sans-grand-interet

Qu'il est bon d'être futile !

Mercredi 3 juillet 2013 à 21:21

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L’an dernier, j’ai commencé à m’intéresser de plus près aux petites maisons d’édition. J’ai eu quelques déconvenues qui m’ont pas mal freinée, mais heureusement de très belles découvertes m’ont aussi marquée. Quintessence hiémale, petit recueil de nouvelles écrit par Mathieu Guibé et Cécile Guillot, en faisait partie (j’espère toujours voir un jour la sortie d’une recueil avec toutes les saisons !). Aujourd’hui je reviens vous parler d’un autre recueil, de Mathieu Guibé seul : À un sanglot de moi, tu reposes.
 
Il est composé de douze nouvelles, de genres différents, toutes assez courtes, et avec un point commun : l’émotion et ses expressions. Je suis certaine qu’au moins une nouvelle de ce recueil pourra plaire à chaque lecteur, peu importe son genre littéraire de prédilection. Tout le monde peut être touché par la plume délicate de Mathieu Guibé, et par les sentiments qu’il décrit. Avec ces textes, on touche au cœur de l’homme. J’ai vraiment beaucoup aimé ce recueil, qui se lit rapidement mais laissera une trace durable. Evidemment, j’ai moins aimé certaines nouvelles ; mais d’autres m’ont vraiment touchée et me laisseront un magnifique souvenir. Ce sont de vraies nouvelles, où l’on trouve le développement de l’histoire, une révélation et un dénouement/chute. Dans la plupart des textes, c’est très réussi, et j’ai été surprise plus d’une fois.
 
Quelques petites remarques sur l’objet livre. Le recueil est édité par Lokomodo, maison que j’aime beaucoup car elle propose des titres d’auteurs peu connus à des prix très raisonnables (celui-ci ne coûte que 6€ !) et les couvertures sont soignées. Elles ne s’abîment pas extrêmement vite contrairement à d’autres (que je ne citerai pas). Il y a un confort de lecture certain avec un choix de caractères assez gros. J’ai remarqué peu de fautes et coquilles, et seulement quelques maladresses dans la mise en page. Pour moi, c’est un joli livre, que je suis bien contente d’avoir dans ma bibliothèque !
 
Dans l’ombre d’un géant (publiée dans Germi-iN-es[sens]ce, précédent recueil de l’auteur) nous plonge dans un univers musical réaliste et contemporain moins propre à me toucher que d’autres (j’ai une très mauvaise ouïe et suis bien incapable d’analyser un morceau de musique). On s’attend à une vague histoire de groupe genre boys band, et finalement la nouvelle prend une seconde direction, qui me parle déjà plus. Néanmoins, c’est l’une des nouvelles que j’ai le moins aimé. Mais je suis certaine que ça plaira à d’autres lecteurs !
 
J’avais déjà lu La princesse des neiges puisqu’elle est tirée de Quintessence hiémale, et je l’avais adorée. La relecture m’a confirmé cette première impression ! On est ici dans un domaine plutôt fantasy et tout en poésie, avec de jolies descriptions et font rêver et voyager. J’aime beaucoup la fin, très belle et pleine d’espoir.
L’ennemi dans la glace est l’une de celles que j’ai préféré. Elle est tirée de Germi-iN-es[sens]ce. On y découvre une femme, actrice, observée à travers une fenêtre alors qu’elle se démaquille devant son miroir avant d’aller se coucher. La nouvelle alterne deux points de vue, ce qui rend le récit intéressant et dynamique. Mathieu Guibé joue ici efficacement avec un mythe et nous offre une fin surprenante (dans le sens où je ne m’y attendais pas) et pourtant très logique. Le petit jeu de mot sur lequel on termine m’a bien plu !
 
La nouvelle Le bug humain (Germi-iN-es[sens]ce) ne m’a pas beaucoup plu, mais c’était sûr vu le sujet. On est dans de la SF, pas avec des robots mais presque, dans le futur, des questions d’informatique et de neurologie et dans une ambiance un peu Big Brother (je n’ai pas aimé 1984). Derrière l’histoire, ce sont des questions éthiques qui se posent, et qui ne sont pas inintéressantes, seulement je n’ai pas pu m’attacher au destin du personnage qu’on suit. Néanmoins je dois dire que c’est bien construit, avec différents types de narration et un style qui nous immerge bien dans ce monde futuriste. J’ajouterais que la toute fin est bien pensée !
 
Les pigeons crèvent sous les toits est inédite. J’ignore pourquoi, elle n’a pas réussi à m’émouvoir. Peut-être que sur celle-ci, je me suis un peu doutée de ce qui se cachait derrière les premiers paragraphes, et elle est vraiment très courte, laissant peut-être une impression d’inachevé. En même temps, faire plus long risquait de lasser le lecteur... Bref, ce n’est pas celle dont je garderai le meilleur souvenir.
 
Le mélodrame du scientifique, inédite également, m’a laissée assez mitigée. J’ai bien aimé le sujet, la révélation au milieu, le dénouement... Et en même temps je crois que ça va un peu vite. Un petit plus de développement permettrait de rentrer davantage dans l’histoire et donc de la quitter avec davantage de regret. L’idée était tout de même très bonne.
 
La nouvelle Arc-en-ciel en braille a gagné le prix Odette Massfelder en 2008 et fut publiée dans Germi-iN-es[sens]ce. Je crois que c’est ma préférée. C’est simple, alors qu’elle ne fait qu’une dizane de pages, et elle a réussi à me faire pleurer. Mathieu Guibé y démontre une grande empathie, une immense capacité à se mettre à la place des autres et à rendre des sentiments purs et forts. C’est beau, tout simplement.
 
V. M. Location (Germi-iN-es[sens]ce) tire son inspiration des comic-books. L’idée est originale, mais je l’ai trouvée un peu tirée par les cheveux et peu « probable », ce qui m’a gênée. Et puis, je n’ai pas réussi à éprouver quoi que ce soit pour le personnage, ni le plaindre, ni le soutenir, ni l’excuser, ni le comprendre...
 
Pour le gain d’un épitaphe est une nouvelle inédite. On y rencontre des personnes blessées par la vie pour lesquelles je me suis prise de sympathie (ce qui n’était pas gagné au départ !). J’ai bien aimé, mais j’ai trouvé la fin un peu facile.
 
Sinslayer (inédite) m’a beaucoup plu ! Je pense qu’il n’est pas facile de faire de bonnes nouvelles dans le style de la fantasy ou du fantastique, surtout si courtes, car on manque de temps pour mettre le monde en place. Mathieu Guibé a fait ça à merveille. La nouvelle est très bien construite, et on va de surprise en surprise. Vraiment très bien !
 
Lis-moi avait déjà été publiée dans Germi-iN-es[sens]ce. C’est une nouvelle beaucoup plus sombre, qui m’a fait penser à une sorte de malédiction (et à un certain couple universellement connu !). On y trouve une sorte de romantisme torturé, presque gothique, où la douleur teinte tous les autres sentiments. L’histoire pourrait paraître peu probable, mais elle est intégré dans un contexte qui lui donne une teinte très réaliste (et d’autant plus effrayante). Gare à la déprime...
 
Enfin, Un train pour l’éternité (inédite) clôt le recueil avec un personnage principal qui est une dame âgée. Cette nouvelle m’a beaucoup touchée. Certains auront peut-être rapidement deviné de quoi il retournait, mais pour ma part je n’ai rien vu venir. On achève le livre sur une note triste et belle à la fois, ce qui représente bien le contenu général de ce très joli recueil que je vous recommande très chaudement. Et en plus, l’auteur est adorable. Que demander de plus ?

 
"Au réveil, son corps gelé fut retrouvé sur le toit du palais. Recroquevillée sur elle-même, elle serrait dans ses bras un bloc de glace comme elle aurait tenu un nourrisson contre son sein."
 
"Au moment fatidique où je redevenais moi, il m’arrivait de demeurer quelques minutes à contempler  le reflet dans la glace. J’interrogeai du regard cette inconnue qui me dévisageait, et je n’obtins aucune réponse comme chaque nuit."
 
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Choses � dire

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Par _Dawn_ le Samedi 6 juillet 2013 à 11:04
Faut que je lis les inédites avant de revoir Mathieu aux Halliennales
Par syephanie plaisir de lire le Mardi 16 juillet 2013 à 15:28
Tu m'interresses bcp ! Je suis contente d'être passée par ici et d'avoir découvert ce titre car je ne doute pas qu'il me plaise.
Par Demoiselle-Coquelicote le Mardi 16 juillet 2013 à 19:01
J'espère que tu l'aimeras autant que moi, si ce n'est plus !
 

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