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Qu'il est bon d'être futile !

Mercredi 24 décembre 2014 à 10:07

Le groupe Bragelonne propose pas mal de choses très sympas ces derniers temps (même si leurs prix, en particulier sur le numérique, me font souvent m’étouffer...). J’ai ainsi pu télécharger gratuitement sur Internet (plusieurs sites l’ont) La liste de Noël, une courte nouvelle de Jojo Moyes, auteure britannique dont j’ai beaucoup entendu parler cette année et l’an passé. Le format court et la période étaient idéaux pour la découvrir ! Je vous mets le synopsis ci-dessous, mais je vous conseille de faire comme moi, de la lire sans regarder de quoi ça parle. Le titre est déjà suffisamment évocateur, et elle ne fait que 15 pages, vous ne perdrez pas beaucoup de votre temps.
 
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Veille de Noël. Chrissie fait ses derniers achats dans l’effervescence de Londres.
Pour Noël, elle reçoit sa belle-mère. Alors que, sur ordre de son mari, elle se met en quête d’un parfum introuvable et du seul fromage que tolère sa belle-mère, sa rencontre avec un chauffeur de taxi lui ouvre les yeux. Elle n’a aucune envie de passer Noël en famille cette année...
 
J’ai beaucoup aimé cette petite nouvelle, tout à fait dans l’esprit « moderne » de Noël. On ne prépare plus du tout cette fête dans les mêmes conditions qu’auparavant. La ruée dans les magasins au dernier moment parce qu’on a oublié telle chose, la préparation du dîner « en famille », la pression sociale... Vu comme ça, Noël ne fait pas rêver ! Et pourtant, est-ce que cette fête (oui oui, je le redis, même si c’est une corvée pour certains) devrait nous mettre dans des états pareils ? Est-ce normal de se laisser faire, de se conformer à ce qui est attendu, quitte à passer un mauvais moment ? Bien sûr que NON !
 
Et ce petit texte nous le montre à merveille, avec un esprit très Christmassy (l’équivalent de ce moment en français m’est inconnu). Je n’ai pas été frustrée de ne pas avoir de « suite », je pense que la nouvelle peut se suffire à elle-même. Après, si on me dit qu’il y a un roman entier consacré à Chrissie, y’a moyen que je mette mon nez dedans, parce que cette première approche de Jojo Moyes m’a fait du bien. Je me suis plu à imaginer comment Chrissie en était arrivée là dans sa vie, et même si on ne la connaît pas longtemps, non plus que le chauffeur de taxi, on en vient vite à les apprécier. Tout aussi rapidement, on en vient à détester David et Diana... La fin est agréable, donne un petit coup de fouet.
 
Très jolie découverte avec ce petit texte, exactement ce qu’il faut en cette période de Noël ! Jojo Moyes me laisse une première impression très positive, j’espère lire bientôt un de ses romans qui a beaucoup fait parler d’elle : Avant toi.
 

Mardi 23 décembre 2014 à 18:39

"Three Rings for the Elven-kings under the sky,
Seven for the Dwarf-lords in their halls of stone,
Nine for Mortal Men doomed to die,
One for the Dark Lord on his dark throne
In the Land of Mordor where the Shadows lie.
One Ring to rule them all, One Ring to find them,
One Ring to bring them all and in the darkness bind them
In the Land of Mordor where the Shadows lie."
 
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Quand le premier film de Peter Jackson prenant place en Terre du Milieu est sorti, je ne suis pas allée le voir au cinéma. En même temps, j’avais 11 ans, je ne décidais pas du programme des séances de ciné (fort rares au demeurant) et surtout cette année-là il y avait aussi Harry Potter sur les rangs. Mais un peu plus tard, le film est passé sur Canal +, et mon beau-père relativement curieux l’avait enregistré en VHS (vous la sentez la nostalgie là ?). Avec mon frère on a un peu eu les flipettes, on n’a pas particulièrement accrochés, un peu jeunes encore peut-être. Plus tard encore, le deuxième film était sorti au cinéma et on n’y était toujours pas allés, mais mes parents ont acheté  la cassette.
 
Et là, on a commencé à trouver que Le Seigneur des Anneaux, c’était un truc cool. J’ai d’ailleurs commencé ma campagne d’usure sur mes parents pour être sûre de pouvoir voir le dernier au ciné. Et j’ai décidé de me lancer dans les bouquins. Sauf que je n’avais jamais lu de fantasy à proprement parler et que j’en étais encore à des lectures « faciles ». Les classiques et moi ne faisions pas bon ménage à l’époque. Je n’avais donc même pas atteint Rivendell/Fondcombe il me semble.
 
Les années ont passé, je suis devenue de plus en plus fan des films (on a le coffret blu-ray avec les versions longues et plein de bonus qu’on a regardé intégralement), de l’univers, j’ai lu Bilbo le Hobbit quand le film a été annoncé (mais cette lecture n’avait pas été un grand succès), j’ai découvert Tolkien hors Terre du Milieu avec les Lettres du père Noël, et un jour je me suis dit qu’il était temps de me mettre aux romans, aux vrais, le canon quoi. Mon chéri m’a offert un magnifique coffret VO, et me voilà partie dans la découverte du Seigneur des Anneaux, via les deux premiers livres parus, regroupés en un volume intitulé The Fellowship of the Ring (ou La Communauté de l’Anneau, je vais essayer de mettre l’anglais et le français le plus souvent possible).
 
Je dois vous dire que j’étais un peu morte de trouille de me lancer. Et si j’arrive pas à le lire an anglais, si j’ai présumé de mes capacités dans cette langue ? Et surtout, si comme lors de ma première expérience, j’aime pas ? Vaines craintes ! J’ai adoré. Je ne dis pas qu’il n’y a pas quelques petits défauts, rien n’est parfait. Mais ce livre est génial, cet homme était un pur génie.
 
Juste pour le plaisir, je fais un synopsis, même si tout le monde connaît l’histoire je pense. Notre aventure commence donc dans the Shire/la Comté, terre des hobbits où la vie est douce mais où il ne se passe pas grand-chose. La disparition lors de sa propre fête d’anniversaire du farfelu Bilbo marque grandement les esprits, en particulier de celui de son neveu et héritier présomptif, Frodo. Gandalf, ami de longue date de Biblo et magicien, convainc le fuyard de s’en tenir à son plan initial et de laisser l’intégralité de ses biens à Frodo, y compris un certain anneau trouvé il y a des décennies lors de la grande aventure de Bilbo. Gandalf soupçonne la véritable nature de cet anneau et met en garde Frodo, qui des années plus tard va devoir à son tour quitter the Shire pour vivre sa propre aventure, autrement plus compliquée que celle vécue par son oncle...
 
"When Mr. Bilbo Baggins of Bag End announced that he would shortly be celebrating his eleventy-first birthday with a party of special magnificence, there was much talk and excitement in Hobbiton."
 
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J’ai voulu lire The Lord of the Rings dans une démarche d’en apprendre plus sur cette histoire. Certes, les versions longues sont riches en détails sur l’univers de Tolkien, mais ce n’est rien comparé aux écrits de l’auteur ! Le début m’a donc ravie puisqu’on apprend plein de choses sur les Hobbits et sur la famille Baggins/Sacquet. J’ai très vite constaté que les films, bien que très fidèles, n’étaient pas en capacité de rendre la narration de Tolkien, qui est très lente et très riche. Ça ne m’a pas gênée, je ne peux pas dire que je me suis ennuyée – mais je comprends que ça puisse être le cas pour d’autres –, par contre je dois dire que j’attendais avec impatience certains éléments qui semblent arriver vite dans les films mais qui prennent de nombreuses pages dans le roman. Traquer les différences, petites ou grandes, entre l’original et l’adaptation a été source d’un immense plaisir ! Et je dois dire que dans l’ensemble, je comprends parfaitement les choix de Peter Jackson pour son film. S’il avait tenté de coller d’encore plus près le texte original, je ne suis pas convaincue que le rendu aurait été agréable à voir, les films n’auraient pas eu un tel succès et je ne serais pas en train de vous raconter tout ça. Bref, chapeau Mr Jackson.
 
"I don't know half of you half as well as I should like; and I like less than half of you half as well as you deserve."
 
"There is a seed of courage hidden (often deeply, it is true) in the heart of the fattest and most timid hobbit, waiting for some final and desperate danger to make it grow."
 
En apprendre plus sur la Terre du Milieu a également été un délice. Certes, je ne retiens pas le quart de ce que je lis, mais l’immersion (ainsi que l’oubli des parties misérables du quotidien) est totale. Tout est cohérent, admirablement construit et détaillé, et supporté par une plume magnifique. Les descriptions sont d’une beauté à couper le souffle. J’adorais déjà les Elfes, maintenant je me demande si je ne vais pas leur vouer un culte. Mes vacances ? Un aller simple pour la Lorien, s’il vous plaît. Si ce n’est pas possible, je me conterais de Rivendell, merci bien. Ma grande interrogation en revanche porte sur les personnages. En comparaison du reste, ils sont étonnamment peu détaillés, que ce soit au niveau de leur physique ou de leur caractère. S’ils sont attachants et si on a envie de les suivre, c’est grâce à quelques scènes qui nous les rendent sympathiques (la convivialité des Hobbits est contagieuse!) ou qui ont la méga-classe, mais pour ma part, surtout grâce aux films. C’est une grande réussite de P. Jackson d’avoir, à partir des légers éléments de Tolkien (notamment certains dialogues), mis à l’image des personnages inoubliables. Il est tout de même aisé avec le texte de Tolkien de se sentir proche de la Communauté. On les suit de près, on est dans l’expectative avec eux du prochain obstacle ou de la prochaine merveille. Le lent démantèlement de la compagnie après [spoiler alert !] la mort de Gandalf [vous le saviez quand même ?] m’a bien fait mal au cœur.
 
    "'I wish it need not have happened in my time,' said Frodo.
    'So do I,' said Gandalf, 'and so do all who live to see such times. But that is not for them to decide. All we have to decide is what to do with the time that is given us.'"
 
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Revenons à l’écriture maintenant. À part une ou deux fois où j’ai trouvé la grandiloquence mal venue (la réplique d’Aragron après la sortie de la Moria m’a paru vraiment ridicule), voire un peu kitsch, toute ma lecture a été magique. Quel talent ! La plume de Tolkien est vraiment extraordinaire. Il a son vocabulaire fétiche, propre à créer une ambiance à lui que j’ai trouvé délicieuse. Dans mon canapé ou dans mon lit, au chaud avec le livre à la couverture de cuir entre les mains, l’odeur du papier, j’étais vraiment ailleurs. Passées les premières pages un peu difficiles parce que j’ai eu besoin de m’adapter au rythme des phrases, au vocabulaire spécifique et à la minutie de l’écriture (et à la toute petite rikiki police aussi), je n’ai plus éprouvé aucune difficulté à lire en anglais. La langue de Tolkien n’est pas plus difficile que celle de Jane Austen par exemple, ou des sœurs Brontë. Elle est assez simple au final, en tout cas pas du tout aussi complexe qu’on peut le croire. Je ne le recommande pas si vous n’avez jamais lu en anglais bien sûr, mais si vous êtes assez à l’aise dans cette langue et/ou que, comme moi, vous connaissez déjà la trame principale par cœur, ce roman n’est pas difficile à lire et surtout c’est un bonheur.
 
"The face of Elrond was ageless, neither old nor young, though in it was written the memory of many things both glad and sorrowful. His hair was dark as the shadows of twilight, and upon it was set a circlet of silver; his eyes were grey as a clear evening, and in them was a light like the light of stars. Venerable he seemed as a king crowned with many winters, and yet hale as a tried warrior in the fullness of his strength. He was the Lord of Rivendell and mighty among both Elves and Men."
 
Je me rends compte que je n’ai pas dit grand-chose de l’histoire en elle-même. Eh bien, j’aime la façon dont elle est déroulée calmement, dont chaque chose semble à sa place (c’est un truc de Hobbit ça, non ?) mais sans nous laisser suivre une trace linéaire et ennuyeuse. Au contraire, Tolkien était audacieux, il a écrit des choses comme personne ne l’avait fait avant lui. Sa maîtrise de la narration est époustouflante, par exemple avec l’usage qu’il fait des rêves. Souvent cet artifice me gonfle dans les romans, c’est souvent mal utilisé et ça fait très cliché, mais pas là. C’est subtil, c’est fin, et ça demande au lecteur de réfléchir, de s’investir dans sa lecture. Si Tolkien arrête à un moment ses descriptions, c’est pour mieux nous laisser imaginer le reste. Je ne trouve pas qu’il soit descriptif dans le sens de certains grands romanciers français du XIXème (Balzac, si tu nous regardes). Il met en route notre imagination, à nous de saisir le cadeau qu’il nous fait. Et puis, il a de l'humour, en témoignent surtout les premiers chapitres ! Il navigue très bien entre des passages comiques et des passages plus sombres, où la menace des Neuf se fait sentir par exemple.
 
"Time doesn’t seem to pass here: it just is."
 
Concernant les personnages, j’en ai adoré trois : Gandalf, Elrond et Galadriel. Je les ai trouvés particulièrement intéressants. Dans les films, j’ai tendance à préférer Legolas, Galadriel (elle est tellement cool cette nana !) et Aragorn. Ce premier volume est très centré sur Frodo. Les autres personnages ne sont donc pas encore très creusés, on a rarement accès à leurs pensées. Je ne doute pas que les volumes suivants changeront cet aspect ! J’ai en tout cas beaucoup apprécié de voir de plus près les relations qu’entretiennent les personnages, qui ne sont pas forcément présentées de la même manière dans les films. Par exemple, j’ai été très étonnée de voir que Boromir et Aragorn s’entendent bien ! Dans le film, il m’est vraiment difficile d’aimer Boromir, alors que là il est plutôt sympa, si on met de côté qu’il râle souvent et son petit pétage de câble à la fin.
 
    "All that is gold does not glitter,
    Not all those who wander are lost;
    The old that is strong does not wither,
    Deep roots are not reached by the frost.
    From the ashes a fire shall be woken,
    A light from the shadows shall spring;
    Renewed shall be blade that was broken,
    The crownless again shall be king."
  
Oh my, je me suis légèrement laissée emporter, en plus tout est dans le désordre. J’espère tout de même que mon enthousiasme dans cette chronique vous confirmera l’immense coup de cœur que j’ai eu pour cette première partie de The Lord of the Rings ! J’ai affreusement hâte de lire le volume suivant, qui est un peu plus court, mais je vais attendre un peu. J’espère le lire courant 2015, puis terminer l’année avec le dernier volume et profiter de 2016 pour creuser dans les Appendices (oui, je prévois loin). Si comme moi vous ne vous êtes jamais lancé de peur de 1) abandonner au bout de quelques dizaines de pages (et éventuellement de vous sentir ridicule de ne pas y arriver) et 2) ne pas aimer, je vous le dis, ces inquiétudes n’ont pas lieu d’être ! Il faut oser, un voyage pareil ça ne se regrette pas ! (Enfin, pour ma part bien sûr, je sais que des gens n’y arrivent vraiment pas avec Tolkien, mais chacun ses goûts, donc vous pourriez aussi bien en ressortir ravi comme moi !)
 
"You will give me the Ring freely! In place of the Dark Lord you will set up a Queen. And I shall not be dark, but beautiful and terrible as the Morning and the Night! Fair as the Sea and the Sun and the Snow upon the Mountain! Dreadful as the Storm and the Lightning! Stronger than the foundations of the earth. All shall love me and despair!"

Lundi 22 décembre 2014 à 16:14

Avec Fanny, nous continuons notre approfondissement de l’univers de Daphné Du Maurier avec Mary Anne, un roman un peu particulier, puisqu’il s’agit d’un livre qu’on peut dire historique – il se base sur des faits réels – mais aussi à intrigues, et enfin un roman « familial », car Daphné Du Maurier descend de Mary Anne Clarke par une fille de cette dernière.
 
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Mary Anne, née Thompson, a commencé sa vie à la fin du XVIIIème siècle très bas dans l’échelle sociale. Sa mère, issue de l’illustre clan MacKenzie (oui oui, comme dans Outlander !), a fait un remariage désastreux avec Bob Farquhar et élève ses enfants dans une impasse crasseuse de Londres. Mary Anne grandit bercée des histoires d’avant, où les richesses foisonnent. Maligne et plutôt mignonne, elle va ruser, puis intriguer, comploter pour s’élever dans la hiérarchie sociale, mais à quel prix ? Obtiendra-t-elle ce qu’elle désire pour elle et ses enfants ?
 
Daphné Du Maurier est décidément l’un des écrivains les plus étonnants que je connaisse ! Chacun de ses livres est une surprise. Mary Anne ne ressemble à aucune autre de ses héroïnes. Forte, entêtée, très maligne, il est pour elle hors de question de se contenter de ce que sa mère et son époux ont à lui offrir, non plus que de se plier au monde d’hommes dans lequel elle évolue. J’ai admiré son courage et sa détermination, et j’ai compris sa volonté de donner le meilleur à ses enfants – même si je désapprouve sa préférence pour son fils… Elle a des comportements et des points de vue parfois très féministes, mais c’est une femme de son époque : il ne lui vient pas à l’esprit de changer la condition de ses semblables, et assurer l’avenir de son fils est primordial pour elle, au détriment de ses deux autres enfants.
 
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Le problème majeur que j’ai rencontré dans ce livre est mon manque d’empathie envers les personnages. Or, je viens déjà de lire un roman où j’avais eu le même souci (La Dame du manoir de Wildfell Hall). J’ai généralement besoin de m’identifier et/ou de m’attacher aux personnages pour aimer un livre, et ici cela fait un peu défaut. Au début, j’aimais bien Mary Anne, mais rapidement je l’ai moins appréciée, même si j’ai continué à m’étonner de sa force de caractère et occasionnellement à l’admirer. Les personnages secondaires ne sont pas très sympathiques non plus. Son entourage familial est déplorable (son frère mérite des baffes à longueur de temps, sa mère est une chiffe molle…), ses amis sont des faux-jetons, à part Bill qui lui reste fidèle mais qui ressemble assez à un mollusque humain, et la pléthore des autres personnages sont généralement des intrigants de fort mauvais augure ou absolument ridicules.
 
Par contre, j’ai trouvé le contexte politico-historique assez captivant. Alors oui, il faut connaître un peu l’époque pour s’y retrouver, sinon c’est galère. Je suis bien contente d’avoir lu il y a quelques mois The Royal Line of Succession de Hugo Vickers, qui m’a aidée à suivre sans problème. Les personnages étant très nombreux, il faut faire soi-même le tri entre ceux qui ne font que passer et ceux qui restent importants pour le roman ou dans l’Histoire.
 
J’ai en tout cas appris pas mal de choses, et je comprends maintenant pourquoi Jane Austen a fait le choix de ne parler que de la vie de la gentry ! Celle de la haute société est affreusement compliquée, teintée de scandales quasi-quotidiens, assez rébarbative, et déprimante… Ça n’a pas changé de nos jours, en même temps. En tout cas, ça ne correspond pas au caractère et aux aspirations de notre chère Jane ! Pour ma part, j’ai trouvé cela intéressant dans la mesure où ça éclaire ce que je sais de cette période et où c’est porté par l’écriture et le sens de la narration de Daphné Du Maurier. Je regrette seulement de ne pas savoir exactement où s’arrête l’Histoire et où commence la fiction !
 
Ce n’est pas vraiment joyeux, en particulier parce que dès le début on sait comment ça va finir. Le roman commence à la fin, puis le deuxième chapitre reprend les choses dans l’ordre. Les 600 pages m’ont paru longues en partie à cause de ça et du fait que les persos ne sont pas agréables. Néanmoins, à aucun moment je ne me suis ennuyée ni n’ai envisagé d’abandonner. J’ai juste pris davantage le temps de le lire, pour éviter de m’écœurer.
 
Ce n’est pas le roman que je conseillerais pour découvrir Daphné Du Maurier. En revanche, si vous l’appréciez déjà, ou si vous aimez les intrigues politiques et/ou la période georgienne, vous aimerez certainement Mary Anne !
 
 

Dimanche 21 décembre 2014 à 10:00

Pour la dernière fête païenne de notre année civile, c’est Marianne Stern, avec sa nouvelle Noces sanguines au cœur des ténèbres, qui nous livre son interprétation de Yule.
 
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Jaska ne se sent pas de partager les réjouissances de Yule avec les autres. À Saariselkä, il est tradition de le fêter avec banquet et beuveries, et les hommes d’offrir une couronne de houx à la femme avec qui ils aimeraient passer la nuit. Mais Jaska aimerait passer plus qu’une nuit avec Jaana, et surtout il craint que les faits divers sordides survenus l’année passée se renouvellent…
 
Je ne connaissais pas encore la plume de Marianne Stern, ma sa gentillesse en salon m’a poussée à acheter Les Chroniques d’Oakwood lors de promotion sur les versions numériques au Chat noir. Eh bien c’était une excellente découverte ! J’ai adoré sa plume, elle écrit très bien et sait sans souci nous emporter avec elle dans son histoire.
 
Elle maîtrise également très bien les codes de la nouvelle : comment nous donner envie d’en savoir plus dès les premières pages, nous mener sur une fausse piste au milieu, puis nous laisser sur la chute. Elle mélange habilement le moderne et les anciennes traditions. Je trouve que son intrigue prend le pas sur le folklore qui sert de toile de fond, mais cela ne m’a pas dérangée, et elle a tout de même apporté plusieurs éléments à sa nouvelle qui se rattachent à Yule et aux coutumes entourant la célébration du solstice d’hiver.
 
Donc une excellente découverte pour moi, j’ai hâte de découvrir Marianne Stern dans un format plus long ! Et pour finir, quelques paragraphes sur Yule, tous trouvés chez Wikipédia.
 
Yule est une fête d'hiver, anciennement une célébration païenne pour les peuples germaniques. Elle a été associée aux fêtes de Noël dans les pays nordiques depuis la christianisation des peuples germains et scandinaves. C'est aussi une fête wiccane et néo-païenne.
 
Selon toute vraisemblance, il s'agit d'un mot scandinave associé à l'hiver. Jol était le nom de la fête de la mi-hiver ou Jólablót, dont on discute encore pour savoir si elle avait lieu à l'occasion du solstice d'hiver ou à la mi-janvier.
 
Le "blót" était l'invocation des dieux à but propitiatoire, et on faisait alors des sacrifices pour appeler la bénédiction des dieux sur les récoltes à venir. Le dieu attaché à Jol était Jólner, l'un des nombreux noms d'Odin.
 
La fête s'observe en commémorant la mort du "Holly King" (Roi de houx) qui meurt tué par son successeur le "Oak King" (Roi de chêne). Ce sont tous deux des dieux-arbres. On retrouve aujourd'hui à Noël les couronnes de gui, une idée reprise par le christianisme. Il existait la couronne horizontale, d'origine scandinave ou germanique, qui portait 4 bougies. Chaque dimanche il était coutume d'allumer une nouvelle bougie, ce qui symbolisait la renaissance de la lumière. Rouge le plus souvent, les couleurs des bougies variaient cependant selon les régions. Les symboles de Noël sont inspirés de cette fête (sapins, gui, houx et cadeaux…).
 
Dans la mythologie nordique, Yule est le moment de l'année où Heimdall (de son trône situé au pôle Nord) accompagné des Æesirs revient visiter ses enfants, les descendants de Jarl. Ils visitent ainsi chaque foyer pour récompenser ceux qui ont bien agi durant l'année, et laissent un présent dans leur chaussette. Ceux ayant mal agi voyaient à l'aube leur chaussette emplie de cendres. Yule est aussi une fête où les gens de leur côté, et les dieux du leur, se rencontrent pour partager un repas, raconter des histoires, festoyer et chanter. Le Yule est célébré chaque année le 21 décembre.
 
Durant la nuit de Yule, les habitants sortaient les balais hors des maisons afin que les sorcières puissent se rendre au sabbat du mont Broken, présidé par le Vieil Eric, autre nom employé pour désigner le diable. Si les sorcières ne trouvaient pas de balais disposés à leur intention, elles s'en allaient vers les étables, où elles volaient bœufs et chevaux. Pour faire fuir les mauvais esprits, des coups de fusils étaient tirés vers le ciel. Les habitants préparaient un grand festin, appelé « le banquet de Yule », dont les restes étaient laissés aux démons. Tout au long de la nuit, la porte de l'office demeure ouverte, dans le but de permettre à la fée Huedren, la femme des bois, de venir se restaurer. Il en va de même avec le julenisse, pour qui l'on prélève toujours un peu de julegroden, la bouillie de Noël. Cette portion est généralement placée au pied de la cheminée, ou à l'entrée de la grange.
 
Durant cette fameuse nuit du solstice d'hiver, il est dit que les cieux résonnent du bruit des cavaliers accompagnant Odin dans sa chasse d'Ásgard. Ces cavaliers sont des défunts qui, n'ayant pas commis d'assez grands péchés au cours de leur existence, ne sont pas admis en enfer, mais qui n'ont pas non plus eu une conduite assez exemplaire pour mériter l'accès au paradis. Leur châtiment est alors de galoper jusqu'au Jour du jugement, montés sur des chevaux noirs aux yeux flamboyants.
 
Certaines de ces traditions a malheureusement été détournée par Himmler. La « fête de Iulz » faisait partie du rituel SS, se déroulant durant le solstice d'hiver. Cette célébration était destinée à supplanter la fête de Noël et pensée comme une occasion de se livrer à une sorte de culte des ancêtres.
 
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Voilà, c’est fini… Ça a été une très chouette expérience que de faire cette LC sur toute l’année, de confronter mes impressions sur les nouvelles avec celles des autres participantes. J’ai aussi appris plein de choses sur les fêtes païennes, j’en ressors plus intéressée par ces mythes et désireuse de continuer mon exploration dès que possible ! Merci beaucoup à Dawn pour l’idée et l’organisation. Elle propose une nouvelle LC pour 2015, je pense que vous pouvez encore vous inscrire et voter pour le recueil que vous aimeriez lire. C’est sur Facebook, à cette adresse. Personnellement je ne le ferai pas cette année, car courant 2014, il m’est arrivé plus d’une fois de me sentir frustrée de ne pas pouvoir enchaîner les nouvelles lorsque ma lecture était agréable ! Je vous conseille en tout cas de tenter ce genre d’expérience, c’est très chouette !
 

Samedi 20 décembre 2014 à 14:39

Chris Colombus, allié à John Williams pour la musique, est vraiment un incontournable des films pour enfants, et on sait bien que ce genre de films est parfait pour la période de Noël, surtout sa duologie Home Alone, rebaptisée en français Maman j’ai raté l’avion.

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Kevin se dispute avec sa famille la veille de leur départ en vacances, juste avant Noël. Ce qui devait arriver arriva : dans la précipitation du départ, Kevin est laissé derrière (ou prend le mauvais vol dans le deuxième film, Lost in New York). Il se retrouve face à deux cambrioleurs pas très futés, mais aussi pas très gentils…
 
Les versions DVD sont vraiment bien restaurées, je trouve que les films ne vieillissent pas beaucoup contrairement à d’autres. C’est so 90’s dans les vêtements, les gags etc, mais ça reste frais, drôle voire hilarant (un peu too much parfois mais on pardonne !), et adapté à toute la famille.
 
L’ambiance de Noël est omniprésente (faut pas être allergique aux lumières et aux décos kitsch, c’est très américain !), avec les traditions qui vont avec (les Christmas Carols, la visite d’un magnifique magasin de jouets, le sapin, les illuminations…). C’est mignon et plein de bons sentiments, bref ça colle parfaitement à l’ambiance des fêtes de fin d’année. Par rapport à d’autres films destinés aux enfants, je trouve ça plutôt intelligent. Même si Kevin est un peu tête-à-claques, il fait rire les gosses et leur fait prendre conscience qu’il est important d’être gentil avec les autres (même avec le grand frère débile) et que tant qu’on est petits, on a besoin de ses parents. Il est aussi malin comme un singe, attention aux idées de farce que nos têtes blondes pourraient trouver grâce à lui !
 
Si vous n’avez jamais vu ces deux films ou ne les avez pas vus depuis longtemps, je vous les conseille, c’est le bon moment !
 

Vendredi 19 décembre 2014 à 18:08

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Cet été, j’ai lu le premier tome du Labyrinthe de James Dashner parce que j’avais assez envie de voir le film. La lecture n’a pas été un succès, alors j’espérais mieux du long-métrage...
 
Thomas se réveille dans une boîte qui monte. À destination, il est « accueilli » par des adolescents qui vivent au Bloc, un espace libre situé au milieu d’un dangereux labyrinthe. Pourquoi sont-ils là ? Peuvent-ils en trouver la sortie ?
 
Autant le dire d’emblée : j’ai trouvé ça presque aussi bof que le livre. La réalisation n’est pas trop mal, visuellement c’est réussi, mais ça ne suffit pas pour faire un bon film... La musique essaie de nous « guider » (Là ! Aie peur ! Là ! Sois surpris ! Là ! Sois ému !), mais en vain pour ma part. Je ne peux pas dire que les acteurs jouent mal, mais les pauvres, leurs personnages n’ont aucune consistance, donc forcément c’est difficile de livrer une belle prestation...
 
Malgré plein de petits changements dans le scénario par rapport à la trame du livre (mais le fond ne bouge pas d’un pouce, si cela peut rassurer les fans qui n’ont pas encore vu le film), l’histoire m’a paru tout aussi inconsistante et inintéressante. Il manque des détails qui ont leur « importance » dans le roman, mais globalement c’est bien fidèle, ce qui explique sûrement que je me suis presque autant ennuyée qu’à la lecture du roman. Mon chéri ne connaissait pas et a trouvé le temps long également...
 
Je ne sais pas quoi dire de plus, The Maze Runner est une crêpe qu’on a lancé dans les airs pour se la péter et qui s’est explosée sur le carrelage. J’espérais la même bonne surprise qu’Hunger Games, saga dont je n’ai pas aimé les livres mais dont les films me plaisent bien, mais non. La question qui demeure est : serai-je maso au point de lire et voir la suite ou pas ? Le film sûrement, y’aura Littlefinger dedans, mais les livres...


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Mercredi 17 décembre 2014 à 18:01

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Dans l’idée je pense de promouvoir à l’époque la sortie des premiers tomes de Negima !, Pika avait publié un tout petit manga pour 1,50 € intitulé My Santa de Kean Akamatsu, également auteur de Love Hina.
 
Un jeune homme est seul, assis sur un banc en ville, le soir de Noël. Une jeune fille l’aborde et lui propose de passer la nuit avec lui…
 
Le style de dessin n’est pas le plus joli qu’on trouve, surtout que cette histoire courte de 40 pages date de 1998 au Japon. Les dessins faits plus tard par le mangaka sont plus réussis (Negima ! était joli, mais j’ai décroché en cours de série, l’histoire partait dans tous les sens). Ce ne sont donc pas les planches qui rendent cette histoire sympathique, mais bien le côté de Noël décalé, réinterprété ici en Mai, une jeune fille un peu excentrique. C’est plein de bons sentiments, très japonais (n’attendez pas à voir telle ou telle tradition de Noël mise en avant, ce n’est pas le but recherché), avec de l’humour, mais là aussi particulier aux Japonais.
 
Je ne l’avais pas relu depuis… 2006 je pense, l’année où il est sorti, donc je ne m’en souvenais pas, et j’ai trouvé ça très rigolo, je pense que ça pourrait plaire à certains d’entre vous ! Par contre, je ne sais pas s’il se trouve encore facilement.
 

Mardi 16 décembre 2014 à 18:31

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J’aime bien les BD Astérix, donc j’essaie de suivre les adaptations qui en sont faites, et on n’a pas manqué avec chéri d’aller voir la dernière adaptation animée du Domaine des dieux, surtout avec Alexandre Astier en co-réalisateur.
 
Résumé Allociné : Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur. Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de tactique : puisque ses armées sont incapables de s’imposer par la force, c’est la civilisation romaine elle-même qui saura  séduire ces barbares Gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains. : « Le Domaine des Dieux  ». Nos amis gaulois résisteront ils à l’appât du gain et au confort romain ? Leur village deviendra-t-il une simple attraction touristique ? Astérix et Obélix vont tout faire pour contrecarrer les plans de César.
 
Cette adaptation tranche agréablement avec les deux dernières qui sont sorties, et qui étaient franchement pas terribles, voire carrément nazes à mon avis (Aux Jeux Olympiques était vraiment ridicule et Au service de sa Majesté était un beau raté dans son genre). L’animation est très belle (à part peut-être sur les cheveux, un peu genre casque Playmobil), j’ai adoré regarder les détails de la forêt armoricaine. Les dialogues sont savoureux, et le mélange entre le style plus moderne d’Alexandre Astier et l’ancien de Goscinny et Uderzo est très réussi. On a ri plus d’une fois. Il y a des gags et blagues pour tous les goûts, pour les petits et aussi pour les adultes (un enfant ne comprendra pas le « Je vous ai compris ! » d’Abraracourcix, mais nous si !).
 
Le casting pour les voix est réussi également. Partout on retrouve la pâte d’Alexandre Astier, et ça n’a pas été pour me déplaire. La musique est plutôt sympa. Le film est court et passe vite et agréablement, on est ressorti de la séance très contents. J’aimerais bien relire la BD. Le film est fidèle à « l’esprit Astérix » mais je suis curieuse de voir ce qui a été repris et ce qui a été changé/rajouté/enlevé.
 
Conclusion : enfin une bonne adaptation de notre petit Gaulois préféré !
 
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Lundi 15 décembre 2014 à 18:03

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J’avais suivi cet été d’un œil distrait l’arrivée de la série Outlander, adaptée de la série de romans du même nom écrite par Diana Gabaldon. N’ayant pas lu les bouquins, et ne les connaissant pas avant l’annonce de la sortie de la sérié télé, je ne me sentais pas pressée de la regarder. Vous savez ce que c’est, quand on entend trop parler de quelque chose, on peut devenir méfiant ! J’ai donc laissé l’euphorie générale sur Facebook avant de me lancer. J’avoue avoir hésité à lire le premier tome d’abord, mais je n’étais pas sûre d’aimer, en particulier le côté « romance », et vu que les bouquins sont très gros, j’ai choisi la facilité en commençant avec la série adaptée.
 
Après la Seconde Guerre mondiale, Claire et son mari Frank Randall profitent d’une seconde lune de miel en Écosse, du côté d’Inverness. Frank s’occupe aussi en creusant dans la généalogie de sa famille. L’un de ses ancêtres, « Black Jack » Randall, était un officier de l’armée anglais pendant la dernière révolution jacobite dans la première moitié du XVIIIème siècle. Ils visitent différents monuments des environs, dont un cercle de pierres appelé Craigh na Dun. Claire y revient seule, attirée par le côté mystique du lien. Lorsqu’elle pose la main sur l’une des pierres, elle est emportée à travers le temps, jusqu’en 1743. Elle tombe aussitôt sur l’ancêtre de son mari qui l’attaque. Elle est sauvée par une bande d’Écossais, mais ces hommes craignent bien vite qu’elle soit une espionne anglaise et l’emmène à MacLeoch Castle, la demeure du Laird des Mackenzie.
 
Ce synopsis couvre globalement le premier épisode. Je l’avais trouvé un peu lent, et si j’avais apprécié de découvrir Claire (Caitriona Balfe), Frank (Tobias Menzies, vu en Edmure Tully dans GoT)) ne m’avait pas plu. Par contre, dès le début la musique et la réalisation m’avait emportée et conquise. On a traîné un peu avant de mettre le deuxième épisode, et ensuite on a tout enchaîné, complètement accros ! On découvre davantage Claire, une femme d’une trentaine d’années, forte tête, intelligente, avec d’excellentes compétences médicales et un sens aigu du bien et du mal, mais qui se rend compte que la situation en Écosse est loin d’être simple.

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On apprend petit à petit à connaître les hommes qu’elle fréquente au quotidien : Colum, le Laird ; Dougal (Graham McTavish, Dwalïn dans The Hobbit), son frère et bras droit, chef militaire qui va faire surveiller la possible espionne de très près ; des gars comme Rupert, Murtagh, Angus ; et bien sûr Jamie (Sam Heughan), le neveu du Laird qui vit sous un faux nom depuis que sa capture est mise à prix par les Anglais et qui s’attache à Claire après qu’elle l’a soigné. On rencontre aussi Mrs Fitz, qui gère l’intendance du château, et Geidis (Lotte Verbeek, vue en Giulia Farnese dans la série The Borgias), une apothicaire.

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Franchement, tous les persos sont intéressants, qu’on les aime ou pas. Personnellement, j’ai un mal fou avec Frank, et je n’arrive pas à concevoir que Claire puisse l’aimer. Qu’elle veuille retourner à son époque, ça me paraît logique, mais je n’arrive pas à m’attacher à leur couple (je préfère de loin l’autre « prétendant » de Claire !). Alors en plus quand on découvre le fond du personnage de Black Jack Randall, je ne peux plus… J’adore Claire, même si plus d’une fois j’avais envie de lui dire de fermer sa bouche ! C’est une vraie têtue, impossible de la faire taire même quand elle devrait s’arrêter. C’est très agréable d’avoir un personnage mature et imparfait, qui plus est une vraie femme qui s’assume en tant que telle, avec ses opinions, sa sexualité, ses défauts…

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Le contexte historique est en plus super bien rendu, même s’il me semble avoir vu de-ci de-là des petites erreurs, mais faudrait que je vérifie. Les explications permettent de bien appréhender les problématiques de l’époque sans ennuyer le spectateur. Le mélange des genres opéré par Diana Gabaldon est une vraie réussite (pour ce que j’en ai vu), et la mise en image par le réalisateur est superbe. Pour moi, impossible d’être insensible, j’étais passionnée chaque minute. Je suis en plus complètement tombée sous le charme de Jamie et des Highlanders. Le kilt, c’est la méga classe dans sa version originale (je n’avais pas trouvé ça très joli quand je suis allée en Écosse, mais là avec les tartans et le reste de la tenue, y compris le chapeau tout mimi, j’adore !). Il y a de nombreux passages en gaélique, ça crée une ambiance géniale, et les mots qui roulent sont tantôt rigolos tantôt sexy (quand c’est Jamie qui les dit bien sûr !).
 
Donc oui, un coup de cœur pour cette série. Je ne peux pas parler du côté adaptation, mais à présent je suis bien décidée à me lancer dans les bouquins en VO (je trouve la VO sous-titrée anglais de la série facile à suivre, donc je vais tenter). Quand j’aurai lu le premier tome, je ferai dans ma chronique un topo sur la fidélité de la série. Ça m’a l’air bien parti, parce que j’ai fait ma curieuse et quand j’ai cherché dans le livre où s’arrêtait la première partie de la saison, je n’ai pas eu de mal à retrouver le chapitre en question. Affaire à suivre !
 
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Dimanche 14 décembre 2014 à 14:28

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Je regrette de ne pas avoir écrit ma chronique sur Belle dès que j’ai terminé le film, car maintenant je ne sais plus trop ce que je voulais en dire dans le détail…
 
Dido est ce qu’on appelait fort gentiment une mulâtre. Sa mère était une esclave noire, mais son père est un blanc Britannique, membre de l’Armée et issu d’une bonne famille qui plus est. Lorsque la mère de Dido meurt, il reconnaît sa fille et la ramène avec lui chez son oncle, Lord Chief Justice. Elle grandira chez lui, en compagnie de son épouse, d’une autre de ses tantes et d’une cousine blanche mais désargentée, Elizabeth. Lorsque vient le temps de sortir les filles dans le monde, Dido ne peut plus ignorer sa différence, surtout que son oncle a à juger d’une affaire impliquant des négriers…
 
J’ai adoré ce film, j’ai vraiment passé un excellent moment devant ! Globalement, tout est très chouette : le contexte historique, les acteurs, la musique, les décors… Les personnages sont attachants pour certains et impossible à encadrer pour d’autres (Tom Felton a toujours des rôles de b*t*rd le pauvre !). Personnellement l’émotion a été au rendez-vous, j’étais complètement prise dans le film. Y’a peut-être qu’Elizabeth qui m’a un peu laissée de marbre, je l’ai trouvée assez cruche et l’actrice n’était pas la meilleure du casting.
 
Le film fait vraiment réfléchir et aborde la question de la fin du système esclavagiste sous un autre aspect. Ça remet les choses dans leur contexte et contribue à désacraliser les Britanniques, dont on ne parle pas souvent à ce sujet mais qui avaient de belles parts dans l’affaire aussi.
 
La romance est choupinette comme tout. Je n’adhère pas tout à fait à la tête de l’acteur, mais son caractère était exactement le genre qu’on aime ! J’ai aussi trouvé qu’il y avait pas mal d’humour. Certaines répliques sont excellentes (tiens, dans ta face ‘spèce de raciste !), et c’était sympa d’équilibrer comme ça pour ne pas livrer un film dégoulinant de pathos et de sentiments mièvres.

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Le seul truc qui me chagrine (bah oui, faut bien que je râle un peu !), c’est que quand on est une vilaine petite curieuse comme moi et qu’on fouille sur internet, on se rend compte que certes, des détails sont véridiques, mais que tout ça a été joliment brodé, arrangé en tranchant dans le lard de l’Histoire… et très romancé. Le film aurait peut-être pu être plus frappant, plus marquant s’il n’y avait pas eu d’histoire d’amour. Enfin, je ne vais pas me plaindre, ça fait un film choupi de plus à ajouter à ma liste de films qui remontent le moral !

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[Tableau de 1779 représentant Dido Elizabeth Belle (1761–1804) et sa cousine Lady Elizabeth Murray (1760–1825), artiste inconnu, qui a inspiré le film. Comment ? Regardez le film pour le savoir ^^ Apparemment il se trouve actuellement en Écosse à Scone Palace, mais je ne me souviens pas de l'y avoir vu et les photos étaient interdites.]

Voili voilou, regardez Belle

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