sans-grand-interet

Qu'il est bon d'être futile !

Samedi 17 janvier 2015 à 16:36

Toujours pendant les vacances (j’ai pris beaucoup de retard dans mes chroniques !), j’ai lu un roman qui avait beaucoup fait parler de lui : Avant toi, de Jojo Moyes. J’ai décidé de me lancer après avoir apprécié sa petite nouvelle de Noël gracieusement offerte par Bragelonne.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/Avanttoi.jpg
Lou (Louisa) aimait vraiment bien son travail dans un petit café de sa ville anglaise natale, mais du jour au lendemain le patron ferme boutique, et là c’est le drame. Sans qualification particulière, encore hébergée par ses parents, dans une relation amoureuse qui stagne, le chômage est difficile à vivre. Contre toute attente, elle est recrutée comme aide-soignante par Mrs Traynor, dont le fils est tétraplégique depuis deux ans. En aucun cas Will ne va rendre les choses plus faciles pour Lou.
 
J’ai beaucoup aimé cette lecture, plusieurs semaines après j’en garde un bon souvenir, mais j’avoue que des choses m’ont laissée assez perplexe, et en premier lieu les relations au sein de la famille Clarke, c’est-à-dire la famille de Lou. Ses parents lui tiennent régulièrement des propos très blessants. Elle est reléguée tout en bas de la hiérarchie familiale, au profit de sa sœur qui « aurait » mieux réussi si elle avait été à l’université, mais elle n’a pas pu, blablabla. Lou ne commence à être bien considérée que lorsqu’elle rapporte un bon salaire ! De même, sa relation avec Patrick... Comment puis-je croire qu’elle serait restée 7 ans avec un type dont manifestement elle n’a pas grand-chose à faire et avec qui elle n’a rien en commun ? L’auteure a peut-être voulu nous montrer des gens « vrais », qui n’avancent dans la vie qu’en boitillant... Cependant c’était un peu trop. Par contre, ça m’a permis de bien m’attacher à Lou et de vouloir son bonheur.
 
Jojo Moyes a très manifestement voulu créer un contraste entre les Clarke, très modestes, et les Traynor, très riches. Je n’aime jamais beaucoup la mise en avant de personnages ultra-favorisés, ici pas plus que d’habitude. Comment apprécier des gens qui n’ont aucun sens des réalités ? Et malheureusement, Will est comme ça aussi. Je n’ai pas vraiment réussi à l’aimer ; plus que Patrick, ça c’est sûr, mais ce n’est pas difficile. Je suis d’accord avec les propos qu’il tient sur le fond à Lou, mais il fait paraître leur mise en œuvre comme une simple question de bonne volonté. Dans la réalité, combien de personnes rêvent de pouvoir vivre la vie qu’il décrit sans le pouvoir pour la raison pure et simple du manque d’argent ? Ou des responsabilités qui nous incombent ? Et la toute fin du roman m’a laissée un goût semblable, un goût de « c’est trop facile » et de « je n’y crois pas ».
 
MAIS cette histoire a des allures de conte. Pas le conte de fée à la Disney, non, le conte à la Perrault plutôt, avec ses impossibilités inhérentes au genre, ses aspects lumineux et ses parts d’ombre. Une fois intégrée cette idée, je peux ne penser qu’à ce qui m’a plu dans ce roman, et c’est inconsciemment ce que j’ai fait très tôt dans ma lecture. J’ai aimé Lou et sa bonne humeur, ses idées et tenues farfelues, son comportement avec les Traynor. Il y a des ficelles un peu faciles, des choses que l’on voit venir (nan mais sérieux ? quelqu’un a-t-il cru, ou même ne serait-ce que voulu, qu’elle reste avec Patrick ?), d’autres moins, mais Jojo Moyes ne joue pas sur le suspens, plutôt sur ce que chacun a envie de faire de sa vie, quitte à bousculer un peu les questions d’éthique. Quoique, jusqu’à la fin je me demandais si Lou allait y arriver. Je me demandais comment ça allait finir pour Will et sa famille, pour Lou, pour sa sœur aussi (même si celle-ci m’a plus énervée qu’autre chose la plupart du temps !).
 
La façon dont le handicap est traité m’a plu (en dehors du fait récurrent que l’argent change beaucoup de choses...). Je n’ai pas du tout pensé à Intouchables en le lisant, mais maintenant que j’ai vu d’autres chroniques faire le rapprochement, effectivement, il y a des ressemblances. Cependant, Intouchables joue surtout sur l’humour, alors que Avant toi est plus dans l’émotion et la sensibilité, ce que l’auteure gère très bien. Je ne dis pas qu’elle n’y met pas un peu d’humour et de légèreté de temps à autres – j’ai d’ailleurs ri plusieurs fois aux réparties de Lou –, mais on est beaucoup plus sur l’autre aspect, très réussi au demeurant, vu que j’ai bien pleuré. Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est que Jojo Moyes nous expose la situation qu’elle a imaginée sans juger, sans  prendre parti. On peut être d’accord et ne pas l’être, les arguments des deux côtés sont abordés, avec chaque fois la douleur qui accompagne les décisions dans l’un ou l’autre sens.
 
En bref, ce que je veux dire, c’est que c’est une belle histoire portée par la plume de Jojo Moyes, qui nous rend facilement attachante son héroïne, nous plongeant dans sa vie et dans ses doutes, avec beaucoup d’espoir et d’optimisme et dont je garde un bon souvenir de lecture qui m’a tenue accrochée les deux jours où j’étais dessus, et ce malgré des facilités qui m’exaspèrent un peu dans les romans contemporains (l’argent à foison de l’un des personnages notamment). Je serai curieuse de voir le film, surtout si le casting dont j’ai entendu parler se confirme, et de lire d’autres romans de Jojo Moyes.
 

Vendredi 16 janvier 2015 à 18:23

Le premier tome de Fille d’Hécate, série de Cécile Guillot aux éditions du Chat noir, avait été une lecture très plaisante. J’ai donc eu envie de lire la suite, intitulée Le parfum du mal, pendant mes vacances.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/FH.jpg
Nous retrouvons Maëlys juste après la fin du tome 1. Avec Patricia, une médium, et Dorine, son amie également sorcière, elle est demandée en renfort par la police pour aider à l’élucidation d’un crime dont la mise en scène laisse penser à la présence de forces maléfiques. Effrayée par ce crime, elle va prendre très à cœur cette mission, en même temps qu’elle se jette dans le grand bain du monde du travail.
 
J’avais vu des chroniques vraiment déçues de ce deuxième tome, mais personnellement je l’ai trouvé aussi distrayant que le premier. Il n’y a qu’une seule chose qui m’a chagrinée, et je ne peux pas en parler sans spoiler... Disons que la réaction de Maëlys par rapport à un événement qui survient vers la fin du roman m’a semblé trop peu développée, de ce fait je n’y ai pas « cru », dans le sens où cette apparence de réalisme très réussie par ailleurs faisait défaut ici.
 
En dehors de ça, j’ai beaucoup aimé retrouver la jeune femme et voir comment elle avance en tant que femme et sorcière. Comme le premier tome, ce livre est très court et malgré certains aspects plus sombres, c’est une lecture que je considère comme légère : rapide et facile à lire, la plume de Cécile Guillot nous permet de nous évader le temps de dévorer ces quelques 150 pages. Je me suis très rapidement laissée emporter par la nouvelle intrigue qui nous est présentée. J’ai particulièrement aimé les éléments relatifs aux jeunes patients de Maëlys et à ses origines. La partie « policière » m’a moins accrochée, et ça tombe un peu à plat à la fin. Elle a surtout le mérite de déclencher les éléments précédents en fait !
 
J’ai aimé retrouver ce mélange de magie et de vie moderne. Dans les textes de Cécile Guillot, cela se marie très bien, ça a l’air naturel. Maëlys donne l’impression d’une vie en harmonie entre notre époque et son côté sorcière. Je lirai la suite !
 

Jeudi 15 janvier 2015 à 17:56

Après avoir relu avec délices Sense and Sensibility, j’étais super motivée pour continuer l’histoire avec un sequel de Jane Odiwe intitulé Willoughby’s Return, en VO aussi (il me semble avoir lu quelque part que Jane Odiwe allait voir certains de ses livres traduits en français, mais je ne sais plus lesquels).
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/Wr.jpg
Nous sommes quelques années après la fin écrite par Jane Austen. Margaret a l’âge de se trouver un époux, tandis que ses sœurs poursuivent leur vie maritale, sans heurt pour Elinor mais avec plus de difficultés pour Marianne. Elle voit d’un mauvais œil les visites de son époux le Colonel Brandon à sa pupille, Eliza, et la fille de celle-ci, Lizzie.
 
Ce sequel a pas mal de bonnes idées mais souffre de plein de petits défauts qui, accumulés, nuisent grandement à sa qualité globale et me laissent mitigée. Commençons par le plus important, ce que va automatiquement regarder une janéite : la fidélité au roman original. Et tout de suite ça coince. Certains personnages sont parfaitement repris, Jane Odiwe a su se les approprier impeccablement, tels qu’Elinor (qu’on voit très peu mais qui est présentée vraiment comme ennuyeuse, ne fait que sermonner ses sœurs et dont le bonheur domestique a l’air sincèrement barbant), Mrs Dashwood, Sir John, Mrs Jennings, mais aussi Mrs Robert Ferrars ou encore, plus notable, mon cher Colonel. La transition de l’admirateur discret au mari prévenant est très réussie, et je l’aime plus que jamais !
 
Là où ça n’a pas été, c’est sur Marianne et Margaret, les deux héroïnes de ce sequel. Marianne ne semble quasiment pas avoir changé, si ce n’est que dorénavant elle aime Brandon. La fin de Sense and Sensibility nous promettait une jeune femme toujours passionnée par ce qu’elle aime mais plus posée, moins à même de foncer tête baissée. Or, la Marianne qu’on a ici est bouffie d’ingratitude (j’ai encore du mal à croire que l’auteure l’ait fait parler ainsi de Mrs Jennings après tout ce qu’elle a fait pour les Miss Dashwoods ! Et le pire, c’est que ça vaut aussi pour le Colonel par moments !) et désireuse de jouer les femmes marieuses pour sa benjamine (euh, vraiment ? alors que Marianne ne supportait pas les insinuations et taquineries de la même Mrs Jennings ?). Quant à Margaret, elle aussi est « ratée ». Il est bien fait allusion une ou deux fois à son envie de voyager qui la démarquerait de ses aînées, mais à part ça elle est présentée comme un « entre-deux » qui ne ressemble finalement pas à grand-chose. Exemple : elle pense que la conduite de Marianne était mauvaise et se place donc du « côté » d’Elinor mais se comporte en fait comme Marianne et prend des risques très similaires. Je n’ai pas du tout aimé que dès le début du livre elle se déclare avoir été amoureuse de Willoughby (mais genre vraiment), avant de se rétracter quelques chapitres plus tard en disant que ce n’était qu’une amourette de gamine. Vous me direz qu’elle est si peu détaillée dans le roman d’Austen que Jane Odiwe peut faire ce qu’elle veut. Certes. Mais l’adaptation d’Ang Lee en 1995 et celle de la BBC en 2008 ont tellement marqué les janéites que je comprends mal comment on peut souhaiter faire l’impasse sur la Margaret qui est présentée, si vivante et attachante.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/Logoanglais.jpg
J’ai aussi du mal avec le traitement de Willoughby en général. À mon avis, les Dashwood sont déjà trop complaisantes à son égard dans S&S, alors même qu’Elinor a bien compris lorsqu’il présente ses « excuses » qu’il a agi uniquement par égoïsme. Il évolue encore un peu plus dans cette suite, et je pourrais y croire si les explications nécessaires accompagnaient ce changement. Quant à l’évolution de Marianne, pas mal calquée sur celle qu’elle a déjà vécu, on la voit venir de loin, de très loin... L’idée de base était pourtant alléchante : après un premier amour dévastateur, comment s’attacher de nouveau, comment éviter les comparaisons, la jalousie ? Et cela dans les deux sens, tant pour Marianne que pour le Colonel. Jane Odiwe a eu de bonnes inspirations, mais leur application est par trop bancale. Elle a aussi souhaité faire des clins d’œil au roman d’origine (la chute et la maladie de Marianne sont repris notamment, mais je ne vous dis pas dans quelle mesure), ce qui peut plaire, ou pas. Personnellement ça me laisse l’impression que l’auteure n’avait pas d’idée propre.
 
Je dois en revanche reconnaître que Jane Odiwe a fait des efforts louables. C’est loin d’être la pire austenerie que j’ai lue, et en plus elle n’est pas mal écrite. Il y a un peu trop de descriptions (les tenues, les lieux, les physiques), quand Jane Austen se concentre plutôt sur une ambiance, sur un détail (comme les yeux d’Elizabeth Bennet) plutôt que de s’étendre inutilement. Certains dialogues sont très bien rendus, avec Mrs Jennings ou Mrs Robert Ferrars par exemple. L’ensemble est assez dynamique, et si je râlais au début en voyant ce qu’étaient devenues Marianne et Margaret, j’ai fini par me prendre au jeu.
 
Finalement, j’ai plutôt apprécié Willoughby’s Return, il est simplement dommage que des éléments prometteurs soient gâchés par des écueils qui auraient facilement pu être évités. Ça reste une lecture plaisante et qui change des austeneries que j’ai lues jusqu’à présent puisqu’elle est consacrée à S&S plutôt qu’à P&P !
 
"If she could not entirely forget Willoughby, who had injured her, how could Brandon ever be freed from the memory of his first love, the woman who had been taken from him by circumstances beyond his control?"
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/ChallengeAustenien1.jpg
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/ChallengeXIXeme2.jpg

Mercredi 14 janvier 2015 à 18:27

Malgré mon grand enthousiasme pour Jane Austen, je n’ai pas beaucoup relu ses textes. Dans ses six romans majeurs, seul Persuasion avait fait l’objet d’une relecture (VF) il y a deux ans, afin de voir si mon avis sur ce roman demeurait le même. J’ai relu en VO Lady Susan l'an dernier. Avec les austeneries, j’ai aussi relu plusieurs fois le texte inachevé de Sanditon. Il était temps que je me mette à la relecture en anglais des autres romans de l’auteure, tous adorés à la première lecture (Mansfield Park m’avait laissée plus mitigée, il sera intéressant de remettre mon nez dedans !). J’ai choisi Raison et Sentiments, ou plutôt Sense and Sensibility, parce que j’avais commencé à le relire pour une correspondance avec Miss Elody. Pendant les vacances, je l’ai vraiment relu, pour mon plus grand plaisir !
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/SS1.jpg
Mr Dashwood vient de mourir. Ses biens reviennent entièrement à son fils, John, issu d’une première union, laissant sa belle-mère et ses demi-sœurs dans une situation financière précaire. Elles sont obligées de quitter Norland Park. Un cousin éloigné de Mrs Dashwood, Sir John Middleton, lui propose un petit cottage dans le Devonshire. Sans dot, Elinor et Marianne ont bien peu de chances de trouver à se marier. Pourtant, l’amour va vite s’inviter dans leurs vies.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/Logoanglais.jpg
C’est vraiment l’une de mes histoires préférées, et ce pour de nombreuses raisons (oui, cet article est de ceux où j’essaie vivement de vous convaincre de lire et d’aimer ce livre !). Commençons par les personnages. Paradoxalement, on suit davantage Elinor, l’aînée puisque nous avons accès à ses pensées plus qu’à celles de Marianne, la cadette, mais l’arc narratif consacré à Marianne est plus développé que celui consacré à Elinor. Personnellement je le comprends, parce qu’il y a beaucoup plus de péripéties pour Marianne que pour Elinor ! J’y reviendrai après.
 
Elinor donc, l’aînée, pas encore vieille fille mais à écouter son frère et l’épouse de celui-ci elle n’en est plus très loin. Calme, réfléchie, sensée et respectueuse des convenances, elle a tout de la jeune fille parfaite du XIXème. Elle sait masquer ses émotions, se comporter en société, et passe une bonne partie de son temps à s’occuper de la maison grâce à ses compétences toutes pragmatiques, en jugulant l’enthousiasme souvent peu réaliste de sa mère et de sa sœur. Le calvaire qu’elle endure une bonne partie du roman nous la rend sympathique – comment ne pas avoir pitié d’elle, qui ne mérite absolument pas ce qui lui arrive ? –, en plus de son caractère dévoué et de sa gentillesse, néanmoins je dois dire qu’elle est un peu ennuyeuse... Mis à part les moments où elle entre en joute orale avec une certaine Miss. J’étais bien contente de la voir s’indigner (intérieurement bien sûr) et se défendre face à une vraie chipie. C’est un personnage que j’apprécie et que je respecte, mais que je ne peux pas adorer.
 
Sa sœur Marianne, dont la personnalité est presque à l’opposé, me plaît infiniment plus malgré ses défauts. C’est encore une adolescente, elle a des rêves plein la tête, nourris par des lectures romantiques et des morceaux mélancoliques, en plus d’une sensibilité à fleur de peau, exacerbée dès le début du roman par le décès de son père. Son caractère est riche mais la conduit à faire des erreurs de conduite et de jugement. Son comportement est délicieusement décalé dans la société policée où elle doit évoluer. J’aime son côté presque provocateur et indifférent aux racontars. Elle a une grande confiance en elle et je ne peux m’empêcher de l’admirer, même si elle est un peu trop capricieuse au début du roman ! C’est aussi le personnage qui évolue le plus. N’étant pas parfaite, elle peut s’améliorer et le fait, à l’inverse d’Elinor qui ne bouge pas d’un iota. Je m’identifie énormément à Marianne, car comme elle j’ai commis des erreurs qui auraient pu me coûter cher, et comme elle j’ai réussi à m’en remettre et à finir avec la bonne personne. Suivre deux sœurs aussi différentes permet donc de trouver son compte, quel que soit notre type de personnage préféré.

"The more I know of the world, the more I am convinced that I shall never see a man whom I can really love. I require so much!"

"It is not time or opportunity that is to determine intimacy;—it is disposition alone. Seven years would be insufficient to make some people acquainted with each other, and seven days are more than enough for others."
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/SS1.png
Leur mère, Mrs Dashwood, est rigolote et/ou exaspérante selon les moments. Ce que j’apprécie le plus chez elle, c’est son amour infini pour ses trois filles, et sa capacité à rester jeune dans sa tête. Ce n’est pas forcément une mère idéale, car elle est trop laxiste, surtout avec Marianne, mais quelle mère est parfaite ? Je m’interroge sur les raisons qui ont poussé Jane Austen a créé la benjamine, Margaret. Elle est totalement insignifiante dans le roman. Les films lui font davantage justice. J’ai l’impression qu’elle sert surtout à rapprocher Edward et Elinor au début du roman.
 
"Yet there is something so amiable in the prejudices of a young mind, that one is sorry to see them give way to the reception of more general opinions."
 
Les personnages masculins sont aussi très variés et là encore Jane Austen nous laisse le choix. Edward peut être le pendant masculin d’Elinor, à la différence notable qu’il n’a pas sa force de caractère, en tout cas pas dans la façon dont il nous est présenté. Il s’améliore sur la fin, mais je dois dire que sa conception du devoir, partagée par Elinor, va trop loin à mon sens. Je m’efforce de me remettre dans le contexte de l’époque où ce roman a été écrit, où la religion était très prégnante, néanmoins je n’adhère pas à leur conception trop radicale. Je vais arrêter là sur ce sujet sinon je vais partir dans des considérations de philosophe du dimanche sur le bonheur et tutti quanti ! Le Colonel Brandon est indubitablement l’un de mes héros austeniens préférés. Il est extrêmement romantique, a ses blessures cachées, il est un ami attentif et prévenant, un homme sur lequel on peut compter... Son interprétation par Alan Rickman me bouleverse systématiquement ! Quant à Willoughby, je n’envie pas sa situation mais je suis loin de le plaindre et de lui pardonner comme le fond trop volontiers les autres protagonistes ! Ouais, je ne suis pas une gentille.
 
"I wish, as well as everybody else, to be perfectly happy; but, like everybody else, it must be in my own way."

"I never wish to offend, but I am so foolishly shy, that I often seem negligent, when I am only kept back by my natural awkwardness. [...] Shyness is only the effect of a sense of inferiority in some way or other. If I could persuade myself that my manners were perfectly easy and graceful, I should not be shy."
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/SS2.jpg
Les personnages secondaires sont extraordinaires, parmi les plus vivants que j’ai lus, qu’ils soient détestables, énervants ou même attachants. Sir John Middleton et sa belle-mère Mrs Jennings sont à la fois énervants et adorables. Au final, ce sont des gens biens, de ceux qu’on apprécie de voir lors des réunions de famille. L’épouse de Sir John est en revanche d’un autre genre. Je ne me souvenais plus d’elle je dois dire, et elle est vraiment déplaisante. Elle va très bien avec Fanny, la Mrs John Dashwood (la belle-sœur d’Elinor et Marianne), même si cette dernière est bien plus mauvaise ! Son mari est un lâche doublé d’un imbécile, sans le moindre tact. Le frère de Fanny Dashwood est tout aussi décérébré, et leur mère est une vraie harpie. Avec eux, il y a des baffes qui se perdent ! Mais celle qu’on exècre par-dessus tout, c’est Miss Lucy Steele. Sa sœur est une idiote qui se contente de se croire attirante et de rapporter des commérages, mais au moins elle contribue à débloquer la situation d’Elinor, alors que Lucy est une vipère, sournoise et fourbe, méchante comme une teigne et pleine de duplicité. Sa conduite envers les autres personnages est abominable. Bref, je la déteste. Elle ne paraît pas si mauvaise dans les adaptations, je trouve que la dimension qu’elle a dans le livre est beaucoup plus intéressante.
 
"He was not an ill-disposed young man, unless to be rather cold hearted, and rather selfish, is to be ill-disposed."

"As it was impossible however now to prevent their coming, Lady Middleton resigned herself to the idea of it, with all the philosophy of a well bred woman, contenting herself with merely giving her husband a gentle reprimand on the subject five or six times every day."
 
Je passe à l’histoire. Après cette relecture, je ne vois vraiment pas comment on peut dire qu’il ne se passe rien dans les romans de Jane Austen. Il y a des tonnes de péripéties ! Petites ou grandes, d’importance moindre ou capitale, elles sont en tout cas constantes et variées. On a des secrets, des révélations, des retournements de situation, et on lit avidement pour savoir comment les choses vont tourner pour nos personnages chéris. C’est généralement très détaillé, pour mon plus grand plaisir. Mon seul vrai regret est que la fin ne développe pas davantage sur Marianne. J’apprécie beaucoup le fait que Jane Austen laisse passer du temps avant de la marier (temps pas vraiment respecté dans les adaptations), mais j’aurais voulu en savoir plus sur la façon dont elle arrive à l’autel ! Le récit est en tout cas très bien construit. On suit les sœurs Dashwood pendant plusieurs mois, et ce qui leur arrive est tout à fait plausible, même si j’imagine que ce genre de happy end arrivait peu souvent. De ce fait, le récit est réaliste avec juste ce qu’il faut de plus pour y croire, et pour donner une irrépressible impression d’espoir et d’optimisme au lecteur. C’est bien pour ça que je lis Jane Austen en tout cas, pour me sentir heureuse à la fin de la lecture.
 
Et bien sûr, toutes ces qualités sont portées par l’écriture de Jane Austen, avec des monologues irrésistiblement drôles, des dialogues vivants, des personnages croqués à la perfection, un style soutenu mais absolument pas snob... Le vocabulaire n’est pas trop dur, surtout si vous connaissez déjà un peu l’époque, mais la tournure des phrases peut dérouter au début. Une fois le pli pris, c’est que du bonheur. Mes prochaines relectures seront en VO sans faute !
 
Je suis ravie de cette relecture, et je compte bien continuer avec Emma dans l’année. Je n’ai pas voulu quitter Marianne et Brandon tout de suite, il y a donc un autre article à venir sur le sequel de Jane Odiwe Willoughby’s Return. Et mon avis sur le film d’Ang Lee devrait aussi arriver prochainement. Si ça vous intéresse, vous pouvez aussi lire mon article sur la version de la BBC de 2008 !
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/ChallengeAustenien1.jpg

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/ChallengeXIXeme2.jpg

Mercredi 7 janvier 2015 à 18:51

Pour le Challenge Cold Winter, je n’avais pas d’idées particulières, alors le titre Fleur de neige, un roman de Lisa See, m’a paru coller à l’hiver, même si j’ignorais totalement de quoi parlait le roman. Il n’y avait pas grand rapport, mais je suis contente d’avoir enfin lu ce titre qui m’attirait depuis longtemps.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/Fleurdeneige.jpg
Fleur de lis et Fleur de neige sont liées par le destin. Elles sont nées le même jour, portent quasiment le même prénom, leur bandage a commencé le même jour, etc. Alors leurs familles décident de lier leurs vies, en les faisant laotong. Cette alliance élève considérablement Fleur de lis dans la hiérarchie sociale de ce coin de la Chine du XIXème siècle, mais qu’en est-il pour Fleur de neige ? Les épreuves de la vie resserreront-elles leurs liens ou au contraire vont-elles s’éloigner l’une de l’autre ?
 
Fleur de lis est notre narratrice, et par ses yeux, qui s’étonnent quelquefois mais se soumettent toujours à ce qu’ils voient, nous découvrons ce que pouvait être – ce qu’était certainement – la vie des Chinoises encore au XIXème siècle. On peut être choqué des conséquences désastreuses pour le corps et la santé des Européennes du port du corset, mais ce n’est rien à côté de la pratique du bandage des pieds à laquelle on soumettait une grande partie des petites filles Chinoises. Seules les classes très pauvres, dans lesquelles on avait besoin du travail physique des femmes, étaient « épargnées » par cette pratique, mais vivaient dans une misère noire pour la plupart. Dès lors qu’on appartenait à la classe moyenne ou aisée, il n’y avait d’espérance pour un bon mariage qu’à condition d’avoir de tout petits pieds (Fleur de lis est très fière de ses 7 centimètres) – et pour cela les pieds étaient enserrés jusqu’à ce que les os se brisent, les petites filles forcées à marcher sur leurs membres abîmés jusqu’à ce que leurs os se ressoudent, leur donnant ensuite une démarche très particulière. Une fillette sur 10 environ en mourait, des suites des infections.
 
Je ne vous cache pas que ces passages ont été très durs ! Heureusement, ils sont surtout concentrés au début. J’ai trouvé que Lisa See parvenait complètement à se mettre dans la peau de Fleur de lis. Ainsi, son personnage principal a conscience de la brutalité de cette pratique et de ses dangers, mais les accepte vite comme un moyen de s’élever socialement et comme composante de la vie d’une femme... On est donc dans un récit réaliste, où les personnages vivent avec leur époque – Fleur de lis n’est pas une femme émancipée du XXIème siècle coincée dans une Chinoise du XIXème. Cela n’empêche pas qu’elle contourne parfois le système, se bat pour des petites victoires personnelles sur le carcan imposé par la famille et réussit, globalement, à être maîtresse de sa vie.
 
La relation de ces deux femmes – car nous suivons ces deux Fleur toute leur vie – est d’une rare intensité. Là encore, je l’ai trouvée affreusement réaliste. Elle nous jette au visage nos travers, nos erreurs, nos défauts. Des petits mensonges au gros scandale, on suit parallèlement leurs deux vies, avec bien plus de détails du côté de Fleur de lis. Pourtant, certains détails manquent pour réellement s’attacher à elle, en plus du fait que sa façon de penser est très éloignée de la mienne. Par exemple, j’ai eu du mal à comprendre qu’elle fasse vivre à sa fille quasiment le même calvaire que sa mère auparavant, et je ne parle pas que du bandage des pieds. Psychologiquement aussi, ce roman est très dur. À bien des égards, les femmes ne sont rien ; et pourtant elles sont tout. Sans elles, pas d’union avec d’autres familles, pas d’alliances, pas de prestige pour de beaux atours et une maison bien tenue, et surtout pas d’enfants. Malgré tout, difficile de la « suivre » dans ses raisonnements. Mais revenons à son amitié avec Fleur de neige. J’ai été ébranlée, parce que j’ai reconnu dans le comportement de Fleur de lis des tendances qui existent chez moi. Heureusement, je suis encore à un stade de ma vie où je peux me retenir, tout faire pour ne pas me laisser aller aux mêmes errements.
 
Fleur de neige n’est pas forcément plus attachante. Un peu trop secrète, un peu trop fière, mais là encore il faut remettre les choses dans son contexte. Elle m’a toutefois fait beaucoup de peine à la fin. Sur les autres personnages, pas grand chose à dire. Certains m’ont paru vraiment odieux, comme Madame Gao, résolument vulgaire. Ce qui me fait penser que je ne suis pas sûre que je mettrai ce bouquin entre les mains d’un(e) ado. À travers les hommes et femmes qui croisent le chemin de Fleur de lis, c’est en tout cas tout un mode de vie et une époque qui sont présentés, et c’était rudement intéressant, le style de Lisa See nous emportant tout à fait. Elle dit dans la postface qu’elle a sûrement fait des erreurs. Néanmoins, on sent son travail immense, et le résultat est à la hauteur de ses efforts.
 
Un très bon roman, souvent dur, qui peut mettre mal à l’aise, parfois très beau, porté par une plume convaincante et deux Fleur qui vont me rester en tête un moment.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog2/challengecoldwinter14.jpg

Mardi 6 janvier 2015 à 19:01

Pour Noël, mon chéri m’a fait la surprise de me dénicher des vieux mangas de Clamp qui manquaient à ma collection, et en particulier les deux tomes du Voleur aux Cent Visages.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/Levoleur.jpg
 
Résumé Wikipédia (ouais, même pas honte, mais je le trouve vraiment pas mal en fait) : Akira, jeune collégien de l’école Clamp âgé de dix ans, vit avec ses deux mamans. Il a pris la succession de son père en tant que voleur. Sous le nom de « voleur aux cent visages », il vole avec classe, annonçant toujours l’heure à laquelle il va venir prendre l’objet qu’il convoite, et réussit toujours à s’enfuir au nez et à la barbe de la police.
Un soir, pour échapper à la police, il se réfugie dans la chambre d’Utako, cinq ans. Celle-ci vient de voir son amour pour un professeur bien plus âgé brisé, et s’attache à Akira.
Se rencontrant régulièrement, les deux enfants discutent de leur conception de la vie, de l’amour, …
 
C’est un manga résolument décalé, burlesque, comme Clamp School Detectives et Dukalyon, qui ont lieu également au sein de l’école Clamp. Ce sont des histoires volontairement très légères et drôles, même si je m’interroge un peu sur certaines choses... Par exemple, les mamans d’Akira n’ont aucun sens des responsabilités et encouragent leur fils à voler, mais pas pour la beauté du geste ou par nécessité, simplement par pur caprice. Il y a très peu d’éléments sur elles et sur le père d’Akira. Le fait qu’elles soient identiques me perturbe aussi...
 
Cela n’empêche pas que le manga est très mignon et aborde de manière détournée des questions quasiment philosophiques. Les Clamp trouvent toujours le moyen de parler de leur vision de la vie et de l’amour dans leurs mangas ! Comme l'indique le résumé, ce sont ici Akira et Utako qui sont leur voix. Au final, le côté Arsène Lupin du héros n’est qu’un prétexte. Cela sert de toile de fond plus qu’autre chose, même si c’est très sympatique.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/Levoleur-copie-1.jpg
 
Mis à part les mamans, j’ai beaucoup apprécié les personnages et les liens faits avec les autres séries de Clamp (ce sont les reines du cross-over !). Utako est vraiment mignonne et rigolote, très autoritaire du haut de ses 5 ans ! Le médecin de l’école est sympathique aussi, toujours présent sur les scènes d’intervention du voleur pour assister à ses prouesses.
 
Le Voleur aux Cent Visages est un manga mineur du collectif de mangakas qui a pour lui son côté mignon et absurde, avec deux-trois réflexions intéressantes sur les relations amoureuses. Il n’est pas parmi les meilleurs de Clamp mais je suis bien contente de le voir sur ms étagères !
 

Mercredi 31 décembre 2014 à 10:36

Je crois bien que cette année a été la plus prospère pour le blog depuis sa création. Selon mon chéri (qui fait souvent des sauvegardes du blog au cas où), j’ai écrit 20 pages de blog en 2014, soit environ 200 articles, majoritairement sur mes lectures mais aussi sur les sorties que je fais de temps à autres, sur des films et des séries. J’ai aussi beaucoup, beaucoup lu, en mettant à profit le moindre temps mort dans mon emploi du temps pour me plonger dans un bouquin. Je n’ai pas décortiqué toutes mes lectures, mais je peux vous dire que j’ai lu 102 romans/recueils, et un total de 223 ouvrages, ce qui inclut les romans mais aussi les mangas, BD, nouvelles indépendantes, etc. Et parmi mes lectures, il y a 15 titres en VO. Ça doit paraître ridicule, mais pour moi c’est un énorme progrès. J’étais tellement certaine d’être naze que de m’être prouvé que je peux lire en anglais (même si je suis toujours plus lente qu’en français et qu'évidemment je ne comprends pas tout), c’est une vraie réussite pour moi.
 
Du point de vue personnel, le bilan est moins reluisant, mais comme on dit il faut avoir souffert pour connaître le vrai bonheur, et je ne veux pas douter : il viendra. Il fait des visites surprises de temps à autres. Il ne veut pas encore s'installer, mais j’y crois, il va rester de plus en plus longtemps. 2014 a en tout cas été l’année de grands changements. Après 5 ans à Lille, j’ai déménagé en Normandie pour mon boulot. J’ai commencé à travailler pour de vrai, avec toutes les complications et réussites que cela peut engendrer. Je suis enfin indépendante de mes parents. Je n’irai pas jusqu’à dire que je pourrais me débrouiller seule, mais il y a du progrès. En fait, tout ce qui m’arrive de bien, je le dois à mon chéri. On a fêté nos 5 ans, j’ai encore du mal à y croire tellement c’est merveilleux. Sans lui, je n’aurai jamais supporté les épreuves de cette année. À l’heure des rétrospectives, je m’aperçois que j’ai perdu 3 personnes qui m’étaient très chères. Je suis plus lente que la plupart des gens à me rendre compte qu’une relation est terminée. Ça fait encore mal, c’est encore dur à accepter, cependant j’en sortirai sûrement grandie dans quelques mois, quand je pourrai les regarder dérouler leur vie avec calme. Ce que je souhaite pour 2015, c’est de rencontrer d’autres personnes, et d’avancer encore et encore dans ma vie, avec ceux qui souhaiteront être à mes côtés.

Cette année j'ai confectionné des tops et un flop, j'espère que ça vous plaira !
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Topfilms.jpg
 
J’ai vu et revu beaucoup de films cette année, mais il a bien fallu faire du tri sans trop me prendre la tête (les livres m’ont pris tout mon temps et mon courage !), donc je me suis concentrée sur les nouveautés, et ces trois-là sont sortis ! How to train your dragon 2 confirme qu’il est possible de faire des suites magnifiques ; The Fault in our stars que des adaptations réussies de roman existent. Quant à Belle, c’est un film d’époque atypique, soigné et avec une jolie romance, qui mérite qu’on s’y attarde plus !
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Topseries.png
 
Là aussi, on regarde beaucoup de séries à la maison, des récentes comme des moins récentes, je ne parle pas de tout sur le blog ou sur FB. J’ai donc sélectionné ces quatre-là pour les raisons suivantes. True Blood s’est achevé cette année après 7 saisons d’inégale qualité, mais cette série m’a suivie si longtemps que je n’ai pas pu la voir finir sans un gros pincement au cœur… On a commencé assez peu de nouvelles séries par manque de temps – et par flemme parfois – mais Penny Dreadful a été une chouette découverte, et on attend impatiemment la suite. J’ai eu du mal à me mettre à Outlander, mais ces 8 premiers épisodes ont été fantastiques ! Et enfin, j’ai terminé de visionner pour la première fois tout Kaamelott. Ça valait le coup d’attendre toutes ces années pour voir cette série vu à quel point j’ai aimé au final ! J'aurais aussi pu parler de Downton Abbey, de Game of Thrones, de Sherlock, mais j'ai voulu faire moins "classique" !
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Flopslivres2014.jpg
 
2014 se mesure tant à l’aune des bonnes que des mauvaises lectures. Je n’ai pas sélectionné de « mauvais livres », plutôt des déceptions, des livres qui ne m’ont pas procuré le plaisir que j’en espérais. Alex Craft m’avait été fortement recommandé en catégorie urban fantasy, et ne m’a pas convaincue. Moi qui adore Charlaine Harris, j’ai été très déçue par le premier tome d’Aurora Teagarden. L’héroïne n’est pas du tout attachante. Peter May me laissait présager de bonnes lectures après L’île des chasseurs d’oiseaux ; mais L’Homme de Lewis a confirmé des faiblesses plutôt que des qualités. La saga L’épreuve est tellement vantée que j’aurais dû me méfier ! Cette lecture a été déplaisante de bout en bout, et le film ne m’a pas davantage plu. Mérimée me restait à découvrir dans les auteurs du XIXème, et sa Vénus d’Ille ne m’a pas permis une découverte agréable. Enfin, Frankenstein est l’un de ces classiques qui n'a pas réussi à me toucher.
 
Ce top livres est complètement dans le désordre, vous me pardonnerez j’espère ! Le but est seulement de rappeler les livres de cette année qui m’ont le plus marquée. D’autres auraient peut-être mérité d’y être aussi, mais il a bien fallu en retirer quelques-uns !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Toplivres1.jpg
 
On commence avec Les Contemplations d’Hugo, ou comment poursuivre ma découverte de cet auteur tout en me réconciliant avec la poésie ! Les belles images m’a permis de découvrir Simone de Beauvoir grâce à Ptyx, merci mille fois car c’est une lecture que je n’oublierai pas de si tôt ! Soie a également été une mini-révolution dans ma vie de lectrice tant ce roman est différent. Alessandro Baricco m’a convaincue par deux fois cette année ! Merci Dolores pour m'avoir fait lire Océan mer ! 2014 a également été une année très austenienne (j’en reparlerai plus bas), en tout cas je mets ici ma découverte du dernier texte de Jane Austen que je n’avais pas lu, The Watsons, et en VO s’il vous plaît, grâce à Dawn qui m’avait offert cette édition !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Toplivres2.jpg
 
2014, ça a aussi été l’année Kate Quinn pour moi. Après l’excellent La Maîtresse de Rome, il fallait confirmer ou infirmer mon coup de cœur pour cette auteure, et c’est mille fois confirmé avec L'Impératrice des sept collines et Les héritières de Rome ! En plus elle est super sympa sur Facebook. Vivement la sortie de son prochain roman, et que je lise les autres qu’elle a écrit ! Je dois la lecture de Mille femmes blanches à Alice, merci beaucoup ! Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas immergée dans une culture amérindienne, alors que cela me passionne… Auprès de moi toujours m’a énormément plu de façon assez inattendue, je ne pensais pas du tout accrocher comme ça. Merci Craquinette !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Toplivres3.jpg
 
J’ai également continué ma lecture de la série Charley Davidson, avec un plaisir intact à chaque tome. Merci Cassie de lire tant de bit-lit et de me conseiller d’aussi bonnes choses ! J’ai enfin lu Gagner la guerre, et même si ça n’a pas été un coup de cœur, je ne peux pas ne pas être marquée une fois encore par l’excellence de Jean-Philippe Jaworski. J'ai hâte que la version poche de Même pas mort sorte ! Grâce à Miss Elody, j’ai ouvert et adoré le premier tome de Rose Morte. Allier aussi bien le fantastique et l’historique, ce n’est pas donné à tout le monde ! On reste dans l’imaginaire avec, après toutes ces années à dire « je le lirai un jour », ma lecture pour-de-vrai-en-VO de la première partie de The Lord of the Rings, coup de cœur phénoménal !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Toplivres4.jpg
 
On ne peut pas nier que 2014 a été très Brittish, avec tout ce que j’ai lu en rapport avec la Grande-Bretagne ! Les confessions de Mr Harrison fait passer un délicieux moment avec Elizabeth Gaskell. Fanny et moi avons passé beaucoup de temps avec Daphné Du Maurier, auteure de mon cœur, puisqu’on a lu pas moins de trois livres d’elle. L'amour dans l'âme était particulièrement génial ! Cet été, grâce à Alicia, j’ai essayé et adoré Letters from Skye, qui sans être un coup de cœur a marqué mes vacances.

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Toplivres5.jpg
 
J’ai dû dire au revoir à Lily Bard après le dernier tome de cette série qui m’a étonnamment accrochée, et ça n’a pas été facile. J’ai lu ma première austenerie francophone avec Amour, Orgueil et Préjugés de Jess Swann qui est un roman parfait pour se cajoler. Vivement la sortie de son prochain ! J’ai aussi adoré une austenerie d’Amanda Grange, Henry Tilney’s Diary, dont je ne comprends pas qu’elle n’ait pas été traduite tant ce héros est charmant ! Et je finis avec un roman jeunesse (quand je vous disais que ce top c’est le chaos !) qui a tout ce qu’il faut à mon avis pour plaire à tous âges, c’est-à-dire 14-14. J’aurais pu mettre Subliminale aussi, mais La Guerrière Fantôme était dans le top de l’an dernier, alors faut faire de la place aux nouveaux !
 
Envies pour 2015 :
Lire un recueil de poésie
Continuer mes lectures en anglais, en me maintenant à au moins une lecture par moi, donc une douzaine sur l’année
Acheter moins de livres qu’en 2014
Garder la même ligne de conduite pour le blog, c’est-à-dire ne pas me forcer et faire autant d’articles de qualité que je peux
Continuer, voire augmenter les échanges et correspondances avec les copines blogueuses
        Rester éclectique dans mes lectures
Lire plus d'ouvrages historiques
 
Au niveau des achats, si mes calculs sont bons, j'ai acheté 127 livres cette année. Majoritairement des occasions et du numérique, donc l'impact n'est pas trop important sur les finances, mais c'est tout de même beaucoup trop sachant qu'on m'en a offert en plus et au vu du nombre de livres lus ! Donc mon défi pour l'an prochain, c'est d'en acheter moins ! Je précise que si je suis à 126 ça m'ira =p

Je commence 2015 avec une PÀL de 469 livres...
 
J’ai adoré 2014 du point de vue livresque grâce à diverses correspondances et rencontres. Les Imaginales m’ont permis de rencontrer Fanny, qui me faisait déjà passer tant de bons moments grâce à son challenge XIXème. On s’écrit aussi, on s’est revues, et c’est clairement l’une des plus belles choses qui me soient arrivées en 2014 ! Dolores est aussi une correspondante très chère, avec qui je fais des échanges géniaux dans le cadre d’une Bookworm Correspondence. Ses petites attentions me réchauffent toujours le cœur. Avec Miss Elody aussi, je continue à échanger, par une correspondance « austenienne » et j’espère qu’on va pouvoir continuer le Pick me a book ! Dawn nous a fait vivre 2014 au rythme des Saisons Païennes, me poussant au vice puisque j'ai de plus en plus envie de lire des titres des éditions du Chat Noir ! Il y a encore d’autres blogueuses dont je pourrais parler, comme Scarlett, Jamestine, Alicia, Matilda, Méli, Cassiopée, Maia, mais cet article est déjà interminable !
 
Je termine ce long bilan en vous remerciant infiniment. Vos visites n’ont jamais été aussi nombreuses, idem pour vos commentaires, ici ou sur Facebook. J’essaie de toujours vous répondre et de vous rendre vos gentillesses. Je n’y réussis pas toujours, mais j’espère que vous êtes sensibles à mes efforts ! Il y a toujours des moments de doute sur l’intérêt de tenir un blog à but non lucratif, mais entre vos encouragements et les bénéfices personnels que j’en retire (rédiger et réfléchir pour autre chose que le boulot, développer mon esprit critique, me cultiver...), je ne vois pour l’instant aucune raison de m'arrêter !
 
Sur ce, merci encore, passez un excellent réveillon et que 2015 vous soit une année propice !

Mardi 30 décembre 2014 à 10:46

Une semaine de boulot en moins sur le mois, ça fait toujours plaisir ! Les trois jours de la semaine de Noël ont été très légers aussi, on peut donc dire que niveau boulot le mois est plutôt positif. Les vacances sont si cool que je vais sûrement pleurer en retournant bosser le 5, mais n'y pensons surtout pas ! Allez, c'est pari pour le dernier bilan mensuel 2014, et demain ce sera le bilan annuel, vous verrez il est énOrme !

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Bilanmensuel.jpg

~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Lecturesdecembre2014partie1.jpg
Si proche de lui/Stéphane Soutoul : Une petite déception pour ce roman jeunesse dont j'espérais plus...
La Dame du manoir de Wildfell Hall/Anne Brontë : Un quasi-coup de cœur pour ce roman fort de la troisième des sœurs Brontë !
Mary Anne/Daphné Du Maurier : Encore un univers différent dans ce roman, cette auteure est pleine de belles surprises !
 
~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Lecturesdecembre2014partie2.jpg
The Fellowship of the Ring/J. R. R. Tolkien : Enfin lu et absolument adoré ! Définitivement fan de cet univers. Lu en VO
A Christmas Carol/Charles Dickens : Première découverte de Dickens, c'était très sympa mais la langue est difficile ! Lu en VO
Sense and Sensibility/Jane Austen : J'ai enfin relu ce roman, pour lequel je confirme mon coup de cœur ! Lu en VO.

~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Lecturesdecembre2014partie3.jpg
My Santa/Ken Akamatsu : Un petit manga de Noël mignon !
Black Butler, tome 3/Yana Toboso : Il faut que je lise encore quelques tomes pour me faire mon avis sur cette série mais globalement ça me plaît !
Le Maître des livres, tome 3/Umiharu Shinohara : J'aime toujours autant cette série, vivement la suite !

~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Lecturesdecembre2014partie4.jpg
Saisons Païennes/les Enfants de Walpurgis : Ça y est, la LC est terminée. C'était super chouette, dans l'ensemble le recueil est très bon. Il n'y a que deux nouvelles qui ne m'ont pas trop plu.
Un Noël avec Darcy/Elizabeth Aston : J'ai enfin été agréablement surprise par une austenerie de cette auteure ! Ce n'est pas encore génial, mais il y a du progrès.
La Liste de Noël/Jojo Moyes : Petite nouvelle sur le thème de Noël très sympa, ça me donne envie de découvrir de façon plus approfondie cette auteure !

~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Bilansmensuels/Lecturesdecembre2014partie5.jpg
Le Voleur aux Cent Visages, tomes 1 et 2/Clamp : Une mini-série toute choupinette, assez burlesque mais complètement dénuée de la profondeur d'autres œuvres de ces mangakas. Je suis quand même bien contente de l'avoir ! Chronique à venir
Fleur de neige/Lisa See : Très bonne lecture, assez difficile parfois mais belle dans l'ensemble. Chronique à venir

~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~¤~

9 livres, 5 mangas et 1 nouvelle selon mes méthodes de calcul. beaucoup de bonnes choses, je suis ravie de ce mois de lecture ! J'avance bien dans mes challenges en plus. Et si on fait le compte avec le mois dernier, j'ai fait 5 lectures de Noël ! J'en ferai peut-être encore d'ici la fin de la semaine. Ce mois-ci, j'ai également posté mon avis sur le dernier film de The Hobbit ; j'ai fait un article spécial Noël ; la chronique du film Belle ; un billet sur Outlander ♥ ; et aussi un sur Astérix, Le Domaine des Dieux ; The Maze Runner c'était beaucoup moins sympa que tout ce qui précède ; et j'ai fait un article sur les films Home Alone, tout à fait de saison aussi. Un bon mois de blogging en somme !

Mes acquisitions du mois :

- Aurora Teagarden, tome 2 de Charlaine Harris
- Cranford d'Elizabeth Gaskell
- Un Noël avec Darcy d'Elizabeth Aston (numérique)
- Edenbrooke de Julianne Donaldson (occasion)
- Le Maître des livres, tome 3 de Umiharu Shinohara
- Le Voleur aux Cent Visages, tomes 1 et 2 de Clamp (cadeau de Noël)
- Dukalyon, tome 1 de Clamp (cadeau de Noël)
- La saga des reines de Jean Des Cars (cadeau de Noël)
- Le Souffle d'Aoles d'Alan Spade (cadeau de Noël)

9 entrées dans ma PÀL, contre 11 sorties. C'est chaud mais ça passe !

En ce moment, je lis Willoughby's Return de Jane Odiwe, un prequel à Sense and Sensibility, et je vais sûrement commencer autre chose avant le 1er. Mon chéri a lu Orgueil et préjugés, je suis trop contente ! On lit toujours des passages de notre bouquin sur la Bible, sans se presser parce que ça a vraiment un effet repoussant sur nous... Je ne sais pas trop ce que je vais lire en janvier, je vais essayer de continuer le challenge Cold Winter et d'avancer dans mon challenge perso des 3 ans du blog.

À l'année prochaine pour le prochain bilan mensuel, et à demain pour le bilan annuel !

Jeudi 25 décembre 2014 à 11:16

Qui n’a jamais entendu parler du roman de Charles Dickens intitulé en VO A Christmas Carol ? Pas moi en tout cas. Cette histoire est devenue une partie des monuments de la littérature britannique du XIXème siècle, et son protagoniste, Scrooge, est connu de tous. Avare comme Scrooge, comme en France on peut être avare comme Harpagon. Bref, je connaissais l’histoire de nom, j’avais remarqué les nombreuses références qui lui sont faites, il me semble même avoir vu une ou deux adaptations. Il était temps que je découvre le texte – et Dickens par la même occasion, et tant qu’à faire en VO.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/christmascarol.jpg
La veille de Noël, Scrooge est aussi grincheux, pingre et mauvais que d’habitude. Il en fait voir de toutes les couleurs à son employé, aux gens qui viennent faire appel à son bon cœur, à son neveu qui continue, chaque année, de l’inviter pour fêter Noël, malgré l’accueil toujours désagréable qu’il reçoit. Mais ce soir-là, en rentrant dans sa demeure lugubre, il tombe sur le fantôme de son ancien associé, qui lui annonce que trois Spectres vont venir le visiter – un pour les Noëls passés, un pour les Noëls présents et un pour les Noëls futurs.
 
Le début de ma lecture a été dur, la langue de Dickens est loin d’être facile ! Quand on pense que ce livre est destiné en premier lieu aux enfants, on se dit que le niveau de la langue n’est vraiment plus le même de nos jours... Après le premier « couplet », ça été un peu mieux, mais cette expérience me sert d’avertissement : je lirai les gros romans de Dickens traduits. La construction des phrases n’est pas difficiles, mais la variété de vocabulaire utilisée est impressionnante. En regardant le dictionnaire intégré à ma liseuse, j’ai vu que beaucoup de mots ne sont plus utilisés aujourd’hui et relèvent du langage populaire.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/Logoanglais.jpg
Dickens, en tout cas, maîtrisait sa plume : il décrit parfaitement des situations cocasses ou effrayantes. J’ai vraiment trouvé la force d’évocation de Dickens terrible. On sent que par ce « chant », il a voulu distraire les jeunes lecteurs/auditeurs (le texte se prête très bien à la lecture à voix haute je pense), tout en leur faisant un peu peur : si vous n’êtes pas gentils et bons dans votre avis, voici ce qui pourrait vous arriver ! Le côté moralisateur propre à l’époque victorienne se fait sentir mais reste léger, même si le manichéisme n’est pas tout à fait absent de cette histoire.
 
J’ai beaucoup aimé la narration de Dickens. C’est vraiment lui qui nous raconte cette histoire, il « intervient » donc plusieurs fois dans son récit en faisant une remarque facétieuse à propos de ceci ou de cela. Il se voit aux côtés de ses personnages et nous invite à venir avec lui, et c’est facile de plonger, de s’y croire aussi.
 
L’histoire est très convenue, on voit vite après le deuxième couplet où l’auteur veut en venir, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’être curieuse : quelle nouvelle situation va-t-il montrer ? Comment s’en sortent les personnages ? Scrooge a-t-il déjà compris ? Que va-t-il faire exactement ? L’esprit de Noël est très présent, sous des formes différentes, et ce malgré la pauvreté de certains protagonistes, ou la saleté des quartiers. En effet, Dickens n’oublie pas de continuer à montrer la situation de ces oubliés, dont la société commençait seulement à bien vouloir s’occuper, en mettant cette fois sous le nez du lecteur un trait en particulier : la capacité à rire et à vouloir le bien des autres, même quand on est soi-même mal loti. Belle leçon en cette période de fêtes !
 
Je retiendrai surtout de cette lecture la plume de Dickens et sa narration, qui m’ont permis de comprendre pourquoi la plupart de ses romans sont d’énormes livres, et le personnage de Scrooge, incarnation vivante du miracle de Noël ! A Christmas Carol n’est pas très gros, donc si vous voulez découvrir un texte de cet auteur, autant commencer avec celui-là.
 
"If you should happen, by any unlikely chance, to know a man more blest in a laugh than Scrooge's nephew, all I can say is, I should like to know him too. Introduce him to me, and I'll cultivate his acquaintance."

Mercredi 24 décembre 2014 à 18:17

http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Livres3/unnoelavecdarcy539279.jpg
Vous allez vous dire « nan mais elle est folle la fille, elle a détesté tout ce qu’elle a lu d’Elizabeth Aston et pourtant elle a encore dépensé 1,99€ pour acheter son dernier bouquin paru chez Milady ! ». Vous n’auriez pas tout à fait tort.
 
Un Noël avec Darcy raconte un Noël cinq ans après le mariage d’Elizabeth et de notre cher Mr Darcy. Il est centré sur le personnage de Georgiana, que je ne me souviens pas avoir vu dans les autres romans que j’ai lus de cette auteure. Ici, c’est d’ailleurs plus une novella qu’un roman. Nous découvrons Georgiana fiancée à un homme « rassurant ». Après sa mésaventure avec Wickham, elle est devenue très, très méfiante envers les hommes, et a jeté son dévolu sur un gentleman mûr, à l’opposé de Wickham. Son choix ne convainc pas tout à fait son entourage, mais tant qu’elle est heureuse tout va bien. Sauf que...
 
Je l’admets sans souci, j’ai plutôt bien aimé, c’était meilleur que les autres textes catastrophiques de l’auteure ! Déjà, bon point, on voit des personnages qu’on connaît : Elizabeth, Darcy, Jane, Bingley, Caroline... Ils ne sont pas 100 % fidèles aux originaux, ni à l’idée que je m’en fais quelques années après la fin d’Orgueil et Préjugés, mais ça va. Je n’adhère pas vraiment à la vision que nous donne l’auteur des personnages d’Austen, mais on n’a pas ici de grosse dissonance. Et on voit peu les « créations » d’Elizabeth Aston. Enfin, les cinq gourdes qui servent de filles au couple Darcy ne sont pour l’instant que deux si j’ai bien suivi, et sont toutes petites. C’était déjà un grand soulagement pour moi.  Je m’étonne assez de la « vraie » (j’utilise beaucoup de guillemets dans cet article) personnalité de Georgiana, je ne la voyais pas comme ça, mais pourquoi pas après tout ? Jane Austen en dit si peu de choses qu’il est permis d’extrapoler un peu.
 
Le format novella ne laisse pas trop le temps à l’auteure de m’énerver – quoique, j’ai quand même soupiré pas mal de fois devant l’écriture (et peut-être aussi la traduction, mais je n’irai pas acheter la VO pour vérifier si mes suspicions sont fondées ou non) niaise et simple. Exemple :
 
"Une fois le marchepied abaissé, Georgiana descendit prestement et fut accueillie par une chaleureuse étreinte de sa belle-sœur, puis de Jane tandis qu'Elizabeth serrait les mains de son époux en souriant, leurs visages exprimant tout l'amour qu'ils éprouvaient l'un envers l'autre."
 
Ce n’est pas long, ce qui est bien, mais la fin est un peu expéditive. Le tout se passe un peu trop rapidement pour que j’y croie complètement. Cependant, ce petit livre numérique a un atout : l’ambiance de Noël à Pemberley, avec traditions british so 19th century comprises, et là c’était quand même assez sympa, même si là encore Elizabeth Aston ne peut pas s’empêcher d’en faire un peu trop, au point qu’on se demande si Elizabeth aurait réussi à faire changer Darcy à ce point-là (en mettant de côté pas mal de dignité) et si elle aurait cherché à aller dans ce sens, car c’est à la limite du vulgaire parfois.

Donc c'était pas trop mal, surtout vu ce que j'avais pu lire de l'auteure avant. C'est sans doute le meilleur que j'ai lu, mais ce n'est pas encore une austenerie vraiment bonne.
 
http://sans-grand-interet.cowblog.fr/images/Pourleblog/ChallengeAustenien1.jpg

<< Je l'ai dit après... | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | ... Et ça je l'ai dit avant. >>

Créer un podcast