sans-grand-interet

Qu'il est bon d'être futile !

Dimanche 15 mars 2015 à 12:13

Troisième session de Bookworm Correspondence avec Dolores !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog2/LogoBC.jpg
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog2/110092199064622993764718620279558302109346n.jpg
Pour rappel, le principe est de mettre dans une enveloppe au moins un petit mot conseillant à votre correspondant un livre, un film, et un album de musique.
 
Le thème de Dolores était un peu Nostalgie, puisqu’elle m’a proposé des œuvres l’ayant marquée dans sa prime jeunesse :
 
- Mon nez, mon chat, l’amour et moi de Louise Rennison
- The Magdalene Sisters de Peter Mullan
- Senex Puer de Là Lugh

☼☼☼☼☼☼☼
 
Angus, Thogs and Full-frontal Snogging
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/Monnez.jpg
Dans Mon nez, mon chat, l’amour et moi, Georgia a 13 ans. Elle vit avec ses parents, sa petite sœur et leur chat/bête sauvage. Elle nous raconte ses galères d’adolescente, qui vont du projet de son père de déménager en Nouvelle-Zélande à Super-Canon, en passant par réussir à empêcher Angus (l’animal vaguement félin) de dévorer le caniche des voisins.
 
J’ai lu quelques livres de ce genre quand j’étais ado, comme Dolores lisait celui-là. Je ne me souviens plus des titres, et d’ailleurs je n’ai plus les livres. C’étaient, déjà, des lectures détente et moins « approfondies » que d’autres (comme À la Croisée des mondes). Si je ne m’en souviens pas, c’est que ce n’étaient pas ceux-là que je relisais et que j’aimais le plus, même si sur le coup j’appréciais. J’ai dix ans de plus que Georgia, il a donc fallu que je me remette dans un état d’esprit proche du sien, ce que je n’ai pas tout à fait réussir à faire, je l’avoue (je ne pensais pas avoir autant vieilli…).
 
En fait, ce qui m’a gênée, c’est que 1) Georgia n’a pas de vrai problème ; 2) même si elle raconte tout avec humour, il y a des fois où je n’ai pas pu m’empêcher de me dire qu’elle était vraiment méchante. Il n’y a qu’à voir, par exemple, comment elle se comporte avec son père ou avec ses « amies ». L’histoire m’a donc assez dérangée, et je ne me retrouvais pas du tout dans ce personnage trop mordant.
 
L’écriture est très amusante, et se replonger dans un contexte des années 90 m’a bien plu. Par contre, je ne sais pas si ça plaît encore à des ados d’aujourd’hui, habitués à internet etc… Il y a des passages qui m’ont vraiment fait rire (tout ce qui touche au chat et à la petite sœur, et aussi la soirée chez Georgia). Il y a des moments, en revanche, où je ne saisissais pas du tout l’humour de l’héroïne et où ça me gonflait. L’avantage, c’est que la rédaction copie celle d’un journal intime. Chaque « entrée » est courte, on arrête donc facilement la lecture. En plus le livre n'est pas long, je suis arrivée à la fin sans m’en rendre compte.
 
Au final, je ne sais pas si c’est moi qui suis devenue « trop vieille » (j’ai pourtant adoré certains bouquins YA, comme The Fault In Our Stars ou The perks of being a wallflower) ou si c’est un roman ado qui souffre vraiment de certaines faiblesses, en tout cas je suis assez mitigée.
 
☼☼☼☼☼☼☼
 
The Magdalene Sisters
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Films2/TheMagdalene.jpg
Il y a quelques mois, j’avais lu une série d’articles qui m’avaient fait frissonner d’horreur, sur des « instituts » qui « accueillaient » en Irlande des « femmes dépravées » pour les aider à « faire pénitence ». J’en avais été retournée plusieurs jours et ça a contribué, je dois dire, à la mauvaise opinion que j’ai de l’Irlande moderne (autant je trouve qu’ils ont un patrimoine magnifique et une histoire celte passionnante, autant leur histoire de ces derniers siècles ne m’inspire pas grand-chose de positif). Le film The Magdalene Sisters était mentionné dans ces articles, et j’ai donc eu envie de le voir. Je suis donc très contente que Dolores me l’ait attribué.
 
1964, Irlande. Margaret est violée lors d’un mariage dans sa famille. Rose a donné naissance à un enfant hors mariage. Bernadette flirte avec des garçons dans la cour de l’école. Cela suffit à les envoyer chez les sœurs de Marie-Madeleine, où elles feront face pendant plusieurs années à des heures de travail interminables, l’interdiction de copiner, d’avoir des contacts avec le monde extérieur, de vivre.
 
Ce film m’a sans cesse fait osciller entre la tristesse, la douleur et la colère, voire la rage. Il faut savoir que ces lieux de traitements inhumains n’ont fermé définitivement que dans les années 90. Hier, quoi. Même moi j’étais née. Et que les familles étaient d’accord pour y mettre leur fille, leur sœur. Parce qu’elles étaient fautives. De quoi, j’aimerais bien le savoir. Et l’État aussi savait, et laissait faire. C’est tellement pratique d’effrayer les masses avec la notion de péché et d’enfer, tellement pratique d’asservir par la peur de la religion. Surtout quand ça rapporte des pépètes en plus. Main-d’œuvre gratuite et féminine sous le coude pour faire le linge des plus riches, pour avoir une petite jeune sous le coude en cas de pulsation sexuelle, pour se sentir plus important en humiliant des femmes nues et sans défense.
 
La réalisation est assez proche du style documentaire, ce qui choque encore plus. Ce n’est pas indiqué au début du film, donc une personne qui ne connaît pas ce pan de l’histoire irlandaise (30 000 femmes concernées quand même) ne peut pas savoir que ce sont des faits réels qui seront racontés, mais la façon de filmer nous met la puce à l’oreille. Des plans proches des personnages, peu de dialogues, peu de musique (mélancolique quand elle est présente). On assiste, impuissants, et c’est tout.
 
C’est définitivement le personnage de Rose qui m’a le plus touchée. On pourrait dire que le cas de Margaret est plus révoltant, car elle a subi un viol, ce n’est nullement sa faute et pourtant elle se retrouve là ; Bernadette n’a rien fait non plus ; Rose, au contraire, a couché avant le mariage, elle est donc plus « fautive », mais je ne trouve absolument pas. Il n’y a rien qui justifie de se trouver enfermée dans ce genre d’endroit, absolument rien. Et retirer un enfant à sa mère est un crime, pour la mère et pour l’enfant. Je pourrais parler de Crispina aussi, mais je préfère vous conseiller de voir le film, qui rassemble toutes les pratiques qui ont été recensées dans cet établissement, et montre plusieurs drames qui s’y sont déroulés, et plusieurs parcours de vie.
 
Ce n’est pas un film que je pense revoir pour moi ; par contre je le conseillerai et je le montrerai, car ça fait partie de ces choses sur lesquelles certains aiment faire l’autruche quand on aborde la condition de la femme dans notre société moderne et par rapport à la religion, alors que c’est à regarder en face, bien en face.
 
☼☼☼☼☼☼☼
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog2/SenexPuer.jpg
Senex Puer
 
La musique traditionnelle fait partie des aspects de l’Irlande que j’aime. Dolores m’a fait découvrir Là Lugh, un groupe qui chante en gaélique et en anglais il me semble. Malheureusement, je n’ai pas trouvé l’album Senex Puer en entier, je n’ai donc pu qu’en écouter quelques extraits sur Youtube, qui m’ont bien plu. Rien qu’avec les titres des chansons, on sent que le groupe s’est beaucoup inspiré de mythologie celtique (rien qu’avec leur nom en fait !). Le nom de l’album m’intrigue aussi, « le vieil enfant », mais je n’ai pas trouvé d’explication dessus… C’est une jolie découverte en tout cas, la musique est très apaisante et entraînante à la fois selon les morceaux.

☼☼☼☼☼☼☼
 
Je ressors encore une fois ravie de notre échange !
 

Choses � dire

Dire quelque chose

Aucun commentaire n'a encore été ajouté !
 

Dire quelque chose









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/trackback/3272365

 

<< Je l'ai dit après... | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ... Et ça je l'ai dit avant. >>

Créer un podcast