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Qu'il est bon d'être futile !

Vendredi 1er août 2014 à 12:09

Dans le recueil Saisons païennes, la nouvelle de l’été, des grosses chaleurs et des moissons a été écrite par Cécile Guillot et met en scène Dorine, une jeune sorcière, la veille de son mariage.
 
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Ce qui nous lie fait dix pages, elle est donc très courte. C’est l’occasion de revoir Dorine, croisée dans Fille d’Hécate, quelques années avant les événements du roman. Néanmoins, dans ces quelques pages, Cécile Guillot réussit à aborder les thèmes de Lughnasadh et des traditions celtiques, comme le handfasting. C’est agréable à lire, dans le style simple qu’affectionne l’auteure, mais c’est vraiment trop court à mon goût, de ce fait je ne peux pas en dire grand-chose… C’est un bonus d’avoir lu La Voie de la Sorcière, ça donne un peu plus de relief aux personnages. On sent bien l’importance de la Wicca mais l’intrigue se déroule très rapidement et la nouvelle ne s’achève pas à proprement parler sur une chute.
 
Cette petite nouvelle permet de se replonger dans l’univers de Cécile Guillot et me rappelle que j’ai le deuxième tome de Fille d’Hécate qui m’attend ! J’ai aussi très envie de découvrir le roman Lughnasadh de Pat McMurphy…
 
À présent, quelques mots sur Lughnasadh. Il s’agit d’une fête religieuse de la mythologie celtique. En irlandais moderne, Lúnasa est le nom du mois d’août. Lughnasadh signifie « assemblée de Lug », le dieu-roi qui représente la Souveraineté et l’Homme primordial. Elle a lieu le 1er août, symboliquement pendant la période des récoltes, approximativement à mi-chemin entre le solstice d’été et l’équinoxe d’automne. C’est l’une des quatre fêtes des saisons avec Samain, Imbolc et Beltane. Lug est présent sous des formes variées et complexes dans la mythologie celtique des îles britanniques.
 
Dans la société celtique, le roi Lug est célébré dans sa fonction de redistributeur des richesses et d’équité, sous l’autorité des druides. C'est une trêve militaire qui célèbre la paix, l’amitié, l’abondance et la prospérité. Elle est obligatoire et réunit les trois classes (sacerdotale, guerrière et artisanale). Elle est décrite comme une foire de commerce, mais aussi une occasion de régler les contentieux, de célébrer des mariages, d’entendre des poètes et des musiciens. Il n’y a pas de cérémonie religieuse mais on y fait des jeux et des courses, notamment “the Tailteann Games”. On visitait aussi les puits sacrés. Des chercheurs disent que des preuves montrent que certains rites comprenaient une offrande du premier épi de maïs, une fête avec la nourriture nouvelle et des myrtilles, le sacrifice d’un taureau et une dance rituelle. Ces rites prenaient place au sommet de collines ou de montagnes. La coutume d’escalader collines et montagnes a survécu à certains endroits, bien que cette tradition ait souvent été récupérée par la religion chrétienne comme pèlerinage.
 
Il existe un équivalent gaulois, le « Concilium Galliarum » : l'assemblée des Gaules. Dans la mythologie celtique gauloise, Lug a pour emblème symbolique la lance, la harpe, le sanglier et la fronde, mais aussi plus trivialement la tige ou paille, le fil ou la corde, le crin ou le poil, le lien ou l'attache. L'importance de Lug en Gaule et dans les régions anciennement celtes est attestée par un certain nombre de toponymes dont les plus connus sont Lugdunum (Lyon) et Laon en France. Lug est associé à la lumière stellaire, complémentaire de Belenos associé à la lumière solaire. Il apparaît en père de la création, véritable spécialiste de la communication et protecteur des arts.

Mes informations proviennent des Wikipédia français et anglais. Cette année, Lughnasadh s'annonce en effet comme une chaude journée chez moi... Et on peut dire que c'est la moisson aussi vu que je vais faire les magasins sur Lille une dernière fois ! Le prochain article de la LC portera sur Mabon, fête totalement inconnue pour moi, ça va être sympa !
 
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Jeudi 24 juillet 2014 à 15:22

L’Aube de la Guerrière est un roman qui traînait dans ma PAL depuis plus d’un an et demi. Je l’ai acheté au Val Joly’Maginaire en 2012, avec une magnifique dédicace de l’auteure, Vanessa Terral. J’ai mis le temps mais ç y est, il est lu, et le ressenti est positif !
 
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Solange est morte depuis trois semaines. Après le Purgatoire, elle a été assignée n tant qu’ange guerrier à la tâche ingrate mais essentielle de liquider les Larves venues de la Fosse. Alors pourquoi a-t-elle l’impression de se faire entuber par le Saint-Office, voire qu’il essaie carrément de se débarrasser d’elle ? Le début de la réponse à cette question réside peut-être dans sa rencontre avec deux démons, Terrence et Aghilas.
 
Dès le début, on est embarqué dans l’histoire auprès de Solange, héroïne et narratrice, par de l’action, des interrogations, la découverte de l’univers après la mort et une écriture franchement dynamique. Dans l’ensemble c’est plutôt bien construit et cohérent, avec peut-être un petit bémol quant aux explications sur ce « nouveau » monde. L’auteure a choisi de faire plonger le lecteur tête la première, sans expliquer clairement à un moment les règles qui régissent cet univers. Au lecteur donc d’être attentif aux phrases de-ci de-là qui donnent des morceaux du puzzle. Même en étant attentif (ce que je suis généralement quand je lis), il peut être difficile de s’y retrouver dans le mélanger, malgré tout fort intéressant, entre les cultures et mythologies judéo-chrétienne, scandinave et celtique. Par exemple, je ne suis pas certaine d’avoir compris toutes les explications sur les moissons-des-Æsir. Bref, un peu dur dur pour les néophytes comme moi de s’y retrouver.
 
Sur l’intrigue en elle-même, j’étais un peu inquiète au début. J’avais peur que le livre prenne une direction axée sur le Bien/le Mal mais je n’aurais pas dû, car ça ne ressemble pas du tout à l’auteure, qui nous offre une histoire plus profonde sur l’acceptation de soi et des autres, de nos erreurs et nos limites et les leurs. Je pense qu’on peut dire aussi que c’est un roman assez féministe. Les personnages masculins et féminins sont à peu près équilibrés en nombre et les déesses, très présentes, sont à la fois guerrières, protectrices et sages.
 
J’ai bien aimé l’héroïne mais un peu plus de développements m’auraient peris de vraiment m’attacher à elle. Le livre est quand même très court, mais j’apprécie que ce soit un one-shot, et pas le premier tome d’une saga à X volumes, même si une suite est permise avec le dernier chapitre. Je pense que mon perso préféré est Bel. Ayant lu la nouvelle L’étincelle en moi qui la présente ainsi qu’Helena, j’avais hâte de les retrouver toutes les deux ! J’ai également beaucoup aimé Sabína, son humour m’a plu. Évidemment, si on met de côté les personnages fictifs, c’est Aurore que j’ai préférée, parce que je la connais et que je l’adore en vrai ! (Dawn a en effet gagné un concours qui lui a permis d’être transformée en personnage de L’Aube de la Guerrière !) C’était très drôle de lire ses répliques et d’entendre sa voix dans ma tête, de voir son image dans mon esprit et de l’imaginer utiliser son Don ! Les deux hommes principaux de l’histoire m’ont moins convaincue que les personnages féminins, tant par leur background que dans le temps où on les voit. J’imagine qu’ils ne sont simplement pas mon genre !
 
Quant à l’écriture, comme je le disais elle est très entraînante et assez imagée, ce qui apporte souvent beaucoup d’humour ! J’ai ri plus d’une fois. Comme pour d’autres auteurs français, je trouve que le pari de la « bit-lit à la française » (ou alors de « l’urban fantasy à la française » si vous êtes puriste) est bien réussi, surtout qu’ici l’action se situe soit sur d’autres « plans », soit dans notre monde, en France, à Laon plus précisément. C’est sympa de mettre en avant cette ville, souvent oubliée ou méprisée, à tort comme vous pourrez le découvrir dans le livre. Pendant des années, j’ai vécu pas très loin mais je n’y suis jamais allée. C’est en tout cas la deuxième fois cette année que je la « croise » vu que c’est aussi le lieu où se déroule la majorité de l’histoire de 14-14.
 
"Je l’aidai à déployer et à déposer un grand carré de tissu épais dans ma baignoire ancestrale, histoire que j’évite de me planter assez d’échardes dans les fesses pour faire figure de sextoy pour hérisson."
 
En résumé, L’Aube de la Guerrière est un one-shot sympathique dans un univers hybride et intéressant qui assure un bon moment de lecture. J'ai bien envie de découvrir d'autres de ses textes, heureusement que j'en ai acheté certains lors de promotions !

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Mercredi 2 juillet 2014 à 16:54

Après plusieurs présentations au club de lecture, Fahrenheit 451 a enfin triomphé pour la LC de juillet. Ce grand classique de la littérature SF paru en 1955 et écrit par Ray Bradbury, je voulais le lire depuis longtemps, mais des a priori m’avaient retenue, en particulier à cause de ma mauvaise expérience avec 1984 de George Orwell (je me demande si je ne devrais pas lui laisser une seconde chance, mais je crois que je n’en aurais jamais le courage, je n’avais vraiment pas aimé !). En fait, je suis très contente de l’avoir enfin lu. Je regarderai peut-être le film prochainement, mais il m'a l'air d'avoir mal vieilli, non ?
 
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Guy Montag est un pompier. Dans son monde, cela signifie que si l’alarme se déclenche, l’équipe se rend dans une maison dont les habitants ont violé la loi en possédant des livres et brûle tout. Montag fait son travail, mais peu à peu il commence à se poser des questions.
 
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La première chose qui m’a frappée lors de ma lecture, c’est l’aspect presque chirurgical du style. Ça m’a un peu rebutée au début, mais rapidement l’intérêt de cette écriture m’est apparu. Elle sert à créer l’ambiance de ce monde où il n’y a plus de sentiments ni de réflexions. Quasiment tout est blanc, éclatant, mais il y a le blanc des murs du parloir télévisé lorsqu’il ne montre pas des images faussement joyeuses, le blanc de la lumière lunaire, le blanc de Clarisse… Cette uniformité n’est que de façade. C’est très intéressant mais il peut être un peu difficile d’accrocher, surtout à cause du manque d’émotion qui se dégage de cette écriture froide et touche aussi les personnages.
 
J’ai beaucoup aimé Clarisse, qui est à mon avis le déclencheur le plus important pour Montag. Son personnage entraîne chez le lecteur une prise de conscience presque brutale de e qu’est devenue la société, dans un avenir imaginé par Ray Bradbury. Je ne veux pas trop en lire pour ceux qui ne connaissent pas les détails, mais le moment le plus fort à mon avis, c’est la conversation entre Montag et Beatty, qui en plus de nous donner les clés de compréhension, est doté d’un véritable aspect dramatique, intense. Le fond de l’histoire, le cheminement de Montag et les confrontations entre les deux conceptions présentées (en gros celle de Beatty et celle de Faber) sont pour moi ce qui fait de ce livre un classique d’anticipation, de dystopie. Dur d’imaginer un monde où les livres sont hors-la-loi, alors qu’ils sont tellement importants pour nous !
 
L’action est assez peu présente et pourtant impossible de dire qu’il ne se passe rien dans Fahrenheit 451. L’auteur arrive à capter notre attention, à créer un suspense, et au-delà de ça, à nous faire réfléchir, et à nous donner envie de connaître l’aboutissement de sa réflexion. Si j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire (surtout à cause de la langue), ensuite j’ai dévoré le livre.
 
J’ai du mal à en parler correctement, mais vraiment c’est à lire si ce n’est pas déjà fait. C’est un livre court mais très riche, qui reste maître en dystopie (difficile de dire que les romans à la mode en ce moment appartiennent au même genre !). Je suis très contente de cette lecture.
 

Dimanche 29 juin 2014 à 13:36

Il m’aura fallu plus de six semaines pour venir à bout du beau pavé qu’est Gagner la guerre, roman de Jean-Philippe Jaworski paru pour la première fois en 2009 chez Moutons électriques. Je regrette de ne pas avoir pu y consacrer plus de temps à cause de mon stage, car parfois plusieurs jours passaient sans que je puisse l’ouvrir. Pas une seconde je ne regrette de m’être lancée dans ces presque mille pages.

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Benvenuto Gesufal est au service du Podestat Leonide Ducatore, l’un des hommes les plus puissants de la République, laquelle vient de battre Ressine et le chah Eurymaxas. Seulement, gagner la guerre n’est qu’un début.
 
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Après Mauvaise Donne, nouvelle de Janua Vera qui mettait en scène la rencontre entre Benvenuto et le Podestat, nous retrouvons ce même Benvenuto quelques années plus tard, toujours à la narration. Je n’avais pas beaucoup apprécié cette nouvelle, car le personnage principal n’est pas des plus sympathiques et l’écriture y était moins accrocheuse pour moi que dans les autres du même recueil. Avec Gagner la guerre, mon avis sur Benvenuto n’a pas changé. Il est absolument imbuvable, très doué pour se défausser de toute culpabilité. Ce parti pris de prendre un anti-héros complet est intéressant, mais il est dommage que rien ne rattrape cet aspect dans le livre. Il n’y a pas un personnage auquel j’ai pu m’attacher. Tous, sans exception, sont des pourris. Ça m’a vraiment manqué. Un peu d’amour, de bonheur, d’espoir quelque part.
 
Une fois cela dit, il ne me reste plus qu’à vous convaincre que ce livre est absolument génial. J’ai d’ailleurs très envie de relire Janua Vera parce que lorsque je l’avais lu je ne l’avais pas apprécié autant que j’aurais pu. À présent que je connais mieux l’univers du Vieux-Royaume, ma relecture sera extrêmement agréable (quand je trouverai le temps de m’y consacrer !). Gagner la guerre, tout en étant très centré sur Ciudalia, ce qui permet d’en apprendre plus sur la République dont elle est la capitale, nous fait mieux découvrir le Vieux-Royaume. Certes, Ciudalia fait penser à Rome. Certes, les Ouromands ont l’air vachement barbare. Quand on mélange tous les éléments empruntés à l’histoire à ceux inventés par l’auteur, on obtient un univers tellement cohérent, tellement fouillé et détaillé, que c’en est bluffant. En imaginaire, il existe apparemment deux façons d’écrire un roman : soit l’auteur a une intrigue en tête et construit son univers autour, soit il élabore un monde convaincant avant de créer son ou ses histoires (les deux méthodes s’entremêlent souvent mais il y en a généralement une qui domine). Jean-Philippe Jaworski appartient davantage à cette deuxième catégorie, comme Tolkien ou G. R. R. Martin. La qualité de son travail ici est à mon avis indéniable. Je retiendrai particulièrement les éléments liés à la magie, qui m’ont vraiment marquée (ah, ces miroirs !).
 
Ensuite, il y a l’écriture et les procédés littéraires parfaitement maîtrisés. Le style est un savant mélange de vulgarité et de culture, car Benvenuto n’est pas si ruffian qu’il eut bien le laisser croire. Le vocabulaire est très varié et je suis tombée plus d’une fois sur des mots qui me sont inconnus. Jean-Philippe Jaworski adore les effets d’annonce. Il nous dit que tel plan a foiré par exemple, mais au lieu de gâcher le suspense, cette technique réussit à augmenter l’intérêt du lecteur, parce qu’on veut tout savoir ! On a conscience que l’auteur va nous expliquer, mais en nous faisant patienter de cette manière, il nous fait trépigner. Plusieurs fois, par la voix de Benvenuto, il prend à partie le lecteur, le bouscule un peu, et très rapidement le rend complice des méfaits de son personnage principal. J’avoue avoir parfois mal vécu cette complicité forcée, cette sorte de voyeurisme, tout en étant extrêmement admirative…
 
Parlons un peu de l’intrigue, du contenu de l’histoire. Le nombre de fils qui la compose donne un livre riche, qui réserve souvent des surprises et nous balade en Ressine, dans la République, la Marche Franche… Là où ça devient encore plus intéressant, c’est que toutes les ficelles mises en place n’ont pas été tirées jusqu’au bout. Qu’en est-il de La Speranza ? De cette rencontre entre Sassanos et d’intrigants inconnus ? Comment va évoluer la République ? Je veux savoir moi ! Les magouilles politiques m’ont également laissée sur les fesses. C’est traité différemment que dans Le Trône de fer, mais c’est aussi impressionnant ! Sur les personnages, Benevenuto a beau être un sacré connard, Leonide Ducatore est un bel enfoiré et Sassanos un putain de salaud ! Et non, notre anti-héros ne détient pas la palme du pire bonhomme. D’autres personnages sans être attachants, sont tout de même plus sympathiques, et pour certains assez fascinants, et j’aimerais en lire plus sur eux. Là je pense surtout à Eirin, Annoeth et Melanchter (tout le passage à Bourg-Preux m’a beaucoup plu de toute façon). Pour ceux qui ont lu Janua Vera, vous recroiserez d’autres personnages en plus de Benvenuto. Vous l’avez compris, je ne suis pas contre d’autres textes mettant en scène le Vieux-Royaume et ses personnages. Ça tombe bien que j’ai plusieurs anthologies avec Jaworski au sommaire !
 
Pour conclure, si vous aimez les intrigues travaillées, ou les personnages qui sortent de l’ordinaire, ou une écriture ciselée, ou l’excellente fantasy, ou tout ça à la fois, je vous conseille de lire Gagner la guerre, sinon vous pourriez regretter d’être passé à côté. Je ne l'ai pas mis en coup de cœur pour les raisons indiquées au début de la chronique, mais cela n'empêche pas que c'est définitivement l'un des meilleurs romans qu'il m'ait été donné de lire. Maintenant, j’attends de pied ferme la version poche de Même pas mort !
 
"La nature particulière de mon boulot m’amenait à tisser beaucoup de contacts, mais peu de liens."
 
"Je conservai un silence prudent. J’étais payé pour aplanir les obstacles matériels, pas pour les problèmes moraux."
 
"Nous étions si bien rompus à ce jeu de dupes que la sincérité, entre nous, pouvait se passer d’aveux."
 
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Samedi 21 juin 2014 à 14:53

Quatrième billet pour la lecture commune de l’anthologie Saisons païennes, autour cette fois de Litha. La nouvelle correspondante : Solstice fatal, de Bettina Nordet.
 
Quelques jours avant Litha, Liane et son compère Jonas mettent la main sur la page manquante d’un vieux manuscrit, clé d’un rituel de pouvoir dont Célestine, la cousine de Liane, va faire les frais…
 
Très bonne surprise que cette nouvelle ! Je me suis fait avoir sur la fin, je n’attendais pas du tout ça. L’histoire est bien développée, suffisamment pour qu’on commence à appréhender le moment du rituel, pour qu’on tremble pour Céleste, pour qu’on prenne en aversion Liane, et pour former une idée fausse du dénouement.
 
L’écriture est agréable. La fête païenne Litha est bien traitée, j’ai particulièrement apprécié le chêne et le houx (je n’en dis pas plus !). Je suis même triste de ne pas savoir ce qu’il va se passer ensuite. Ça m’a donné envie de découvrir d’autres textes de Bettina Nordet.
 
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Sur Litha, je ne vais pas avoir grand-chose à dire, simplement parce que je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations sur internet, et que je n’ai pas le temps de fouiller plus loin si je veux poster mon article le 21 juin, jour de Litha. Comme Ostara, c’est une fête mineure du calendrier païen.
 
C’est la fête païenne correspondant au solstice d’été, « le jour le plus long de l’année », c’est-à-dire où le Soleil est le plus présent. Il est donc à l’apogée de sa puissance, mais cela annonce le début de son déclin : dès le lendemain, les jours raccourcissent. C’est une fête où l’on célèbre l’amour et les plaisirs (apparemment c’est un bon jour pour se marier, mais bon courage pour organiser ça !). L’une des traditions les plus fortes est le grand feu de joie autour duquel on dansait en rond pour célébrer l’abondance des cadeaux offerts par la nature à cette période de l’année. Le christianisme a récupéré cette tradition avec les feux de la Saint-Jean. Selon le site wicca-life.com, « Les propriétés magiques des plantes cueillies à cette date sont reconnues puissantes depuis la nuit des temps. Cette journée sera donc traditionnellement faite pour la récolte des plantes et herbes servant aux potions, philtres et recettes que vous voulez élaborer. »
 
Quant à Wikipédia, il indique que « le dieu et la nature sont à l'apogée de leur force ; il règne en seigneur de la forêt sur un trône de bois vert. La terre nage dans la fertilité, ce jour est célèbre car le soleil est à son zénith, mais il rappelle son futur déclin. Le dieu du chêne combat le dieu du houx qui va remporter la victoire et régner jusqu'à Yule. Les jours raccourcissent. Le voile entre les deux mondes est aussi mince qu'à Samhain, on peut donc rencontrer des représentants du "petit peuple" et les esprits des morts peuvent plus facilement traverser la frontière. La légende raconte que si l'on marche accidentellement sur du Millepertuis le soir de Litha, on peut se retrouver au pays des fées. » « Arbre sacré chez les Romains, les Celtes, les Germains et les Slaves de l'est, le chêne symbolise la virilité, la force, l'endurance et la longévité. » « Depuis la nuit des temps, notamment dans l'Antiquité païenne, le houx est le symbole de la persistance de la vie végétale au cœur de l'hiver. »
 
Voilà, c’est tout pour Litha ! Personnellement, j’adore cette journée. Il fait souvent beau ce jour-là (c’est le cas cette année), il y a la fête de la musique, on voit le soleil s’attarder très tard, et sa chaleur avec lui. Profitez donc de ce beau jour !
 
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Jeudi 12 juin 2014 à 19:10

Plus de deux semaines après les Imaginales, j’ai enfin terminé la lecture de Dent pour dent, le deuxième tome de la série Maeve Regan par Marika Gallman (et je n’en suis qu’à la moitié de Gagner la guerre, je ne suis pas encore sortie de l’auberge...). Je ne peux pas dire que cette lecture a été dans la continuité de celle du premier tome, vous allez voir pourquoi ! Je déconseille évidemment la lecture de cet article à ceux qui n’ont pas lu au moins le premier tome...
 
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Après avoir laissé derrière elle tous ses proches, Maeve est partie à la poursuite de Connor, mais les mois passent et sa douleur ne s’estompe pas, comme ses recherches n’avancent pas. Elle va se trouver des alliés, mais eux visent d’abord Victor. Elle comprend qu’elle va devoir passer par lui avant d’obtenir sa vengeance.
 
Ce tome est très différent du premier parce que l’ambiance y est beaucoup plus sombre. Certes, ce n’était déjà pas la joie dans Rage de dents (surtout à la fin), mais là c’est presque la descente aux enfers. On retrouve Maeve pas loin d’être brisée. Elle se montre toujours bravache mais en réalité elle peine à masquer sa tristesse. Deux petites embellies se font, mais ce n’est que pour mieux plonger au fond, tout au fond du trou à la fin du tome. Je dois dire que cet événement ne m’a pas vraiment surprise, déjà parce que je savais par des chroniques que j’avais lues que quelque chose d’assez énorme se passait et ensuite parce que les indices sont assez nombreux. Cela donne à réfléchir pour la suite de la saga, et j’ai ma petite idée sur un dénouement en particulier, on verra ça quand j’aurai tout lu.
 
L’humour reste présent (l’auteure a des jeux de mots bien pourris, tout ce que j’aime !) mais là aussi, on sent que Maeve y met moins de cœur. Son agressivité est quelque part beaucoup plus contrôlée (je dis bien « quelque part », car dans un autre sens c’est encore pire !) et je ne l’ai pas trouvée vulgaire. Elle jure beaucoup moins que dans Rage de dent, paraît éteinte... Elle m’a fait beaucoup de peine et j’ai carrément pris son parti contre tous les machos qui l’entourent.. En comparaison, les personnages secondaires m’ont souvent déplu, surtout ceux qu’on connaissait déjà dans le tome 1. Sont sortis du lot de façon positive Julian, Barney et Cormack. Les autres m’ont soit énervée, soit étaient trop marginaux pour que je les retienne.
 
L’univers se dévoile un peu plus, notamment du côté Sihr, et j’ai bien aimé en apprendre plus, même si je ne me rappelle pas grand-chose là tout de suite. Une partie du voile qui cache la vérité semble levé, ou bien s’est-il au contraire étendu ? Marika Gallman sait en tout cas conserver l’intérêt de son lecteur de ce point de vue.
 
J’ai eu la même impression de lecture détente, facile, qu’on peut poser et reprendre sans se faire de souci. Je serais incapable de raconter dans le détail les péripéties qui composent ce tome, et là encore ça ne me gêne pas une seconde, au contraire, c’était exactement ce que j’en attendais.
 
La série s’étant terminée récemment, je n’ai plus trop envie de traîner pour la finir, et j’espère avoir le temps cet été d’avancer avec au moins le tome 3. Ce ne sera pas ma saga préférée du genre mais rien que pour l’humour de l’héroïne et pour la suivre encore, je vais la continuer avec plaisir.
 
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Lundi 2 juin 2014 à 19:32

Je sais que je triche un peu avec mon défi Imaginales, mais pour ma défense j’avais commencé 3 livres avant le festival, donc il va y avoir 3 chroniques postérieures que je compterai quand même dedans, et ensuite il sera clos (définitivement puisque je ne renouvellerai pas l’an prochain). Cette chronique concerne Noir et blanc, le premier tome de la série Kel d’Andréa Schwartz, que j’avais acheté aux Imaginales de l’année dernière, mais pour lequel je n’avais pas pu avoir de dédicace, l’auteure étant déjà partie lors de mon achat. Chronique garantie sans spoil, contrairement à celle que j’avais vue et qui m’avait raconté des évènements ne survenant que dans la deuxième moitié du livre...
 
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La famille de Shelun et tout leur village kel’bai a été détruit par un raid kel’yon alors qu’elle n’avait que douze ans. Recueillie par un mystérieux hybride du nom de Ieran qui lui apprend à se battre, Shelun grandit et se nourrit de haine et de désir de vengeance. Alors qu’elle a dix-sept ans, la guerre entre les deux Empires est de nouveau déclarée. Shelun ne peut s’en empêcher : elle vole des vêtements et une dague à Ieran, bande sa poitrine et se présente pour s’enrôler. Si ses premiers temps dans l’armée la confortent dans ses idées, elle va finalement se rendre compte que les choses ne sont pas comme elle les avait toujours cru.
 
Le premier tiers du roman m’a paru assez lent, et tout en étant intéressée et en passant un bon moment, j’avais du mal à vraiment rentrer dans l’histoire (peut-être aussi la faute au boulot qui ne me laissait pas le loisir de me poser avec le livre pour avancer dedans !). On suit Shelun pas à pas dans sa découverte de l’armée, et au passage le lecteur découvre un petit peu du fonctionnement de son univers, de l’Empire Kel’bai avec ses codes sociétaux, de son histoire (la guerre contre l’Empire Kel’yon surtout). Shelun est une roturière, et l’armée lui donne l’occasion de rencontrer pour la première fois des nobles, dont le nom est précédé de la particule « Sai ». On intègre au fur et à mesure des éléments qui vont façonner ce monde aux accents asiatiques et vont le rendre plus tangible à nos yeux.
 
On constate rapidement que Shelun est assez tête brûlée. Déjà, elle prend le risque d’être découverte (et donc déshonorée et humiliée, mais apparemment la punition ne sera rien de plus que de la renvoyer avec les civils) et de se retrouver sans rien à l’issue de la guerre (vu comment elle a planté Ieran, il pourrait parfaitement la jeter si elle rentre chez lui). Ça va aussi lui apporter quelques bonnes choses, et des ennuis en masse. Mais Shelun n’est pas des personnes qui raisonnent tout le jour et la nuit. Elle écoute ce que lui dicte son cœur et sa conscience, et tant pis si ça heurte, elle ou les autres. Mes sentiments à son égard sont donc assez ambivalents. D’un côté on admire sa force, sa détermination et sa capacité à remettre les croyances qu’elle a toujours eues en question, et d’un autre on s’agace de la voir par moments si aveugle, si entêtée et insouciante des sentiments des autres. J’ai bien aimé la suivre et quelque part je me suis attachée à elle, mais ce ne sera pas l’un de mes personnages de fiction préférés.
 
Concernant les autres personnages, j’ai un peu de mal à en parler. Ils sont assez nombreux et j’ai parfois eu du mal à me souvenir de leurs liens avec l’héroïne et de leur place dans la hiérarchie militaire, assez complexe et détaillée. J’aime assez Keldan, j’aurais bien aimé en savoir plus sur lui. Aydred m’a beaucoup plu aussi, et le voir plus ne m’aurait pas dérangée. Ashina me plaisait au début, mais l’évolution de son personnage sur la fin est dérangeante (c’est voulu je pense, dans la façon dont c’est présenté). En tout cas, l’auteure ne nous présente pas des militaires tous fondus le même moule, on passe par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et ce dans les deux armées.
 
L’intrigue, quoiqu’assez convenue, est intéressante. J’ai vu qu’elle n’avait pas plu à tout le monde et je peux comprendre, mais je l’ai trouvée plutôt bien menée. L’évolution de l’histoire est cohérente dans l’ensemble (j’apprécie les efforts portés sur la temporalité), même si des petites choses par-ci par-là peuvent paraître un peu exagérées ou pas très bien exprimées. Andréa Schwartz a fait le choix d’aborder des sujets très divers et à mon sens c’est réussi. J’ai avalé le dernier quart du livre, impatiente de connaître la conclusion de cette histoire, or elle est assez frustrante puisqu’elle est très elliptique ! On a donc tout de suite envie de plonger dans la suite pour connaître les détails. Son écriture est agréable, généralement fluide, mais il y a quelques problèmes de forme entre les guillemets, les tirets et les italiques, mais rien qui m’a vraiment dérangée pendant ma lecture.
 
Le côté fantastique est très, très léger. Nous sommes dans un monde imaginaire, certes, mais le temps un peu médiéval qui nous est présenté n’est pas plein de magie ou de créatures merveilleuses. Il y a cependant des détails qui ont attiré mon attention : la couleur des yeux de certains protagonistes (violet ou bordeaux ce n’est pas banal quand même), l’apparente longévité des gens (ou alors l’année n’est pas de la même durée que celle qu’on connaît). Néanmoins, on se sent forcément ailleurs, dépaysé, dans un univers d’inspiration asiatique où l’auteure mélange des coutumes existantes et des us de sa propre imagination. J’ai particulièrement aimé les développements autour des Kael’run et du qage, empruntés aux geisha, au nô et au kabuki, mais aussi les codes vestimentaires des femmes (les peintures de visage ont l’air d’être absolument sublimes). En plus, il ne s’agit là que d’un premier tome, et je ne doute pas qu’on en apprendra encore bien plus dans les suivants (4 sont prévus m’a dit l’auteure), notamment sur les Barbares dans le tome 2 à ce que j’ai compris. Tout cet aspect m’a conquise.
 
Ce premier roman n’est toutefois pas exempt de défauts, j’en mentionnais quelques-uns plus haut. J’y ajoute des moments un peu lents, peut-être un manque de péripéties ou une difficulté à bien les insérer. Et surtout, il y a pas mal de fautes et de coquilles. Je blâme davantage l’éditeur que l’auteure, car sur un roman de presque 500 pages, l’auteure ne voit plus au bout d’un moment ses faiblesses. C’est là que l’éditeur est censé intervenir mais ce travail n’est pas fait, et ce n’est pas la première fois que je le remarque sur des romans de cette maison d’édition. C’est du détail mais je trouve ça important.
 
Pour conclure, ce roman est à la fois une bonne introduction et une belle aventure, pas exempt de défaut mais qui se pardonnent facilement puisqu'il s'agit d'un premier roman.
 
"Si tu avais été avec eux, tu serais morte. Les enfants sont des futurs vengeurs et doivent être exécutés."
 
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Lundi 26 mai 2014 à 19:00

Je commence cette chronique en remerciant chaleureusement les éditions Artalys et Jess Swann, grâce à qui j’ai pu découvrir La dame aux papillons et pour m’avoir fait confiance. J’avais prévu de le lire au début du mois de juin, mais je n’ai pas résisté et l’ai entamé très vite !
 
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L’histoire commence à Port-Royal, en 1815. Violet Sorrow est la fille d’un anglais et d’une mulâtre, et en tant que telle n’a sa place dans aucun des deux mondes. Son père est mort depuis quelques années, les laissant sa mère et elle dans de graves difficultés, notamment financières. Lorsque William Sorrow, le frère du défunt, accepte de recevoir sa nièce dans sa demeure en Angleterre, Violet est heureuse et confiante en l’avenir. C’est sans compter les convenances et règles de l’Empire britannique qui jouent contre elle, et une chose plus noire encore.
 
Cette novella fait partie de la collection Hors Réel des éditions Artalys, et pourtant l’auteure nous emmène à la suite de Violet de telle manière qu’on oublierait facilement qu’un élément fantastique va survenir. Les indices existent mais sont dispersés, à peine mentionnés, et un lecteur non attentif se fait facilement piéger. Difficile de démêler le vrai du faux quand les mensonges n’en sont qu’à demi, quand les façades trompeuses comportent une part de vérité.
 
Le roman se passe quasiment à huis clos, car hormis le chapitre 1 durant lequel Violet quitte Port-Royal et traverse l’Atlantique, nous sommes uniquement à Sorrow’s Manor. L’ambiance se fait facilement oppressante, mais difficile de dire pourquoi, et la réponse vous surprendra sûrement comme elle m’a surprise, car si je me doutais de qui et grâce à quoi, j’ignorais complètement le pourquoi et le comment. Et même après la fin de l’histoire, des questions demeurent, le lecteur peut encore s’interroger sur le devenir des personnages, sur qui savait quoi exactement, sur l’étendue des conséquences de ce qui nous est révélé...
 
L’auteure avait prévenu sur son site : nous n’avons pas affaire à une histoire hautement romantique et ceux qui ne peuvent se passer d’une happy end devraient passer leur chemin. Mais il serait dommage de rater La dame aux papillons. Pour l’écriture de Jess Swann tout d’abord, qui est plus ciselée que dans Amour, Orgueil et Préjugés (que j’ai beaucoup aimé pour d’autres raisons, comme vous pouvez le voir dans l’article), peut-être grâce au format, court roman ou novella, qui me convient parfaitement en ce temps de disette de loisirs (allez en stage, qu’y disaient !). Il y a très, très peu de fautes ou de coquilles et la lecture était vraiment des plus agréables. Recherchée mais pas lourde, elle correspond exactement à ce que j’attendais sur ce livre. La période aussi : pour faire fonctionner cette histoire, Violet devait être une jeune fille du XIXème siècle, ou en tout cas de cette époque où les convenances étaient tout, où la société britannique fonctionnait selon le modèle bien établi qui mettait les femmes sous la tutelle des hommes. Nul doute pour moi que dans un autre contexte, le destin de Violet eût été différent.
 
L’héroïne est de celle qu’on ne peut s’empêcher de comprendre et pour qui on compatit. Née de l’amour et dans le mariage, on la tient pourtant responsable de fautes imaginaires, dues à l’intolérance généralisée envers les « indigènes ». L’histoire est porteuse d’un certain fatalisme, d’un sens tragique qui fait trembler le lecteur pour Violet. On sent, on sait que quelque chose va se produire, on a envie de la prévenir, et elle-même ne porte pas d’œillères, et pourtant c’était inéluctable, totalement impossible à empêcher, ce qui entraîne une sorte de fascination un peu malfaisante, plaçant le lecteur en « voyeur », le faisant presque culpabiliser. (Quel ressenti n’est-ce pas ? Je me lâche !) Je préfère ne rien dire des autres personnages, ce serait vous gâcher le plaisir de la découverte. Et je termine par un petit mot sur la couverture, que je trouve jolie et parfaitement en accord avec le contenu.
 
Je pense que j’en ai suffisamment dit, et j’espère vous avoir alléchés car j’ai beaucoup apprécié cette lecture, radicalement différente du premier roman de Jess Swann. Ce petit roman est une réussite dans son genre !
 
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Mercredi 21 mai 2014 à 18:12

Aussitôt fini Confessions d’une fan de Jane Austen, je me suis relancée dans mon défi pour les Imaginales avec une courte lecture des Éditions du Chat Noir signée Cécile Guillot, intitulée Fille d’Hécate, tome 1 : La Voie de la Sorcière.
 
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Maëlys est en M2 de psychologie à Aix-en-Provence et s’apprête à entamer son second semestre. Alors qu’elle vient de récupérer ses documents de cours au secrétariat, elle percute un jeune homme qui profite de ce qu’elle s’excuse de sa maladresse pour la convaincre de participer à une expérience qu’il mène dans le cadre de ses études. Ne se sentant pas en position de refuser, Maëlys le suit et vit une expérience étrange. Elle apprend rapidement qu’elle a un don d’empathie très prononcé, qui cache peut-être bien plus de pouvoirs. Décidant d’en apprendre plus sur elle-même, elle va bientôt découvrir qu’elle est une sorcière.
 
Sachant dès le début de ma lecture qu’il s’agit d’un tome introductif et volontairement court, je me suis laissée prendre au jeu et j’ai été embarquée tout de suite. C’est exactement ce que je vous ai décrit ci-dessus. On découvre au jour le jour, en même temps que Maëlys qui est la narratrice, le monde des sorcières et de la Wicca. Elle fait la rencontre au début d’Alexandre, jeune homme aux humeurs changeantes mais qui va l’aider à appréhender les pouvoirs qu’elle se découvre, et du professeur d’Alexandre M. Martinez, qui mène leurs expériences. En cherchant des informations sur son don, elle trouve une boutique « Chez Lydia » et va se lier avec la fille de la patronne, Dorine, qui est une sorcière également. On vit tout cela avec elle et très logiquement le lecteur s’identifie à ce personnage qui en parallèle continue sa vie « normale » : elle adopte un chaton qu’elle trouve dans la rue, suit ses cours, va travailler pour son stage dans un hôpital... Et son histoire personnelle nous la rend encore plus proche, car elle a vécu des choses difficiles.
 
Malgré le peu d’action présent dans ce premier tome, les pages se tournent très facilement, car on est avide nous aussi d’en apprendre plus sur la Wicca et sur les pouvoirs de Maëlys. Il y a également des passages  dédiés à l’introspection qui poussent à réfléchir au sens que l’on veut donner à sa vie et à la vie en général. Le style est fluide, très agréable et réussit à distiller du fantastique ancien dans notre modernité monotone. Les échanges de mails dynamisent bien le récit et l’ancrent dans la réalité. J’ai aussi beaucoup apprécié la façon de Cécile Guillot de nous présenter la Wicca. Mes quelques approches de ce mouvement m’avaient laissé un assez mauvais souvenir : les néophytes sont mal vus, les concepts obtus, c’est une religion archaïque... Moi qui ne suis pas du tout religieuse, ça ne me plaisait pas vraiment. Et puis dans True Blood, c’est vachement flippant ! Dans ce petit roman, la Wicca m’a fait un tout autre effet. Sérénité, recherche de soi, don aux autres, respect de la nature et du cycle de la vie... J’ai particulièrement apprécié les explications sur les trois phases de la Lune et la Déesse. J’ai aimé l’aspect non sectaire, avec la prise en compte de croyances très diverses, la souplesse des rites et l’importance de donner de soi, de s’investir. Bref, ça me donne envie d’en savoir un peu plus !
 
La fin est alléchante, car l’auteure nous promet une nouvelle intrigue et plus de découvertes sur les sorcières. Ce n’est pas une happy end, on sent que Maëlys n’est pas au bout de ses peines. J’ai hâte de découvrir la suite, et je pense que la lecture du tome 2 ne tardera pas trop puisqu’il est également court, et il me semble que je l’avais acheté en même temps que le tome 1 lors de promotions !
 
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Jeudi 8 mai 2014 à 18:11

J’avais lu à sa sortie le premier tome d’Anges d’Apocalypse, Le Tourment des Aurores de Stéphane Soutoul. Si j’avais bien aimé, je n’avais pas non plus été super enthousiaste, à mon grand désarroi car jusqu’à présent j’avais systématiquement beaucoup aimé ou adoré les ouvrages de cet auteur. J’ai donc un peu retardé ma lecture du tome 2, Le Frisson des Aurores, inquiète d’en ressortir encore plus mitigée, au risque d’abandonner ensuite la série… C’était compter sans le talent de l’auteur !
 
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Dans ce deuxième opus, Syldia est dans la dèche depuis l’échec de son contrat avec Lord Vorlock, et en plus elle n’a pas trouvé ce traître de Darion. Pour renflouer ses comptes désespérément vides, elle va devoir accepter de travailler encore une fois avec les sorciers, et ce malgré l’avertissement de Nolhan, le vampire qui sort toujours avec sa sœur Raven. Quant à sa partie humaine, Sam, elle a fort à faire avec Nathan, car un trio de sorcières plus que louche a débarqué dans leur lycée.
 
Ah, ce que je suis contente d’avoir enfin pu apprécier cette saga à sa juste valeur ! Le tome d’introduction m’avait paru trop superficiel, dans le sens où je trouvais qu’il n’y avait pas grand-chose de très creusé, hormis l’aspect cavaliers de l’Apocalypse. Mais très rapidement dans ce deuxième tome, les intrigues se diversifient, se multiplient et se complexent. Famine montre enfin son visage de tueuse sans remords et ses sœurs sont confrontées à un problème propre à leur nature, qui promet d’être particulièrement intéressant par la suite, surtout que Syldia, qui ne « dort » plus et a toujours eu l’excuse de la nécessité de se nourrir pour tuer, ne peut pas tout à fait comprendre. Eve est mise en avant avec un passage touchant qui lui est dédié (j’ai l’impression que le spin-off La Mort qui rôde doit porter là-dessus ! D’ailleurs, je le veuuuuuuux !). J’ai hâte de voir ce que l’auteur réserve à Jillian et Elizeanne (rien de méchant, hein ?). Par contre, toujours impossible d’accrocher avec Raven et Nolhan, y’a pas moyen. Par contre, je n’avais pas trop aimé Desmond dans Le Tourment des Aurores, mais là le voir sous un autre jour m’a permis d’apprendre à l’apprécier. Je suis contente de voir un roman où l'amour n'est pas "codifié" : on est loin des relations hétérosexuelles, monogames et monoandres (oui pardon ce mot n'existe pas) qui vont comme sur des roulettes.
 
Syldia change doucement mais reste quand même bien tête de mule et immature pour une créature âgée de six siècles ! Néanmoins, elle cogite beaucoup, et sa fragilité face à Allison, à Nathan et aussi à Desmond m’a plu. Elle est confrontée à tellement de soucis qu’on comprend ses réactions, même si parfois elle continue à m’exaspérer un petit peu. Son côté grande gueule est tout de même bien mieux passé que dans le premier tome. Mais surtout, j’aime vraiment beaucoup son côté Sam (à part peut-être à un moment, lorsqu’elle refuse d’ouvrir les yeux sur Rosie, mais là aussi ça ne dure pas et donc ça passe). Déjà, c’est la partie de la double-vie de Famine que je préfère. Les intrigues sont celles qui me plaisent le plus, sûrement à cause de Nathan, qui continue à me faire craquer. J’aime la façon dont cette « particularité » de la vie de Syldia est traitée. Les émotions sont vraies, et j’appréhende beaucoup le moment où Sam va avoir 18 ans…
 
J’ai aussi remarqué encore plus de références, par exemple très récentes à des séries, ou beaucoup plus anciennes à des artistes (je ne connaissais pas du tout Ary Scheffer), et c’est judicieusement inséré dans la narration. Ça fait partie du dynamise du récit, avec l’alternance entre le jour en Sam et la nuit en Syldia, et c’est une façon d’intégrer encore plus le lecteur, avec des clins d’œil qui lui sont destinés. Là encore, l’histoire se joue sur quelques jours, dans le contexte de l’hiver canadien, qui donne lieu à quelques scènes fortes. La fin laisse présager plein de nouveaux arcs narratifs très intéressants et donne envie d’ouvrir rapidement le tome 3 !
 
En résumé, j’ai vraiment accroché à cette saga grâce à ce tome bien équilibré entre les différentes intrigues et entre l’action et l’émotion. Je n’ai pas pu m’empêcher d’acheter La Discorde des Aurores (un titre qui me fait un peu trembler d’ailleurs) en numérique, car même si je n’apprécie que très modérément la maison d’édition où paraît cette saga, je ne peux pas passer à côté de la suite de cette série originale de Stéphane Soutoul. A présent, attention à la pluie de citations, j'en ai relevé pas mal !
 
"L’inconvénient avec les morts-vivants et leurs sens surdéveloppés tient en la difficulté à leur faire des cachoteries."
 
"Conséquence des hormones humaines ou pas, cette dichotomie de ma personnalité a de quoi s’avérer préoccupante. Le plus alarmant est l’éventualité que j’entre en conflit avec moi-même. Jillian, ma sœur la plus versée dans le médical, s’enquiert fréquemment de mon état mental. Et je ne pense pas que cette marque d’attention soit très flatteuse ni très rassurante."
 
"Une fois encore, dans ce café agréable, les tickets de concert entre mes mains, je réalisai à quel point je l’aimais. Sans concession, sans l’ombre du moindre doute quant à mes sentiments. La gratitude et l’attachement que j’éprouvais pour elle à cet instant me faisaient mesurer combien je l’aimais."
 
"Le problème, Syldia, c’est que tu fausses non seulement le jeu de tes émotions aux yeux des autres, mais aussi envers toi-même. Je suis certaine que tu ne sais plus quoi penser concernant les gens qui t’importent. Si tu apprenais à faire confiance, tu verrais que ta vie s’en trouverait grandement améliorée."
 
"Si Samantha ne pouvait rien contre ces pétasses adeptes des arts occultes et de la magie, Syldia leur donnerait, en revanche, autrement plus de fil à retordre."
 
"Peu importe son nom, un mort est un mort."
 
"Vouloir est une chose, pouvoir est une autre paire de manches."
 
"Dans le doute, il faut toujours écouter son côté vénal."
 
"Je répugnais à ce que les éléments de mes vies mortelle et immortelle se confondent. J’avais tout fait jusqu’à présent pour les cloisonner, de sorte que les existences de Syldia et Sam n’interagissent jamais."
 
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