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Qu'il est bon d'être futile !

Samedi 8 mars 2014 à 9:58

Dans la foulée de mes lectures des deux contes à l’origine du succès de l’histoire de La Belle et la Bête, j’ai voulu voir le célébrissime film de Cocteau avec Josette Day et Jean Marais dans les rôles principaux. J’ai vu peu de vieux films, mais suffisamment pour commencer à m’en faire une idée.
 
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Dans cette adaptation cinématographique, Belle sert de Cendrillon à ses sœurs, Adélaïde et Félicie, mais c’est la seule à être courtisée par Avenant, l’ami de son frère Ludovic. Ses sœurs la blâment lorsque son père revient avec sa rose et la terrible proposition de la Bête. Elle part en douce pour prendre la place de son père et découvre le château et la Bête qui en est le maître.
 
Ma première réflexion en regardant le film, c’est sa lenteur. Je m’ennuyais sévèrement au début. La famille de Belle est excessivement énervante. Ses sœurs sont véritablement (je mets beaucoup d’adverbes en –ment, c’est drôle) immondes. J’ai rarement eu aussi peu de sympathie pour des personnages. De ce point de vue, c’est peut-être réussi. J’ai trouvé le frère d’une fadeur incroyable. Le film lui donne pourtant un rôle plus important que ceux des trois ou six frères des contes, mais je n’ai pas aimé cet ajout. Il est normal d’étoffer le scénario, car le conte de Madame 
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Leprince de Beaumont (expressément cité au générique) est trop court pour alimenter un film, mais je n’ai pas apprécié toutes ces extensions. Le personnage d’Avenant n’est pas à la bonne place à mon avis, il aurait été plus utile de le mettre en soupirant ou époux d’une des sœurs et montrer qu’elle est malheureuse avec un homme à la belle figure mais à l’esprit mauvais. Par contre, la métaphore de la fin qui le met en parallèle directe avec la Bête (sachant que les trois personnages de la Bête, le Prince et Avenant sont joués par le même acteur, Jean Marais) est une bonne idée. J’imagine qu’elle est due surtout au désir de mettre l’acteur à toutes les sauces, mais bon, c’était bien fait.
 
J’ai d’ailleurs trouvé que Jean Marais n’était pas trop mauvais comparé aux autres acteurs (j’en parlerai après). Il est plutôt convaincant en Bête, et le déguisement de son visage est impressionnant, surtout quand on pense à l’époque. De la même façon, j’ai beaucoup aimé la façon dont Jean Cocteau a réussi à rendre le château magique. Il a fait preuve d’une inventivité étonnante, avec les statues dont la tête bouge, les bras sortant des murs qui tiennent les chandeliers, les portes qui s’ouvrent d’elles-mêmes, certains objets qui bougent seuls… Cette partie-là est très réussie, elle crée une ambiance particulière qui devait être extrêmement originale à l’époque. La musique est assez variable, parfois elle contribue à l’ambiance, et parfois elle plombe tout car elle est trop décalée avec l’action. En revanche, je n’ai pas du tout aimé les costumes, mais ça c’est dans quasiment tous les films de cette époque. Ils sont laids, kitsch et dans ce cas précis, ne flattent pas le personnage de Belle.
 
Parlons-en de cette cruche. Autant j’ai admiré le personnage dans le conte de Madame de Villeneuve, autant dans le film je l’ai trouvée encore pire que dans le texte de Madame Leprince de Beaumont. Pour commencer en fourbe, je ne la trouve pas belle, et en plus elle était bien trop vieille pour le rôle (plus de trente ans) et ça se voit ! C’est censé être une toute jeune fille. Et puis si fort heureusement le côté religieux est absent, malheureusement le personnage incarné par Josette Day est nunuche, elle m’a fait l’effet de ne pas être moins vaine que ses sœurs (elle a souvent une sorte de couronne ridicule sur la tête). Avec en plus les vêtements bouffants dans lesquels on a l’impression qu’elle se perd, c’est vraiment risible. C’est tout à fait compréhensible chez ses sœurs, mais chez Belle ça ne va pas du tout. Josette Day joue en plus très mal à mon avis et fait pâle figure à côté de Jean Marais. Il faut dire que ses dialogues ne sont pas faits pour l’aider…

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Ce film ne fait qu’une heure quarante, mais je l’ai vraiment trouvé long, pas franchement passionnant. Les bonnes choses que j’ai relevées ne peuvent cacher le fait qu’il a très mal vieilli et que de nos jours il passe assez mal (cela reste mon avis personnel). Je sais que je ne le reverrai pas, une fois m’a suffi, surtout que je suis restée très attentive pendant tout le visionnage.
 
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Jeudi 23 janvier 2014 à 18:26

Je crois que c’est la première fois que j’ai autant de retard dans la publication d’un article… J’ai pourtant mis mon avis sur papier peu après le second visionnage du film, mais j’ai beaucoup traîné pour le remettre sur ordi. J’ai donc vu le film deux fois : la première fois en VF, en « HFR », espèce de haute définition de je ne sais trop quoi, avec lunettes et tout, ce que m’avait conseillé Cassie (en même temps, avec mon chéri on était curieux de voir ce que donnait cette « nouvelle technologie » !). La deuxième fois, c’était en 2D tout normal et en VO.
 
Au programme de ce second opus de The Hobbit, intitulé The Desolation of Smaug : un homme-ours, une forêt flippante, la demeure des Elfes, une échappée en tonneaux, une ville sur un lac, une montagne solitaire et un big dragon.

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La première fois, ça a été assez atroce. Déjà, j’ai énormément de mal à supporter les VF en règle générale. Il y a encore quelques exceptions, mais elles se réduisent comme peau de chagrin. Mais surtout, sur The Hobbit, ce n’est pas possible ! Les doublages sont affreux (faux accent de nain, air geignard…). Les voix de Richard Armitage, de Ian McKellen, de Lee Pace ont un timbre particulier magnifique qui est risible quand on essaie de le « passer » en français. Je ne vous parle même pas de la voix de Benedict Cumberbatch en Smaug, j’ai cru perdre mes oreilles. Sa conversation avec Bilbo, passionnante en réalité, devenait ridicule. Ensuite, je n’ai pas du tout apprécié la HFR. Oui les images sont belles, mais elles font faux et gâchent tout plaisir. Les yeux ont du mal à s’adapter, ce n’est pas confortable à regarder, c’est tellement fluide qu’on ne peut pas suivre l’action (on ne voyait rien pendant la scène des tonneaux)… J’ai trouvé ça très désagréable. Le Kinépolis, c’est bien gentil, mais entre le prix des places et le fait qu’ils ne passaient pas le film en HFR et en VO, j’ai vraiment l’impression de m’être fait arnaquer. Donc la nouvelle-technologie-top-géniale, très peu pour moi. Même la 3D, j’essaie d’éviter maintenant… Mais je dois reconnaître que leurs sièges sont hyper confortables. N’empêche que je préfère l’UGC.
 
Ma première impression était tellement mauvaise que je me doutais qu’elle était biaisée par tout ce que je vous ai dit ci-dessus. J’ai donc préféré attendre un deuxième visionnage avant de me faire mon idée. Et en effet, ça s’est beaucoup mieux passé en VO et tout simplement en 2D, j’ai beaucoup plus apprécié le film comme ça. Je peux rentrer sur le fond maintenant. Je vais commencer par le négatif, histoire de finir sur les notes positives !
 
Globalement, je l’ai trouvé en-dessous du premier, An Unexpected Journey, que j’ai déjà revu plusieurs fois à la maison en Blu-Ray avec grand plaisir. J’ai été étonnée de constater que la scène chez Beorn était si courte, il me semblait qu’il avait plus d’importance dans le roman. Peut-être que davantage de temps lui sera consacré dans la version longue. Ce que je n’ai vraiment pas aimé, c’est la séparation de la compagnie des nains en deux, parce qu’il arrive toute une histoire à Kili. De un, ce n’est vraiment pas dans le roman, et je doute que ce soit dans les appendices (si c’est le cas, racontez-moi ça, ça m’intéresse beaucoup !) ; de deux, on dirait vraiment un pâle copier-coller de ce qui arrive à Frodo dans La Communauté de l’Anneau. Tauriel est assimilée à Arwen et perd toute identité propre et tout intérêt, alors que jusqu’à ce moment-là dans le film, je la trouvais plutôt intéressante). Je n’ai pas vu à quoi ça servait de séparer les nains, qui normalement restent unis. J’ai aussi regretté qu’on voie peu Bilbo au final ! Enfin, je n’ai pas vraiment aimé les personnages de la ville, Bard avec ses trois mômes (qui ne jouent pas bien, même en VO), les notables…

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Passons au positif, c’est-à-dire tout le reste. J’ai adoré le passage chez les Elfes, qui est trop court à mon goût ! J’espère qu’on aura droit à des scènes supplémentaires dans le Blu-Ray. Evidemment, j’ai tout particulièrement adoré Thranduil. La « romance » entre Kili et Tauriel ne m’a pas dérangée. Je comprends l’envie de Peter Jackson d’insérer des éléments féminins dans cette histoire, où il n’y a pas une seule femme (je crois que je ne dis pas de bêtise). Je n’ai pas trouvé que cela faisait triangle amoureux avec Legolas, je ne vois pas du tout sa relation avec Tauriel sous cet angle (contrairement au reste du monde apparemment, Wikipédia y compris). Pourquoi voir des histoires d’amour partout ? C’est comme dans Chien du heaume, pourquoi vouloir maquer l’héroïne avec le Chevalier Sanglier ? Ce n’est pas la seule relation homme/femme qui existe. Et puis, vu la fin du roman, je comprends aussi pourquoi ils ont voulu attacher Kili et Tauriel. L’Elfe est intéressante, elle ne veut pas rester enfermée dans le rôle qui lui a été assignée par Thranduil, elle rêve de liberté et d’étoiles, et je l’ai vue comme porteuse d’un message de paix et de tolérance. Peter Jackson a d’ailleur dit qu’elle crée un conflit chez les Elfes. J’ai trouvé les décors très beaux, comme dans le premier. La forêt de Mirkwood était super, j’étais mal à l’aise, comme j’imagine que Bilbo l’est à ce moment-là. Lake-town était aussi très intéressante à voir. Le passage avec Gandalf à Dol Guldur était fantastique, à mon avis c’est l’un des plus réussis du film. Smaug est wahou ! Avec cette voix… J’ai adoré la conversation avec Bilbo, qui fait un peu écho avec la scène de Gollum je trouve. Les scènes d’action étaient très dynamiques, et on trouve plein de clins d’œil et d’humour ! J’ai beaucoup ri avec le médaillon de Gloïn et Legolas.
 
Malgré quelques éléments qui me chagrinent dans ce deuxième opus, je suis très contente de ce film et j’ai hâte de pouvoir m’offrir la version longue en fin d’année, peu avant la sortie du dernier, qui a intérêt à me mettre une claque pour achever l’histoire en beauté ! Surtout qu’il y a un sacré potentiel…

Mercredi 8 janvier 2014 à 17:19

J’ai lu il n’y a pas très longtemps La coupe mortelle, premier tome de la saga de Cassandra Clare intitulée en anglais The Mortal Instruments. Je m’étais décidée à le lire en apprenant que l’adaptation ciné sortait bientôt, et évidemment je voulais lire le roman avant de voir le film, intitulé The Mortal Instruments : City of Bones.

L'histoire est la suivante : Clary, jeune adolescente New-Yorkaise, voit quelque chose de très étrange lors d'une sortie en boîte avec son meilleur ami Simon. Sitôt après, un dénommé Jace lui raconte des choses bizarres et la voilà embarquée dans la face cachée du monde, à la recherche de sa mère enlevée par des démons.

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Ce n’est pas l’adaptation ni le film du siècle, mais j’ai passé un bon moment dans l’ensemble, je pense que je le reverrai de temps à autre, en même temps que je serai occupée à autre chose. J’apprécie de voir plus de films des genres fantastique et fantasy se développer, même si les films ne sont pas toujours de première qualité.
 
Le jeu des acteurs va à peu près, rien ne m’a trop choquée. C'était sympa de voir Lena Headey dans un rôle de gentille (c'est elle qui incarne Cersei dans Game of Thrones, ici elle fait la mère de Clary). J’aime bien l’humour de Jace, la façon dont il est retranscrit à l’écran. J’aime aussi son côté sauvage, avec les cheveux en mode crinière. Comme dans le livre, je n’ai pas du tout aimé Simon. Pas mal d’éléments ont été modifiés, mais finalement ça ne change pas grand-chose (en tout cas c’est moins choquant que dans Sublimes créatures). Il y a juste quelques trucs pas du tout logique… (Par exemple un passage avec des démons immobilisés, en y réfléchissant une demi-seconde je m’en tirai mieux que les personnages !) Comme souvent dans les adaptations, des choses qui ne sont que sous-entendues, voire complètement cachées dans le livre, sont dites clairement dans le film pour que le spectateur suive mieux, et aussi pour lui donner envie de voir la suite j’imagine. C’est le cas dans The Mortal Instruments sur un aspect que j’imagine important dans les tomes suivants. Ça aurait pu m’énerver, parce que ça me faisait un spoil par rapport à ma lecture du tome 1 vu que c’est un élément du tome 2, mais en fait pas du tout, parce que je suis bien plus contente que les évènements tournent comme ça !
 
Finalement je suis contente qu’ils fassent un deuxième film. Les runes et les stylets donnent un côté sympa à la magie, ça change des incantations. Le film manque peut-être un peu de développements ou d’explications, surtout pour ceux qui n’ont pas lu le livre. En tout cas, ça m’a assez donné envie de lire les autres tomes, alors que je n’étais pas motivé en refermant le premier livre.
 

Dimanche 15 décembre 2013 à 13:20

J’avais bien aimé le premier film The Hunger Games (plus que le livre, pour la raison principale que j’ai détesté être dans la tête de Katniss), mais il souffrait de pas mal de défauts (jeu d’acteurs pas toujours au top, réalisation en mode caméra-qui-bouge-et-c’est-désagréable, manque de « vraies » émotions et de profondeur dans l’histoire…), alors j’espérais que le deuxième volet serait meilleur, me permettant d’apprécier cette histoire via les films, à défaut de réussir à aimer les livres…

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Dans The Hunger Games - Catching Fire (ou L'embrasement en français), nous retrouvons Katniss et Peeta après leur victoire aux 74ème Hunger Games. Leur Tournée de la Victoire s’annonce difficile, surtout que le Président Snow n’est pas vraiment ravi de leur coup de théâtre de l’an passé.
 
Ce second opus s’affranchit largement des défauts du premier à mon avis. Le jeu d’acteurs est bien meilleur (sauf peut-être pour Liam Hemsworth, qui ne me convainc mais alors pas du tout, mais je m’en fiche parce que je n’ai jamais aimé ce perso, voire dans le troisième je l’ai détesté). La réalisation est beaucoup plus fluide et beaucoup plus belle. Le scénario est intelligent, je l’ai même trouvé mieux ficelé que le livre ! On sent bien mieux les rouages « politiques », les débuts de révolte, les problèmes sous-jacents… C’est plus dur aussi, on sent enfin que le système de Panem est horrible (la tournée dans le District 11 était top). L’arène était géniale, je l’avais beaucoup appréciée dans le livre et je trouve que vraiment ils l’ont très bien mise en images. En même temps, le deuxième livre est celui que j'avais le mieux aimé, j'avais donc de grosses chances d'apprécier le film. Je ne me suis pas ennuyée une seconde, même pas dans la première partie, mais j’aurais préféré que le deuxième partie soit plus longue vu que j’aime vraiment beaucoup cette arène, et aussi les nouveaux personnages.

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J’ai trouvé Sam Claflin top en Finnick, je me figurais bien le personnage comme ça (déjà j’avais beaucoup aimé l’acteur dans Les Piliers de la terre et dans Blanche-Neige et le chasseur). Je n’ai pas reconnu Jenna Malone sur le coup (elle joue Lydia dans O&P version 2005), elle est vraiment à fond dans son rôle de Johanna ! Jennifer Lawrence est vraiment très belle. Heureusement que c’est elle qui incarne Katniss, parce que je ne pense pas que beaucoup d’autres actrices auraient réussi à me faire accepter à l’écran ce personnage que j’ai détesté sur papier… J’aime toujours beaucoup Haymitch, l’acteur qui le joue me fait trop rire. Un gros plus pour l’évolution du personnage d’Effie (c’est dans le livre ça ? je ne me souviens plus) et l’actrice est très convaincante. J’adore toujours Cinna et Peeta est un mec plutôt cool quand même. Petite amélioration avec Prim, même si je ne suis toujours pas subjuguée… A voir avec elle dans les prochains films. L’interaction entre les personnages m’a généralement beaucoup plu.

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C’est vraiment un très bon divertissement, je n’ai pas vu le temps passer, et mon chéri a apprécié aussi. J’ai hâte qu’il sorte en DVD pour le revoir.
 

Mardi 26 novembre 2013 à 18:43

Ayant terminé ma relecture de Rebecca la semaine dernière, j'ai aussi voulu revoir l'adaptation réalisée par Hitchcock en 1940, avec Laurence Olivier dans le rôle de Maxim de Winter et Joan Fontaine dans celui de la nouvelle Mrs de Winter.

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Petit rappel du pitch : une jeune demoiselle de compagnie employée par l'insupportable Mrs Van Hopper fait la connaissance du riche Maxim de Winter, veuf depuis que sa femme s'est noyée l'année passée. Contre toutes les attentes de la jeune femme, Maxim lui demande de l'épouser. C'est ainsi qu'elle entre dans la vie de Manderley, la demeure familiale des de Winter, ce qui n'est du goût de tout le monde, et surtout pas de Mrs Danvers, l'intendante.
 
J'ai été très étonnée de voir que certaines scènes qui n'avaient pas besoin d'être changées (notamment celle de la rencontre, au tout début de l'histoire) l'ont été quand d'autres passages sont respectés à la virgule près par rapport au roman. Globalement, la fidélité au livre est bien respectée (ce qui peut étonner vu la fidélité douteuse d'autres adaptations datant de la même époque, je pense à Pride and Prejudice et à Wuthering Heights, avec Laurence Olivier également, mais dans le cas de Rebecca cela s'explique peut-être par le fait que l'auteure du roman, Daphne Du Maurier, était bien vivante), sauf à la fin. J'avoue avoir beaucoup de mal à comprendre pourquoi la grande révélation de l'histoire a été modifiée, surtout qu'au final on en vient au même. Bon, dommage. De la même manière, la deuxième moitié est rapidement zappée (quasiment rien de la scène du bal) et on perd un peu l'héroïne de vue à un moment, alors qu'elle est présente dans tout le roman puisqu'elle en est la narratrice.

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On retrouve dans ce film la réalisation propre à Hitchcock, avec la musique au moment qui va bien, les gros plans sur les visages (fameuse scène de la fenêtre!), les jeux de lumière... J'ai trouvé que le duo Olivier-Fontaine fonctionnait bien pour ce couple que j'apprécie, mais chéri qui a regardé avec moi a trouvé que le jeu de Joan Fontaine était un peu trop exagéré. C'est un très fréquent du cinéma de l'époque, mais en même temps ce n'est pas choquant sur les autres acteurs, et l'excès de jeu sied mal dans les drames. Je n'ai pas trouvé ça trop choquant. Par contre, Joan Fontaine est quand même vachement jolie pour une créature décrite comme assez quelconque dans le roman, mais comme c'est elle qui raconte, il est bien possible qu'elle se monte la tête dans le livre pour rien du tout. J'ai bien aimé Laurence Olivier dans ce film. Mrs Danvers fout bien les jetons, incarnée par Judith Anderson. On a également bien envie de cogner sur Favell, c'est donc qu'il est bien incarné ! Je n'imagnais pas du tout Frank Crawley comme l'acteur en lisant le roman, mais sa personnalité est la même, et je l'aime bien.

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Il existe une certaine tension dans le film, mais je la trouve mieux rendue par les mots du roman que par images. En même temps, dans un film en noir et blanc, on ne voit pas grand-chose lors des scènes de nuit, ce qui n'aide pas. Là où j'ai vraiment été gênée, c'est que Manderley ressemble plus à un château moyenâgeux vaguement restauré pour être habité qu'à une véritable demeure anglaise. Il y a un mélange des époques qui ne m'a pas plu du tout. Cela se retrouve aussi dans les vêtements et les coiffures, qui correspondaient mal à l'époque selon moi. Il ne me semble pas que Daphne Du Maurier place son histoire dans le temps, mais moi je la vois clairement avant la Première Guerre. Dans le film, les domestiques paraissaient décalés. L'ensemble m'est apparu ni cohérent, ni plausible. C'est le gros point noir que je retiendrai de cette adaptation. Quant à chéri, il a trouvé que c'était loin des meilleurs films d'Hitchcock (je peux difficilement juger, n'en ayant vu que deux !).
 
Il existe une adaptation télévisée de 1997 qui m'attend. Je suis également curieuse de voir Jamaica Inn, une autre adaptation d'Hitchcock de l'un des romans de Daphne Du Maurier. Malheureusement, je ne me souviens plus très bien du roman, mais je l'avais beaucoup aimé. En tout cas, ce film est le dernier qu'Hitchcock a fait en Grande-Bretagne avant de s'installer aux États-Unis, peut-être que ça me plaira davantage, même si j'en doute vu que l'histoire a l'air d'être pas mal changée.
 

Samedi 26 octobre 2013 à 17:57

Je vous parle aujourd’hui de l’adaptation d’Anna Karénine de 1997, réalisée par Bernard Rose, avec Sophie Marceau en Anna et Sean Bean en Vronskï. Cette version devient difficile à trouver, sur internet je ne l’ai pas vue à moins de 20€. Si je tombe dessus en occasion, je n’hésiterai pas à l’acheter. Il faut savoir aussi que cette version vieillit mal, c’est la première chose que j’ai remarqué en mettant en route le film. L’image, le son, ne sont vraiment pas super. Ça peut être embêtant si vous êtes fan de HD ou si vous regardez sur un petit écran.
 
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Je ne vous refais pas le résumé de l’histoire, j’en ai déjà beaucoup parlé sur le blog. Je vous renvoie donc vers ma chronique du roman de Léon Tolstoï et du film de Joe Wright. Le film commence non pas avec Stiva et son rêve comme dans le roman, mais avec Lévine et un cauchemar. Il arrive à Moscou pour demander la main de Kitty, qui le refuse. J’ai été très étonnée du choix des acteurs pour ces deux personnages. Lévine n’a pas ce côté touchant qui m’a permis de l’apprécier dans le roman malgré les passages où il est ennuyeux, et l’acteur ne faisait pas jeune. Quant à Kitty, elle n’est pas jolie, n’a pas la fraîcheur de l’actrice choisie pour le dernier film. Le pire, c’est que le couple ne fonctionne pas, on n’y croit pas. Pas une fois ils n’ont su m’attendrir. La scène de la seconde demande a voulu respecter celle du livre, avec la craie, mais la scène est trop courte, les acteurs ne sont pas convaincants. Leur mariage est montré, et comme je me le disais il n'apporte rien, sinon qu’il montre, visuellement, à quoi ressemble un mariage orthodoxe. Là non plus ce n’était pas beau, et je ne me retrouvai pas dans leur relation. En fait, à vouloir beaucoup coller à la Russie de l’époque, on perd la beauté du texte qui est pour moi intemporel. Certes, le décor est la Russie, et ça ajoute à la magie, mais en soi cette histoire peut se passer dans beaucoup d’époques et de pays différents. Le film a davantage cherché le réalisme, en montrant aussi la scène de l’accouchement par exemple, mais ce n’était pas bien fait, ne provoquait pas d’empathie ou d’attendrissement chez le spectateur.
 
Concernant Anna et Vronskï, ça allait beaucoup mieux. Le réalisateur (aussi le scénariste) a fait le choix de mettre Lévine et Kitty très largement au second plan et de se concentrer sur le couple phare, bien plus dramatique. Et là, les acteurs sont bien choisis et l’alchimie fonctionne, malgré un déroulement de la relation parfois trop rapide, pas assez développé. Sean Bean campe un Vronskï aux manières agréables, on comprend qu’il plaise tant aux femmes et sa voix m’a beaucoup plu. Il a ce côté gentil exprimé dans le livre que je ne vois pas en Aaron Taylor-Johnson, le dernier à avoir joué ce rôle. Il n’est peut-être pas tout à fait fidèle au personnage de Tolstoï, il n’a pas ou vraiment très peu de mouvements d’humeur, et malgré tout ce personnage est à la base frivole, il joue avec les femmes avant d’être emprisonné par sa passion pour Anna. Là, on ne voit pas du tout cet aspect de sa personnalité, même au début. Quant à Sophie Marceau, je me demandais comment elle allait s’en sortir dans son jeu et dans le fait de devoir parler anglais. L’accent frenchy c’est mignon mais ça ne le fait pas toujours. Je l’ai trouvée pour ma part convaincante. Le souci, qui ne vient pas d’elle, est que son histoire a été changée à partir d’un moment. Dans le roman, elle finit par être complètement désespérée. Là, j’ai plutôt eu l’impression qu’elle finissait folle (ce qui se comprend vu le changement opéré dans l’histoire). La passion de son personnage est moins bien rendue que dans la dernière version. Néanmoins, ce couple a fait battre mon petit cœur plus d’une fois ! J’ai beaucoup aimé aussi la relation entre Anna et son fils, Serioja.
 
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Quelques mots sur les autres personnages : les personnages secondaires ont été réduits au strict minimum. On retrouve seulement Stiva et Dolly, Nicolas Lévine, Karénine et Lydie Ivanovna. Stiva encore une fois est très bien choisi, et c’est bien dommage qu’on ne l’ait pas vu davantage, car de ce fait l’humour était quasiment absent du film. Dolly est tellement effacée que je ne saurais rien dire sur elle, à part qu’elle était blonde.  Je n’ai pas compris l’intérêt de mettre Nicolas Lévine dans le film, si ce n’est pour dire que le livre est respecté un minimum. Karénine est âgé dans cette version, et il n’est pas vraiment le même que dans le livre. Je l’ai trouvé presque méchant plutôt qu’indifférent, et une scène en particulier m’a presque choquée. Lydie Ivanovna était telle que dans le roman, par conséquent elle a très bien réussi à m’énerver. En plus, c’est l’actrice qui a incarné la tante Pétunia dans Harry Potter !
 
Comme je le disais plus haut, le film montre davantage à quoi ressemblait la Russie dans la deuxième partie du XIXème siècle. On visualise mieux à quoi ressemblait une soirée dans la haute société, l’opéra, la patinoire, la campagne, mais la réalisation n’est pas très fine. Les costumes font assez faux, ce ne sont pas de beaux vêtements pour la plupart, même si certaines tenues d’Anna paraissaient jolies. La musique collait bien avec le film, sans être extraordinaire. On entendait beaucoup de chœurs, confortant le poids de la religion, très fort dans le film, alors qu’il ne m’a pas gênée dans le roman.
 
En somme, c’est un film agréable et qui permet de connaître vaguement les grandes lignes du chef-d’œuvre de Tolstoï, mais qui ne se pose ni comme une adaptation fidèle, ni comme du beau cinéma. J’aimerais le revoir, mais ça ne sera pas l’un de mes films préférés, j’ai très largement préféré la version de 2012, sublime en tous points.

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Dimanche 1er septembre 2013 à 13:16

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Vamps est un film américain sorti en 2012 au cinéma dans son pays d’origine. De quoi ça parle ? Goody et Stacy sont deux vampires New-Yorkaises. Pas facile de masquer sa véritable nature tout en suivant des cours du soir, en bossant pour gagner sa vie et en suivant un régime strictement animal. Quand un agent de la sécurité intérieure trouve un moyen efficace de les traquer, la communauté vampire doit se serrer les coudes, mais pas facile de tout gérer, surtout si des sentiments s’en mêlent.
 
J’ai repéré ce film en regardant la filmographie de Dan Stevens (Matthew Crawley dans Downton Abbey). Je connaissais déjà l’actrice Krysten Ritter pour quelques petits rôles de-ci de-là, et je savais qu’elle aime ne pas se prendre au sérieux. Quand j’ai vu la BA, j’étais morte de rire ! Ce film est du trente-sixième degré à 200% ! Il faut vraiment le prendre comme tel pour apprécier. C’est une histoire de vampire caricaturale et drôle, et quelquefois émouvante même. Il y a des scènes complètement burlesques qui m’ont fait mourir de rire (oui je sais, j’ai déjà dit que j’étais morte de rire, mais j’insiste !).
 
J’ai trouvé le scénario bien tourné, les clichés utilisés avec circonspection, les acteurs très marrants, on sent que tout le monde s’amuse comme un fou ! C’est un film de pure détente qu’il faut prendre comme tel. Certes, les effets spéciaux ne sont pas terribles, la réalisation n’a rien d’extraordinaire et certaines scènes sont franchement ridicules, mais pourquoi se priver de ce petit plaisir ? Si vous appréciez Dan Stevens, vous verrez, c’est très amusant et rafraîchissant de le voir là-dedans ! Il y a pas mal d’acteurs connus qu’il est surprenant de trouver là. L'affiche fait très chick-lit, et il y a un peu de ça, mais si vous n'aimez pas ce genre, rassurez-vous ; moi non plus je ne suis pas fan, et pourtant j'ai beaucoup aimé ce film !
 
Évidemment, ce film ne peut pas plaire à tout le monde. Pour moi, voir un film de vampires si décalé, qui marie si bien le comique et l’émotion, c’est une petite perle ! Aucun doute que je le reverrai quand j'aurai le moral dans les chaussettes ! Je me demande même si je ne vais pas l’acheter, il n’est qu’à 10€ sur Amazon (version française et anglaise). Bref, faites-vous plaisir en regardant Vamps !

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Mercredi 14 août 2013 à 11:58

Maintenant que je connais un peu mieux le monde holmésien grâce à ma lecture de A Study In Scarlet et au visionnage de la série Sherlock qui respecte complètement le ton, l’ambiance, les personnages (si si, je suis objective là !), j’ai voulu regarder les derniers films avec Robert Downey Jr. et Jude Law. Je n’ai vu que le premier pour l’instant.
 
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Dans ce film, l’histoire commence lorsque Holmes et Watson arrêtent Lord Blackwood en plein rituel de magie noire. Holmes est un peu dans une mauvaise passe après ça, car Watson va se marier et il ne trouve plus de cas intéressant. Jusqu’à ce que Blackwood fasse de nouveau parler de lui alors qu’il est censé avoir été pendu…
 
Je vais être honnête tout de suite : je n’ai pas aimé. Mais je ne vais pas faire ma chieuse complètement, car il faut admettre qu’il y a quelques bonnes choses. Déjà, il faut savoir que c’était forcément mal parti car contrairement à beaucoup, je n’aime pas R. Downey Jr. Je le trouve lourd et pas particulièrement séduisant. Il ne m’a pas plu dans Iron Man (j’ai vu les deux premiers il y a deux mois mais n’ai pas eu le courage de les chroniquer), et là il ne m’a pas plus du tout non plus. Son humour ne me fait pas rire. Il campe un Sherlock crado et pédant, et son affection pour Watson fait fausse. C’est d’ailleurs une chose qui m’a énervée : le film nous dicte ce qu’on est censés éprouver, les émotions sont factices. Je n’ai pas non plus aimé son côté très brutal. Certes, Sherlock Holmes sait se défendre, mais il n’utilise la violence que si c’est nécessaire ! Là, il aime se battre. Par contre, la façon dont les combats sont tournés est intéressante, et son analyse des coups qu’il va porter est assez sympa aussi.
 
Jude Law n’est pas mauvais dans ce rôle, mais je déplore le manque de profondeur de son personnage. Quand à Rachel McAdams, comment dire… Elle fait une Irene Adler pathétique. Il est dit plusieurs fois dans le film comment elle est trop forte, mais on n’a pas une seule démonstration de son intelligence ou de sa finesse. Bref, il fallait mettre un élément féminin en plus dans le film, et on l’a casée là, en belle potiche. Quand à Mark Strong en méchant Lord Blackwood, c’est d’un classique… Oui, je commence à en avoir marre de le voir toujours dans les mêmes rôles. Et pis son personnage est d’un ridicule consommé. C’est tout juste s’il ne crie pas « je veux conquérir le monde ! »
 
Un truc qu’il était pas mal, c’est la musique, qui aide beaucoup à rendre le film supportable. Parce qu’il ne faut pas compter sur les costumes (de très mauvaise facture), les accessoires (limite steampunk, avec des armes de fou), les effets visuels (Dieu que c’est moche et tellement évidemment faux !) ou le respect de l’époque. Je vois bien que le but était de faire une adaptation différente, plus moderne, avec un brin de fantaisie, mais voilà, on ne reconnaît pas Londres fin XIXème. Je pense qu’il aurait été mieux de pousser jusqu’au bout l’idée et de carrément transposer les personnages et les intrigues dans un New-York un peu imaginaire, par exemple. Mais essayer de nous faire croire qu’on respecte l’ambiance de Conan Doyle, non mais non quoi. Enfin, tout cela n’est que on avis de quasi-néophyte. Bref, je n’ai pas vraiment aimé. Je pense tout de même regarder le second film, y’en a qui disent qu’il est meilleur.
 

Mardi 16 juillet 2013 à 19:16

J’ai regardé deux films récemment, et je me dis que ce serait pas mal de vous en parler un peu, même si je ne fais pas un article détaillé pour chacun mais un article commun où je mets mes impressions en vrac.
 
The Oranges
 
Dimanche soir, complètement crevés, avec chéri on a voulu regarder un film court dont on savait qu’il ne serait pas prise de tête. J’avais justement The Oranges sous la main, film dont j’ai entendu parler par une pub à la radio (le titre français est Love Next Door). Je crois qu’il est sorti directement en DVD en France. J’ai voulu le voir parce que la pub mentionnait Hugh Laurie au casting, il n’en faut pas plus pour me convaincre. Le pitch : nous sommes à West Orange, dans le New Jersey, et après des années d’errances, Nina revient passer quelques temps chez ses parents. Alors que sa mère aimerait bien la caser avec le fils de leurs meilleurs amis et voisins d’en face, Nina et David, le père de famille, tombent amoureux, provoquant la désintégration finale du couple de David, et la colère de sa fille qui à l’âge de Nina, Vanessa.
 
Bon, il faut le dire, même Hugh Laurie n’arrive pas à sauver ce film. Il y avait quelques passages rigolos, mais au final l’histoire est trop éparpillée. Je pensais que David et Nina seraient les personnages principaux, mais en fait on suit les bouleversements induits chez tous les personnages. Je pense que j’aurais préféré que le film soit centré sur les difficultés à surmonter pour un couple avec une telle différence d’âge et un tel passé (sortir avec la fille de son meilleur ami c’est quand même spécial). Tous les personnages étaient peu développés, et je n’ai réussi à m’attacher à aucun, pas même à celui incarné par Hugh Laurie. J’ai trouvé les deux jeunes actrices qui interprétaient Nina et Vanessa peu convaincantes et pas jolies, à la limite de l’insupportable toutes les deux pour des raisons différentes. La fin ne m’a pas trop plu. Bref, un film que je vais rapidement oublier. (Par contre, ça me fait penser que je trépigne toujours en attendant la sortie d’une intégrale de House avec des sous-titres français, apparemment prévue pour octobre). Ah oui, et je tiens à préciser que je n’ai pas compris le titre. Parce que ça se passe dans une ville appelée « West Orange » ?

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The Guard

On pourrait traduire par « Le flic » je pense, car en Irlande, la police est la « Garda ». En France, le film est sorti sous le titre L’Irlandais. On l’avait repéré à sa sortie en salles avec chéri, mais pour une raison ou une autre on n’est pas allés le voir (je crois que je n’étais pas plus motivée que ça sur le coup). C’est le même collègue qui m’avait prêté Ondine qui m’a parlé de ce film comme étant l’un de ses préférés. Et comme j’avais bien envie d’un truc marrant, je lui ai emprunté. Et là, pas de déception ! Le Sergent Boyle n’est pas vraiment un policier exemplaire. Dans son petit trou paumé d’Irlande, il ne se passe quasiment rien. Mais un jour, un meurtre est commis, et voilà qu’en plus un agent du FBI convoque tout le monde à Galway parce qu’il traque des trafiquants de cocaïne. Les deux hommes que tout oppose se retrouvent à devoir travailler ensemble dans une affaire bien emmêlée.
 
Ce film est très bon, et je crains de ne pas savoir lui rendre justice ici. Les acteurs, déjà, sont tous chouettes : Brendan Gleeson (Maugrey dans les Harry Potter) dans le rôle principal, un flic peu conventionnel qui aime mettre les deux pieds et les deux bras dans le plat ; Don Cheadle en bon agent spécial américain parfaitement dépaysé dans un pays aussi particulier que l’Irlande (chouette pays, mais il faut avouer que ses habitants ont la xénophobie facile) ; Liam Cunningham en trafiquant cultivé (ça fait bizarre de le découvrir dans ce rôle après l’avoir vu en Davos Mervault dans deux saisons de GoT !) ; ou encore Mark Strong en parfait méchant. Les accents, les expressions, les situations cocasses, le choc des cultures, les personnages, les répliques, tout ça donne un sacré cocktail ! J’ai ri franchement plusieurs fois, on ne voit pas le temps passer. En même temps le film est court, 1h30. Je vous le conseille, et en VO bien sûr ! Je le reverrai, c’est certain.
 
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Dimanche 30 juin 2013 à 19:20

Quand j’en ai la possibilité, je préfère toujours lire un roman avant d’en voir les adaptations cinématographiques et télévisuelles. J’avais déjà lu Les Hauts de Hurlevent, mais n’avais encore jamais regardé d’adaptation, car je ne sais plus qui m’avait dit que ce n’était jamais très bien fait, à cause de la construction de l’histoire et du fait qu’elle s’étende sur des dizaines d’années et deux générations. Quand j’ai voulu quand même essayer, je me souvenais très mal du roman, mais maintenant que je l’ai relu, je me suis lancée ! J’avais plusieurs films et mini-séries sous la main, et comme je ne parvenais pas à me décider, j’ai choisi la plus courte que j’avais (1h40), et il s’agit aussi de l’une des plus anciennes : Wuthering Heights, version 1939, de William Wyler avec Merle Oberon et Laurence Olivier dans les deux rôles principaux.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Films/WH-copie-1.jpgC’est une version en noir et blanc, bien entendu. J’ai beaucoup entendu parler de Laurence Olivier (il a joué Mr Darcy quand même !), mais je ne l’avais encore jamais vu jouer. Je ne connaissais pas du tout Merle Oberon, je ne sais même pas si elle est très connue en fait, il faudra que j’aille regarder ça. Dans un souci de simplification et de clarté, l’histoire est centrée exclusivement sur Heathcliff et Catherine. Pas de deuxième génération, nombre de personnages grandement réduit. On voit : Mr Lockwood, Nelly, Joseph, Heathcliff, Catherine, Mr Earnshaw, Hindley, Edgar et Isabella, et un certain nombre de figurants. Comme dans le roman, le film commence avec la rencontre en Mr Lockwood et Heathcliff, et pour aller plus vite, Mr Lockwood passe directement la nuit aux Hauts, car la tempête fait rage et il ne peut pas repartir pour Thrushcross Grange. Il entend Cathy appeler dans les landes, et, terrifié, en informe Heathcliff, qui le jette hors de la chambre. Mr Lockwood retourne alors au salon, où Nelly lui raconte l’histoire de Cathy. On a donc une voix-off à certains moments. On part alors dans le passé, au jour où Mr Earnshaw ramène Heathcliff de Liverpool, puis l’histoire se déroule.
 
Ce n’est pas très fidèle au roman, mais ce n’est pas trop mal pensé au niveau du scénario. Certaines répliques sont directement tirées du roman, ce qui m’a plu. On a également quelques techniques qu’on retrouve souvent au théâtre, comme le quiproquo (on entend jamais la bonne partie d’une conversation), qui font de bons ressorts dans le film. L’histoire a été modifiée de manière à ce que le récit de Nelly s’achève à la mort de Cathy. Après ça, retour au présent, et la fin du film nous laisse sur des « retrouvailles » entre elle et Heathcliff, je ne vous en dis pas plus. Les seules choses qui ont été changées par rapport au roman et qui m’ont vraiment déplu, c’est ce qui touche à la maison des Linton, Thrushcross Grange. C’est trop beau, on y est trop raffiné (on ne se voit plus du tout perdus au milieu des landes ni isolés du monde de ce fait), et de grandes fêtes avec de belles dames et de beaux messieurs y sont tenues. Il n’y a rien de tout ça dans le roman, et je pense que c’est parce que les Linton, au final, ne valent pas beaucoup mieux que les Earnshaw.
 
Par contre, j’ai trouvé que la passion entre Heathcliff et Cathy est très bien rendue. J’ai beaucoup aimé les passages où ils sont enfants ou encore jeunes. Leur affection est sincère et profonde, leurs jeux sont touchants, et ça rompt bien avec la noirceur d’Heathcliff qui promet rapidement de faire payer tout le mal qu’on lui fait. La déchéance d’Hindley est peut-être un peu trop brutale, et on a vraiment envie de le détester car dans le film il ne dispose d’aucune circonstance atténuante. Le personnage de Joseph ne revêt aucun intérêt. J’ai beaucoup aimé Mr Earnshaw par contre, dont on voit vraiment qu’il est un homme bon, et à quel point c’est dommage qu’il meure. J’ai aimé voir combien Heathcliff est affecté par son décès.

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Les acteurs m’ont beaucoup plu, ils correspondent bien à l’idée que je me fais des personnages (même si je sais parfaitement que Laurence Olivier ne sera pas mon Heathcliff préféré, vu les autres acteurs qui l’ont incarné...). Nelly a été vieillie (elle n’est pas d’âge avec Hindley, au contraire elle s’occupe déjà de lui et de sa sœur avant l’arrivée d’Heathcliff) mais ses rapports avec la famille sont quasiment intacts, ainsi que son caractère. Le duo Laurence Olivier/Merle Oberon marche bien à mon avis, on comprend bien la nature de leurs rapports et de leurs caractères respectifs (que Cathy est capricieuse !). Une explication à la soudaine fortune d’Heathcliff est intégrée au film, elle n’est pas plus bête qu’une autre et colle bien avec d’autres éléments du film. J’ai beaucoup aimé également l’actrice qui incarne Isabella Linton, Geraldine Fitzgerald. Le passage de sa prise de bec avec Cathy était très bon. Je trouve que les actrices de cette époque ont un physique vraiment différent de celles d'aujourd'hui (pas toujours, bien sûr, mais c'est une impression assez tenace), et ce n'est pas désagréable de changer un peu de têtes. Peut-être est-ce le fait qu'elles sont généralement plus rondes, avec des visages "en forme de cœur"... Bref, j'ai bien aimé ça aussi.
 
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Les décors étaient pas mal, dans l’ensemble le réalisateur a bien réussi à rendre l’aspect désolé des landes et la différence entre les Hauts et Thrushcross Grange (un peu trop même). Les vêtements aussi m’ont plu, en particulier le costume d’équitation d’Isabella, que je me verrais bien porter, héhé.
 
En somme, cette version m’a bien plu, même si elle tranche vraiment dans le livre pour ne garder que l’histoire de base, en laissant de côté des personnages que j’aime beaucoup (Hareton notamment) et un énorme pan de l'intrigue et du propos d'Emily Brontë. Au moins ça donne une version courte qui se laisse regarder rapidement et qui se concentre sur la passion de ces deux héros de la littérature romantique-gothique. Les films d’avant 1960 ont vraiment un sacré charme à mes yeux, je suis bien motivée pour regarder Pride & Prejudice version 1940 maintenant !

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