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Qu'il est bon d'être futile !

Jeudi 1er mai 2014 à 15:09

Troisième billet pour la lecture commune de Saisons Païennes, cette fois consacré à la célébration de Beltane. J'étais enthousiaste pour la nouvelle correspondante, puisque c'est celle de Stéphane Soutoul !
 
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Je commence à bien connaître les textes de cet auteur, mais là j’ai été très surprise ! Nous suivons Sellina, jeune femme en début de trentaine qui a renié s famille, dont les représentantes féminines ont perpétué les traditions païennes jusqu’à notre époque moderne. Quand un évènement privé vient bouleverser sa vie bien ordonnée et qu’elle se met à rêver de ses défuntes parentes, elle commence à douter.
 
Stéphane Soutoul a décidé de traiter la célébration de Beltane sous un angle bien particulier. Pour fêter le renouveau de la vie et le retour à la lumière après un très long hiver, pas de feux de joie autour desquels on danse, mais un feu beaucoup plus métaphorique, ce qui donne une nouvelle au caractère érotique affirmé ! Cela en gênera certains, mais pour ma part j’ai trouvé ça bien fait, très croustillant ! Il existe de nombreuses informations sur Beltane mais l’auteur, tout en conservant le sens originel de cette fête, ne tombe pas dans la facilité en reprenant les pratiques les plus connues, tout en faisant le lien avec de grands thèmes proches de Beltane, comme la fertilité et l’image du cerf, que je lie avec Cernunnos, divinité gauloise dont le peuple fêtait aussi une variante de Beltane. Et oui, pour cette fête, pas besoin d’aller dans des contrées spécifiquement gaéliques ! J’ai aussi apprécié la façon dont le « rituel » profite à la vie de Sellina mais aussi à tous, en remettant les choses dans leur ordre naturel.

Petite chronique, mais difficile d'en dire plus sans vous spoiler le contenu ! En tout cas j'ai beaucoup aimé. Petite citation pour finir :
 
"Très jeune, je fis le choix de ne pas gâcher mes belles années à célébrer des fêtes en l’honneur d’un panthéon occulté des mémoires. Je ne voulais pas me sacrifier, sentir peser sur mes épaules le fardeau d’une responsabilité aux raisons qui m’échappaient. Dès ma majorité, je pris les études comme prétexte pour quitter le fief familial et ne plus jamais y remettre les pieds."

A présent, passons aux éléments que j'ai réunis sur le fête Beltane. Là encore, je ne suis pas spécialiste, et pour le coup je vous conseille l'article de Cassie sur le sujet, qui est très beau !

Beltane, c'est le 1er mai dans toutes les cultures européennes. "The May Day" chez les Britanniques, la fête du Travail chez nous, accompagnée du traditionnel muguet, tout ça vient des anciennes pratiques de Beltane. C'est l'une des quatre fêtes gaéliques principales (autour des saisons) avec Samhain, Imbolc et Lughnasadh. Cette célébration marque toujours le début des beaux jours avec l'arrivée proche de l'été, et donc la fin du froid, de l'hiver souvent rigoureux et aussi la reprise de la vie : les plantes poussent, les fleurs éclosent, les animaux ont plein de petits. Chez les Géaliques, on pensait que c'était un moment de l'année où le voile entre notre monde et celui des créatures féeriques était très mince, il fallait donc éviter les lieux réputés pour être fréquentés par "le Petit Peuple".

Dans les coutumes les plus répandues, on trouve les grands feux et la conduite du bétail autour de ces foyers, dans un rituel fait pour protéger les cultures, les animaux et les gens au début de la saison où l'on fait paître. C'était également censé encourager la croissance des cultures et la fertilité. On décorait les maisons, les arbres et les animaux avec des fleurs. Il existait en France la tradition de l'arbre de mai et surtout de la "Belle de mai".

En Gaule, cette fête était mois liée aux saisons. C'était une célébration sacerdotale conduite par les druides en rapport avec Belenos, qui représente le dieu primaire Lug sous sa forme lumineuse, et avec Belisama, "la Très Brillante", pendante du précédent. C'est essentiellement une fête du renouveau qui marque une rupture dans l'année, avec le changement du rythme de vie par rapport à l'hiver, bien plus calme. Avec le passage à la saison claire, on reprenait la chasse, la guerre, les razzias, les conquêtes et aussi les travaux agraires et champêtres. C'est quelque part l'exact opposé de Samhain. On peut y voir aussi la symbolique de la mort psychique et de la renaissance spirituelle. Comme en Irlande et d'autres contrées gaéliques, des feux étaient allumés, au travers desquels on faisait passer du bétail (ou entre deux feux, ou par-dessus les cendres), toujours dans cette optique de s'attirer la protection des dieux, à qui l'on faisait d'ailleurs des sacrifices d'animaux.

Dans les autres pratiques, on peut aussi mentionner la danse autour d’un mât de mai (un grand poteau planté dans le sol qui remplace l'arbre, symbole phallique, avec des rubans de toutes les couleurs attachés en son sommet et chaque participant tournant autour du mât avec un ruban dans la main), la pratique de la divination, les rituels de protection des maisons, les cueillettes de plantes (en particulier des orties) ou encore les sauts au-dessus des feux pour s’assurer bonheur et fertilité.

Au final, comme pour Ostara, le folklore s'est emparé de cette fête, qui a au fil des années perdu son nom et son caractère païen, pour devenir une fête populaire, la fête du 1er mai.

Mes sources sont, comme d'habitude, les Wikipédia anglais et français. Et comme d'habitude, je ne me suis pas penchée sur le côté wicca de la chose, donc si ça vous intéresse, n'hésitez pas à fouiner ailleurs !
 
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Mardi 29 avril 2014 à 18:56

J’ai lu Graceling l’année dernière, premier roman de Kristin Cashore que m’avait très gentiment offert Cassie. Sans être extraordinaire, ce livre m’avait fait passer un bon moment. J’ai donc voulu continuer avec Rouge, son deuxième roman, qui n’est ni une suite ni un prequel à Graceling, mais qui n’est pas sans lien. Néanmoins, je pense que vous n’êtes pas obligés de commencer par Graceling, cette série peut se lire dans le désordre.
 
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Rouge est un monstre humain femelle. Les monstres animaux sont très courants au pays de Dells : des ours violets, léopards bleus, moustiques fuchsia… Mais Rouge est unique, et sa nature même en fait un objet de fascination et de convoitise, tant pour les humains que pour les monstres. Elle a une chevelure flamboyante dont elle tire son nom (« feu » en anglais) et le pouvoir de contrôler les esprits. Le royaume de Dells est au bord de la guerre, deux seigneurs s’étant plus ou moins officiellement rebellés contre le roi. Rouge a toujours vécu dans une région reculée, à l’écart, mais la situation va nécessiter qu’elle s’implique.
 
J’ai enfin réussi à « qualifier » les romans de Kristin Cashore et à comprendre pourquoi l’auteure, volontairement comme elle l’explique dans une note après Graceling, ne va pas très loin dans la description de son monde. A mon avis, ses romans sont essentiellement des histoires d’amour s’approchant des romances et la fantasy est un prétexte pour écrire des histoires différentes. Ça me fait un peu penser à la série de Maria V. Snyder Les Portes du Secret, mais pour le coup j’apprécie vraiment les livres de Kristin Cashore alors que je n’avais pas trop apprécié la trilogie de Maria V. Snyder. Dans ce cadre, inutile de créer tout un univers détaillé et cohérent, il suffit que le lecteur en comprenne les enjeux tout en s’identifiant aux personnages.
 
Il n’en demeure pas moins que cette auteure a de bonnes idées et crée des protagonistes attachants. J’avais beaucoup apprécié Katsa et Po et l’idée des gracelings me plaît toujours beaucoup. On ne voit en fait qu’un seul graceling, qui ouvre d’ailleurs le roman avec le prologue. Il s’agit de Leck, ce nom ne vous est pas inconnu si vous avez lu le premier livre. Ce roman se concentre davantage sur les caractéristiques des monstres et sur l’histoire personnelle de Rouge, seule représentante humaine des monstres depuis la mort de son père Cansrel. La quatrième de couverture peut paraître complètement ridicule (évitez de la lire autant que possible) et ne donne pas envie, mais le thème est bien traité par l’auteure. La beauté irréelle, surhumaine de Rouge est une source de problèmes sans fin et on en vient rapidement à se mettre du côté de Rouge, à la comprendre et à la plaindre.
 
Il y a assez peu de rebondissements et ils sont généralement très imbriqués les uns dans les autres. Pourtant, on dit « je n’ai pas vu le film passer », eh bien là je n’ai pas vu le livre passer. Les pages se tournent vite, sans effort, grâce à un style fluide et l’envie de connaître tous les tenants et aboutissants de cette histoire. Les personnages secondaires sont assez nombreux et tous ou persque sont mis en lumière à un moment donné, car leur chemin croise celui de Rouge et leur histoire permet d’éclairer certains aspects de la situation. Parmi les plus importants, je peux citer Archer, que je n’ai pas trop aimé, ses défauts étant plutôt rédhibitoires pour moi ; Brocker et Roen, de la génération précédente et qui nous apprennent les évènements importants des années passées ; Nash, Clara, Garan et surtout Brigan, de la famille royale, chacun avec un positionnement différent vis-à-vis de Rouge ; Musa et Mila, les gardes féminines de Rouge ; et Hana, la petite fille pleine de vie. J’ai l’impression que Kristin Cashore aime la parité dans ses romans. Son monde, quoique plutôt médiéval, fait la part belle aux femmes, qui ont souvent les moyens et les opportunités de faire face aux hommes. C’est agréable de trouver cet aspect un peu moderne dans ce type de roman.
 
Il me reste Bitterblue à lire, qui se passe dans le même univers et où l’on retrouve pour sûr certains personnages de Graceling, et de Rouge j’espère aussi ! il va donc atterrir dans ma PAL bientôt, car même si les livres de Kristin Cashore sont loin de figurer au Panthéon des romans de fantasy, je prends un plaisir véritable à les lire.
 

Lundi 28 avril 2014 à 18:28

Pour ouvrir cette chronique, je vais dire que la bit-lit (ou l’urban fantasy) n’est pas particulièrement mon genre préféré. Au final, j’en lis assez peu, surtout par rapport à d’autres lectrices ! J’ai lu toute La Communauté du sud, parce que j’ai eu un coup de cœur pour l’univers et les persos quand j’ai découvert True Blood, et ça s’est reporté sur les romans et sur Charlaine Harris, que je lis assidument depuis. J’ai aussi tenté, sans trop de succès, Anita Blake, puis Kate Daniels, avec qui j’ai pas mal accroché, et j’ai aussi lu Charley Davidson, que j’adore, et Alex Craft, avec qui ça n’a pas trop été, mais ces deux dernières ne mettent en scène ni vampires ni bêtes à crocs, qui ont donné leur nom à la « littérature qui mord ». Pourtant, l’ouvrage intitulé Bit-Lit ! L’Amour des Vampires de Sophie Dabat m’avait tapé dans l’œil, et quand je suis tombée dessus en occasion aux Halliennales, je n’ai pas hésité à le prendre, sans trop savoir pourquoi. Au final, je suis très agréablement surprise d’avoir trouvé cet ouvrage si intéressant !
 
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C’est donc un livre qui analyse tout à la fois le genre appelé en France « bit-lit » et plutôt « urban fantasy » en anglais et son succès depuis plusieurs années. Il est vraiment complet, surtout quand on se remet dans le contexte du moment où il est sorti, en 2010. Tous un tas d’aspects sont abordés, certains que j’avais remarqués dans mes lectures, et d’autres qui ont été une complète découverte, presque une révélation. Les réflexions sont bien menées et j’ai appris beaucoup de choses. Je ne me suis pas ennuyée du tout, ce qui était l’une de mes craintes !
 
Cet ouvrage fait appel à l’histoire des lecteurs, à leurs références, et pour ma part comme je n’y connais pas grand-chose, j’ai subi un nombre de spoils conséquent ! Notamment sur Buffy et Anita Blake, deux des œuvres les plus importantes de la bit-lit. Certains encarts vont dans le détail d’une série, pour mieux explorer un aspect particulier du genre. J’ai lu ceux sur La communauté du sud car il n’y avait aucun risque de spoil, mais j’ai dû passer mon tour sur d’autres pour éviter de trop me faire spoiler, mais je n’ai pas toujours pu l’éviter. Ça a eu des conséquences très diverses. Parfois, j’ai tout simplement oublié ce que j’ai lu sur telle ou telle série, car mon cerveau est loin d’être une éponge et je perds beaucoup d’informations ! Ou bien à l’époque, les séries étaient peu avancées (comme Kate Daniels) et de ce fait ce n’était pas grave. A certains moments, ça m’a complètement dégoûtée d’une série, et pour le coup c’est ce qui est arrivé avec Anita Blake. Je n’avais déjà pas trop aimé le premier tome, maintenant j’ai clairement envie de ne même pas donner sa chance au deuxième. Je comprends l’importance de cette série pour les fans et son intérêt en général, mais vraiment je n’aime ni la direction qu’elle prend ni son personnage principal. Et enfin, à d’autres moments, ça m’a carrément alléchée. Par exemple, sur Buffy, je n’avais vu que les trois premiers épisodes et maintenant je m’y suis remise, très enthousiaste.
 
Grâce aux réflexions de Sophie Dabat et des autres auteurs qui ont participé à ce livre, j’ai une meilleure compréhension de ce genre, pour lequel j’avais des sentiments assez mitigés auparavant. Remonter jusqu’au XVIIIème, jusqu’aux romans gothiques et à Jane Austen, peut paraître exagéré, mais pas du tout, c’est tout à fait justifié. J’ai particulièrement adoré cette première partie sur les origines. J’ai aussi beaucoup apprécié la conclusion et son ouverture, dont je vais essayer de parler à Sophie Dabat aux Imaginales ! C'est aussi l'histoire de la femme qui est traitée en filigrane dans ce livre, et j'ai appris beaucoup de choses sur l'évolution de la littérature à cet égard. Maintenant je connais de nom plein de séries dont je n'avais jamais entendu parler avant et j'ai une vision bien plus large du genre.

Je vous conseille vraiment ce livre, et pour ma part j’espère avoir l’occasion d’en acheter d’autres de ce genre chez Moutons électriques (j'ai aussi très envie d'essayer leurs livres qui mêlent biographie de l'auteur et ses fictions...).
 

Samedi 19 avril 2014 à 11:05

Comme à toute la blogosphère ou presque, la sortie chez J’ai Lu de Réminiscences, premier tome de la série Les Larmes Rouges de Georgia Caldera, ne m’avait pas échappée. C’est un titre précédemment paru aux Editions du Chat noir, et devant les nombreuses et excellentes critiques, je l’ai acheté aux Halliennales. Je me suis décidée à le lire pour les Imaginales, histoire de pouvoir acheter la suite et la faire dédicacer là-bas.
 
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Cornelia a 19 ans et a décidé, après la goutte d’eau qui fait déborder le vase, de mettre fin à sa vie, poussée aussi par une voix qui lui murmure des horreurs. Contre toute attente, elle est sauvée de la noyade, mais aussitôt après son réveil à l’hôpital des choses étranges et effrayantes se multiplient.
 
J’ai très vite remarqué des inégalités dans l’écriture. Par moments, il y a des fautes liées à des confusions dans les temps (le passé simple et le subjonctif imparfait ne s’utilisent pas n’importe comment), à la syntaxe, la ponctuation et c’est bien dommage que personne chez l’éditeur n’ait pris la peine de faire les corrections qui s’imposaient. Il y a aussi des lourdeurs dans le style, avec beaucoup de questions, qui finissent par énerver un peu. Je m’attendais donc à une lecture difficile, parsemée d’erreurs de ce type, mais en fait c’est vraiment ponctuel. A d’autres moments, au contraire, l’écriture me transportait dans l’univers sombre où vit Cornélia. Certaines descriptions sont vraiment magnifiques et mettent bien dans l’ambiance du roman. C’est presque d’autant plus dommage qu’il y ait parfois des fautes et que les dialogues ne soient pas toujours au top !
 
Le gros point positif du roman, c’est clairement son atmosphère tour à tour sombre, onirique, torturé, merveilleux, gothique, horrifique… Personnellement, je lis peu de romans de ce genre, et ça m’a vraiment plu d’en découvrir un. Je pense que Georgia Caldera a réussi à faire un roman moderne, qui saura plaire aux lecteurs d’aujourd’hui, tout en s’inspirant des romans des siècles précédents, et notamment ceux de la fin du XVIIIème qui faisaient fureur en Angleterre. En suivant Cornélia, on alterne entre passé et présent, modernité et désuétude. Ce n’est pas toujours parfait, j’aurais aimé plus de détails sur cette époque des réminiscences par exemple. C’est un peu dommage de s’arrêter aux vêtements, je me dis que quelques mots sur la façon de vivre à l’époque auraient été plus efficaces par moments. Quant à l’aspect moderne, s’il y a un certain équilibre au début, montrant les efforts de Cornélia pour rester parmi les « siens », elle finit par abandonner assez vite la vraie vie, et je vois mal l’intérêt de certaines scènes avec le restaurant par exemple.
 
Même si je ne me suis pas lassée pendant ma lecture, c’est quand même un gros pavé, et je me suis aussi posée la question de l’utilisé d’étaler tant de pages sur certains évènements. Les illusions que subit Cornélia sont peut-être un peu répétitives, et à force on est moins impressionné, malgré l’escalade dans l’horreur. Certains passages m’ont marquée (positivement j’entends !), comme la première danse, mais ils se retrouvent un peu noyés dans toutes ces pages. Le personnage de Cornélia n’est pas toujours très sympathique, ce qui peut aussi alanguir la lecture. Elle change facilement d’avis, réfléchit généralement après avoir fait une bêtise, et malgré son passé difficile, elle me fait penser à une gamine capricieuse dans certaines situations. J’ai parfois eu du mal à me souvenir qu’elle était censée avoir 19 ans. Henri n’est pas non plus un personnage « parfait », dans le sens où personnellement je n’ai pas trouvé d’équilibre entre ses « qualités » et ses « défauts ». Néanmoins, beaucoup d’idées sur lui et ses congénères sont très bien trouvées, et on fait bien la différence entre eux et les gens normaux. Georgia Caldera revisite à merveille ce mythe.
 
Quant à l’intrigue, elle est un peu lente à se mettre en place. Elle attise longtemps la curiosité, mais lorsque les éléments commencent à se mettre en place, tout devient très limpide, et je n’ai pas été très surprise finalement. J’ai déjà des idées sur ce qui pourrait se passer dans les tomes suivants, et j’aimerais me tromper, parce que deviner si facilement des choses grosses comme ça, ça peut vous gâcher un peu le plaisir quand même (par exemple, je trouve qu’il y a un peu trop d’indices concernant un certain Maxime).
 
C’était une bonne lecture, intéressante, mais qui souffre de défauts à mon avis. J’avoue ne pas bien comprendre les critiques disant le livre parfait et les multiples coups de cœur. Est-ce que je suis passée à côté de quelque chose ? Ou est-ce que je deviens difficile ? Ou est-ce que ce n'est pas mon truc ? Côté face d'Anne Denier avait été un coup de cœur pourtant, et ces deux ouvrages se rapprochent par certains aspects. En tout cas, j'ai tout de même bien aimé et j’achèterai la suite, Déliquescence, en espérant moins rencontrer les défauts qui m’ont gênée, et en premier lieu les fautes de français et la prévisibilité de certains éléments de l’intrigue. C’est encore une jeune auteure, et en outre il y a toujours possibilité de s’améliorer. Je suis également très intéressée par sa prochaine saga intitulée Victorian Fantasy. J'aurais voulu finir sur une citation, mais celle que je voulais mettre frôle un peu trop le spoiler, alors je préfère m'abstenir !
 
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Lundi 7 avril 2014 à 15:29

J’ai vu sur Facebook que Bragelonne avait une collection numérique appelée Snark. Les premiers épisodes sont souvent gratuits, et j’ai repéré la série Les Foulards rouges de Cécile Duquenne. Je n’avais jamais essayé ce format série dans la littérature, même si je sais qu’il était très en vogue au XIXème siècle (Dumas était un spécialiste). Je me suis donc lancée dans le premier épisode, Lady Bang and the Jack.
 
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Résumé éditeur, je n’ai pas d’inspiration : "Plongez avec Lara dans l’enfer de Bagne, planète-prison où le danger se cache partout, au cœur de chacun de ses sinistres habitants, et même derrière chaque goutte d’eau, chaque ressource naturelle de cette terre irradiée.
Sur Bagne, Lara traverse les étendues désertiques pour remplir ses contrats et ses missions. Car Lara est une Foulard Rouge, appelée à faire régner la loi à grand renfort de balles. Et sur cette planète-prison où les deux-tiers de la population sont des hommes, anciens violeurs ou psychopathes, c’est une vraie chance pour une jeune femme comme elle de ne pas avoir fini dans un bordel. En plus, elle fait son boulot plutôt bien – on la surnomme même Lady Bang. Mais Lara n’a pas obtenu ce job par hasard – tout comme elle n’a pas atterri dans cet enfer par hasard. Elle doit tout ça à quelqu’un en particulier, quelqu’un à qui elle en veut profondément... et qui, pourtant, a peut-être quelque chose de nouveau à lui offrir, une chose qui n’a pas de prix. Acceptera-t-elle de baisser un peu sa garde pour écouter ce que son envoyé, le mystérieux Renaud, a à lui proposer ?"
 
Quelle bonne surprise ! Cette histoire est un sacré mélange entre différents genres, et je ne me risquerais pas à essayer d’en dresser une liste exhaustive. En tout cas, de mon point de vue on a un côté un peu western, un peu SF, un peu fantastique… Sur Bagne, c’est la loi du plus fort, mais dépasser les limites risque d’entraîner l’intervention d’un ou plusieurs Foulards rouges, qui forment le bras armé du Capitan, lequel « règne » sur la Fédération depuis son Hacienda. Ces éléments ne sont pas présentés tels quels par l’auteure. On débarque sur Bagne et on apprend au fil de ce premier épisode ce qu’il nous faut savoir pour suivre les aventures de Lara. Je ne dis rien de plus sur l’organisation de ce nouveau monde, mais sachez qu’il existe plusieurs planètes, et que la société recréée sur Bagne est constituée d’autres « Foulards ». J’ai trouvé cet univers inédit très intéressant et c’est clairement un aspect très prometteur pour la suite, car j’imagine que les épisodes suivants vont nous apprendre bien d’autres choses !
 
L’intrigue, ensuite. L’auteure nous donne de petits os à mâchouiller, mais ce premier épisode pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses, titillant énormément le lecteur dès le début. La plus grosse question étant : pour quoi Lara a-t-elle été envoyée sur Bagne ? Qu’a-t-elle fait précisément ? Il y a bien des pistes, mais rien de concret. Et puis il y a cette proposition de Renaud, ce que cache le coup d’éclat de Black, ou encore les personnages de l’Hacienda, Claudia et Claudia... Par contre, je ne suis pas sûre d’avoir compris le titre de ce premier épisode. Lady Bang est le surnom de Lara sur Bagne ; par contre, qui est « the Jack » ? On croise un type surnommé Black Jack, mais je n’ai pas l’impression que ce soit par rapport à lui. En anglais, « jack » est le valet dans le jeu de cartes. Peut-être représente-t-il Renaud… Je ne sais pas.
 
Enfin, l’écriture. C’est soigné sans être pompeux, et Cécile Duquenne a un talent certain pour créer une ambiance, nous faire croire que le monde est réel et nous immerger dedans. On voit tout de suite Bagne, les vêtements, les gens, les villes… J’ai apprécié la façon dont les mots coulent, dont les phrases s’enchaînent. L’auteure sait choisir le bon mot, intriguer le lecteur par une phrase, le mener là où elle veut et je trouve aussi qu’elle sait nous toucher, comme vous pouvez le voir ci-dessus avec des citations. Quand je pense qu’elle n’a que trois ans de plus que moi, je me dis que je pourrais aussi bien reposer ma plume tout de suite, je suis loin d’avoir un niveau approchant !
 
Ce premier épisode est une réussite. Je ne le mets pas en coup de cœur car c’est en cours et c’est trop court pour se faire une idée définitive, mais j’ai l’intention de lire la suite et la série dans son ensemble sera peut-être un coup de cœur, si sa qualité se confirme dans les prochains épisodes, que je vais essayer de lire bientôt. Je trouve que 1,99€ c’est un peu cher pour un épisode (et puis il va falloir m’expliquer cette manie de ne pas faire des prix ronds !), je pense que 1€ conviendrait mieux, mais bon, je crois bien que ça ne suffira pas pour me retenir d’acheter la suite !

"Mieux vaut être la femme à abattre que celle à violer."

"Un ange de la mort... une fée de poudre et d'acier ! s'écria Black en tournant vers elle de grands yeux hallucinés.
 
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Jeudi 20 mars 2014 à 17:29

Cet article est le troisième dans le cadre de la LC Saisons Païennes organisée par Dawn, après l’article de présentation et celui sur Imbolc et la nouvelle de Vanessa Terral. La fête païenne du printemps s’appelle Ostara. Dans le recueil des éditions du Chat Noir, il s’agit de la nouvelle Eclosion, écrite par Angélique Ferreira.
 
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Une femme atteinte d’un cancer retourne à la maison de famille, prête à renouer avec la culture Wicca de sa famille.
 
Je vais le dire d’entrée : je n’ai pas aimé cette histoire, même si j’en suis désolée. Ça ne va pas être simple d’expliquer pourquoi, mais je vais essayer. Déjà, j’ai trouvé que le texte était mal construit. Avec une histoire si courte, il faut être carré de ce côté-là, et ici ça pêchait clairement. Si le premier paragraphe intrigue légèrement, la suite ennuie et se révèle être très banale. J’ai l’impression qu’il n’y avait rien d’original et le manque de détails empêche d’apprécier l’idée. La lecture m’a aussi fait l’effet que l’auteure voulait nous émouvoir de façon un peu forcée et maladroite. D’habitude, ce genre d’histoire fonctionne très bien sur moi, mais là pas du tout. La chute, pour moi, n’en était pas une. Enfin, je n’ai pas trouvé le style terrible…
 
Contrairement à la nouvelle de Vanessa Terral, je n’ai pas non plus trouvé que la fête à laquelle est associée l’histoire est suffisamment exploitée. Je me suis rendue compte en faisant mes recherches sur Ostara qu’il y a peu de sources internet, on retrouve toujours la même chose. Pour Imbolc, j’avais trouvé beaucoup plus de choses. Néanmoins, quand on veut écrire sur un sujet, on se renseigne davantage. J’aurais vraiment aimé un apport d’Angélique Ferreira sur cette fête que je ne connaissais pas du tout. L’intérêt de placer son histoire au moment d’Ostara n’a au final qu’un intérêt très limité à mon avis. Certes, la nature est mentionnée, mais assez peu et mal à mon avis.
 
Ostara est donc un peu un rendez-vous manqué pour moi, et c’est bien dommage car j’aime beaucoup le printemps. Je vous livre tout de même les principales informations trouvées sur cette célébration (Wikipédia encore une fois), et je vous conseille d’aller sur l’article récapitulatif tenu par Dawn pour voir les articles des autres participants.
 
Ostara est une fête dans la continuité d’Imbolc, qui fêtait le retour de la lumière. Elle a lieu au moment de l’équinoxe de printemps, autour du 21 mars (le 20 cette année). Ici, on fête l’éveil de la nature en plus du retour des beaux jours. C’est le moment où l’on sème et où les animaux se reproduisent. Pour symboliser toute cette vie, l’œuf, la poule et le lièvre (devenu lapin) sont très utilisés, ainsi que les petits des animaux en général. L’œuf représente la continuité et la renaissance, et la poule en est la mère, comme la déesse de la vie. Quant aux lièvres et lapins, ils sont connus pour être particulièrement actifs sexuellement en cette période et pour donner naissance à de nombreux petits, assurant ainsi la pérennité de l’espèce et là encore la continuité. Ils sont aussi un symbole de la Lune et représentent la fertilité de la terre.
 
Ostara vient du mot Germain « Ost » ou « Est », une référence pour l'aube et la vie renouvelée. Elle me fait penser personnellement à Déméter, déesse grecque de la terre et de la vie. Ostara est au départ le nom d’une déesse germanique de la vie qui a donné le mot « Easter » en anglais : Pâques. C’est pour cela qu’on mange des œufs, poules et lapins en chocolat à cette période, la religion chrétienne n’a rien inventé. Quant aux cloches sonnées à Pâques, elles représentent au départ l’appel au réveil de la nature. Aujourd’hui, Ostara est surtout fêtée par les Wiccans. Ostara est aussi connu sous les noms Eoster, Alban Eilir, ou simplement Printemps.
 
Pour célébrer Ostara (la déesse autant que la fête qu’elle représente), on peut peindre des œufs de couleurs vives, planter les graines, manger des œufs, des fruits et légumes de saison, cueillir des fleurs et bien sûr faire des balades en pleine nature pour communier au mieux avec elle (de préférence pieds nus). Dans mon cas, cela consiste surtout en profiter du beau temps et écouter les oiseaux, très en forme en ce moment. Je vais aussi manger des œufs ce soir. Difficile de faire plus quand on vit en ville !
 
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Vendredi 7 mars 2014 à 10:10

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Mon chéri m’avait offert Le Quidditch à travers les âges, petit livre qui complète l’univers de Harry Potter avec l’histoire du sport favori des sorciers.
 
Lu en une heure, ces quelques 90 pages m’ont procuré beaucoup de plaisir. J. K. Rowling, qui écrit ici en empruntant le nom d’un sorcier passionné de Quidditch, Kennilworthy Whisp, avait sûrement en tête plein de détails sur le Quidditch qu’il n’était pas pertinent d’insérer dans l’histoire d’Harry Potter. Permettre aux fans de prolonger un peu l’immersion dans ce monde auquel nous sommes tellement attachés, et le faire au profit d’une association, c’est quand même cool.
 
Pour vous donner un aperçu de ce qu’on trouve dans ce livre si vous ne l’avez pas lu, il y a une remontée aux origines avec la création du balai volant, puis les premiers jeux sur balai, la construction progressive des règles du jeu, l’évolution des différentes balles, puis l’élaboration des règles par le Département des jeux et sports magiques et enfin un tour d’horizon des équipes et du Quidditch dans le monde. C’est fait, évidemment, de façon à nous faire croire que tout cela est vrai : l’auteur dit donc qu’il a trouvé telle information dans telle archive… C’est bien fait, très amusant, et ça permet d’apprendre de nouvelles choses insoupçonnées sur l’univers des sorciers. Il y a aussi quelques petits dessins rigolos (celui du Vivet m’a bien fait rire !) pour agrémenter le texte.
 
Je ne vais pas m’étendre inutilement, mais en tout cas si vous aimez la saga Harry Potter, il ne faut pas passer à côté de ce petit bouquin ! Pour ma part il faut que je m’achète Les Animaux fantastiques, fait dans le même esprit. En avril peut-être, pour mars j’arrête les frais ! Il faudrait aussi que je m'achète Les Contes de Beedle le Barde, je l'ai ai déjà lus mais je ne les possède pas.
 

Jeudi 20 février 2014 à 13:32

Un an après ma découverte de Première tombe tout droit, qui ouvrait la saga Charley Davidson écrite par Darynda Jones, j’ai enfin continué avec Deuxième tombe sur la gauche, le tome 2 donc. Mon coup de cœur pour cette saga se confirme !
 
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Nous sommes une semaine après la fin des événements du tome 1. Reyes s’est envolé, Charley ne sait pas où il est mais compte bien en apprendre plus sur lui et retrouver son corps. Dans le même temps, elle constate qu’il y a un Mec-mort-dans-le-coffre de la voiture de Cookie, et ladite Cookie, toujours meilleure amie et secrétaire de la détective Charley, demande son aide car son amie Mimi (décidément Darynda Jones est nulle pour les prénoms) a disparu. Voilà notre Faucheuse embarquée dans des histoires croisées, et il lui faudra tous ses talents et tout son humour pour y survivre.
 
Vu les douze mois qui s’étaient écoulés depuis ma lecture du premier tome, j’avais peur de mal suivre, mais Darynda Jones a pensé aux gens comme moi qui ont une mauvaise mémoire et offre dans le premier ou le deuxième chapitre, je ne sais plus, un résumé clair de la situation. J’ai donc pu apprécier les nouvelles intrigues avec tous les éléments en main, et c’est vachement appréciable.
 
J’ai retrouvé avec grand plaisir l’humour tordant de Charley, qui est poussé parfois très loin : même quand elle se trouve dans une situation très dangereuse pour sa propre vie, elle trouve encore le moyen de plaisanter, dans sa tête ou à voix haute. J’ai encore bien rigolé avec ce tome, c’est vraiment libérateur. Est-ce que vous connaissez une autre saga où on se bidonne autant ? Parce que ça m’intéresse à mort. Par contre, dès lors que c’est l’un de ses proches qui a menacé, là elle ne rigole plus du tout et ferait tout pour eux. J’ai eu très peu à un moment de voir un côté stable de sa vie s’effondrer, par rapport à son père, mais finalement le livre est plein de surprises et Charley redécouvre le bonheur d’avoir une sœur en apprenant une chose surprenante sur Gemma. Cet épisode était fort en émotions ! J’apprécie toujours autant ses relations avec son père et avec Obie. Son amitié avec Cookie me touche aussi, surtout que toutes ses belles relations sont des choses largement inconnues pour moi.
 
Mon regret, c’est 1° qu’on voit assez peu Reyes qui fait vraiment sa tête de mule et donc on n’a aucune « vraie » scène coquine et 2° les pouvoirs de Charley se dirigent vers autre chose que les fantômes. Il y avait l’arc narratif du Mec-mort-dans-le-coffre qui m’a beaucoup plu, mais le reste était largement consacré à l’aspect Enfer/Paradis, qui est intéressant aussi. Donc au final, je n’ai plus de saga fantôme à me mettre sous la dent, il va falloir que je trouve autre chose. Ça n’empêche pas que Charley Davidson reste une excellente saga à laquelle je suis déjà très attachée, grâce à l’humour, la construction du récit et les personnages.
 
J’ai aimé suivre les trois intrigues parallèles, bien distinctes mais qui permettent toutes de découvrir plus de choses sur l’univers créé par Darynda Jones et sur son héroïne. Je n’avais pas du tout deviné la fin de l’enquête principale sur la disparition de Mimi et la résolution de la disparition de Reyes promet des rebondissements dans les tomes suivants et des tensions entre Charley et Reyes. Combien de temps vais-je tenir avec d’acheter le tome 3 ?
 
"Tu es à peu près aussi utile qu'une cuillère dans un combat au couteau."
 

Samedi 1er février 2014 à 11:21

Voici le premier billet dans le cadre de la LC autour de l’anthologie publiée par les Editions du Chat noir des Enfants de Walpurgis Saisons païennes, organisée par Dawn. Ce premier février, nous fêtons Imbolc.
 
J’étais très contente de voir que la première nouvelle du recueil, qui est consacrée à Imbolc donc, et intitulée L’étincelle en moi, était écrite par Vanessa Terral. Je connais cette auteure depuis plus d’un an. Je l’ai rencontrée au Val Joly’Maginaire en novembre 2012, où je lui ai acheté son premier roman L’Aube de la Guerrière. Comme ma PAL est bien fournie et que j’ai trop de bonnes choses à lire, je n’ai pas encore eu l’occasion de m’y plonger. Plus d’un an après, je ne connaissais donc toujours pas les textes de Vanessa Terral ! Enfin, grâce à Dawn, j’ai pu la découvrir.
 
Dans L’étincelle en moi, nous suivons Helena à travers les décennies. Elle fuit des ennemis dont elle ne sait presque rien et qui sont eux-mêmes opposés, et qui la poursuivent pour ce qu’elle est, mais elle fuit également une part d’elle-même. Sa course la mène à travers l’Europe, mais la ramène toujours à ce même rêve froid, fait d’eau, de glace et de neige.
 
La nouvelle fait une vingtaine de pages, suffisamment longue pour s’intéresser à l’intrigue et titiller notre curiosité. L’univers fantastique qui côtoie le nôtre est à peine brossé, juste ce qu’il faut pour nous donner envie d’en savoir plus. Helena est tellement obsédée par sa double-fuite qu’elle se résume à elle – sauf à la fin bien sûr, où on pressent qu’elle s’ouvre et qu’une nouvelle vie commence pour elle. Surtout qu’après la fin de la nouvelle, un petit paragraphe nous précise  que les événements de L’étincelle en moi se passent quelques mois avant ceux de L’Aube de la Guerrière. J’espère donc retrouver Helena dans ce roman, et voir où elle en est, ainsi que la mystérieuse alliée qui intervient à la fin.
 
J’ai aimé la plume de Vanessa Terral, qui nous évoque de belles choses sans être alambiquée, et j’ai particulièrement apprécié la technique de la répétition chaque fois qu’Helena bascule dans son rêve : « La neige couvrait tout. » Le lien avec Imbolc ne m’a pas paru évident au début car j’ai préféré lire la nouvelle sans avoir fait de recherches sur cette fête, mais j’avais ma petite idée à partir de l’espèce de rituel auquel s’adonne Helena à la fin. Maintenant que j’ai lu quelques articles sur Internet à propos d’Imbolc, je vois que l’auteure a très bien mené son affaire, tout colle très bien. A présent il faut absolument que je lise L'Aube de la Guerrière !
 
A présent, je vous livre le fruit de mes recherches sur la fête païenne Imbolc.

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Imbolc ou Imbolg (pronouncé i-molk or i-molg en gaélique), aussi appelé le jour de la Saint Brighid en celtique, est une fête gaélique marquant le début du printemps. Elle est généralement fêtée le 31 janvier ou le 1er février, soit au début du mois d’anagantios selon le calendrier de Coligny (grande table de bronze du IIe siècle, trouvée à Coligny dans l’Ain, dont les inscriptions constituent un calendrier en langue gauloise et le plus long document sur cette langue qui nous soit parvenu), à mi-chemin entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps. C’est l’une des quatre fêtes des saisons, avec Beltane, Lughnasadh et Samhain. On la fête surtout en Irlande, en Ecosse et sur l’île de Man (normal, ce sont les terres du gaélique ! Ça m'étonne que la Bretagne ne soit pas mentionnée de ce fait).
 
Imbolc est mentionné très tôt dans la littérature irlandaise et est associé avec des évènements importants dans la mythologie. Il a été suggéré que c’était au départ une fête païenne associée à la déesse Brighid et qu’elle a ensuite été christianisée en la fête de Sainte Brigitte, qu’on pense être elle-même une christianisation de la déesse. Ce jour-là, on faisait des croix de Brighid et une poupée la figurant était promenée de maison en maison. On disait que la déesse visitait la maison de quelqu’un à Imbolc, alors les gens laissaient pour elle à boire et à manger et des vêtements étaient laissés dehors pour qu’elle les bénisse. Brighid était aussi invoquée pour protéger les stocks de vivres. On visitait les sources ou les puits sacrés pour la divination. C'est la fête sur laquelle les sources littéraires médiévales sont les plus faibles.
 
Un peu d’étymologie : le terme irlandais “imbolc” derive du vieil irlandais “I mbolg” qui signifie “dans le ventre”. C’est une référence à la gestation des brebis. Un dictionnaire medieval parle du terme “oimelc” pour dire “lait de brebis”. Un autre sens du mot serait “lustration”, il s’agit donc d’une purification qui prend place à la fin de l’hiver.
Elle pourrait avoir pour fondement un culte lié à la fécondité. Un rapprochement peut aussi être fait avec la fête romaine des Lupercales, qui avait lieu à la fin de l'hiver.
 
En France, une survivance de cette fête christianisée serait la Chandeleur, la fête de la purification de la Vierge.
J’ai trouvé tout ça sur Wikipédia. Si vous souhaitez d’autres détails, je vous conseille l’article du Wikipédia anglais sur le sujet, bien plus complet que le français.
 
Imbolc est lié à Brigid, la déesse mère. Elle règne sur les arts (déesse de la connaissance), le feu (déesse de la forge), la médecine  et la magie (déesse de la guérison et de la fertilité). C'est la patronne des druides, des sages-femmes et des forgerons. Elle est associée dans le christianisme à Sainte Brigitte, la jeune fille qui a aidé la vierge Marie à enfanter. Imbolc est un période de lustration, de purification, de renaissance.
Elle nous invite à faire le grand ménage dans la maison, la garde-robe et aussi pourquoi pas dans notre vie. Trier, nettoyer, ranger et faire le point pour ne retenir que l'essentiel et repartir fin prête pour une nouvelle année. Imbolc est aussi le moment de lancer de nouveaux projets au sens propre (planter des graines dans le jardin) ou au sens figuré (vous lancer un nouveau défi, vous initier à une nouvelle discipline).
Que faire pour fêter Imbolc ?
Allumer des petites bougies blanches aux fenêtres à la tombée de la nuit, pour symboliser la lumière qui revient, les jours qui rallongent
Faire une croix de Brigid pour protéger la maison et ses habitants
Préparer des gâteaux (gâteaux de la lune d'Imbolc ou biscuits d'Imbolc)
Boire du lait avec du miel
Voici le site de la dame où j’ai trouvé ces info. Sur cette page, vous trouverez les liens pour confectionner une croix de Brigid et les recettes des gâteaux ! Personnellement, je tenterai bien celle des biscuits. Amandes et miel, miam…

Est-ce que vous connaissiez cette fête et ses coutumes ? Personnellement, c'est une découverte complète ! Dawn a vraiment eu une idée géniale avec cette LC.  Rendez-vous le 21 mars pour Ostara, que je ne connais pas du tout non plus !
 
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Lundi 20 janvier 2014 à 19:59

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Sûrement lors d’une opération d’ebooks à petits prix (mais je ne me souviens plus), j’avais acheté le roman De notre Sang d’Adeline Debreuve-Theresette, publié aux éditions du Petit Caveau. Dans le cadre du challenge de Maia 1 mois*un ebook, j’ai tiré ce roman au sort. J’étais contente parce qu’il rentre aussi dans le challenge XIXème siècle, vu que l’histoire se passe à la fin du XIXème, et aussi parce que le roman est très court, environ 150 pages. Cependant, c’est vraiment un roman, je ne dirais pas que c’est une novella, car l’histoire est suffisamment aboutie et complète.
 
L’histoire commence lorsque Dracula, père de tous les vampires, est très en colère : il s’est rendu compte que si un chasseur de vampires parvenait à l’éliminer, toute sa descendance mourrait. Il veut protéger son espèce, et par conséquent il doit trouver le moyen d’engendrer une descendance capable de lui survivre. Pour cela, il dispose d’une étrange prophétie, qui va le mener tout droit à Marie, jeune fille française dont la vie est rythmée par un cauchemar quotidien où la mort est omniprésente.
 
Malgré que le roman soit très court, j’ai quand même mis une bonne semaine pour le lire, par manque de temps et aussi parce que, même si ma lecture était agréable, je n’étais pas pressée tous les soirs de la reprendre où je l’avais laissée la veille. Les chapitres ne sont pas trop longs mais n’accrochent pas particulièrement l’attention du lecteur. J’ai suivi l’histoire de manière assez détachée, je ne peux vraiment pas dire que je me suis attachée aux personnages. Dracula est très classique. Au début du roman, il est conforme à l’idée de base du Prince des vampires, puis il évolue conformément à l’image actuelle que l’on a du vampire. Marie est l’humaine classique aussi, mais l’auteure joue beaucoup sur le paradoxe de la pureté virginale et des désirs humains.
 
Pourtant, j’ai vraiment apprécié l’intrigue. Elle avait sa touche d’originalité, les liens faits avec le catholicisme m’ont paru très intéressants, les passages de la Bible étaient bien choisis, au début je me demandais vraiment où on allait. Je ne suis pas sûre d’avoir compris l’avis de l’auteure derrière tout ça, mais s’il est celui que je crois, j’approuve. La fin, en revanche, n’est peut-être pas totalement satisfaisante à mon sens. J’aurais apprécié plus de détails. Le livre nous laisse un peu trop imaginer la suite en fait, et je ne suis pas très fan de ce genre de fin. J’ai également quelques réserves quant aux extraits de chansons mis en tête des chapitres. Ils sont bien choisis et correspondent au roman, mais en même temps ce sont des morceaux très récents, ça fait un gros décalage avec le XIXème siècle. Ce n’est pas choquant non plus, c’est un peu dans l’esprit du Marie-Antoinette de Sofia Coppola.
 
En bref, je suis contente d’avoir lu un autre titre de cette maison d’édition, qui décidément me plaît bien. Ce petit roman est sympathique, il ne paye pas de mine et peut tout à fait plaire à un large lectorat, sans non plus bouleverser la littérature vampirique.
 
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