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Qu'il est bon d'être futile !

Vendredi 30 août 2013 à 13:51

J’ai reçu plusieurs cadeaux en finissant mon stage le 31 juillet. L’un d’eux était Demande à la poussière, roman de John Fante, auteur américain très admiré de l’un de mes collègues avec qui je parlais beaucoup littérature et cinéma. Je me doutais déjà quand nous débattions sur les romans que John Fante ne me plairait guère, et je n’avais pas tort. Ça n’enlève rien à la gentillesse du cadeau et à la valeur sentimentale que j’y attache !
 
Le roman s’ouvre alors que le jeune héros et narrateur, Arturo Bandini, a quitté son Colorado natal et s’est installé à Los Angeles pour y devenir écrivain. Une de ses nouvelles a d’ailleurs déjà été publiée dans un magazine, mais à présent l’inspiration le fuit, et son inexpérience de la vie le rattrape.
 
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Ce qui frappe toujours en premier quand on commence une nouvelle lecture, c’est le style. En voyant de nombreuses phrases au présent, je n’étais pas vraiment ravie. L’auteur ne veut pourtant pas nous faire croire que ce qu’il nous raconte est en train de se produire, non. Le roman est bien ancré à la fin des années 30. Mais Fante écrit vivant, son style très oral fait penser tantôt au rythme des pensées, tantôt à du théâtre. Il dresse la scène, passant d’un décor à un autre sans autre transition qu’un changement de transition. Au final, je me suis habituée au style qui m’a moins déplu que ce que je craignais en commençant le roman.
 
Là où vraiment je ne m’y suis pas retrouvée, c’est dans le genre littéraire. Fante est classé en « dirty realism », et je suis bien d’accord. La vie est montrée comme sous une lumière crue, la lumière du soleil incessant de Californie, avec partout la poussière et le sable charriés par le vent du désert tout proche. Les lieux, les personnages sont décrits comme les perçoit Bandini, par quelques détails vivants qu’il a retenus. Une odeur, une courbe. D’une certaine manière c’est très organique, très anatomique. J’ai eu du mal à m’intéresser au propos et certains passages mont vraiment énervée, notamment un sur la suprématie américaine… Et alors que des passages durs auraient pu être émouvants, je suis restée de marbre.
 
Le personnage principal, sorte d’avatar de l’auteur lui-même si j’ai bien compris, et qu’on retrouve dans d’autres de ses œuvres, m’a laissée très mitigée. J’alternais entre pitié et dégoût pour lui. Pitié car il n’est pas facile de devenir écrivain quand on part de presque rien, ni de déménager dans une grande ville où chacun est anonyme. Il me faisait de la peine à se sentir comme un raté à vingt-trois ans. Dégoût car il ne fait pas toujours d’effort pour mériter de s’élever, au début surtout. Alors qu’il a des problèmes d’argent, il quémande à sa mère, en difficulté elle-même, plutôt que de se trouver un job alimentaire ou de se pousser au cul pour écrire. Un peu terrifié par les femmes, il pense que le mieux est de les traiter comme de la merde. Ensuite il se plaint que ça ne va pas comme il faut avec elles. Il passe d’ailleurs une très grande majorité du roman à se plaindre, ce qui est énervant. C’est un personnage très entier, qui vit tout à fond, dans l’excès presque. Il oscille entre des excès d’idiotie, de méchanceté, de bonté et de génie.
 
La fin m’a vraiment rendue perplexe. Quel intérêt ? Tout ce roman, tout ce chemin pour apprendre à être un homme et un auteur, toute cette relation étrange et pour moi peu réaliste avec Camilla, pour finir comme ça ? Je pense être passée à côté du roman. Il me manque des clés pour le comprendre, ou alors ce genre de livre n’est tout simplement pas fait pour moi. Ce n'est pas un mauvais roman, je mentirais si je disais ça, mais je n'ai pas aimé. Il y a un autre roman de John Fante dans notre bibliothèque, Mon Chien Stupide. Mon chéri l’a lu et a bien aimé, alors je réessaierai, mais sans grande conviction.
 

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