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Qu'il est bon d'être futile !

Samedi 27 avril 2013 à 14:33

Après avoir adoré Les Hauts de Hurlevent et Jane Eyre, après avoir lu mon premier livre en VO pour de vrai avec The Professor, il me fallait absolument découvrir la troisième sœur Brontë, Anne. Agnès Grey, son premier roman, a été tiré par le Chapelier Fou pour avril, et j’en suis très contente !
 
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Agnès vit avec ses parents et sa sœur dans le presbytère de son père. Quand celui-ci rencontre de graves difficultés financières, elle décide de devenir indépendante financièrement et de mettre un peu d’argent de côté pour eux. Elle n’a pas beaucoup de choix : il lui faudra être gouvernante. Son premier poste, chez les Bloomfield, est le pire des calvaires. Mais Agnès persévère et tente une deuxième fois l’expérience chez les Murray, où elle fera la rencontre d’Edward Weston, vicaire de la paroisse.
 
Je vais commencer par un petit mot sur la traduction. Je l’ai trouvée assez étrange. Par certains égards, elle se voulait très proche de l’anglais, avec des « mistress » et des « parties » (pou dire « soirées »), mais en même temps il était écrit « M. » à la française et non pas « Mr » à l’anglaise. Il y a donc des fois où je tiquais un peu, mais sinon la langue est très belle.
 
Agnès est une héroïne très différente de Cathy ou de Jane Eyre. Elle est calme, mature, sa vie est heureuse dans l’ensemble. Mais elle réfléchit beaucoup. A la place de la femme, au rôle de gouvernante, au rôle des parents dans l’éducation des enfants, à la nature humaine, la vanité des hommes (et surtout des femmes), à la religion, à la société… Tout le roman est donc très interne. On suit les quelques années qu’Agnès/Anne veut nous raconter et en même temps on découvre sa pensée, ses convictions. Plusieurs lecteurs ont été gênés de la place très importante accordée à la religion. Des trois sœurs Brontë, Anne était la plus croyante. Agnès est onc comme elle. En même temps, c’est normal, pour une personne du XIXème siècle. Agnès puise dans Dieu le réconfort et l’espoir dont elle a besoin pour avancer. Elle a besoin de ce support, quand d’autres vont directement s’appuyer sur les espérances qu’ils poursuivent. En outre, il n’y a quand même pas de longs passages où elle explique la Bible ou ce genre de choses. Vraiment, ça ne m’a pas dérangée alors que la religion c’est un truc qui a tendance a rapidement m’énerver.
 
En revanche, il est vrai qu’Agnès est un peu trop parfaite. Anne s’est dépeinte comme la seule bonne âme au milieu d’horribles personnes. Elle nous livre ses défauts à certains moments mais on a envie de lui répondre qu’elle les a bien choisis, ses défauts. La timidité, la réserve, je n’appelle pas ça vraiment des défauts ! C’est un peu la même chose pour sa famille, sauf qu’on la connaît très peu, comme l’autre gentil personnage, Mr Weston. J’aurais aimé que le livre soit un peu plus long et que leurs caractères soient plus développés. Une ou deux « péripéties » supplémentaires auraient été les bienvenues également, surtout en début de roman. Agnès reste chez les Bloomfield un certain temps et ce long passage ne sert que les considérations sur l’éducation des enfants et l’impuissance des gouvernantes face aux parents. J’avais hâte qu’elle arrive chez les Murray, et là encore la rencontre avec Mr Weston s’est faite attendre. A partir de là par contre, j’étais vraiment plongée dans le livre. Anne Brontë alterne avec brio entre des réflexions très intéressantes, l’évolution de la relation entre les deux personnages et les bouleversements dans la vie d’Agnès. J’attendais la fin en frétillant de plaisir à l’avance, et mon seul regret serait qu’elle soit si courte. Le roman se termine par un épilogue, et j’aurais adoré qu’il soit plus long et nous donne plus de détails. Je pense que si Anne ne l’a pas fait, c’est peut-être parce que non seulement ça ne servait pas son propos, mais aussi parce qu’il lui était difficile d’imaginer au-delà.
 
Pour un premier roman, c’est tout de même une véritable merveille. A 27 ans, Anne Brontë avait compris bien plus de choses que la majorité des personnes bien plus âgées. Sa plume est délicate, son histoire, sans être extraordinaire, a ravi mon cœur de romantique. Elle est la digne petite sœur de Charlotte et Emily, et j’ai hâte de me lancer dans son seul autre roman, La Dame du manoir de Wildfell Hall.
 
"Il est possible que nous nous revoyions, dit-il. Cela vous ferait-il ou non plaisir ?"
 
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Choses � dire

Dire quelque chose

Par A-Little-Bit-Dramatic le Samedi 27 avril 2013 à 15:50
J'ai trouvé ce livre sympa, quoi qu'un peu froid, parfois. Peut-être parce que le personnage d'Agnès est très mâture, très sérieux...parfois, j'ai eu l'impression que l'héroïne du livre était un peu l'alter ego de l'auteure... En tous cas, j'ai trouvé ce classique vraiment bien écrit. C'était la première fois que je lisais un roman d'Anne Brontë, qui est sûrement la moins connue des trois soeurs et j'ai trouvé son style abordable, sympathique... :) Du coup, ça m'a donné envie de découvrir La Dame du Manoir de Wildfell Hall, son autre roman.
Par Demoiselle-Coquelicote le Samedi 27 avril 2013 à 16:01
Je comprends ce que tu veux dire, mais je trouve tout de même que dès qu'elle est chez les Blommfield, on comprend que son apparence maîtrisée n'est qu'une façade. Elle est désespérée de ne rien pouvoir faire, dégoûtée de voir des êtres humains si mauvais. Et à partir du moment où elle s'éprend de Mr Weston, elle était très touchante. Agnès est clairement l'alter ego d'Anne, d'ailleurs certains biographes qu'Edward Weston n'est pas tout à fait inventé. Son autre roman plaît généralement davantage, peut-être seras-tu plus conquise !
Par DoloresH le Lundi 29 avril 2013 à 8:28
J'avais eu à peu près le même avis sur ce roman. Bien qu'il n'ait pas la fougue des Hauts de Hurlevent, ou de Jane Eyre, il a tout de même une ambiance, un cadre que j'aime énormément. Je n'ai pas encore lu son deuxième roman, mais j'y viendrai un jour, c'est certain !
Par Demoiselle-Coquelicote le Lundi 29 avril 2013 à 10:35
Pour ma part j'espère le lire cet été, comme il est déjà dans ma bibliothèque !
Par Alacris le Lundi 29 avril 2013 à 17:55
Jamais encore lu de Anne Brontë, même si je connais bien ses deux grandes soeurs =)
Pour la découvrir je comptais commencer par La Dame du Manoir de Widfell Hall, et ton article me conforte dans mes positions, même si je tenterai Agnès Grey un jour ou l'autre. Mais en anglais, puisqu'apparemment la traduction est un peu bizarre (effectivement, les M. ou Mme, ça ne passe pas, surtout avec des traces d'anglais ailleurs xD), et puis en tant qu'angliciste, je n'ai pas vraiment le droit de lire des bouquins anglais en français ^_^
Par Demoiselle-Coquelicote le Mardi 30 avril 2013 à 16:40
La Dame du Manoir de Widfell Hall est gros tout de même, je ne me lancerai pas dedans en VO ^^ Et pis on me l'a offert en français, je ne vais pas cracher dessus, au contraire !
Par DawnG le Mardi 30 avril 2013 à 20:01
J'ai beaucoup de mal avec les traductions d'Archipoche. C'est ce genre de chose qui m'avait faire racheter Orgueil et préjugés.
Je tenterai peut être un jour Anne Brontë, quand j'aurai découvert Emily et Charlotte...
 

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