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Qu'il est bon d'être futile !

Vendredi 16 août 2013 à 12:38

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N’étant pas particulièrement passionnée par les deux lectures que j’avais en cours, j’ai attrapé dans ma bibliothèque ce recueil publié à la suite d’un concours de nouvelles organisé par les Festivals en Pays de Sarthe ayant pour thème « 2012, fin de monde… » Ce recueil m’a gentiment été envoyé il y a maintenant de nombreux mois par Anthelme Hauchecorne, qui faisait partie des lauréats de ce concours. Encore merci à lui ! Le thème apocalyptique n’est pas l’un de mes favoris, et en fait j’ai vu et lu peu de choses à ce sujet, c’était une bonne occasion de me rattraper !
 
Il y a neuf nouvelles « adultes » et trois nouvelles « adolescentes », rapport à l’âge de leurs auteurs. J’ai trouvé de tout dans ce recueil, du très bon voire de l’excellent et du tout juste passable ou même du médiocre… Il est dommage que les quelques fautes et coquilles n’aient pas été corrigées avant l’envoi à l’imprimeur, mais je dois admettre qu’il y en a peu. Globalement, c’est un recueil sympathique et surtout qui a le mérite d’exister, car ce n’est pas tous les jours qu’on propose de publier les vainqueurs. J’ai passé un bon moment avec ces courts textes (je me demande d’ailleurs s’il y avait un nombre de pages limitées, car tous les textes font à peu près la même longueur) et comme j’imagine qu’ils ne se trouvent pas facilement, je suis d’accord pour le prêter. Comme d’habitude, je vais parler des nouvelles une par une.
 
L’homme qui voulait voler comme un papillon, de Sylvain Boïdo : La nouvelle qui ouvre le recueil est importante, elle « donne le ton ». Celle-ci porte bien son titre. Il s’agit d’un professeur à la retraire qui a tourné inventeur et qui, le 21 décembre 2012, souhaite tester son invention. Cette nouvelle comporte bien une chute, mais je l’ai trouvée mal amenée, peu probable et sans rapport avec le reste du texte. Un très mauvais début, en somme…
 
21 décembre 2012, de Marie-Christine Quentin : Pour Alban et Laura, la fin du monde est en marche, prédiction maya ou non. Mais si la fin du monde n’était pas celle qu’on croyait ? J’ai beaucoup aimé cette nouvelle, tendre et émouvante, à la chute bien trouvée. Elle aurait mérité de plus amples développements, des explications sur tout ce qu’implique cette « fin du monde ». Ça ferait une bonne novella !
 
Le hangar, de Jacques Thomassaint : Un homme aménage un hangar en bunker depuis des mois. Craint-il la fin du monde ? J’ai adoré cette nouvelle, je pense que c’est ma préférée du recueil. Ce serait en effet tout simplement horrible, peut-être la pire des fins de monde ! L’idée est tout simplement excellente, et je ne peux pas vous la révéler, ça gâcherait tout. Comme l’histoire précédente, elle mériterait d’être développée, allongée, en faisant monter le suspens, et avec bien plus de détails.
 
L’arche, de David Carton : Un scientifique travaille depuis des mois sur un virus dont il a constaté l’inquiétante propagation. Malgré tout, ses recherches doivent s’arrêter, on refuse de publier son article et il n’a plus de moyens financiers. Cette nouvelle-ci était très bonne également, un renversement inattendu, très bien pensé et très dur. Là, je verrais carrément bien ça en roman !
 
No future, ou l’Apocalypse selon Johnny Rotten, d’Anthelme Hauchecorne : On suit ici le dernier témoignage d’un punk anglais qui a assisté à la fin du monde. Même s’il n’y avait pas le nom de l’auteur en tête de nouvelle, j’aurais reconnu le style ! On n’y va pas par quatre chemins, pas d’embellissement, c’est dur et réaliste, limite trash, et toujours avec cette plume incisive qui choquerait mémé. La nouvelle est bourrée de références anglo-saxonne et finit sur une note qui sonne comme une claque mise à la société. Bref, une nouvelle maîtrisée qui se suffit à elle-même.
 
Déferlante inhumaine, de Christian Perrot : Au matin de Noël, le commissaire Nicolas Creuse est appelé sur une scène de crime particulièrement horrible. Alors qu’il cherche à comprendre, des crimes identiques se multiplient… J’ai bien aimé celle-là, mais sans plus, la solution qui conduit à la fin du monde est un peu too much quand même.

Faim de monde, de Corine Humeau : Mais qu'est-ce donc que cette créature appelée Florent, qui ne pense qu'à tout dévorer, affamé du monde ? Cette nouvelle, très courte, est aussi très mignonne est bien menée, je me demandais vraiment de quoi il s'agissait. C'est bien tourné et je pense qu'effectivement, vivre cela doit s'apparenter à une fin de monde !
 
Les somnolentes, de Philippe Bendon : La fin du monde a commencé dans la nuit du 30 juin au 1er juillet, et le monde s’en est aperçu au réveil, quand des femmes par milliers sont descendues dans les rues en hurlant. L’idée ici était très chouette, mais elle est mal exploitée, et aucune explication n’est donnée, ce qui laisse sur une impression d’inachevé, de bâclé. C’est dommage.
 
La fin, d’Aurore Crosta : Pour Zoé, la fin de son monde est en marche le jour où elle apprend qu’elle est positive au VIH. L’idée est à saluer, car les personnes « saines » ne comprennent pas forcément que lorsqu’on apprend qu’on est atteint d’une maladie grave, c’est une fin de monde en soi. Toutefois, je n’ai pas trouvé la nouvelle bien menée, et je me suis plutôt ennuyée. La syntaxe était assez approximative, ce qui a gêné ma lecture.
 
Bouquet final, de Charlotte Bonhomme : La fin du monde est toute proche pour les survivants d’un village terrés dans un hangar. J’ai trouvé cette nouvelle sympathique et très encourageante. C’est plutôt bien écrit, et il y a de l’idée, même si ça aurait pu être mieux tourné.
 
Fin d’un monde pour Elli, d’Alycia Rouet, Annaelle Froger, Margaux Kankarini et Elise Jedynak : Elli, jeune collégien wesh-wesh se trouve embarqué de force dans un projet qui ne lui plaît pas du tout. Là aussi, je comprends bien l’idée, l’intention, qui est tout à fait louable. Mais c’est mal écrit (je comprends le choix du style mais ne l’approuve pas du tout), et la façon dont c’est présenté rend l’histoire très peu probable, et personnellement je n’y ai pas cru une seconde, c’est dommage.
 
Journal d’un égaré, de Jean-François Tetu, Julien Guerriau, Adrien Cormier, Samule Papin et Luc Legeais : Un changement important dans le monde est vécu par le ressenti d’un adolescent, qui va penser y trouver sa voie, mais n’aura en fin de compte que sa propre fin du monde. C’était pas mal, mais un peu fouillis. Avec une meilleure construction, et peut-être plus de développements (mais là encore peut-être n’y avait-il pas le choix), ça aurait pu donner quelque chose de vraiment bien.
 

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