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Qu'il est bon d'être futile !

Mercredi 21 mai 2014 à 18:16

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Pour la petite histoire, j’ai entendu parler de 14 – 14, co-écrit par Silène Edgar et Paul Beorn, sur la page Facebook de Lise Syven (dont j’ai adoré La Guerrière Fantôme). Elle en disait tellement de bien que j’ai jeté un œil au résumé, qui m’a plutôt plu, puis je l’ai vu une fois en librairie, joli livre, pas trop gros, pas trop cher. Vu une deuxième, puis une troisième fois, l’idée et enfin la certitude de l’acheter pour les Imaginales s’est imposée dans mon esprit. La semaine dernière je n’ai pas résisté et l’ai acheté au Furet, avec l’intention de le faire dédicacer le week-end prochain et de le lire... un jour. Sauf que je ne sais pas pourquoi, je l’ai ouvert dimanche matin et l’ai fini dimanche vers 15h. Ça veut tout dire, n’est-ce pas ?
 
14 – 14 raconte l’histoire de deux garçons Picards de 13 ans qui vivent à quelques dizaines de kilomètres l’un de l’autre et portent quasiment le même prénom : Hadrien et Adrien. Ils commencent à correspondre par erreur, pensant écrire à leur cousin détesté rencontré seulement une fois ou deux, mais peu à peu en viennent à s’apprécier et à se confier l’un à l’autre. Ils ignorent qu’Adrien vit en 2014, et Hadrien en 1914...
 
Ce livre a créé des émotions très différentes en moi, qui s’enchaînaient très vite et parfois même se superposaient ou se mélangeaient. On est triste pour Adrien, qui apprend que la fille qu’il aime depuis toujours s’est mis en couple avec une racaille de leur collège, alors que lui venait juste de trouver le courage de lui avouer ses sentiments, et aussi pour Hadrien, dont le père illettré et la « douce amie » Simone ne comprennent pas son envie d’obtenir le certificat et de continuer des études au petit lycée. On est attendri par leur affection pour les membres de leur entourage : Marion, Sarah, Éloïse, Marthe... On est énervé contre les tête-à-claque qui les entourent, Franck, Willy ou encore Léon. Je ne suis plus ado, je ne suis même pas de sexe masculin, mais les deux auteurs ont réussi brillamment à faire vivre leurs deux héros et pousser le lecteur à s’identifier à eux et à prendre part à leur histoire.
 
Le thème de fond, la Grande Guerre, est traité avec justesse. Il permettra aux plus jeunes ou aux néophytes de découvrir des choses à ce sujet, notamment pour ce qui s’est passé en Picardie. Adrien vit à Laon et Hadrien dans un petit village du nom de Coberny. C’est agréable de voir une action située dans ce coin souvent délaissé, souvent méprisé, alors que son histoire est si riche. En plus, le livre est agrémenté de photographies ou d’autres documents qui nous plongent encore plus dans l’époque d’Hadrien. Plus le roman avance, plus on se rapproche du début de la Première Guerre Mondiale, la pression monte, l’inquiétude pour Hadrien augmentant en proportion. On angoisse de voir les deux jeunes garçons s’enliser dans des quiproquos, passer à côté de l’essentiel. Cela donne à mon avis lieu à deux moments forts en émotions, directement liés à cette période de l’histoire (sans en dire trop mais pour ceux qui l’ont lu aussi : le passage avec la carte en classe et celui lors de la visite scolaire). Je vais essayer d’intéresser mon petit frère de 12 ans à ce livre, mais vu qu’il passe son temps à frauder pour éviter de lire ceux qui lui sont assignés en cours de français, je ne me fais pas d’illusion. C’est bien dommage, car je trouve ce roman idéal pour introduire les jeunes ados à la Grande Guerre, sans aller dans le morbide ou l’horreur, mais avec justesse et sans faux-semblant.
 
Les recherches historiques sont suffisamment précises pour rendre les chapitres consacrés à Hadrien parfaitement crédibles sans nous noyer sous les détails inutiles. J’apprécie le choix de la narration à la troisième personne, souvent avec une focalisation interne qui permet de connaître les pensées des deux personnages principaux mais sans céder à la mode de la narration à la première personne. L’évolution de l’intrigue sonne juste et nous garde accroché (la vitesse à laquelle je l’ai lu en est la preuve !) tout du long, et offre une fin satisfaisante, avec une explication claire quant au mystère de cette correspondance.
 
Je ne sais pas si ma chronique est bien fichue, mais vraiment j’ai beaucoup aimé ce roman jeunesse qui utilise le fantastique pour nous parler de l’histoire avec justesse et sans prendre les lecteurs (jeunes ou plus âgés) pour des jambons. Je le recommanderai chaudement et j’ai hâte de rencontrer les auteurs !
 
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