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Qu'il est bon d'être futile !

Vendredi 17 avril 2015 à 19:27


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J'ai fait de mon mieux pour que ce blog reste lisible en attendant que le transfert soit terminé. Néanmoins, si vous voyez un article illisible ou quelque chose qui ne fonctionne pas, n'hésitez pas à me le dire et j'essaierai de régler le problème.

Mercredi 1er avril 2015 à 20:30

Hello tous ! Je n'ai vraiment pas vu filer mars... Il a bien commencé, les choses se sont stabilisées au boulot, vers la pente positive. Mon anniversaire a été à la fois un bonheur et une horreur (cherchez pas, je ne suis que paradoxe). Je vais dire que je tire plutôt du positif de ce mois, je ne peux pas me plaindre mais franchement, vivement les VRAIES vacances. Et sinon, ce bilan ?

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Myself When Young/Daphne Du Maurier : Un coup de cœur pour cette autobiographie passionnante et pour cette auteure fascinante, que j'admire plus à chaque découverte ! (VO)
The Rebecca Notebook & Other Memories/Daphne Du Maurier : Moins prenant que le précédent, mais excessivement intéressant tout de même, surtout pour quiconque a aimé Rebecce ou veut en apprendre plus sur Daphne. (chronique à venir)
The The Fates/Kate Quinn : Trois petites nouvelles pour retrouver Vic, Titus et Sabine en attendant de se jeter sur Lady of the Eternal City ! (VO) (chronique à venir)
 
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Constance & Séduction
/Jess Swann : Une réécriture moderne de Raison et sentiments qui m'a convaincue et m'a fait passer un très bon moment de lecture !
La Bible, Textes choisis et présentés par Philippe Sellier : Lu pour ma culture générale...
Tobie Lolness, tome 1 : La Vie Suspendue/Timothée de Fombelle : On n'est pas passé loin du coup de cœur ! J'ai adoré ce très beau livre jeunesse, en particulier son merveilleux univers.
Mon nez, mon chat, l'amour et moi/Louise Rennison : Un petit bouquin pour ado qui a un peu vieilli mais qui se lit facilement.

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Black Butler, tomes 7 à 9/Yana Toboso : Je poursuis lentement et sûrement ma lecture de cette série. J'aime bien, mais ce n'est toujours pas "génial". J'sais pas. Mais j'continue.

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Plum, tome 5/Hoshino Natsumi : RAS sur les petits chats en dessins les plus mignons que je connaisse !
Le Maître des livres, tome 4/Umiharu Shinohara : Manga qui se confirme absolument dépaysant ♥
The Earl and the Fairy, tome 1/Ayuko : Belle découverte manga de ce mois ! J'essaierai d'emprunter les trois autres tomes ce mois-ci pour finir la série et faire la chronique.
 
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Notre Dame/Robin Recht et Jean Bastide : La médiathèque, ça a clairement du bon. Comme cette magnifique BD.

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15 livres en tout, dont 2 VO, 6 mangas et 2
 BD. Pas vraiment de "mauvaise" lecture, 1 vrai coup de cœur et plein de très bonnes lectures !

Côté acquisitions, aïe...

- Les Châtiments de Victor Hugo
- Le trône de fer, tome 15 de G.
 R. R. Martin
- Un goût de sel de Piotr Bednarski
- Phénoménale de Lise Syven
- Waistcoats and Weaponries de Gail Carriger
- Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire de Jean Jaurès

6 nouvelles entrées dans ma PAL (sans compter les austeneries gratuites en numérique... mais je vais arrêter de compter le numérique je crois) contre seulement 3 sorties de ma PAL ! J'avais bien tenu depuis septembre mais là ça devient difficile...

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Harry Potter and the Prisoner of Azkaban : Celui que j'aime le moins de la franchise, avec le 6. Mais bon, c'est HP. Et Hermione colle un pain à Malfoy. Et y'a le retourneur de temps. Okay, c'est pas si horrible.
Harry Potter and the Goblet of Fire : Dans celui-là, j'aime les émois adolescents et l'humour.
The Hunger Games: Mockingjay Part 1 : Revisionnage agréable, surtout en VO !

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Indiana Jones and the Last Crusade : Punaise, j'ai vraiment détesté ce film... Premier et dernier visionnage j'espère ! (Non non, je vous jure, RIEN ne m'a plu dedans.)
The Magdalene Sisters : Un très bon film qui vous met dans la face l'Irlande réac'. Contente de l'avoir vu, je vais le montrer.
À trois on y va : Petit film français qui a ses défauts mais que j'ai vraiment apprécié. (chronique à venir, peut-être)

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Mulan : Ah, rien que Mushu ♥
La Planète au Trésor : Disney à part mais bien sympa. Pour la peine on a commencé le roman original de Stevenson.

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Insurgent : Perso j'ai bien aimé, et je l'ai trouvé fidèle dans l'ensemble. (chronique à venir, peut-être)
Cinderella : J'espérais plus de twists par rapport au dessin animé, comme pour Maleficent, mais c'était chouette. (chronique à venir, peut-être)

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10 films et aussi une série, avec mon avis sur The Casual Vacancy, série que j'ai trouvé assez déplorable malheureusement... Y'avait du potentiel pourtant...

Allez, on se voit dans un mois ! (Sans blaguer, j'espère pas... J'ai très peu posté en mars, j'espère me rattraper en avril !)

Mercredi 25 mars 2015 à 19:08

À la médiathèque, je suis tombée sur l’adaptation BD en deux tomes du roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, réalisée par Robin Recht (scénario) et Jean Bastide (dessins). Les couvertures m’ayant immédiatement happé l’œil, je les ai empruntées et lu ce week-end. Malgré les critiques que je vais faire ci-dessous, ne vous y trompez pas, j’ai vraiment beaucoup aimé cette BD !

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Dans Notre Dame, Pierre Gringoire, devenu vieux et grand-père, entreprend de raconter à sa petite-fille ce qu’il a vécu à Paris, en 1482, après qu’on lui a commandé un mystère pour une ambassade flamande.
 
Les dessins m’ont énormément plu. J’ai trouvé les personnages très bien représentés. On les repère facilement, c’est donc facile de suivre l’histoire, notamment pour quelqu’un qui n’aurait pas lu le roman. Si le dessin correspond bien à mon idée des personnages, en revanche je n’ai pas toujours retrouvé leur caractère. Cela tien principalement au fait que le roman d’Hugo est très détaillé, et permet d’apprendre à connaître à fond les protagonistes, qui restent ici survolés. C’est dommage en particulier pour Gringoire, qui apparaît quand même assez idiot et ne m’a pas trop plu, alors que j’en garde un bon souvenir du livre ; de même pour Frollo, qui est un personnage beaucoup plus complexe et intéressant que ce qu’on voit ici. Phoebus est très bien en revanche, parfait abruti ! Et Esméralda est enchanteresse, sa Djali trop mignonne.
 
J’ai été étonnée par la grande fidélité de cette adaptation. Il y a des éléments repris dont je ne me souvenais même pas, mais après vérification la BD suit très bien le roman, avec bien sûr moins de détails et des scènes beaucoup plus courtes. Il y a tout de même un choix que je ne comprends pas : pourquoi ne pas avoir conservé la magnifique fin d’Hugo ? Parce que l’histoire est « du point de vue » de Gringoire ? Par ailleurs, j’ai bien aimé le procédé narratif, mais je ne comprends pas les raisons de ce dernier changement, qui diminue en plus le personnage de Quasimodo, déjà très pu présent.
 
C’est une très bonne BD, très belle aussi. Quelques défauts empêchent le coup de cœur ; je pense que ça aurait valu le coup d’avoir quelques planches de plus pour parachever cette adaptation. Elle nous a tout de même beaucoup plu (mon chéri aussi a été convaincu) et on compte l’acheter, surtout si elle venait à sortir en un tome unique.
 
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Mercredi 18 mars 2015 à 18:35

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Fanny et moi poursuivons avec avidité notre découverte de la fabuleuse Daphne du Maurier. Je dois dire qu’à chaque lecture ou relecture, je suis un peu plus conquise. Il y avait Bien Ma Cousine Rachel que j’avais un peu moins aimé, mais je suis certaine qu’une relecture en VO un jour suffira à me rabibocher avec ce roman. En attendant, je compte bien continuer mes lectures de cette auteure formidable !
 
Dans Myself When Young, Daphne du Maurier revient sur sa jeunesse, ses premiers essais de nouvelles, d’articles et finalement de romans, et comment sa vie et ses goûts ont influencé son travail, jusqu’à faire d’elle un vrai écrivain.
 
J’ai a-do-ré ce livre, moi qui avais eu horreur des autobiographies lorsqu’on les avait étudiées au lycée. Il faut dire que Rousseau est vachement moins sympathique que cette chère Daphne. Cela reste une autobio, il y a donc fort à parier qu’elle a accentué ce qui la met en valeur et qu’elle est passée plus rapidement sur les épisodes moins reluisants de sa jeune vie. Il n’empêche que, talent d’autobiographe ou véritable honnêteté, ces souvenirs regorgent pour moi de sincérité. Daphne a tenu un journal à partir de 1929 et nous en livre des extraits : tantôt adolescente encore enfant, égoïste, gamine qui se lamente de ne pas être la plus aimée de ses professeurs, tantôt bourgeon de jeune femme à l’intelligence vive et à l’imagination foisonnante, nourrie de ses très nombreuses lectures.
 
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Très tôt, elle s'est mise à noter "I read also" dans son journal, ainsi on sait quels romans elle a lu et aimé, ou trouvé ennuyeux. Comme nous, elle tenait le compte de ses lectures dans sa jeunesse et jetait ses impressions sur le livre à peine fini. Et l’on découvre qu’elle adorait les Brontë, Jane Austen, Katherine Mansfield, R. L. Stevenson, Arthur Quiller-Couch, les romans de son grand-père. Comment ne pas se sentir proche de cette enfant, puis de cette jeune femme qui nous ressemble par tant d’aspects ? Elle voulait au départ titrer ce livre Growing Pains : grandir est douloureux, dire sans cesse au revoir ou adieu à ceux qu’on aime, vivre ses premiers chagrins d’amour, les premières exaltations aussi, douloureuses tant elles nous submergent, la crise d’adolescence, la recherche de soi, les tâtonnements vers l’identité par l’écriture, les échecs, les projets commencés jamais finis... Des dizaines de fois je me suis dit « J’ai pensé la même chose ! Ça m’est arrivé aussi ! » Impossible pour moi de ne pas m’attacher à cette personne qui se livre avec humour et répondait par ce livre à une demande de proches ou d’admirateurs curieux de savoir comment s’est formée l’auteure de The Loving Spirit, Jamaica Inn, Rebecca et tant d’autres.

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L’introduction d'Helen Taylor m’a aussi beaucoup intéressée par sa généralité. On a tendance à prendre Daphne du Maurier pour une auteure de romans avant tout. Pourtant, elle a commencé par des nouvelles, et ce sont ses travaux de biographe qui lui ont valu en premier le succès, avec les livres consacrés à son père Gerald et à sa famille en général, et quelle famille d’ailleurs ! On connaît assez peu Daphne en France, on connaît encore moins Gerald, son père, qui était acteur, ou son grand-père George, écrivain et caricaturiste pour le magazine Punch. Et même Outre-Manche, on connaît encore moins Angela du Maurier, auteur de romans également, « The Other Sister » comme elle le rapporte elle-même dans une biographie de sa célèbre sœur. Une famille mondaine, où l’ont reçoit et où on est reçu, où on côtoie les plus grands (Daphne a dansé avec le Prince de Galles, futur Edouard VIII !), où on baigne dans la culture dès le berceau. Après tout, n’appelait-elle pas J. M. Barrie « Uncle Jim » ? (Il a été le tuteur légal des cousins germains de Daphne.) Oh my, what a family...

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Pétillante, intéressante, fascinante Daphne. On la suit jusqu’à son mariage, en 1932. À ce moment-là, elle avait déjà écrit trois livres : The Loving Spirit (que j’ai adoré), I’ll Never Be Young Again (que j’ai trèèès envie de découvrir de ce fait) et Julius (qui me tente moins, je ne vois pas bien autour de quoi tourne l’histoire). Déjà, les prémices de Jamaica Inn et Rebecca apparaissent. La Daphne de l’époque du journal ne le savait pas encore, mais ses intrusions à Menabilly, la fois où elle a failli se perdre dans la lande, le naufrage d’un navire près de Ferryside sont autant d’événements qui l’ont marquée ineffablement sur le moment, et qui plus tard lui serviraient à écrire ses romans les plus appréciés du grand public. La Cornouailles, la mer, les bateaux, les histoires de famille, ses racines françaises, sont autant de passion qu’elle nous transmet et qui explique que ses romans soient si vrais et si bien décrits : Daphne vivait ces choses.
 
"I'm rapidly coming to the conclusion that freedom is the only thing that matters to me at all. Also utter irresponsibility! Never to have to obey any laws or rules, only certain standards one sets for oneself. I want to revolt, as an individual, against everything that 'ties.' If only one could live one's life unhampered in any way, not getting in knots and twisting up. There must be a free way, without making a muck of it all."

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C’est ma première lecture d’un livre de Daphne du Maurier en anglais sans avoir déjà lu le livre auparavant (j’ai relu avec un immense plaisir Rebecca en VO l’an dernier) et je dois dire que c’est à la fois super bien écrit et très abordable, le pied total quoi. J’en viens à regretter de n’avoir que des traductions dans ma PÀL ! J’espère bien poursuivre ma collection avec des VO.

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J’ai l’impression de n’avoir strictement rien dit dans cette chronique, seulement d’avoir fait passer, de manière tout à fait partiale, mon enthousiasme pour ce livre qui m’a passionnée du début et à la fin. Je me suis d’ailleurs jetée sur The Rebecca Notebook and Other Memories pour ne pas lâcher tout de suite Daphne. Et maintenant je veux visiter la Cornouailles et partir sur les trace de Daphne du Maurier, comme je vais partir en juin sur celles de Jane Austen.
 
"It's funny,' I noted in the diary, 'how often I seem to build a story around one sentence, nearly always the last one, too. The themes are a bit depressing but I just can't get rid of that."

Dimanche 15 mars 2015 à 12:13

Troisième session de Bookworm Correspondence avec Dolores !

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Pour rappel, le principe est de mettre dans une enveloppe au moins un petit mot conseillant à votre correspondant un livre, un film, et un album de musique.
 
Le thème de Dolores était un peu Nostalgie, puisqu’elle m’a proposé des œuvres l’ayant marquée dans sa prime jeunesse :
 
- Mon nez, mon chat, l’amour et moi de Louise Rennison
- The Magdalene Sisters de Peter Mullan
- Senex Puer de Là Lugh

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Angus, Thogs and Full-frontal Snogging
 
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Dans Mon nez, mon chat, l’amour et moi, Georgia a 13 ans. Elle vit avec ses parents, sa petite sœur et leur chat/bête sauvage. Elle nous raconte ses galères d’adolescente, qui vont du projet de son père de déménager en Nouvelle-Zélande à Super-Canon, en passant par réussir à empêcher Angus (l’animal vaguement félin) de dévorer le caniche des voisins.
 
J’ai lu quelques livres de ce genre quand j’étais ado, comme Dolores lisait celui-là. Je ne me souviens plus des titres, et d’ailleurs je n’ai plus les livres. C’étaient, déjà, des lectures détente et moins « approfondies » que d’autres (comme À la Croisée des mondes). Si je ne m’en souviens pas, c’est que ce n’étaient pas ceux-là que je relisais et que j’aimais le plus, même si sur le coup j’appréciais. J’ai dix ans de plus que Georgia, il a donc fallu que je me remette dans un état d’esprit proche du sien, ce que je n’ai pas tout à fait réussir à faire, je l’avoue (je ne pensais pas avoir autant vieilli…).
 
En fait, ce qui m’a gênée, c’est que 1) Georgia n’a pas de vrai problème ; 2) même si elle raconte tout avec humour, il y a des fois où je n’ai pas pu m’empêcher de me dire qu’elle était vraiment méchante. Il n’y a qu’à voir, par exemple, comment elle se comporte avec son père ou avec ses « amies ». L’histoire m’a donc assez dérangée, et je ne me retrouvais pas du tout dans ce personnage trop mordant.
 
L’écriture est très amusante, et se replonger dans un contexte des années 90 m’a bien plu. Par contre, je ne sais pas si ça plaît encore à des ados d’aujourd’hui, habitués à internet etc… Il y a des passages qui m’ont vraiment fait rire (tout ce qui touche au chat et à la petite sœur, et aussi la soirée chez Georgia). Il y a des moments, en revanche, où je ne saisissais pas du tout l’humour de l’héroïne et où ça me gonflait. L’avantage, c’est que la rédaction copie celle d’un journal intime. Chaque « entrée » est courte, on arrête donc facilement la lecture. En plus le livre n'est pas long, je suis arrivée à la fin sans m’en rendre compte.
 
Au final, je ne sais pas si c’est moi qui suis devenue « trop vieille » (j’ai pourtant adoré certains bouquins YA, comme The Fault In Our Stars ou The perks of being a wallflower) ou si c’est un roman ado qui souffre vraiment de certaines faiblesses, en tout cas je suis assez mitigée.
 
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The Magdalene Sisters
 
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Il y a quelques mois, j’avais lu une série d’articles qui m’avaient fait frissonner d’horreur, sur des « instituts » qui « accueillaient » en Irlande des « femmes dépravées » pour les aider à « faire pénitence ». J’en avais été retournée plusieurs jours et ça a contribué, je dois dire, à la mauvaise opinion que j’ai de l’Irlande moderne (autant je trouve qu’ils ont un patrimoine magnifique et une histoire celte passionnante, autant leur histoire de ces derniers siècles ne m’inspire pas grand-chose de positif). Le film The Magdalene Sisters était mentionné dans ces articles, et j’ai donc eu envie de le voir. Je suis donc très contente que Dolores me l’ait attribué.
 
1964, Irlande. Margaret est violée lors d’un mariage dans sa famille. Rose a donné naissance à un enfant hors mariage. Bernadette flirte avec des garçons dans la cour de l’école. Cela suffit à les envoyer chez les sœurs de Marie-Madeleine, où elles feront face pendant plusieurs années à des heures de travail interminables, l’interdiction de copiner, d’avoir des contacts avec le monde extérieur, de vivre.
 
Ce film m’a sans cesse fait osciller entre la tristesse, la douleur et la colère, voire la rage. Il faut savoir que ces lieux de traitements inhumains n’ont fermé définitivement que dans les années 90. Hier, quoi. Même moi j’étais née. Et que les familles étaient d’accord pour y mettre leur fille, leur sœur. Parce qu’elles étaient fautives. De quoi, j’aimerais bien le savoir. Et l’État aussi savait, et laissait faire. C’est tellement pratique d’effrayer les masses avec la notion de péché et d’enfer, tellement pratique d’asservir par la peur de la religion. Surtout quand ça rapporte des pépètes en plus. Main-d’œuvre gratuite et féminine sous le coude pour faire le linge des plus riches, pour avoir une petite jeune sous le coude en cas de pulsation sexuelle, pour se sentir plus important en humiliant des femmes nues et sans défense.
 
La réalisation est assez proche du style documentaire, ce qui choque encore plus. Ce n’est pas indiqué au début du film, donc une personne qui ne connaît pas ce pan de l’histoire irlandaise (30 000 femmes concernées quand même) ne peut pas savoir que ce sont des faits réels qui seront racontés, mais la façon de filmer nous met la puce à l’oreille. Des plans proches des personnages, peu de dialogues, peu de musique (mélancolique quand elle est présente). On assiste, impuissants, et c’est tout.
 
C’est définitivement le personnage de Rose qui m’a le plus touchée. On pourrait dire que le cas de Margaret est plus révoltant, car elle a subi un viol, ce n’est nullement sa faute et pourtant elle se retrouve là ; Bernadette n’a rien fait non plus ; Rose, au contraire, a couché avant le mariage, elle est donc plus « fautive », mais je ne trouve absolument pas. Il n’y a rien qui justifie de se trouver enfermée dans ce genre d’endroit, absolument rien. Et retirer un enfant à sa mère est un crime, pour la mère et pour l’enfant. Je pourrais parler de Crispina aussi, mais je préfère vous conseiller de voir le film, qui rassemble toutes les pratiques qui ont été recensées dans cet établissement, et montre plusieurs drames qui s’y sont déroulés, et plusieurs parcours de vie.
 
Ce n’est pas un film que je pense revoir pour moi ; par contre je le conseillerai et je le montrerai, car ça fait partie de ces choses sur lesquelles certains aiment faire l’autruche quand on aborde la condition de la femme dans notre société moderne et par rapport à la religion, alors que c’est à regarder en face, bien en face.
 
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Senex Puer
 
La musique traditionnelle fait partie des aspects de l’Irlande que j’aime. Dolores m’a fait découvrir Là Lugh, un groupe qui chante en gaélique et en anglais il me semble. Malheureusement, je n’ai pas trouvé l’album Senex Puer en entier, je n’ai donc pu qu’en écouter quelques extraits sur Youtube, qui m’ont bien plu. Rien qu’avec les titres des chansons, on sent que le groupe s’est beaucoup inspiré de mythologie celtique (rien qu’avec leur nom en fait !). Le nom de l’album m’intrigue aussi, « le vieil enfant », mais je n’ai pas trouvé d’explication dessus… C’est une jolie découverte en tout cas, la musique est très apaisante et entraînante à la fois selon les morceaux.

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Je ressors encore une fois ravie de notre échange !
 

Mercredi 11 mars 2015 à 19:12

Les copines de Lille ont lu au club de lecture le tome 1 de Tobie Lolness, La Vie Suspendue, de Timothée de Fombelle. Elles étaient si enthousiastes que j’ai eu envie de le lire moi aussi ! Ça tombe bien, il était dispo à la petite bibliothèque du boulot.
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Tobie vit dans l’arbre. Il a 13 ans. Et il est poursuivi par son peuple, en danger de mort, séparé de ses parents, seul au monde.
 
Dès les premières pages, j’ai absolument adoré le style de l’auteur. Travaillé, drôle, pointu, émouvant… Tout y est. Timothée de Fombelle fait partie de ces auteurs qui maîtrisent leur langue d’écriture. Et surtout, il ne prend pas ses lecteurs, jeunes ou moins jeunes, pour des idiots. Ils sont capables de comprendre, même les ados, même les petits, un vocabulaire un peu plus élevé que le langage sms, de saisir les nuances, l’humour… Pas en intégralité bien sûr, mais à chaque tranche d’âge et à chaque relecture on découvre de nouvelles choses, et c’est ça qui rend les livres si intéressants !
 
"Même une plume d'ange peut crever un œil, si on la prend du mauvais côté."
 
En plus, l’histoire est vraiment prenante. J’ai été prise dedans dès le début. L’intrigue est bien construite, les pièces du puzzle s’enchaînent les unes après les autres. J’ai adoré tout remettre en place. Il y a pas mal de suspense. D’ailleurs, plusieurs chapitres se terminent en cliffhanger. Et les dessins de François Place apportent un plus très agréable. S’il y a une édition en couleurs, je suis preneuse ! Car oui, j’ai bien l’intention d’acheter ce diptyque à la première occasion ; je ne doute pas que le deuxième tome me ravira aussi.
 
Le personnage de Tobie est très attachant. Je l’ai tout de suite aimé, et je me suis dit qu’on gagnerait tous à être un peu plus comme lui. Il est courageux, gentil mais pas idiot, il a juste ce qu’il faut de la naïveté de l’enfance sans être pour autant crédule, il est pétri d’humour… Ses parents sont très chouettes aussi. Son père, intellectuel un peu à part et qui a de forts principes ; sa mère, un roc, une femme douce mais au fort caractère. Elisah, l’amie de Tobie, m’a plu par son mélange de force et de fragilité et son côté mystérieux. Quant aux personnages secondaires et aux méchants, ils sont tous marquants à leur façon.
 
"Il comprit qu'on ne vit pas seulement d'air, d'eau, de chaleur, de lumière, de nourriture et de conscience du temps. Alors de quoi se plaignait-il encore? De quoi vit-on en plus de tout cela? On vit des autres. C'était sa conclusion. On vit des autres."
 
Je crois que ce que j’ai préféré, c’est l’univers créé par l’auteur. L’arbre, le mode de vie de ses habitants, les thèmes portés : les valeurs familiales, l’attention à l’environnement et aux ressources, l’importance de la culture et de la science face à l’ignorance… Vraiment, j’étais scotchée, c’est de très grande qualité.
 
En résumé, un roman qui m’a plu du début à la fin et dont je ressors bouleversée d’une certaine manière. J’ai hâte de lire la suite et d’avoir cette fantastique histoire dans ma bibliothèque, prête pour mes futurs enfants !
 
"Ce jour-là, Tobie comprit, en regardant Maïa, que quand on pleure quelqu'un, on pleure aussi ce qu'il ne nous a pas donné. Maïa pleurait la mère qu'elle n'avait pas eue. Désormais, c'était certain, une mère idéale ne traverserait pas sa vie."

Mercredi 4 mars 2015 à 18:19

Puisque j’avais absolument adoré Une place à prendre, premier roman post-Harry Potter de J. K. Rowling, je me devais de voir la série adaptée par la BBC. Quelle déception ce fut...
 
À Pagford, une bataille fait rage au sein du conseil paroissial quant au devenir de l'établissement Sweetlove : doit-elle rester un lieu d’accueil pour gens dans le besoin des Champs tels que les toxicomanes ou devenir un SPA de luxe pour attirer les touristes ? La mort du plus ardent défenseurs des Champs, le conseiller Barry Fairbrother, met le feu aux poudres.

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Le premier épisode ne m’avait pas permis de me prononcer. Le décor était parfait, charmant petit village apparemment sans histoire, des ajouts dans le scénario pour bien planter l’histoire et faciliter la compréhension du spectateur qui n’aurait pas lu le roman avaient été faits, les acteurs me plaisaient bien dans l’ensemble, il y avait une bande-son sympa, bref j’avais envie d’y croire. Il ne se passait pas grand-chose et je ne sentais pas la montée de tension du livre, pourtant en trois épisodes, il faut faire vite pour maintenir l’intérêt du spectateur, mais j’espérais que l’épisode 2 rattraperait cette faille.
 
Et non. C’est plat, et même pour quelqu’un d’attentif et passionné comme moi par le roman, c’est ennuyeux. À trop vouloir faire une série grand public, la scénariste s’est complètement plantée. Elle a perdu en cours de route tout l’intérêt du roman : les grands problèmes de société, la complexité des personnages, la multitude des intrigues... Tout ce qui m’avait tant plu est passé à la trappe, à mon grand désarroi.
 
Il y avait pourtant du potentiel, notamment avec les Weedon. Terri, Krystal et Robbie sont de très bons choix de casting, en plus de subir une transformation convaincante pour les deux premières (Terri fait si vraie qu’elle en est « dérangeante », ce qui est l’une des choses les plus intéressantes de la série). L’histoire même inventée par J. K. Rowling recelait d’immenses possibilités cinématographiques je trouve, qui ne sont exploitées qu’à travers quelques scènes bien tournées, avec des jeux de miroir ou de reflet. La fin aurait pu aussi être magistrale, mais non, il ne fallait pas trop choquer, il ne fallait pas creuser. J. K. Rowling s’est dite satisfaite de cette adaptation, mais bon elle a dit ça sur tous les films Harry Potter, qui sont très loin d’être tous bons...

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Je pourrais rentrer dans le détail, préciser en spoilers que le remaniement du destin de tel ou tel personnage ne m’a pas plu, mais ce serait long et inutile puisque ça ne ferait qu’enfoncer davantage cette série sur laquelle je fondais de si grands espoirs. Cependant, si vous souhaitez en discuter, n’hésitez pas à me poser des questions ou à me donner votre avis !

Mardi 3 mars 2015 à 18:36

On a la chance, dans le beau monde de la francophonie, d’avoir des auteurs adorables qui acceptent de nous confier leurs nouveaux romans en échange d’une honnête critique. Jess Swann est de ceux-là, et je suis absolument ravie de pouvoir découvrir ses livres peu après leur sortie.
 
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Constance & Séduction est une réécriture moderne de Raisons et sentiments de Jane Austen, l’un de mes livres préférés de cette auteure. Dans cette version so 21th century, Isobel et Helen Westlake viennent de perdre leur père. Celui-ci tenait l’essentiel de sa richesse, y compris sa maison, de sa première épouse. Lorsqu’il meurt, ses biens passent donc à l’unique enfant de son premier mariage, Lowell, qui avec son épouse Lauren, n’a aucun scrupule à mettre ses demi-sœurs à la porte. « Vous comprenez, c’est la crise, les affaires vont mal... » Isobel et Helen déménagent donc à Chester où Isobel a heureusement trouvé un travail grâce à un ami de son père en tant que juriste dans son entreprise et où Helen pourra poursuivre ses études en art. Cet éloignement signifie pour Isobel dire au revoir à Adam, frère de sa belle-sœur, avec qui elle vivait une idylle naissante, et pour Helen rencontrer Oliver, un jeune homme d’affaires séduisant...
 
J’ai lu ce livre en trois fois en fait. Je l’ai commencé un soir. Juste un chapitre me suis-je dit, et j’en ai lu trois. Puis je me suis replongée dedans le dimanche, quand la folie de la semaine s’est calmée. Et là j’ai lu sans m’arrêter, jusqu’à ce que je sois obligée de faire autre chose et de remettre à plus tard la lecture des trente pages restantes (à un moment super intense en plus !), ce qui n’a pas traîné puisqu’après notre film, j’ai terminé ce roman. C’est dire si j’ai été embarquée dans cette histoire !
 
Jess Swann a pris le parti de suivre au plus près la trame du roman d’origine. Ainsi, c’est Isobel/Elinor que nous suivons en tant que narratrice. Malgré toutes les qualités que je reconnais au personnage de Jane Austen, j’avoue que je ne l’ai jamais adoré. Et pourtant, je me suis énormément attachée à Isobel ! Elle est plus naturelle et plus vraie que son modèle, plus faillible aussi, donc je me suis davantage retrouvée en elle. Et puis elle est juriste, ce qui me parle ! (Je ne suis pas juriste mais je travaille dans un domaine où on utilise sans arrêt le droit, ce qui revient grosso modo au même au final.) Comme dans Amour, Orgueil et Préjugés que j’avais adoré aussi, Jess réussit parfaitement à retranscrire, au détail près, à notre époque une histoire inventée à la toute fin du XVIIIème siècle, et de manière réaliste en plus. Le seul regret que j’ai est qu’il n’y a pas tant de mordant que dans AOP. Les sujets de fond traités dans Raison et sentiments sont moins faciles à mettre en valeur de nos jours, car la place des femmes dans la société n’est vraiment plus la même, non plus que les conditions de succession, la qualité de vie, etc. À mon sens, c’est déjà un exploit d’avoir réussi à respecter le pitch de départ du roman. J’ai lu plusieurs fois que ça n’a pas été réussi dans the Austen Project avec la réécriture de Joanna Trollope...
 
Je suis plus mitigée sur le personnage de Helen/Marianne. Alors que j’ai de la tendresse pour Marianne tout au long de Raison et sentiments, j’ai eu ici un gros « passage à vide » avec elle. Je l’ai beaucoup aimée au début, lorsqu’elle ne cache pas le mépris que lui inspirent son demi-frère et sa belle-sœur, mais à partir du moment où elle rencontre Oliver, j’ai eu du mal avec elle. Heureusement, cela s’arrange avant la fin. Sur les personnages masculins, j’ai trouvé Adam/Edward fidèlement retranscrit (d’ailleurs, comme sa version originale, je l’ai trouvé assez fade, comme quoi je suis vraiment une Marianne au fond de moi !), pareil pour Oliver, qui est un excellent Willoughby. Par contre, j’ai ressenti une pointe de déception en suivant James. Il aurait mérité, à mon sens, d’être davantage mis en valeur, mais là je ne suis pas impartiale vu que le Colonel Brandon dont il est inspiré est peut-être bien mon héros austenien préféré... Il aura eu le mérite de beaucoup me faire rire à la fin !
 
Concernant les personnages secondaires, ils sont très bien réussis. Le couple Lowell/Lauren est presque pire que John/Fanny, et c’est dire ! Mrs Norwood est aussi une vraie vipère. Les Burgess/Middleton m’ont tout à fait convaincue aussi. Jess Swann a eu de très bonnes idées
 
concernant les liens de Darla/Lady Middleton, Shannon/Mrs Jennings et Georgia/Mrs Palmer. Mike/Mr Palmer m’a beaucoup fait rire. Ayant relu Sense and Sensibility il y a peu, j’en attendais plus des sœurs Anne et Lucy Steele, ici Vera et Prue. J’aurais voulu Vera plus fourbe que ça, on a un peu de mal à voir pourquoi il ne faut pas l’aimer, en dehors de la raison liée à la situation d’Isobel.
 
L’écriture de Jess Swann est toujours aussi agréable et entraînante, je dévorais les pages. Il y a des coquilles, mais très peu de fautes, je suis donc passée rapidement dessus. Surtout que lorsqu’on dévore un livre, on s’attarde moins sur ce genre de choses ! L’auteure a en tout cas su ménager des temps forts et du suspense, et faire des clins d’œil aux lecteurs qui connaissent ses précédents textes...
 
Tout ça pour dire que j’ai passé un excellent moment de lecture et que j’ai extrêmement hâte de voir ce que Jess fera de Northanger Abbey !

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Lundi 2 mars 2015 à 18:02

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Merci beaucoup à Babelio qui me permet régulièrement d’élargir mes horizons littéraires grâce à ses opérations Masse Critique. Cette fois, j’ai reçu le roman Jeanne des falaises de Catherine Ecole-Boivin, publié chez Presses de la Cité, un éditeur que je trouve vraiment de qualité.
 
Jeanne est née en 1912, dans un coin de Normandie taillé dans les falaises où la vie est restée telle qu’elle était au XIXème siècle. De la mort de son père dépendra toute sa vie, car ce décès marquera violemment sa mère et la façon de celle-ci d’élever ses enfants.
 
J’ai remarqué dès les premières phrases la poésie du style de l’auteure, que je ne connaissais pas du tout. Il  y a de très, très beaux passages, qui ressortent dans le texte et nous prennent par surprise, que ce soient des descriptions de paysage ou l’expression de sentiments. En revanche, j’avoue que par moments je n’ai tout simplement pas compris ce que voulait dire l’auteure, des moments complètement opaques pour moi au niveau du sens. C’est arrivé peut-être trois ou quatre fois, mais ça m’a un peu déstabilisée.
 
De même, bien que j’aie apprécié le personnage de Jeanne, j’ai eu du mal à les comprendre, elle et sa relation avec Germain. J’ai bien vu dans le roman qu’elle était comme prise au piège par sa mère et le coin reculé, presque hors du temps, où elle est née, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’elle a manqué de courage et d’audace et qu’elle mérite les injustices subies. J’ai dans ma famille une histoire d’amour contrarié. Si mes grands-parents n’avaient pas écouté leur cœur, comme Jeanne, je n’existerais même pas, alors je ne peux souscrire aux choix de Jeanne.
 
En outre, je ne vois pas bien quel message voulait faire passer Catherine Ecole-Boivin. Ou souhaitait-elle simplement raconter cette histoire vraie douce-amère d’une façon plus romancée, qu’elle semble avoir déjà abordée d’un point de vue plus documentaire avec Jeanne de Jobourg, paroles d'une paysanne du Cotentin ? J’ai en tout cas trouvé la description de la vie sur la presqu’île de la Hague très intéressante. Je ne suis pas Normande mais j’habite en Normandie depuis quelques mois et j’ai vraiment apprécié le patois, les us et coutumes, les paysages décrits… J’irai bien y faire un tour !
 
Jeanne des falaises est un beau roman, qui ne m’a pas convaincue entièrement pour des raisons purement personnelles. Je retiens la très belle plume de l’auteure, que j’espère relire un jour avec un autre ouvrage.
 
"Adulte majeure tu ne deviendras pas. Tu resteras mineure, Jeanne, orpheline de père "mort pour la France" que la Grande Guerre a porté bas. Grande on ne sait toujours pas de quoi."
 
"Les amours contrariées de la littérature me touchent et me rappellent que l'on ne naît pas libre, même si l'on marche sans chaînes. Moi, la terreuse, j'ai sûrement trop aimé ma terre, je n'ai pas su mener ma guerre pour avoir le droit d'aimer l'homme qui souhaitait partager avec moi, près de moi, un peu de temps qui nous est alloué."

Dimanche 1er mars 2015 à 13:06

Pour la LC du Challenge XIXème siècle sur Elizabeth Gaskell, j’avais Cranford dans ma PÀL. Comme on me dit aussi beaucoup de bien de la série télé, cette lecture était aussi un premier pas vers son visionnage ! Cependant, comme la série mélange divers textes de l’auteure, je vais attendre d’avoir lu le dernier qui me manque, My Lady Ludlow, avant de me plonger dans l’adaptation.
 
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Cranford, c’est au départ une parution en feuilletons, comme cela se faisait beaucoup au XIXème siècle. Une narratrice nous conte la vie de ce village anglais dans lequel la « bonne société » est régie par des vieilles dames, veuves ou célibataires.
 
Les épisodes ont chacun un sujet, une petite intrigue particulière. Devenus chapitres, ils conservent leur « indépendance » vis-à-vis les uns des autres, mais après quelques-uns, on retrouve les mêmes personnages, on identifie mieux leurs relations et des liens sont faits d’une histoire à l’autre.
 
Dès le début, j’ai adoré la plume, porteuse de beaucoup d’humour, capable de pointer le ridicule sans méchanceté et, au contraire, avec affection, et d’inspirer la compassion. Les premiers chapitres alternent les personnages pour nous présenter un peu tout le monde. J’ai eu l’impression pendant un moment qu’on n’allait pas se fixer, surtout qu’il n’y a pas de véritable ligne directrice. Heureusement, on finit par voir que la narratrice, dont on apprend très tardivement le nom, Mary Smith, est très proche de Miss Matty Jenkyns, autour de qui vont tourner plusieurs intrigues, surtout sur la fin, où plusieurs chapitres se suivent vraiment et lui sont consacrés. Donc j’ai beaucoup aimé le début, mais j’avais du mal sans trame principale, et j’ai vraiment adoré la fin. En plus, plusieurs passages dans le dernier tiers ont sur m’émouvoir.
 
J’ai particulièrement apprécié le côté à la fois fantasque et très réaliste de ce roman. Être plongé dans le quotidien de ces dames aux humbles moyens nous apprend beaucoup de choses sur la façon de vivre au XIXème siècle, mais Elziabeth Gaskell parvient, en plus de décrire ce qui relève à l’époque du quotidien et non pas de l’Histoire, à insérer quelques péripéties dans la vie de ses héroïnes toutes simples, bienvenues pour rompre la monotonie. Elle nous rend très attachante Miss Matty, la si gentille vieille fille qui a le cœur sur la main, à qui on pardonne volontiers ses calmes excentricités, et qui affronte courageusement tout ce qui peut se présenter.
 
Ce petit roman, aggloméré de feuilletons dans lesquels on sent par moments l’influence de Dickens, est un très agréable moment de lecture grâce à la plume et aux personnages d’Elizabeth Gaskell. Ma prochaine lecture d'elle : My Lady Ludlow (en VO je pense, je n'ai pas connaissance d'une version française récente) ou Les Amoureux de Sylvia.
 
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