes s’est confirmé. J’apprécie toujours Cate, en qui je me retrouve assez facilement. Je suis très contente d’avoir davantage vu Tess, que j’aime vraiment beaucoup. Finn est toujours aussi charmant et son histoire avec Cate me convainc tout à fait. Je n’ai pas été étonnée de voir mes impressions sur Paul se confirmer ; c’est décidément le genre de personnage que je n’aime pas. Elena et Cora (à peine mentionnée dans le tome 1 je crois) ont remonté dans mon estime. J’ai apprécié de voir qu’au sein même des Sœurs, rien n’est manichéen. J’espère avoir des détails sur le parcours d’un nouveau personnage, Inez. Et surtout, j’ai adoré détester Maura. Elle est passée d’adolescente paumée à adolescente paumée qui fait les pires choix. Au lieu de tomber et de se relever pour apprendre de ses erreurs, elle continue à s’enfoncer, ce qui la rend insupportable.
 
Comme je le disais plus haut, la trame ne se déroule pas vite. Il y a peu de rebondissements ou de péripéties surprenantes, et pourtant j’avais du mal à poser ma liseuse entre chaque chapitre, je voulais toujours continuer (d’ailleurs j’ai terminé ce livre en premier alors que celui que je lis en parallèle a été commencé plusieurs jours avant !). J’avais deviné assez facilement un certain nombre de choses, mais d’autres m’ont agréablement surprise. Je n’imaginais pas que les pouvoirs de Cate prendraient cette direction, et surtout je m’attendais à une toute autre fin. Si vous avez trouvé – comme moi – la fin du premier tome bien tournée parce que dure et inattendue, vous serez très étonnés avec la fin de ce deuxième tome. J’étais trop estomaquée pour pleurer, mais le cœur y était. J’ai hâte, tellement hâte de lire la conclusion de cette histoire !
 
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Au fur et à mesure que je deviens plus à l’aise en anglais, je remarque des choses que je n'aurais pas vue auparavant. J’avais seulement soupçonné en lisant le premier tome certains trucs qui se sont confirmés. Ce n’est pas mal écrit, et par certains mots ou expressions Jessica Spotswood parvient à nous transporter dans ce XIXème siècle imaginaire. Mais certains termes ne sont pas appropriés (ainsi, j’ai vu qu’un mot utilisé plusieurs fois n’a été « inventé » qu’au XXème siècle, et aux Etats-Unis en plus !). Si l’auteure avait su pasticher avec talent la plume de ces écrivains que j’adore, ses romans auraient véritablement été géniaux (avis purement personnel).
 
Je ne vais pas m’étendre davantage. J’ai adoré ce deuxième tome, toujours à mon grand étonnement car la jeunesse n’arrive pas souvent à m’accrocher et à me combler. Bref, un très bon moment de lecture, et je suivrai l’actualité de Jessica Spotswood attentivement même après la fin de The Cahill Witch Chronicles !
 

Mardi 3 septembre 2013 à 8:34

Je précise de suite que cette chronique traite à la fois du tome 1 et de la nouvelle qui s'insère entre la lecture du tome 1 et du tome 2. La chronique de cette dernière va contenir des spoils. Pour ceux qui n'ont pas lu Divergent, arrêtez-vous à la fin de la chronique du tome 1. Le logo "Read in English my dear fellows" ne correspond qu'à la nouvelle, j'ai lu le tome 1 en français.

Divergent

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres2/Divergent.jpgÇa fait des mois que j’entends parler de Divergent, premier tome de la trilogie de Veronica Roth. Forcément, avec la mode à la dystopie, impossible d’y échapper. Je ne m’y étais pas intéressée plus que ça, le reléguant dans la pile des livres à découvrir un jour. Et puis il y a quelques jours, j’ai eu la curiosité d’aller regarder la BA du film qui sortira en 2014 basé sur ce bouquin. En voyant que le rôle principal était tenu par Shailene Woodley, jeune actrice que j’apprécie beaucoup depuis que je l’ai vue dans The Descendants, et qu’étaient également présentes au casting Maggie Q (série Nikita, qu’il faut absolument que je reprenne) et surtout Kate Winslet, l’une de mes actrices préférées, je n’ai plus tergiversé !
 
Beatrice a 16 ans. Dans la société où elle vit, c’est l’année où elle doit passer un teste qui lui dira dans quelle faction elle va passer sa vie. Ensuite, le choix sera le sien. Mais de ce choix dépendra toute sa vie…
 
Résumé plus que succinct. Nous voilà propulsés dans un monde plus ou moins dystopique. La faction d’origine de Beatrice, celle dans laquelle elle est née, est la faction Altruiste. On y vit chichement, mais on n’y est pas malheureux. Il n’y a pas de raison de croire que ça se passe moins bien dans les autres factions. Là où on se retrouve immédiatement dans une dystopie, c’est par l’endoctrinement des factions et l’absence de choix véritable. Impossible de choisir une vie en dehors des factions. Chacune a ses propres règles, et les enfreindre est passible d’exclusion. On se retrouve alors sans-faction, SDF, en gros. On sait peu de choses de ceux-là, mais ils sont nombreux je pense. On ignore depuis combien de temps la société est organisée ainsi, entre les Altruistes, les Audacieux, les Érudits, les Fraternels et les Sincères. Ce qui m’a un peu embêtée, c’est qu’il me semble peu probable d’avoir réussi à enserrer les gens dans des carcans comme ça. Je sais que le type lambda peut très bien se conduire comme un mouton, mais là c’est un peu exagéré je pense. Avant le déclenchement de certains évènements, aucune menace ne semble peser sur la population. Pourquoi s’est-elle laissée faire, s’est-elle laissée imposer des règles sans réagir ? Les raisons avancées par l’auteure ne m’ont pas complètement convaincue, non plus que le monde qu’elle a inventé en règle générale.
 
Par contre, j’ai beaucoup apprécié Beatrice, qui bien vite se fait appeler Tris. C’est un personnage attachant dont j’ai aimé suivre les pensées et l’évolution (contrairement à Katniss qui m’est absolument insupportable dans les romans Hunger Games et m’en a sérieusement gâché la lecture). Ses relations avec les autres et ses réactions sont tout à fait plausibles. Elle m’a touchée plus d’une fois, surtout à la fin, où les larmes me sont même montées aux yeux. Les autres jeunes qui l’entourent ne sont pas très intéressants, en particulier Will et Christina. Al m’a énervée plus qu’autre chose. J’ai bien aimé Uriah, dommage qu’on ne le voit pas plus, peut-être dans les tomes suivants. Les méchants sont un peu trop manichéens. Ils sont méchants, point. Quatre est un personnage plus intéressant mais qu’on devine trop facilement. Ses blessures « secrètes » ne le sont pas tant que ça et ses sentiments sont à mon avis très clairs, mais il ne faut pas oublier qu’on reste dans une lecture jeunesse.
 
De ce point de vue, le livre remplit très bien son office. Il se lit très facilement grâce à un langage simple et procure une bonne détente (tout à fait bienvenue avant la rentrée). Les trois premiers quarts du livre sont concentrés sur Tris et même si ça se lit vite, c’est un peu lent car il ne se passe pas grand-chose. L’auteure ne nous donne que des petites miettes de l’intrigue sous-jacente, et on finit par s’impatienter. Mais quand les événements se déclenchent, tout va très vite jusqu’à la fin, et là il est difficile de poser le livre avant de l’avoir terminé.
 
Je suis contente d’être tombée sur une lecture agréable et distrayante où on ne nous demande pas de réfléchir mais juste de nous laisser porter. Le livre s’achève sur une envie de connaître la suite, que je compte lire dès que possible (je dis ça pour toutes les sagas que j’ai bien aimées, je sais…). En plus, la trilogie sera bientôt achevée, j’ai vu que le tome 3 sortait dans pas très longtemps. Et bien sûr, j’attends le film !
 

Free Four

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres2/FreeFour.jpgJ'ai vu sur Livraddict qu'il existait une nouvelle racontant un évènement de Divergent du point de vue de Quatre, en vue de faire patienter du temps où le tome 2 n'était pas sorti. Cette nouvelle n'étant disponible qu'en anglais, je me suis dit que ce serait un bon moyen de tester l'écriture de Veronica Roth avant de lire le tome 2, afin de décider si je continuerai en français ou passerai à la VO.

C'est véritablement une nouvelle, et donc un texte très court. Il reprend la narration à la première personne et au présent de Divergent mais à la place de Tris, c'est Quatre qui parle. Ce que j'ai beaucoup apprécié, c'est de voir qu'en réalité, la traduction française est assez approximative. Les Altruistes ne sont pas dénommés ainsi en anglais. Ils sont plutôt appelés "Rigides". La langue est très facile, on sent bien que ce sont des livres destinés à la jeunesse.

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Le changement de point de vue permet de découvrir certaines choses sur le passé de Quatre qui ne sont pas mentionnées dans le tome 1. On le voit réfléchir face à Eric, et on comprend mieux la nature de leur relation. On regarde également avec attendrissement Quatre se rendre compte qu'il es trop tard : il est amoureux de Tris. Et surtout, on voit comment il pense, quels sont ses raisonnements et le pourquoi de ses actions qui paraissent assez nébuleuses du point de vue de Tris.

En bref, c'était une petite histoire sympa, même si j'aurais préféré un passage inédit plutôt que la répétition d'un évènement d'un autre point de vue. Je pense continuer la saga en anglais, ça me permettra de ne pas attendre la traduction du tome 3.

Samedi 10 août 2013 à 14:43

Depuis la sortie de Sœurs sorcières, j’ai vu passer différentes chroniques, généralement positives malgré quelques bémols de-ci de-là, et allez savoir pourquoi, ma curiosité a été piquée. Je lis assez peu de romans qui viennent de sortir, et assez peu de jeunesse aussi. Mais là, j’avais bien envie d’une histoire de sorcières, d’une lecture sans prise de tête. Comme Miss Elody voulait également découvrir ce roman, nous avons fait une lecture commune. Et je n’ai pas été déçue !
 
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Ce premier tome (sur trois prévus) commence alors que Cate, l’aînée de trois sœurs orphelines de mères, approche de ses dix-sept ans, vers la fin du XIXème siècle. Or, dans la société où elle vit, c’est l’âge où les jeunes filles doivent annoncer leur engagement, à un mari ou au Seigneur. Se marier ou entrer chez les Sœurs… C’est déjà bien assez difficile comme ça, mais pour Cate c’est pire encore, car elle est une sorcière, ainsi que ses sœurs, Maura et Tess. Et dans cette Nouvelle Angleterre, la Fraternité est toute-puissante depuis la chute des Filles de Perséphone et chasse la moindre sorcellerie mais aussi le moindre écart de comportement des femmes. Cate a promis à sa mère avant qu’elle ne meure qu’elle protègerait ses sœurs, mais comment faire à présent ?
 
Le début du roman est un peu lent. Cate est la narratrice, et Jessica Spotswood prend le temps de nous décrire la vie de jeunes filles issues d’un milieu aisé dans ce monde patriarcal et la problématique qui se pose pour son personnage principal. On apprend également à connaître les trois sœurs et d’autres protagonistes importants. L’intrigue démarre doucement, mais au bout d’un moment chaque chapitre apporte une nouvelle révélation, et j’ai été happée par l’histoire. La société créée par l’auteure n’est pas très originale, non plus que les trames principales de l’intrigue, mais le tout fonctionne bien. Il n’y a pas d’accrocs, je ne me suis dit à aucun moment : « C’est pas logique ! ». J’ai trouvé que le tout était bien équilibré, car si on apprend rapidement que les Frères sont plutôt horribles, et que leur chasse aux sorcières et aux mauvaises mœurs est immonde, ce ne sont pas les seuls à faire de mauvaises choses. Nous n’avons pas d’un côté les méchants et de l’autre les gentils, c’est bien plus diffus que ça, et si comme moi vous vous laissez prendre par la lecture, vous aurez de belles surprises !
 
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J’ai également été séduite par les thèmes abordés dans le roman. La famille et l’amour qui unit ses membres, la sexualité, l’adultère, l’alcoolisme, le paraître en société… Autant de sujets qui sont bien traités et que j’espère voir développés dans les prochains tomes. J’ai surtout beaucoup aimé les personnages. J’avais peur de ne pas accrocher avec Cate, mais finalement je l’ai trouvée courageuse, réfléchie, désireuse de bien faire et ne rechignant pas à accepter de voir ses erreurs en face. Elle est loin d’être parfaite et si elle a parfois un caractère de chien ou se plaint un peu, ça ne l’a rendue que plus attachante à mes yeux. La deuxième sœur, âgée de quatorze, Maura, est de loin la plus énervante, mais je pense que c’est largement voulu, et que ce ne sera pas sans conséquence sur la suite de l’histoire. Elle est très irritante mais aussi très réelle, une adolescente perdue, et j’ai éprouvé de la compassion pour elle à la fin du livre. Quant à Tess, je suis déçue qu’on ne la voit pas plus, elle est adorable ! À douze ans, elle n’est plus vraiment une enfant, mais pas non plus une adolescente comme ses sœurs, et elle est d’une perspicacité et d’une intelligence prodigieuse. C’est, de loin, la plus à plaindre des trois je pense, et j’espère vraiment que tout se passera bien pour elle (croise les doigts pour les tomes suivants !).
 
Parlons rapidement des autres personnages. J’ai adoré Finn, je l’ai trouvé génial, tout à fait mon genre ! Contrairement à d’autres lectrices, je n’ai pas trouvé qu’il était le beau gosse habituel des romans pour ados, bien au contraire. Par contre, je n’ai vraiment pas aimé du tout Paul, que j’ai eu envie de claquer quasiment depuis le début. Même sensation avec Elena, que j’ai cordialement détestée dès son apparition. Frère Ishida est juste comme il faut vu le rôle que l’auteure lui a attribué, et les détails qu’elle nous livre à son sujet sont croustillants.
 
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Je me suis lancée dans la lecture en anglais sans trop d’hésitation vu qu’il s’agit d’un roman jeunesse, et en effet je l’ai trouvé très abordable. L’auteure emploie un ton facile à comprendre mais insère aussi quelques tournures de phrases ou mots de vocabulaire un peu plus élaborés qui nous emmène plus facilement dans l’époque où se situe l’histoire. Par contre, j’ai tout de même senti à certains moments un peu trop de liberté et des phrases qui seraient anachroniques dans un roman écrit à cette époque, mais rien de vraiment grave ou choquant. Ce qui m’a le plus gênée, ce que je n’ai vraiment pas aimé, c’est cette fichue narration au présent. Le temps pour raconter les histoires, c’est le passé pour moi, et si le présent peut parfois être utilisé pour un effet de style, ça doit rester rare. Ça m’embêtait vraiment beaucoup au début, mais plus l’histoire avançait et moins j’y faisais attention. Néanmoins, le livre aurait vraiment été meilleur avec une belle narration au passé.
 
J’ai été très agréablement surprise par ce roman, et j’ai hâte de lire la suite (mieux vaut ne pas trop me presser tout de même, car le tome 3 n'est pas encore sorti en VO), alors que généralement ce n’est pas vraiment mon genre de lecture. Jessica Spotswood a véritablement du talent à mon sens, et je ne manquerai pas de suivre son travail !
 

Deux petits extraits de la pensée des Frères :
 
Submission,” he announces. “You must submit to our leadership. The Brotherhood would lead you down the path of righteousness and keep you innocent of the world’s evils. We know you want to be good girls. We know it is only womanly frailty that leads you astray. We forgive you for it.
 
When the witches were in power, they did not encourage girls to take their rightful place in the home. They cared nothing for protecting girls’ virtue. They would have women aping men – dressing immodestly, running businesses, even forgoing marriage to live in unnatural unions with other women.
 

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