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Qu'il est bon d'être futile !

Mercredi 11 mars 2015 à 19:12

Les copines de Lille ont lu au club de lecture le tome 1 de Tobie Lolness, La Vie Suspendue, de Timothée de Fombelle. Elles étaient si enthousiastes que j’ai eu envie de le lire moi aussi ! Ça tombe bien, il était dispo à la petite bibliothèque du boulot.
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Tobie vit dans l’arbre. Il a 13 ans. Et il est poursuivi par son peuple, en danger de mort, séparé de ses parents, seul au monde.
 
Dès les premières pages, j’ai absolument adoré le style de l’auteur. Travaillé, drôle, pointu, émouvant… Tout y est. Timothée de Fombelle fait partie de ces auteurs qui maîtrisent leur langue d’écriture. Et surtout, il ne prend pas ses lecteurs, jeunes ou moins jeunes, pour des idiots. Ils sont capables de comprendre, même les ados, même les petits, un vocabulaire un peu plus élevé que le langage sms, de saisir les nuances, l’humour… Pas en intégralité bien sûr, mais à chaque tranche d’âge et à chaque relecture on découvre de nouvelles choses, et c’est ça qui rend les livres si intéressants !
 
"Même une plume d'ange peut crever un œil, si on la prend du mauvais côté."
 
En plus, l’histoire est vraiment prenante. J’ai été prise dedans dès le début. L’intrigue est bien construite, les pièces du puzzle s’enchaînent les unes après les autres. J’ai adoré tout remettre en place. Il y a pas mal de suspense. D’ailleurs, plusieurs chapitres se terminent en cliffhanger. Et les dessins de François Place apportent un plus très agréable. S’il y a une édition en couleurs, je suis preneuse ! Car oui, j’ai bien l’intention d’acheter ce diptyque à la première occasion ; je ne doute pas que le deuxième tome me ravira aussi.
 
Le personnage de Tobie est très attachant. Je l’ai tout de suite aimé, et je me suis dit qu’on gagnerait tous à être un peu plus comme lui. Il est courageux, gentil mais pas idiot, il a juste ce qu’il faut de la naïveté de l’enfance sans être pour autant crédule, il est pétri d’humour… Ses parents sont très chouettes aussi. Son père, intellectuel un peu à part et qui a de forts principes ; sa mère, un roc, une femme douce mais au fort caractère. Elisah, l’amie de Tobie, m’a plu par son mélange de force et de fragilité et son côté mystérieux. Quant aux personnages secondaires et aux méchants, ils sont tous marquants à leur façon.
 
"Il comprit qu'on ne vit pas seulement d'air, d'eau, de chaleur, de lumière, de nourriture et de conscience du temps. Alors de quoi se plaignait-il encore? De quoi vit-on en plus de tout cela? On vit des autres. C'était sa conclusion. On vit des autres."
 
Je crois que ce que j’ai préféré, c’est l’univers créé par l’auteur. L’arbre, le mode de vie de ses habitants, les thèmes portés : les valeurs familiales, l’attention à l’environnement et aux ressources, l’importance de la culture et de la science face à l’ignorance… Vraiment, j’étais scotchée, c’est de très grande qualité.
 
En résumé, un roman qui m’a plu du début à la fin et dont je ressors bouleversée d’une certaine manière. J’ai hâte de lire la suite et d’avoir cette fantastique histoire dans ma bibliothèque, prête pour mes futurs enfants !
 
"Ce jour-là, Tobie comprit, en regardant Maïa, que quand on pleure quelqu'un, on pleure aussi ce qu'il ne nous a pas donné. Maïa pleurait la mère qu'elle n'avait pas eue. Désormais, c'était certain, une mère idéale ne traverserait pas sa vie."

Jeudi 12 février 2015 à 18:18

J’ai une mémoire qui peut être très performante ou particulièrement déficiente. Ainsi, en commençant Curtsies and Conspiracies, j’avais très bien en tête les personnages et l’univers développés dans le premier tome de Finishing School, Etiquette and Espionage, mais je ne me souvenais plus de l’intrigue, ou alors très vaguement... Je me suis donc lancée dans ce second tome sans réfléchir, avec seulement l’envie d’être divertie, et j’ai été servie au-delà de mes espérances.
 
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On retrouve Sophronia et les autres élèves de l’école de Mademoiselle Geraldine alors que les recrues les plus récentes, dont Sophronia fait partie puisqu’elle est élève depuis seulement six mois, passent leur première évaluation. Les résultats vont être plein de surprises pour Sophronia, ce qui ne va certainement pas l’empêcher de continuer à laisser traîner ses oreilles partout, et ainsi entendre parler d’un voyage à Londres et d’une nouvelle conspiration qui pourrait bien avoir des incidences non seulement sur la communauté humaine mais aussi sur la communauté des surnaturels...
 
Quel délicieux moment j’ai passé avec Sophronia ! J’apprécie de plus en plus ce personnage. Elle est presque trop maligne, mais Gail Carriger réussit avec brio à nous la rendre tout à fait attachante en la mettant face à face avec ses faiblesses. Elle vit deux moments/périodes difficiles dans le roman où elle m’a vraiment touchée, sans cesser de me faire rire ou sourire (SPOIL : lorsqu’elle est ostracisée par les autres élèves suite à ses excellents résultats sur ordre des professeurs et lorsqu’elle prend la mesure des actes qu’elle doit commettre en tant qu’espionne et la culpabilité qui s’ensuit).
 
La narration est très intelligente et permet parfaitement à un lecteur amateur non bilingue tel que moi de comprendre : des indices sont disséminés tout au long de la lecture, certains passages fonctionnent par des jeux de sarcasmes ou de sous-entendus, mais il y a toujours un moment qui explicite ce qui n’était pas clair. À la fin du roman, on sait qui a fait quoi et pourquoi (sur ce deuxième point, on a en tout cas les hypothèses en présence !). Cela fait de Finishing School une très bonne saga pour les jeunes, pas du tout idiote, et qui les mènera efficacement vers des lectures de plus en plus riches (à commencer par The Parasol Protectorate ♥).
 
Et puis ce style, alalala j’adore ! J’ai lu une partie du roman pendant mes pauses déjeuner, et j’avais bien du mal à ne pas glousser devant tout le monde tant la plume de Gail Carriger est amusante. Je m’y perds parfois un peu entre tous les objets inventés par l’auteure et les nombreux vêtements qu’utilisent les jeunes filles, mais c’était déjà le cas en lisant la traduction, alors... Je prends en tout cas toujours autant de plaisir à lire cette vivacité propre à Gail Carriger.
 
Vivacité qui se retrouve en particulier dans ses personnages, toujours plus nombreux et délicieux. J’ai eu l’immense bonheur de retrouver l’un de mes chouchous de la première saga qui m’a fait dévorer la fin du bouquin et désespérer de ne pas pouvoir lire la suite immédiatement. Si ce que je pense va effectivement arriver... Ah, ça va être génial ! La suite promet d’être excellente ! J’ai trouvé Vieve particulièrement intéressante, car dans certains de ses actes (et dans une certaine prédiction), on entrevoit déjà l’adulte en devenir et qu’on retrouve dans The Parasol Protectorate. Les développements sur ce personnage éclairent utilement certains points de cette saga. J’aime beaucoup Dimity, elle a des airs de ressemblance avec cette folle d’Ivy et joue d’ailleurs un rôle assez similaire pour Sophronia à celui d’Ivy pour Alexia, sauf que Dimity est dès le début « dans le secret » de Sophronia puisqu’elles suivent la même formation, alors qu’Ivy ignore la véritable nature d’Alexia au début de la saga. J’aime aussi beaucoup Soap (s’il y a un camp à choisir entre lui et Felix, je choisis lui !), très prometteur. Voir Sidheag jeune est toujours une sacrée distraction !
 
Je pense que cette chronique est assez claire : j’ai adoré ce deuxième tome ! C’était exactement la lecture dont j’avais besoin. J’ai vraiment hâte de lire la suite Waistcoats and Weaponry. Vivement ma prochaine commande sur The Book Depository... Et aussi la sortie du dernier tome, apparemment prévue pour la fin de l’année ! Je suis également très impatiente de commencer The Custard Protocol, dont le premier tome est à paraître en mars et qui se passe après The Parasol Protectorate...
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Jeudi 25 décembre 2014 à 11:16

Qui n’a jamais entendu parler du roman de Charles Dickens intitulé en VO A Christmas Carol ? Pas moi en tout cas. Cette histoire est devenue une partie des monuments de la littérature britannique du XIXème siècle, et son protagoniste, Scrooge, est connu de tous. Avare comme Scrooge, comme en France on peut être avare comme Harpagon. Bref, je connaissais l’histoire de nom, j’avais remarqué les nombreuses références qui lui sont faites, il me semble même avoir vu une ou deux adaptations. Il était temps que je découvre le texte – et Dickens par la même occasion, et tant qu’à faire en VO.
 
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La veille de Noël, Scrooge est aussi grincheux, pingre et mauvais que d’habitude. Il en fait voir de toutes les couleurs à son employé, aux gens qui viennent faire appel à son bon cœur, à son neveu qui continue, chaque année, de l’inviter pour fêter Noël, malgré l’accueil toujours désagréable qu’il reçoit. Mais ce soir-là, en rentrant dans sa demeure lugubre, il tombe sur le fantôme de son ancien associé, qui lui annonce que trois Spectres vont venir le visiter – un pour les Noëls passés, un pour les Noëls présents et un pour les Noëls futurs.
 
Le début de ma lecture a été dur, la langue de Dickens est loin d’être facile ! Quand on pense que ce livre est destiné en premier lieu aux enfants, on se dit que le niveau de la langue n’est vraiment plus le même de nos jours... Après le premier « couplet », ça été un peu mieux, mais cette expérience me sert d’avertissement : je lirai les gros romans de Dickens traduits. La construction des phrases n’est pas difficiles, mais la variété de vocabulaire utilisée est impressionnante. En regardant le dictionnaire intégré à ma liseuse, j’ai vu que beaucoup de mots ne sont plus utilisés aujourd’hui et relèvent du langage populaire.
 
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Dickens, en tout cas, maîtrisait sa plume : il décrit parfaitement des situations cocasses ou effrayantes. J’ai vraiment trouvé la force d’évocation de Dickens terrible. On sent que par ce « chant », il a voulu distraire les jeunes lecteurs/auditeurs (le texte se prête très bien à la lecture à voix haute je pense), tout en leur faisant un peu peur : si vous n’êtes pas gentils et bons dans votre avis, voici ce qui pourrait vous arriver ! Le côté moralisateur propre à l’époque victorienne se fait sentir mais reste léger, même si le manichéisme n’est pas tout à fait absent de cette histoire.
 
J’ai beaucoup aimé la narration de Dickens. C’est vraiment lui qui nous raconte cette histoire, il « intervient » donc plusieurs fois dans son récit en faisant une remarque facétieuse à propos de ceci ou de cela. Il se voit aux côtés de ses personnages et nous invite à venir avec lui, et c’est facile de plonger, de s’y croire aussi.
 
L’histoire est très convenue, on voit vite après le deuxième couplet où l’auteur veut en venir, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’être curieuse : quelle nouvelle situation va-t-il montrer ? Comment s’en sortent les personnages ? Scrooge a-t-il déjà compris ? Que va-t-il faire exactement ? L’esprit de Noël est très présent, sous des formes différentes, et ce malgré la pauvreté de certains protagonistes, ou la saleté des quartiers. En effet, Dickens n’oublie pas de continuer à montrer la situation de ces oubliés, dont la société commençait seulement à bien vouloir s’occuper, en mettant cette fois sous le nez du lecteur un trait en particulier : la capacité à rire et à vouloir le bien des autres, même quand on est soi-même mal loti. Belle leçon en cette période de fêtes !
 
Je retiendrai surtout de cette lecture la plume de Dickens et sa narration, qui m’ont permis de comprendre pourquoi la plupart de ses romans sont d’énormes livres, et le personnage de Scrooge, incarnation vivante du miracle de Noël ! A Christmas Carol n’est pas très gros, donc si vous voulez découvrir un texte de cet auteur, autant commencer avec celui-là.
 
"If you should happen, by any unlikely chance, to know a man more blest in a laugh than Scrooge's nephew, all I can say is, I should like to know him too. Introduce him to me, and I'll cultivate his acquaintance."

Vendredi 12 décembre 2014 à 19:00

En général j’aime beaucoup les romans de Stéphane Soutoul, et c’est un auteur vraiment charmant. Je n’ai pas voulu acheter en papier sa dernière parution, Si proche de lui, car je trouvais le roman cher et la couverture pas du tout à mon goût. Mais ma curiosité a été la plus forte et je l’ai acheté en ebook.
 
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Sonia commence mal ses vacances d’hiver. Son petit ami Alex la largue d’une manière lamentable, elle se fait accoster par Benjamin la brute du lycée, est punie par sa tante pour ses mauvaises notes, l’empêchant ainsi d’aller en vacances avec son amie, qui lui en veut à mort de la laisser tomber. Qu’à cela ne tienne, Sonia en a marre et décide d’utiliser ses pouvoirs de sorcière pour se transformer en chat. Son équipée sauvage dans Salem tourne mal. Blessée, elle est recueillie par Benjamin, qu’elle a justement envoyé sur les roses plus tôt dans la journée.
 
Le roman est à la première personne, c’est Sonia qui nous raconte ses aventures. Ce choix de narration entraîne souvent une baisse de la qualité de l’écriture, les auteurs choisissent la facilité, mais pas ici. Stéphane Soutoul nous offre un roman jeunesse bien écrit. Il mêle humour et émotion dans les déboires de Sonia. Globalement j’ai passé un assez bon moment, ça se lit vite et ça détend, mais je n’en garderai pas un bon souvenir.
 
L’humour, au départ très sympathique, finit par être lourd. Sonia est en fait très agaçante, elle change vite d’avis, est une enfant gâtée… Benjamin m’a davantage plu, mais j’ai été très embêtée par son histoire personnelle. Ça partait bien, et puis les évènements improbables s’enchaînent, l’intrigue perd toute crédibilité. Finalement je ne me suis pas attachée aux personnages, et j’ai lu la fin par réflexe, parce que je n’abandonne que très rarement un roman en cours, mais sans grand plaisir. Le livre m’attirait aussi parce que la quatrième couverture promettait de la magie, mais en fait cet élément n’est qu’un prétexte. C’est peu utilisé, pas du tout approfondi, et sert à tirer des ficelles grosses comme moi… Pareillement, même si j’ai été émue une ou deux fois, l’émotion est la plupart du temps comme forcée. Je n’y ai pas cru, je n’ai pas adhéré.
 
Je sais que le roman est destinée aux jeunes, mais je me souviens comment j’étais lorsque j’avais 16-17 ans, et je n’aurais pas apprécié. Le livre reste trop enfantin, je le donnerai plutôt à lire à des filles de 10-12 ans.
 
Il y a du bon, mais l’ensemble n’a pas pu me convaincre. J’en suis désolée parce qu’habituellement j’aime beaucoup les romans de cet auteur. Ça ne m’empêchera pas de continuer à lire sa série Anges d’Apocalypse et de suivre ses futures parutions.
 
"- C'est compliqué. il  y a une autre fille. Je ne voulais pas te l'annoncer comme ça, promis.
- Une autre fille ? répétai-je en refoulant les larmes qui me brûlaient les yeux (vous ne passerez pas ! enjoignait la partie de moi la plus digne à mes canaux lacrymaux, à la manière de Gandalf face au Balrog).
"

"L'entraide féline que Walt Disney nous a vantée dans les Aristochats ne serait donc qu'une vaste fumisterie ?"

Vendredi 12 décembre 2014 à 12:15

Je n’ai pas pu résister à la sortie de La Véritable Histoire de Noël. J’avais envie d’une lecture pile poil dans ce genre-là, et je n’en avais pas sous la main, alors j’ai craqué ! Mais aussitôt acheté, aussitôt lu, l’incidence sur ma PÀL est donc neutre, et je ne regrette pas celle sur mon porte-monnaie, car j’ai passé un bon moment avec ce roman jeunesse.
 
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Le jeune Nicolas a 5 ans lorsqu’il devient orphelin, juste avant Noël. Le village est pauvre, et personne n’est en mesure d’adopter Benjamin, mais la petite communauté se serre les coudes et trouve une solution assez originale : chaque famille hébergera Nicolas pendant un an, et à chaque Noël il passera dans une autre famille. Nicolas va grandir ainsi, partagé entre le désir de remercier par des cadeaux les gens qui l’ont accueilli à chaque Noël, et la tristesse de devoir les quitter.
 
Ce livre est sorti en Finlande il y a un petit bout de temps et a pas mal marché, il a d’ailleurs été adapté au cinéma. Personnellement, je ne connaissais pas du tout, j’ai donc eu le plaisir de découvrir l’histoire du début à la fin. Nicolas est un petit garçon gentil et attachant, mais qui a vécu des choses difficiles. Malgré sa bonté et son envie d’être avec d’autres personnes, il garde ses distances avec les autres, et fait des erreurs comme n’importe quel être humain perdu peut en faire. Ce personnage est plutôt réaliste, ce qui est agréable car cela permet de s’identifier à lui et de croire à son histoire. Les enfants n’auront pas de mal à être triste et à se réjouir pour lui.
 
L’auteur, Marko Leino, invente une histoire globalement crédible, et nous emmène loin au Nord, où le froid règne partout et sur tous. L’ambiance créée m’a bien plu, je n’avais aucun mal à imaginer le décor où vit Nicolas. Exactement ce qu’il faut pour se mettre dans l’état d’esprit de l’hiver et de Noël ! Son livre est très équilibré : la vie peut se montrer dure ; ces moments difficiles sont contrebalancés par la gentillesse que l’on peut se porter les uns aux autres et par tous les petits et grands moments de bonheur du quotidien. C’est assez simple en revanche, mais c’est mignon, et c’est fait avant tout pour enseigner aux enfants à garder espoir et à être gentil, sans user des mécanismes du père Fouettard si j’ose dire… Il n’y a pas d’un côté les méchants punis et de l’autre les gentils récompensés, il y a simplement la vie et ses travers, ses détours, ses joies et ses peines.
 
J’ai bien aimé que l’histoire n’utilise pas trop les clichés de Noël qu’on connaît tous. Elle avance tranquillement, et les éléments tombés dans la culture populaire n’apparaissent que parcimonieusement, à coups de clins d’œil sympathiques. On est donc plus dans une réinvention de légende, une complète réécriture, que dans la simple réutilisation du folklore occidental récent.
 
Bref, un roman qui se lit vite et bien, qui remplit tout à fait son office et que je serai ravie de relire pour mes enfants un jour !
 
"Mais tout n'est peut-être pas si tranché dans la vie. Il n'est sans doute pas d'événement complètement heureux ou malheureux. Peut-être le bien et le mal vont-ils de pair, malgré leur différence ? Tout comme un malheur peut engendrer de bonnes choses, un bonheur peut aussi causer bien des déboires.
Peut-être devrions-nous nous abstenir de qualifier les événements de la vie lorsqu'ils se produisent, et attendre d'avoir du recul pour juger de ce qu'ils recèlent le plus au final : du bien ou u mal, ou, qui sait, de l'un autant que de l'autre ?
"

Samedi 1er novembre 2014 à 15:23

Après avoir bien apprécié La Suriedad et bavé sur les couvertures de Porcelaine (j'ai finalement craqué et l'ai acheté) et Un éclat de givre pendant des mois, j’ai finalement tenu dans mes mimines le premier tome de La Voie des Oracles, intitulé Thya. Merci à Babelio de m’avoir retenue pour cette lecture !
 
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Gnaeus Sertor, général romain à la retraite en Aquitania, est attaqué par des pirates Pictes. Sa fille de 16 ans, Thya, pressent que cette attaque n’est pas fortuite. Elle utilise ses dons d’oracle, qu’elle maintient cachés depuis toujours dans cette Europe du Vème siècle où la religion chrétienne domine de plus en plus ; ses visions lui révèlent qu’elle doit se rendre à Brog, haut lieu de faits d’armes de son père. Le voyage sera dur, tant du fait des barbares qui profitent de la faiblesse de l’Empire romain que des poursuites lancées à son encontre par son frère Aedon.
 
Je vais commencer par les quelques choses qui m’ont chagrinée. L’alternance des temps m’a déstabilisée plus d’une fois. Quand le présent intervient sans raison, ça me coupe dans ma lecture (en même temps je suis une grande adepte de la narration tout au passé, c’est ce que je préfère). Peut-être est-ce un choix pour faciliter la lecture des jeunes auquel ce livre est destiné, mais j’ai trouvé ça dommage. De même, il y a des coquilles qui traînent à plusieurs reprises, alors que le livre est nickel par ailleurs (c’est vrai que la couverture est très belle).
 
J’ai également haussé les sourcils d’agacement à certains moments, par exemple lorsqu’un certain personnage commence à s’intéresser à une fille parce qu’au lieu d’être en mode sauvageonne comme elle en a l’habitude, elle est coiffée, maquillée, bien habillée… Plus tard on comprend que ses sentiments ne sont pas si superficiels mais ça m’a tout de même gênée. Les liens qu’on « découvre » entre les personnages sont parfois trop faciles et mènent à des situations et péripéties un peu exagérées de mon point de vue.
 
Maintenant que j’ai râlé comme je sais si bien le faire, passons au positif. En dehors des points que je soulevais plus haut, j’ai apprécié l’écriture, généralement fluide et agréable. L’univers m’a énormément accrochée. Cette période de l’Antiquité tardive est très peu traitée dans les livres et a longtemps été dédaignée par les historiens. La faire vivre ainsi dans un roman avec en plus des éléments fantastiques est une excellente idée à laquelle j’ai adhéré sans souci. On sent qu’Estelle Faye n’a pas fait son bouquin au hasard, elle a fait des recherches, utilise du vocabulaire précis, mais je regrette qu’il n’y ait pas de glossaire. Avec le contexte on comprend globalement ce que veut dire le mot, mais une petite annexe avec des explications aurait été l’excuse idéale pour nous cultiver. Avec ce premier tome, Estelle Faye ouvre les portes à de nombreuses possibilités, et j’ai hâte de voir comment elles seront exploitées dans les prochains tomes.
 
J’ai bien aimé suivre les personnages, même si je dois dire qu’ils ne m’ont pas complètement conquise. Peut-être est-ce parce qu’ils sont relativement nombreux et que la narration saute souvent de l’un à l’autre, créant certes du dynamisme et permettant de captiver notre attention même en l’absence d’action, mais nous empêchant de nous attacher à Thya, Enoch et Mettius. L’absence de surprise dans leur évolution et dans le déroulé de l’histoire joue peut-être aussi. Je dois dire que je suis quand même curieuse de savoir ce qui va leur arriver ensuite, et notamment quel choix fera Thya à propos de son père.
 
En résumé, un bon premier tome, avec un univers qui m’a énormément plu, mais j’espérais encore plus de ce roman, qui pèche pour moi par certains côtés trop jeunesse, mais je suis toujours très difficile pour cette catégorie de romans. 

Mardi 14 octobre 2014 à 18:54

J’avais adoré La Guerrière Fantôme, tome 1 des Chroniques de Siwès, si bien que j’avais aussi acheté Au Sortir de l’ombre (à lire bientôt j’espère !), lu Curiosité malsaine et plus récemment Subliminale, le tome 1 de la nouvelle saga jeunesse de Lise Syven (ou Syven tout court, moi ça ne me perturbe pas outre mesure !) intitulée La Balance Brisée. J’ai réussi à le lire avant d’aller aux Halliennales et de rencontrer la très charmante Syven (je comprends pourquoi elle est amie avec Silène Edgar, elles se ressemblent toutes les deux).
 
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Rien ne va plus pour Élie depuis la mort de ses parents dans un accident de voiture. Son frère aîné et sa tante, qui s’occupe d’eux à présent, se comportent bizarrement. En les espionnant, Élie entend des choses encore plus étranges, qui sont peut-être en lien avec la mort de ses parents.
 
J’ai dévoré en trois jours ce roman jeunesse fantastique qui réussit brillamment à reprendre les codes du genre tout en mettant en avant sa propre originalité. La narration est faite à la première personne, ce qui fait que très vite, on entre dans la vie d’Élie et on s’attache à elle facilement. C’est une collégienne curieuse, qui va être dépassée par les événements, faire quelques bourdes, utiliser son intelligence, et avancer quoi qu’il arrive. Parfois têtue, parfois ado en crise mais jamais exaspérante. Elle m’a fait rire (enfin, l’auteure à travers elle) plus d’une fois avec le regard qu’elle porte sur les autres et sur les situations qu’elle vit, mais reconnaît rapidement le sérieux d’un problème qui se pose. Ses réactions m’ont toujours paru plausibles, voire très matures pour une jeune fille de son âge orpheline depuis peu. Cependant on ne tombe pas dans le larmoyant ; au contraire, on se rend compte très rapidement qu’Élie est bien entourée et peut compter sur ses proches. Leur amour les uns pour les autres lui donne du courage et réchauffe au passage le cœur du lecteur.
 
J’ai aussi beaucoup apprécié nombre de personnages secondaires, notamment Fatou et Mag. Syven a créé des personnages hauts en couleur, qui dynamisent le récit et ne s’oublient pas facilement, en exploitant la diversité qui existe aujourd’hui dans notre pays, tant dans les origines que dans les modes de vie. Mag m’a vraiment plu avec ses petites manies tellement humaines (la cigarette quand elle est stressée, le verre de vin quand elle a besoin de se poser pour réfléchir tranquillement) et ses efforts pour faire face à tout ce qui tombe sur cette petite famille amputée de deux de ses membres principaux. Et puis il y a Mirza, qui retranscrit une idée absolument super ! (Il vous faudra attendre la fin du roman pour comprendre de qui il s’agit !)
 
À propos de l’intrigue, elle est bien construite, sans grande surprise mais suffisamment développée pour m’avoir donné envie de continuer ma lecture sans me poser la question. Elle est plutôt classique ; je dirais que c’est l’univers créé qui fait la force du roman. Syven nous offre des petits bouts de magie succulents, dont il me tarde de voir les développements dans le tome 2. Découvrir tout cela en même temps qu’Élie était très agréable. Je ne doute pas que des enfants vont avoir envie de s’essayer à la magie en singeant l’héroïne, tout comme j’ai imité Harry Potter, Guillemot ou les petites sorcières de la trilogie des Charmettes.
 
La fin n’offre pas de cliffhanger, et pourtant j’aurais voulu l’avoir déjà sous la main. C’est tout dire, non ?

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Lundi 29 septembre 2014 à 18:03

L’été dernier, je terminais à regret Star Cursed, le deuxième tome de The Cahill Witch Chronicles, ou la saga Sœurs Sorcières en français, sur un cliffhanger qui broie le cœur. Le dernier tome, Sisters’ Fate, est sorti au moins d’août aux États-Unis, et ça y est, je l’ai lu !
 
Cate est désespérée. La trahison de Maura la pousse au bord du gouffre, en même temps que Tess se retrouve exposée chez les sorcières, à présent clairement divisée entre le parti d’Inez et celui de Cora, repris par Cate. Les Frères ne vont pas non plus manquer de réagir violemment aux dernières actions des sorcières, quel que soit leur parti.
 
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Ce dernier tome commence au moment où finissait le deuxième. Si vous l’avez lu, je vous laisse imaginer l’état de Cate et le mien, entre désespoir et envie de meurtre ! Immédiatement après cela, les éléments pour le final de l’intrigue commencent à se mettre en place. Jessica Spotswood continue à nous faire le coup de l’ascenseur émotionnel tout du long de ce troisième roman : un instant la situation s’améliore, on entrevoit une solution, l’espoir renaît, pour mieux être détruit la page d’après. Les rebondissements de ce point de vue sont nombreux, mais il y a peu d’action à proprement parler, à l’exception de deux interventions qui ont leur importance, au milieu et à la fin. Cela n’empêche pas la tension d’être présente. Comme dans les tomes précédents, l’auteure dose bien les différents éléments, passant du fantastique à la romance selon les événements.
 
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Je pense que la fin satisfera de nombreux lecteurs. Avec mon esprit pervers, je souhaitais que Jessica Spotswood aille encore plus loin, mais je ne cache pas que c’est une bonne fin, qui nous laisse entre sourire et larmes. Elle reste centrée sur les sœurs Cahill mais n’oublie pas les personnages secondaires auxquels on avait fini par s’attacher aussi. Tess reste particulièrement touchante, d’autant plus au vu des nombreuses épreuves qu’elle traverse. Cate ressemble de moins en moins à une adolescente. Elle n’est pas parfaite mais justement, je la trouve vraiment digne d’admiration. Les réactions de Finn sont parfaitement crédibles. J’avoue que tous les passages avec lui sont ceux que j’ai préférés, surtout que depuis que je lis cette saga j’imagine Finn physiquement comme Eddie Redmayne jeune ! C’est bien dommage que l’acteur soit maintenant trop âgé au cas où une adaptation cinéma serait mise en projet... Je préfère ne pas parler de Maura, je vous laisse vous faire votre idée. Dans les persos secondaires, je suis très contente de revoir Sachi et Rory. Mei et Vi sont aussi très sympathiques. Inez fait vraiment une bonne méchante, même si Frère Covington n’avait pas grand-chose à lui envier. J’ai été agréablement surprise par le père des trois sœurs.
 
J’avais des doutes à la lecture des premiers tomes concernant le lieu de l’action. New England, New London, Chatham... Je pensais qu’on était dans une Angleterre alternative, mais sans certitude (peut-être n’ai-je pas été assez attentive ?), mais en fait nous sommes dans des États-Unis alternatifs, ce qui explique le choix de l’auteure d’utiliser du vocabulaire souvent anglais mais parfois un peu plus américain moderne. Je trouve le mélange plutôt réussi, le style permet toujours de se projeter dans l’univers sans ressembler à un faible pastiche d’un roman du XIXème. Je continue à penser que cette saga est une bonne façon de se lancer dans la lecture en anglais, car le style est suffisamment soutenu pour être intéressant sans être difficile à lire. Ma lecture en tout cas fut très agréable et plutôt addictive ! Si je ne bossais pas, je l’aurais certainement dévoré en deux jours !
 
En conclusion de la saga, je veux dire que c’est vraiment une très bonne série, destinée aux jeunes mais qui n’a aucun mal à plaire à un public plus âgé, et que je recommande très fortement ! J’espère qu’un coffret sortira, histoire que je l’affiche dans mes rayonnages ! Je ne la mets pas en coup de cœur, mais j’avoue qu’on n’est pas loin du tout. À présent, j’ai hâte de voir les réactions quand ce dernier tome sortira en français.
 
"I want to break her. I want the china cup to explode in her hands, the shards to cut her, staining her creamy skin scarlet."
 
"Well, things can always get worse, can’t they?"
 

Mercredi 24 septembre 2014 à 19:21

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La lecture au printemps de Réminiscences, le premier tome des Larmes rouges de Georgia Caldera m’avait bien plu malgré quelques bémols. Lorsque je l’avais acheté aux Halliennales en 2013, l’auteure m’avait parlé de sa prochaine saga, qui m’avait beaucoup tentée... Aussi quand j’ai vu que J’ai Lu proposait le livre en service presse, je me suis dit que je pourrais le demander. J’admets que je ne pensais pas être retenue, aussi je remercie beaucoup l’éditeur et la personne chargée des services presse de me l’avoir envoyé, surtout que Dentelle & Nécromancie, le premier tome de la saga Victorian Fantasy, s’est révélé un très bon moment de lecture !
 
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Andraste est une jeune femme au physique un peu particulier et qui vit cloîtrée au coven de sa famille, les Coldfield, depuis toujours. Elle rêve de s’en échapper, et son vœu est exaucé lorsque la Reine éternelle elle-même ordonne sa présence au palais de Néo-Londonia. Dès sa première nuit, Andraste rencontre Thadeus, un puissant nécromancien qui cache de lourds secrets, dont certains ne semblent pas sans lien avec la famille d’Andraste et avec la jeune fille elle-même.
 
Les deux premiers tiers du roman, bien qu’agréables, me laissaient penser que j’allais avoir des reproches assez similaires à ceux de Réminiscences à faire. Georgia Caldera a travaillé son écriture pour ce livre, en prenant soin d’utiliser des tournures de phrases et du vocabulaire rappelant le XIXème siècle mais en restant simple et en conservant une écriture fluide. Seulement, des inégalités demeurent, et par moments le langage était un peu trop moderne et déteignait avec le reste. De même, mes personnages sont parfois un peu agaçants, et il est arrivé qu’ils penchent sérieusement du mauvais côté de la frontière qui sépare l’agaçant de l’insupportable. Les longueurs, la lente mise en place de l’intrigue et ses faiblesses m’apparaissaient assez nettement.
 
Ça c’était avant le dernier tiers. Georgia Caldera a une façon bien à elle de construire ses histoires. Elle aime prendre son temps dans l’introduction de l’univers et des personnages et dans l’installation des éléments de l’intrigue, pour mieux nous malmener quand approche la fin. J’étais un peu gênée au départ par la place prépondérante de la romance – même si elle donne lieu à plusieurs scènes à l’érotisme certain et fort bien dosé ! –, du fait de l’aveuglement des deux personnages concernées et de leur comportement parfois très « limite » (tant du point de vue des convenances, mais ce n’est pas pertinent comme je vais le dire plus loin, que des notions de respect de l’autre, dans le sens où je me demande si j’aurais pu supporter et pardonner le comportement de Thadeus à la place d’Andraste) ; mais les petits éléments donnés entre deux rebondissements romanesques ce sont tout à coup assemblés et ont captivé mon attention jusqu’à la fin. L’intrigue n’est pas absolument originale, mais elle est bien construite et menée et se trouve être très prometteuse pour la suite de la saga.
 
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Le récit, quoique lent, est plus dynamique que dans le premier tome des Larmes rouges grâce aux chapitres qui restent courts et surtout qui alternent les points de vue. On suit tour à tour Andraste, Thadeus, un certain Augustin et il y a même trois chapitres avec des personnages qu’on ne voit qu’une fois. En plus d’être intéressant, le procédé fonctionne, et j’y ai vraiment pris plaisir. j’ai cru comprendre dans une autre chronique que le tome 2 mettrait en scène d’autres protagonistes en tant que personnages principaux. Bien sûr, j’aimerais revoir Andraste et Thadeus et savoir ce qui se passe « après » pour eux, mais je trouve l’idée excellente !
 
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L’univers de Néo-Britannia n’est pas encore très développé (tout en étant déjà très alléchant), mais Dentelle & Nécromancie est un premier tome. J’espère donc en apprendre beaucoup plus sur ce monde qui rappelle le XIXème siècle mais qui en est en fait très éloigné. Je n’en dis pas plus pour garder les spoilers loin de vous. Seulement, au début, on a vraiment l’impression d’être simplement dans un monde steampunk, un peu comme dans Le Protectorat de l’ombrelle mais en plus sombre (Victorian Fantasy est tout de même beaucoup moins sombre que Les Larmes rouges je trouve). J’ai donc grogné quelquefois, mécontente de voir tel personnage « historique » extrêmement différent de l’idée que je m’en fais ou surgir une personne qui n’a pas existé... Avant de me rendre compte, les révélations s’accumulant, que j’étais à côté de la plaque ! Si Georgia Caldera s’est inspirée de l’Angleterre du XIXème siècle, elle a surtout créé ses propres codes et une époque dans un monde bien à elle. Inutile donc de se chercher des repères comme je l’ai fait dans un premier temps. Les éléments fantastiques m’ont généralement beaucoup plu et j’ai très envie d’en savoir plus. Le cliffhanger qui achève ce premier tome ajoute à la hâte de retrouver Victorian Fantasy dans un deuxième tome.
 
Je crois que j’avais encore d’autres choses à dire mais je ne sais plus, alors avant de commencer à écrire des bêtises je vais m’en tenir là et vous encourager à découvrir ce premier tome qui m’a beaucoup plu ! Pour ma part, je vais essayer de caser Déliquescences rapidement dans mes lectures.

Les images sont des illustrations de l'auteure elle-même, partagées sur Facebook.
 
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Mardi 26 août 2014 à 11:45

En dystopie, j’essaie de me cantonner à une saga à la fois, sinon j’aurai tendance à me lasser, voire à m’énerver. Ayant fini Divergent depuis un moment et même lu les nouvelles « bonus », je me suis dit qu’il était temps de me pencher sur une autre série. J’ai choisi L’épreuve de James Dashner, parce que l’adaptation sortira bientôt au cinéma et parce que ça a été un coup de cœur pour Cassiopée et Gr3nouille. Malheureusement, je suis pour ma part très loin du coup de cœur…
 
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Le roman commence alors que Thomas reprend conscience dans la Boîte, sans autre souvenir que son nom. Elle s’ouvre bientôt et le met face à une bande d’adolescents qui l’accueille au Bloc, carré au milieu du Labyrinthe où les ont placé les Créateurs, mais pour quelle raison ? L’arrivée de Thomas va bouleverser le quotidien des « blocards ».
 
Dès le début, j’ai bloqué, justement. Sur l’écriture d’abord. Pourtant la narration est au passé, ce qui me plaît habituellement, mais là j’ai trouvé le style vraiment trop simple et les choix lexicaux déplorables. Les ados, à qui le livre est destiné, ne sont-ils pas capables de comprendre du vocabulaire plus élaboré ? On prend les lecteurs pour des quiches… Et puis le jargon des blocards est ridicule. Extrait :
 
"Ne t’en fais pas. Tu vas rester dans le cirage pendant quelques jours, mais tu vas te faire à cet endroit. Je m’y suis bien fait, moi. C’est là qu’on vit, maintenant. C’est toujours mieux que de vivre sur un tas de plonk. (Il fit la grimace, anticipant peut-être la prochaine question de Thomas.) Le plonk, c’est le caca. À cause du bruit qu’il fait en tombant dans le pot de chambre."
 
C’est très fin, n’est-ce pas ? C’est peut-être de ma faute aussi, je sais que je trouve souvent les livres jeunesse mal écrit, j’aurais dû faire l’effort de le lire en anglais ça m’aurait moins dérangée. Le titre de la saga en français est très mauvais en plus. « L’épreuve », ça donne déjà des indications, alors que The Maze Runner ça laissait vraiment dans le flou.
 
Ensuite, je n’ai pas pu apprécier vraiment un seul personnage. Ces gosses sont dans la panade du début à la fin et de plus en plus, mais ils sont incapables d’être un minimum gentils et solidaires. « L’exception Thomas » m’a vite gonflée. Il est parfait, tout tourne autour de lui. Les autres personnages ne sont que des faire-valoir sans relief et lui n’a pas beaucoup plus de charisme qu’un caillou (j’exagère à peine, c’est vraiment mon impression). Sur la soi-disant originalité de l’histoire, rien d’extraordinaire à mon avis. Alors oui ça change parce qu’on a un héros plutôt qu’une héroïne et quasiment tous les personnages sont des mecs (mais quand même des ados). L’auteur (un homme, là aussi ça change un petit peu) n’a pas pu s’empêcher de caser une nana et la romance qui va avec, c’est bien dommage. Au moins, pour l’instant, pas de triangle amoureux. Les explications données dans ce premier tome m’ont paru franchement bancales voire carrément douteuses, mais comme il me reste deux autres tomes à lire…
 
Beaucoup de lecteurs ont souligné la fin qui donne envie de se jeter sur la suite et tutti quanti. Je l’ai trouvée très facile. Les révélations ne m’ont jamais fait l’effet d’en être, et certaines choses dans ma tête sont improbables voire carrément impossibles (en même temps c’est un livre de l’imaginaire, mais j’aime bien quand il y a un minimum de rationalité). Après avoir dit tout ça, deux-trois idées pas trop mauvaises traînent, et peuvent être exploitées pour donner un truc intéressant, mais je ne vais pas trop espérer.
 
Alors oui, cette chronique n’est pas bonne du tout, mais j’attendais vraiment de la qualité, que je n’ai pas trouvée. Vu la facilité et la rapidité de lecture, je donnerai peut-être sa chance à la suite, surtout si le film me convainc un peu plus, car après tout une saga est un ensemble, mais j'espère vraiment que ça passera mieux.

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