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Qu'il est bon d'être futile !

Samedi 22 novembre 2014 à 11:46

Je suis très sérieuse dans mon challenge PÀL des 3 ans ! J’ai donc suivi le conseil d’Ophélie et ai lu cette semaine Le Chuchoteur, de Donato Carrisi.
 
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Mila Vasquez, policière experte dans l’art de retrouver des enfants disparus, est appelée en renfort dans l’équipe menée par Goran Gavila, criminologue, pour résoudre l’enquête qui les a menés à une clairière où six bras de fillettes ont été retrouvés… D’horreur en horreur, parviendront-ils à découvrir le meurtrier ?
 
On peut facilement concéder à ce roman qu’il se laisse dévorer ! 4 jours pour un livre de presque six cents pages dans une police pas particulièrement grosse, c’est un exploit pour moi ces temps-ci. Le Chuchoteur a en effet le mériter d’être très accrocheur et d’une grande fluidité. Les six cas (puisqu’il y a six fillettes) s’enchaînent, on n’a pas le temps de s’ennuyer. L’écriture, simple, entraîne facilement, les mots coulent et le lecteur lit vite, vite.
 
Le début m’avait bien plu. Je découvrais les personnages et les appréciais, frissonnais à l’idée des horreurs qui ne manqueraient pas d’arriver, tombais des nues avec les premières révélations… Finalement le livre n'est pas si effrayant, je n'avais pas de raison d'avoir peur de lire ce roman à cause de ça. Y'a deux-trois passages dégueu si vous avez l'imagination fertile, mais rien d'insupportable. Lorsque le personnage de Nicla est intervenu, j’ai pris peu à peu du recul jusqu’à voir plein de petits défauts. J’ai tout de même dévoré la fin du roman, mais le plaisir de la lecture, très vif au début, s’est complètement estompé deux jours après l’avoir terminé.
 
En cause, de nombreux éléments qui baissent la crédibilité de l’intrigue. L’auteur s’est basé sur une criminalité qui existe et que je ne remets pas en cause, au contraire ; mais il a amalgamé différents cas pour en former un grand, et le puzzle n’est pas si bien imbriqué que ça. Mais surtout, il en a trop fait avec ses personnages. La première fois, je me suis dit « wah, pas mal ! » et puis après j’en ai vite eu marre, et je n’y ai plus cru. La fin ne m’a d’ailleurs pas plu, c’était trop facile de terminer avec ce type de « rebondissement ».
 
Si vous êtes attentifs au réalisme de l’enquête, vous pourrez être gênés également. On ne sait pas vraiment où se passe l’histoire, mais au vu de petits indices je dirais plutôt aux États-Unis. Je ne suis pas experte en la matière, mais il y a des choses qui m’ont paru dissonantes, et l’auteur dit lui-même à la fin qu’il a pris des libertés. Ça ne m’a pas embêtée, mais je sais que certains lecteurs n’aiment pas ça.
 
Au final, je pense que j’ai été très lucide sur ce roman, contrairement aux gens qui l’ont découvert avant tout le tapage qui a été fait autour, et je ne me suis pas laissée emporter par les bonnes critiques, avec pour conséquence d’en ressortir plutôt déçue, et avec un souvenir déjà estompé. Je ne pense pas lire la suite, L'Écorchée, car les quelques critiques que j’ai regardées (bonnes ou moins bonnes) me laissent penser que mon opinion sera la même que sur ce premier opus.
 

Mercredi 19 novembre 2014 à 20:49

À l’été 2013, j’avais lu Rêves de garçons, mon premier roman de Laura Kasischke. Comme j’avais bien aimé, j’ai ajouté d’autres de ses livres à ma PÀL. Avec la sortie du film White Bird in a Blizzard il y a peu, il m’a paru opportun de me lancer dans le livre !
 
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Kat a 16 ans lorsque sa mère disparaît du jour au lendemain. Dans sa vie fiévreuse d’adolescente, lle raconte ce qu’elle sait – et ce qu’elle devine, ou croit deviner – de sa mère, de sa famille et d’elle-même.
 
La construction du récit paraît quelque peu erratique. On commence en janvier 1986, juste après la disparition d’Ève, mais notre narratrice, Kat (surnom de Katrina), remonte le fil de ses pensées. Les souvenirs, récents ou anciens, s’entremêlent pour dresser le portrait de cette famille « modèle » d’une banlieue américaine dans les années 1980. La vision de Kat, forcément biaisée, apporte son lot de sentiments violents et de moments malsains. Sous leurs dehors parfaits de petits banlieusards, vernis à la banalité, que cachent ces gens, leurs voisins, l’inspecteur de police, les meilleures amies ? Que cache la disparition de la mère de Kat ?
 
La force de Laura Kasischke réside encore une fois dans sa façon de nous faire douter, de nous balader dans le quotidien pour mieux nours perdre… Et tout ceci avec un sens du réalisme étonnant, comme emphasé par une écriture magnifiquement imagée et plus d’une fois dérangeante. Mon seul regret, c’est que la fin me paraît un peu… crédule on va dire (j’veux pas spoiler). Non pas que j’aie deviné la fin avant les dernières pages, mais les choses auraient-elles pu se passer ainsi dans la réalité ? Je me le demande. Néanmoins, c’est un excellent roman, qui prend aux tripes et que j’ai beaucoup aimé lire.
 
Laura Kasischke me surprend encore avec Un oiseau dans le blizzard. Malgré les indices disséminés tout au long du roman (mais vraiment PARTOUT), l’habileté de l’auteure nous empêche de percer les dessous de cette histoire. Je recommande, et j’ai hâte de voir le film, dont la BA me semble très prometteuse !
 

Mardi 18 novembre 2014 à 13:32

J’avais quelques appréhensions à regarder l’adaptation de Jane Eyre de 1996. J’avais peur de ne pas aimer du tout (et donc de l’avoir pris en troc pour « rien »), alors que j’adore les versions de 2007 et 2011. Je ne fais pas un énième résumé de cette histoire devenue célébrissime, j’entre plutôt directement dans le vif du sujet, en commençant pas ce que j’ai le moins aimé.
 
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Le film vieillit assez mal, c’est un fait, et le générique de début me faisait présager le pire. Les images ne sont pas très belles, et c’est dommage parce que les lieux de tournage sont beaux (Haddon Hall, dans le Derbyshire, qui a été utilisé aussi pour la version de 2011). La musique n’est pas trop mal, mais meilleure elle aurait vraiment élevé le film.
 
Je n’ai surtout pas été convaincue par William Hurt en Mr Rochester, et donc pas non plus par le duo qu’il forme avec Charlotte Gainsbourg. Ça manque de passion, d’alchimie… Plutôt qu’un héros colérique, changeant et malicieux, il incarne un homme triste, presque dépressif. Sans compter que je le trouve trop âgé pour le rôle. Bref, contrairement à Toby Stephens et Michael Fassbender, il ne m’a pas du tout fait rêver.
 
Ceci dit, l’ensemble est quand même pas mal. J’ai beaucoup apprécié de voir l’enseignante avec qui Jane se lie d’amitié dans la première partie, ça manque dans les autres versions. Tout le passage à Lowood est bien rendu.

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Charlotte Gainsbourg fait une excellente Jane Eyre je trouve, tant physiquement que dans son jeu. Comme je le disais, c’est William Hurt qui la tire vers le bas (avis subjectif bien sûr). Il est très difficile d’entendre qu’elle est française, elle m’a vraiment convaincue. Les autres acteurs sont pas mal aussi : Mrs Reed, détestable à souhait (c’est tante Pétunia !) ; la gentille Mrs Fairfax ; la jeune Adèle ; Jane Eyre enfant (Anna Paquin).
 
Quelques changements ont été apportés à partir du moment où Jane retourne voir sa tante, et la fin est beaucoup plus rapide. Le film ne fait même pas 2h d’ailleurs. Ça ne m’a pas vraiment gênée, si ce n’est que ça manque d’intensité, mais je n’attribue pas ça au scénario, plutôt au dysfonctionnement de la relation entre les deux acteurs principaux. C’est un élément majeur me direz-vous, mais je trouve vraiment que Charlotte Gainsbourg rattrape le film. Après tout, c’est bien Jane Eyre l’héroïne.

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Une version en-dessous des deux autres que j’ai vues donc, à cause de la faiblesse de William Hurt en Rochester, mais qui vaut le coup d’être vue par les fans. Je la garde et la reverrai de temps à autres. À présent, j’aimerais bien dénicher la vieille version avec Orson Welles et Joan Fontaine.
 
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Lundi 17 novembre 2014 à 20:25

Il y a longtemps, une personne m’a conseillé la BD Thorgal de Rosiniski et Van Hamme. Je n’avais jamais eu l’occasion de la lire mais étais restée intriguée. Quand je me suis inscrite à la médiathèque en septembre, j’ai rapidement emprunté les premiers tomes pour me faire une idée. J’ai lu les tomes 1 à 3, et je crois que ça suffit pour que je donne mon avis.

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Thorgal est un jeune homme qui a grandi parmi les Vikings mais n’en est pas un lui-même. Tout ce qu’il souhaite, c’est vivre en paix avec sa bien-aimée Aaricia, mais des obstacles vont constamment se dresser contre lui.
 
Après la lecture du tome 1, je n’étais pas vraiment convaincue. Les dessins, le scénario, les personnages… Tout est assez kitsch, voire TRÈS kitsch. Je trouve aussi que c’est assez sexiste… La femme n’a qu’une toute petite place : soit c’est la méchante, soit c’est la gourdasse…
 
Je me suis dit que je devrais laisser une chance à la suite, mais les deux tomes suivants ont été encore pires. La « révélation » du tome 2 m’a bien fait marrer tellement c’est ridicule, mais en même temps, on aimait ça à l’époque où la BD a commencé à paraître (fin des années 1970).
 
J’ai lu le tome 3 juste pour dire de, parce que je l’avais emprunté en même temps que le 2, mais mon histoire avec Thorgal s’arrête ici. Je sais que la série continue encore aujourd’hui, peut-être s’est-elle adaptée, modernisée, mais bon c’est pas mon truc, et je n’ai pas envie de me forcer davantage.
 

Mercredi 12 novembre 2014 à 18:57

J’ai lu il y a quelques mois la version de Sanditon « terminée par une autre dame », soit Marie Dobbs. Un peu plus tard je me suis plongée dans la version VO de Sanditon, tel que laissée par Jane Austen. Milady a sorti une autre version, achevée également, cette fois par Juliette Shapiro.
 
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Pour rappel (bah oui, vous n’êtes pas obligés de connaître cette histoire), Sanditon est un petit village de la côte anglaise, dont les bienfaiteurs, Mr Parker et Lady Denham, veulent faire une station balnéaire en vogue. Charlotte Heywood est invitée par Mr Parker et son épouse à séjourner chez eux. Charlotte trouvera-t-elle à Sanditon le bonheur promis par l’enthousiaste Mr Parker ?
 
Pour mon avis sur la partie du texte de Jane Austen, je vous renvoie aux deux chroniques ci-dessus. Je ne parlerai ici que de la partie « achevée » par Juliette Shapiro.
 
Il faut être honnête. Dès qu’on laisse le texte de Jane derrière une page, ça devient n’importe quoi. Vraiment, dès les pages qui suivent, ça ne tarde pas. Ce n’est d’abord qu’une bizarrerie ici ou là, mais bientôt ça part dans tous les sens. Plusieurs arcs narratifs sont développés, beaucoup trop éloignés de l’héroïne (enfin, si tant est qu’on puisse dire ça, mais j’y reviendrai) pour être fidèle à l’esprit des romans de Jane Austen.
 
On sent pourtant que l’auteure a essayé d’imiter son modèle, mais elle ne peut même pas prétendre être une pâle copie. Rien ne va, tout est de travers, c’en est absolument ridicule. (Comme les passages qu’elle essaie d’adresser au lecteur ! Argh ! une calamité !) Les personnages ne sont pas du tout austeniens, les péripéties non plus (certaines se rapprochent plus de celles des romans gothiques et d’aventure je trouve). Les caractères qu’Austen avait eu le temps de brosser rapidement en début de roman ne sont même plus respectés. Et de toute façon, Charlotte n’est rapidement plus le personnage central. Trop de divagations nous éloignent d’elle, des passages entiers sont narrés d’un autre point de vue, ce qui fait que cette héroïne qui promettait d’être si attachante demeure finalement une inconnue pour nous.
 
Aurai-je le courage de vous parler de l’histoire d’amour ? Il le faut pourtant... Eh bien, on voit son futur époux si peu que pas, mais vraiment. Leur relation n’est absolument pas vraisemblable, tout va vite, et ce n’est absolument pas touchant. Le « héros » m’énerverait presque. Je ne trouve pas du tout que Juliette Shapiro ait su exploiter les nombreux indices prometteurs présents dans les chapitres écrits en 1817. Elle a même plutôt réussi à les mettre en bouillie.
 
Je crois tout simplement que Juliette Shapiro n’a rien compris à ce que voulait faire l’auteure dont elle se réclame. Elle a tout poussé à l’excès, en particulier l’hypocondrie. Il en va de même pour l’écriture, qui essaie de pasticher celle de Jane Austen, et qui ne parvient qu’à être lourde et horriblement répétitive.
 
Donc voilà, un gros raté. Je ne sais pas si j’irais jusqu’à dire que c’est aussi mauvais que du Elizabeth Aston vu qu’on est sur des exercices très différents, mais tout de même, ça vole pas haut, et ça s’écrase vite.
 
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Mardi 11 novembre 2014 à 10:48

Je commence cet article en remerciant Nicolas Villeneuve, qui m’a de lui-même proposé la lecture de son roman, Derrière la porte. Cela ne m’arrive pas si souvent, un grand merci donc ! Ne voulant pas risquer de dévoiler un peu trop d’éléments du roman, je me contente pour une fois de reprendre le résumé de l’éditeur.
 
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« Sarah Bames est heureuse de sa nouvelle acquisition, une maison ayant appartenu à la famille Sibieri. Seulement, d'étranges choses transpirent de cette vieille demeure. Qui était ce Georges Sibieri ? Quelle histoire se cache derrière ses murs et ses portes ? Sarah deviendra-t-elle folle ou disparaîtra-t-elle comme tous les anciens occupants de la maison… »
 
Pour être honnête, je ne suis pas allée voir de quoi parlait le roman avant de commencer ma lecture. L’auteur m’a gentiment demandé une chronique, j’ai vu que le livre était court, alors j’ai accepté, c’est aussi simple que ça. Dès le début, j’ai donc eu le plaisir de découvrir complètement cette histoire, et de me poser des tas de questions dès le prologue, qui sait d’entrée de jeu titiller notre curiosité.
 
Au sein des chapitres, des sauts entre personnages et des allers-retours dans le temps s'alternent, afin de nous montrer l’étendue des dégâts si j’ose dire… C’est donc très dynamique, en plus du fait que le roman est court (un peu plus de 150 pages). Pas le temps de s’ennuyer donc, mais de frissonner, oui ! L’écriture m’a plu, l’auteur a su retranscrire le quotidien et les drames qui viennent le bouleverser avec un ton simple.
 
L’intrigue va crescendo, jusqu’au bouquet final, mais je dois dire que j’aurais voulu un poil plus de détails, afin d’être un peu plus aiguillée sur le pourquoi du comment ! J’imagine que Nicolas Villeneuve a souhaité laisser ce qu’il ne dit pas à l’imagination du lecteur, mais voilà, je suis de ceux qui aiment les détails et les fins « exhaustives ». Une légère frustration donc, qui laisse la place à toutes les spéculations.
 
En bref, un court roman fantastique que j’ai lu en deux grandes bouchées, avec un plaisir qui me fait penser que je devrais vraiment essayer de lire davantage de thrillers et de romans d’horreur… (Le chuchoteur de Donato Carrisi et Les contes d’Amy de Frédéric Livyns me font de l’œil.)  Mais j’ai trop peur d’avoir peur ! L’avantage avec Derrière la porte, c’est que je n’ai pas eu le temps de me poser la question de savoir si j’allais pétocher ou pas, j’ai tout naturellement continué à lire.
 

Lundi 10 novembre 2014 à 15:40

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Rem a entrepris de transposer en manga l’excellente série de Gail Carriger, Le protectorat de l’ombrelle. Il y a peu et pour mon plus grand plaisir, le tome 3, Sans Honte, est sorti.
 
Lady Maccon est rejetée par toute la bonne société de Londres. Très en colère contre son imbécile de mari, elle est bien décidée à lui prouver qu’il a TORT, quitte à se rendre en Italie pour le prouver.
 
Encore un excellent tome ! Avec chéri, on ne se lasse pas, c’est limite si on ne se bat pas pour savoir qui va l’engloutir en premier ! Malgré quelques changements bien compréhensibles afin de ne pas faire un manga de 700 pages, je reste agréablement surprise de la fidélité de cette adaptation. Encore une fois je suis retombée tête la première dans cette histoire, avec ses personnages hauts en couleur. Je dois dire qu’Akeldama m’a un peu manqué, on le voit toujours trop peu à mon goût !
 
J’ai encore ri à plusieurs reprises, et malgré ma connaissance de l’histoire, je m’extasiais comme la première fois, mon cœur s’est serré devant le destin de Biffy, j’ai A-DO-RÉ voir Connall tout piteux, et la fin est très chouette. Les indices sont bien semés pour permettre l'arrivée d'un nouveau personnage, et l'installation du grand final.
 
Mon regret ? Que la suite n’existe pas… Pourquoi, ô monde cruel ? Mais je veux y croire, Rem s’y remettra un jour ! Je veux tellement voir certains passages des deux derniers tomes, je ne pourrais pas être frustrée à vie, si ?
 
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Dimanche 9 novembre 2014 à 15:48

Pour Halloween, j’ai voulu me lancer dans un classique parfois oublié de la littérature fantastique/horrifique : Frankenstein ou le Prométhée moderne, de Mary W. Shelley. Il traînait depuis plusieurs années dans ma PÀL, il était temps de l’en sortir !
 
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Walton a entrepris de découvrir les mystères que la Nature cache encore loin au Nord. Un jour, un traîneau accoste son bateau sur l’océan de glace, un homme qui va lui raconter une étrange histoire.
 
En commençant le roman avec les lettres de Walton à sa sœur Margaret, je me suis attendue à un roman épistolaire mais finalement ce n’est qu’une façon de donner la parole à Walton. Après quelques dizaines de pages, c’est Victor Frankenstein qui raconte son histoire à Walton, lequel retranscrit toute l’histoire pour l’envoyer à sa sœur. Au sein du récit de Frankenstein, un autre personnage prendra la parole sur plusieurs chapitres, constituant ainsi un récit par mises en abîme successives. La narration respecte ainsi une sorte de jeu de miroirs. J’ai trouvé cette construction très intéressante, d’autant plus qu’elle est éclairée par la préface (que j’ai bien pris garde de lire après le roman cette fois, et j’ai bien fait sinon j’étais spoilée !).
 
J’hésite un peu quant à ce que je dois penser du fond du roman. Je crois qu’au final, l’auteure met en garde les lecteurs contre les dérives de la science et ainsi fait la promotion d’une certaine éthique de l’être humain. Cependant, son message est un peu confus à mes yeux vu l’ensemble des personnages qu’elle a mis en scène. Pendant ma lecture, j’ai cru plusieurs fois qu’elle nous proposait un modèle à travers l’un des protagonistes, mais au final il n’y en a pas un à qui j’aimerais ressembler, et aucun que j’ai aimé. Beaucoup sont décrits comme les gens les plus vertueux qui soient mais font preuve au final de défauts bien plus rédhibitoires que ceux de héros plus récents. Je préfère croire qu’elle a voulu se moquer des personnes qui se croient supérieures aux autres, mais j’avoue que son texte me laisse un peu perplexe, et les explications de la préface qui mêlent des éléments biographiques et des analyses littéraires ne m'éclairent pas tout à fait.
 
Le rythme est très lent, et même ma curiosité ne suffisait pas toujours pour me faire reprendre ma lecture, j’ai dû me « forcer » un peu. Le style assez lourd ne m’a pas aidée non plus il faut dire. L’auteure insère plein de petits récits au sein de l’histoire plus générale de Frankenstein, et certains sont vraiment ennuyeux. J’ai eu du mal à en saisir l’intérêt, surtout qu’on en revient à la même chose. En revanche, je comprends très bien l’effroi qu’a pu susciter ce roman à l’époque. En s’appuyant sur des éléments réels (comme ses visites en Suisse ou les travaux de scientifiques de son époque), Mary Shelley a créé une histoire qui devait paraître affreusement vraisemblable, et donc, effrayante. Aujourd’hui certains éléments convainquent moins car nos vies sont désormais bien éloignées de celle des bourgeois européens du début du XIXème siècle, mais l’ensemble est bien conçu.
 
En résumé, c’est une lecture intéressante mais certainement pas passionnante, qui souffre de lenteurs, de lourdeurs d’écriture et du passage du temps, mais dont certains aspects universels valent le détour. Je ne regrette pas ma lecture mais je ne pense pas le relire un jour.
 
"Un être humain qui veut se perfectionner doit toujours rester lucide et serein, sans donner l'occasion à une passion ou à un désir momentané de troubler sa quiétude. Je ne pense pas que la poursuite du savoir constitue une exception à cette règle. Si l'étude à laquelle vous vous appliquez a tendance à mettre en péril vos sentiments et votre goût des plaisirs simples, c'est que cette étude est certainement méprisable, c'est-à-dire, impropre à la naturehumaine. Si cette règle avait toujours été observée, si les hommes renonçaient à toute tâche qui serait de nature à compromettre la tranquillité de leurs affections familiales, la Grèce n'aurait pas été asservie, César aurait épargné son pays, l'Amérique aurait été découverte par petites étapes, sans que fussent anéantis les empires du Mexique et du Pérou."
 
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Dimanche 9 novembre 2014 à 12:00

Lors du concours pour les 3 ans du blog, vus avez été très nombreux à participer et à me proposer des titres de ma PÀL pour m'occuper jusqu'aux 4 ans du blog. J'ai donc fait un petit montage de tous les titres (27) que vous m'avez proposés. Je ne promets pas de tout lire, mais j'y reviendrai souvent quand je ne saurai plus quoi lire. Je me mets même un objectif : lire les 2/3 de cette liste, soit au moins 18 livres. RDV le 5 novembre 2015 pour savoir si ce défi est réussi !

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- Quand j'étais Jane Eyre, de Sheila Kohler

- Une place à prendre, de J. K. Rowling
- Justine, du Marquis de Sade
- Le nom de la rose, d'Umberto Eco
- Vipère au poing, d'Hervé Bazin
- Le roman de la momie, de Théophile Gautier
- Les Outrepasseurs, tome 1, de Cindy Van Wilder
- Les contes du chat perché, de Marcel Aymé
- La dernière terre, tome 1, de Magali Villeneuve
- La jeune fille à la perle, de Tracy Chevalier
- Le Grand Meaulnes, d'Alain-Fournier
- Montres Enchantées, du Collectif du Chat noir
- Léonard de Vinci, de Serge Bramly
- Jane Austen, de David Cecil
- Un Cœur simple, de Gustave Flaubert
- Au Sortir de l'Ombre, de Syven
- La Dame du Manoir de Wildfell Hall, d'Anne Brontë
- Les petites filles modèles, de la Comtesse de Ségur
- Graveney Hall, de Linda Newbery
- Le Magicien d'Oz, de Lyman Frank Baum
- Si proche de lui, de Stéphane Soutoul
- Charley Davidson, tome 4, de Darynda Jones
- Shutter Island, de Denis Lehane
- L'Enchanteur, de René Barjavel
- Le chuchoteur, de Donato Carrisi
- Il était une fois, d'Eloisa James
- La vague, de Todd Strasser
 
5/27

Mardi 4 novembre 2014 à 20:41

Ce livre m’a fait envie dès sa sortie en français. Un roman intitulé Quand j’étais Jane Eyre est plein de promesses pour une enthousiaste des sœurs Brontë comme moi ! J’ai lu Jane Eyre il y a 3 ans déjà, mais grâce aux adaptations et aux nombreuses références qui lui sont faites, j’en garde des souvenirs assez précis. J’ai lu plus récemment Agnès Grey et The Professor, et relu aussi Wuthering Heights, sans compter les Devoirs de Bruxelles et Le Palais de la Mort. Comme j’ai tout aimé, voire adoré pour certains, j’avais des attentes assez élevées pour ce roman biographique de Sheila Kohler.
 
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Le livre commence alors que Charlotte, l’aînée, est à Manchester. Elle veille sur son père qui a été opéré des yeux. Dans la pénombre de la chambre, Charlotte a tout le temps de songer à son passé et à ses écrits. Peu à peu, un nouveau roman se forme dans son esprit, et elle commence à écrire Jane Eyre.
 
J’avoue que je n’accrochais pas trop au début. Le style est très impersonnel, froid et distant, et ne me paraissait pas convenir pour parler de cette famille et de Jane Eyre, roman passionné s’il en est. Mais cette écriture n’est que le reflet de la vie des personnes dont ce livre parle. Charlotte en particulier cache les tourments de son âme sous des dehors secs et peu avenants. La violence qui a dû l’animer devant toutes les injustices vécues est au final extrêmement bien rendue. Je crois que Sheila Kholer a très bien réussi à enfiler la peau des gens qu’elle fait vivre dans son livre : Charlotte, Patrick, Emily, Anne et Branwell Brontë, mais aussi des personnages encore plus secondaires, la mère et la tante, l’infirmière…
 
Je n’ai jamais lu de biographie pure sur la famille Brontë mais à force de lire des préfaces, postfaces et annexes et de traîner sur le net, j’ai quelques connaissances à ce sujet. Je ne pense pas que l’auteure ait beaucoup inventé. Elle a donné des détails à des faits connus (grâce à la correspondance de la famille notamment) qu’elle a interprétés et racontés davantage sous la forme d’une fiction que d’un ouvrage historique ; cela ne leur retire pas leur pertinence pour autant. Ces femmes se sont forcément inspirées de leurs lectures et de leur vécu, ainsi que de celui de leur entourage, pour créer leurs histoires. Mettre en avant leurs œuvres pour raconter leurs vies me paraît tout à fait intéressant.
 
Pour leurs admirateurs, s’entend, ou au moins ceux qui les connaissent un peu, car il est évident que quelqu’un qui n’a jamais lu leurs textes et ne s’intéresse pas un peu à ces trois sœurs hors du commun n’aura pas beaucoup de plaisir à lire ce roman, contrairement à moi qui l’ai dévoré dès que j’ai réussi à entrer dedans.
 
Ce format de roman/documentaire ou biographie permet d’apprendre plein de choses sans avoir l’impression de lire un bouquin de cours ou autre, tout en ressentant la passion qui a habité cette étrange famille, faite d’amour et de violence mêlés. Je ne peux que vous conseiller Quand j’étais Jane Eyre, qui frôle le coup de cœur pour moi !
 

"Elle s'inspirera de tous ceux qui l'ont rabrouée ou ignorée. Elle écrira en s'appuyant sur sa rage, sur la conscience de sa propre valeur, sur l'injustice que représente le rejet de ses écrits. Elle traitera de quelque chose qu'elle connaît bien : la passion."
 
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