Aujourd'hui, je vais vous parler d'une série qui apparemment ne fait pas l'unanimité. Chez moi, on l'a adoptée pour plusieurs raisons, que je vais tenter de vous expliquer pour vous convertir à
The Borgias, la série de Showtime qui a pris le relais de
The Tudors. En effet,
The Borgias est une série "historique" où se mêlent intrigues politiques, guerres, sexe et violence. Elle commence en 1492, année charnière à bien des égards. Innocent VIII vient de mourir, il faut donc un nouveau pape à Rome et à la chrétienté. Rodrigo Borgia, cardinal, aimerait bien le poste. Dans la famille, on aime le pouvoir...

Je ne crois pas que la série respecte beaucoup l'Histoire, mais j'avoue que l'Italie, je connais mal. Je cherche un ouvrage historique sur cette famille, mais en ce moment ça pullule plutôt de romans. Néanmoins je sais que certaines choses ce sont réellement passées. La série introduit rapidement le personnage de Micheletto, homme de l'ombre de Cesare. Cet homme a existé, il était extrêmement fidèle à Cesare, et ce jusqu'à la fin (il est allé cherché son cadavre après la bataille qui l'a tué). Toujours Cesare, il a été nommé cardinal par son père contre sa volonté, clamant qu'il préférerait faire une carrière militaire. Dans la saison 2, où on en est actuellement, il est toujours cardinal, mais je ne doute pas que si la série se poursuit assez longtemps, on le verra renoncer à ses vœux comme il le fit en vrai. Ce fut d'ailleurs le premier ecclésiastique à le faire dans l'histoire il me semble (j'ai lu ça quelque part mais je doute de la véracité de la source, à vérifier). Lucrezia... Elle n'était pas la démone que l'on présente souvent (comme dans la série de Canal + à ce qu'on m'a dit. J'ai refusé de la regarder à cause de ça, mais il faudra quand même que j'y jette un œil pour me faire mon avis.). Loin d'être incestueuse avec son père et tous ses frères comme ça a souvent été dit, c'était une femme intelligente et cultivée, même un peu féministe avant l'heure. J'ai une biographie d'elle, qui date un peu mais qui a été écrite par une historienne, j'espère donc que je ne serai pas déçue quand j'aurai le temps de la lire. Aucune preuve d'inceste n'a jamais été rapportée, et je hais cette idée par-dessus tout. En revanche, il est vrai que le clan Borgia était très uni et ceci explique peut-être ce choix de la série de présenter Cesare et Lucrezia très proches. C'est sa petite sœur, il la protège énormément et elle n'est dupe sur aucune des membres de sa famille. Grandir parmi les Borgia, ça signifie certainement ne pas s'effaroucher pour quelques histoires de fesses ! Cependant, tout le monde ne s'entendait pas dans la famille. Cesare et Juan, les deux frères, ne se sont jamais aimés, c'est plutôt le contraire. Cette animosité ressort très bien dans la série, c'est le moins qu'on puisse dire.

[Les quatre enfants Borgia, tous légitimés par leur pape de père si je me souviens bien. Le dernier, Jofre, n'est pas très présent dans la série.]
C'est vrai qu'il y a beaucoup de scènes de sexe, certaines assez violentes pour montrer la perversité (réelle) de certains personnages, mais je trouve qu'elles n'ont rien à envier à des scènes d'autres histoires. D'autres sont beaucoup plus douces, de vraies scènes d'amour ou d'affection. Malgré sa tendance très nette à batifoler, le pape Borgia, Alexandre VI, aimait Vanezza, la mère de ses enfants, et sa maîtresse Giulia Farnese. Elles étaient aussi ses alliées. Cesare est à la fois fourbe, limite pervers et aussi attentionné et doux quand il aime. Quand il devient fou de vengeance ou de jalousie, c'est pas joli-joli, mais je lui pardonne parce que l'acteur est craquant (et pis oh, c'est une série). J'adore également Lucrezia, l'actrice est tellement belle ! Et c'est le personnage qui évolue le plus. On peine parfois à reconnaître la douce jeune fille de la saison 1 dans la deuxième saison... J'ai également beaucoup d'affection pour Giulia, qui est vive et intelligente tout en se présentant toujours très calme et respectable. Les scènes de violence passent un peu moins parfois. Si elles sont vraies (pas toutes, j'espère), il y avait vraiment des fous à cette époque (comme maintenant en fait, mais ils avaient vraiment toute licence pour faire leurs horreurs !). Entre les scènes de torture et celles de viols et tueries, y'a des fois où je me cache un peu les yeux. Mais ça ne dure jamais bien longtemps, et ça a toujours un sens dans l'histoire.

[Je suis convaincue que les histoires d'inceste ont été inventées par les ennemis de Alexandre VI et se sont perpétuées dans l'Histoire à cause des frasques pas très religieuses de toute la famille. Mais il n'y a pas eu inceste !]
Sur les acteurs, ils sont vraiment formidables. Jeremy Irons en Rodrigo Borgia est parfait, je peux en dire autant de Cesare, Juan et Lucrezia. François Arnaud est bel homme et j'imagine très bien Cesare en lui. L'intelligence qui pétille dans ses yeux est palpable je trouve ! J'aime déteste Juan, incarné par David Oakes, que j'avais déjà eu le plaisir de détester en William dans Les Piliers de la terre. En parlant des Piliers de la terre, c'était Trevor Morris qui avait composé la musique de la série. Il compose également celle de The Borgias, et je la trouve excellente. Vous pouvez écouter celle du générique dans le module musique à gauche. Lucrezia, on en voudrait comme amie, elle est tellement mignonne, charmante, douce et perspicace ! Faut pas trop la chercher quand même. Holliday Grainger est un excellent choix, j'ai hâte de la voir dans Bel-Ami et dans une autre série où elle joue. Et mention spéciale à Michel Muller (Wasabi) très convaincant en roi de France motivé pour conquérir l'Italie !

[Ça me fait rire qu'il se tienne presque toujours avachi sur le trône papal. Et il emploie tout le temps le "nous" royal, c'est marrant.]
Vous l'aurez compris, cette série a été un coup de cœur dès le premier épisode, je regarde la saison 2 qui passe en ce moment et le charme opère toujours. Vous connaissez ? Vous aimez, vous n'aimez pas ? Ça vous tente ?

[
La bella Giulia... Je ne la trouve pas très belle, mais j'aime son personnage.]

[Et pour finir, notre bon roi de France ! Ahem.]