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Qu'il est bon d'être futile !

Mardi 23 décembre 2014 à 18:39

"Three Rings for the Elven-kings under the sky,
Seven for the Dwarf-lords in their halls of stone,
Nine for Mortal Men doomed to die,
One for the Dark Lord on his dark throne
In the Land of Mordor where the Shadows lie.
One Ring to rule them all, One Ring to find them,
One Ring to bring them all and in the darkness bind them
In the Land of Mordor where the Shadows lie."
 
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Quand le premier film de Peter Jackson prenant place en Terre du Milieu est sorti, je ne suis pas allée le voir au cinéma. En même temps, j’avais 11 ans, je ne décidais pas du programme des séances de ciné (fort rares au demeurant) et surtout cette année-là il y avait aussi Harry Potter sur les rangs. Mais un peu plus tard, le film est passé sur Canal +, et mon beau-père relativement curieux l’avait enregistré en VHS (vous la sentez la nostalgie là ?). Avec mon frère on a un peu eu les flipettes, on n’a pas particulièrement accrochés, un peu jeunes encore peut-être. Plus tard encore, le deuxième film était sorti au cinéma et on n’y était toujours pas allés, mais mes parents ont acheté  la cassette.
 
Et là, on a commencé à trouver que Le Seigneur des Anneaux, c’était un truc cool. J’ai d’ailleurs commencé ma campagne d’usure sur mes parents pour être sûre de pouvoir voir le dernier au ciné. Et j’ai décidé de me lancer dans les bouquins. Sauf que je n’avais jamais lu de fantasy à proprement parler et que j’en étais encore à des lectures « faciles ». Les classiques et moi ne faisions pas bon ménage à l’époque. Je n’avais donc même pas atteint Rivendell/Fondcombe il me semble.
 
Les années ont passé, je suis devenue de plus en plus fan des films (on a le coffret blu-ray avec les versions longues et plein de bonus qu’on a regardé intégralement), de l’univers, j’ai lu Bilbo le Hobbit quand le film a été annoncé (mais cette lecture n’avait pas été un grand succès), j’ai découvert Tolkien hors Terre du Milieu avec les Lettres du père Noël, et un jour je me suis dit qu’il était temps de me mettre aux romans, aux vrais, le canon quoi. Mon chéri m’a offert un magnifique coffret VO, et me voilà partie dans la découverte du Seigneur des Anneaux, via les deux premiers livres parus, regroupés en un volume intitulé The Fellowship of the Ring (ou La Communauté de l’Anneau, je vais essayer de mettre l’anglais et le français le plus souvent possible).
 
Je dois vous dire que j’étais un peu morte de trouille de me lancer. Et si j’arrive pas à le lire an anglais, si j’ai présumé de mes capacités dans cette langue ? Et surtout, si comme lors de ma première expérience, j’aime pas ? Vaines craintes ! J’ai adoré. Je ne dis pas qu’il n’y a pas quelques petits défauts, rien n’est parfait. Mais ce livre est génial, cet homme était un pur génie.
 
Juste pour le plaisir, je fais un synopsis, même si tout le monde connaît l’histoire je pense. Notre aventure commence donc dans the Shire/la Comté, terre des hobbits où la vie est douce mais où il ne se passe pas grand-chose. La disparition lors de sa propre fête d’anniversaire du farfelu Bilbo marque grandement les esprits, en particulier de celui de son neveu et héritier présomptif, Frodo. Gandalf, ami de longue date de Biblo et magicien, convainc le fuyard de s’en tenir à son plan initial et de laisser l’intégralité de ses biens à Frodo, y compris un certain anneau trouvé il y a des décennies lors de la grande aventure de Bilbo. Gandalf soupçonne la véritable nature de cet anneau et met en garde Frodo, qui des années plus tard va devoir à son tour quitter the Shire pour vivre sa propre aventure, autrement plus compliquée que celle vécue par son oncle...
 
"When Mr. Bilbo Baggins of Bag End announced that he would shortly be celebrating his eleventy-first birthday with a party of special magnificence, there was much talk and excitement in Hobbiton."
 
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J’ai voulu lire The Lord of the Rings dans une démarche d’en apprendre plus sur cette histoire. Certes, les versions longues sont riches en détails sur l’univers de Tolkien, mais ce n’est rien comparé aux écrits de l’auteur ! Le début m’a donc ravie puisqu’on apprend plein de choses sur les Hobbits et sur la famille Baggins/Sacquet. J’ai très vite constaté que les films, bien que très fidèles, n’étaient pas en capacité de rendre la narration de Tolkien, qui est très lente et très riche. Ça ne m’a pas gênée, je ne peux pas dire que je me suis ennuyée – mais je comprends que ça puisse être le cas pour d’autres –, par contre je dois dire que j’attendais avec impatience certains éléments qui semblent arriver vite dans les films mais qui prennent de nombreuses pages dans le roman. Traquer les différences, petites ou grandes, entre l’original et l’adaptation a été source d’un immense plaisir ! Et je dois dire que dans l’ensemble, je comprends parfaitement les choix de Peter Jackson pour son film. S’il avait tenté de coller d’encore plus près le texte original, je ne suis pas convaincue que le rendu aurait été agréable à voir, les films n’auraient pas eu un tel succès et je ne serais pas en train de vous raconter tout ça. Bref, chapeau Mr Jackson.
 
"I don't know half of you half as well as I should like; and I like less than half of you half as well as you deserve."
 
"There is a seed of courage hidden (often deeply, it is true) in the heart of the fattest and most timid hobbit, waiting for some final and desperate danger to make it grow."
 
En apprendre plus sur la Terre du Milieu a également été un délice. Certes, je ne retiens pas le quart de ce que je lis, mais l’immersion (ainsi que l’oubli des parties misérables du quotidien) est totale. Tout est cohérent, admirablement construit et détaillé, et supporté par une plume magnifique. Les descriptions sont d’une beauté à couper le souffle. J’adorais déjà les Elfes, maintenant je me demande si je ne vais pas leur vouer un culte. Mes vacances ? Un aller simple pour la Lorien, s’il vous plaît. Si ce n’est pas possible, je me conterais de Rivendell, merci bien. Ma grande interrogation en revanche porte sur les personnages. En comparaison du reste, ils sont étonnamment peu détaillés, que ce soit au niveau de leur physique ou de leur caractère. S’ils sont attachants et si on a envie de les suivre, c’est grâce à quelques scènes qui nous les rendent sympathiques (la convivialité des Hobbits est contagieuse!) ou qui ont la méga-classe, mais pour ma part, surtout grâce aux films. C’est une grande réussite de P. Jackson d’avoir, à partir des légers éléments de Tolkien (notamment certains dialogues), mis à l’image des personnages inoubliables. Il est tout de même aisé avec le texte de Tolkien de se sentir proche de la Communauté. On les suit de près, on est dans l’expectative avec eux du prochain obstacle ou de la prochaine merveille. Le lent démantèlement de la compagnie après [spoiler alert !] la mort de Gandalf [vous le saviez quand même ?] m’a bien fait mal au cœur.
 
    "'I wish it need not have happened in my time,' said Frodo.
    'So do I,' said Gandalf, 'and so do all who live to see such times. But that is not for them to decide. All we have to decide is what to do with the time that is given us.'"
 
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Revenons à l’écriture maintenant. À part une ou deux fois où j’ai trouvé la grandiloquence mal venue (la réplique d’Aragron après la sortie de la Moria m’a paru vraiment ridicule), voire un peu kitsch, toute ma lecture a été magique. Quel talent ! La plume de Tolkien est vraiment extraordinaire. Il a son vocabulaire fétiche, propre à créer une ambiance à lui que j’ai trouvé délicieuse. Dans mon canapé ou dans mon lit, au chaud avec le livre à la couverture de cuir entre les mains, l’odeur du papier, j’étais vraiment ailleurs. Passées les premières pages un peu difficiles parce que j’ai eu besoin de m’adapter au rythme des phrases, au vocabulaire spécifique et à la minutie de l’écriture (et à la toute petite rikiki police aussi), je n’ai plus éprouvé aucune difficulté à lire en anglais. La langue de Tolkien n’est pas plus difficile que celle de Jane Austen par exemple, ou des sœurs Brontë. Elle est assez simple au final, en tout cas pas du tout aussi complexe qu’on peut le croire. Je ne le recommande pas si vous n’avez jamais lu en anglais bien sûr, mais si vous êtes assez à l’aise dans cette langue et/ou que, comme moi, vous connaissez déjà la trame principale par cœur, ce roman n’est pas difficile à lire et surtout c’est un bonheur.
 
"The face of Elrond was ageless, neither old nor young, though in it was written the memory of many things both glad and sorrowful. His hair was dark as the shadows of twilight, and upon it was set a circlet of silver; his eyes were grey as a clear evening, and in them was a light like the light of stars. Venerable he seemed as a king crowned with many winters, and yet hale as a tried warrior in the fullness of his strength. He was the Lord of Rivendell and mighty among both Elves and Men."
 
Je me rends compte que je n’ai pas dit grand-chose de l’histoire en elle-même. Eh bien, j’aime la façon dont elle est déroulée calmement, dont chaque chose semble à sa place (c’est un truc de Hobbit ça, non ?) mais sans nous laisser suivre une trace linéaire et ennuyeuse. Au contraire, Tolkien était audacieux, il a écrit des choses comme personne ne l’avait fait avant lui. Sa maîtrise de la narration est époustouflante, par exemple avec l’usage qu’il fait des rêves. Souvent cet artifice me gonfle dans les romans, c’est souvent mal utilisé et ça fait très cliché, mais pas là. C’est subtil, c’est fin, et ça demande au lecteur de réfléchir, de s’investir dans sa lecture. Si Tolkien arrête à un moment ses descriptions, c’est pour mieux nous laisser imaginer le reste. Je ne trouve pas qu’il soit descriptif dans le sens de certains grands romanciers français du XIXème (Balzac, si tu nous regardes). Il met en route notre imagination, à nous de saisir le cadeau qu’il nous fait. Et puis, il a de l'humour, en témoignent surtout les premiers chapitres ! Il navigue très bien entre des passages comiques et des passages plus sombres, où la menace des Neuf se fait sentir par exemple.
 
"Time doesn’t seem to pass here: it just is."
 
Concernant les personnages, j’en ai adoré trois : Gandalf, Elrond et Galadriel. Je les ai trouvés particulièrement intéressants. Dans les films, j’ai tendance à préférer Legolas, Galadriel (elle est tellement cool cette nana !) et Aragorn. Ce premier volume est très centré sur Frodo. Les autres personnages ne sont donc pas encore très creusés, on a rarement accès à leurs pensées. Je ne doute pas que les volumes suivants changeront cet aspect ! J’ai en tout cas beaucoup apprécié de voir de plus près les relations qu’entretiennent les personnages, qui ne sont pas forcément présentées de la même manière dans les films. Par exemple, j’ai été très étonnée de voir que Boromir et Aragorn s’entendent bien ! Dans le film, il m’est vraiment difficile d’aimer Boromir, alors que là il est plutôt sympa, si on met de côté qu’il râle souvent et son petit pétage de câble à la fin.
 
    "All that is gold does not glitter,
    Not all those who wander are lost;
    The old that is strong does not wither,
    Deep roots are not reached by the frost.
    From the ashes a fire shall be woken,
    A light from the shadows shall spring;
    Renewed shall be blade that was broken,
    The crownless again shall be king."
  
Oh my, je me suis légèrement laissée emporter, en plus tout est dans le désordre. J’espère tout de même que mon enthousiasme dans cette chronique vous confirmera l’immense coup de cœur que j’ai eu pour cette première partie de The Lord of the Rings ! J’ai affreusement hâte de lire le volume suivant, qui est un peu plus court, mais je vais attendre un peu. J’espère le lire courant 2015, puis terminer l’année avec le dernier volume et profiter de 2016 pour creuser dans les Appendices (oui, je prévois loin). Si comme moi vous ne vous êtes jamais lancé de peur de 1) abandonner au bout de quelques dizaines de pages (et éventuellement de vous sentir ridicule de ne pas y arriver) et 2) ne pas aimer, je vous le dis, ces inquiétudes n’ont pas lieu d’être ! Il faut oser, un voyage pareil ça ne se regrette pas ! (Enfin, pour ma part bien sûr, je sais que des gens n’y arrivent vraiment pas avec Tolkien, mais chacun ses goûts, donc vous pourriez aussi bien en ressortir ravi comme moi !)
 
"You will give me the Ring freely! In place of the Dark Lord you will set up a Queen. And I shall not be dark, but beautiful and terrible as the Morning and the Night! Fair as the Sea and the Sun and the Snow upon the Mountain! Dreadful as the Storm and the Lightning! Stronger than the foundations of the earth. All shall love me and despair!"

Dimanche 21 décembre 2014 à 10:00

Pour la dernière fête païenne de notre année civile, c’est Marianne Stern, avec sa nouvelle Noces sanguines au cœur des ténèbres, qui nous livre son interprétation de Yule.
 
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Jaska ne se sent pas de partager les réjouissances de Yule avec les autres. À Saariselkä, il est tradition de le fêter avec banquet et beuveries, et les hommes d’offrir une couronne de houx à la femme avec qui ils aimeraient passer la nuit. Mais Jaska aimerait passer plus qu’une nuit avec Jaana, et surtout il craint que les faits divers sordides survenus l’année passée se renouvellent…
 
Je ne connaissais pas encore la plume de Marianne Stern, ma sa gentillesse en salon m’a poussée à acheter Les Chroniques d’Oakwood lors de promotion sur les versions numériques au Chat noir. Eh bien c’était une excellente découverte ! J’ai adoré sa plume, elle écrit très bien et sait sans souci nous emporter avec elle dans son histoire.
 
Elle maîtrise également très bien les codes de la nouvelle : comment nous donner envie d’en savoir plus dès les premières pages, nous mener sur une fausse piste au milieu, puis nous laisser sur la chute. Elle mélange habilement le moderne et les anciennes traditions. Je trouve que son intrigue prend le pas sur le folklore qui sert de toile de fond, mais cela ne m’a pas dérangée, et elle a tout de même apporté plusieurs éléments à sa nouvelle qui se rattachent à Yule et aux coutumes entourant la célébration du solstice d’hiver.
 
Donc une excellente découverte pour moi, j’ai hâte de découvrir Marianne Stern dans un format plus long ! Et pour finir, quelques paragraphes sur Yule, tous trouvés chez Wikipédia.
 
Yule est une fête d'hiver, anciennement une célébration païenne pour les peuples germaniques. Elle a été associée aux fêtes de Noël dans les pays nordiques depuis la christianisation des peuples germains et scandinaves. C'est aussi une fête wiccane et néo-païenne.
 
Selon toute vraisemblance, il s'agit d'un mot scandinave associé à l'hiver. Jol était le nom de la fête de la mi-hiver ou Jólablót, dont on discute encore pour savoir si elle avait lieu à l'occasion du solstice d'hiver ou à la mi-janvier.
 
Le "blót" était l'invocation des dieux à but propitiatoire, et on faisait alors des sacrifices pour appeler la bénédiction des dieux sur les récoltes à venir. Le dieu attaché à Jol était Jólner, l'un des nombreux noms d'Odin.
 
La fête s'observe en commémorant la mort du "Holly King" (Roi de houx) qui meurt tué par son successeur le "Oak King" (Roi de chêne). Ce sont tous deux des dieux-arbres. On retrouve aujourd'hui à Noël les couronnes de gui, une idée reprise par le christianisme. Il existait la couronne horizontale, d'origine scandinave ou germanique, qui portait 4 bougies. Chaque dimanche il était coutume d'allumer une nouvelle bougie, ce qui symbolisait la renaissance de la lumière. Rouge le plus souvent, les couleurs des bougies variaient cependant selon les régions. Les symboles de Noël sont inspirés de cette fête (sapins, gui, houx et cadeaux…).
 
Dans la mythologie nordique, Yule est le moment de l'année où Heimdall (de son trône situé au pôle Nord) accompagné des Æesirs revient visiter ses enfants, les descendants de Jarl. Ils visitent ainsi chaque foyer pour récompenser ceux qui ont bien agi durant l'année, et laissent un présent dans leur chaussette. Ceux ayant mal agi voyaient à l'aube leur chaussette emplie de cendres. Yule est aussi une fête où les gens de leur côté, et les dieux du leur, se rencontrent pour partager un repas, raconter des histoires, festoyer et chanter. Le Yule est célébré chaque année le 21 décembre.
 
Durant la nuit de Yule, les habitants sortaient les balais hors des maisons afin que les sorcières puissent se rendre au sabbat du mont Broken, présidé par le Vieil Eric, autre nom employé pour désigner le diable. Si les sorcières ne trouvaient pas de balais disposés à leur intention, elles s'en allaient vers les étables, où elles volaient bœufs et chevaux. Pour faire fuir les mauvais esprits, des coups de fusils étaient tirés vers le ciel. Les habitants préparaient un grand festin, appelé « le banquet de Yule », dont les restes étaient laissés aux démons. Tout au long de la nuit, la porte de l'office demeure ouverte, dans le but de permettre à la fée Huedren, la femme des bois, de venir se restaurer. Il en va de même avec le julenisse, pour qui l'on prélève toujours un peu de julegroden, la bouillie de Noël. Cette portion est généralement placée au pied de la cheminée, ou à l'entrée de la grange.
 
Durant cette fameuse nuit du solstice d'hiver, il est dit que les cieux résonnent du bruit des cavaliers accompagnant Odin dans sa chasse d'Ásgard. Ces cavaliers sont des défunts qui, n'ayant pas commis d'assez grands péchés au cours de leur existence, ne sont pas admis en enfer, mais qui n'ont pas non plus eu une conduite assez exemplaire pour mériter l'accès au paradis. Leur châtiment est alors de galoper jusqu'au Jour du jugement, montés sur des chevaux noirs aux yeux flamboyants.
 
Certaines de ces traditions a malheureusement été détournée par Himmler. La « fête de Iulz » faisait partie du rituel SS, se déroulant durant le solstice d'hiver. Cette célébration était destinée à supplanter la fête de Noël et pensée comme une occasion de se livrer à une sorte de culte des ancêtres.
 
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Voilà, c’est fini… Ça a été une très chouette expérience que de faire cette LC sur toute l’année, de confronter mes impressions sur les nouvelles avec celles des autres participantes. J’ai aussi appris plein de choses sur les fêtes païennes, j’en ressors plus intéressée par ces mythes et désireuse de continuer mon exploration dès que possible ! Merci beaucoup à Dawn pour l’idée et l’organisation. Elle propose une nouvelle LC pour 2015, je pense que vous pouvez encore vous inscrire et voter pour le recueil que vous aimeriez lire. C’est sur Facebook, à cette adresse. Personnellement je ne le ferai pas cette année, car courant 2014, il m’est arrivé plus d’une fois de me sentir frustrée de ne pas pouvoir enchaîner les nouvelles lorsque ma lecture était agréable ! Je vous conseille en tout cas de tenter ce genre d’expérience, c’est très chouette !
 

Mardi 11 novembre 2014 à 10:48

Je commence cet article en remerciant Nicolas Villeneuve, qui m’a de lui-même proposé la lecture de son roman, Derrière la porte. Cela ne m’arrive pas si souvent, un grand merci donc ! Ne voulant pas risquer de dévoiler un peu trop d’éléments du roman, je me contente pour une fois de reprendre le résumé de l’éditeur.
 
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« Sarah Bames est heureuse de sa nouvelle acquisition, une maison ayant appartenu à la famille Sibieri. Seulement, d'étranges choses transpirent de cette vieille demeure. Qui était ce Georges Sibieri ? Quelle histoire se cache derrière ses murs et ses portes ? Sarah deviendra-t-elle folle ou disparaîtra-t-elle comme tous les anciens occupants de la maison… »
 
Pour être honnête, je ne suis pas allée voir de quoi parlait le roman avant de commencer ma lecture. L’auteur m’a gentiment demandé une chronique, j’ai vu que le livre était court, alors j’ai accepté, c’est aussi simple que ça. Dès le début, j’ai donc eu le plaisir de découvrir complètement cette histoire, et de me poser des tas de questions dès le prologue, qui sait d’entrée de jeu titiller notre curiosité.
 
Au sein des chapitres, des sauts entre personnages et des allers-retours dans le temps s'alternent, afin de nous montrer l’étendue des dégâts si j’ose dire… C’est donc très dynamique, en plus du fait que le roman est court (un peu plus de 150 pages). Pas le temps de s’ennuyer donc, mais de frissonner, oui ! L’écriture m’a plu, l’auteur a su retranscrire le quotidien et les drames qui viennent le bouleverser avec un ton simple.
 
L’intrigue va crescendo, jusqu’au bouquet final, mais je dois dire que j’aurais voulu un poil plus de détails, afin d’être un peu plus aiguillée sur le pourquoi du comment ! J’imagine que Nicolas Villeneuve a souhaité laisser ce qu’il ne dit pas à l’imagination du lecteur, mais voilà, je suis de ceux qui aiment les détails et les fins « exhaustives ». Une légère frustration donc, qui laisse la place à toutes les spéculations.
 
En bref, un court roman fantastique que j’ai lu en deux grandes bouchées, avec un plaisir qui me fait penser que je devrais vraiment essayer de lire davantage de thrillers et de romans d’horreur… (Le chuchoteur de Donato Carrisi et Les contes d’Amy de Frédéric Livyns me font de l’œil.)  Mais j’ai trop peur d’avoir peur ! L’avantage avec Derrière la porte, c’est que je n’ai pas eu le temps de me poser la question de savoir si j’allais pétocher ou pas, j’ai tout naturellement continué à lire.
 

Vendredi 31 octobre 2014 à 15:36

Faut le dire, je n'étais pas très enthousiaste à l'idée de lire cette nouvelle, car mes précédentes expériences avec les écrits de Céline Guillaume ne se sont pas très bien passées (Le Ballet des Âmes et La Baronne des Monts-Noirs).

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/samhainoct2000.jpgUne jeune femme mise au ban de la société médiévale dans laquelle elle vit à cause de sa chevelure rousse nous raconte son premier amour...

Premier soulagement : pas de grosse faute dans ce texte. La langue est soignée sans en faire trop, et j'ai aussi aimé le fond, malgré que cette nouvelle soit l'une des plus courtes du recueil. On ne peut pas dire où va nous mener l'auteure. J'aurais même aimé avoir plus de détails à la fin, en apprendre plus sur les divinités qui peuplent cet univers. La thème de Samain est respecté mais se trouve un peu détourné, ce qui permet la surprise de la chute (*se marre toute seule*). Cela me confirme que je n'ai pas eu de chance avec mes deux précédentes lectures de Céline Guillaume, à l'occasion je retenterai peut-être, si une âme charitable me prête l'un de ses autres livres.

Passons à la fête de Samain en elle-même. Dans la mythologie celtique irlandaise, Samain (le mot s'écrit Samhain en Irlande, Samhuinn en Écosse et Sauin sur l'île de Man), est la fête religieuse qui célèbre le début de la saison « sombre » de l’année celtique (pour les Celtes, l’année était composée de deux saisons : une saison sombre et une saison claire). C’est une fête de transition — le passage d’une année à l'autre — et d’ouverture vers l’Autre Monde, celui des dieux. Elle marque à la fois la fin d’une année et le début de la suivante (ce qui explique que la nouvelle de Céline Guillaume soit la première du recueil). Samain n’appartient ni à l’année qui se termine ni à celle qui commence : c’est un jour en dehors du temps qui permet aux vivants de rencontrer les défunts. Elle est mentionnée dans de nombreux récits épiques irlandais car, de par sa définition, elle est propice aux événements magiques et mythiques. Son importance chez les Celtes est incontestable, puisqu’on la retrouve en Gaule sous la mention Tri nox Samoni (les trois nuits de Samain), durant le mois de Samonios (approximativement le mois de novembre).
 
Le nom de Samain signifie « réunion », c’est une fête obligatoire de toute la société celtique qui donne lieu à des rites druidiques, des assemblées et des banquets rituels ; son caractère païen la place sous l’autorité de la classe sacerdotale des druides et la présidence du roi.
 
La notion de passage se retrouve aussi à ce moment, entre le monde des humains et l’Autre Monde, résidence des dieux (le Sidh). On a relaté l’aventure de héros, ou d’hommes exceptionnels, qui se rendent dans le Sidh (généralement à l’invitation d’une Bansidh), et y passent quelques agréables heures. Le temps des dieux n’étant pas le même, leur séjour est, en fait, de plusieurs siècles et, quand ils reviennent chez eux, ils ne peuvent vivre puisqu’ils sont morts depuis longtemps.
 
Elle permet aussi aux défunts, non réincarnés, de passer dans le monde des vivants pour y retrouver les lieux et les personnes qui leur étaient chers. L’époque de la Samain annonçait la fin des récoltes, l’arrivée du froid et la fameuse nuit où le Dieu de la Mort permettrait aux morts de vivre le temps de quelques heures aux côtés des vivants. On situe ce jour au premier Novembre de notre calendrier. Mais comme toutes les principales fêtes celtiques, Samain compte trois jours de solennités : le premier est consacré à la mémoire des héros, le deuxième à celle de tous les défunts, et le troisième est livré aux réjouissances populaires et familiales marquées par des réunions, des banquets, des festins de toutes sortes qui pouvaient se prolonger pendant une semaine. 
 
La fête de Samain connaîtra plusieurs métamorphoses au cours des siècles, jusqu'à la fête d'Halloween qui en reprend plusieurs caractéristiques. Remontant à 500 avant J.C., cet événement majeur dans la vie des celtes représentait en vérité un enjeu spirituel fort où les vivants, entraient en communication avec les morts le temps d’une nuit… Bien moins commercial qu’aujourd’hui, cet événement était pris très au sérieux par la population celte, et constituait un moment majeur dans leur vie quotidienne.
  
Samain n’est ni plus ni moins le jour de l’an celte même si celui-ci ne sera jamais vraiment fixe. On le situe entre le 25 octobre et le 20 novembre ce qui correspond au 6ème jour de la lune montante. Cette nuit là, un immense banquet est organisé, et chacun se doit d’être présent sous peine de mort. Des feux sont allumés et des sacrifices de chevaux (Irlande) ou de taureaux (Gaule) sont pratiqués. Si l’on se penche sur la grande épopée des celtes, on constatera que nombre d’événements ont eux lieu un jour ou une nuit de Samain : la guérison de Cûchulainn, la victoire des Tuatha à la bataille de Mag Tured.
 
La christianisation des peuples celtes signa l’arrêt de mort temporaire de cette fête déclarée païenne en l’an 610 par le Pape Boniface IV. En l’an 835 Grégoire IV créa la Toussaint et Odilon de Cluny fixera en 1048 la date du 1er novembre pour cette fête. La veille de la nuit sainte « all hallow even » ou « all hallow’s eve », selon les versions, deviendra plus tard Halloween. La migration de la fête aux USA se fera en même temps que l’exode des irlandais fuyant la grande Famine de 1840. Cependant, les rites changent, et de nos jours, Halloween est devenue une fête commerciale, où les enfants, déguisés, frappent à toutes les portes du voisinage pour quémander des bonbons.
 
La veille de la nuit de Samain, avait lieu la cérémonie de la renaissance du feu. Chaque foyer se devait d’éteindre le feu de la maison, et se plonger dans l’obscurité. Cette acte permettait de prendre conscience de l’état de mort : sans la lumière, la vie est impossible. Cette prise de conscience permettait d’apprivoiser la Mort, et d’entrer en contact avec les Anciens (hommes ayant déjà passé l’Au-Delà), afin de demander conseil, bienveillance et sagesse. Par la suite, les membres du villages se réunissaient dans le noir sur la place du village, place où les druides allumaient alors un nouveau feu en frottant quelques bois secs du chêne sacré.. Ce feu sacré, symbolisait un recommencement, le début de la vie, de l’année celtique, et la victoire contre la mort.
 
Ce n’était que par la suite, que les druides allumaient d’autres feux autour du village, sur les collines, afin de protéger les habitations de toute menace maléfique. Ensuite, chaque villageois prenait quelques braises du feu sacré, et repartaient chez  pour faire repartir le feu de leur âtre, qui devait durer jusqu’à la prochaine fête de Samain et protéger ainsi le foyer tout au long de l’année..
 
Pour ce qui est de la Citrouille, elle est aussi d’origine irlandaise. La légende de Jack O’Lantern raconte que Stingy Jack, un ivrogne notoire ne peut pas entrer au paradis, car il est avare et ne peut pas non plus aller en enfer, car il s’est moqué du diable ! Il n’a pas d’autre choix que celui de se promener avec sa lanterne tout autour du monde, jusqu’au jour du jugement dernier. Il fut contraint de faire un pacte avec le diable pour obtenir de lui des braises incandescentes qu’il introduisit dans un navet creusé pour éclairer son chemin.
 
Source : Wikipédia ; http://mythologica.fr/ ; http://www.guide-irlande.com/
 
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Vendredi 17 octobre 2014 à 17:26

Cassie est une grande fan de Karen Lad, donc quand C.O.V.E Abel est sorti avec cette auteure à la rédaction et Evie Lee pour la partie invention, elle s'est jetée dessus et m'a donné envie avec sa chronique très positive. Est arrivé le moment où, sans trop savoir pourquoi si ce n'est que je voulais quelque chose de court, de différent, et en un seul tome, j'ai décidé de le sortir de ma PAL.
 
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Samedi et une suite de chiffres, c'est le nom de l'héroïne, dont le statut est zambo de compagnie. À l'époque où elle vit, pas si lointaine de la nôtre, c'est synonyme de négation de l'humanité, et d'appartenance à la classe 3 de la Caste inférieure – la plus basse. Mais cela va changer.
 
La quatrième de couverture est un peu moins fournie que le résumé que je vous donne – autant dire qu'elle ne livre rien, et c'est très bien ainsi. Ce n'est pas donné à tous les romans de vous faire envie avec juste quelques mots ! Comme d'autres lecteurs, ce résumé sybillin m'a intriguée et m'a donné envie. Je me doutais que le genre était plus dystopie futuriste, et je prenais donc le risque de ne pas apprécier. Et pourtant, j'ai passé un très bon moment avec ce roman ! La difficulté va être de vous en parler, et de vous donner envie à mon tour, sans en révéler beaucoup plus que le paragraphe précédent...
 
Premier point positif : l'héroïne N'EST PAS UNE ADO. Je n'ai rien contre les ados, comprenez bien, mais dans ce genre de bouquins, c'est tellement fréquent et cliché que d'avoir une jeune femme mature et lucide, ça fait du bien. Son personnage est tout à fait crédible, son comportement et son évolution aussi, et je m'y suis vraiment attachée. Les autres personnages sont moins développés, forcément, puisqu'on n'est pas dans leur tête, mais ils sont travaillés et apportent vraiment quelque chose à l'histoire, ce ne sont pas des coquilles vides. Certains sont vraiment difficiles à cerner de prime abord, ce qui pique la curiosité.
 
L'intrigue est très surprenante dès le début, et les premières révélations poussent vraiment à continuer la lecture aussitôt, mais tout cela s'essouffle un peu dans le dernier tiers. Personnellement j'ai vu venir la fin sans surprise, mais l'histoire est bien ficelée et procure un très bon divertissement, tout en abordant des sujets divers et d'importance : la disparition d'espèces vivantes, la désinformation, l'éthique, le racisme... Et cela, sous un angle vraiment original qui fait tout l'intérêt du roman, mais je ne peux pas vous en dire plus ! Les éléments SF qui me déplaisent dans d'autres histoires ne m'ont ici pas dérangée, ils s'intégraient parfaitement au reste et les auteures n'en ont pas fait trop.
 
L'écriture est agréable, fluide, et dans l'ensemble ce livre démontre un travail de qualité que quelques erreurs ne viennent pas entacher. Les éditions du Chat Lune me laissent une impression très positive pour cette première lecture ! Et puis le petit clin d'œil à Evie Lee dans le livre est super sympa.
 
Une chronique courte, oui, dans la volonté de ne pas spoiler et de vous laisser découvrir ce roman qui m'a agréablement surprise et m'a prouvé que certains éléments d'une intrigue, que je pouvais penser rédhibitoires pour moi, ne le sont pas toujours. À présent, il faudrait que je découvre Le clan du hameau, 100% Karen Lad !
 

Dimanche 21 septembre 2014 à 9:29

L’Offrande de l’été est dans Saison païennes la nouvelle d’Ambre Dubois consacrée à Mabon, l’une des fêtes celtiques mineures. J’ai Absinthe & Démons dans ma liseuse depuis un moment déjà, mais n’ai pas encore eu l’occasion de le lire. Cette nouvelle était donc mon premier contact avec les textes d’Ambre Dubois.
 
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Cette nouvelle raconte la cérémonie de passage des mois de lumière à ceux d’ombre. Au moment de remettre le joyau à l’émissaire qui devra le conduire dans le royaume de l’Ombre, la reine de Lumière s’aperçoit que la bague a disparu. Sa servante, Ciana, entreprend aussitôt de traverser vers le monde des hommes, passage obligatoire entre les deux royaumes, pour retrouver l’artefact indispensable à la bonne marche des saisons et de la vie.
 
Pour être honnête, je n’ai pas apprécié cette nouvelle. J’ai été déçue par l’écriture, très plate, et par l’intrigue aussi. Je n’ai pas réussi à rentrer dedans, je me suis ennuyée. J’ai trouvé que tout était très « facile » et pas très original. Ciana n’est pas très maligne et m’a énervée plus qu’autre chose. Je ne suis jamais très fan de ces héroïnes qui ont tout sous le nez et ne se rendent compte de rien, et Ciana pousse vraiment loin ce trait de personnalité. On peut arguer que cela s’explique par sa méconnaissance du monde des hommes, mais bon…
 
En même temps, Mabon n’est pas la fête sur laquelle on trouve le plus d’informations, aussi créer une histoire autour n’est sans doute pas facile. Je n’ai d’ailleurs pas grand-chose à vous dire à ce sujet. Toutes ces informations proviennent de ce site.
 
Mabon est un rituel païen en remerciement des fruits de la terre et une reconnaissance du besoin de les partager pour s’assurer les bénédictions de la Déesse et du Dieu pendant les mois d’hiver à venir.
Mabon est le second des trois festivals des moissons ; c’est l’équinoxe d’automne où le jour et la nuit sont d’égales durées, et où nous prenons tous un moment pour méditer sur le retour de la période sombre de l’année.
C’est un temps de fête, d’actions de grâce joyeuses et de célébrations pour l’abondance des récoltes. Nous rendons grâce à la lumière qui décroît alors que nous engrangeons les récoltes de l’année. Les offrandes de cidre, de vin, d’herbes sont d’ailleurs appropriées.
C’est aussi une période de grande activité. Il est temps de préparer sérieusement le prochain hiver.
La Déesse commence à revêtir son aspect de vieille dame sage, reflétant la mort lente et l’hibernation de la Terre qui a déjà commencé.
Mabon est l’époque des mystères, il est temps d’honorer les divinités vieillissantes et le monde des Esprits.
C’est un moment propice aux rituels favorisant l’harmonie, l’équilibre, la protection, la prospérité, la sécurité, et la confiance en soi.
 
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Lundi 15 septembre 2014 à 18:22

Si comme moi vous aimez bien de temps à autres sortir des sentiers battus de la littérature française et aller toquer du côté des petites maisons d’édition, ou en tout cas ces éditeurs moins connus du grand public, vous avez certainement déjà entendu parler des L’Homme Sans Nom (ou HSN pour les intimes). Plusieurs de leurs titres m’intéressent depuis très longtemps maintenant, et enfin, grâce au premier numéro de Pick me a book avec Miss Elody, j’ai enfin pu découvrir l’un de leurs livres : Rose Morte, tome 1 : La floraison de Céline Landressie.
 
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Eileen, qui préfère son surnom Rose, est la fille de lord Greer, un aristocrate anglais spolié de ses biens et qui a dû fuir l’Angleterre parce qu’il est catholique. En 1598, Rose a 28 ans et son père essaie encore une fois de la marier, mais elle est bien plus intéressée par ce qu’il lui cache, une chose qui a un rapport avec d’étranges inscriptions dans un carnet, elle en est certaine. Lors du bal où doit lui être présenté son nouveau prétendant, Rose fait la connaissance de comte de Janlys, Artus d’Holival. Rose finira par comprendre que les meurtres perpétrés dans la capitale ne sont peut-être pas issus du conflit religieux qui embrase la France depuis des années.
 
Oh ! Que ça fait plaisir de lire un roman vraiment différent ! Déjà, cette époque n’est pas la plus exploitée lorsqu’on en vient à du fantastico-historique. Ensuite, impossible (pou moi en tout cas) de deviner où l’histoire allait me mener. J’ai dû (de très bon gré !) me laisser porter par l’auteure vers l’inconnu. J’ai été saisie, dès le début, par la précision historique dont fait preuve Céline Landressie. Ses recherches ont porté leur fruit, on s’y croit tout à fait. Le vocabulaire, les tournures de phrases, l’ambiance, les convenances de l’époque, le contexte religieux… Je ne pense pas que grand-chose y manque ! J’ai adoré cet aspect, et sachant que le deuxième tome se déroule à la fin du XVIIIème, période très intéressante aussi, j’ai plus que hâte de me procurer ce second tome et de le lire ! L’écriture est totalement au service de l’histoire, lui donne un beau relief et captive facilement le lecteur. Très peu de coquilles et quelques petites maladresses n’entachent pas la qualité globale.
 
Ensuite, on n’est pas dans un texte où il faut à tout prix de l’action, dans des manœuvres littéraires faciles pour accrocher le lecteur. On prend le temps de découvrir la situation de Rose et du royaume, les personnages, et peu à peu les éléments se dévoilent, entraînant de nouvelles questions. L’univers fantastique mis en place par l’auteure m’a beaucoup intriguée et plu. Je ne veux pas développer pour ne pas vous gâcher le plaisir si vous ne l’avez pas lu, mais sachez que Rose Morte n’a pas à rougir face à d’autres, bien au contraire ! C’est bien mieux construit et beaucoup plus intéressant que beaucoup d’autres livres du même genre. Je dois dire qu’il y a même un petit côté Anne Rice quelque part… On fait les découvertes en même temps que Rose, et je suis sûre que comme elle nous avons encore de nombreuses choses à apprendre !
 
La narration au passé à la troisième personne est très réussie car elle permet d’avoir une « vue d’ensemble » tout en suivant de près l’héroïne, jeune femme différente de ses contemporains. Nul désir de se marier, une croyance en la religion toute relative, un caractère bien affirmé (voire un peu trop !)… Rose est une héroïne que j’ai aimé suivre et que j’espère connaître davantage dans les tomes suivants. Les autres personnages ne sont pas en reste. Artus, bien sûr, retient l’attention, mais je crois que j’ai préféré Adelphe. Je dois dire que la dynamique qui s’instaure entre ces trois-là compte pour beaucoup dans le plaisir de la lecture !
 
Enfin, concernant l’intrigue, il y en a deux à mon sens. L’une porte sur ce que le père de Rose dissimule, et l’autre sur les meurtres, liés à une mystérieuse petite statuette. On passe de l’une à l’autre avec aisance. Les réponses apportées à la première intrigue sont dans la lignée des grands romans de complot. Quant à la deuxième, il faudra attendre encore un peu pour obtenir plus de détails !
 
En conclusion, une excellente lecture qui m’a complètement satisfaite. C’est un roman comme on aimerait en lire plus !
 
"Il y avait dans ses iris un étrange chatoiement, une sorte de lent miroitement donnant l'impression saisissante qu'ils étaient en mouvement. Comme si elle eût contemplé la surface d'un lac caressé par la brise. Un lac de montagne, au printemps, qui refléterait les verts pâturages alentours. Un lac isolé où seuls viendraient boire les loups à la nuit tombée... Un lac serein. Insondable. Éternel..."

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Jeudi 4 septembre 2014 à 19:14

Lorsque j’ai commencé à acheter des romans de petites maisons d’édition, j’avais repéré quelques titres chez Lokomodo, dont Le chemin des fées de Fabrice Anfosso qui m'avait attirée pour le jeu de mots de son titre et le résumé. Je l’ai acheté assez rapidement mais il a dû patienter un moment dans ma PÀL avant d’en sortir à l’occasion du Challenge Hot Summer.
 
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Rory O’Donnell vit à Cork. Il a repris l’orfèvrerie de son père et à 23 ans, craint de finir comme son paternel, ayant vécu seulement des choses sans intérêt et sans importance. Alors plutôt que d’épouser Mary qu’il aime pourtant plutôt bien, il s’engage aux côtés du régiment irlandais dans la Grande Guerre. Ces soldats ont l’espoir que les Anglais, reconnaissants de l’aide des Irlandais, leur rendront la liberté tant désirée. Dans les tranchées, il rencontre Sam Tapelton, à la philosophie bien différente de la sienne. Entre champs de bataille et voyages féériques, Rory va se découvrir.
 
Comme l’indique la dernière phrase de ce résumé, ce roman mêle Histoire, fantastique et quête de soi. La quatrième de couverture n’indique que très brièvement également le côté « féérique ». On croise très fréquemment des créatures de folklores divers, qui sont rattachés à différentes religions : leprechauns, grogochs, banshees, anges, fées… Malheureusement, elles ne sont que des prétextes pour faire avancer Rory dans son voyage intérieur. C’est la même chose avec le côté historique. Pour réveiller la conscience de Rory, quoi de mieux que les insurrections irlandaises ? Alors que les créatures surnaturelles semblent cohabiter avec les humains depuis très longtemps, le cours de l’Histoire qu’on connaît n’a absolument pas changé. Ça m’a paru très peu crédible et m’a plutôt ennuyée, d’autant que l’Histoire du XXème ne me passionne pas des masses.
 
Ce mélange fonctionne mal, mais le côté féérique pris indépendamment a donné quelques passages que j’ai appréciés, et je pense notamment au moment où Rory suit une certaine personne dans un certain endroit. J’étais curieuse d’en apprendre plus sur certaines créatures et de voir ce que l’auteur avait imaginé pour elles. Malheureusement, seules les banshees ont droit à de véritables développements, et c’est bien dommage car il y avait du potentiel. Si vous cherchez des traditions païennes, ce n’est pas non plus dans ce roman que vous en trouverez.
 
L’écriture n’est pas mal, la plume est fluide et évite de se répéter, mais est au service de personnages qui n’ont pas du tout su se faire apprécier. Aucun. Les pseudo-débats existentiels, les idées grandiloquentes, les geigneries de l’un, forfanteries de l’autre… J’ai soupiré plus d’une fois. Les deux premiers tiers voire les trois premiers quarts ont été très longs. À la fin ça a été mieux, surtout grâce au passage que je mentionnais plutôt, mais le final ne m’a pas plu du tout, ça ne tient pas la route, et j’ai refermé le roman en me disant : « tout ça pour ça ? »
 
Vous l’aurez compris, c’est une déception. Je n’ai d’ailleurs pas envie de m’étendre davantage dans cette chronique, car Le chemin des fées ne possède pas les qualités que j’en attendais.
 
"Ils allaient ainsi, silencieux, sur une petite route à travers la campagne, attentifs aux cris des mouettes et au parfum de tourbe. Le monde était simple. L’herbe, le ciel, et ceux qui vivent entre les deux. Au fond, le bonheur est géographique, un décor ponctué de présences espérées."

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Jeudi 28 août 2014 à 21:59

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La série Charley Davidson se confirme comme l’une de mes préférées, voire ma préférée, en urban fantasy. J'ai de moins en moins de patience avant de lire le tome suivant à chaque fois !

Dans ce troisième opus, Charley et Reyes ne sont plus en très bons termes depuis qu’elle a lié son être éthéré à son être physique pour l’empêcher de laisser mourir son corps, ce qui le rend furax. En plus, elle ignore comment défaire ce qu’elle a fait… Dans le même temps, elle a des soucis avec son père qui lui demande une chose du genre « c’est hors de question que je fasse ça », et un homme vient la voir pour qu’elle retrouve sa femme, sauf que Charley est certaine qu’il est responsable de la disparition.
 
Je n’ai rien à reprocher à ce tome, ce n’est que du bonheur pour moi. L’intrigue prend place peu de temps après la fin du tome 2 que j’ai lu il y a  mais Darynda Jones fait tout ce qu’il faut pour ne pas nous perdre, sans avoir l’air de nous faire un bis repetita. Du côté de Charley et de ses pouvoirs, les choses avancent doucement mais sûrement, pareil avec Reyes. Darynda Jones nous donne des miettes de réponse, fait monter la pression quant à l’avenir. J’ai encore eu de grands éclats de rire et de grandes émotions, surtout à la fin pour cette seconde catégorie.
 
Quant au mystery, il m’a vraiment bien accrochée ! Grâce à ses pouvoirs de Faucheuse, Charley sent bien que le type n’est pas net, mais qu’a-t-il fait et comment le prouver ? Les différentes intrigues se mêlent et m’ont tenue jusqu’à la fin du livre, où se trouvent plein de beaux moments. Vu le final époustouflant, j’aurais aimé avoir la suite sous la main !
 
J’ai hâte de poursuivre cette série que j’aime à la folie, sexy à mourir, drôle à s’étouffer de rire et émouvante à plus d’un titre !
 
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Mercredi 27 août 2014 à 11:06

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J’ai profité de ma liseuse en vacances pour continuer une série numérique sympathique de chez Bragelonne, Les Foulards rouges de Cécile Duquenne. J’avais lu le premier épisode Lady Bang and the Jack il y a un petit moment ; il était temps de continuer.
 
Dans le deuxième épisode intitulé Six Feet Under, Lara est arrivée blessée à l’Hacienda, où elle se retrouve encore une fois face à Renaud mais aussi face au Capitan, qui va justement leur confier une mission.
 
Mon plus gros souci a été de me rappeler les détails de l’épisode 1, c’est ça d’avoir une mauvaise mémoire ! Je crois que je n’y suis pas parvenue complètement, et ça m’a un peu gênée dans la compréhension vu que Cécile Duquenne distille astucieusement des éléments au fur et à mesure des pages et des épisodes, qu’il faut remettre ensemble. Le procédé narratif du récit en épisodes est bien maîtrisé, mais il manque un « rappel des épisodes précédents ».
 
J’ai apprécié de voir l’intrigue avancer concernant le plan du Capitan, ainsi que la relation entre Lara et Renaud, qui doivent bosser ensemble un peu bon gré mal gré. Chaque personnage a son histoire et ses secrets, et pour l’instant je suis un peu perdue dans tous ces nœuds !
 
Le style n’a eu aucun mal à me ramener sur Bagne. Les points de vue alternent entre celui de Lara et celui de Renaud, nous faisant observer les personnages sous des prismes différents. Un autre personnage s’exprime aussi par le biais d’une sorte de journal, et titille vraiment ma curiosité. J’aime bien Claudia, et j’attends de savoir si elle va se tailler sa place parmi les protagonistes récurrents.
 
Ce second épisode m’a bien plu, j’ai plutôt hâte de lire la suite, que j’ai déjà achetée. Il ne faudra pas que je traîne d’ailleurs, sinon je vais encore oublier des choses !
 
"Une chose que Lara détestait davantage que la solitude forcée : la compagnie imposée."

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